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Été 1761, Édimbourg, Écosse. Les vagues frappaient contre la rive en un bruit constant et répétitif, comme une douce berceuse chantée par la mer du nord, une caresse légère sur votre front, un tendre baiser rassurant de la nature. Tout indiquait un matin normal sur les quais du port de Leith, si ce n’étaient les corps inertes qui flottaient comme des billots de bois mou abandonnés. Six corps. [...] Lire plus.

Look what you made me do

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Cycle 3 Look what you made me do

Message par George Forbes le Mar 3 Avr - 2:54


「 If an injury has to be done to a man it should be so severe that his vengeance need not be feared. 」

3 avril 1762, aux environs de 23h
George - Virgile
Il lui avait fallu du temps avant d'obtenir l'information qui lui manquait, celle qui changeait tout, et il ne regrettait pas d'en être arrivé à ces extrémités parce que ça avait marché. Parce qu'il savait comment gagner à ce genre de jeux et son adversaire avait une nouvelle fois perdu face à lui. Il avait craqué et dévoilé sa main - ou du moins, le connaissant, une partie - et c'était comme ça qu'il l'avait trouvé. Il avait attendu que la nuit tombe, que les rues se vident, que seules les âmes les moins bien attentionnées osent encore être dehors pour les rejoindre à son tour. Il craignait toujours les ombres et ce qu'elles pouvaient cacher, mais ce soir la peur était moins important que tout le reste. Que sa colère, sa rage, sa douleur, sa haine et tout ce qu'il n'arrivait pas à nommer. Ce soir enfin il agissait au lieu de toujours subir, et quoi qu'il se passe il aurait des réponses, peu importe la façon de les obtenir. Parce que l'autre en face ne savait pas tout, il en était convaincu, et il s'en servirait à son avantage pour le faire perdre une nouvelle fois. Il n'avait pas eu trop de mal à trouver la bonne porte et s'y engouffrer, rejoignant les escaliers sans se faire remarquer pour monter les marches en silence et s'arrêter devant la porte qu'on lui avait indiqué. Quelques secondes à guetter le moindre bruit et il avait joué avec le mécanisme de la serrure, souriant quand il avait entendu le claquement du métal puis le discret grincement de la porte qui s'ouvrait devant lui.

Une fois la porte refermée derrière lui, il s'était arrêté pour observer la chambre. La pièce à vivre de ce qui semblait être un petit appartement en réalité, mais connaissant le locataire ça ne l'étonnait pas vraiment. Virgile avait toujours eu des goûts coûteux et c'était aussi comme ça qu'il l'avait trouvé. La porte au fond devait mener à la chambre en elle-même et il avait fait quelques pas pour s'en rapprocher quand il avait remarqué le berceau. Sûrement la petite fille qui rendait la vie impossible à l'écrivain s'il en croyait l'une de ses lettres, et il s'était approché, laissant la curiosité l'emporter un instant sur la raison de sa présence ici.  A peine le temps de voir à quoi elle ressemblait qu'elle s'était mise à pleurer et  instinctivement il l'avait prise dans ses bras pour la calmer, la berçant sans un mot, frôlant sa joue du bout des doigts avant de la laisser capturer son pouce. Elle était belle avec les boucles brunes qui s'égaraient sur son front et ses grands yeux clairs. Aussi belle que son fils avait pu l'être au même âge. Quelques mois à peine, pas plus de six, et il avait senti son cœur se serrer douloureusement, le rire cristallin qu'il ne pourrait plus jamais entendre résonnant dans son crâne. Il était resté debout à apaiser le petit être, contemplant son petit visage parfait et la paix qui adoucissait tous ses traits alors qu'elle sombrait lentement, en oubliant presque pourquoi il était là, ce qui serrait son cœur et sa gorge, qui embrumait ses yeux, quand il avait entendu la porte de ce qui devait être la chambre s'ouvrir.

Il n'eut pas besoin de lever les yeux pour savoir que celui qu'il était venu voir le regardait, et il s'était contenté de caresser une nouvelle fois la joue de la petite fille qu'il berçait doucement. Tu dois sacrément t'nir à sa mère pour tolérer un gamin à moins d'dix mètres d'toi. Il se souvenait de ce détail, un qu'il n'avait jamais compris, un parmi tant d'autres. Sa voix était basse, posée, presque un murmure pour ne pas déranger le bébé dans ses bras. Surtout aussi jeune... Félicitations j'suppose... Il savait que l'autre allait répliquer, sûrement un train d'esprit comme il était capable d'en sortir à tout moment, ou une menace pour se venger de se qui s'était passé la dernière fois, mais il ne lui avait pas laissé le temps et avait repris la parole, la voix toujours aussi calme. J's'rais toi j'resterais discret, ce s'rait con qu'des gens viennent et trouvent un homme dans ta chambre à cette heure. Moi j'm'en fous, j'ai d'jà une réputation d'merde, mais c'pas ton cas... Quittant un instant le visage du petit être des yeux, il les fixa sur ceux de son ancien amant, s'assurant qu'il ne louperait aucun mot qu'il prit soin  de bien articuler. Enfin pas pour le moment. Il l'avait fait à Paris, là où l'écrivain était connu bien avant son arrivée, faire pareil ici alors qu'il l'était beaucoup moins ne serait pas très difficile. Quoi qu'tu veuilles on règle ça c'soir, une bonne fois pour toute. Il avait soutenu son regard encore quelques secondes avant de le ramener sur le bébé qui s'était rendormie blottie contre lui et sa gorge se serra un peu plus alors qu'il la reposait doucement dans son berceau. Une dernière caresse sur son petit poing serré et il s'était éloigné, attendant de voir ce que son ancien amant avait à dire.


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Cycle 3 Re: Look what you made me do

Message par Virgile Prevost le Ven 13 Avr - 10:42

george
  & virgile

   
look what you made me do

 
La rage qui a déformé tes traits ce soir là. La rage qui t'as étreint le cœur, comme tant de lames aiguisées, tranchantes. Les cauchemars qui ont suivis, amplifiés, infernaux. La créature de lave et de cendres, qui fond sur toi, qui te transperce comme une dague, rendant la résistance vaine et impossible. Les réveils, brutaux, couvert d'une chape d'horreur et de sueur, alors qu'elle te regardait, inquiète, courant chercher l'enfant pour la bercer. L'enfant. Tu reprenais contenance, préférant te concentrer sur le nourrisson braillard, ignorer les regards de la blonde, et te diriger vers ton établi, ta plume, ton encre, ton papier. Tu y couchais tout, t'y reprenant mille fois avant d'arriver à la lettre parfaite, à celle que tu lui envoyais sitôt un gamin des rues trouvé, quelques piécettes dans la main. Tu es allé une fois, une seule, près de l'auberge miteuse de ton ancien amant, avant de décréter ne jamais y faire un pas. Même parmi les bas quartiers, elle semble encore être une bouche des enfers. Peut-être est-ce simplement le fait de le savoir propriétaire ? Sans doute, mais tu n'en as plus grand chose à faire à ce stade. Les lettres se sont succédées, entre silence et harcèlement, et tu sais qu'il les as lues : le journal d'hier matin te l'a confirmé. Il s'en va. Il quitte. Il fuit. Le journal, tu l'a déchiré en autant de morceaux qu'il l'a fait de ta fierté, et c'est dans une missive pleine d'amertume que tu lui as donné une partie de ton plan entre les mains. Il n'en avait rien compris jusqu'à l'avant dernière, sinon il serait parti plus tôt. Cette femme diabolique, qui exerce tant d'attrait encore sur l'aubergiste, tu ne peux plus la supporter, tu ne peux plus la voir. Elle se meurt, de toute manière, une drôle de fièvre qui s'en est emparée, la forçant à rester au lit. Tu lui as enlevé l'enfant, prétextant la mettre en sûreté, mais plus d'une fois tu as pensé la donner au premier homme venu, l'atroce fillette. Tu as quitté l'appartement que tu occupais, craignant d'attraper la maladie, celle des paysans certainement, laissant sur place la bonniche, peut-être pour soulager ta conscience ? Tu ne sais pas, alors que tu ne trouves pas le sommeil cette nuit encore. Qu'il n'y a rien d'autre que le silence de la nuit, que l'enfant semble être endormie, et la couverture de Morphée posée sur les pavés de la ville. Tu y repenses, à Joanne, à ses sourires que tu lui rendais, hypocrite. A ces élans de poésie, alors que tu lui lisais les premières pages de ton nouvel écrit. Parfois, sa compagnie te semblait agréable, presque normale, et tu en oubliais le monstre d'égoïsme que vous aviez côtoyé tous les deux. Non que tu t'imaginais vivre avec elle, bien trop obnubilée par l'égoïste, mais parfois tu rêvais de cette douceur, bien vite éloignée par ces infâmes cauchemars de cendres et de feu. Il y a du bruit, dans la pièce d'à-côté. Il y a l'enfant, qui se met à pleurer, ses cris stridents t'arrachent à cet état de semi-sommeil, et la bonne qui ne se dépêches pas, te laissant seul avec le bambin. Ou est-ce juste parce que tu ne parviens pas à t'endormir ? Tu sors de ta couche avec dépit, attrapant ta robe de chambre pour t'en vêtir, même si tu ne prends pas la peine de nouer la cordelette autour de tes hanches. Pire qu'un cri d'alarme, cet enfant, alors que tu ouvres la porte, et tu restes interdit. Il est là. Elle est dans ses bras. Trônant au milieu du salon, la scène te semble l'antithèse même de ce que devrait être ta vie, alors que tu ne prends même pas la peine de fermer la porte derrière toi. Ni même de te ruer dans ta chambre pour en sortir le coutelas que tu t'es procuré, peu après la merveilleuse soirée passée en sa compagnie. Il défoncerait la porte pour t'en empêcher, et tu te sens bien bête de ne pas avoir pensé à le prendre avant de te lever. Pourtant tu agis comme un prince embêté, ennuyé qu'un visiteur nocturne ne se soit pas annoncé avant d'entrer, et tu restes devant la porte menant à ta vaste couche, sans dire un mot de plus. Cette scène, elle te rends malade, il y a quelque chose qui cloches plus que de raison, probablement le fait de savoir qu'il tiens son propre enfant dans ses bras ? Que si le corps menu venait à dévoiler ses secrets, tout essai de vengeance serait vain ? Tu te félicites intérieurement de revêtir l'enfant d'une sublime robe de chambre tous les soirs, couvrant la presque totalité de sa peau étrange et rêche. Comme son père. « Je vois que tu as appris d'autres compétences depuis Paris. » Lâches-tu, ignorant les menaces dans sa voix. Ignorant les félicitations, bien peu de circonstances. « J'imagine que ton auberge ne te rapporte rien, si te voilà à voler les honnêtes gens. » Oh non, tu ne lui feras pas le plaisir de le craindre. Pas ce soir. Plus jamais. « N'étais-tu pas sur le départ ? Ou bien peut-être que tu préférais rendre une dernière visite à un vieil ami? » Tu lèves les yeux au ciel, alors que tu surveilles d'un œil l'enfant qui s'est rendormis. « Si tu t'étais annoncé, je t'aurais accueilli avec bien plus de chaleur, et ma bonne t'aurais préparé une délicieuse boisson chaude... » Ton sourire s'élargit, malgré le rapprochement induit par l'autre homme. « Je n'ai malheureusement pas ici de quoi satisfaire tes alcooliques envies. »



   
   
 

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Cycle 3 Re: Look what you made me do

Message par George Forbes le Sam 14 Avr - 12:26


「 If an injury has to be done to a man it should be so severe that his vengeance need not be feared. 」

3 avril 1762, aux environs de 23h
George - Virgile
Il n'avait pas réagit tout de suite devant la tenue - ou l'absence de tenue - de l'écrivain, peut-être parce qu'il était en train de cajoler le petit être dans ses bras jusqu'à ce que ses paupières se ferment et que son souffle se fasse lent et régulier.  Mais une fois le bébé dans son berceau, il n'avait pu s'empêcher de le regarder, ses yeux glissant sur ce corps qu'il avait connu à la perfection, sa gorge se serrant un peu plus à mesure qu'il suivait les fines courbes et les longs déliés vers le bas. Les battements plus lourds de son cœur alors que les souvenirs d'une autre époque s'imposaient à son esprit, que ses instincts lui rappelaient les plaisirs  que ce corps lui avait procuré. Le pas en arrière qu'il fit, presque dans un sursaut, parce qu'il savait ce qui pouvait arriver s'il laissait ses besoins prendre le dessus. Ce qui était déjà arrivé. Quoi que l'autre en pense il n'était pas comme ça, et il avait fait un nouveau pas en arrière, s'arrachant à la contemplation de ce corps qui lui faisait toujours autant d'effet pour observer la pièce. Le bureau poussé sous la fenêtre, les tonnelets dans le coin, les fauteuils près de la cheminée, le berceau qui trônait presque au centre. Le champ de bataille où ils s'affronteraient une nouvelle fois, la dernière avec un peu de chance, et au moins ici la milice ou la garde ne risquait pas de débarquer à tout moment.

Départ? Pour quoi faire? T'aurais du d'viner pourtant, tu m'as d'jà vu jouer aux cartes.  Il n'avait jamais eu l'intelligence du français, encore moins son éducation, mais il compensait en audace et expérience des nombreux jeux où les personnalités importaient plus que les cartes, pions, dés, dominos ou quoi que ce soit d'autre. Et surtout il était bon menteur, en tout cas nettement plus que l'autre. M'manquait juste l'endroit où tu t'cachais, et m'a suffit d'payer l'gamin plus que toi... Et l'journal pour qu'ils disent que j'pars en France. Il avait senti ses poings se serrer, pourtant il n'avait pas bougé, droit devant celui qui avait un jour été son monde. Il y avait très longtemps. Et ta bonne aussi, qu'a bien b'soin d'repos avec... Comment elle a dit d'jà...Ah oui, une "gamine qui braille tout l'temps sans raison".Un bref sourire, soulevant à peine le coin de ses lèvres avant de disparaître presque aussitôt, et il reprit. T'croyais vraiment que j'avais rien écouté l'autre soir? Qu'j'étais trop fasciné par toi? J'ai plus 18 ans Virgile. Une fois rentré à l'auberge ce soir-là, il avait regardé la date sur les pages qu'il cachait sous son lit. Réalisé le temps écoulé, les changements qui s'étaient opérés, tout ce qu'il avait appris, enduré, depuis. Essayé de noyer, sans grand succès, tout ce qu'il avait vu, fait, depuis tout ce temps. Regardé le soleil se lever, l'écho des mots de l'écrivain tournant toujours dans son crâne.

Il avait fini par le regarder à nouveau, se fixant sur son visage en tâchant d'oublier ce qui était plus bas, essayant de deviner ce qui pouvait bien se passer dans l'esprit compliqué de l'autre tout en sachant qu'il n'y arriverait jamais vraiment, comme alors. C'est ça qui t'fais chier non? Que j'sois plus le gamin de Paris qu'tu pouvais manipuler comme tu voulais? Bien sûr il n'y avait pas eu que ça entre eux, mais il lui avait fallu du temps pour réaliser à quel point l'autre avait eu une influence sur ses moindres gestes, sur chacune de ses pensées, tout ce qu'il réveillait en lui et tout ce qu'il avait fait pour satisfaire ses désirs. Pour faire taire ses besoins, juste un peu. Qu'j'ai réussi à t'oublier assez pour passer à aut'chose alors qu'toi non? Il guettait ses réactions, ou leur absence, sur ses traits et dans son regard, essayant de voir quels mots avaient le plus d'impact, alors qu'il s'efforçait de rester calme, la voix basse pour ne pas réveiller la fillette. Ou qu'ce soit à cause d'elle si j'suis là c'soir? Sa gorge s'était serrée une nouvelle fois, autant que son cœur, et il avait croisé les bras sur son torse, ses doigts trouvant le lien de cuir qui ceignait toujours son poignet. La promesse qui l'avait empêché de faire demi-tour une fois la côte anglaise atteinte, quand il avait appris la mort de son père, quand le tueur s'était pointé à l'auberge.


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Cycle 3 Re: Look what you made me do

Message par Virgile Prevost le Dim 15 Avr - 23:47

george
  & virgile

   
look what you made me do

 
Il le savoure, son petit effet. Il a ce sourire aux lèvres, celui que tu aimerais lui enlever à l'instant, là, tout de suite. Il a cette bouche toujours si attirante, ce faciès vieilli et la peau qui semble si douce, loin de ce qu'elle était à Paris. Mais tout sonne faux. Tout. Il n'est pas celui que tu as connu à la capitale. Il n'est en rien celui duquel tu es tombé amoureux, quinze ans plus tôt. Oh, à présent qu'il ne t'évoques que dégoût, tu oses te l'avouer. Un instant. Bref. Fugace, inexistant. Tu refuses de laisser cette pensée revenir sur le devant de la scène, pas alors que tu en profites pour l'enfouir avec cette peur immense qu'il ne s'en prenne à toi physiquement. Ta main se crispe, cachée par l'immense manche de ta robe de chambre, qui elle ne couvre rien d'autre que tes épaules. Tu n'attendais nulle visite ce soir. Pas si tôt. Pas si vite. Tu l'imaginais encore à lire et relire tes lettres, y trouver les éléments, les preuves, les mots cachés, et seulement oser venir te confronter le lendemain, à la lumière du jour. La nuit t'inquiètes, la nuit t'obsèdes, alors que tout ce qu'il y a de plus malsain s'y cache depuis quelques semaines. Le coutelas, oh, que tu regrettes de ne pas l'avoir pris en main. Que tu regrettes, de ne pouvoir te jeter sur cette lame aiguisée, la disposant entre vos corps, entre ses mains impies, salies et les immaculées que sont les tiennes. Tu es vulnérable, croit-il, habillé de la sorte. Si peu vêtu, si peu préparé, semble-t-il, à en juger de son regard. Tu le pensais plus bête encore, tu ne le pensais pas capable de remettre si vite les pièces du puzzle que tu as disposé dans tes lettres. En cela, il te surprends. Aurait-il aussi compris que l'enfant est le sien ? Tu en doutes, et tu es bienheureux de garder sous le coude cette autre pièce du casse-tête. De toute ta hauteur, tu le toises, alors qu'il semble prendre du plaisir à démontrer un manque d'intelligence de ta part. Tu as toujours demandé au même gamin des rues, de poster tes lettres. Tu l'as toujours payé une misère, considérant que le travail n'en valait déjà pas autant. Tu imagines pourtant George se ruiner pour retrouver ton appartement, donnant une demi-fortune à cet orphelin, alors qu'il n'a fait que ce que tu désirais de lui : te trahir. C'est la nature humaine, de trahir pour s'enrichir, en témoigne encore cette bonne, qui ne se montera certainement pas de la nuit, la malheureuse. Et puis, tu savais que tu goût du luxe te dévoilerait : dans cette vieille ville, il n'y a que les beaux quartiers pour satisfaire tes désirs, et il était plus qu'évident que tu n'irais pas dormir dans l'un des coupe-gorges de la cité. Un imbécile s'y serait trompé, et étrangement George ne l'est plus, imbécile. L'adolescent de Paris a grandit, et tu ne l'a pas pris en compte. Ce sont tes seules fautes, celles de lui refuser tout espoir de retraite, et celle de le penser bien moins malin qu'il ne l'est devenu. Dans cette partie d'échec, il n'y en a qu'un seul pour croire que l'autre n'a pas au moins deux coups d'avance. Tu ne lui réponds pas, qu'il savoure tant qu'il peut sa victoire éphémère. Il t'a surpris, c'est tout ce qu'il a gagné. Tout ce que tu acceptes de lui céder. Un jour peut-être, il apprendra à ne pas se fier à ce qu'il croit acquis.  « Penses-tu, George? » En est-tu capable?, que tu sous entends. Tu le regardes droit dans les yeux, ta posture déliée, étudiée. « Si tu m'avais réellement oublié, tu n'aurais pas préparé tout ce manège à ma simple attention. » Même si tu ne supportes pas qu'il dise être passé à autre chose. Même si l'idée même qu'il ait aimé quelqu'un plus fort qu'il ne t'a aimé te rends malade. Même si c'est vrai, tu n'as jamais aimé quelqu'un d'autre que lui. Ça t'es impossible, tu as trop besoin de liberté pour ça. « A cause d'elle ? A part cet enfant, je ne vois personne d'autre dans cet appartement ce soir. » Tu dis, accompagnant tes mots d'un geste ample du bras. « Tu t'es certainement occupé de la bonne, qui ne mettras plus les pieds ici je suppose ? » Tu questionnes, semblant à peine ennuyé par la perspective de devoir trouver une troisième personne pour s'occuper de la gamine. Pourtant, tu mimiques un air inquiet, contrit, presque volontairement intéressé. « Mais je m'inquiètes de ta santé George, serais-tu en proie à des fantômes ? » Que tu lâches, avant d'être interrompus par un sanglot énorme, par un cri, par une véritable torture de l'ouïe. L'enfant, qui s'est mis à hurler, à t'arracher les tympans, et sous la surprise, tes mains viennent se plaquer à tes oreilles pour ne plus l'entendre.  « Arrêtes cette chose !! » Que tu cries, plus fort encore, un geste de repli, vaincu par les cris d'enfants.




   
   
 

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Cycle 3 Re: Look what you made me do

Message par George Forbes le Mar 17 Avr - 0:46


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3 avril 1762, aux environs de 23h
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Il l'avait presque oublié oui, ou du moins relégué à un mauvais souvenir qu'il n'aimait pas revisiter, et que Virgile croit qu'il avait préparé sa venue ce soir lui montrait une nouvelle fois que ça n'était pas son cas. Il ne savait pas quoi en penser, encore moins s'il devait en penser quelque chose après ce qui s'était passé entre eux des années auparavant et dans le dernier mois. Il l'avait écouté se foutre ouvertement de lui, l'attaquer encore et encore, ses doigts passant sur les reliefs du pendentif de bois. Il aurait pu décider de lui faire ravaler cet air satisfait qu'il avait malgré sa mine presque inquiète, mais ça aurait été le laisser gagner et ce soir il n'avait juste pas envie de jouer. Avant qu'il ait le temps de lui poser une nouvelle fois la question, le bébé s'était remis à pleurer, et il n'avait pu s'empêcher de hausser les sourcils en voyant la réaction de Virgile.  Ta fille, ton problème. Il savait que le français n'aimait pas les enfants,  mais il s'agissait du sien et il aurait du au moins bouger pour s'assurer que l'enfant n'avait rien de grave. Juste un regard dans le berceau, ça aurait été largement suffisant. Mais le français ne bougeait pas, se contentant de se boucher un peu plus les oreilles, une expression qu'il n'avait presque jamais vu sur le visage. La façon dont il en parlait, dont il agissait envers elle, rien que l'endroit où était placé le berceau. C'est pas la tienne... Juste un murmure, à moitié englouti par les pleurs du bébé, pourtant ça lui semblait évident maintenant et il était soulagé de savoir que Virgile n'était pas le père, sans pouvoir vraiment dire pourquoi. Levant les yeux au plafond avec un bref soupir, il fit un pas vers le berceau, parfaitement conscient qu'il faisait une nouvelle fois exactement ce que le français voulait.

Il ne put retenir un chapelet de jurons rauques dans ses langues maternelles et paternelles quand sa jambe heurta le coin d'une table basse qu'il n'avait pas vu dans la pénombre, s'y effondrant à moitié et envoyant valser dans sa chute les livres posés dessus. Se relevant en jurant encore plus, il donna un coup de pied dans la table, la repoussant à quelques mètres sans se soucier un instant du bruit, et fit enfin les quelques pas qui le séparaient du berceau, se penchant pour sourire au petit être qui pleurait toujours autant. Et une nouvelle fois il la prit dans ses bras, la berçant contre lui pour la calmer, retrouvant ces gestes qu'il aurait préféré oublier. L'appuyant contre son épaule, il posa un léger baiser sur son front, prenant la direction des fauteuils pour rapprocher l'un d'eux du feu et s'y asseoir. Cherchant du regard l'écrivain qui devait avoir repris de sa superbe, il fit de son mieux pour ignorer sa peau offerte et lui désigner l'autre fauteuil d'un signe de tête. Et lever une nouvelle fois les yeux au plafond avec un soupir devant son refus net. J'ai un bébé dans les bras, j'vais rien t'faire... Et j'suis désolé pour l'aut' soir, ça aurait pas du arriver. Mais c'était arrivé, et il s'en voulait toujours autant. Parce qu'il n'était pas comme ça, malgré tout ce que Virgile avait pu lui faire, malgré toutes les autres raison qui auraient pu expliquer ses actions. Parce qu'il aurait du être capable de se contrôler, même si ça avait toujours été plus difficile quand l'écrivain était dans les environs. Il ne pouvait certainement pas lui reprocher d'être méfiant après ce qui s'était passé, tout comme il savait qu'il n'était pas uniquement question de ses gestes ce soir-là.

Il s'était installé un peu plus confortablement dans le fauteuil, son attention à nouveau centrée sur le bébé qu'il avait repris dans ses bras, sur sa petite poigne emprisonnant une nouvelle fois son pouce, sa chaleur qu'il pouvait sentir malgré le tissu. Je sais qu'tu sais où est Joanne. Ses mots quand ils s'étaient revus l'autre soir, ceux de ses lettres, c'était évident mais il avait mis du temps à comprendre. Trop de temps. Levant à nouveau la tête, il trouva les yeux du français et s'y fixa. Dis-moi c'que j'dois faire et j'le f'rais, tu l'sais. J'veux juste la voir, m'assurer qu'elle va bien... Admirer son sourire, la serrer dans ses bras, l'entendre prononcer son nom et la serrer un peu plus fort contre lui. Lui répéter à quel point elle lui avait manqué, combien il l'aimait et ne plus jamais s'éloigner d'elle. Et il avait baissé les yeux, les ramenant sur la petite fille qui le regardait en silence. J'sais pas si elle t'l'a dit... Si elle t'a parlé d'Thomas... Il la sentait, l'eau salée qui s'amoncelait au bord de ses yeux, toujours fixés sur la petite fille dans ses bras, sur ses grands yeux si clairs, qui embrumait sa voix. L'était parfait... Tout l'était... L'envie de hurler sa douleur, toujours aussi insupportable malgré le temps passé, qui serrait sa gorge, le faisant lutter pour chaque mot qui sortaient pourtant, et la sensation des minuscules doigts qui serraient instinctivement le sien. Et j'ai tout fait foirer, comme d'habitude... Juste un murmure étouffé, vaincu, et il avait fermé les yeux, tâchant de retenir l'eau salée qui menaçait de déborder.


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Cycle 3 Re: Look what you made me do

Message par Virgile Prevost le Ven 20 Avr - 22:36

george
  & virgile

   
look what you made me do

 
Les enfants c'est le fléau, les enfants c'est le diable sur terre. Leurs cris sont égaux aux harpies grecques, et leurs charmes sont aussi délétères que ceux du des dieux. Tu comprends très bien pourquoi l'Antiquité préférait les donner en pâture au Minotaure une fois l'an, s'ils évitaient ainsi de les supporter le reste de leur existence.Tu n'auras jamais d'enfant, tu n'en a jamais voulu et n'en voudra jamais. Ainsi, qu'importe qui te revendique comme le père de son enfant, tu réfutes, refuse, préfère payer pour le silence. Tu ne reconnaîtra jamais être père, parce que tu hais cette mise en cage, cette obligation d'être là pour un indésirable durant ses années de vulnérabilité. Il doit bien exister une descendance, en France ou encore sur le chemin que tu as emprunté, mais tu ne leur donneras rien. Pire qu'un mauvais père, tu ne serais pour eux certainement rien de moins qu'un monstre sans cœur, comme se plairont à dire les femmes que tu as mises en couches. Peu t'importe cette réputation de cœur de pierre, tant que tu es à l'abri de leurs affreuses mimiques et de leurs hurlements insupportables. Et cet enfant, là, ce nourrisson qui crache ses poumons, qui sent très bien ton animosité à son égard, qui pleure et geint comme s'il cherchait du réconfort. Tu lui en veux, tu sens ton cœur battre plus fort encore, le sang pulser et bouillir dans tes veines, prêt à éclater les vaisseaux de rage et de colère. Tu aurais du la noyer. La laisser à sa mère, mourant d'une fièvre fulgurante. Peut-être que tu aurais dû, alors que tu vois presque les rouages de la pensée de son père tourner. Qu'il doit être entrain de faire des liens, des liens que tu aurais préféré qu'il ne fasse pas tout de suite, mais tu ne peux t'empêcher d'être soulagé en un sens. Dans l'absurdité de cette situation, tu pourrais être débarrassé de toute interaction avec l'horrible poupon.  Le bruit redouble, alors que les livres valsent, la moitié écrit de ta main d'ailleurs, tombant sur le sol dans un bruit mat accompagné de jurons que tu ne saurais traduire. Tu n'as jamais fait l'effort d'apprendre quelques mots dans la langue natale de George, et ce n'est pas quelque chose qui manque à ta culture, tu en es persuadé. Et comme si l'enfant reconnaissait ce père qu'elle n'a jamais vu, jamais senti, le bruit se tarit. Pas ta frustration. Tu reprends une posture qui te sied plus, ne devant plus protéger tes tympans de tes mains. Tu restes sur tes gardes, pourtant, au cas où les cris reprendraient, et parce que tu n'es pas plus à l'aise que tout à l'heure, en le découvrant dans ton salon. Tu ne le quittes pas des yeux, avisant chacun de ses gestes, tendu, par toutes les pensées qui t'ont occupé l'esprit, par celles qui se jouent encore maintenant, et celles qui essayent de se frayer un chemin. Cette situation est anormale, encore plus ubuesque avec George qui cherches à t'amener près de lui, et tu refuses net. Tu ne t'approcheras pas de lui, pas comme ça, pas après l'autre soir. Pas même lorsqu'il déballe des excuses, qu'il met en avant l'enfant : ça ne te dérangerais pas de lui faire quelque chose, enfant ou pas. Et les excuses, elles t'arrachent un rictus. Un sourire figé, des yeux presque noircis de haine, fugace. Il a rendu tes cauchemars plus forts encore, plus prenant, plus réels. Tu ne peux lui pardonner parce qu'il s'excuse, qu'il marmonne ces mots comme s'il s'agissait de banalités. Tu t'approcheras pas, pas plus que quelques pas pour t'éloigner de la porte et te planter face à lui, face à lui et sa descendance. Et ses mots, qui sont autant de poignards, autant de coups portés sans détours, prouvant l'amour de cette femme. Pas de toi. Il n'a pas le droit de t'aimer après l'autre soir. Pas le droit de t'aimer après lui avoir fait un enfant. Pas après la chercher elle, faire tout ça pour elle. Et l'autre. Thomas ? Oh oui, elle t'en a parlé, alors qu'elle te priait de prendre soin d'Aileas. Ton expression s'assombrit, que t'écoutes sans réagir à son monologue. Ton poing serré, tu t'avances sans t'en rendre compte, alors que sa voix se brise presque à ses derniers mots. Et toi, dans tout ça ? Tu n'étais pas parfait, peut-être ? Tu n'étais pas celui qu'il aurait du aimer jusqu'à la fin des temps ? « Elle est morte. » Tu assènes. Froid et dur. Elle ne doit pas en être loin, de toute façon.  « Elle est morte parce qu'elle t'a suivi jusqu'ici. Parce qu'elle a essayé de te retrouver, dans ton trou à rat. » La crispation dans ta mâchoire, la rage de le voir, cet amour pour elle, cet oubli de toi. « Dégages de chez moi. » Tes lèvres s'entrouvrent à peine lorsque tu assènes ces derniers mots. Tu es au bord de l'implosion, la glace de ta carapace menaçant de s'ouvrir en autant d'éclats qu'une coupe brisée. Il est venu pour elle. Uniquement pour elle.



   
   
 

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Cycle 3 Re: Look what you made me do

Message par George Forbes le Sam 21 Avr - 17:14


「 If an injury has to be done to a man it should be so severe that his vengeance need not be feared. 」

3 avril 1762, aux environs de 23h
George - Virgile
Il avait baissé sa garde et l'autre en avait profité pour lui asséner un coup monumental, comme il l'avait vu tant de fois le faire. Ses mots lui avaient fait l'effet d'un coup de couteau dans le cœur, et il s'était presque attendu à voir le sang tacher ses vêtements. Choqué, paralysé par ce qu'il venait d'entendre, refusant d'y croire tout en se demandant si c'était vrai. Pas elle, pas après leur fils, pas maintenant. Pas tant que le lien de cuir ne se serait pas brisé. Pas avant des années, loin d'ici. Et même si c'était le cas, il devait quand même savoir, parce qu'il ne pouvait pas en être autrement. Dans un sursaut il avait relevé les yeux vers le français, le regardant en face, sentant la douleur serrer son cœur et y creuser un peu plus profondément, cherchant quelque chose dans son regard qui lui dirait s'il mentait ou non. Mais il n'y avait rien, juste cette teinte glaciale que ses yeux avaient parfois, et il eut un nouveau coup au cœur.  En partant de Paris il avait cru que l'homme en face de lui ne pourrait plus jamais le faire souffrir, qu'il avait enfin réussi à échapper à son emprise, et il s'était trompé.  Mais il n'avait plus 18 ans et il était encore capable d'encaisser beaucoup, parce qu'il savait ce qu'il voulait. Non. Il le lui avait déjà dit, il était là pour ça et il ne bougerait pas tant qu'il ne lui aurait pas dit où Joanne était. Redressant un peu plus la tête, il se cala mieux dans le fauteuil et croisa les jambes, s'arrangeant pour ne pas toucher l'autre, et reprit en anglais, la voix toujours calme et basse. P't-être que j'ai perdu d'mon français en un an ici, donc j'te le répète... Et les mots s'étaient éteint dans sa gorge alors que la dernière pièce trouvait enfin sa place. Comme si les roues d'un engrenage s'imbriquaient enfin pour donner un sens à tout ce qui se passait, ou du moins une partie. Un an... Un an seulement, malgré tout ce qui s'était passé. Il se souvenait parfaitement de la dernière soirée qu'il avait passé avec Joanne, de ce qu'ils s'étaient promis. Presque un an auparavant. Et il la connaissait assez pour savoir les rares choses qui l'aurait fait venir ici malgré tout ce qu'il avait pu lui dire de cette ville maudite. Ce qui aurait pu lui faire risquer sa vie, même s'il n'arrivait pas croire que ce soit le cas, qu'il ne voulait pas y croire.

Baissant les yeux sur la petite fille, il ne put que constater une nouvelle fois toutes les ressemblances avec son fils dans les mois qui avaient suivi sa naissance. Les mêmes petites boucles brunes qui se perdaient sur son front, la même peau pâle, les mêmes yeux si clairs. Comme l'eau des criques paisibles où il adorait se laisser flotter à la surface, profitant simplement de la chaleur du soleil sur sa peau . Comme Joanne. Comme Thomas. Doucement il avait récupéré le pouce qu'elle tenait toujours et écarté les tissus qui couvraient son crâne et ses épaules, frôlant sa joue pour descendre à la pliure du cou. Sa gorge qui s'était serrée lorsqu'il avait senti la large plaque de peau sèche qui s'y étalait, la même que son fils avait eu avant qu'il ne comprenne qu'il avait lui aussi besoin d'eau salée, celle que lui-même développait en premier dès qu'il en était privé. Ses sourcils se froncèrent et de sa main libre il dégagea le bas du petit corps qu'il tenait, les battements de son cœur s'accélérant alors qu'il exposait les petits pieds, qu'il écartait les minuscules orteils pour révéler la délicate membrane qui les reliait. Le discret sourire attendri qui passa brièvement sur ses lèvres avant qu'elles ne se crispent. La même sensation que lorsqu'il plongeait dans les profondeurs de sa mer natale alors qu'il rhabillait correctement le petit être dans ses bras.  Le même froid glacial qui balayait tout sur son passage, implacable et impitoyable, teintant sa voix alors qu'il reprenait en français. Tu comptais m'dire quand que j'tiens ma fille? Jamais ou l'plus tard possible, quand ç'aurait pu t'servir pas vrai? Il avait fini par décroiser les jambes et s'était levé, se glissant entre l'homme et le fauteuil sans le toucher ou le regarder. Sans même se soucier de lui alors qu'il recouchait doucement sa fille et frôlait  une nouvelle fois sa joue. Sa fille. Il s'était redressée et l'avait regardée, les mains serrées sur le rebord du berceau alors qu'elle se remettait à s'agiter. Je reviens, mo bhana-phrionnsa bheag. Juste un murmure et il avait reculé, inspirant lentement pour rester le plus calme possible avant de se retourner et faire les quelques pas qui le séparait du fauteuil qu'il venait de quitter. Le garder entre eux alors qu'il lui faisait face.

Ses doigts s'enfoncèrent dans le tissu du dossier, s'y appuyant assez pour faire craquer le bois. L'homme dont j'suis tombé amoureux à Paris était beaucoup d'choses, mais pas cruel. Pas comme ça en tout cas. Les aiguilles de froid qui creusaient plus profondément dans son cœur, qui transperçaient sa gorge, et il prit une nouvelle inspiration. I'm'connaissait assez pour savoir comment j'peux d'v'nir quand on touche à c'qui compte pour moi. La colère froide, terrible, qui pouvait s'emparer de chacune de ses pensées, de tous ses gestes, alors qu'il serrait un peu plus le dossier. Pour savoir comment j'suis dans ces cas-là. Virgile le savait, il en avait été témoin, et il devait se souvenir aussi bien que lui du bruit de ses poings dans la chair sanglante de tous ceux qui avaient osé s'élever contre l'homme qu'il aimait. Des flammes qui avaient illuminé la nuit parce qu'un autre l'avait touché. Dis-moi où elle est Virgile, peu importe l'endroit où tu l'as laissée mourir, que j'puisse au moins lui dire au r'voir. Il n'arrivait toujours pas à croire que Joanne soit morte, mais ça ne changeait rien à sa demande. Quel que soit son état, où qu'elle soit, il voulait savoir et ensuite la retrouver, peu importe ce qui se passerait ensuite. T'as gagné. Dis-moi où elle est et j'pars avec ma fille, et t'entendras plus jamais parler d'moi. Aussi simple que ça, parce qu'avec les années il avait appris à reconnaître certaines défaites, à savoir quand il avait perdu. Une légère plainte venant du berceau attira son attention et il y retourna, reprenant sa fille dans ses bras pour tenter de la calmer une nouvelle fois. L'installant contre son torse, il se mit à fredonner, l'incitant à se calmer, les pas qu'il faisait pour la bercer le menant à nouveau près du français. T'veux des excuses Virgile? Tu les auras, et j'te rendrais même c'que j'ai encore à toi. Le bébé s'agitait toujours plus malgré ses efforts, pleurant doucement ce qui devait être la douleur causée par sa peau asséchée. Un dernier regard à son ancien amant, prêt à le supplier si c'était ce qu'il voulait, et il avait centré son attention sur sa fille, embrassant son front trop sec, reprenant sa berceuse à voix basse en faisant appel à son sang ceasg malgré sa gorge serrée. Une scène qu'il connaissait par cœur, même si le décor était différent, et après un soupir douloureux il se mit à chanter doucement, espérant que ça l'apaiserait. Lui fredonner tout bas de se calmer, qu'il était là, qu'il serait toujours là et qu'il ferait tout pour que ça aille mieux, comme il avait pu le faire des années auparavant.


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Cycle 3 Re: Look what you made me do

Message par Sreath-Mhurtair le Mer 25 Avr - 18:50

do you feel my breath on your neck ?
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Il est tard, vous ne devriez pas sortir par les temps qui courent en ville, entre cette fièvre du selkie, ces  soldats et votre coupe papier que vous ne possédez plus. Et pour cause, il est resté coincé sur votre précédente victime que vous avez réussi à bien amocher, sans toutefois réussir à la tuer puisque la rubrique nécrologique n'a pas fait part de sa mort. Votre soif de sang reste quoiqu'il en soit toujours, totalement insatiable. Vous avez envie de tuer une nouvelle fois, même si vous n'avez plus votre arme de prédilection. Cela n'est qu'un détail, s'il le faut vous tuerez votre prochaine victime à la force de vos mains, ou avec une arme trouvée sur place, c'est une bonne chose aussi. Vous sortez de chez vous, il fait nuit, il est plus de vingt-trois heures, et les rues sont désertes mais en tendant l'oreille, vous entendez clairement que tous les habitants ne dorment pas, au contraire, il y en a suffisamment qui sont éveillés pour être tout simplement tués. Ce serait tellement bas de tuer quelqu'un qui dort, mais après tout, c'est une idée qui traverse votre esprit vengeur. C'est alors que de petits cris arrivent à vos oreilles, c'est une enfant qui pleure, une fille à en croire les pleurs, sans doute qu'elle passe une mauvaise nuit, sans doute qu'elle va en passer une bien pire car cela vous attire dans cette demeure. S'il n'y avait pas eu ces pleurs enfantins, peut être auriez-vous fait en sorte de passer votre chemin, mais là, ce ne sera pas le cas, vous avez envie de découvrir cette enfant. Non, ce n'est pas elle que vous avez envie de tuer, mais son père, ce serait une merveilleuse idée, ou peut être sa mère, celle qui l'a portée avant sa naissance. Vous ne savez pas encore qui se trouve à proximité, mais vous choisirez le moment venu qui mérite le plus la mort. Vous entrez donc dans la demeure, la porte n'étant pas verrouillée semble-t-il, comme si un invité surprise était déjà sur place. Du regard vous cherchez une arme, un tisonnier de cheminée, voilà qui devrait faire l'affaire. Le bébé braye toujours, ces parents n'ont pas réussi à le calmer. C'est étonnant, mais au fond, vous vous en fichez.

Spoiler:
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échec alarmant : Vous accrochez le tisonnier à un meuble, le rayant, vous n'êtes pas dans une bonne position pour attaquer.
échec anodin : Vous êtes étonné de voir deux hommes, vous hésitez à agir.
blessure superficielle : Vous lancez le tisonnier sur Virgile et il lui touche à peine la jambe.
blessure grave : Le tisonnier se plante dans le bras de Virgile.
blessure mortelle : L'arme se plante dans l'artère fémorale de la jambe droite de Virgile, il va se vider de son sang en quelques minutes à peine.

Le tisonnier arrive sur Virgile et l'entaille légèrement à la jambe. Vous avez raté votre cible, touchée, mais loin d'être coulée. Vous choisissez donc de ne pas vous éterniser ici, sous peine de possibles représailles puisque vous n'avez plus d'armes pour agir.
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Cycle 3 Re: Look what you made me do

Message par Ceann-Uidhe le Mer 25 Avr - 18:50

Le membre 'Sreath-Mhurtair' a effectué l'action suivante : Le Destin


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Cycle 3 Re: Look what you made me do

Message par Virgile Prevost le Mar 15 Mai - 0:05

george
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look what you made me do

 
Il n'y a que pour elle qu'il se déplace. Que pour elle qu'il a encore des sentiments. Pour elle, que son cœur bat. Il n'y a pas de place pour toi, Virgile, et dans un sursaut d'égoïsme et d'aveuglement, tu te dis qu'il n'y en a jamais eu. Il a eu beau te le prouver mille fois, il a eu beau tout faire pour te le démontrer, en cet instant précis tu considères qu'il n'y a jamais rien eu de tel. Que ses paroles n'étaient que des mensonges de vipères, que ses gestes n'étaient dictés que par ses bas instincts et qu'il n'y a strictement rien d'égal à ta passion pour lui. Enfin. Ton ancienne passion, parce qu'à l'instant la haine et le calcul remplacent tout. Déblaient le terrain pour laisser murir toute cette rancœur accumulée, la laisser s'épanouir. Il n'a rien compris. Il ne comprends pas, ne comprends jamais rien. Pourquoi t'être amouraché d'un homme pareil ? Parce qu'il est différent ? Foutaises, ils sont tous comme lui dans sa campagne glauque. Parce qu'il est beau ? Parce qu'il t'a fait te sentir plus unique et important que tu l'étais déjà ? Parce qu'il a ce sourire au coin des lèvres, celui caché sous cette moue boudeuse qu'il mettait en avant à l'époque ? Tu ne veux même plus voir ce sourire, et tes humeurs sont si fortes que tu en attrapes l'estomac aigre.  Tu ne sais pas pourquoi lui parmi d'autres, il t'a semblé que c'était lui et pas un autre. Toi qui ne crois pas au destin, tes convictions ont vacillé. Il t'a attiré dans ses filets, n'a jamais voulu l'avouer, ne t'a jamais réellement quitté. Après lui, il n'y a rien. Alors qu'après toi, il y ait tout, tu ne peux le supporter. Qu'il y ait tout, et les rouages qui se mettent en place sous tes yeux. Qu'il parle, refuse de quitter la pièce. Refuses de partir, alors que tu voudrais t'évanouir. Dans la nature. Partir. Revenir, plus tard, qu'importe. Mais pas ce soir. Tout, mais plus ce soir. « Vas-t'en. » Tu répètes, tu détaches les syllabes, au cas où il ne l'aurait pas compris la première fois. La colère transpire par tous tes pores, et t'es presque entrain de perdre le contrôle. Presque, parce qu'il y a toutes ces années d'éducations qui t'aident à gérer. Toutes ces années de maîtrise, qui te permettent de ne pas hurler, de ne pas crier. De garder le masque même s'il est déchiré, même s'il est en morceau, tu en gardes le plus gros sur tes traits. Faire semblant, c'est ta spécialité, jouer avec les gens et les mots c'est ton hobby préféré. Pourtant là tu n'as rien à faire, pas un domino à faire tomber : tout va tout seul. Il arrive à faire les liens, parvient à comprendre sans que tu ne lui donnes la solution du bout des lèvres. Oui. Un an. Un an que tu es parti de ton misérable trou à rat, un an que tu as laissé cette femme seule et enceinte. Une année où tu l'a laissée tomber, comme tu le fais toujours. Parce que tu ne sais faire que ça. Laisser tomber.  Et tu le regardes faire, tu le regardes démailloter l'enfant, regarder sa peau, ses pieds, chercher les ressemblances. C'est ta fille, George. Pas la mienne. As-t-il oublié à quel point tu détestais les enfants ? As-t-il réellement cru que tu garderais un enfant chez toi, ô combien tu aimerais sa mère, comme il l'a dit ? Tu n'aimes pas, et tu n'aimeras jamais. « Suffisamment étrange pour qu'il n'y ait pas de doutes, ein ? » Tu sais qu'il t'entends pas, et tu t'en fiches. Tu craches ton venin, le rictus aux lèvres, et tes yeux toujours aussi glaçant. Et il semble se rendre compte qu'il n'est pas seul avec son enfant, alors qu'il se relève, assènes ses paroles, et va recoucher l'enfant. Toi, ne pas utiliser les avantages à ta disposition ? Encore une fois aurait-il oublié à qui il a affaire ? Ta gorge échappe un ricanement, mais tu ne prends pas la peine de répondre à la question, et ton silence est une réponse encore plus évidente. Il a jamais parlé autant, George, que tu penses ironiquement. Sans te laisser le temps de répondre ou réagir, mais tu ne l'aurais pas fait de toute façon. Quel intérêt de répondre à des mensonges ? Lui, être amoureux de toi ? Dans quel monde ? Dans quelle utopie ? Tu rirais aux éclats si tu étais certain qu'il n'en profiterais pas pour te poignarder. On essaye pas de tuer quelqu'un qu'on aime. On essaye pas de l'assassiner, on essaye pas de l'incendier. Même toi, même dans tes projets de vengeance les plus fous, tu ne réservais sa mort qu'à de très rares scénarios. Pourtant il n'a pas hésité à mettre ta vie en péril, à Paris, et à rendre ta vie misérable pour quelques moments passés avec un autre. Une punition bien injuste et injustifiée, alors qu'il a réussit à te balayer de sa vie si vite qu'il a du en avoir le tournis. Si vite, que la preuve est là en chair et en os, trop étrange pour que tu t'en soucies encore. L'enfant mourra certainement bientôt de la même maladie que sa mère, c'est certain, il suffit de voir sa peau rêche et ses yeux brillants. « Selon toi, je suis devenu cruel ? » Tu commences, et comme souvent tu ne réponds pas à ses questions. Même si ses dernières paroles sèment le doute, qu'est-ce qu'il t'a pris ? « Peut-être même sans cœur, sans humanité ? C'est ce que tu as envie de dire, George ? » L'enfant se remet à pleurer, légèrement, alors que tu as haussé le ton. « Mais poses-toi la question dans l'autre sens, qui as été le plus cruel ? » Tu le regardes droit dans les yeux, juste avant qu'il ne marche avec l'enfant dans les bras. Qu'il ne se mette à chanter, plus proche de toi. A bercer l'enfant, et la mélodie singulière te semble encore et toujours familière. Ta colère semble dans le brouillard, et ta verve s'arrête, alors que tu le regardes s'avancer vers toi, méfiant au possible. Juste avant que la porte s'ouvre à nouveau, et que ta tête se tourne brusquement vers l'entrée. Tu avais tant d'autres choses à asséner encore, et tes yeux bleus s'ouvrent en grand quand la silhouette se dresse, menaçante. Le diable est venu te chercher, l'enfer t'attends, mais tu es bien trop jeune pour ça. Tu voudrais crier mais les derniers sons chantés t'en empêchent, alors que le brouillard s'évapore mais pas ta douleur. Ta jambe, elle plie, elle ploie, et sur le coup de la surprise tu te laisses choir sur le sol alors que l'autre s'enfuit. Que tu exagères, comme toujours lorsqu'il s'agit de toi, alors que le sang tache le sol sur lequel tu es assis. Que tu es perdu, que la situation est surréaliste, et qu'il y a une belle estafilade sur ta jambe. Ça aurait pu être bien pire, mais tout ce que tu vois c'est qu'il n'y a pas que George qui veut te voir mort. « Ne me laisses pas ! » Est la seule chose que tu arrives à prononcer, alors que ta plus grande crainte c'est qu'il n'en profites pour achever le travail. Qu'il ne profites de la situation pour s'en aller, sa fille sous le bras, à la recherche du corps d'une femme blonde et livide. Ne me laisses pas, et c'est là tout l'aveu de faiblesse.



   
   
 

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Cycle 3 Re: Look what you made me do

Message par George Forbes le Jeu 17 Mai - 23:41


「 If an injury has to be done to a man it should be so severe that his vengeance need not be feared. 」

3 avril 1762, aux environs de 23h
George - Virgile
Il avait presque réussi à faire taire les pleurs de la petite fille dans ses bras quand la porte s'était ouverte, révélant cette silhouette noire qui hantait ses cauchemars et ses journées depuis des mois et instinctivement il avait un peu plus serré le petit être contre lui. Sa fille, qu'il protégerait quoi que ça lui coûte. Il avait légèrement pivoté, faisant rempart de son corps pendant que l'autre attrapait le tisonnier, et s'était préparé à l'impact du métal dans ses chairs, mais rien n'était venu. Juste le tintement de l'objet tombant au sol, suivit du bruit mat d'un corps qui faisait de même. Virgile, qui s’effondrait alors que le tueur disparaissait déjà. Cette chose dans sa voix qu'il n'avait encore jamais entendu, ses mots qui serrèrent douloureusement sa gorge. Combien de fois il avait souhaité les entendre, ou d'autres proches, à la place du rire vainqueur qu'il avait eu ce jour-là, ce qu'il aurait donné pour changer le passé, juste modifier cet infime détail, tout en sachant que ça n'aurait probablement rien changé, juste retardé le moment où il se serait débarrassé de lui. C'était ce qu'il avait toujours voulu après tout, et il lui avait même répété quelques instants auparavant. Il pouvait partir, décider qu'il n'avait finalement pas besoin des réponses de Virgile et se débrouiller seul pour retrouver Joanne, où qu'elle soit. La retrouver, peu importe les conditions, et ensuite laisser définitivement cette ville maudite derrière lui. Trouver un endroit sûr pour élever sa fille, voire retourner dans les Orcades pour confronter sa mère et récupérer sa place. Il pouvait, le français ne pouvait de toute façon pas faire grand chose pour le retenir. Avec un soupir, il avait passé un bras autour du bébé, libérant l'autre en se dirigeant vers la porte. La main sur la poignée, il avait encore une fois réfléchi à ce qu'il allait faire, avant de refermer complètement la porte et la verrouiller.

Il ne pouvait pas le laisser, pas après ce qui venait de se passer, parce qu'il savait ce que ça faisait d'être seul après une telle rencontre et il ne l'aurait souhaité à personne, pas même à l'écrivain malgré leur passé. Berçant l'enfant qui pleurait encore doucement, il laissa échapper un nouveau soupir et l'avait reposée dans son berceau avant  revenir vers l'homme au sol, tâchant de se concentrer uniquement sur la plaie qui s'étalait sur le côté de sa cuisse. Ne pas se souvenir de la douceur de sa peau à cet endroit, ou des heures qu'il avait pu passer à la caresser du bout des doigts. Il avait relevé les yeux pour croiser ceux de l'autre, s'y plongeant un peu plus qu'il ne l'aurait voulu, avant de les ramener au sol. C'pas grand chose, t'vas survivre... Bien sûr, ce n'était qu'une petite blessure à la jambe, pas un cou à moitié ouvert. Tendant la main vers lui pour l'aider à se relever, il ne put s'empêcher de sentir son cœur se serrer en le voyant reculer. Vraiment? T'penses toujours que j'suis l'plus dangereux dans l'secteur? Prenant une grande inspiration, il s'agenouilla à côté de Virgile et esquissa un léger sourire, mêlé de tristesse et de fatigue. Il aurait pu l'être, mais pas ce soir. Pas avec lui, pas comme ça, malgré tout ce que le français pensait certainement. On verra plus tard. Pour l'moment faut qu'on soigne ça, d'accord? Sa voix s'était faite plus douce,  plus calme, et il avait lentement passé un bras autour de la taille de l'homme, prenant garde de ne pas toucher sa peau, l'aidant à se relever puis s'installer dans l'un des fauteuils. Sentir sa chaleur si près de lui, l'odeur de sa peau, et s'éloigner rapidement une fois qu'il fut assis, disparaissant dans ce qui devait être la chambre alors que la petite fille se remettait à pleurer avec plus d'insistance.

Il en était ressorti avec quelques objets et un grand pan de tissu, arraché aux draps sans aucun remord. Le temps de tout poser près du fauteuil et il était retourné près du berceau, essayant de calmer à nouveau le bébé, sans grand succès. Il ne pouvait pas se permettre d'attirer plus l'attention sur eux ce soir, voir la garde ou la milice débarquer ne les aiderait certainement pas, mais il ne pouvait pas non plus se concentrer uniquement sur elle et oublier tout le reste. T'vas détester ça, mais c'la seule solution... Doucement il enleva les tissus qui couvraient sa fille pour ne lui laisser que ses langes, la reprenant dans ses bras pour faire les quelques pas qui le séparaient du fauteuil et la poser sur le torse toujours nu du français. Ca va la calmer, bouge pas et ça ira. Sinon t'peux mettre tes mains sur son dos, ça l'aid'ra un peu. Ignorant ses récriminations, il récupéra le morceau de drap et en déchira une large bande avant de s'asseoir à son tour, à même le sol, beaucoup trop proche de l'autre pour son propre bien. Sentant les tremblements revenir dans ses mains, il s'empara de la flasque d'alcool qu'il avait trouvé dans la chambre et l'ouvrit, en prenant une petite gorgée avant de lever les yeux vers son ancien amant. T'vas l'sentir passer, mais bouge pas.... Et il avait renversé la flasque au dessus de la plaie, regardant le liquide l’inonder et se répandre sur le fauteuil. Le plus douloureux était passé, maintenant il devait s'occuper du reste. Du bandage de fortune, qui devait ceindre la cuisse de l'écrivain pour éviter tout problème, même si ça allait en créer d'autres pour lui. Lentement il avait pris la longue bande et son regard s'était fixé à celui si clair du français, ses mains trouvant naturellement leur chemin pour placer correctement le tissu, frôlant à peine la peau de l'autre. A peine et beaucoup trop, réveillant ces envies qu'il essayait de taire depuis si longtemps.




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