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  • I don't believe you go to heaven when you're good (Tristan)

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    I don't believe you go to heaven when you're good (Tristan)

    Message par Kenneth Hywel le Mar 5 Sep - 16:58

    I don't believe you go to heaven
    when you die







    Il faisait bien jour, à en croire la fenêtre, mais quelque chose de la nuit était resté dans le ciel. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Kenneth avait toujours aimé la grisaille, une habitude qu’il tenait de sa mère dont la peau, trop fragile, ne supportait pas la chaleur. Il se rappelait du jour où, sur le balcon de sa chambre, il avait décidé que de tous les climats, il préférait la pluie. Jusque là, il n’avait pas eu à se plaindre : le tempérament corsé de la ville avait tout fait pour le séduire ; il s’était même surpris à le regretter à la guerre, sous le poids écrasant du soleil. Hagard, son regard se posa sur la petite embrasure. De fines goutelettes tâchetaient la vitre mais Kenneth, lui, ne les remarquait pas. Il réfléchissait à ce qu’il s’était passé la veille, à son abandon et à sa cuisante défaite. Il sentait aussi une douleur forte dans la poitrine et d'autres pires, encore, tout au fond de sa tête. Oublier tout, oui, voilà ce qu’il fallait faire ! Mais c’était une tâche que le soldat se sentait bien incapable d’accomplir. L’ombre de l'échec le hantait encore : il avait suffit d’un vaurien avide, même pas la vingtaine, et d’une bouteille trop pleine. Maintenant, il pestait en silence, s’assurait de vengeances dont il ne verrait jamais la couleur, ou qui seraient rouges et sanglantes comme celles qui animaient ses guerres. Il serra le poing, et comprit alors : la joie de la revanche suffirait amplement à lui remplir le cœur.

    Il marchait vite, avec trop de hâte, sa jambe invalide clopinant difficilement au rythme de sa jumelle. Son regard se balançait de maison en maison et, plus il avançait, plus il lui semblait avoir oublié tous les noms, toutes les rues qu’Édimbourg déroulait sous le rythme de ses pas. La ville, elle aussi, avait vécu sa vie. Plus sage, plus construite, elle avait abandonné son caractère sauvage pour devenir cette étrangère, charmante, mais dont il ne connaissait rien. Il s’amusait du coin de l'œil à  y retrouver ses nouveaux repères : le bar, en premier lieu, puis une petite église, presque discrète, éloignée du reste des bâtiments anthracites.
    Kenneth n’était pas un homme dévot, tout au contraire : il n’aimait pas l’odeur de la cire, ni le silence pesant qui régnait dans la léthargie des lieux saints. Mais cette église, celle-là seule, lui laissait un souvenir agréable depuis son retour de la guerre. Il faut dire que son pasteur, Tristan, portait une réputation aussi teintée que celle des de ses fidèles. Il discutait parfois avec lui, et, contrairement à la plupart, écoutait ses conseils quand il allait trop loin. Il était bien le seul à posséder ce pouvoir, même si Kenneth avait toujours trouvé drôle que ce soit lui, un pasteur, plus que tout autre.

    Et bien soit, la vengeance pourrait attendre! Si il n’avait pas prévu de se hâter si vite aux portes d'un lieu sacré, surtout après les évènements de la veille, Kenneth était toujours curieux de savoir ce que lui dirait Tristan quant à ses nouveaux caprices. Pour être honnête, cela faisait quelques temps qu'il n'était pas passé le voir.

    Meadow Kirk avait tout le charme d’une église de campagne. Elle se trouvait en ville, excentrée, mais ne se contentait pas du décor faste et futile des bâtiments du centre. Il y avait quelque chose de rural, de vrai, dans la petite construction de pierre. Kenneth n’avait jamais mis le doigt sur ce qui faisait l’originalité de la paroisse mais il lui trouvait un caractère unique,« Au moins autant » pensa t-il, « que celui qui en possède les clés ». Cela étant-dit, la structure n’avait à peine de quoi accueillir quelques fidèles, probablement ceux qui ignoraient encore les rumeurs ou qui, comme Kenneth n’en avait rien à faire.

    Quand il entra enfin, il remarqua que l’intérieur était gris, peut-être à cause du temps ou des vitraux projetant trop timidement leurs couleurs. Kenneth, malgré tout, était heureux de laisser le froid derrière les portes de l'église.

    « Ah, pasteur ! Je te cherchais justement» Enjoué, il s’était adressé à la seule ombre qui se tenait dans la nef. Il ne la distinguait pas bien mais quelque chose dans sa tenue, dans sa silhouette fluette, lui rappelait Tristan. Il ne prit pas la peine de s’approcher, ses yeux trop occupés à retrouver le contour et les détails de la la pièce.  «   Si ça te rassure, je ne suis pas là pour confesser tous mes crimes. Je passais justement dire bonjour avant d’aller en commettre. » Il afficha un sourire radieux et reprit sur un ton moins moqueur: «  Content de voir que tout n’est pas tombé en ruine depuis ma dernière visite. »

    @Kenneth


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    Re: I don't believe you go to heaven when you're good (Tristan)

    Message par Tristan Dubh le Mer 6 Sep - 20:21





    I don't believe you go to heaven

    Tristan Dubh & Kenneth Hywel

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    Why ask politely, why go lightly,
    why say please?
    They only want to get you on your knees
    There are a few things I never could believe






    Le jour passé avait été d'une intensité rare et lorsque la nuit avait repris pour elle ses derniers lambeaux d'obscurité, Tristan s'était senti empli d'un sentiment de vide absolu. Mécaniques, ses gestes pour nourrir ce corps dans lequel il vivait si peu, machinale, sa routine à l'église. Nettoyer un peu, s'assurer de ce que les cierges brûlaient toujours sans faiblir, remplacer ceux qui s'étaient éteints, mille devoirs véniels auquel il ne prêtait jamais grande attention. Sa rencontre avec le frère Selkie la veille avait réveillé quelque chose en lui, un feu qu'il avait pris soin d'éteindre lorsqu'il avait reçu l'ordre de venir à Édimbourg et d'y rester. Il n'était pasteur – faux pasteur – que depuis une année à peine et pourtant déjà il savait que la situation ne pourrait guère durer. Ajouter à la prison de sa peau celle d'une église et du dogme était inutile et, sur le long terme, dangereux. Il avait déjà explosé la veille, détruisant sa chambre sous des poings qui compensaient leur faiblesse par leur ténacité, pleurant toutes les larmes de son corps. C'était ainsi que se déroulait la vie lorsqu'il daignait revenir dans son enveloppe charnelle et à la réalité plutôt que de laisser les jours s'écouler dans un bienheureux état de dissociation.

    Au moins, l'église parvenait toujours à l'apaiser. Elle n'avait pas la même aura que ces paroisses où l'on chantait mille cantiques et où on louait un Dieu sans cœur régnant sur une humanité malade, non, elle était... chaleureuse, malgré le froid qui y régnait, petite, douce, accueillante. Les bancs étaient garnis de coussins parce que Tristan ne comprenait pas l'intérêt de s'esquinter le postérieur pour toute une messe quand il était si facile de remédier à la situation, les lumières étaient plus chaudes que dans d'autres églises, comme une invitation à la douceur et à la paresse. Une invitation à rester un moment, à partager un thé avec l'hôte, à lui raconter peut-être vos malheurs. La confession n'était pas obligatoire dans la religion protestante et d'aucuns en profitaient pour ne nettoyer leurs âmes que pour apaiser leur conscience plus que par devoir religieux mais Tristan avait reçu plus d'un fidèle qui souhaitait seulement discuter, obtenir un avis, des conseils. On le jugeait jeune mais doté d'une certaine sagesse, un peu excentrique et tumultueuse parfois, mais toujours bienvenue.

    Tristan appréciait le silence à cette heure du jour. Dans le calme de son église, il pouvait se laisser aller à sombrer dans le vide qui l'emplissait, à nager dans les profondeurs de ses propres douleurs, sans craindre qu'on vînt l'en tirer. Peut-être aurait-ce été bon, ceci étant – peut-être aurait-il été judicieux que quelqu'un lui dît à quel point il était pathétique. Il esquissa un sourire amer à cette pensée : il le savait déjà, de toute manière. Quel bien cela eût-il fait qu'on lui présentât cette vérité sous un autre angle ? Elle n'en serait pas moins vraie. Oui, il était pathétique d'ainsi naviguer dans les méandres de traumatismes et de terreurs anciens, pathétique de laisser la flamme d'un cierge brûler la chair de son bras pour se sentir un peu vivant, pour se sentir exister.

    La voix de Kenneth Hywel le tira de ses mornes pensées et le fit sursauter. Le cierge allumé auquel il faisait brûler sa chair roula au sol, entraîné par le mouvement rapide de son bras qu'il cacha derrière son dos en forçant un sourire sur ses lèvres. Kenneth. Un soldat revenu récemment de la guerre avec une patte folle et un caractère des plus... intéressants. Il avait bien des idées folles, le Fir Darrig, et s'acoquiner avec le pasteur de Meadows Kirk n'était certainement pas la meilleure. Pour une raison que Tristan ignorait et ne comprenait guère de toute façon, Hywel écoutait ses conseils et  suivait son avis, sans jamais trop s'interroger sur la validité de ce que le faux pasteur pouvait bien lui raconter. Le Selkie espérait juste ne pas donner trop de mauvaises idées à l'autre.

    Il se souvenait encore du premier jour où Hywel avait mis les pieds dans l'église, traîné de toute évidence par sa demie-sœur grenouille de bénitier et tout aussi évidemment fort marri de devoir assister à une messe. Les deux s'étaient d'emblée bien entendus.

    Si Tristan n'avait pas désiré de compagnie ce jour-là, il fut néanmoins content de celle qui se présentait. Kenneth Hywel n'était pas de ceux qui lui demandaient beaucoup de réconfort et de douceur dont il se sentait incapable aujourd'hui, il était en général plus avenant, plus enthousiaste que beaucoup des fidèles qui venaient troubler la paix du pasteur. Le sourire forcé se fit un peu plus sincère. « Si tu savais combien de criminels m'ont annoncé passer à l'église avant de commettre leurs crimes... Tu n'es malheureusement pas très original, Hywel. Quoique je te soupçonne de ne pas être venu chercher une sorte de pardon divin. » Le sourire de Tristan se fait vaguement mutin et il fait signe au Fir Darrig de le suivre jusqu'à son bureau, une petite pièce accolée au coin de l'église et encombrée d'un désordre artistique dans lequel le Selkie semble s'épanouir. « A moins, bien sûr, que tu n'aies eu une sorte d'épiphanie chrétienne depuis la dernière fois que nous avons conversé. Thé ? » 

    Il ponctua son offre par un mouvement gracieux vers la bouilloire, toujours prête à se mettre à l’œuvre pour servir ses invités. Tristan possédait une collection importante de thés de diverses origines dont certains – c'était du moins ce qui se murmurait dans les rues d’Édimbourg – venaient directement de chez ce vieux fou d'Archibald Ferguson et, proprement dosés, provoquaient des hallucinations du meilleur goût. Ceux-là, le Selkie les gardait pour lui-même. « Pourquoi mon église s'effondrerait-elle ? Hm ? J'en prends soin, » dit-il avec une mauvaise foi évidente pour qui jetterait un œil aux alentours. « Et toi, Hywel, à quel stade de ruine te trouves-tu ? As-tu besoin de demander le droit d'asile ? »


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    Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
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    Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

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    J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...

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    Re: I don't believe you go to heaven when you're good (Tristan)

    Message par Kenneth Hywel le Mer 20 Sep - 0:02

    I don't believe you go to heaven
    when you die







    Un pas dans l’église avait suffit à ternir la flamme, celle qui brillait de vengeances glorieuses tout au fond de son cœur martelé de tambours. Le rythme était devenu effréné depuis son retour de campagne: il se glissait dans l’attente rivale de l'affrontement sanguin, de ce moment fatidique qui le mènerait, lui ou son adversaire, aux portes de la mort. Kenneth n’avait jamais éprouvé rien d’autre que l’envie de vivre, vivre tout au sommet de la passion, de la rage irraisonnée et des éclats et des chants. Il se voyait encore se figer comme un bonhomme de cire et refusait d’accepter le triste destin d’une vie citadine, morose et dont l’ennui le tuerait à petit feu. Alors, un jour, il avait décidé de ne plus espérer, de refuser de se leurrer tant qu’il était encore là, debout, à pouvoir sentir le sang couler fièrement dans ses veines lutines. Peut-être avait-il tord, mais Kenneth s’était fait empiriste et ne croyait plus qu’en deux faits concrets : de un, il était en vie, et de deux il pouvait mourir. De là, profiter semblait être la meilleure des options.

    Meadows Kirk était une anomalie dans le grand plan de sa réflexion philosophe. Déjà tout petit, la messe était un supplice qu’il ne pouvait se résoudre à suivre d'un bout à l'autre. Que dire? C'était pourtant ici qu'il se trouvait à présent. Si il avait été croyant, il aurait crié au miracle, mais là était bien toute la source du problème.

    Il faisait bon à l’intérieur. Les cierges agissaient comme un baume pour l'âme, ou plutôt comme la lumière d’un phare par une nuit de tempête. L’un d’entre eux, dont la cire dessinait un pic, avait roulé d’entre les mains du pasteur pour venir s’éteindre devant les bottes de Kenneth. La fumée dégageait une odeur de souffre proche de celle que crachait son fusil dans les moments d'angoisse. Il l’avait ramassé, toujours amusé par la nature des retrouvailles, et s’était empressé de le remettre en place, là où il manquait à l’ordre. « J’espère que je ne dérange pas », avait-il ajouté avant de saluer plus convenablement le pasteur.

    Hywel l'aimait bien, ce gaillard, avec son humour acerbe et la folie décalée, presque poétique, qu’il tricotait dans son verbe. Le rire était une perle rare chez les ecclésiastiques, souvent plus enclins à montrer du doigts qu’à s'esclaffer franchement. C’était peut-être pour ça qu’il s’entendaient si bien. « Non, malheureusement, l’originalité n’a jamais été mon fort. Je m’en contente très bien cela étant dit, avec ou sans pardon divin.»  

    Tout en discutant, ils quittèrent la nef. Le bureau de Tristan était un merveilleux écrin de confusion et de désordre. De ça et là, des boîtes et des papiers s’entassaient dans une organisation douteuse, un bordel formidable qui illustrait sans aucun doute la personnalité loufoque du pasteur. Depuis quelques années déjà, Kenneth avait développé un talent fastidieux pout tout perdre en pagaille : Il fallait être fou, ou assommant au possible, pour classer, justifier et coordonner au moins millimètres. Il préférait de loin la personnalité d’un bureau mal rangé que les conventions d’un salon moderne qui ne reflétait rien d’autre que la tristesse d’un esprit vieillard. Il acquiesça pour le thé et reprit le fil de ses pensées : «  Non, non, je te rassure, aucune épiphanie à l’horizon. Je pense que ma chère sœur n’a pas encore assez prié pour mon âme. Peut-être plus tard, qui sait, quand je serai vieux et croulant. Si je le suis un jour. » D’humeur bavarde, il n’avait pas attendu l’avis de Tristan pour se trouver un siège. Après tout, il connaissait la maison et se doutait que le pasteur ne lui reprocherait pas longtemps son impolitesse. Quand il aborda le sujet de l’église, il ne manqua de lui renvoyer la pique. Un nouveau rire échappa aux lèvres de Kenneth : « Je n’en doute pas, évite juste de faire tomber trop de cierges.»

    La pluie s’était calmée à l’extérieur de l’église et le vent, toujours ronflant, n’en faisait plus claquer la porte. « En ruine ? Moi? J’ai au moins l’excuse de la guerre. Mais je ne suis pas là pour demander une quelconque faveur, juste pour discuter, ne serait-ce que quelques minutes.»  Il prit le temps de jeter un œil à la lumière qui perçait la petite fenêtre, « Alors, beaucoup de fidèles, ces derniers temps ? Avec toutes les histoires sordides que l’on raconte, ça ne m’étonnerait pas que les églises doublent de fréquentation. »
    La voix du soldat baissa d'un ton. «Pour tout dire, je suis passé pour m'éviter un raccourci vers ma prochaine infirmité. Un souci entre moi et un petit bandit de faubourg mais rien de bien méchant.»
    @Kenneth


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    Re: I don't believe you go to heaven when you're good (Tristan)

    Message par Tristan Dubh le Mer 20 Sep - 20:24




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    why say please?
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    « Tu ne me déranges jamais, voyons, » sourit-il à la remarque de Kenneth. C'était faux. En vérité, il aurait peut-être été préférable qu'il restât seul, seul avec sa rage et son amertume, seul avec ce cierge qui avait brûlé son bras. Il se savait imprévisible lorsqu'il était dans cette sorte de limbe entre réalité et dissociation et ne désirait certes pas faire de mal au soldat, qui n'avait aucun rôle à jouer dans ce tissu d'absurdité qui s'était tissé autour du faux pasteur. Le pauvre hère n'avait rien demandé à personne, il aurait été injuste de se déchaîner sur lui ; il aurait aussi été compliqué de ne pas le faire. Tristan parvint cependant à garder son calme et à forcer un sourire sur ses lèvres.
    Au moins il pouvait retrouver son bureau, le seul endroit où il se savait en sécurité, loin des regards de ces fichus MacKenzie qui ne savaient pas respecter l'intimité d'autrui. Qu'un d'entre eux vînt donc tenter d'entrer dans son sanctuaire, il serait reçu avec toute l'amabilité dont Tristan était présentement capable et possiblement une hache dans la tête – une pensée qu'il formulait sans en comprendre l'ironie, lui qui ne pouvait voir le futur et ce que celui-ci lui réservait.
    Il considéra presque avec affection la façon dont Kenneth se vautra dans un fauteuil sans demander la permission. Presque. Une partie de lui désapprouvait cette façon que l'autre avait de se comporter comme s'il était chez lui dans ce qui était l'unique sanctuaire du Selkie ; l'autre s'amusait seulement d'un tel manque de manière qui lui paraissait si reposant. Malgré l'absence de réponse de l'autre, il se mit en devoir de faire bouillir de l'eau et de préparer deux tasses de thé. Une pour Kenneth avec un thé noir tout à fait normal, une pour lui-même avec des herbes aux propriétés autrement plus intéressantes. Avec un peu de chance, il retrouverait un semblant de calme.

    « Le problème de ta sœur, c'est qu'elle ne prie pas réellement pour toi, » souffla-t-il en vérifiant la température de l'eau. « Elle souhaite ta rédemption mais pas pour ton bénéfice, juste pour le sien. Forcément, ce genre de choses ne marche jamais. L'égoïsme n'est pas très bien vu dans les hautes sphères. » Le discours flirtait avec le blasphème, sans trop y toucher, sans s'y aventurer directement. Le pasteur de Meadows Kirk était connu pour ses palabres si peu chrétiennes et pourtant emplies d'une sagesse qu'aucun livre sacré ne pouvait réfuter. « Du citron ? De la crème ? Je n'ai ni l'un ni l'autre mais je préfère demander. Quant aux cierges, je les garde généralement bien en main, ne t'en fais pas pour ça, et je m'attache à ne pas laisser la cire couler partout. Comme je te le disais, je prends soin de mon culte. »
    Il se détourna pour éviter que Kenneth ne vît le sourire mutin sur son visage. Il y avait peu de chance que le soldat comprît le double sens de ses paroles ni même le soupçonnât d'avoir de telles tendances mais bah, le Selkie pouvait bien s'en amuser seul. Les sources d'amusement se faisaient bien trop rares dans une Edimbourg ravagée par un tueur fou et rongée par des querelles ridicules. Il s'était d'abord presque réjoui d'être coincé dans la capitale écossaise et de devoir y séjourner jusqu'à nouvel ordre, c'était là un repos inattendu qu'il pouvait s'octroyer puisqu'il y était contraint ; la présence du tueur et divers autres petits accrocs ternissaient quelque peu le paysage. Enfin, peu importait. Il n'avait de toute façon pas le choix.
    Tristan déposa une tasse fumante en face de Kenneth et prit place à son fauteuil habituel, résistant à la tentation de s'y rouler en boule comme il le faisait d'ordinaire. Si son interlocuteur était plus ouvert d'esprit que nombre de leurs contemporains, nul doute qu'il aurait haussé le sourcil face à une telle attitude venant d'un pasteur.
    « La fréquentation de mon église n'a pas doublé. Celle des autres... impossible à dire. Je sais qu'on vend dans les rues des charmes et des breloques destinés à se protéger du tueur et que beaucoup prédisent l'Apocalypse. Comme je n'y crois pas une seconde et que je tâche de ne pas participer à la panique ambiante, on déserte ma paroisse. C'est beaucoup moins intéressant de s'entendre dire que tout ira bien. » Un brin de cynisme, peut-être malvenu. Néanmoins, la remarque était vraie : les badauds préféraient s'entendre dire qu'ils étaient damnés pour l'éternité et que le tueur viendrait les cueillir un à un plutôt que d'être ramenés à plus de raison. De tous temps, les gens avaient préféré l'idée macabre d'une fin du monde en approche à celle de tracas passagers qui ne cesseraient de s'enchaîner. Quelqu'un de moins sardonique que le Selkie les aurait peut-être compris.

    Tristan ne fut pas surpris le moins du monde d'apprendre les raisons de la visite de Kenneth. Pas un instant il n'avait imaginé que ce pût être une simple visite de courtoisie – les hommes comme le soldat n'en faisaient pas, pas s'ils pouvaient l'empêcher. Son interlocuteur avait du feu dans les veines et des éclairs sous les pieds, le besoin de se jeter dans des combats ridicules à tout moment, et ce n'était certes pas dans une église qu'il trouverait la violence dont il avait besoin. Le Selkie étouffa un petit rire et leva les yeux au ciel.
    « Un bandit, hm ? Et tu n'as rien trouvé de mieux à faire que de l'amener chez moi ? Je ne te remercie pas, Hywel, » répondit-il sur le ton d'un professeur grondant gentiment un enfant. « Que diable suis-je censé faire de lui s'il se présente ? L'instruire de la Bible et lui ouvrir les yeux sur les grâces du Seigneur ? Il ne m'en donnera sans doute pas la possibilité et si tu permets, j'aimerais éviter de mourir dans mon bureau, ça salirait mon tapis préféré. » Ce disant, il désigna un tapis un peu miteux mais plein de couleurs étendu entre eux deux, une vieille chose qui paraissait avoir faire la guerre. Deux fois.

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    Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
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