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  • air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

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    air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

    Message par Sómhairl MacLeòd of Lewis le Dim 16 Juil - 22:19



    ► July 1761, Evening | An Minnseàg Ruididh
    Ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ?
    sómhairl & úisdean
    Aux paisibles houles du lin s'abîmant autour des dermes épuisés, il se recelait le nid de l'interdit oubliant un instant les troubles que son existence portait en son sein. Ici une gorge s'arquait, là un arpion se hissait, quelques doigts se trouvaient errants par-dessus une panse. Et des lippes qui se murmuraient des caresses apaisantes. Peinture des membres enchevêtrés, teintes de chairs dévêtues, la joliesse du velours des corps dessinait l'esquisse de cette passion aussi vivace qu'à sa première véprée et les soupirs d'aise faisaient office de signature de cette oeuvre de sensualité masculine. Un tableau de la déchéance, du crime à la moralité. De l'aller simple pour la caverne de fer et la corde au cou. Si on les surprenait, les blases seraient transpercés de honte pour les siècles à venir, éventrés au-delà d'une place publique, leurs cadavres traînés jusque dans ces contrées natales pour s'effondrer aux pieds des montagnes qui gronderont de peine et qui jureront alors que même dans ce repos inconnu, la tourmente séparera les abominations qu'étaient ces deux âmes. Mais pour les crins à la rousaille fatiguée — celle qui cajolait sa semblable au rythme des exaltations ivres d'insouciance, entraînés par l'ondoiement des reins et la grogne du délice vibrant dans l'âtre sacré — tout cela n'était qu'un effroi devant lequel il refusait désormais d'arquer la voûte de son dos. S'il devait plier genou à terre, s'abîmer les os à heurter le plancher, les rocs ou même les braises — l'imagination pour un supplice intense n'étant jamais en reste chez les bourreaux — ce ne serait que pour supplier l'autre parjuré de ne pas laisser la peur les entraîner dans cette fin. Ce ne serait que pour griffer le sentiment fou qui étreignait ses poumons et lui avouer réédition totale si elle était nécessaire afin de vaincre cette menace pesant sur leurs éclanches, elles qui se faisaient l'une à l'autre l'addiction et boutait leurs membres en une union affamée et exaltée.
    Sómhairl le savait. Là, par son regard épars pour les muscles contre lesquels il faisait échouer sa respiration, il savait qu'il n'abandonnerait pas face à l'effroi. Que pour cette silhouette qui creusait les vagues de son matelas depuis des semaines, il était prêt à tout cela. Il acceptait que l'on puisse le baptiser un jour d'ignominie car si il s'agissait bien d'un synonyme à sodomite, alors il l'était, sans l'ombre d'un doute. Buggery. Pédéraste, frégate, bougre, il acceptait tout, il s'en faisait même fier par pur absurde appétence de fomenteur amusé. Et si les remous de tristesse y trouvaient quiétude au fil du temps, pour la première fois de sa vie il se clamerait même heureux de cette condition abjecte aux yeux de la morale, son amant forgeur de pareille liesse.

    La drache les avait surpris quelques heures et ruelles plus tôt alors que les fourbes rayons du soleil ayant frappés de fatigue estivale toute Edinburgh durant l'aprème s'étaient rapidement transformés en trombes d'eau et craquements de tambour à l'instant où l'heure sonna les retrouvailles des deux hommes. Le poète n'avait rien prévu de particulier lorsqu'il avait lancé à son colocataire au petit matin, entre une chemise mal ficelée et un toast brûlant, que dix-neuf heures serait le temps de leur escapade alcoolique — ou réelle sortie dans un club de gentleman, il n'avait pas encore décidé, tout dépendrait de l'inspiration qui quémanderait son attention au fil du jour. Alors, quand les aiguilles frappèrent le clocher tandis qu'au flanc du castel Sómhairl s'était approché de lui, Úisdean dont le contour de sa silhouette tranchait et écrasait toute insignifiante compétition avec les merveilles du monde, il flottait dans l'air le désir de s'éclipser loin des vapes éthyliques. Juste une fois. Simplement pour être certain, simplement par besoin de certitude que sa nouvelle religion s'étant dressée au travers de la sculpture de ce faciès n'était pas une euphorie de ses folies de poète aux iambes insatiables.
    Mais les lames d'eau en avaient décider autrement. Arrachant une volée de jurons de la part de l'artiste qui vociféra que Dieu n'était qu'un sale con, ses exclamations furent rapidement noyées par la cascade dévastatrice qui emmena cagettes abandonnées et journaux affligés à couler le long des allées de la capitale écossaise en même temps que Sómhairl y abandonna ses projets pourtant à l'état de croquis incertains. Leurs jambes s'étaient alors encourues vers la chaumière, ralenties par ces éclanches affaissées par le poids de leurs habits davantage gorgés d'eau que les lochs dormant sur l'île de Lewis. Cela ne ressemblait pas à cette ère de l'enfance où la pneumonie n'était qu'un mot étrange. Où la course pour tromper son camarade aux raccourcis symbolisait tout l'ardeur d'une amitié malicieuse. Et de la part du quarantenaire qui avait poussé son meilleur ami dans les docks pas plus tard que la semaine dernière pour une sombre histoire de jeu de cartes perdu, ce n'était pas anodin. Suffisamment du moins pour qu'il prenne un instant sur la première marche de l'escalier, une fois sous l'égide de sa demeure, afin d'y songer. Et son souffle brisé s'était émietté à la vue de son amant trempé, esgourdes tremblantes au son de ces palabres saccadées, mirettes s'accrochant en même temps que ses mains sur les hanches qu'il connaissait désormais si bien, ordonnant de son dextre qu'ils aillent se planter contre un mur, qu'ils se noient sous la danse de leurs lippes enfin jointes et d'où ruisselait encore cette eau tiède qui taquinaient leurs sens. Les gestes avaient été ardents, impatients. N'exigeant rien d'autre que de se glisser sur l'autre pour y découvrir à nouveau l'effluve de l'addiction. Maladroits et rendus souvent ratés par la torture des tissus collés à leurs dermes frissonnant sous les différentes températures infligées. Les talons avaient ordonnés un voyage avec la chambrée comme destination, effeuillage progressif et abandonné au gré des couloirs. Et au bout de ce parcours dangereux, parsemé des dangers d'un objet en équilibre ou d'un bruit qui pourraient indiquer autre présence — il se rassurèrent vite au souvenir que le domestique était en visite chez un parent — les corps s'étaient effondrés dans le cocon des draps au rythme du fracas de l'averse sur la vitre et du grondement de l'orage qui accompagnait leurs râles inassouvis sous les assauts de leurs souffles et des braquemarts cherchant à repaître cette appétence de la sensualité.

    La pluie n'avait cessé à aucun instant, glissant à présent sur le logis comme si elle cherchait à en creuser de nouveaux sillons ennuyés. Et si le sang froid de l'Oilliphéist ne s'était pas trouvé à réclamer nouvelle source de chaleur quand l'ivresse des ébats s'était terminée, il aurait volontiers contemplé encore quelques heures durant cette scène le halo de la bruine autour de l'antre qui camouflait leur crime. Mais Sómhairl sentait que son derme n'avait pas le frisson solitaire, et la mémoire de leurs vêtements trempés nécessitant de sécher face un feu qu'il fallait encore embraser lui fit réaliser qu'ils ne pouvaient se permettre un rhume pour une folie, quoique délicieuse fut-elle. « L'air se fait humide et nos tignasses trempées par l'averse ont déjà noyé le lit ; je vais chercher un drap salvateur pour nous éviter une mort dérisoire. » Ordonnant à ses muscles d'abandonner le confort trouvé auprès de ceux d'Úisdean, il s'extirpa non sans une grimace plaintive lorsque son corps nu rencontra la brise imaginaire de son appartement, se faufilant avec agilité et rapidité entre le fourbi régnant en maître sur les lieux pour en revenir au plus vite victorieux. Alors que son entregent exigeait au verrou de la penderie de céder pour la conquête d'une linge sec, c'est sous ses arpions qu'il entendit presque murmurer le souvenir de son breacan-an-feileadh. Il ne s'était jamais paré de son tartan depuis son arrivée à Edinburgh mais il avait souvent ressorti le carré plié pour y retrouver entre ses mailles la raison de sa présence dans la capitale. Naufrage des Highlanders, il n'avait jamais songé en parler avec l'homme effondré dans son plumard. Oh, il avait bien deviné dès les premiers instants qu'ils partageait cette racine ; l'estoc de leur accent guttural roulait dans les landes et contres les flancs et de falaises et montagnes dont n'étaient pas pourvus les Lowlands, leurs chansons paillardes contaient les mêmes histoires des pêcheurs ivres, les tristes mélodies celles des épousées qui frappaient le porridge sur le rivage des lochs et leur vocabulaire se trouvaient aussi ennuyé pour quelques mots anglais insuffisants à l'âme fière du gaélique. Malgré cela, l'aveu du tartan caché contre l'interdit était une réalité nostalgique qu'il n'avait pas songé à partager. Probablement parce que à l'instant même où sa poigne souleva le bois, où ses ongles vinrent caresser l'étoffe, Sómhairl se soupira qu'il avait toute confiance en Úisdean, enfin.

    Si les palabres amoureuses avaient déjà filé sur le papier rapidement brûlé durant ces dernières semaines, il ne s'était pas reconnu un tel attachement par pure peur de sombrer dans la détresse de sa perte. Le poète avait la tristesse de naissance, bougon de toute chose qui lui échappait. Un sentiment qui lui était encore nébuleux et chose étonnante pour l'homme. Mais le désir de faire confiance et d'offrir cette même confidence, voilà un perron sur lequel peu d'ermites s'engageaient.
    Les couleurs criardes rendues quelque peu ternes par les années se lovèrent alors sous son bras et Sómhairl regagna la couche conquise par le duo, s'engageant déjà à moitié en son sein et tertres des draps avant d'élancer ses bras, doigts esquissant la danse de l’étoffe dépliée dans les airs pour habiller leurs corps. « Nous ne sommes plus à un interdit près, n'est-ce pas ? »
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    Re: air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

    Message par Ùisdean MacKenzie le Lun 17 Juil - 15:09


    ma chailleas mi thu,
    càit' am faigh mi thu ?
    Sómhairl ξ Ùisdean



    Elle grandit, elle me dévore chaque jour un peu plus. La passion, le besoin de le voir, de le toucher, de l’embrasser. Elle me submerge, m’emportant dans ses doux flots tourmenteurs. Je ne connais pas plus doux supplice que celui de ses bras. Mes mains caressent son derme avec une avidité non feinte, je me repais de ses attentions, nourrissant mon besoin d’affection dans nos étreintes. Ses mains me font vibrer, ses lèvres me font l’effet de douces décharges électriques. Il intoxique mon esprit. Sa voix me fait l’effet d’un chant de ceasg, alors que je le sais oilliphéist. Qu’il est paisible de s’abandonner à cette paire d’yeux, de l’observer, lui et son élégance féline, évoluer dans le monde qui l’entoure. Alors que nos corps frissonnant se mettent à l’épreuve, faisant escalader le désir et le plaisir, faisant gronder nos gorges sous les gémissements de plaisir incontenable, je ne peux faire taire cette petite voix qui me murmure que ce n’est pas qu’une passade, que j’ai déjà connu cette passion dévorante. Je l’ai déjà connu et je l’ai déjà entièrement embrassée… Pour finir brisé, portant le deuil d’une relation que je ne pourrais jamais oublier, oblitérant tout le reste. Et aujourd’hui, aujourd’hui j’ai peur de laisser Imogen derrière moi. Sómhairl est un concentré de… de tout. Je n’ai que trop confiance de ce qu’il fait grandir en moi. Et si quelque chose me dit de me méfier, je ne peux résister à l’appel de ses bras, aux extases de nos étreintes. De quelles folies ne serais-je pas déjà capable pour cet homme ? Un long frisson me court le long du dos alors que je m’effraie tout seul. Le fait d’être avec un homme… Bien que ça ne soit pas la fin du monde à mes yeux, ils sont nombreux, ceux qui pensent le contraire. Interdites sont nos étreintes, camouflée doit être notre passion. Suis-je un fou pour que cet interdit rende à mes yeux encore plus excitants ces nuits où nous nous rejoignons tel deux jeunes adolescents pour vivre notre extase enivrante ? Probablement… Parce que, pour un instant dans ses bras, je suis prêt à tant de parjure, à tant de crimes, à tant d’horreurs. Actuellement sur le nuage cotonneux de la jouissance, les problèmes ne semblent pas vraiment en être, mais je le sais. Demain est un autre jour. Et demain, mes doutes, mes craintes et mes peurs vont revenir. Mais pour l’heure, Imogen est loin. Il n’y a que ces deux sublimes pupilles m’observant, la chaleur de sa peau sur la mienne, la douceur de son derme, le roulement de ses muscles contre les miens, l’odeur si particulière de ses cheveux. Il n’y a que Sómhairl. « L'air se fait humide et nos tignasses trempées par l'averse ont déjà noyé le lit ; je vais chercher un drap salvateur pour nous éviter une mort dérisoire. » Alangui dans le lit, ne prenant pas la peine de chercher à cacher ma nudité révélée par le soulèvement des draps rendus humides par les trombes d’eau nous étant tombées dessus un peu plus tôt, je profite de la vue alors que mon amant s’éloigne. J’observe ses cheveux en bataille que j’aime tant attraper, le dessin de sa nuque, les muscles roulant, la courbe de ses omoplates, son fessier que je me plais à palper dès que personne n’est là pour nous observer, ses cuisses fines mais témoignant d’une certaine musculature, le poil viril qui dessine la texture si particulière de ses mollets. Cet homme va me rendre fou. Je roule dans le lit, me penchant pour profiter du spectacle de sa nudité jusqu’au dernier moment, mon amant disparaissant derrière les montagnes d’objets qu’il semble prendre plaisir à empiler.

    Et lorsque la tête décoiffée qui fait naitre tant d’émotions contradictoires en moi apparait à nouveau, j’en oublie déjà qu’il est parti chercher de quoi nous tenir chaud. Comme hypnotisé pas sa silhouette se détachant sous le flash du tonnerre grondant à l’extérieur, je ne remarque l’étoffe que lorsqu’elle se déplie, volant dans les airs pour couvrir à nouveau nos corps. Mes mains passent sur ses hanches, se glissant dans le bas de son dos pour y dessiner des formes imaginaires du bout des doigts. « Nous ne sommes plus à un interdit près, n'est-ce pas ? » La remarque me fait remonter de l’abime de ses deux yeux qui me charment. Et alors que mon regard détaille l’étoffe, j’immerge de mon monde passionnel. Tel un presque noyé cherchant son air, je ne peux retenir une inspiration goulue, rapide, presque violente sous la surprise. Je n’arrive pas à y croire. Peut-être l’obscurité de la tempête me joue-t-elle un tour ? Mes doigts passent sur le tartan alors que mes sourcils se froncent. Difficile de ne pas le reconnaitre. J’ai grandis dans les Highlands, j’ai été élevé pour être un guerrier MacKenzie. Je connais bon nombre de tartan… Et je n’ai pas souvenir qu’un autre clan que celui des MacLeòd porte un jaune aussi criard. Je connais les histoires, la légende du siècle passé… Les MacKenzie boutant ce clan désorganisé et en pleine guerre interne hors de leurs terres, hors de leur château. J’ai longtemps joué avec Peadrus la prise du Castel Leod. Mais, pire que tout, je connais leur alignement lors de la guerre qui a secoué l’Écosse il y a une vingtaine d’année. Peut-être même nous sommes-nous affrontés sans même le savoir. L’espace d’un instant, je me surprends à rêver de la facilité… Rêver qu’il ne s’agit là que d’une étoffe qu’il a ramassé parce qu’elle appartenait à un ami du clan MacLeòd, qu’il s’agit d’une sorte de trophée de guerre. Doucement, je le repousse, soudainement songeur. Peut-on réellement continuer ainsi si rancœur il y a entre nos deux clans ? Le visage fermé, je m’extirpe des draps. « Je reviens, il faut que je te montre quelque chose. » Je lui lance un dernier regard avant de me faufiler entre les piles encombrantes qui forment de nouveau couloirs dans la pièce. Ce bout de tissu aura-t-il raison de ce que je partage depuis un moment avec celui qui n’était d’origine qu’un partenaire de boisson ? Un rescapé des Highlands, tout comme moi, quelqu’un qui a tout de suite su capter mon attention autour d’un verre d’alcool fort. Je me glisse dans ma chambre. Dans l’obscurité, je me cogne contre un meuble, jurant de tout mon saoul pour mon orteil maintenant endoloris. Je pose un genou au sol et je tire le petit coffre de sous mon lit. Mes doigts partent à l’aventure sous la structure en bois ayant tant de fois supporté nos ébats à la recherche de la petite clé caché dans un renfoncement du bois que j’y ai sculpté à mon arrivée ici. Une fois récupérée, je la glisse dans la serrure, déverrouillant le coffre qui ne contient rien d’autre que tous les souvenirs, maintenant illégaux, de mon clan. Méticuleusement, j’extrais le tartan plié pour le déposer sur le lit, juste le temps de refermer le coffre qui me vaudrait un aller simple dans les prisons que je garde. Une fois le tout rangé, je récupère le carré de tissu plié avec soin. Il n’est plus tout beau ou tout propre. Les champs de bataille l’ont taché par ci, déchiré par là. Il est reprisé presque grossièrement à certains endroits mais je n’en ai jamais voulu d’autre.

    Lorsque je retourne dans la chambre, mon breacan-an-feileadh abimé tout contre mon torse, j’hésite un instant. Ais-je vraiment envie de lui révéler mon identité clanique ? Ais-je envie de tout risquer ainsi ? Je pourrais tourner les talons et prétendre avoir oublié ce que je voulais si désespérément lui montrer. Je pourrais lui mentir et être le seul à savoir que nos familles respectives, en plus de désapprouver notre union masculine, préférerait nous donner à manger aux cochons plutôt que de laisser passer pareil affront. Est-il prêt à prendre un risque en plus pour la passion que nous partageons ? Suis-je prêt à le faire ? Le tartan tout collé contre mon torse, je marque une hésitation avant d’arriver dans son champ de vision. Je me mords les lèvres. Il se pourrait que cette étreinte ai été notre dernière. Et quoi qu’il se passe à partir du moment où j’aurais sauté le pas, toutes les solutions me font peur. J’ai envie d’être étreins, de me sentir important dans ces bras si chaleureux. Je lève les yeux au ciel, me forçant à ravaler ma détresse émotionnelle. Je déteste quand mes besoins affectifs arrivent dans les pires moments. C’est tellement déplacé. Mais je lui dois la vérité. Alors, au prix d’un gros effort, je me remets en marche, m’avançant vers le lit que nous venions de partagé, ce lit sur lequel le tartan jaune des MacLeòd repose presque innocemment. Alors je déplie mon breacan-an-feileadh et je l’étends à mon tour sur la couche. Mon regard cherche le sien, cherche à déchiffrer ses émotions, à comprendre si je dois aller faire mes affaires sur le champ ou s’il y a une chance que nous continuons de construire quelque chose. Mon cœur bat trop vite. J’ai la sensation d’être à nouveau un jeune homme regardant sa famille se déchirer sous ses yeux sans pouvoir vraiment y faire quoi que ce soit. Et je déteste ça. « Mon nom complet est Ùisdean MacKenzie, premier fils de Donald MacKenzie. »

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