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  • air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

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    air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

    Message par Sómhairl MacLeòd of Lewis le Dim 16 Juil - 22:19



    ► July 1761, Evening | An Minnseàg Ruididh
    Ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ?
    sómhairl & úisdean
    Aux paisibles houles du lin s'abîmant autour des dermes épuisés, il se recelait le nid de l'interdit oubliant un instant les troubles que son existence portait en son sein. Ici une gorge s'arquait, là un arpion se hissait, quelques doigts se trouvaient errants par-dessus une panse. Et des lippes qui se murmuraient des caresses apaisantes. Peinture des membres enchevêtrés, teintes de chairs dévêtues, la joliesse du velours des corps dessinait l'esquisse de cette passion aussi vivace qu'à sa première véprée et les soupirs d'aise faisaient office de signature de cette oeuvre de sensualité masculine. Un tableau de la déchéance, du crime à la moralité. De l'aller simple pour la caverne de fer et la corde au cou. Si on les surprenait, les blases seraient transpercés de honte pour les siècles à venir, éventrés au-delà d'une place publique, leurs cadavres traînés jusque dans ces contrées natales pour s'effondrer aux pieds des montagnes qui gronderont de peine et qui jureront alors que même dans ce repos inconnu, la tourmente séparera les abominations qu'étaient ces deux âmes. Mais pour les crins à la rousaille fatiguée — celle qui cajolait sa semblable au rythme des exaltations ivres d'insouciance, entraînés par l'ondoiement des reins et la grogne du délice vibrant dans l'âtre sacré — tout cela n'était qu'un effroi devant lequel il refusait désormais d'arquer la voûte de son dos. S'il devait plier genou à terre, s'abîmer les os à heurter le plancher, les rocs ou même les braises — l'imagination pour un supplice intense n'étant jamais en reste chez les bourreaux — ce ne serait que pour supplier l'autre parjuré de ne pas laisser la peur les entraîner dans cette fin. Ce ne serait que pour griffer le sentiment fou qui étreignait ses poumons et lui avouer réédition totale si elle était nécessaire afin de vaincre cette menace pesant sur leurs éclanches, elles qui se faisaient l'une à l'autre l'addiction et boutait leurs membres en une union affamée et exaltée.
    Sómhairl le savait. Là, par son regard épars pour les muscles contre lesquels il faisait échouer sa respiration, il savait qu'il n'abandonnerait pas face à l'effroi. Que pour cette silhouette qui creusait les vagues de son matelas depuis des semaines, il était prêt à tout cela. Il acceptait que l'on puisse le baptiser un jour d'ignominie car si il s'agissait bien d'un synonyme à sodomite, alors il l'était, sans l'ombre d'un doute. Buggery. Pédéraste, frégate, bougre, il acceptait tout, il s'en faisait même fier par pur absurde appétence de fomenteur amusé. Et si les remous de tristesse y trouvaient quiétude au fil du temps, pour la première fois de sa vie il se clamerait même heureux de cette condition abjecte aux yeux de la morale, son amant forgeur de pareille liesse.

    La drache les avait surpris quelques heures et ruelles plus tôt alors que les fourbes rayons du soleil ayant frappés de fatigue estivale toute Edinburgh durant l'aprème s'étaient rapidement transformés en trombes d'eau et craquements de tambour à l'instant où l'heure sonna les retrouvailles des deux hommes. Le poète n'avait rien prévu de particulier lorsqu'il avait lancé à son colocataire au petit matin, entre une chemise mal ficelée et un toast brûlant, que dix-neuf heures serait le temps de leur escapade alcoolique — ou réelle sortie dans un club de gentleman, il n'avait pas encore décidé, tout dépendrait de l'inspiration qui quémanderait son attention au fil du jour. Alors, quand les aiguilles frappèrent le clocher tandis qu'au flanc du castel Sómhairl s'était approché de lui, Úisdean dont le contour de sa silhouette tranchait et écrasait toute insignifiante compétition avec les merveilles du monde, il flottait dans l'air le désir de s'éclipser loin des vapes éthyliques. Juste une fois. Simplement pour être certain, simplement par besoin de certitude que sa nouvelle religion s'étant dressée au travers de la sculpture de ce faciès n'était pas une euphorie de ses folies de poète aux iambes insatiables.
    Mais les lames d'eau en avaient décider autrement. Arrachant une volée de jurons de la part de l'artiste qui vociféra que Dieu n'était qu'un sale con, ses exclamations furent rapidement noyées par la cascade dévastatrice qui emmena cagettes abandonnées et journaux affligés à couler le long des allées de la capitale écossaise en même temps que Sómhairl y abandonna ses projets pourtant à l'état de croquis incertains. Leurs jambes s'étaient alors encourues vers la chaumière, ralenties par ces éclanches affaissées par le poids de leurs habits davantage gorgés d'eau que les lochs dormant sur l'île de Lewis. Cela ne ressemblait pas à cette ère de l'enfance où la pneumonie n'était qu'un mot étrange. Où la course pour tromper son camarade aux raccourcis symbolisait tout l'ardeur d'une amitié malicieuse. Et de la part du quarantenaire qui avait poussé son meilleur ami dans les docks pas plus tard que la semaine dernière pour une sombre histoire de jeu de cartes perdu, ce n'était pas anodin. Suffisamment du moins pour qu'il prenne un instant sur la première marche de l'escalier, une fois sous l'égide de sa demeure, afin d'y songer. Et son souffle brisé s'était émietté à la vue de son amant trempé, esgourdes tremblantes au son de ces palabres saccadées, mirettes s'accrochant en même temps que ses mains sur les hanches qu'il connaissait désormais si bien, ordonnant de son dextre qu'ils aillent se planter contre un mur, qu'ils se noient sous la danse de leurs lippes enfin jointes et d'où ruisselait encore cette eau tiède qui taquinaient leurs sens. Les gestes avaient été ardents, impatients. N'exigeant rien d'autre que de se glisser sur l'autre pour y découvrir à nouveau l'effluve de l'addiction. Maladroits et rendus souvent ratés par la torture des tissus collés à leurs dermes frissonnant sous les différentes températures infligées. Les talons avaient ordonnés un voyage avec la chambrée comme destination, effeuillage progressif et abandonné au gré des couloirs. Et au bout de ce parcours dangereux, parsemé des dangers d'un objet en équilibre ou d'un bruit qui pourraient indiquer autre présence — il se rassurèrent vite au souvenir que le domestique était en visite chez un parent — les corps s'étaient effondrés dans le cocon des draps au rythme du fracas de l'averse sur la vitre et du grondement de l'orage qui accompagnait leurs râles inassouvis sous les assauts de leurs souffles et des braquemarts cherchant à repaître cette appétence de la sensualité.

    La pluie n'avait cessé à aucun instant, glissant à présent sur le logis comme si elle cherchait à en creuser de nouveaux sillons ennuyés. Et si le sang froid de l'Oilliphéist ne s'était pas trouvé à réclamer nouvelle source de chaleur quand l'ivresse des ébats s'était terminée, il aurait volontiers contemplé encore quelques heures durant cette scène le halo de la bruine autour de l'antre qui camouflait leur crime. Mais Sómhairl sentait que son derme n'avait pas le frisson solitaire, et la mémoire de leurs vêtements trempés nécessitant de sécher face un feu qu'il fallait encore embraser lui fit réaliser qu'ils ne pouvaient se permettre un rhume pour une folie, quoique délicieuse fut-elle. « L'air se fait humide et nos tignasses trempées par l'averse ont déjà noyé le lit ; je vais chercher un drap salvateur pour nous éviter une mort dérisoire. » Ordonnant à ses muscles d'abandonner le confort trouvé auprès de ceux d'Úisdean, il s'extirpa non sans une grimace plaintive lorsque son corps nu rencontra la brise imaginaire de son appartement, se faufilant avec agilité et rapidité entre le fourbi régnant en maître sur les lieux pour en revenir au plus vite victorieux. Alors que son entregent exigeait au verrou de la penderie de céder pour la conquête d'une linge sec, c'est sous ses arpions qu'il entendit presque murmurer le souvenir de son breacan-an-feileadh. Il ne s'était jamais paré de son tartan depuis son arrivée à Edinburgh mais il avait souvent ressorti le carré plié pour y retrouver entre ses mailles la raison de sa présence dans la capitale. Naufrage des Highlanders, il n'avait jamais songé en parler avec l'homme effondré dans son plumard. Oh, il avait bien deviné dès les premiers instants qu'ils partageait cette racine ; l'estoc de leur accent guttural roulait dans les landes et contres les flancs et de falaises et montagnes dont n'étaient pas pourvus les Lowlands, leurs chansons paillardes contaient les mêmes histoires des pêcheurs ivres, les tristes mélodies celles des épousées qui frappaient le porridge sur le rivage des lochs et leur vocabulaire se trouvaient aussi ennuyé pour quelques mots anglais insuffisants à l'âme fière du gaélique. Malgré cela, l'aveu du tartan caché contre l'interdit était une réalité nostalgique qu'il n'avait pas songé à partager. Probablement parce que à l'instant même où sa poigne souleva le bois, où ses ongles vinrent caresser l'étoffe, Sómhairl se soupira qu'il avait toute confiance en Úisdean, enfin.

    Si les palabres amoureuses avaient déjà filé sur le papier rapidement brûlé durant ces dernières semaines, il ne s'était pas reconnu un tel attachement par pure peur de sombrer dans la détresse de sa perte. Le poète avait la tristesse de naissance, bougon de toute chose qui lui échappait. Un sentiment qui lui était encore nébuleux et chose étonnante pour l'homme. Mais le désir de faire confiance et d'offrir cette même confidence, voilà un perron sur lequel peu d'ermites s'engageaient.
    Les couleurs criardes rendues quelque peu ternes par les années se lovèrent alors sous son bras et Sómhairl regagna la couche conquise par le duo, s'engageant déjà à moitié en son sein et tertres des draps avant d'élancer ses bras, doigts esquissant la danse de l’étoffe dépliée dans les airs pour habiller leurs corps. « Nous ne sommes plus à un interdit près, n'est-ce pas ? »
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    SOGHRÀDHACH
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    "— Cha dean triirse ach truaghan,
    'S cha'n fhaigh fear an lag mhisnichidh
    bean ghhc gu la luan."




    "—Is math a dh' imreadh
    an dàn a dheanamh an toifich
    is a liudhad fear mille th' aige."




    I. AODHAN / II. ÙISDEAN


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    Re: air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

    Message par Ùisdean MacKenzie le Lun 17 Juil - 15:09


    ma chailleas mi thu,
    càit' am faigh mi thu ?
    Sómhairl ξ Ùisdean



    Elle grandit, elle me dévore chaque jour un peu plus. La passion, le besoin de le voir, de le toucher, de l’embrasser. Elle me submerge, m’emportant dans ses doux flots tourmenteurs. Je ne connais pas plus doux supplice que celui de ses bras. Mes mains caressent son derme avec une avidité non feinte, je me repais de ses attentions, nourrissant mon besoin d’affection dans nos étreintes. Ses mains me font vibrer, ses lèvres me font l’effet de douces décharges électriques. Il intoxique mon esprit. Sa voix me fait l’effet d’un chant de ceasg, alors que je le sais oilliphéist. Qu’il est paisible de s’abandonner à cette paire d’yeux, de l’observer, lui et son élégance féline, évoluer dans le monde qui l’entoure. Alors que nos corps frissonnant se mettent à l’épreuve, faisant escalader le désir et le plaisir, faisant gronder nos gorges sous les gémissements de plaisir incontenable, je ne peux faire taire cette petite voix qui me murmure que ce n’est pas qu’une passade, que j’ai déjà connu cette passion dévorante. Je l’ai déjà connu et je l’ai déjà entièrement embrassée… Pour finir brisé, portant le deuil d’une relation que je ne pourrais jamais oublier, oblitérant tout le reste. Et aujourd’hui, aujourd’hui j’ai peur de laisser Imogen derrière moi. Sómhairl est un concentré de… de tout. Je n’ai que trop confiance de ce qu’il fait grandir en moi. Et si quelque chose me dit de me méfier, je ne peux résister à l’appel de ses bras, aux extases de nos étreintes. De quelles folies ne serais-je pas déjà capable pour cet homme ? Un long frisson me court le long du dos alors que je m’effraie tout seul. Le fait d’être avec un homme… Bien que ça ne soit pas la fin du monde à mes yeux, ils sont nombreux, ceux qui pensent le contraire. Interdites sont nos étreintes, camouflée doit être notre passion. Suis-je un fou pour que cet interdit rende à mes yeux encore plus excitants ces nuits où nous nous rejoignons tel deux jeunes adolescents pour vivre notre extase enivrante ? Probablement… Parce que, pour un instant dans ses bras, je suis prêt à tant de parjure, à tant de crimes, à tant d’horreurs. Actuellement sur le nuage cotonneux de la jouissance, les problèmes ne semblent pas vraiment en être, mais je le sais. Demain est un autre jour. Et demain, mes doutes, mes craintes et mes peurs vont revenir. Mais pour l’heure, Imogen est loin. Il n’y a que ces deux sublimes pupilles m’observant, la chaleur de sa peau sur la mienne, la douceur de son derme, le roulement de ses muscles contre les miens, l’odeur si particulière de ses cheveux. Il n’y a que Sómhairl. « L'air se fait humide et nos tignasses trempées par l'averse ont déjà noyé le lit ; je vais chercher un drap salvateur pour nous éviter une mort dérisoire. » Alangui dans le lit, ne prenant pas la peine de chercher à cacher ma nudité révélée par le soulèvement des draps rendus humides par les trombes d’eau nous étant tombées dessus un peu plus tôt, je profite de la vue alors que mon amant s’éloigne. J’observe ses cheveux en bataille que j’aime tant attraper, le dessin de sa nuque, les muscles roulant, la courbe de ses omoplates, son fessier que je me plais à palper dès que personne n’est là pour nous observer, ses cuisses fines mais témoignant d’une certaine musculature, le poil viril qui dessine la texture si particulière de ses mollets. Cet homme va me rendre fou. Je roule dans le lit, me penchant pour profiter du spectacle de sa nudité jusqu’au dernier moment, mon amant disparaissant derrière les montagnes d’objets qu’il semble prendre plaisir à empiler.

    Et lorsque la tête décoiffée qui fait naitre tant d’émotions contradictoires en moi apparait à nouveau, j’en oublie déjà qu’il est parti chercher de quoi nous tenir chaud. Comme hypnotisé pas sa silhouette se détachant sous le flash du tonnerre grondant à l’extérieur, je ne remarque l’étoffe que lorsqu’elle se déplie, volant dans les airs pour couvrir à nouveau nos corps. Mes mains passent sur ses hanches, se glissant dans le bas de son dos pour y dessiner des formes imaginaires du bout des doigts. « Nous ne sommes plus à un interdit près, n'est-ce pas ? » La remarque me fait remonter de l’abime de ses deux yeux qui me charment. Et alors que mon regard détaille l’étoffe, j’immerge de mon monde passionnel. Tel un presque noyé cherchant son air, je ne peux retenir une inspiration goulue, rapide, presque violente sous la surprise. Je n’arrive pas à y croire. Peut-être l’obscurité de la tempête me joue-t-elle un tour ? Mes doigts passent sur le tartan alors que mes sourcils se froncent. Difficile de ne pas le reconnaitre. J’ai grandis dans les Highlands, j’ai été élevé pour être un guerrier MacKenzie. Je connais bon nombre de tartan… Et je n’ai pas souvenir qu’un autre clan que celui des MacLeòd porte un jaune aussi criard. Je connais les histoires, la légende du siècle passé… Les MacKenzie boutant ce clan désorganisé et en pleine guerre interne hors de leurs terres, hors de leur château. J’ai longtemps joué avec Peadrus la prise du Castel Leod. Mais, pire que tout, je connais leur alignement lors de la guerre qui a secoué l’Écosse il y a une vingtaine d’année. Peut-être même nous sommes-nous affrontés sans même le savoir. L’espace d’un instant, je me surprends à rêver de la facilité… Rêver qu’il ne s’agit là que d’une étoffe qu’il a ramassé parce qu’elle appartenait à un ami du clan MacLeòd, qu’il s’agit d’une sorte de trophée de guerre. Doucement, je le repousse, soudainement songeur. Peut-on réellement continuer ainsi si rancœur il y a entre nos deux clans ? Le visage fermé, je m’extirpe des draps. « Je reviens, il faut que je te montre quelque chose. » Je lui lance un dernier regard avant de me faufiler entre les piles encombrantes qui forment de nouveau couloirs dans la pièce. Ce bout de tissu aura-t-il raison de ce que je partage depuis un moment avec celui qui n’était d’origine qu’un partenaire de boisson ? Un rescapé des Highlands, tout comme moi, quelqu’un qui a tout de suite su capter mon attention autour d’un verre d’alcool fort. Je me glisse dans ma chambre. Dans l’obscurité, je me cogne contre un meuble, jurant de tout mon saoul pour mon orteil maintenant endoloris. Je pose un genou au sol et je tire le petit coffre de sous mon lit. Mes doigts partent à l’aventure sous la structure en bois ayant tant de fois supporté nos ébats à la recherche de la petite clé caché dans un renfoncement du bois que j’y ai sculpté à mon arrivée ici. Une fois récupérée, je la glisse dans la serrure, déverrouillant le coffre qui ne contient rien d’autre que tous les souvenirs, maintenant illégaux, de mon clan. Méticuleusement, j’extrais le tartan plié pour le déposer sur le lit, juste le temps de refermer le coffre qui me vaudrait un aller simple dans les prisons que je garde. Une fois le tout rangé, je récupère le carré de tissu plié avec soin. Il n’est plus tout beau ou tout propre. Les champs de bataille l’ont taché par ci, déchiré par là. Il est reprisé presque grossièrement à certains endroits mais je n’en ai jamais voulu d’autre.

    Lorsque je retourne dans la chambre, mon breacan-an-feileadh abimé tout contre mon torse, j’hésite un instant. Ais-je vraiment envie de lui révéler mon identité clanique ? Ais-je envie de tout risquer ainsi ? Je pourrais tourner les talons et prétendre avoir oublié ce que je voulais si désespérément lui montrer. Je pourrais lui mentir et être le seul à savoir que nos familles respectives, en plus de désapprouver notre union masculine, préférerait nous donner à manger aux cochons plutôt que de laisser passer pareil affront. Est-il prêt à prendre un risque en plus pour la passion que nous partageons ? Suis-je prêt à le faire ? Le tartan tout collé contre mon torse, je marque une hésitation avant d’arriver dans son champ de vision. Je me mords les lèvres. Il se pourrait que cette étreinte ai été notre dernière. Et quoi qu’il se passe à partir du moment où j’aurais sauté le pas, toutes les solutions me font peur. J’ai envie d’être étreins, de me sentir important dans ces bras si chaleureux. Je lève les yeux au ciel, me forçant à ravaler ma détresse émotionnelle. Je déteste quand mes besoins affectifs arrivent dans les pires moments. C’est tellement déplacé. Mais je lui dois la vérité. Alors, au prix d’un gros effort, je me remets en marche, m’avançant vers le lit que nous venions de partagé, ce lit sur lequel le tartan jaune des MacLeòd repose presque innocemment. Alors je déplie mon breacan-an-feileadh et je l’étends à mon tour sur la couche. Mon regard cherche le sien, cherche à déchiffrer ses émotions, à comprendre si je dois aller faire mes affaires sur le champ ou s’il y a une chance que nous continuons de construire quelque chose. Mon cœur bat trop vite. J’ai la sensation d’être à nouveau un jeune homme regardant sa famille se déchirer sous ses yeux sans pouvoir vraiment y faire quoi que ce soit. Et je déteste ça. « Mon nom complet est Ùisdean MacKenzie, premier fils de Donald MacKenzie. »

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    Re: air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

    Message par Sómhairl MacLeòd of Lewis le Mer 26 Juil - 18:11



    ► July 1761, Evening | An Minnseàg Ruididh
    Ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ?
    sómhairl & úisdean
    Si le retour s'est fait pressant de par le mordant de cette fraîcheur régnant dans la demeure, c'est surtout l'impatience à replonger son regard sur la silhouette du Highlander, impétuosité de la fièvre et frénésie que le fourbe faisait naître en son sein, qui avait ramené Sómhairl au plumard. L'homme de loi — dont cette dernière fut encore une fois brillamment enfreinte ce soir par les deux bestioles ! — n'a alors pas attendu que le lin caresse leurs dermes pour frisonner de plaisir lorsque l'appétence amoureuse revient à l'assaut de sa sensibilité, le dextre passionné d'une main contre sa hanche et dans son dos le faisant grogner d'amusement, roulement des muscles pour se tourner vers le gardien responsable des maux de son adoration mal contenue.
    Il vouait souffler à ces traits qu'ils étaient les plus magnifiques de toute l'Écosse. Il voulait s’agripper à ces éclanches et lui proposer de se glisser dans son brecan pour aller errer, sous l'égide de cette nouvelle chaleur, dans la cuisine à la recherche d'une rapide collation — sa panse commençant à tirailler de faim et il n'avait pas très envie de finir par dévorer cet amant, aussi délicieux soit-il déjà à complimenter. Il voulait lui offrir de s'attarder encore dans les draps, avec un vieux jeu de cartes étalé entre eux, et des palabres amusées, se charriant sur leurs professions respectives ou les souvenirs d'un bon whisky dégusté à la pêche au bord d'un loch recelant quelques autres légendes dont Sómhairl se faisait avide d'en connaître les versions ouïes par Ùisdean.
    Mais ce dernier ne lui laissa pas l'occasion de ces quémandes en pagaille, expression changée brutalement à la vue de quelque chose que le poète ne vit pas. « Je reviens, il faut que je te montre quelque chose. » Une rouspétance voulu se faire, dernière œillade accordée au charmant tableau quittant le lit comme il venait lui même d'en exécuter le jeu et revenant quelques instants plus tard, découpe de la silhouette dans les quelques éclairs du ciel. Et de la scène, il n'y avait que l'expression de Úisdean qui changeait, lui aussi rapportant contre son corps un tissu plié et triste d'années de poussières. Sómhairl perçut alors sans les comprendre, les vagues du breacan-an-feileadh et agrippa par réflexe le sien lorsque se découvrit entièrement les couleurs des MacKenzie sous ses yeux.
    Le tartan n'avait plus sa fraîcheur de jeunesse. Cela devait être un trophée, une trouvaille égarée. Rien d'autre. Un amusant hasard que ce soit celui tant détesté par sa famille, se remarqua Sómhairl. Pattern maudit par toute la tablée des originaires de Lewis, se faisant rabrouer par les Dunvegan qui eux ne couraient plus après revanche. Après cette haine pour cette danse de couleurs, bleues et vertes, comme les flots des lochs et la verdure des moors. Ùisdean s'en était peut-être fait l'acquéreur très fier, étoffe qu'il avait voulu faire rejoindre sa semblable pour un interdit partagé, une nouvelle fois. Le geste aurait pu être attendrissant si toutes les fibres des muscles de l'Highlander n'étaient pas tendues à l'extrême, dans une même réaction que celle qu'eut son amant, quelques instant plus tôt. Confusion dans les sillons pensifs, Sómhairl brusqua son propre souffle pour se sortir de cette léthargie intriguée, accrochant ses mirettes à un Ùisdean dont l'expression ne lui était pas familière. Lui était inquiétante. « Mon nom complet est Ùisdean MacKenzie, premier fils de Donald MacKenzie. » Un craquement de pierres dans les cimes des Cuillin.
    MacKenzie...
    Étouffement d'un vent frappant les flancs des landes.
    Un putain de MacKenzie !

    La réaction se fait immédiate. Peut-être les muscles ont-ils vieillis et ne connaissaient plus la tension indolore, mais les jambes furent rapides et hissèrent l'homme hors de la couche. Il eut les traits déformés par le choc. Agilité rapide et repli d'un animal blessé. Avec pour refuge la tanière de l'âtre froid dans lequel le bras s'engouffra pour y récupérer dans un renfoncement un estoc brillant, entre claymore et sgian-dubh, lame furieuse. Lame aux souvenirs d'anciennes querelles que Sómhairl décida de raviver en la pointant en direction de celui qui vennait de lui briser le cœur.
    Leur nudité était très loin d'être appropriée à cet instant mais le poète n'y voyait que d'autant plus de douleur. Ce corps qu'il avait idolâtré. Qu'il avait embrassé et étreint avec passion. Qu'il avait chérit et qu'il chérissait encore. Une silhouette nue de trahison, l'ennemi ronronnant dans les draps de sa couche ! Entre les murs de sa demeure ! Celui qui avait volé son castel. Leur nudité était très loin d'être appropriée et pourtant Sómhairl n'hésita pas à venir coller son derme contre l'autre Highlander, poigne sous la gorge qui ne voulait pas se faire étouffante mais exigait et emmènait contre un mur, ses arpions s'emmêlant dans ceux du gueux qu'il aimait dans l'exercice du mouvement et lame qui s'échoua sous cette barbe dont il se retrouvait encore, pour quelques secondes, à y avoir la perte de son regard hypnotisé. « Je suis né MacLeòd of Lewis, auprès de cousins qui n'ont pas la rancœur de nos clans, précision inutile, l'adversité s'était déjà bien annoncée, et Dieu que j'aimerais tant à cet instant partager leur indifférence. » La dernière remarque s'était faite dans le murmure de lippes tournant autour de celles du MacKenzie, hésitantes, se demandant si elles ne s'étaient pas goûtées pour la dernière fois il y'a quelques minutes, insouciantes, innocentes de leur haine. Sómhairl ne comprenait pas. Ils avaient tant ris, tant partagé, depuis ces murges jusqu'à ces repas dans la pièce d'à côté en passant pas le flirt de leur imprudence et la passion d'un quotidien qui s'était installé comme s'il n'avait attendu qu'eux. Alors, un MacKenzie ? « Tu ne peux pas en être un. On m'a conté que vous n'étiez que des monstres, mais je ne vois aucune trace de monstruosité en toi, souffla-t-il en faisant balader ses yeux furieux d'aimer sur les ombres qui découpaient ce faciès. Tu n'es pas ça ! L’apprêté de la réalité, il n'en voulait pas entre eux. Cela n'avait aucune raison. Le goût du vent, certes. Le musc des landes, d'accord. Le sel des lochs et la sculpture des montagnes sans le moindre doute, mais, Úisdean, tu n'es pas ça. S'il te plaît,murmura-t-il une dernière fois grattant ses dents contre le lobe d'oreille qu'il avait rejoint sans se rendre compte, ne sois pas ça. » Et la lame appuyait toujours sous le duvet de la barbe du Highlander et voleur de castels, l'homme que Sómhairl se retrouvait à vouloir déchiqueter de ses crocs, lui hurler qu'il le rendait fou, et la question demeurait à savoir si c'était de cette haine apprise comme on respire les houles rafraîchissantes de l'île de Skye ou d'un amour qu'il savait sincère, effrayant mais au-delà de la passion des corps. Car Ùisdean avait beau être Ùisdean MacKenzie, premier fils de Donald, il était aussi, et surtout, Ùisdean l'homme qu'il aimait par-dessus tout.

    Sòmhairl va-t-il contrôler sa lame et ses dents ?:
    SUCCÈS/SUCCÈS : Le poète finit par déserrer la prise et laisser sa mâchoire s'échouer contre le torse de l'ennemi, la respiration haletante et le souhait silencieux que ce ne soit qu'un délire de son esprit, intoxication due à une cheminée mal nettoyée et mort les emportant plutôt que le désastre de leurs généalogies.
    SUCCÈS/ÉCHEC : Claquement strident et amputations de leurs arpions manquées de peu, la lame cogne le sol après avoir été abandonnée dans la contemplation et adoration de cette perle de sang qui roule sur les lippes de l'Oilliphéist geignant la douleur que leur inflige leurs noms.
    ÉCHEC/SUCCÈS : L'estoc vient s'abîmer dans le derme de la gorge et récolter un carmin velouté sur son acier, hargne suffisante pour décrocher les dents du poète de cette esgourde à laquelle il ne souffle que son instinct de rixe dans le huit clos de sa chambre.
    ÉCHEC/ÉCHEC : Il se goûte tant sur sa langue que la cousine des claymore le sang MacKenzie, celui que Sómhairl a toujours cherché à verser dans la comédie de son innocence une fois rencontré et dont la saveur, ici, n'avait que le regret immédiat de ne pas être apte à déclamer autrement son amour pour le garde du château d'Édimbourg.
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    Re: air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

    Message par Ceann-Uidhe le Mer 26 Juil - 18:11

    Le membre 'Sómhairl MacLeòd of Lewis' a effectué l'action suivante : Le Destin


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    Re: air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

    Message par Ùisdean MacKenzie le Mer 26 Juil - 22:38


    ma chailleas mi thu,
    càit' am faigh mi thu ?
    Sómhairl ξ Ùisdean



    La réaction ne se fait pas attendre. Comme si je venais de me bruler, je recule d’un pas alors que je vois la surprise se peindre sur son visage. Et ce n’est pas exactement le genre de surprise que l’on peut qualifier d’agréable. Il sort du lit et c’est totalement apathique que je l’observe se saisir d’une arme, que je le laisse me plaquer contre un mur. Mon estomac se tord alors que la lame se place sur ma gorge, presque nonchalamment. Je comprends la réaction sans que ça ne soit vraiment le cas. Un peu perdu, confus dans ce déchainement de violence à l’annonce de mon nom, je cherche son regard. Sa peau contre la mienne me fait frissonner mais ce n’est plus pareil qu’avant. Ma poitrine me pince douloureusement, ma gorge est nouée. Mon souffle a du mal à se frayer un chemin, me laissant pantelant, respirant difficilement. Le temps me semble douloureusement suspendu. Envolé la passion de nos moments, la complicité d’un rire sous les draps, la félicité d’un orgasme offert… Est-ce là ma punition pour avoir laissé cet homme ravir mon amour ? Est-ce là un cruel rappel à l’ordre de la part d’Imogen ? Les choses sont peut-être mieux ainsi, avec un couteau entre nous pour remplacer nos désirs palpitants. Pourquoi faut-il toujours que la vie me prenne ce genre de choses ? Perdu dans ces si beaux iris, je me surprends à me féliciter de n’avoir pas osé prononcer ces mots si importants, si dangereux. « Je suis né MacLeòd of Lewis, auprès de cousins qui n'ont pas la rancœur de nos clans et Dieu que j'aimerais tant à cet instant partager leur indifférence. » Est-ce donc ainsi que je meurs ? Egorgé, nu comme un ver, dans la chambre d’un amant venant d’apprendre que nous ne sommes pas vraiment issus de clans alliés ? Quel doux euphémisme que celui-là. Il est difficile de manquer la haine qu’il éprouve pour mon clan, la manière dont son attitude corporelle a changé à la vision du tartan. « Tu ne peux pas en être un. On m'a conté que vous n'étiez que des monstres, mais je ne vois aucune trace de monstruosité en toi. Tu n'es pas ça ! Le goût du vent, certes. Le musc des landes, d'accord. Le sel des lochs et la sculpture des montagnes sans le moindre doute, mais, Úisdean, tu n'es pas ça. S'il te plaît ne sois pas ça. » Ma gorge s’assèche et je n’ose plus respirer. Ces dents que je ne connais que trop bien, tout contre mon oreille. Cela ne devrait pas laisser ce frisson excitant courir le long de mon échine. Cette voix me glissant des mots me brisant le cœur ne devrait pas me faire palpiter à ce point de ses inflexions douloureuses. Il est un MacLeòd of Lewis. Nous ne sommes pas censés nous acoquiner. Je voudrais lui répondre que je ne le pourrais pas. Je prends une inspiration profonde quand je sens la lame mordre ma chair. Le sang. Il remplit mes narines. Comme si cela venait de me déboucher la gorge, ma respiration reprend, rapide, bruyante. L’odeur ferreuse m’hypnotise. Je déglutis violement, ma langue s’écrase sur mon palais alors que je regrette de ne pas pouvoir sentir le gout de l’hémoglobine sur mes lèvres.

    Vivement, je me remets en mouvement. Ma main agrippe son poignet, forçant la lame a morde davantage la chaire. Cette odeur si particulière, la sensation chaude et douce du liquide coulant sur mon cou, cela avait sans doute contribué à me sortir de mon apathie pessimiste. « J’en suis pourtant. Je suis un MacKenzie autant que tu es un MacLeòd of Lewis. Et cela a toujours été le cas. » Coincé contre le mur, je redresse légèrement la tête, lui offrant une plus belle prise sur ma gorge, si c’est cela qu’il désire. « J’ai grandi dans les légendes de la prise du Castel Leod, là où j’ai grandi. Et pourtant… » L’odeur ferreuse qui me bouche presque les narines maintenant me force à marquer un arrêt. Je lève les yeux, observant le plafond alors que je me mords la lèvre, essayant de résister à l’appel. Je déteste ça, quand c’est au point où je n’arrive plus à me concentrer sur ce qui se passe autour. Le bulbe de ma lèvre explose, me permettant d’enfin gouter le liquide si enivrant. Quand mon regard retombe sur Sómhairl, mes lèvres ont pris cette teinte rougeoyante que j’aime tant à observer. « Ça ne change rien pour moi. Ça n’invalide pas nos moments, nos étreintes, nos rires. » Je sens mes yeux piquer des larmes qui montent. Coincé entre lui, sa dague et le mur, je n’ai pas envie de lutter pour m’échapper. La vérité est là ; cruelle et effrayante. Le poète me tient déjà dans ses filets. Cet amour que je m’étais forcé d’ignorer m’éclate en pleine face avec la délicatesse d’une claymore. Tout comme perdre Imogen avait bien manqué me détruire, je ne suis pas sûr de pouvoir supporter cette perte. Et si les mots ont si longtemps été chassés, les sentiments ignorés au profit d’un fantôme de mon passé, alors que l’estoc mord ma chair et que la rage brille dans ces yeux que je préfère voir pétiller de malice et de rire, aussi douloureux cela soit-il, je ne peux plus m’ignorer plus longtemps. Autant arrêter là directement si c’est pour poursuivre ma route sans lui.

    Avant que je ne m’en rende compte, des larmes silencieuses coulaient sur mes joues. Je ravale difficilement ma fierté. Je ne sais pas quoi dire. Je ne suis pas comme lui. Si nous sommes tous les deux forgerons, nous travaillons des matériaux bien différents. Alors que j’ai travaillé le métal toute ma vie, ce sont les mots que Sómhairl a appris à plier à sa volonté. Je ne suis qu’un simple forgeron, un guerrier sans cervelle qui est loin de posséder un si beau verbe que le sien. Je ne suis qu’un balourd maladroit incapable d’exprimer par moi-même les sentiments qui me secouent intérieurement. Je lâche son poignet, fermant les yeux, refusant de voir encore la douleur et le chagrin sur son visage. « J’ai confiance en toi. Si la haine est trop forte, si nos moments sont insuffisants à tes yeux pour éponger nos éducations respectives alors, je t’en prie, finis ce que tu as commencé. » Le gout du sang m’apaise un peu. Ma respiration est trop rapide. Mes yeux débordent encore de larme. « Juste… en mémoire de nos moments, assures-toi qu’Àdhamh puisse ramener mon corps à Castel Leod. » Les yeux clos, la lame sous la gorge, je n’arrive pas à regretter ce choix prit à la volée. Je me suis trop attaché. Je le sais, je le sens au plus profond de mes entrailles. Je ne pourrais plus supporter qu’il arrive quoi que ce soit à Sómhairl. L’amour. Cruel destin que celui-là. M’avoir frappé une fois n’a pas suffi. Il a bien sûr fallut que ce soit un MacLeòd of Lewis qui creuse sa tanière dans mon cœur, le réchauffant de ses sourires, de ces jours où il ne va pas bien et se glisse dans mes draps, de ces moments passés à jouer aux cartes, à se faire guider jusqu’à mon lit par lui, totalement ivre, de ces baisers volés quand personne ne regarde, de cette passion interdite. Si cela doit m’être repris,  autant arrêter tout le reste en même temps. Cela sera un sort moins cruel que celui de la perte.

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    Re: air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

    Message par Sómhairl MacLeòd of Lewis le Ven 1 Sep - 0:23



    ► July 1761, Evening | An Minnseàg Ruididh
    Ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ?
    sómhairl & úisdean
    La bile se faisait violence pour ne pas remonter à la conscience du poète, simple énonciation du mot ou esquisse de l'idée pouvant l'anéantir de cette répugnante convulsion gastrique. Mais la perle carmin qui roulait à présent le long de la gargue était si enivrante de sa beauté et son odeur que Sómhairl devait se convaincre, à coup de tambour fantômatique du, qu'elle n'était qu'insipide. Qu'elle n'avait rien de délectable, qu'elle n'était pas aussi exquise que le derme de son propriétaire, musc si tendre et sel des Highlands. La taillade n'était pas profonde mais Úisdean vient la creuser davantage dans un mouvement qui fit frisonner l'avocat, les rapprochant, eux qui devaient se haïr. Eux dont les corps allaient bientôt se déchirer et se hurler haine de leur existence. S'il y parvenait. Si seulement Sómhairl parvenait à y voir autre chose que les angles tentateurs de cet homme qui, un jour, devint son compagnon de boisson dans la fougue éthyllique, son confident dans le trouble de cette entente si limpide, son amant dans la passion nouvelle, sa respiration pour cet ivresse inassouvie. S'il y parvenait, alors Úisdean MacKenzie pourra mourir sur ce plancher. Si seulement. « J’en suis pourtant. Je suis un MacKenzie autant que tu es un MacLeòd of Lewis. Et cela a toujours été le cas. J’ai grandi dans les légendes de la prise du Castel Leód, là où j’ai grandi. Et pourtant… » Ne joue pas avec l'hésitation qui taraude mes muscles, MacKenzie.
    Il avait eu beau mollement lutter contre la poigne sur la sienne, Sómhairl était désormais captivé par la robe rouge qui se glissait sur la pulpe des babines de son désormais ancien amant. Même ainsi, fiché contre un mur, le mordant de l'acier sur et dans sa chair, nu comme au premier jour, Úisdean MacKenzie était majestueux. Il se dégageait de lui des histoires et paysages dont le poète rêvait d'en écrire les louanges, de voir une presse graver dans le papier ces mots qui jamais ne seraient suffisamment à la hauteur pour décrire l'émerveillement qu'il avait désormais sous ses deux lucarnes grande ouvertes sur la scène. Foutu MacKenzie. « Ça ne change rien pour moi. Ça n’invalide pas nos moments, nos étreintes, nos rires. » Et c'est au tour de Sómhairl de laisser ses lippes se griffer l'une contre l'autre, labres écrasés entre ses dents pour ne pas geindre de désapprobation et colère. Ce con ne me facilite vraiment pas la tâche... Des larmes s'écoulent alors des yeux du voleur de château et il se force quelque chose dans les poumons de l'avocat une envie déchirante de l'enlacer, l'embrasser et lui promettre que personne d'autre dans ce monde ne sera autorisé à le faire pleurer. « J’ai confiance en toi. » Oh, Ùisdean MacKenzie, quelle erreur tu fais là, face à moi, la flamberge sur ta trachée. « Si la haine est trop forte, si nos moments sont insuffisants à tes yeux pour éponger nos éducations respectives alors, je t’en prie, finis ce que tu as commencé. » Le souffle du poète s'étreignit dans l'horreur. Poigne se crispant de tristesse, le dextre toujours suspendu dans cette menace de mort sur le perron, elle qui se tâchait de l'épais carmin n'attendant qu'à devenir fleuve sous la croque de ses dents. À se répandre sur le plancher. Sur ses mains, sur ses lèvres, sur sa langue et dans ses entrailles. Une abomination sans nom. Le synonyme de l'enfer sur Terre, d'un crime passionnel et rendu fou de colère pour des querelles de tartans, des histoires qui n'auraient pas dû être celles d'amants. Autrefois ça lui aurait été tentant, pareille marave dont on clamerait le récit en chanson dans quelques retrouvailles familiales, il l'avouait. Une bonne joute verbale ponctuée de rixes sanglantes, voilà tout ce qui dansait avec le nom MacKenzie. Pas celle de faciès aussi hirsutes que ceux des MacLeòd ou des contes identiques que l'on souffle aux jeunes enfants adorés. Pas de similitudes entre les monstres mais bien le dégoût bâti entre eux, voilà la première chose qui grognait dans ses tripes à l'écoute de ce nom. Étrange réalisation. Quelle était l'histoire actuelle des MacLeòd of Lewis sans les voleurs de castel ? Et de l'autre côté de la baie, que seraient-ils sans ces âmes dont leur faiblesse et désorganisation ont laissé portes ouvertes à la richesse et pouvoir volés ? Ils avaient probablement besoin de leur haine réciproque, de croiser leurs regards comme des ours mal-léchés. Mais Sómhairl ne voulait pas foudroyer les yeux d'Ùisdean. Ils étaient trop beaux pour être détestés, ou alors de jalousie. Et si lui-même esquissait l'ourlet de colère de ses paupières, son champ de vision serait réduit, et la peinture Ùisideanienne, oeuvre d'art qu'était le garde, ne pouvait être ainsi piteusement gâchée.
    « Juste… en mémoire de nos moments, assures-toi qu’Àdhamh puisse ramener mon corps à Castel Leod. » Sómhairl ne s'aperçut qu'il n'avait pas détaché ses pupilles des larmes de Ùisdean que lorsque ses iris revinrent avec rage vers le propriétaire de ces perles de douleur. Les maudites palabres crevèrent son cœur. La mort. Réalisation soudaine. Cette chose qui ne tourmenterait qu'encore plus les tourments. Qui attiserait le feu des heurts entre ces deux clans d'inconscients. Mais surtout, une conscience éteinte. Des cils immobiles. La bouche sèche des derniers mots prononcés. La rocaille aimée des murmures que la gorge du poète aimait avaler. Un derme froid. Ùisdean mort. Ùisdean raide. Ùisdean qui n'était plus. Le tableau engloba l'esprit de Sómhairl, un poids tombant avec violence dans son estomac et la bouffée d'air s'échappa en un court sanglot, respiration devenue saccadée au fil de la pensée. Le poète fut immédiatement brisé par des larmes silencieuses, la mâchoire crispée de dégoût pour la scène qui venait d'être esquissée en horribles songes. « TAIS-TOI ! » beugla-t-il en laissant s'échapper un gémissement de tristesse mêlées à des filets humides de colère qui s'écrasèrent contre la mâchoire de l'amant ennemi, sa poigne abandonnant soudainement la hanche chaude pour frapper de ses petits monts le vieux plâtre des lieux. « Tais-toi, vieil abruti ! La mort t'est interdite, m'entends-tu ?! Et ton corps n'ira entre aucunes autres mains que les miennes, fratrie gueulant à ma porte ou non ! » L'estoc avait été déplacé sur le côté du crâne du garde, tenue lâche affaiblie par la vision de sa dangerosité. Sómhairl ne pouvait davantage enfoncer la lame dans la chair. Sa bouche s'était progressivement glissée contre l'oreille de l'auteur de ses maux du cœur, lui susurrant une voltige de jurons, passion et haine tout en flottant sur le derme frissonnant. Le lobe épargné récolta alors quelques secondes ce souffle saccadé, le temps que disparaissent les affreuses images qui s'étaient infiltrés dans les songes du pauvre avocat retenant de s'écraser contre celui qu'il était supposé égorger.

    Les volutes d'effroi finirent par s'éteindre peu à peu, accordant au poète le retrait de son corps au souvenir de son état, de cette colère qui l'avait dévoré et palpitait toujours dans les tréfonds de sa gorge. « Tu as fait de moi un être avachi d'amour, dévoré par la passion, et parfois je m'en veux d'avoir céder si aisément à tes lippes. Si tu savais comme j'aimerais t'en vouloir, de cette folie fiévreuse, mièvre aussi ! Et voilà que dans ce goût trop prononcé pour ton propre trépas — que je n'apprécie vraiment pas au passage, ne vous a-t-on jamais appris à retourner une lame chez les MacKenzie ? ou à l'armée ? — tu m'offres là une raison plus... brutale encore de te détester. De te dévorer. Juste par la révélation d'une exécution qui m'est obligée. » Il vint approcher à nouveau l'épée entre leurs deux encolures, se penchant lui même contre le tranchant, joliesse de sa carapace loin d'être effrayée par la flamberge. « Il n'y a personne ici. Ce serait tellement aisé. Qui entendrait notre massacre mutuel ? » La voix était descendue d'encore une octave et se faisait menaçante. Affamée. Il aurait eut été si simple, d'esquisser une rapide dance du poignet, un ballet de mort qui scinderait en deux cette trachée pour une cascade rouge et noire, aqueuse, le poisson MacKenzie. Nettoyer serait ennuyant, bien qu'il ait après tout employé un domestique pour ce genre de situations. « Mais il m'est aussi trop tard pour pareille colère. lâcha-t-il finalement en passant l'épée par dessus leurs tête, danger prêt à leur fendre les crânes mais contrôlé par cette main dont la sœur allait s'étreindre dans les cheveux du garde, se perdre dans le flot de la passion qu'il était aux yeux du poète, piégé. Lové dans tes filets, voilà tout ce que je suis. Et je te supplie de m'y garder. J'en ai honte, mais tu en as désormais la connaissance, sincère. » Leurs front se rencontrèrent et Sómhairl retint un juron au retour de la vision de son amant mort, étripé par la rage de pères, frères, cousins et marâtres déplorant leur choix. Leur choix de fous sans plus de salut religieux.

    « Alors ouvres bien tes esgourdes, Uisdean MacKenzie. » souffla-t-il en plantant son regard dans celui du garde, lippes s'accrochant presque aux siennes, paluches entourant ce visage et cette barbe idôlatrés. « Je ne sais pas si l'on pourra taire longtemps le double affront auprès de nos familles. La mienne pourrait pardonner le sodomite mais pas le traître au tartan. Surtout que les murs ont les écoutilles à l’ouïe experte. » Et l'Oilliphéist ne pouvait garder davantage de distance entre ses lèvres et le derme de cet homme, calant sa mâchoire dans le creux de ce cou tentateur, langue serpentant un chemin qu'il voulait retracer avec lenteur, pour s'assurer qu'il en avait le droit. « Nuques brisées se balançant au bout d'une malheureuse corde, voilà tout ce qui nous attend ! Mais étrangement, la simple idée de suffoquer à tes côtés me semble plus agréable qu'être encore éloigné de toi. » La douce humidité de sa bouche amoureuse et du piquant de sa barbe encore électrique de colère vinrent courir plus bas, se dirigeant vers ce sternum si parfaitement sculpté, crevasse sanglante évitée avec soin pour ne pas céder mais une goûte perlant malgré tout et s’écrasant contre les parois d'une narine fort vite enivrée. « S'il faut t'aimer dans la haine de nos noms, ne t'en fais pas je le ferais. Parce que je ne sais pas ce que tu m'as fait, Ùisdean, mais je ne parviens pas à te haïr. Je veux juste t'enlacer. dit-il en se laissant choir lentement pour admirer et vénérer ici l'angle d'un os, là le velouté d'une courbe ou encore par-dessus un frisson, la pulpe d'un téton. Sans arrêt. C'est extrêmement frustrant, tu sais ? » Les mains se joignirent désormais au bal des sensations qui le submergeaient au simple toucher de corps, se baladant aux rives d'un bras et l'enchevêtrement de doigts demandant une alliance dans la traîtrise, de sceller cette affection irresponsable et immorale affalés sur ces tartans auteurs du heurt et de leurs ascendances. L'éréthisme le gagnait, l'enivrant de ce chatoiement dont était parsemé en son sein la peau du garde. La mâchoire continua doucement sa descente, souffle s'agrippant contre le duvet auburn qui marquait l'aval d'une rivière à laquelle il adorait s'y échouer, nombril provocateur. Le moulin à parole — qui n'avait probablement repris sa respiration que durant un silence de deux secondes, entraîné par la peur qui l'avait estomaqué — vint écraser ses dernières louanges en embrassant joliment l'aine si exquise à qui il laissa un hommage sensuel de son jargon amoureux. « Je veux t'entendre maugréer, déblatérer des banalités, m'étonner à chaque seconde de ton existence, te sentir soupirer et te voir respirer. Alors ne me parles plus de ta mort, et je te demande pardon, je suis tellement désolé. Bien désolé, mon ami. Jamais plus je n'abîmerais ce que tu es. » Et leur nudité ne semblait pas être perçu par l'aède comme une faiblesse mais la preuve de son honnêteté, offert dans la sincérité de ce qui l'étreignait, ce qui clouait ses genoux sur ce plancher, loin d'une pantalonnade des palabres dont il se faisait habitué, mais véritable épris qui le clamait avec toute la maladresse dont il était capable, submergé par la peine, l'aigreur et la fièvre fanatique qui s'entrechoquaient encore dans son être, laissant parfois échapper un grognement de haine entre deux baisers et puis un souffle de refus vaincu par le tremblement d'une lèvre amoureuse.

    Mais si Sómhairl était en cet instant un MacLeòd of Lewis au transport certain pour un MacKenzie, il était aussi un Oilliphéist qui laissait ses dents sortir de plus en plus pour enjoindre sa bouche à la dégustation de ce corps. Appétence urgente. Fringale sur le perron. Et la grogne de son estomac le fit se redresser furieusement, égide invisible placée entre eux alors qu'il s'était lancé à venir embrasser ce vît qui commençait à tourmenter et occuper trop de place dans ses pensées qu'il voulait chastes pour leurs aveux et colères, désireux d'entourer de ses lèvres et de sa bouche toute parcelle de cet amour à adorer et l'aspirer puis le délivrer, lui éprouver toutes les émotions qui livraient bataille en son sein pour cet ardeur irrépressible, Lécher la foi qu'il avait pour cet homme. Amener sur le bord du précipice leur passion et danser sous ses volutes orgasmiques. Mais la rage se rappelait à son esprit. Un MacKenzie. En chair. Et quelle chair. « Je - Ùisdean. La faim de toi commence à m'assaillir — comme tu peux le constater — dit-il en sentant la chaleur s'insinuer dans son ventre et lui monter aux pommettes à cet aveu, teint de feu sur un visage froid et de déprime, mais je crains de m'emporter. Laisse-moi cinq minutes, il faut que... Même quelques pauvres galettes d'avoine... » Il avait indiqué avec inexactitude la sortie, soubresaut de la poitrine et des doigts qui se jetèrent sur le lit pour emporter avec lui le premier tartan dont la couleur lui fut indifférente, s'en enveloppant rapidement la taille et le torse pour affronter le froid glacial et enjambant les quelques trésors encombrants sur le sol pour rejoindre la porte.

    Sòmhairl parvient-il à sortir de la chambre ?:
    SUCCÈS : Le dextre défait la poignée de son vil verrou exécuté à tâtons quelques heures plus tôt et Sómhairl se glisse sans bruit  avec agilité entre les sillons sombres des couloirs, s'arrêtant dans la cuisine non sans laisser échapper un sanglot, nerveux, la tête en miettes et le palpitant frémissant d'amour mal avoué, écrasement du corps le long d'un mur pour refréner ses larmes et la faim prenant peu à peu le dessus sur l’abîmé.
    ÉCHEC : Dans la hâte et l'ivresse de sa douleur, le poète heurte une colonne de livres et tour de vieilles bibliothèques décharnées, entraînant la chute d'un bardas qui vient bloquer l'accès au salut. Casse-tête trop long à résoudre dans l'enchevêtrement des pieds de chaises écroulées, l'urgence affamée se retrouve obligée de survivre au huit-clos, lippes tremblantes sous ce besoin de chair dont le souvenir tentateur enivre ses sens.

    Quel tartan a-t-il sur le dos ?:
    SUCCÈS : Celui des MacLeòd of Lewis.
    ÉCHEC : Celui des MacKenzie.
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    Message par Ceann-Uidhe le Ven 1 Sep - 0:23

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    Re: air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

    Message par Ùisdean MacKenzie le Ven 1 Sep - 13:16


    ma chailleas mi thu,
    càit' am faigh mi thu ?
    Sómhairl ξ Ùisdean



    Fer carmin qui remplit les narines, se déploie dans ma bouche, libérant la saveur de l’hémoglobine que je ne connais que trop bien. Ces yeux si majestueux que je me plais tant à détailler retombent sur mon regard brouillé de larmes. La colère évidente que j’y lis laisse courir un frisson d’effroi le long de mon dos. Suis-je vraiment prêt à le laisser prendre ma vie ? Ma langue passe sur mes lèvres, comme pour chercher le courage de continuer à lui brandir ma gorge, à l’intimer silencieusement de répandre davantage le sang. Mes jambes me paraissent moites, bien trop peu solides. J’ai la sensation qu’il ne faudrait qu’un coup de vent pour me chasser, me bousculer au sol. Je suis totalement à sa merci. Le MacLeòd tient mon cœur dans sa paume. Je ne suis plus qu’une chose. Une chose dépendante de lui. Et le reconnaitre me fait mal. Qu’il est douloureux, qu’il est pénible de devoir reconnaitre que, sans l’autre, nous ne sommes plus rien. Je ne peux plus concevoir mes journées sans apercevoir cette tignasse brune mal coiffée, sans entendre cette voix aux inflexions nordistes, sans sentir son odeur dans mes draps. Dépendant, je le suis. Je me consume de lui, pour lui. Et si avant ce soir, j’ai pu me cacher derrière le fantôme d’Imogen, je suis aujourd’hui obligé de le reconnaitre, je suis passé à autre chose. Le constat est d’autant plus un crève-cœur qu’il me donne le sentiment d’être un être abject. Cela fait certes une petite décennie que ma femme est morte, mais je l’aimais tellement. Je respirais pour elle, je vivais pour la combler, pour entendre son rire, pour voir cette lueur espiègle briller dans son regard. Cela a été si fort, si puissant. Vivre quelque chose de semblable et pour autant totalement différent avec Sómhairl fait grandir la culpabilité en moi. Si je suis capable de tourner la page pour Imogen, le serais-je aussi un jour pour le MacLeód ? Cela me semble fou, insensé. Et déjà rien que le sous-entendu de déclaration que j’ai pu lui faire me tétanise d’effrois, bien plus que l’idée d’être passé par le fil de son épée. Mon cœur s’emballe, mes poils se dressent. Je me suis vraiment… Déclaré ? Déchiré, je le suis. Entre le sentiment d’un amour passé que je me refuse d’oublier et … ce que je ressens pour le poète. Je ne sais plus où donner de la tête, à quel saint me vouer. Je m’étais juré de ne plus aimer. Sómhairl… Ce n’était pas prévu. Nos premiers abandons n’étaient pas calculés, seulement facilité par la consommation excessive d’alcool. Avais-je déjà été dans la couche d’un homme avant lui ? Non. Absolument pas. Il est mon premier et, prudemment, j’aimerais qu’il reste le seul. L’amour est un sentiment bien trop douloureux, bien trop pernicieux. Je n’en voulais pas. Qu’il serait facile de le laisser me trancher la gorge ici et maintenant. Au moins, cela mettrait un terme à mes angoisses et je mourrais dans ses bras. Beaucoup sont ceux à ne pas avoir la chance de choisir aux côtés de qui ils meurent. Comme feux mon frère. Mort lors d’une attaque imprévue, jeté dans une fosse sans le moindre respect. Encore quelqu’un que je n’ai pas pu protéger. Peut-être qu’en offrant ma vie à mon amant, je pourrais le protéger d’une éventuelle exécution pour sodomie ? Peut-être est-ce, après tout, la seule et unique chose à faire pour nous sauver tous les deux de notre passion ? « TAIS-TOI ! » La voix raisonne et mon regard s’étant abaissé au fil de mes pensées remonte, observant douloureusement celui qui a déjà beaucoup trop de place dans ma vie. Mon amant, ma lumière, ma béquille. Je suinte la culpabilité. Le cri a le mérite d’arrêter mon train de pensé suicidaire. Et maintenant que mes iris croisent à nouveau les siens, je sens la culpabilité monter. Que ne donnerais-je pas en ce moment pour m’abandonner une nouvelle fois à ses bras ? Son poing s’écrase sur le mur, me faisant légèrement sursauter. Si j’écoutais purement et simplement mes pulsions, cette histoire se finirait en une joyeuse et sanglante étreinte, les corps se frottant l’un à l’autre, rendus visqueux par le sang coulant sur les dermes. L’image me fait frissonner. Mais Sómhairl est là pour me ramener les pieds sur terre. « Tais-toi, vieil abruti ! » Est- il capable d’entendre mes pensées ? Cependant, l’injonction me force à m’arracher à mes besoins, douloureusement, difficilement. Je ravale l’hémoglobine qui remplit ma bouche, piétinant un peu sur place, comme honteux d’avoir eu cette pensée. « La mort t'est interdite, m'entends-tu ?! Et ton corps n'ira entre aucunes autres mains que les miennes, fratrie gueulant à ma porte ou non ! » Je ne comprends pas. Mes lèvres s’ouvrent, incapable de sortir le moindre mot. J’ai peur de comprendre, j’ai peur d’interpréter ces mots, peur de leur réel sens.

    Son souffle chaud caresse mon oreille, me tirant une plainte douloureuse. Mon torse se bombe, cherchant un quelconque contact avec le sien. Les insultes coulent hors de ses lèvres. La lame n’est plus, elle est écartée. Et pourtant, tout ce à quoi je parviens à penser est sa proximité et le sang. Entêtant, obsédant. Le sang, ses bras. Pourquoi ne pourrais-je pas avoir les deux ? Je serais un homme tellement heureux si d’aventure, je pouvais avoir les deux en même temps. Mon torse effleure le sien et je ferme les yeux. Ma lèvre inférieure disparait derrière mes dents, l’hémoglobine remplissant à nouveau ma bouche. Pitoyable. Je suis pitoyable. Comment puis-je espérer être aimé par cet homme qui me tient à ce point en son pouvoir alors que je suis parfaitement incapable de gérer mes propres pulsions ? Non, assurément, il ne veut pas que je reste en vie pour lui. Ça serait idiot. Parfaitement idiot. « Tu as fait de moi un être avachi d'amour, dévoré par la passion, et parfois je m'en veux d'avoir céder si aisément à tes lippes. Si tu savais comme j'aimerais t'en vouloir, de cette folie fiévreuse, mièvre aussi ! Et voilà que dans ce goût trop prononcé pour ton propre trépas — que je n'apprécie vraiment pas au passage, ne vous a-t-on jamais appris à retourner une lame chez les MacKenzie ? ou à l'armée ? — tu m'offres là une raison plus... brutale encore de te détester. De te dévorer. Juste par la révélation d'une exécution qui m'est obligée. » Il s’approche et, comme un parfait idiot, je ne trouve rien de mieux à faire que de passer une main sur sa joue. J’aime cette proximité, malgré l’estoc entre nous. Seul le dilemme que je lui impose malgré moi me dérange. Malgré le sang, ma bouche s’assèche alors que je me rends compte qu’il l’a dit. Quelque chose dans ma poitrine se pince douloureusement. La déclaration me laisse sans voix. Est-ce une moquerie ? Je connais Sómhairl et il n’a pas l’air de rire en cet instant. Mais peut-on vraiment dire que l’on connait réellement quelqu’un lorsque ce n’est que des mois après avoir commencé une relation charnelle avec cette personne que l’on apprend son affiliation clanique ? « Il n'y a personne ici. Ce serait tellement aisé. Qui entendrait notre massacre mutuel ? » Le souffle court, je ne sais plus sur quel pied danser. Je ne sais pas si je dois crever de bonheur ou de peur. Sans doute les deux à la fois. C’est la première fois pour moi que les choses sont si passionnelles, si dangereuses. Il semble évident que mon amant à la haine bien ancrée. Je n’aime pas être celui qui lui demande de faire pareil choix. Je n’ai d’autre possibilité que d’attendre calmement qu’il ait arrêté sa décision sur la marche à suivre pour lui, sur ce qu’il a vraiment envie. Moi, je suis secondaire. Ce qui importe réellement, c’est lui, c’est son bonheur. « Mais il m'est aussi trop tard pour pareille colère. Lové dans tes filets, voilà tout ce que je suis. Et je te supplie de m'y garder. J'en ai honte, mais tu en as désormais la connaissance, sincère. » Il pose son front sur le mien et je ne peux m’empêcher de glisser ma main sur sa nuque. Mon cœur bat trop vite, me laissant la tête qui tournoie désagréablement. Ses bras, ses lèvres, son corps. Tout. Je veux tout de lui. Quelle bande d’idiots que nous faisons là… Empêtré chacun dans les filets de l’autre, incapable de laisser l’amant partir, incapable de lui en vouloir pour ses origines, incapable de laisser des années d’éducation prendre le pas sur un simple sentiment. Avalé par les tourments de la passion que nous sommes, notre bateau a été avalé par les flots du désir et du besoin de l’autre. Il n’y a rien d’autre, il n’y a rien de plus, il n’y a rien qui ait plus d’importance en ce moment. Les joues toujours humides, je ne peux empêcher un sourire vaguement idiot de me monter aux lèvres suite à pareille déclaration. Mes doigts vont se perdre dans la base de ses cheveux, s’entortillant dans les boucles brunes comme j’ai toujours aimé le faire. « Alors ouvres bien tes esgourdes, Uisdean MacKenzie. Je ne sais pas si l'on pourra taire longtemps le double affront auprès de nos familles. La mienne pourrait pardonner le sodomite mais pas le traître au tartan. Surtout que les murs ont les écoutilles à l’ouïe experte. » Si j’ai écouté attentivement, les mots s’envolent cependant tout aussi vite de mon esprit. Enfin. Ses lèvres sur mon cou. Je frissonne violement. Mes yeux se ferment pour profiter du contact apaisant. Sa peau. Sur la mienne. Ma main remonte dans ses cheveux, invite muette que celle-là à prolonger davantage la caresse buccale. « Nuques brisées se balançant au bout d'une malheureuse corde, voilà tout ce qui nous attend ! Mais étrangement, la simple idée de suffoquer à tes côtés me semble plus agréable qu'être encore éloigné de toi. » Sa barbe chatouille, les mots gorgent mon cœur et assèche ma gorge. Je le veux. Lui. Tout entier. Dans mes bras, dans mon lit, dans ma vie. Partout. Tout le temps. Cette voix… Sa voix… Si belle, si souple, si ronde, si douce. Elle m’attire, elle m’excite. J’en veux plus. Dis m’en plus, Sómhairl. Je veux me nourrir de tes mots, me noyer sous ta prose, mourir de bonheur à t’entendre me dire à quel point tu tiens à moi. « S'il faut t'aimer dans la haine de nos noms, ne t'en fais pas je le ferais. Parce que je ne sais pas ce que tu m'as fait, Ùisdean, mais je ne parviens pas à te haïr. Je veux juste t'enlacer. Sans arrêt. C'est extrêmement frustrant, tu sais ? » Enlace moi alors, au lieu de me teaser aussi délicieusement de tes lèvres. Fais-moi entièrement tiens. Je suis là, je m’offre entièrement à toi, à toutes tes envies, à tous tes besoins. Ses doigts viennent se joindre aux miens et je ne peux m’empêcher de les étreindre avec force. Mon torse se soulève anarchiquement alors que je me laisse embarquer dans le moment, savourant proximité, lèvres et caresses. L’exaltation du besoin assouvit, lentement, avec patience. Que je voudrais sentir la totalité de son corps se presser contre le mien, goulument. Que j’aimerais faire taire une fois pour toute ce besoin qui me ronge les entrailles, qui me pousse à toujours demander plus, à venir même parfois me lover dans ses bras tel un enfant en mal d’affection. J’aimerais tellement parvenir à me gérer, à identifier la partie qui vient de mon héritage de cette qui vient réellement de moi. Les choses auraient-elles tournées ainsi entre nous si n’avais pas eu ce besoin maladif de ses attentions ?

    Une longue plainte m’échappe alors que l’humidité de ses lèvres se perd sur mon aine. Si proche et si loin à la fois… « Je veux t'entendre maugréer, déblatérer des banalités, m'étonner à chaque seconde de ton existence, te sentir soupirer et te voir respirer. Alors ne me parles plus de ta mort, et je te demande pardon, je suis tellement désolé. Bien désolé, mon ami. Jamais plus je n'abîmerais ce que tu es. » J’inspire goulument l’air, cherchant à dénouer mes cordes vocales. Son verbe est si beau, sa voix si chaude et réconfortante. Je ne veux pas briser l’instant de mes mots bruts et maladroits mais je ne peux m’empêcher de laisser à mon tour une excuse m’échapper. « Je suis désolé. Je ne le ferais plus. Je t’en prie, pardonne ma peur de te perdre. » Parce que, qu’est-ce d’autre que de la lâcheté humaine ? Je suis capable d’affronter une armée en étant en première ligne. J’ai effectué un nombre incalculable de décharge, j’ai pillé, tué, je me suis battu un nombre incalculable de fois pour ma vie et ce sans flancher la moindre fois. Mais je suis incapable d’affronter un quotidien sans lui. Quelle lâcheté, quelle faiblesse. Je déteste l’amour. Je déteste ce qu’il fait de moi. Moi qui suis si sûr de moi, moi qui ne craint pas grand-chose. L’amour me fait plier l’échine, me fait perdre mes moyens. Je ne sais pas comment faire les choses bien, j’ai peur de tout foirer. Encore et toujours. Je veux Sómhairl en sécurité, là où il ne pourra rien lui arriver de grave. Mais je le veux aussi démesurément à mes côtés. Folie que celle-là. Si nos familles apprenaient notre infamie… Si nos clans apprenaient l’échange sodomite de leurs enfants… Il n’y a pas que l’abomination d’une étreinte masculine qui soulèverait les cœurs et attiserait les colères. Le garder près de moi est égoïste. Cruellement égoïste. Pourquoi aimer est-il si dur ? Si douloureux ? « Je - Ùisdean. La faim de toi commence à m'assaillir — comme tu peux le constater — mais je crains de m'emporter. Laisse-moi cinq minutes, il faut que... Même quelques pauvres galettes d'avoine... » Il s’arrache à moi et je dois retenir une plainte frustrée de m’échapper. Ce genre de faim… Elles ne sont pas de celles avec lesquelles on rigole. Il m’a déjà parlé de ses penchants tout comme je lui ai déjà évoqué les miens. Et, clairement, ce n’est pas la manière dont je souhaite figurer à son menu. J’hoche la tête, invite muette pour qu’il rompe l’instant, qu’il aille prendre soin de lui. Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir l’aider plus en cet instant. Mais les émotions qui tourbillonnent en moi me tétanisent. Alors qu’il attrape son tartan, je me laisse glisser le long du mur, uniquement pour mieux sursauter lorsque la montagne d’objets stockés s’effondre. « Sómhairl ! Tu vas bien ? » Je me redresse immédiatement, inquiet qu’il ne soit coincé sous l’avalanche. Moi qui avais durcis sous les attentions de mon amant, la peur chasse les derniers stigmates d’excitation. Oubliant sa faim, je me précipite, le tournant vers moi pour le détailler. « Tu n’as rien… » Le souffle m’échappe, profond soulagement. Et cette fois ci, je ne peux résister au besoin de le tirer à moi pour l’étreindre. Avec la force que seul un profond besoin de proximité où d’être rassuré peu créer, je le maintiens tout contre moi. Il me faut quelques secondes avant de finalement relâcher l’étreindre et observer le fourbis obstruant la seule sortie de la pièce. « Tu es sûr que nous sommes seuls ? » Et quand bien même, quelqu’un aurait entendu les cris, la chute des objets… Comme expliquer notre nudité, ou même la présence de nos tartans respectifs ? « Je vais te sortir d’ici. » Voix résolue et pleine de promesses, mon cœur n’en est pas moins prêt à l’ouvrage. Je m’éloigne de lit pour m’approcher de l’avalanche bloquant le chemin. Et si je n’arrive pas à dégager le tout à temps… Je suppose que je pourrais toujours lui laisser l’une de mes oreilles ? On vit très bien avec juste une oreille… Et si ça peut le soulager… Je le laisserais faire avec le plus grand des plaisirs. Pas que cela me fasse plaisir de perdre une oreille dans l’histoire… Mais ce n’est pas comme si c’était réellement important. Le plus important, c’est lui. Lui et son bonheur. Chassant la vision de mon amant en train de se tailler un morceau de viande sur mon corps, je me penche sur le puzzle improvisé, commençant par essayer de retirer les objets me semblant les plus faciles à atteindre. Tout cela n’arriverait pas si, comme je le lui avais proposé à plusieurs reprises, il m’avait laissé ranger un peu tout ça. Pas vraiment expert en l’art et la manière, ma brusquerie nerveuse n’aide pas vraiment, rajoutant des chutes au fur et à mesure que je retire des objets. Après quelques minutes, il me semble évident que j’en aurais pour bien trop longtemps. Un juron coule hors de mes lèvres avant que je ne me relève. Je fais face à mon amant, mon si bel amant… La mine désolée, je réajuste son tartan, l’enroulant un peu plus dedans. « Tu vas attraper la mort si tu ne te couvres pas bien. Je vais trouver une solution pour te sortir de là, je te le promets. » La fenêtre ? Nous sommes au premier étage et je doute d’être assez bon en escalade que pour atteindre le sol sur mes pieds. Surtout par le temps qu’il fait. La pluie bat encore furieusement le carreau, la foudre zèbre le ciel. Et, sans parler de mon tartan dont l’unique possession est un sévère interdit, je n’ai rien à me mettre. Mais alors que je regarde la lèvre tremblante de mon amant, je fais mon choix. Je m’éloigne pour essayer de rassembler ce que je peux de mes vêtements. Au pire, on ne meurt pas d’une si petite chute, n’est-ce pas ? Les vêtements froids me collant à nouveau à la peau, je m’accorde un passage éclair chez mon amant. Je prends son visage en coupe entre mes mains. Et, malgré la situation, c’est sans la moindre peur que goute à ces lèvres que j’aime tant, les brouillant de mon sang. « Je reviens vite. » La promesse est soufflée tout contre ses lèvres avant que je ne me détourne pour aller ouvrir la fenêtre. « Je ne veux pas t’entendre protester. Je reviens après un passage express aux cuisines. Al’ doit bien avoir laissé trainer quelque chose à manger quelque part. » La pluie bat cruellement mon visage alors que j’enjambe la fenêtre, cherchant des prises pas trop glissantes pour commencer ma descente.

    Úisdean parvient-il en bas sans glisser ?:
    SUCCÈS/SUCCÈSAvec une habilité qu’il s’ignorait et aidé par sa force, le ceasg parvient à descendre le long de la façade avec difficulté, manquant à plusieurs reprises de glisser. Après un bref regard à la fenêtre ouverte, il se rue à l’intérieur de la demeure, fonçant aux cuisines sans perdre plus de temps. C’est donc ainsi les bras chargés de tout ce qu’il a pu trouver de comestible qu’il ouvre la porte de la chambre de Sómhairl une grosse dizaine de minute plus tard.

    SUCCÈS/ÉCHEC Le début de la descente se passe bien. Jusqu’à ce que la foudre frappe au loin, surprenant le garde qui perd sa prise sur la façade. Il chute mais, par chance, il n’était pas trop haut. Il tombe sur le dos. Il se relève douloureusement, une plainte s’échappant de ses lèvres pour se perdre dans la tempête. Après un bref regard à la fenêtre ouverte, il se rue à l’intérieur de la demeure, fonçant aux cuisines sans perdre plus de temps et en ignorant son dos douloureux. C’est donc ainsi les bras chargés de tout ce qu’il a pu trouver de comestible qu’il ouvre la porte de la chambre de Sómhairl une grosse dizaine de minute plus tard.

    ÉCHEC/SUCCÈS C’est à mi-trajet que Ùisdean glisse, chutant irrémédiablement sur son flanc. Il lui faut cinq longues minutes pour se remettre du choc avant de se relever difficilement. Grondant de douleur, c’est en marchant qu’il rentre à nouveau chez lui, partant en quête des cuisines. Cela ne l’empêche cependant pas d’arriver de l’autre côté de la porte, la pommette ouverte et commençant déjà à gonfler. C’est avec une fierté non feinte qu’il se penche au-dessus du fourbi pour tendre à son amant de quoi apaiser son appétit.  

    ÉCHEC/ÉCHEC Le MacKenzie chute rapidement, la façade n’étant vraiment pas adaptée à ce genre d’exercice, encore moins par un temps pareil. Un craquement sinistre s’étouffe sous le grondement lointain du tonnerre. Son cri de douleur s’étouffe sur des lèvres ouvertes mais incapable de sortir le moindre son. Quelque chose dans la jambe du garde est brisé. C’est avec toutes les peines du monde qu’il se redresse et se traine à l’intérieur. Il lui faut plus d’une demi-heure pour atteindre la porte de la chambre de son amant et il arrive les mains vides, l’œil rendu vitreux par la douleur.

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    Re: air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

    Message par Ceann-Uidhe le Ven 1 Sep - 13:16

    Le membre 'Ùisdean MacKenzie' a effectué l'action suivante : Le Destin


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    Re: air mullach nam beann. ma chailleas mi thu, càit' am faigh mi thu ? (úisdean & sómhairl) [-18]

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