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  • I don't wanna set the world on fire | Teàrlach

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    I don't wanna set the world on fire | Teàrlach

    Message par Archibald Ferguson le Jeu 6 Juil - 23:08

    Deux Fir Darrig entrent dans un salon avec une bouteille de whisky bien entamée et des gâteaux préparés avec amour par Archibald et garnis de plantes de son cru. La suite va vous étonner.

    « Et donc, mon cher Teàrlach, »
    dit Archibald d'un ton docte en essuyant une miette de gâteau au coin de sa bouche, « comme vous pourrez le constater, les propriétés apaisantes de ces herbes sont fantastiques. Et elles donnent un petit goût de romarin qui, si je puis me permettre, réhausse avec perfection la saveur de ce biscuit. »

    Il ne parle normalement pas beaucoup et fait rarement autant de phrases qui, mises bout à bout, conservent un semblant de normalité. Teàrlach a une influence relativement positive sur lui - ce qui est plutôt ironique, considérant la personnalité de l'autre invité de Llewyn. Mais c'est toujours ainsi avec les gens plus jeunes : il veut être un bon modèle, leur donner sa protection et son affection, comme un gentil grand-père, alors il essaye de rester à peu près cohérent. D'aucuns savent que ça ne fonctionne qu'un temps et qu'il revient bien vite à ses visions de fées et de monstres sortis tout droit d'un conte pour enfants mais enfin, il essaye, et c'est déjà ça.

    Quant aux plantes qu'il a glissées dans le gâteau, ma foi, il n'a pas la moindre idée de ce qu'elles sont réellement mais il connaît suffisamment leurs propriétés pour savoir qu'elles ne sont pas dangereuses. Il leur trouve un effet apaisant et libérateur et dort toujours paisiblement après les avoir ingérées. Il en a vendu une dose importante à Ina, lui suggérant d'en faire une décoction pour calmer les troubles du sommeil, et il espère qu'elle a suivi son judicieux conseil. Bien entendu, ce qu'il ne sait pas, c'est que lesdites plantes provoquent des hallucinations – mais comment le remarquer, quand sa vie entière en est une ?

    « Qu'en pensez-vous, dites-moi ? Ne vous sentez-vous pas plus serein ? Ah – mais vous êtes bien jeune, sans doute n'avez-vous pas autant de soucis que nous autres pauvres vieillards. Vous ne connaissez pas les rhumatismes, haha ! » Il part d'un rire débonnaire qui doit être bien étrange sur son visage de vieux hibou austère. De fait, le son de son propre rire le surprend lui-même et il s'arrête net, les yeux exorbités, se regardant d'un air tout à fait perplexe. En plus, il n'a même pas de rhumatismes.

    Il secoue la tête, surpris par ses réactions, et va s'effondrer dans un fauteuil. Son squelette entier émet un craquement douteux à ce geste et pourtant, il ne ressent aucune douleur. Il a des plantes pour ça. Ce n'est guère que le froid et l'humidité d'Ecosse, à laquelle il est habitué depuis l'enfance – rien qui vaille de s'alarmer et de se précipiter chez un médecin. De toute façon il n'aime pas les médecins. Ces sardanapales ne respectent pas les plantes, ils les administrent à la volée, sans se préoccuper de savoir où la plante a grandi et ce qu'elle a mangé et comme chacun sait, la chose est terriblement importante si l'on veut qu'un remède fonctionne décemment. Non, vraiment, il préfère se soigner lui-même, ou utiliser les décoctions d'Ina. Elle, au moins, sait ce qu'est une plante de qualité – et elle a un talent certain pour les manipuler. Quant à Teàrlach, il semble savoir les apprécier, et Archibald estime beaucoup cette qualité chez les gens.

    Il jette un coup d'oeil à l'autre Fir Darrig et son sourcil droit s'arque pour lui donner un visage encore plus proche de celui du hibou que d'ordinaire. Dans ce moment de plaisante sérénité, il se demande s'il ne pourrait pas s'attacher l'aide de son colocataire. Après tout, pourquoi pas ? Le jeune homme a l'air relativement fiable et de toute façon, il ne saurait pas que faire d'un artefact faé. À moins que... non, c'est absurde, ce serait impossible, mais... après tout, la chose n'était pas si improbable. Teàrlach besognait pour Llewyn en échange de cadeaux. Il pratiquait la farce et la plaisanterie avec adresse. Il pouvait tout à fait... Non. De toute façon, il ne dirait rien, c'était trop dangereux. Dire à un faé qu'on l'a reconnu comme tel pouvait s'avérer mortel, il l'avait remarqué avec Finnvara, qui s'était mis dans une colère noire quand Archibald avait mentionné son statut de roi des fées. Ç'avait été la goutte de trop qui avait poussé Finn à le chasser de la Cour d'Hiver, le privant à tout jamais de sa douce Oonagh. Il ne referait pas la même erreur deux fois.

    Il n'empêche qu'il est tenté de partager son petit secret avec le jeune homme. Qu'aurait-il à perdre ? Si ses soupçons s'avéraient fondés, Teàrlach aurait tout autant intérêt à retrouver l'artefact faé caché dans les replis de la demeure de Llewyn que lui. Il y a bien sûr le risque qu'il refuse de rendre l'artefact à Maman – à Seaghdh – mais Archibald se fait confiance pour l'en convaincre. Mais pour l'instant, il ne dit rien, perdu dans ses pensées et pesant le pour et le contre, au milieu d'images qu'il ne saurait décrire et qui envahissent son esprit sans lui laisser le moindre répit.
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    Re: I don't wanna set the world on fire | Teàrlach

    Message par Teàrlach Ó Ceallaigh le Ven 7 Juil - 14:34


    I don't wanna set the world on fire
    Archibald ξ Teàrlach



    Longue journée que celle que le jeune Teàrlach a eue aujourd’hui. L’un des tonneaux de fermentation de la distillerie à une fuite et il est hors de question de saboter cette cuvée pour ce genre de choses. Le Fir Darrig avait passé la journée entre son frère adoptif et l’estafette d’une scierie plus ou moins local. La nouvelle piquait encore le fond de la gorge du rouquin ; personne n’avait de planches assez grandes que pour assurer la réparation rapide et efficace de sa cuve de fermentation. Des solutions avaient été trouvées pour que le malt puisse fermenter en paix mais l’humeur ronchonne de Seaghdh quant au fait de lâcher le double du prix pour cette planche et les réparations qui vont avec avait rendu le gérant un tantinet irritable. C’était donc d’une humeur tout à faire borderline qu’il était rentré chez lui, essayant de se calmer avec la douce promesse personnelle de faire sonner sa cornemuse dans tout le domaine, histoire d’être sûr de ne pas être la personne la plus énervée vivant sous ce toit. Qu’il était facile d’énerver son beau-frère. C’est un jeu dont Teàrlach ne se lassera sans doute jamais. Voir l’homme s’énerver sous ses taquineries faisait indéniablement courir un frisson d’adrénaline sur son échine. Il aimait le voir en colère. Pas par plaisir sadique… non, il prenait juste cela comme une petite vengeance pour cet arrangement qui ne l’arrangeait plus vraiment depuis longtemps maintenant. Lui fournir des personnes vivantes ? Sérieusement ? Pour qui l’homme l’avait-il prit ? Pour un truand ? Il n’était qu’un honnête commerçant après tout. Et si la crainte de se réveiller un jour sans son foi ou sa rate n’était pas présente, cela ferait sans doute longtemps qu’il aurait arrêté de fournir l’homme. Mais pour l’heure, cela n’est pas son beau-frère que le rouquin excentrique croise dans les couloirs, mais ce bon vieil Archibald, les bras chargés de pâtisseries qu’il a plus que probablement confectionné à base de certaines de ces herbes. Teàrlach avait appris avec le temps à se montrer prudent quand l’illuminé lui proposait quelque chose à manger venant de son cru. Mais les nerfs a vifs et affamés d’avoir du sauter un repas pour gérer cette histoire de pénurie de planche de qualité, il ne se fait pas prié pour accepter la proposition de partage du vieil homme.

    ♦ ♦ ♦


    « Et donc, mon cher Teàrlach, comme vous pourrez le constater, les propriétés apaisantes de ces herbes sont fantastiques. Et elles donnent un petit goût de romarin qui, si je puis me permettre, rehausse avec perfection la saveur de ce biscuit. » Affalé dans l’un des précieux fauteuils de Llewyn, un long rire coule hors des lèvres du Fir Darrig. « J’aime le romarin. » Les avants bras en l’air, il observe ses mains voguer dans l’espace en une succession de mouvements dénués de sens. Après un léger blanc, il se dévisse presque le cou, essayant d’apercevoir la silhouette rassurante de son vis-à-vis. Archibald était le genre d’homme à être encore plus étrange que lui. Mais, dans le fond, il aimait bien le vieil homme à moitié fou. Ses fables ont le don de le faire sourire et de ressusciter son âme d’enfant. Il aime, l’espace d’une soirée ou d’une après-midi, nourrir la folie de cet homme. Partir à l’aventure, chercher des faes, trouver des passages secrets. A vrai dire, plus d’une fois, Archibald a réussi à le faire réellement se prendre au jeu. Et ça, Teàrlach ne le reconnaitra sans doute jamais. Tout aussi excentrique puisse-t-il être, ces moments de rêveries aux côtés de l’homme poivre-et-sel ne font pas vraiment la fierté du jeune homme. Petit plaisir honteux qu’il s’accorde que celui-là. Mais en ce moment, un sourire heureux et détendu planté sur ses lèvres, il ne se sent pas de devoir cacher le plaisir qu’il prend à en apprendre plus sur l’imaginaire de cet homme. Quel dommage que ni l’un ni l’autre ne soit romancier. Les rares histoires fantasmées qu’ils ont partagées étaient de vraies épopées épiques qui auraient plus aux rares personnes lisant des histoires fantasques à cette époque.

    Mais alors que la drogue le laissait guilleret et particulièrement heureux, il n’en avait pas grand-chose à faire que les salons philosophiques qu’il brûle de rejoindre depuis si longtemps maintenant rit à la face de personnes comme Archibald, qui parlent de fées, de magie et d’artefacts. Un dilemme qui secouait le rouquin au quotidien. Il ne pouvait nier son origine monstrueuse, il ne pouvait ignorer ses sources venant du folklore… Mais il ne pouvait pas non plus ignorer le rationalisme de la science et de la médecine. Partagé entre les deux, Teàrlach ne sait plus depuis longtemps à quel saint se vouer en ce qui concerne la chose à croire dans ce domaine.

    « Qu'en pensez-vous, dites-moi ? Ne vous sentez-vous pas plus serein ? Ah – mais vous êtes bien jeune, sans doute n'avez-vous pas autant de soucis que nous autres pauvres vieillards. Vous ne connaissez pas les rhumatismes, haha ! » Le rire du jeune se joint à celui de son ainé, animant joyeusement la pièce d’un naturel pourtant si morne. Roulant sur le flanc pour ce saisir à nouveau de l’un de ces délicieux biscuit, c’est avec une surprise non feinte que le jeune homme se retrouve face contre terre. Il lui faut un moment pour réaliser qu’effectivement, si on roule autant sur ce fauteuil, il est fort probable que l’on finisse par en tomber. Maladroitement, il se relève, son rire reprenant de plus belles alors que l’un de ses mains va se saisir de la pâtisserie confectionnée par l’herboriste. La gourmandise craque sous ses dents alors que le regard du Fir Darrig accroche le tissu rouge des fauteuils. Rouge. Rassurant. Une inspiration profonde plus tard, il ne reste plus que l’apaisement. « C’est agréable. Ça a été la folie à la distillerie aujourd’hui… » D’habitude, il ne parle pas de travail une fois rentré. Après tout, il a déjà beaucoup à faire entre son trafic de monstres, la distillerie et ses vaines tentatives pour rejoindre un salon pour combler le reste de son temps libre… Mais là, il se sentait assez calme et serein avec lui-même que pour aborder en vitesse le sujet. Le cul par terre, il observa un mouvement au coin de la pièce. Son regard le suivit et ses mots moururent sur ses lèvres. Était-ce… ? Sans quitter le coin de la pièce des yeux, c’est à quatre pattes qu’il s’y rendit, prenant bien soin de ne pas faire le moindre bruit. « Sshhh… Je crois que j’ai vu une fée… »

    Que se passe-t-il une fois que Teàrlach a atteint le coin ?:
    Succès - Quelle belle surprise !
    L'hallucination est toujours là et le rouquin se met à marmonner. « Qu'est-ce qu'il se passe ma jolie ? Tu as peur ? Faim ? Froid ? Tu as froid c'est ça ? Archibald, pourrions-nous trouver quelque chose pour la réchauffer ? »

    Échec - Déception, la fée n'est plu là. L'hallucination a disparue. Persuadé de ce qu'il a vu, Teàrlach se met cependant à chercher sous les meubles après la petite fée perdue.


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    Re: I don't wanna set the world on fire | Teàrlach

    Message par Ceann-Uidhe le Ven 7 Juil - 14:34

    Le membre 'Teàrlach Ó Ceallaigh' a effectué l'action suivante : Le Destin


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    Re: I don't wanna set the world on fire | Teàrlach

    Message par Archibald Ferguson le Lun 10 Juil - 17:36

    Il y a une paix certaine dans l'atmosphère. Ils sont deux descendants des lutins d'antan, assis sur des fauteuils moelleux, quelques shortbreads agrémentés de plantes entre les doigts, et rien ne pourait perturber la sérénité de ce moment. Archibald apprécie vraiment son colocataire et plus encore aujourd'hui, alors que l'autre semble enfin se relâcher un peu et se laisser aller aux fantaisies offertes par le vieil herboriste.

    Celui-ci aime plus que tout partager son monde intérieur avec d'autres personnes susceptibles de le comprendre et de l'apprécier. Il n'est rien qui le blesse plus que d'être rejeté et ramené de force à la réalité, une réalité dans laquelle il ne se sent pas à l'aise, et il n'a jamais considéré que les raisons de ses interlocuteurs pour le couper si violemment dans son élan étaient valables. Tout ce qu'ils demandaient de lui, il aurait pu le leur fournir en continuant de rêver, de se laisser porter par des songes plus plaisants et plus doux que le monde extérieur. Malheureusement, une telle existence passée dans un rêve, loin du monde réel qui n'avait de toute façon jamais eu de place pour lui, une telle existence était terriblement solitaire. Il a trouvé dans le temps quelque réconfort auprès d'Oonagh, enfant malicieuse qui se plaisait à entrer dans les contes qu'il racontait, mais cette joie immense a été de courte durée. Depuis, Archibald a toujours été seul.

    Alors, que Teàrlach accepte d'entrer dans la fantaisie, qu'il n'use d'aucune de ses réserves habituelles, cela constitue pour le vieil herboriste un cadeau du ciel. Pour la première fois depuis bien longtemps, il n'est pas seul et quelqu'un, une âme douce et plaisante, accepte de le comprendre. Un sourire doux s'étire sur ses lèvres comme pour cacher l'immense émotion qui l'envahit et il détourne le regard. On ne peut pas le voir avec les yeux luisants de larmes, n'est-ce pas ? Les fées n'aiment pas les larmes, elles ne les comprennent pas. Certaines se montrent compatissantes, d'autres se mettent en colère, mais quelle que soit la réaction, elle n'est jamais bonne pour celui qui en fait les frais. La pitié d'une fée n'est pas une chose enviable. Alors Archibald ravale sa tristesse et les larmes qui menacent de couler et déplie sa carcasse au-dessus du fauteuil.

    Ca a été la folie aujourd'hui à la distillerie. La phrase de l'autre Fir Darrig est bien innocente mais elle touche Archibald droit au cœur, de deux manières complètement contradictoires. Une partie de lui se réjouit d'avoir droit à de telles confessions, toutes maigres soient-elles, qui prouvent que son colocataire commence à accepter sa présence. L'autre, plus présente, plus violente aussi, le hait d'avoir mentionné une vie que le vieil herboriste est bien incapable de comprendre. Il se serait sans doute mis en colère si le jeune homme n'avait pas mentionné immédiatement une chose bien plus plaisante, une petite chose dans un coin – et oui, il a raison, elle est là.

    Petite et frêle, sa peau blanche scintillant presque dans la pénombre, des grands yeux bleus qui regardent autour d'elle comme si elle ignorait où elle se trouve. Une ruse, bien sûr : aucune fée ne se laissera jamais entraîner dans la demeure d'un humain si elle n'y consent pas. Mais avant tout, cette petite créature des temps anciens ressemble à une autre, aux cheveux blonds et au rire de cristal, une souveraine à laquelle Archibald a donné sa vie.

    « Qu'est-ce qu'il se passe ma jolie ? Tu as peur ? Faim ? Froid ? Tu as froid c'est ça ? Archibald, pourrions-nous trouver quelque chose pour la réchauffer ? »

    La question de Teàrlach ramène l'herboriste à une certaine forme de réalité et il s'empresse de le rejoindre dans le coin. La pauvre chose a en effet l'air frigorifié.

    « Oui, de toute évidence, elle a besoin qu'on s'occupe d'elle, » dit-il d'un ton docte en hochant la tête avec véhémence. « Madame, » poursuit-il à l'adresse de la fée, cette fois avec toute la révérence dont il est capable, « c'est un honneur de vous recevoir dans notre humble demeure. »

    Il importe peu que la demeure ne soit pas exactement la leur.

    « S'il vous plaît, suivez-nous près du feu. Nous pourrons vous y réchauffer. Prenez donc un biscuit, ils sont délicieux. Oui, tout près, là – il ne faut pas frissonner comme ça, mon enfant, allons, les braises ne tarderont pas à faire effet sur votre corps et votre âme. » Tout en parlant, il guide la fée vers la cheminée, toujours plus près, en faisant signe à Teàrlach de le suivre. Il ne semble pas y avoir de couvertures aux alentours dans laquelle il pourrait draper leur honorable visiteuse, il faudra que le feu suffise. S'il ne suffit pas, ma foi – il y a toujours des alternatives. « Ah, Teàrlach ! Peut-être pourrions-nous donner à boire à notre invitée ? Votre whisky réchauffe, n'est-ce pas ? On me l'a souvent dit de l'alcool, qu'il réchauffe. Personnellement, je trouve qu'il brûle et sent mauvais, mais peut-être notre charmante hôte aura-t-elle une autre opinion. »
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    Re: I don't wanna set the world on fire | Teàrlach

    Message par Teàrlach Ó Ceallaigh le Dim 16 Juil - 15:47


    I don't wanna set the world on fire
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    « Oui, de toute évidence, elle a besoin qu'on s'occupe d'elle. » Le rouquin coule un regard  à son ainé, soulagé de voir qu’il a fait le bon choix en proposant d’aider la fée égarée. Après tout, qu’y connait-il en matière de fées ? Il n’est clairement pas l’expert, ici. Tout au plus, il pourrait les attirer dans un flot d’ennuis. De ce qu’il avait cru en comprendre, les histoires de fées rentrent rarement dans le cadre féérique qu’on leur accorde. Après tout, en tant que fir darrig de sang pratiquement pur, Teàrlach est particulièrement bien placé pour que le monde fantastique de la magique ne l’est que pour les non-initiés. Qui, en dehors de l’Écosse pourrait penser que ces créatures du folkores, des monstres tels que des dragons ou des banshee puissent avoir réellement foulé le sol de notre terre ? Qui pourrait penser, au milieu de l’intellectualisation des sciences, que certains hommes foulant cette terre puissent porter en eux les stigmates de cet héritage ésotérique, magique, monstrueux ? Non, le monde de la féerie et de la magique n’a rien de doux et de merveilleux. Enfin, pas au sens auquel on l’entend. Le jeune homme, particulièrement fier de ce qu’il est, désigne ses capacités comme autant de merveilles en lui. « Madame, c'est un honneur de vous recevoir dans notre humble demeure. » Teàrlach ne peut retenir le sourire amusé qui lui monte aux lèvres. Taquin, il doit se mordre la langue pour ne pas interférer dans le dialogue, pour ne pas rappeler que cette maison n’est pas à proprement parlé la leur. Immonde squatteurs qu’ils sont. « S'il vous plaît, suivez-nous près du feu. Nous pourrons vous y réchauffer. Prenez donc un biscuit, ils sont délicieux. Oui, tout près, là – il ne faut pas frissonner comme ça, mon enfant, allons, les braises ne tarderont pas à faire effet sur votre corps et votre âme. » S’approchant du feu avec la fée et son comparse, il attrape quelques buches à y rajouter, voulant réchauffer un peu plus l’atmosphère. C’est vrai que maintenant que cette inconnue à moitié nue le lui a fait remarquer, le rouquin sent la morsure du froid sur sa nuque. Un long frisson plus tard, il est assis près du feu, observant avec une fascination non feinte les flammes qui lèchent l’âtre. Il aurait presque envie d’y mettre la main tant le rouge-orangé du feu lui semble être une teinte douce et agréable au touché. « Ah, Teàrlach ! » Sursaut de l’intéressé. Son regard s’arrache aux flammes pour se porter sur son ami.

    « Peut-être pourrions-nous donner à boire à notre invitée ? Votre whisky réchauffe, n'est-ce pas ? On me l'a souvent dit de l'alcool, qu'il réchauffe. Personnellement, je trouve qu'il brûle et sent mauvais, mais peut-être notre charmante hôte aura-t-elle une autre opinion. » « Je vais chercher une bouteille… » Sans un mot de plus, il se lève. Avalant les pièces, il se dirige vers l’endroit où il stock une dizaine de bouteille de son cru… Enfin, du whisky familial… Ce n’est pas comme si c’était sous sa tutelle que le whisky d’il y a quinze an a été mis en fut. Il attrape deux bouteilles et calle des verres sous ses bras. Lorsqu’il revient, il doit résister à  la puissante impulsion de jeter l’une de ses deux bouteilles dans le feu, histoire de créer une belle gerbe de flamme qui les réchauffera à coup sûr. A la place, il dépose les deux bouteilles sur la table et, la main mal assurée sous la drogue déjà ingurgitée, il sert trois verres de manière plus que généreuse. Il tends l’un d’eux à Archibald, le second à son hallucination et se garde le troisième. Il se contentera sans doute de le siroter. Le whisky qu’il produit n’est pas vraiment à son gout. Il préfère de loin la tourbe fumée d’un whiksy ayant plus de caractère que celui plus doux que sa distillerie produit. Mais Seaghdh l’avait interdit de changer la recette familiale, cette dernière étant celle qui est connue et qui plait. Son frère adoptif craignait une diminution des ventes en cas de changement dans la formule de fabrication. « Archibald, je peux vous parler en privé deux minutes ? » Il se lève, mal assuré sur ses jambes. Il attrape un shortbread de la confection de l’herboriste et se glisse dans la pièce voisine, son comparse juste derrière lui. Une fois qu’il y est, il se retourne, faisant face à l’homme aux tempes grisonnantes. C’est l’excitation qui se peint sur les traits du jeune homme qui ne peut plus retenir son sourire plus longtemps. « C’est vraiment… ? Ça en est une ? Qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’on ne fait pas ? Qu’est-ce que je ne dois surtout pas faire ?! C’est dingue qu’elle soit venue… Vous pensez que c’est pour les shortbread ? Ils sont vraiment très bons. » Persuadé que cela pourrait être une explication logique, il hoche la tête cérémoniellement en direction d’Archibald, comme si sa réussite pâtissière était réellement quelque chose d’exceptionnel qui se devait d’être soulevé avec le plus grand des sérieux.


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    Re: I don't wanna set the world on fire | Teàrlach

    Message par Archibald Ferguson le Dim 16 Juil - 17:12

    Du coin de l’œil, il surveille Teàrlach tout en s'occupant de la petite fée. Le gamin est suffisamment imprévisible en temps normal – c'est pire encore quand il est dans ce monde-ci. Et puis il ne connaît pas le monde des fées, semble-t-il. Curieux, pour un garçon-fée comme lui ; mais peut-être le petit Puck a-t-il été enlevé à sa famille dans l'enfance pour être placé chez des humains. Un changeling, comme la mère d'Archibald soupçonnait son fils de l'être. En vérité, les changelings ne sont bien souvent que des enfants un peu étranges, un peu hors du commun. À une époque plus moderne, on leur diagnostiquerait des troubles de la personnalité ou encore on les placerait sur le spectre autistique, sans jamais voir en eux des enfants-fée venus remplacer les véritables enfants humains. Fait étrange, Archibald a une certaine conscience de cette vérité-là. Il sait qu'il n'est pas un changeling, il sait que sa mère ne supportait simplement pas sa fantaisie. Elle-même n'était pas tout à fait présente, pas tout à fait entière, et voir son fils devenir la même chose qu'elle l'avait blessée au plus profond d'elle-même. Il ne mettrait pas ces mots-là sur la situation, il l'enjoliverait beaucoup plus mais au fond, il sait ce qu'il en est. Il sait qu'il est juste différent. Et peut-être est-ce la même chose pour Teàrlach au final – ou peut-être est-il bel et bien Puck le jeune faé, échangé à la naissance contre un nourrisson humain. Que font les fées des bébés qu'elles capturent ? Les mangent-elles ? Archibald le croit, il les sait portées sur la chair humaine. Oonagh l'était. Il l'a laissée manger un bout de lui-même, une fois, un tout petit bout qui n'a laissé qu'une cicatrice sans conséquence. Elle n'a pas beaucoup apprécié le goût de sa chair mais lui a été infiniment reconnaissante pour son sacrifice. Il l'aurait refait mille fois, si elle l'avait demandé.

    Le garçon fixe les flammes comme s'il y voyait quelques esprits anciens danser frénétiquement et Archibald sourit. Il sait maintenant qu'il a raison : les fées sont fascinées par tout ce qui brille et est lumineux, pas de raison qu'il y ait la moindre différence avec lui. Il va bien devoir l'apprendre, un jour ou l'autre, s'il l'ignore encore. Le vieil herboriste l'a entendu une ou deux fois parler d'un héritage Fir Darrig dont il semble être très fier et bien qu'il n'ait pas la moindre idée de ce que peut être un Fir Darrig, il pense que Teàrlach aura du mal à accepter de ne pas en être un. Désolé, gamin, tu n'es pas ce que tu crois, tu es une fée, tu viens de la Cour d'Eté, et ta famille t'attend. Peut-être est-ce le bon moment pour le lui annoncer. Peut-être la fée pourrait-elle l'emmener avec elle ? Archibald a lu quelque part que le feu pouvait servir de passage à certaines créatures féériques pour rejoindre leurs Cours originelles. Si Teàrlach est bien un faé, lui et leur charmante hôte pourrait rentrer dans les flammes et se diriger main dans la main vers la Cour d'Eté. Archibald ne parvient à admettre qu'il est un peu jaloux, qu'il aimerait les accompagner, se rendre lui aussi chez les fées qui ont toujours été si bonnes avec lui. Elles lui manquent terriblement. La vie à Edimbourg n'a rien de comparable avec celle qu'il a vécue à la Cour d'Hiver, auprès de la reine, si belle et si grandiose. Parfois, lorsque la nuit tombe et le laisse seul au coin de son lit, il s'endort les larmes aux yeux de regret face aux mauvais tours que le destin lui a joués.

    « Je vais chercher une bouteille… » Archibald revient à la réalité et fixe Teàrlach, sans plus se souvenir de ce qu'il lui a demandé. Ah, oui, le whisky. Le voyant revenir avec trois verres, le vieil homme grimace. Il n'aime pas ce liquide, quelle qu'en soit la recette ; l'alcool n'a jamais été particulièrement aimable avec lui. La dernière fois qu'il s'est surpris à en boire, il a dû rester cloué au lit pour une bonne semaine avec des fièvres puissantes et des nausées pires encore. Il soupçonne que son âge ne lui permet plus de s'adonner à ce genre de folies et que n'ayant jamais eu l'occasion de les commettre dans sa jeunesse, il est condamné à ne jamais apprécier ce que certains voient comme un élixir des dieux. Bah, il préfère de très loin les siens et ceux d'Ina, bien plus intéressants dans la multitude d'effets qu'ils permettent. L'alcool ne sert qu'à enivrer alors que ses préparations ou celles de la jeune apothicaire possèdent des pouvoirs que l'imagination humaine peut seulement effleurer du bout des doigts. Il a hâte de commencer à tester le remède dont elle lui a parlé lors de leur dernière rencontre.

    Son verre reste donc intouché, tout comme celui de la fée. Peut-être n'aime-t-elle pas le whisky ? Dans tous les cas, s'il voulait insister, Teàrlach lui coupe l'herbe sous le pied. « Archibald, je peux vous parler en privé deux minutes ? » Il ne songe pas à dire non, à protester que leur invitée ne peut être laissée seule près du feu ainsi, parce qu'elle les entendrait et prendrait fort mal son hésitation. D'un autre côté, elle peut aussi mal prendre leur départ et d'éventuelles cachotteries, c'est donc en se répandant en excuses bien plates qu'Archibald consent à suivre l'autre Fir Darrig à l'écart de leur hôte. Le gamin a l'air surexcité et plus heureux que jamais, ce qui met un peu de baume au cœur du vieil herboriste. Il est content de voir un petit jeune apprécier autant la compagnie d'une fée. Après tout, jusqu'à récemment, il pensait être le seul à les voir et à les comprendre – et miracle, Teàrlach partage cette vision avec lui, c'est donc qu'elle est vraie ! Qu'il peut sans crainte lui expliquer tout ce qu'il sait et tout ce en quoi il croit ! Archibald n'aurait pu se sentir plus heureux ni plus serein.

    « C’est vraiment… ? Ça en est une ? Qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’on ne fait pas ? Qu’est-ce que je ne dois surtout pas faire ?! C’est dingue qu’elle soit venue… Vous pensez que c’est pour les shortbread ? Ils sont vraiment très bons. » Archibald hoche la tête sous l'avalanche de questions. Oui, tiens, peut-être est-ce à cause des shortbreads. Il sait que les fées aiment bien les offrandes de nourriture. Il ne serait pas surpris d'en trouver un ou deux disparus de l'assiette quand il reviendra – sans même imaginer que ce puisse être l’œuvre d'un domestique de passage qui, voyant l'assiette abandonnée, s'est dit qu'il pouvait bien prendre l'un des biscuits sans craindre de représailles. Si la chose devait arriver, Llewyn aura sans doute quelques petites surprises au matin venu, avec une bonne partie de sa maisonnée sous l'effet de plantes hallucinogènes. « C'est bien une fée, oui – calmez-vous donc, Teàrlach, si elle vous entendait ! Alors, surtout, il ne faut pas lui dire nos noms, surtout pas. » Il ne se rend pas compte que lui et son comparse se sont interpellés par leurs noms devant la fée, réduisant à néant ce conseil avisé. « Il ne faut rien accepter d'elle. Pas de cadeau, rien du tout. Sinon, vous avez une dette envers elle, et il n'est jamais bon d'avoir une dette envers une fée : allez savoir ce qu'elle pourra vous demander ! Ensuite, évidemment, soyez respectueux et prudent. Les fées sont dangereuses et promptes à s'irriter si elles considèrent qu'on les a lésées, il vaut mieux s'attirer leurs bonnes grâces en se comportant en parfait gentleman. Par exemple, je me doute que vous n'avez pas dû voir beaucoup de femmes nues dans votre vie, mais tâchez de garder votre regard loin de son intimité. »

    Il ne soupçonne pas réellement Teàrlach d'être capable de tant d'impudeur mais il vaut mieux prévenir que guérir, en espérant que son colocataire n'aura pas l'idée bizarre de s'offenser. Archibald veut juste l'avertir des dangers. « Et, jeune homme, il y a quelque chose que je dois vous dire. Je me trompe peut-être mais il me semble que vous n'êtes pas tout à fait humain. » Il laisse quelques secondes à la révélation pour faire effet et atteindre le cerveau embrumé du Fir Darrig, qui sait pertinemment qu'il n'est pas tout à fait humain de toute façon. « Je crois que vous êtes un enfant fée, échangé au berceau par vos véritables parents qui désiraient un nourrisson humain à manger. Je crois que notre invitée est venue vous chercher pour vous ramener parmi les vôtres. Tâchez de vous montrer digne de cet honneur. »

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