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    Oops ?

    Message par Teàrlach Ó Ceallaigh le Ven 30 Juin - 19:19


    Oops ?
    Llewyn ξ Teàrlach

    Piétinant sur place, j’observe la porte du bureau de Llewyn. Malgré l’interdit, je ne rechigne d’habitude pas à ouvrir la porte pour pénétrer dans le lieu presque sacré. Mais aujourd’hui, les choses sont différentes. Aujourd’hui je n’y vais pas pour taquiner mon beau-frère, logeur et partenaire. Non, aujourd’hui je viens lui annoncer une erreur que j’ai faite… Et pas une petite erreur. En même temps, c’est en grande partie sa faute. Mais je sais qu’il ne le verra pas ainsi. Finalement, je décide de passer le pas et j’ouvre la porte sans frapper. Là, je retrouve l’Oilliphéist attablé, en train de compulser frénétiquement des notes. Je m’appuie dans l’encadrure de la porte et je croise les bras, levant un léger sourcil. Toute forme d’appréhension s’envole alors que son regard furieux remonte vers moi. Il n’aime pas quand je rentre sans m’annoncer. Mais je ne vois pas pourquoi je le ferais. « Avant de te mettre à me crier dessus et à insulter ma mère, qui est aussi ta belle-mère, je te rappelle, tu ferais mieux d’attendre d’entendre ce que j’ai à te dire. C’est du sérieux pour une fois… » Je laisse une pose dramatique, ménageant mon effet maintenant que j’ai réussi à capter son attention. Je rentre dans la pièce d’un pas léger pour aller m’asseoir sur son bureau. Mes mains attrapent un petit globe qui sert, je suppose, de décoration et je commence à le faire tourner entre mes doigts. « Il se pourrait… Bien sûr, ce serait dans l’hypothèse où il ait réussit à trouver son chemin dans ce labyrinthe que tu appelles un manoir… Que le cobaye que je t’ai amené hier soit en train de courir à moitié nu dehors. Probablement en direction du centre-ville… Personnellement c’est là que j’irais si on m’avait drogué pour m’arracher à ma vie et que je m’étais réveillé dans un laboratoire sordide pratiquement nu et mal attaché. Ca ou je chercherais à rentrer chez moi… » Je bondis du bureau, y déposant le petit globe au passage. « Tu me crieras dessus après… Allons récupérer ce ceasg avant que quelqu’un ne prenne ses babillages fous au sérieux. »

    Si je m’en sors sans me faire arracher la tête par le chirurgien fou, ça sera déjà une belle victoire en soi. La nuit était en train de tomber, et cela jouait en notre faveur. L’homme aura sans doute plus difficile à trouver de l’aide qu’en plein jour. Je me dirige vers l’extérieur du bureau, prêt à partir en chasse. Je n’ai jamais chassé avant tiens… Je paye des hommes pour me fournir les cobayes habituellement. « Tout cela n’arriverait pas si, comme n’importe quel médecin tu pouvais te contenter d’un cadavre à étudier. » Je me retourne, lui faisant face alors que je continue d’avancer à reculons. « Ou que tu savais attacher correctement les sangles. J’espère que tu as tes drogues sur toi parce que je crois que ça va être sportif… »

    ♦ ♦ ♦


    La nuit c’était définitivement levé sur la ville. Je resserre les pans de mon manteau en jetant un bref coup d’œil désobligeant à Llewyn. Cela fait combien de temps qu’on cherche à remonter la piste de son cobaye ? Bien trop longtemps à mon gout. « Je savais depuis le début que toute cette histoire était une mauvaise idée… » Un long soupire franchis mes lèvres. « On ne devrait pas être dehors à cette heure-ci… Ce n’est pas vraiment comme si les rues étaient les plus sûres d’Écosse. » Pas que je sois particulièrement inquiété à l’idée d’un éventuel danger, mais nous savons parfaitement tous les deux qu’il n’est pas rare que des disparitions aient lieues. Maintenant, nous sommes deux adultes en pleine possession de nos moyens et armé avec de quoi droguer plusieurs personnes, je doute qu’il nous arrive quoi que ce soit de trop dramatique.

    En quelques enjambées, je rejoins le chirurgien et je passe un bras autour de ses épaules. « En fait, on devrait sortir comme ça plus souvent. Si on n’avait pas un problème d’ordre majeur pouvant détruire nos réputations respectives sur les bras, je te proposerais bien d’aller boire quelques verres dans le bar le moins insalubre qu’on pourra trouver. Dommage qu’on soit en train de cavaler après quelqu’un. Il y a rien dans ton héritage qui pourrait nous faciliter le travail ? Je sais que certains Leamhnach sont capable de pister le sang… Tu sais faire un truc du genre ? »

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    Re: Oops ?

    Message par Llewyn MacGobhainn le Sam 1 Juil - 0:23




    Oops ?
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    Dans une main, un livre et dans l’autre une plume, je m’applique à reporter de nouvelles informations sur les Ceasgs. Les résultats restent décevants, malgré un sujet en bonne santé et un cas très intéressant de syndactylie. Cela faisait un moment que Teàrlach n’avait pas entièrement honoré sa part du marché. Je ne rechigne jamais un cadavre, mais comment pouvons-nous réellement avancer s’il n’y a plus une once de vie ? Puis, est-ce quelqu’un va réellement regretter ce Ceasg ? Je ne pense pas.

    J’essaye de finir rapidement, il reste encore beaucoup de choses à faire et les effets de l’anesthésiant devraient bientôt se dissiper. D’ailleurs, je ne suis pas sûr d’avoir laissé Teàrlach le préparer était une bonne idée. Avec lui, on ne sait jamais. Mon beau-frère est totalement imprévisible, une plaie au quotidien. Il y a des jours où je me dis que c’est lui qui devrait finir ligoter à cette table et les organes dans des bocaux de formol.

    La porte de mon bureau s’ouvre. Qui a osé ? Tous ceux qui vivent ici savent très bien que je déteste ça. Furieux, je foudroie du regard la personne se tenant dans l’encadrement de la porte. Teàrlach ? Je ne sais même pas pourquoi je me suis posé la question au préalable. Évidemment que c’est lui. Espèce d’enfant indésiré.

    « Avant de te mettre à me crier dessus et à insulter ma mère, qui est aussi ta belle-mère, je te rappelle, tu ferais mieux d’attendre d’entendre ce que j’ai à te dire. C’est du sérieux pour une fois…
    - Et pourtant, j’en aurais des choses à dire sur ta mère. L’autre, je veux dire. Pas celle qui t’a adopté pour faire gonfler la fortune familiale. »

    Lentement, je referme mon livre et mon carnet de notes. Le voir faire comme chez lui m’irrite énormément. Il a intérêt d’avoir une très bonne raison pour être venu ici et prendre ses aises comme si cet endroit lui appartenait. Et repose ce globe où tu l’as trouvé avant qu’il ne finisse dans l’un de tes orifices. « Il se pourrait… Bien sûr, ce serait dans l’hypothèse où il ait réussi à trouver son chemin dans ce labyrinthe que tu appelles un manoir… Que le cobaye que je t’ai amené hier soit en train de courir à moitié nu dehors. Probablement en direction du centre-ville… Personnellement c’est là que j’irais si on m’avait drogué pour m’arracher à ma vie et que je m’étais réveillé dans un laboratoire sordide pratiquement nu et mal attaché. Ca ou je chercherais à rentrer chez moi… » Je bondis littéralement de ma chaise, scandalisé. « Tu as laissé le cobaye s’échapper ?! Dis-moi que c’est une blague ! » Cette fuite est une véritable catastrophe. Si l’homme trouve une oreille attentive et si mes expériences remontent jusqu’à mes collègues, je risque de me faire exclure de la communauté scientifique.

    « Tu me crieras dessus après… Allons récupérer ce Ceasg avant que quelqu’un ne prenne ses babillages fous au sérieux.
    - Comment ça a pu arriver ? Tu vois, je savais que je n’aurais pas dû te laisser te charger de l’anesthésiant. »

    Le Fir Darrig se dirige vers la sortie. Fouillant dans mes tiroirs, je prends sur moi le matériel dont je pourrais avoir besoin pendant notre chasse du Ceasg. Principalement, du curare, il serait trop dangereux de le ramener une deuxième fois au laboratoire. Je vais sûrement devoir dire adieu à ce sujet d’expérimentation. Ce n’est pas grave en soit, Edimbourg grouille de monstres et je trouverais bientôt de quoi remplacer cette perte.

    « Tout cela n’arriverait pas si, comme n’importe quel médecin tu pouvais te contenter d’un cadavre à étudier. » Pour seule réponse, un regard noir. Nous en avons déjà discuté et je ne suis pas d’humeur à reprendre ce débat avec lui. Puis, nous n’avons pas le temps. Il faut retrouver ce cobaye en fuite.

    « Ou que tu savais attacher correctement les sangles. J’espère que tu as tes drogues sur toi parce que je crois que ça va être sportif…
    - Dois-je te rappeler que j’étudiais la syndactylie et que c’était pour ça que les sangles aux mains n’étaient pas mises, mais il semblerait que tu sois un assistant incompétent et que tu ais oublié de les remettre une fois les expériences terminées. »

    Pour résumer, Teàrlach est responsable de cet incident. Si un jour, je trouve quelqu’un d’autre, je me ferai un plaisir de me débarrasser de lui. Ce n’est pas comme si des gens allaient le regretter. Peut-être Seaghdh sera-t-il triste, mais ce sera uniquement, car la fortune du Fir Darrig s’évanouira avec lui.


    ♦♦♦


    Les nuits sont froides à Edimbourg. Un frisson parcourt mon échine tandis que je ferme mon manteau de plus belle. Il ne manquait plus que la fraîcheur des rues pour ponctuer cette traque. J’ai l’impression d’être gelé, malgré les nombreuses couches de vêtements.

    « Je savais depuis le début que toute cette histoire était une mauvaise idée… On ne devrait pas être dehors à cette heure-ci… Ce n’est pas vraiment comme si les rues étaient les plus sûres d’Écosse.
    - Si tu crains pour ta vie, il ne fallait pas laisser le Ceasg s’échapper. »

    Je n’aime pas non plus traîner trop longtemps ici. Edimbourg n’est pas la ville réputée pour la sûreté de ses rues. Cependant, je n’irais pas jusqu’à dire que la peur m’accompagne. Seuls les enfants ont peur de ce qu’il se cache dans le noir. Certes, les disparitions sont fréquentes, mais je pense avoir une explication tout à fait rationnelle. Je ne dois pas être la seule personne dans cette ville à vouloir, comprendre et supprimer l’héritage monstrueux. Si ça se trouve, notre petit trafic d’êtres humains n’est pas le seul.

    Continuant d’avancer, je n’avais même pas remarqué que Teàrlach était distancé. Le Ceasg ne devrait pas être loin. De toute façon, il doit être encore un peu engourdi de l’anesthésie et ne pas avoir possession de tous ses moyens. C’est donc crucial de le retrouver au plus vite. Les pas du Fir Darrig me rejoignant claquent dans le silence des rues et son bras se posent autour de mes épaules. Je me fige, détestant l’attitude tactile de Teàrlach. Le pire ? C’est qu’il le sait.

    « En fait, on devrait sortir comme ça plus souvent. Si on n’avait pas un problème d’ordre majeur pouvant détruire nos réputations respectives sur les bras, je te proposerais bien d’aller boire quelques verres dans le bar le moins insalubre qu’on pourra trouver. Dommage qu’on soit en train de cavaler après quelqu’un. Il y a rien dans ton héritage qui pourrait nous faciliter le travail ? Je sais que certains Leamhnach sont capables de pister le sang… Tu sais faire un truc du genre ? » Il doit le faire exprès. Teàrlach sait que je refuse de me servir de mon héritage. Je ne suis pas assez désespéré pour arriver à de tels extrêmes. Je préfère encore laisser ce Ceasg nous échapper plutôt que d’utiliser mon héritage. De toute façon, il y a de fortes chances que personne ne croit le pauvre homme. Et même si j’acceptais ma part de monstre, je n’ai rien qui puisse nous aider à traquer le fuyard. Attrapant son bras, je me dégage de son étreinte. « Non, rien qui puisse nous aider et même si c’était le cas, je préfère l’autre méthode. » Hors de question de s’abaisser à ça.

    On continue d’avancer dans les rues, cherchant après leur cobaye. Dans sa fuite, il a forcément laissé des traces. « Soyons sérieux, est-ce qu’il y a la moindre chance que quelqu’un écoute un homme de la trentaine, presque nu et hurlant à qui le veut qu’il a été enlevé pour être un sujet d’expérience ? » Dis comme ça, à voix haute, c’est vrai que le tableau est plutôt risible. Mais je ris jaune.
    D’ailleurs, ce sont des éclats de voix qui ponctuent ma phrase. Le bruit semble provenir d’une des artères principales, ce qui me fait légèrement grincer des dents. La situation va être compliquée si on doit récupérer notre cobaye au milieu de passants interloqués. Toutefois, les passants ne devraient pas être trop nombreux, seuls des couche-tards et des filles de mauvaise vie.

    Lorsqu’on arrive, l’agitation avait déjà cessé. Les quelques conversations qu’on arrive à intercepter décrivent plus ou moins notre fuyard. On est sur la bonne voie. Du moins, je l’espère. Je jette un regard à Teàrlach avant de reposer mon attention sur un groupe de femmes discutant ensemble. « Toi qui es un Fir Darrig à la langue d’argent, ça ne te dirait pas d’aller demander à ces femmes si elles n’ont pas vu notre cobaye ? De mon côté, je vais voir dans les ruelles si je ne le trouve pas. Rejoins-moi dès que t’as fini. »
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    Re: Oops ?

    Message par Teàrlach Ó Ceallaigh le Lun 3 Juil - 15:15


    Oops ?
    Llewyn ξ Teàrlach

    « Non, rien qui puisse nous aider et même si c’était le cas, je préfère l’autre méthode. » Lourdement, je lève les yeux au ciel. Que cet homme pouvait être d’un ennui… L’un dans l’autre, je crois que je ne comprendrais jamais en quoi nos origines sont à ce point un problème pour lui. Oui, toute l’Écosse est très probablement touchée par ce phénomène mais… Et si ce n’était pas aussi dramatique que le chirurgien voulait bien le reconnaitre ? Sommes-nous réellement les monstres que certains voient en nous ? Personnellement, je me sens bien tel que je suis. Je suis curieux de savoir comment il est scientifiquement possible que nous soyons capable de toutes ces choses mais de là à vouloir repousser cet héritage comme le fait l’oilliphéist… Je trouve que c’est carrément se prendre la tête avec pas grand-chose. Après tout, on ne peut changer qui on est. On continue d’évoluer dans les rues sombres et tordues de Canongate, laissant nos regards fouiller l’obscurité. On aurait dû aller réveiller Màiri et lui demander de se joindre à nous… Même si elle n’aime pas du tout ce petit jeu auquel nous nous employons tous les deux, je sais qu’elle est capable de traquer le sang… Elle aurait pu nous faciliter grandement la tâche… Dommage que nous n’y aillons pas pensé. « Soyons sérieux, est-ce qu’il y a la moindre chance que quelqu’un écoute un homme de la trentaine, presque nu et hurlant à qui le veut qu’il a été enlevé pour être un sujet d’expérience ? » Je grimace alors que je l’entends rire. C’est ça le problème de ceux qui ne sont pas capable d’accepter ce qu’ils sont. Ils n’écoutent pas, ils ne s’instruisent pas. « Pour avoir grandi parmi une famille de Ceasg, je t’assure que certains peuvent se faire entendre quel que soit la situation. »  Je suis le médecin dans les ruelles, mon regard se baladant sur les façades, ma concentration s’effilant au fil du temps. J’observe une chauve-souris voler maladroitement dans les rues, sa silhouette sombre se dessinant sous l’éclat de la Lune. « Toi qui es un Fir Darrig à la langue d’argent, ça ne te dirait pas d’aller demander à ces femmes si elles n’ont pas vu notre cobaye ? De mon côté, je vais voir dans les ruelles si je ne le trouve pas. Rejoins-moi dès que t’as fini. » Je sursaute légèrement, arraché violemment à mes pensées. On n’a pas idée de surprendre les gens comme ça ! Puis, tout se remet dans l’ordre. Ah. Oui. Moi aussi je risque d’avoir des ennuis si on ne retrouve pas cet homme… C’est à peu près la seule chose qui m’anime alors que je m’avance vers le groupe de femmes… Visiblement de petite vertu si je me fie à leur tenues prétendues affriolantes.

    Il a bon dos, Llewyn… A nous traiter de monstre, d’abomination et que sais-je… Refuser d’utiliser ses dons en tout temps, pourquoi pas… Mais il me demande toujours avec une telle facilité d’utiliser les miens… Pourquoi continuellement chercher à repousser cet héritage alors qu’il en a visiblement besoin ? Ou, tout du moins, il lui trouve une utilité. J’arrive près du groupe de jeunes femmes. Collant un grand sourire sur mon visage, je fais l’une des choses que je sais le mieux faire ; mentir. Je joue l’ivresse, passant un bras autour des épaules d’une blonde alors que je fais mine de tituber. Je ne suis pas un très bon acteur mais s’il y a quelque chose que je connais, c’est l’ivresse. « Pardonnez-moi, mademoiselle… Je crois que j’ai trop bu pour ce soir. Je ne voulais pas vous déranger… Vous êtes ravissante, même en pleine nuit. » Un nouveau rire passe mes lèvres alors que je me détache de la blonde plantureuse. Je passe mon chemin avant de me retourner après quelques pas maladroits. « Excusez-moi, mesdames. Vous n’auriez pas vu mon ami par hasard ? On s’est perdu de vue à la sortie du Pas Chaloupé et j’ai peur qu’il ne crée des soucis en ville. Il fait ma taille, est brun, à l’air totalement perdu et il tient des propos incompréhensible. Il n’est pas improbable qu’il se soit aussi partiellement dévêtu. »

    Les femmes ont-elles aperçu leur homme ?:
    Succès Succès - « Nous avons effectivement vu un homme peut vêtu passer dans ces rues un peu avant vous. » Un gloussement général dans le groupe m’apprends que, effectivement, l’homme devait être pratiquement nu, ce qui colle à notre cobaye. « Il est parti vers le port je crois. » Je lance un grand sourire à la petite brune aux airs timides. « Merci beaucoup. J’espère qu’il ne va pas essayer d’aller nager, fin ivre comme il est, il arriverait juste à se noyer. Milles merci, mesdames ! » Et sans un mot en plus, je file vers les ruelles, à la recherche de Llewyn.

    Succès Échec / Échec Succès - Les jeunes femmes s’échangent des regards. Je pense qu’elles ont cru à ma fable mais qu’un homme ivre ne les met pas en confiance. Compréhensible au vu de la réputation de la ville pendant la nuit. « On a bien vu un homme qui correspond plus ou moins à votre description mais vous feriez mieux de rentrer chez vous. Au pire, vous le retrouverez demain en train de vomir dans un coin de la ville. De toute manière je serais incapable de dire vers où il se rendait… » Je gronde en réponse et je me détourne. Il n’y a visiblement rien à en tirer… Autant retourner directement chez Llewyn et voir s’il a eu plus de chance que moi.

    Échec Échec - Le groupe entier me regarde comme si un troisième œil venait de me pousser sur le front. Visiblement, elles sont embêtées et n’ont pas l’air d’avoir de réponse à me donner. Je soupire de lassitude. Au moins, cela valait le coup d’essayer.  « Ce n’est rien. Merci quand même. Une bonne fin de nuit à vous. » Et sans un mot de plus, je me détourne pour aller retrouver l’autre râleur qui doit sans doute être en train de bouder dans une ruelle.

    Je peine un peu à retrouver l’homme au visage fermé. « Je suis là, mon ami ! » Il n’aime pas quand je l’appelle ainsi. J’aime l’ennuyer. Donc je l’appelle comme cela. Logique. « Je n’ai rien pu en tirer. Elles l’ont vu mais n’ont pas pu me dire où il était partit. On ferait mieux de s’assoir deux minutes pour réfléchir à qui on est en train de chercher et quel aurait pu être son mode de réflexion. » Malgré que je sois plus jeune que lui, je ne résiste pas à la tentation de passer une main dans ses cheveux pour les ébouriffer comme je le ferais avec un gamin. « Et il faut que tu arrêtes de bouder nos héritages pour ensuite me demander de m’en servir comme si tu me demandais de te passer le thé. Tu te fais du mal pour rien. Et après c’est moi qui ne suit pas logique ici. » Je me recule d’un pas, un léger sourire narquois aux lèvres. Je suis décidément incapable de travailler en équipe sans volontairement saboter le tout. Mais c’est plus fort que moi… J’aime voir le dragon s’énerver, mordre aux hameçons que je lui tends. « On sait qu’on cherche un Ceasg hautement hybridé qui était dans ton labo depuis plusieurs jours maintenant. Je ne suis pas un expert en la matière mais je pense que jeter un coup d’œil à la côte la plus proche pourrait ne pas être une si grosse perte de temps. Tu en dis quoi ? »

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    Re: Oops ?

    Message par Ceann-Uidhe le Lun 3 Juil - 15:15

    Le membre 'Teàrlach Ó Ceallaigh' a effectué l'action suivante : Le Destin


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    Re: Oops ?

    Message par Llewyn MacGobhainn le Lun 3 Juil - 17:01




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    C’est plus facile. Bien plus facile de demander à Teàrlach d’utiliser ses dons plutôt que de le faire lui-même. L’Oilliphéist ne peut accepter cette part de lui, pourtant si dangereusement présente. Il refuse de se servir de cet héritage. Ce monstre, ce n’est pas lui. Lui, il est humain, chirurgien, philanthrope. Certainement pas cette espèce d’abomination cannibale. Se dirigeant vers les ruelles adjacentes, il se glisse telle une ombre entre les rares passants. Il doit absolument retrouver ce Ceasg, c’est sa réputation qui est en jeu. Il fouille minutieusement deux ou trois ruelles, toutes vides. Le cobaye n’est pas là. Llewyn aurait du s’en douter, le Ceasg doit être encore trop effrayé pour penser à trouver une cachette pour la nuit. L’Oilliphéist soupire et se frotte les yeux. Si seulement il était possible de le suivre à la trace, les choses seraient beaucoup plus simples. La seule chose de certaine, c’est qu’il est blessé au niveau des mains et des avant-bras et qu’il n’est pas retourné à l’eau depuis quelques jours. Serait-il suffisamment stupide pour y retourner maintenant ? Dans l’urgence et porté par la peur, tout est possible.

    « Je suis là, mon ami ! » Llewyn grince des dents. « Surveille tes ardeurs. » Le caractère du Fir Darrig lui hérisse le poil. Cet homme est-il incapable de se tenir ? On dirait un enfant. « Je n’ai rien pu en tirer. Elles l’ont vu, mais n’ont pas pu me dire où il était parti. On ferait mieux de s’asseoir deux minutes pour réfléchir à qui on est en train de chercher et quel aurait pu être son mode de réflexion. » Il chasse d’un mouvement sec la main ébouriffant ses cheveux et remet en place son tricorne. Non sans un regard assassin à l’intention de Teàrlach, il continue ses recherches dans la ruelle. Peut-être que le Ceasg est passé par ici et a laissé des traces ? « Et il faut que tu arrêtes de bouder nos héritages pour ensuite me demander de m’en servir comme si tu me demandais de te passer le thé. Tu te fais du mal pour rien. Et après, c’est moi qui ne suis pas logique ici. » Le chirurgien prend une grande inspiration. Il voit très bien ce que Teàrlach essaye de faire. Il essaye de le faire sortir de ses gonds, mais Llewyn sait intérioriser. Le Fir Darrig le paiera plus tard. Pour le moment, la priorité est de retrouver le Ceasg. L’Oilliphéist n’a pas d’énergie à perdre dans une guérilla inutile. « Si tu te complais dans ta condition de monstre, grand bien t’en fasse. » Le ton du chirurgien est cassant, acéré, trahissant son énervement. Cette discussion, ils l’ont déjà eu des centaines de fois et Llewyn est catégorique. Plus jamais. Plus jamais il ne ferait appel à sa condition monstrueuse. De toute façon, les plantes qu’il a prises tout à l’heure font encore effet et c’est un soulagement d’être encore capable pour quelque temps de refouler cet héritage.

    « On sait qu’on cherche un Ceasg hautement hybridé qui était dans ton labo depuis plusieurs jours maintenant. Je ne suis pas un expert en la matière, mais je pense que jeter un coup d’œil à la côte la plus proche pourrait ne pas être une si grosse perte de temps. Tu en dis quoi ? » Le chirurgien finit de vérifier la ruelle. Comme prévue, celle-ci est vide et il n’y a aucune trace. Pour une fois, Llewyn est prêt à suivre la proposition du Fir Darrig. Son raisonnement tient tout à fait la route et il est fort probable que le Ceasg, en panique, se soit dirigé vers le seul endroit où il se sentirait en sécurité, la mer. Ce serait extrêmement stupide de sa part, car c’est exactement le raisonnement qu’auraient les poursuivants, mais ce Ceasg n’était pas une lumière. « J’en dis qu’on peut aller vérifier. »

    Les deux hommes ressortent de la ruelle. Llewyn risque un regard vers le centre-ville, rien d’anormal, avant de prendre la direction de la côte. Il n’est pas à l’aise à l’idée de se rendre là-bas, ayant une peur bleue des grands espaces. Se retrouver perdu au bord de la mer, c’était trop pour l’Oilliphéist. Gardant son air fermé, c’est presque à reculons que ses pas le guident à travers la ville. Lorsqu’ils arrivent à la côte la plus proche, c’est une véritable sensation de malaise et de peur qui s’empare du chirurgien. Cet espace, totalement vide lui donne la chair de poule et il a l’impression que son cœur va exploser.
    Llewyn s’arrête quelques instants, les mains tremblantes et le souffle court. Il fait signe à Teàrlach de ne pas l’attendre et de commencer les recherches. Le chirurgien a besoin de longues minutes pour se reprendre, faisant preuve d’une extrême volonté pour ne serait-ce que suivre les pas du Fir Darrig. Cet état de faiblesse le met en rage, terrifié de ne pas être capable de contrôler ce qui lui arrive. « Est-ce… Est-ce que t’as trouvé quelque chose ? » Pas de réponse. Étonnant de la part de Teàrlach. Peut-être n’avait-il pas parlé assez fort, sa voix n’étant plus qu’un souffle alors qu’il bataillait pour ne pas s’enfuir en courant ? « Teàrlach ? Tu l’as trouvé ? » L’Oilliphéist peste avant de prendre une grande inspiration et de se redresser, balayant rapidement la côte du regard à la recherche de la silhouette familière. Il aperçoit le Fir Darrig à une dizaine de mètres, lui faisant signe d’approcher. Nouvelle flopée d’insultes à l’intention de l’homme. Toujours au bord de la crise de panique, le chirurgien s’approche doucement. Llewyn a l’impression d’être sur une corde raide, prêt à tomber au moindre coup de vent. « J’espère pour toi que t’as trouvé quelque chose qui valait le coup. » L’Oilliphéist se veut menaçant, mais sa voix peu assurée contraste avec ses intentions. Cependant, être rude avec le Fir Darrig lui donne l'impression d'avoir encore le contrôle sur la situation. C'est un schéma connu et donc, rassurant.

    EST-CE QU'IL Y A UNE TRACE DU CEASG ?:
    Succès/Succès : Teàrlach pointe du doigt des traces de pas, encore fraîches sortant de la mer se dirige vers une petite cabane sur la côte.

    Succès/Échec ou Échec/Succès : Sur le sable, les hommes reconnaissent un morceau des palmes du Ceasg.

    Échec/Échec : Avec la pénombre, ce qu’ils pensaient être des traces de pas étaient en fait des traces de pattes. Un chien a dû venir sur ces côtes, mais pas la moindre trace du cobaye.
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    Re: Oops ?

    Message par Ceann-Uidhe le Lun 3 Juil - 17:01

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    Re: Oops ?

    Message par Teàrlach Ó Ceallaigh le Lun 10 Juil - 23:53


    Oops ?
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    « J’en dis qu’on peut aller vérifier. » Le sourire du rouquin grandit encore face à cette remarque. Ces petits moments de victoire, il les conserve prêt de son cœur. Précieux de par leur rareté, il aime prouver à cet homme qu’ils peuvent être du même avis. A vrai dire, il s’est quelque part mit en devoir de prouver à l’homme qui a accepté de le loger sous conditions qu’ils peuvent tomber d’accords sur certains points. Oh, il n’est pas idiot. Il le sait que jamais ils ne tomberont d’accord d’un point de vue scientifique. Llewyn est de ces têtes de mules que l’on ne peut convaincre à coup d’arguments… Tout comme Teàrlach. Seulement, le Fir Darrig se fait une obsession de voir l’homme reconnaitre qu’il ne peut pas avoir tort sur tout. Il se refuse à devenir un petit chien léchant le cul de son ainé jusqu’à obtenir son approbation. Ce n’est pas son style, ce n’est pas son genre. Il s’est toujours vu comme un esprit libre, un incompris. S’imposer a toujours été sa manière à lui de s’assurer de ne pas être laissé pour compte. Et bien qu’il se refuse très clairement à vouloir l’admettre, Teàrlach a pour Llewyn cette sorte de fascination glauque que l’on a pour les prédateurs. Inconscient et imprudent, il n’a jamais été capable de se contenter de l’observer de loin. Il s’est senti obligé de rentrer dans la cage, espérant sans doute vainement de ne pas finir comme tous ces repas qu’il peut lui apporter. Voyant que la bête tolérait sa présence, depuis, il ne peut s’empêcher de la taquiner d’un bout de bois, de chercher le moment où il atteindra la limite de cet homme, où le fauve en lui lui donnera le coup de patte de trop, le moment où on le lui dira clairement ; ‘Teàrlach, tu as été trop loin’ . Et alors, il payera sa curiosité maladive et sa fascination pour ce prédateur.

    Et les voilà, tous les deux… Proie en sursit et prédateurs en bordure de mer. L’air salin remplit les poumons du plus jeune. Teàrlach aime la mer. D’aussi loin qu’il se souvienne, il l’a toujours aimée. Calme, apaisante, ouverte. Il aime perdre son regard dans son horizon, profiter du vent qui secoue ses cheveux et claque ses joues, les rougissants sous leurs froids assauts. Le rouquin ne pouvait qu’aimer ce genre de grands espaces. Ici, les gens ne lui semblaient plus aussi intimidants, plus aussi oppressants. Il pouvait tolérer la présence de plus de monde avant que cela ne lui devienne insupportable. Après un geste de l’ainée du duo, il se met en route. Son regard se décroche de la marée en train de se retirer doucement pour parcourir la plage. Il cherche à l’horizon mais, surtout, au niveau du sol. Il n’est pas un pisteur. Oh, que non. Son truc à lui, c’est de rester dans un bureau et de donner des ordres. Il est rare qu’il se salisse lui-même les mains et la chasse n’a jamais été un passe-temps qu’il appréciait. Cela lui rappelle trop le sale boulot qu’il doit faire pour le compte de Llewyn. Les premières proies avaient été les plus pénibles. Maintenant, cela ne touche plus qu’à la formalité mais ça ne l’enchante pas pour autant. Ses yeux se plissent. Cette plage lui semble être la source du chaos. Impossible d’identifier quoi que ce soit d’autre que des vagues de sables. Le vent qui souffle sur la plage n’est pas non plus pour aider, chassant les traces trop vieilles. Mais là, il pense avoir trouvé un truc. Contre toute attente, ce petit truc qu’il fixe semble légèrement différent de ce qu’il a pu voir jusqu’à présent sur cette plage.

    « Est-ce… Est-ce que t’as trouvé quelque chose ? » La voix mal assurée pourrait le faire sourire… S’il n’était aussi concentré en ce moment. Mais cette intonation dans la voix de son beau-frère, il ne la connait que trop bien. Sa propre voix prends des inflexions similaires lorsqu’il se retrouve en présence de trop de monde. Foule oppressante, regards curieux, babillages incessants, les foules l’angoisse, lui donne la sensation qu’il finira par s’y perdre, par y perdre son éclat, sa couleur, son individualité. Il n’était jamais venu sur la plage avec Llewyn. Quelque part, dans un coin de son cerveau, il note l’information, jugeant qu’ils auront tout le temps du monde pour en parler quand le cobaye sera de retour dans le labo… Qu’il soit mort ou vif d’ailleurs… « Teàrlach ? Tu l’as trouvé ? » Un rappel à l’ordre. Teàrlach relève la tête en sursautant légèrement, arraché à ses pensées. D’habitude, il n’est pas du genre distrait… Volontairement évaporé, oui… Distrait, non. D’un mouvement de main, il lui fait signe d’approcher. Il n’est pas expert mais cela lui semble bien être des traces d’une course paniquée qui se dessine sur le sable froid de cette nuit. Les insultes volent, doux florilège aux oreilles du Fir Darrig. Qu’il aime être la source de la rage de son comparse. Tâter le tigre de son bâton malgré ses grognements et mise en garde a toujours eu une saveur particulière aux yeux de l’homme. « J’espère pour toi que t’as trouvé quelque chose qui valait le coup. » Le doigt du rouquin se dresse vers les traces marquant leur chemin sur la plage. Son regard, quant à lui, se pose sur le chirurgien, le critiquant du regard, un sourcil levé. Vraiment ? « Merci Teàrlach d’avoir trouvé une piste alors que j’étais trop occupé à me répandre dans mon pantalon que pour être utile. Ça serait bien si tu pouvais t’investir un peu aussi dans cette traque. Je rappelle que cette histoire de kidnapping et de labo, c’est ton truc, pas le mien. » La pic vole dans l’air salin du bord de mer. Légère comme l’air, elle est accompagnée d’un sourire et un clin d’œil. Jamais Teàrlach n’aurait osé se montrer volontairement agressif avec l’homme. Ce n’était pas là sa marque de fabrique. Et puis, Llewyn le payerait pour cette histoire de sortie nocturne en se faisant réveiller de bonne heure au son de la cornemuse, demain matin. Rien ne sert de s’énerver aujourd’hui alors que l’on peut avoir vengeance demain.

    Sans un mot de plus, il se met en marche, remontant la piste. Un long frisson court le long de son dos. Il fait nuit. Maintenant qu’ils se sont écartés des rues de la ville où il était possible de capter la lumière d’un bar ou d’un foyer, discerner les couleurs devient difficile. Ses gants rouges glissent sous ses yeux. L’air que rien, il les approche, essayant de dissiper son malaise. De la lumière. Il va bientôt avoir besoin de lumière. Il se mord les lèvres, sentant son esprit s’embrouiller doucement sous l’appel de cette couleur si particulière… Si belle… Si profonde. Le rouge, douce couleur obsédante. Ses flots carmins aux mille teintes sont autant de merveilles à découvrir, à trier, à observer. Douce couleur que celle-là. Riche et ambiguë, elle l’obsède. Est-elle sensuelle ? Est-elle représentative de la colère ? Le danger ? Le courage ? L’interdit ? L’ardeur ? Elle est puissante, elle pulse sous ses tempes. Il a besoin de la voir, il le sent. Cela grandit en lui. L’ode lyrique de cette teinte grandit dans son esprit, le gagne. Il finit par s’arrêter au milieu de tout. Il lui faut quelques instants pour se reprendre. Au prix d’un effort, il parvient à repousser l’appel obsédant. Il reprend sa marche, un peu plus nerveux. Et finalement, ils finissent par le trouver… Une petite cabane en bois qui doit servir de remise pour quelques pêcheurs, pour ce que Teàrlach en sait… Quoi qu’il en soit, de la lumière s’échappe de la petite cabane en bois. Ainsi, le Fir Darrig de réfléchit pas. Il n’y voit plus que la possibilité d’y assouvir ce besoin si pressant et se précipite. Il court, chassant le sable sous ses semelles, s’inquiétant bien peu d’ensabler légèrement son comparse au passage. Il n’y a que la lumière qui importe. Il ouvre d’emblée la porte sans se rendre compte de la chaine forcée qui git à même le sable. Il referme la porte derrière lui d’un geste instinctif avant de s’y adosser. Ses mains passent devant ses yeux et enfin, il la voit. Cette douce et puissante couleur. Cette contradiction née qu’il n’arrive pas à dénouer. Comment peut-elle être autant et son contraire ? Comment peut-elle être la colère et l’amour ? Comment peut-elle être le tartan et l’uniforme Jacobite ? Un léger rire menace de sortir de ses lèvres. La seule raison qui l’en empêche, c’est ce couteau qu’il n’esquive que de justesse, se plantant maintenant dans le bois de la porte. Il semblerait qu’ils aient trouvé leur ceasg. Ses mains se lèvent en signe d’appaisement alors qu’il se campe sur ses jambes, essayant de prévoir le prochain mouvement de l’homme. « Llewyn… ? Si tu veux aider, c’est maintenant ! »

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    Re: Oops ?

    Message par Llewyn MacGobhainn le Mer 12 Juil - 1:45




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    « Merci Teàrlach d’avoir trouvé une piste alors que j’étais trop occupé à me répandre dans mon pantalon que pour être utile. Ça serait bien si tu pouvais t’investir un peu aussi dans cette traque. Je rappelle que cette histoire de kidnapping et de labo, c’est ton truc, pas le mien. » L’Oilliphéist coule un regard à son comparse et esquisse un sourire narquois. « N’essaye pas de te défiler, tu es aussi responsable que moi dans cette affaire. » Et si jamais il tombe, il s’assurera que le Fir Darrig ne s’en sorte pas non plus. « Et puis, je ne voudrais pas empiéter sur tes plates-bandes. La traque et le kidnapping, c’est bien ce qui te permet d’avoir un toit au-dessus de la tête, non ? » Màiri ne le protégera pas bien longtemps. Sitôt un remède trouvé et la suppression définitive de son héritage, le chirurgien se fera un plaisir de se débarrasser de son encombrant partenaire. Depuis le temps que Llewyn se retient de ne pas injecter de curare dans les veines de Teàrlach, il est grand temps que sa patience finisse par porter ses fruits. Non seulement pour ne plus avoir cet excentrique dans les pattes, mais également pour la santé mentale et physique du chirurgien. La mort de son fils a terminé de déséquilibrer l’Oilliphéist. Comment vivre en sachant que le monstre se terrant dans ses entrailles à tuer la seule personne ayant trouvé grâce à ses yeux ? La seule personne à laquelle il tenait est décédée, par sa faute, sans qu’il ne puisse rien y faire. L’abomination en lui a déjoué la science et convoqué la gangrène. Ce n’est pas une chose que le chirurgien peut accepter, tout son être s’y refuse.

    Llewyn, toujours tremblant et au bord de la crise de panique, se remet lentement en marche. Il ne prête aucune attention à Teàrlach, se concentrant sur sa propre respiration. Il ne doit pas céder à la peur ni laisser s’infiltrer dans son esprit les pensées et les angoisses de l’Oilliphéist. Le chirurgien cherche à reprendre le contrôle, il en a besoin, c’est viscéral. Sans contrôle, on laisse place à la superstition, à la bêtise, à la paranoïa et au hasard. Tout ce que Llewyn a toujours repoussé. Il n’y a pas de hasard et la superstition est la science des imbéciles et des incultes.

    Il entend les pas pressés du Fir Darrig le dépasser tandis qu’il relève la tête, le regard attiré par une cabane en bois éclairée et visiblement occupée. Cette vision soulage l’Oilliphéist qui sent un poids s’enlever de ses épaules. Il va pouvoir quitter cet espace vide et retrouver le confort d’un espace confiné. À cet instant, son bureau privé lui manque plus que tout. En particulier la chaleur rassurante de la cheminée. Cette absence se fait sentir un peu plus lorsqu’un vent nocturne souffle sur le corps du poïkilotherme. Pris de frissons, il n’a pas le temps d’interpeller Teàrlach qui file à toute allure vers la cabane de pêcheur. Refermant son manteau, il s’élance à sa suite. A-t-il perdu la tête ? Il ne sait donc pas se faire discret ? Le Ceasg n’est peut-être pas un homme intelligent, mais il va l’entendre arriver et se préparer en conséquence. C’est lorsque le Fir Darrig pénètre sans aucune discrétion à l’intérieur de la cabane que l’Oilliphéist se dit qu’il a complètement perdu la tête. Étonnant qu’il soit encore en vie avec un comportement pareil ! Son regard se pose sur un objet brillant au sol. Une chaîne en métal, visiblement forcée. Pas de doute, le cobaye est là.

    Llewyn sursaute lorsque le bois de la porte craque violemment sous les assauts de ce qui pourrait être un couteau. La peur de sentir l’odeur du sang et de voir surgir ses pulsions cannibales le prend aux tripes l’espace d’un instant. Il se détend légèrement lorsqu’il entend la voix pressante de son beau-frère. « Llewyn… ? Si tu veux aider, c’est maintenant ! » Le chirurgien glisse une main dans son manteau et en sort une seringue de curare. Le Ceasg ne sortira pas d’ici vivant. Ils ne peuvent pas le ramener au laboratoire et ils ne peuvent pas non plus le laisser leur filer entre les doigts. La mort est la seule solution viable pour les deux comparses. La réputation de l’Oilliphéist est en jeu et est bien plus importante que la vie de son cobaye ou celle de Teàrlach.

    La porte tremble, le Ceasg semble avoir retiré le couteau d’entre les fibres vermoulues du bois. La main sur la poignée, le chirurgien tente d’écouter ce qu’il se passe à l’intérieur. Llewyn veut attendre le meilleur moment pour être certain de ne pas rater son coup et tant pis pour le Fir Darrig, il va devoir se débrouiller seul et faire diversion. Lentement, il tourne la poignée. Il se glisse à l’intérieur de la cabane avec une discrétion surnaturelle, inconscient que l’effet des plantes inhibitrices se soit dissipé. Pour l’instant, son attention est focalisée sur son cobaye.
    Un coup d’œil à ses mains et avant-bras lui apprend qu’il est bel et bien leur cible. L’homme semble paniqué et perdu. Parfait. C’est lorsqu’ils sont psychologiquement instables que c’est le plus facile à amadouer. Llewyn a toujours trouvé cela amusant, de croire qu’un assaillant allait laisser sa proie lui filer tranquillement entre les doigts par pure bonté d’âme. Il lance un regard au Fir Darrig, lui intimant de se taire et de continuer de monopoliser l’attention du Ceasg. Et ça marche. Se glissant telle une ombre derrière lui, l’Oilliphéist se prépare à planter la seringue de curare, une étincelle de sadisme dans le regard. C’est ici que se termine cette traque. Soudainement, il empoigne d’une main les cheveux de sa proie et fait pencher sa tête sur le côté tandis que de l’autre, l’aiguille pénètre dans la peau et le liquide mortel se mélange au sang de la victime. Ceci n’a duré qu’une fraction de secondes et le Ceasg s’effondre au sol. Satisfait, Llewyn range la seringue dans son manteau. Il serait dommage de laisser des traces derrière eux, en dehors du cadavre de leur ex-cobaye.


    Est-ce le Ceasg se relève tout de suite ?:
    Succès : Le Ceasg, pris de panique, se relève immédiatement et ne sait pas où donner de la tête. Ayant ramassé son couteau, il se jette sur la première personne qu’il voit. Les mouvements effrayés et désordonnés du cobaye permettent aux deux hommes de ne pas être pris par surprise par l'attaque.

    Échec : Le Ceasg attend légèrement que l’attention des deux hommes ne soit plus portée sur sa carcasse. Ramassant son couteau, il se relève lorsqu’ils lui tournent le dos et se jette sur la personne la plus proche.
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    Re: Oops ?

    Message par Ceann-Uidhe le Mer 12 Juil - 1:45

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    Re: Oops ?

    Message par Teàrlach Ó Ceallaigh le Mar 8 Aoû - 0:57


    Oops ?
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    C’est le véritable duel du pauvre qui prend place dans la cabane. L’homme acculé arrache l’arme du bois, faisant jurer le fir darrig en silence. Vraiment ? Il allait devoir se battre comme un chiffonnier ? Lui ? Teàrlach Ó Ceallaigh ? Celui qui est à la tête d’une distillerie, se battre comme un chien dans une cabane, loin des yeux de tous ? Soit. Il n’a jamais rien eu contre un bon défi. Et, l’acte semble tellement dégradant et hors propos pour quelqu’un de son rang qu’il brûle de se perdre dans l’action. Instinctivement, il se positionne comme à l’escrime, bien qu’il n’aie aucune arme pour se défendre. Là n’est pas son propos. Malgré la peur, l’adrénaline lui coule dans les veines, faisant passer le combat pour un jeu aux yeux du rouquin. Le cobaye se fend d’un estoc en avant, engageant un combat rapproché. Comme il le peut, Teàrlach lutte. Mais là n’est pas son domaine et il ne peut retenir un couinement douloureux alors qu’il se fait planter le lard. La lame ne pénètre pas profondément, juste assez pour faire saigner. Une main sur son flanc blessé, c’est là que le fir darrig se rend compte que ce n’est peut-être pas un jeu pour tout le monde. Une chance pour lui, c’est là que son beau-frère décide d’agir. Il se saisit du cobaye et lui plante une aiguille dans le cou. L’homme s’effondre, laissant Llewyn à peine décoiffé par l’affrontement et Teàrlach haletant et blessé. Une main sur son flanc, il essaye de se rassembler, offrant même un sourire au chirurgien. Le souffle court, le sang coulant le long de son flanc, il essaye malgré tout de faire le fier. « Tadaaaa… » Souffle-t-il avec une légère grimace crispée dans son sourire. Son sourire se fige quand il voit, trop tard, la silhouette derrière son beau-frère. « Atten… ! » Le mot meurt sur ses lèvres alors que l’attaque frappe. Il se saisit d’une planche en bois appuyée contre un mur et s’élance, frappant le cobaye en pleine tête. Mais, trop tard. Le sang est déjà versé de l’autre côté aussi. L’homme s’effondre une deuxième fois, sonné par le coup. « Je croyais que ça devait le tuer pour de bon, ta seringue chimique. Ça va ? Il ne t’a pas trop salement amoché ? » Il repousse le corps d’un mouvement dédaigneux du pied. Il se penche pour regarder la blessure de son beau-frère. Lentement, son regard tombe sur le sol, observant la lame ensanglanté qui y traine. Et, pour une fois, ce n’est pas le rouge sombre qui captive son regard, non. Et si… Et s’il égorgeait Llewyn ? S’il le laissait juste là, aussi nu que son comparse, simulant une aventure homosexuelle ayant mal tournée ? Ça serait parfait. Màiri serait libre de cet époux dont elle ne veut pas. A titre de veuve, elle hériterait de la fortune MacGobhainn. Ils garderaient le manoir. Ils videraient le laboratoire et le condamneront… Ou alors ils en feront une cave à whisky... Pour des compositions personnelles… L’idée est belle. Il se penche et ramasse l’arme, la tenant au cœur de sa paume, se relevant, observant l’homme déjà blessé, hésitant à le finir. Finalement, c’est un grand sourire qui monte à ses lèvres alors qu’il se ravit. Non, aussi déplaisant cet accord soit-il, il a besoin des études du chirurgien pour comprendre, pour lui prouver qu’il a raison et qu’il a tort. Et si jamais cela n’aboutit pas ou pas assez vite, il sera toujours temps d’en finir plus tard. Les accidents, cela arrive tous les jours. N’est-ce pas ? C’est donc avec un léger sourire fiévreux qu’il se penche sur le corps et ouvre la gorge de l’homme, plus ou moins là où le cannibale a piqué. Un borborygme lui répond et il se redresse en abandonnant la lame non loin de la main de la victime. « On fera mieux de rentrer maintenant. Avant que nos blessures ne deviennent trop graves… »

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    Re: Oops ?

    Message par Llewyn MacGobhainn le Dim 10 Sep - 0:43




    Teàrlach & Llewyn
    Oops ?




    « Tadaaaa… » Respiration lente et les yeux rivés sur la tâche carmin, l’Oilliphéist s’agite. Il gronde, tente de refaire surface, excité par l’odeur alléchante du sang versé. Son estomac grogne, réclame chair humaine. La conscience du chirurgien s’évapore au profit des pulsions anthropophages lui gangrenant l’esprit. Elle remonte à trop longtemps, cette dernière tasse de thé. Secoué par son abomination, il n’est pas certain de pouvoir refréner ses instincts. Le monstre a faim. Vaines tentatives de contrôle balayées d’un revers de la main. Llewyn est faible, incapable de lutter contre sa nature profonde. Il essaye pourtant, de toutes ses forces. Non pas pour la vie de son beau-frère, mais pour la sienne. Il subit, victime de ses déviances. Teàrlach ne sera plus qu’un énième cadavre sur la conscience de l’Oilliphéist. Il a un éclair de lucidité : qui sustentera ses démons s’il ne peut épargner le Fir Darrig ? S’il meurt, ses recherches prendront tellement de retard qu’il ne sera plus possible de le rattraper. Il a besoin de résultats, maintenant. Il veut des réponses, un miracle, une solution définitive. Non, pas de miracle. Llewyn refuse l’idée même de miracle. N’est un miracle que ce que l’idiot est incapable d’expliquer. Le chirurgien veut savoir, pas supposer. Les effluves de l’hémoglobine le caressent délicatement, alimentant son esprit malade d’images morbides, mais terriblement appétissantes.

    Son estomac grogne de nouveau. L’Oilliphéist n’en peut plus. Tenu à l’écart si longtemps qu’il saute sur la moindre occasion pour exister en dehors de la cage que s’est appliqué à construire le chirurgien. Refoulement perpétuel prenant fin à la moindre éclaboussure téméraire. Il trépigne. Ses mains tremblent. Avec la force qui l’habite, il pourrait d’un seul coup de dent déchirer la gorge du Fir Darrig. Il se noierait dans son sang, incapable de crier. Il achèverait ses souffrances rapidement et se délecterait de cette proie offerte. Il se ferait un tel plaisir de tailler en pièces l’opportun, l’insolent ! Il serait soupçonné, sûrement accusé par les Leamhnach, mais rien qu’une certaine somme d’argent ne puisse régler. Quant aux problèmes des cobayes, Llewyn trouverait facilement une alternative. Chirurgien renommé et professeur respecté, il a l’embarras du choix. Il ne peut plus résister. Dans un soupir, le chirurgien abandonne le combat avec le monstre, cédant à ses plus noirs caprices.

    « Atten… ! » Poussée d’adrénaline suivi par une douleur fulgurante à l’épaule. Un grognement guttural s’échappe du chirurgien. Ses doigts se tapissent de vermeil, écartant pour quelques secondes la faim de son esprit. « Je croyais que ça devait le tuer pour de bon, ta seringue chimique. Ça va ? Il ne t’a pas trop salement amoché ? » Il a eu peur, Llewyn. Peur pour sa vie. Sans l’intervention de Teàrlach, il ne serait déjà plus qu’un mauvais souvenir. Le peu de sang versé n’est rien comparé à ce qui aurait pu l’attendre s’il avait été seul. La paranoïa s’infiltre lentement, étourdit ses sens et son jugement. Le Fir Darrig semble s’inquiéter, mais ce n’est peut-être qu’une façade, un jeu. Tout n’est qu’un jeu. Une tentative pour l’amadouer ? Lui faire baisser sa garde ? Le poignarder dans le dos lorsqu’il ne regardera pas ? Le chirurgien reste muet, dévisage sans vergogne son beau-frère. Il a toutes les raisons du monde de se débarrasser de lui. Màiri hériterait de sa fortune, son manoir serait aux mains des Leamhnach et Seaghdh n’aurait plus à s’inquiéter pour son fétiche. Ses recherches. Ils saboteraient ses recherches. Des années de dur labeur, le travail de toute une vie. Partie en fumée. C’est hors de question. Les yeux rivés sur le poignard, les muscles de l’Oilliphéist se tendent, roulent sous sa peau. Déjà, l’essence monstrueuse coule dans ses veines, enivrante. S’il doit se battre pour sa vie ce soir, il laissera ses pulsions prendre le contrôle. Instinct de survie prenant le pas sur la raison, il aura tout le temps plus tard pour se morfondre de ses actes.

    Il ramasse l’arme et hésite. Il le savait. Il veut en finir avec lui. Le chirurgien recule lentement d’un pas. Une sensation étrange s’empare de lui. Il aurait pu reconnaître cette sensation de puissance, signe annonciateur d’une manipulation non-naturelle des éléments. Pour l’instant, il n’en est encore rien. Le vent n’est qu’un murmure, menaçant pourtant de prendre de l’ampleur à la première occasion. Le Fir Darrig se dirige vers le cadavre et lui ouvre la gorge, sous le regard quelque peu désarmé de Llewyn. Se serait-il mépris sur les intentions de Teàrlach ou a-t-il abandonné ses desseins à la dernière seconde ? Cette nouvelle effusion de sang réveille avec véhémence la faim de l’Oilliphéist. Le dragon réclame à corps et à cri la chair de l’innocent. « On fera mieux de rentrer maintenant. Avant que nos blessures ne deviennent trop graves… » Une idée germe dans l’esprit du chirurgien. Il réfléchit, avant de répondre. « Laisse-moi deux minutes. » Il ramasse la lame avant de s’accroupir devant le cadavre du Ceasg. Il observe quelques secondes le sang couler abondamment de la plaie ouverte, savourant avec délice le son offert par le supplice de sa victime. Si Llewyn n’est que peu enthousiaste par un tel spectacle, l’Oilliphéist est quant à lui plus que ravi. D’un geste expert, il attrape la langue du Ceasg et la coupe d’un coup sec. Il repose la lame près de la main de la victime et déguste ce met de premier choix. En quelques bouchées, il ne reste plus rien. Pulsions satisfaites, elles s’évaporent rapidement. De nouveau maître de lui-même, Llewyn se retourne vers Teàrlach. Dégoûté par ses propres actions, le chirurgien ne laisse pourtant rien paraître, offrant un visage froid et taciturne à son beau-frère. Refermant son manteau, il passe devant le Fir Darrig et quitte enfin la cabane. Il frissonne sous les assauts du vent marin. La plage le rend mal à l’aise. La panique s’empare légèrement de lui alors qu’il avance d’un pas décidé vers son manoir. Il essaye d’avancer le plus rapidement possible, impatient de retrouver la chaleur rassurante et le silence reposant de son bureau.

    Llewyn pousse la porte d’entrée et soupire de soulagement. Enfin chez lui, enfin en sécurité. Il jette un rapide coup d’œil à la blessure du Fir Darrig. C’est sur son ton frôlant le dédain qu’il lui indique de le suivre. « Dans le laboratoire. Tout de suite. » Rassasié, il peut approcher la blessure de Teàrlach sans risquer la vie de celui-ci. Il a besoin de point de suture. Llewyn aussi en aurait besoin, mais il s’occupera de ses propres plaies une fois qu’il n’aura plus son beau-frère dans les pattes. A cette heure-ci, toute la maisonnée dort. Pas une âme qui vive alors que le chirurgien traverse les salles somptueusement décorées pour rejoindre son laboratoire.

    Méticuleusement, le chirurgien prépare ses outils. Ordonné et méthodique, c’est tout ce qui lui reste pour l’instant. Tant qu’il est concentré sur sa tâche, les haut-le-coeurs ne menacent pas de lui faire perdre son temps. Finissant sa tâche, son injonction claque dans l’air et brise le silence. « Enlève le haut de tes vêtements. »
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    Re: Oops ?

    Message par Teàrlach Ó Ceallaigh le Ven 22 Sep - 23:28


    Oops ?
    Llewyn ξ Teàrlach

    « Laisse-moi deux minutes. » La main sur le flanc, il grimace en seul protestation. C’est qu’aussi agréable cela puisse être de voir la tache rouge s’étendre sur ses vêtements, il ne voudrait pas se vider de son sang ailleurs que chez lui. Quoi que, pour l’amour de la blague, il se laisserait bien tomber d’épuisement en ville. Juste pour voir la tête de son beau-frère lorsqu’il n’aura d’autre choix que de le trainer de force chez lui alors que lui-même est blessé. Oui, cela semble être une farce assez amusante aux yeux du lutin qui se retourne juste à temps pour voir le chirurgien… Manger une langue. Un haut-le-cœur le secoue et il se penche sommairement, manquant rendre le contenu de son estomac. C’est répugnant, dégoutant au possible. Pourtant, conscient qu’il ne s’agit là que d’un héritage qui s’exprime, il ne moufte pas plus, ne glisse aucun mot. Secrètement, il se congratule que sa plus grosse tare soit sans doute son incapacité à se trouver dans des salles trop peuplées, comme plusieurs autres fir darrigs de sa connaissance. Quand le regard du chirurgien retombe sur lui, le rouquin ne peut cependant cacher la pointe de dégout qui brille dans son regard. Il juge, le jeune homme. Il juge et il ne peut pas s’en empêcher. Parce que, tout de même… Manger une langue humaine… Fraichement coupée en plus… On ne peut pas dire que ça soit un besoin de tapette. Il sue un peu mais se voit incapable de définir de s’il s’agit de dégout ou de son corps qui réagit à la perte de sang. Le regard froid de l’homme le fait lourdement frissonner et il lui emboite le pas sans trop oser prononcer le moindre mot. Mouché le moulin à parole qu’il peut être habituellement. La douleur et la scène à laquelle il a assisté malgré lui lui ont coupé toute envie de papoter de quoi que ce soit. Silencieux comme la mort, il se contente de prendre sur lui et de suivre le chirurgien dans les rues de la ville.

    Il est un peu palot, le lutin capricieux, lorsqu’il passe enfin les portes du manoir. Ses jambes ne le porte plus que par automatisme et sa bouche reste légèrement ouverte, expulsant l’air péniblement alors qu’il n’aspire qu’à un peu de repos… Et peut-être l’un de ces gâteaux amusants que cuisine parfois Archibald. Il se sent toujours bien après avoir mangé de ces merveilleux shortbreads…  « Dans le laboratoire. Tout de suite. » Le ton ne laisse que peu de place à d’éventuelles véhémences. De toute manière, Teàrlach n’est pas en état de rechigner, de se plaindre ou de l’envoyer voir ailleurs s’il y était. C’est donc le pas lourd qu’il suit l’homme dans son laboratoire. Ce lieu lui a toujours flanqué la frousse. Ses poils se hérissent sur son derme alors qu’il s’efforce de ne pas voir le matériel du lieu. Au moins, il n’y a plus de ‘clients’ momentanés ici. Il déteste quand Llewyn les conserve vivant. Cela lui fend toujours le cœur de les savoir agonisant à la cave… Malheureusement pour les malheureux, cela ne lui fends pas assez le cœur que pour annuler son contrat de location avec son beau-frère. Son intérêt personnel passe avant. Et tant qu’il arrive à se convaincre que ce que certains vivent ici n’est pas si terrible que ça, il n’éprouve pas trop de soucis à dormir la nuit. « Enlève le haut de tes vêtements. » L’ordre claque dans l’air, faisant frissonner d’effroi le lutin. Il reporte son attention sur l’oilliphéist pour finalement faire ce qu’on lui demande. Méticuleusement, il retire ses gants, prenant son temps malgré lui, marquant chaque action pour être sûr de la faire correctement. Les doigts un peu tremblants viennent ensuite faire tomber le haut, le laissant tomber au sol sans se soucier de les entretenir. Ce n’est pas comme si c’était l’argent qui lui manquait de toute manière… Il hésite un long moment avant de se raviser, refusant d’aller s’assoir sur la table qui sert à Llewyn pour ses autopsies ou autre amputations sur sujet vivant. A la place, il va préférer aller s’asseoir sur une table servant à placer du matériel mais aillant l’air relativement vide. Il grimace et couine de douleur en montant dessus. Sa main se pose sur la blessure ouverte, la pressant dans un instinct stupide, comme si cela pouvait arrêter un tel saignement… Sa main lui revient d’un carmin profond, mettant l’homme en pause devant un tel spectacle. Il observa la couleur, sombre, profonde, absorbante. De son autre main, il glisse sur le liquide qui commence déjà à sécher sur sa paume, traçant des dessins imaginaires, des formes sans sens, observant juste l’attitude de ce rouge ultime sous son doigt, sur sa paume. C’est peau. Tellement beau. Il s’en voit totalement fasciné, oubliant la douleur, oubliant le lieu. Finalement, pour la première fois depuis la plage, il ouvre la bouche. « Et toi ? Ta blessure ? Ça va ? » Non pas que ça l’intéresse vraiment mais peut-être que démarrer un début de semblant de conversation pourra le détacher de cette obsédante vision. « Ce que t’as fait tout à l’heure… C’est un truc flippant de chirurgien glauque ou bien c’est… autre chose ? » Lance-t-il à tout hasard. Le sujet ne va pas plaire, il en a bien conscience… Mais au moins le dynamisme du dialogue l’arrachera à sa contemplation le temps nécessaire…

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    Re: Oops ?

    Message par Llewyn MacGobhainn le Sam 23 Sep - 0:45




    Teàrlach & Llewyn
    Oops ?




    Monstrueux. Le chirurgien se sent monstrueux. Une abomination. S’il était chrétien, il se considérerait même comme une hérésie, un démon venu tout droit des enfers. Comment peut-il encore s’appeler “humain” après ce qu’il a fait aujourd’hui ? Il a envie de vomir, de s’écorcher la peau. Ce monstre, ce n’est pas lui, ça ne peut pas être lui. Il n’est pas cette créature qui se nourrit de chair humaine. Il n’est pas cet être faible cédant à la moindre de ses pulsions anthropophages. Il le refuse. Je ne suis pas ce monstre, se répète-t-il intérieurement. Ses doigts s’appliquent à aligner chaque outil. Le matériel brille, garde l’attention de l’Oilliphéist en éveil. Il se sent nauséeux, en proie à des hauts-le-coeur. Il ne fait pas le fier, Llewyn. Heureusement qu’il tourne le dos au Fir Darrig. Ainsi, il peut garder un semblant de prestance, de contrôle sur la situation. La bête rassasiée s’est tapie, laissant le chirurgien faire face aux conséquences de ses actes. C’est à chaque fois le même schéma. Faim satisfaite menant à l’effondrement de l’homme de glace. Mais il reste fort, Llewyn. Il redresse la tête, bombe le torse, ce même air froid et élégant barrant son visage. Taciturne en toutes circonstances, même lorsque le poids de la culpabilité et le dégoût le frappent. Il se dégoûte, il a honte, il hait le sang vicié qui coule dans ses veines. Mais avant tout, il a peur, le chirurgien. Terrifié à l’idée que ce monstre et lui soit une seule et même personne. Mortifié à l’idée que les pulsions de l’Oilliphéist soit en réalité les siennes. Terrorisé par ce qu’il est et ce qu’il pourrait être encore, conscient qu’il n’a pour l’instant vu que la partie émergée de l’iceberg. Il n’en dort plus la nuit, le chirurgien. Sommeil agité de cauchemars et de terreurs nocturnes. Alors, il travaille. Sans relâche. Encore et toujours. Il est épuisé. Il a besoin de trouver un remède à tout ça. Il a besoin de se débarrasser de l’Oilliphéist, mais ses recherches stagnent, prennent du temps, s’embourbent. L’impression d’être au point mort. Ça l’énerve, ça le frustre. Il se sent coincé, piégé, pris au piège dans sa propre enveloppe. Parfois, il a envie de s’arracher la peau, de s’extraire des griffes du monstre. Je ne suis pas ce monstre, se répète-t-il encore pour lui-même, comme pour se persuader.

    Le couinement de douleur de Teàrlach le rappelle à la réalité, l’ancre au présent, chasse pour quelques instants ses pensées. Llewyn retrouve son calme et son attitude. Il est habitué à faire semblant, cachant sous un masque d’indifférence son actuelle détresse. « Et toi ? Ta blessure ? Ça va ? » La réponse ne se fait pas attendre. « Oui. » Il va toujours bien, ses blessures n’en sont pas vraiment, il n’a pas besoin qu’on s’inquiète pour lui. Pourquoi une telle question ? Qu’est-ce qui pousserait le Fir Darrig à poser une telle question ? Il ne s’inquiète pas vraiment. Llewyn est même certain que Teàrlach serait ravi de le voir au bout d’une corde, ou pire, radier de la communauté scientifique. Le chirurgien n’est pas tendre avec le petit lutin. Il est sur ses gardes, attendant patiemment la vengeance de son beau-frère. Tout se paye à un moment où un autre. Avec la mort de son fils, Llewyn espère avoir assez payé. Une fois de plus, la véhémence de l’Oilliphéist fut plus forte que l’amour que portait le chirurgien à Caireall. Il ne s’en est jamais remis, ne s’en remettra sûrement jamais. Il n’en parle pas, jamais, à personne, même pas à Màiri. Surtout pas à Màiri. On évite le sujet, on l’enterre, on détourne le regard. C’est la nuit que les fantômes se réveillent.

    « Ce que t’as fait tout à l’heure… C’est un truc flippant de chirurgien glauque ou bien c’est… autre chose ? » Llewyn tressaille. Il ne veut pas en parler. Rien que d’y repenser, il est pris de nouveaux hauts-le-coeur. Il ne sait pas quoi répondre. Il veut esquiver le sujet, ne plus mentionner ses actions. Il se dégoûte. Les secondes s’écoulent et le Fir Darrig attend une réponse. Llewyn se sent acculé, alors il réfléchit à une excuse, une bonne raison de couper la langue du Ceasg. Lentement, il prend avec lui de quoi désinfecter et recoudre la plaie. « Ce Ceasg ne pouvait être tué par les moyens conventionnels. Ne pouvant nous débarrasser de lui, je me suis assuré que ce qu’il a vécu ici soit scellé à tout jamais. » Satisfait, il prend en assurance. Llewyn pose son matériel sur un petit plateau en argent et tire un tabouret à lui pour s’asseoir face à la plaie de Teàrlach. « Maintenant, les chances pour qu’ils partagent son expérience sont plutôt minimes, voire infimes. Enlève ta main. » Il le force à se redresser, ignorer ses plaintes de douleur. D’un œil expert, il examine rapidement la blessure, s’assurant qu’aucun organe vital n’ait été touché. Il se concentre, nourrissant son esprit uniquement de pensées scientifiques et logiques, éloignant au loin ses angoisses et ses doutes. Mais il a les mains qui tremblent légèrement le chirurgien. Malgré tous ses efforts pour éloigner le monstre, il se sent parasité par l’Oilliphéist. La langue n’a été qu’une mise en bouche, le dragon si longtemps contenu ne serait pas contre un supplément. Luttant contre ces envies soudaines, la concentration de Llewyn vacille quelque peu. Les points sont maladroits, le geste incertain, l’agaçant au plus haut point. Faire des sutures est une besogne de débutant est le voilà à produire un travail digne d’un première année ! Il grogne entre ses dents, énervé contre lui-même. Il finit la suture, enfin, si on peut appeler ça une suture. Il enrage. Furieux, il se relève et attrape une bouteille sur l’étagère. Llewyn se sert un verre et le boit cul-sec. Je ne suis pas ce monstre, se répète-t-il.
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    Re: Oops ?

    Message par Teàrlach Ó Ceallaigh le Dim 24 Sep - 17:19


    Oops ?
    Llewyn ξ Teàrlach

    « Ce Ceasg ne pouvait être tué par les moyens conventionnels. Ne pouvant nous débarrasser de lui, je me suis assuré que ce qu’il a vécu ici soit scellé à tout jamais. » L’homme était drogué et avait la gorge tranché. Sans être médecin, le lutin savait qu’il n’avait pas été nécessaire de lui couper la langue pour l’empêcher de parler. Et couper une langue n’implique pas nécessairement de la manger… Mais il ne dit rien, préférant laisser l’autre dans le déni de ce qu’il est. Après tout, si patauger dans la boue au lieu de s’accepter pleinement l’amuse… Cela ne regarde pas Teàrlach. Lui, il s’assume entièrement, il embrasse sa nature, ses avantages et ses inconvénients. Il s’est adapté pour vivre avec les problèmes que cela fait naître en lui, lui et le monstre ne sont qu’un, il est le monstre plus qu’il n’est l’humain. Haletant de douleur, il ne peut retenir un mouvement de recul quand le chirurgien pose son matériel à côté de lui. Doit-il se méfier de voir l’un de ses organes internes passer sous la langue de son beau-frère ? Il n’en sait rien. Il a juste mal. La douleur lancinante lui donne le tournis. Il veut juste que ça s’arrête. Alors il observe le rouge carmin qui souille ses doigts. Il l’observe changer lentement de couleur alors qu’il s’oxyde. Il observe la vie qui pulse sous forme liquide et qui tache maintenant ses doigts. « Maintenant, les chances pour qu’ils partagent son expérience sont plutôt minimes, voire infimes. Enlève ta main. » Il ne peut retenir le sourire désabusé qui lui monte aux lèvres. Vraiment ? C’est ainsi que le chirurgien voit les choses ? Il se voile la face avec tellement de violence. Un léger rire secoue le rouquin. Rire fiévreux qui ne peut se calmer sous l’action de l’aiguille travaillant sa chair. Il oscille entre silence et léger rire brisant le silence alors qu’il s’efforce de laisser le chirurgien travailler. Le provoquer ici et maintenant ne serait pas une bonne idée, il en a conscience. Mais il ne résiste pas à l’envie d’ouvrir les bras à la folie ravalée de cet aristocrate pro-humain. Lui, le monstre qui s’assume veut apprendre à un compagnon abominable de faire avec sa propre nature, de l’accepter de l’intégrer. C’est peine perdue avec Llewyn, il le sait. Mais la douleur le fait délirer, le projette dans un champ de pensé qu’il ne devrait pas avoir, qu’il ne devrait pas tenir.

    Quand l’homme s’éloigne pour se servir un verre donc l’ambre disparait immédiatement dans le gosier, rejoignant la langue ingérée plus tôt dans l’estomac, il ne peut s’empêcher de se relever, grimaçant légèrement sous la douleur de la blessure. Il se déplace douloureusement jusqu’à l’homme, son sourire légèrement fou étirant ses traits. « Je connais bien le mensonge. C’est un art subtil que mon héritage m’a appris à maitriser. Tu te mens à toi-même, Llewyn. Ce n’est pas très poli. » Hystérie folle que celle qui anime sa voix, qui brille dans ses yeux. « Tu vas te détruire à for ce de se refuser. » Il rit à nouveau, ses mains encadrant le visage de son beau-frère, serrant doucement sa mâchoire. « Regarde-toi… Si prompt à ignorer sa nature qu’il en vient à se raconter de fausses histoires. Mais, dis-moi… N’y a-t-il pas quelque chose qui t’effraie plus que ta propre ombre ? » Riant à nouveau, il caresse l’angle d’une mâchoire alors qu’il s’éloigne, insufflant volontairement la peur et la terreur dans l’âme du chirurgien. Il rit à gorge déployée alors qu’il offre à son beau-frère sa plus grande peur. « Accepte-le ! C’est ce que tu es. C’est dans tes tripes. Tu sens ce besoin, cette pulsion qui se tord dans ton estomac ? C’est ça ! C’est exactement ça. C’est en toi, ça bouillonne. Laisse le s’exprimer au lieu de le ravaler. Apprends à le vivre au lieu de le ravaler. Nous sommes abominables, nous sommes des monstres, et alors ? La majorité de la population l’est ! On l’est tous ! On se voile la face, préférant prétexter que nous sommes semblables au reste du monde parce que ça nous rassure. On s’étouffe nous même ! » Laissant son beau-frère à ses hallucinations, il rit à nouveau, tournant sur lui-même dans sa fiévreuse folie propagantaire. « Accepte le, Llewyn. Embrasse ton héritage. C’est le cœur de l’écosse qui brûle en ton sein qui veut juste s’exprimer. » Il lève les bras en l’air, comme pour appuyer son propos, riant à nouveau à pleine gorge. Il se laisse retomber dans un siège, son rire se calmant enfin. « Ton besoin de viande humaine fait partie de ta nature, tu ne peux l’ignorer. Tout comme mentir fait partie de la mienne. » Sa voix n’est plus qu’un souffle alors que son regard se perds dans le vide et sa respiration haletante d’avoir tant éructé dans le vide, son beau-frère étant probablement trop au prise avec ses propres démons que pour écouter le discourt du fir darrig.

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    Re: Oops ?

    Message par Llewyn MacGobhainn le Mar 31 Oct - 0:27




    Teàrlach & Llewyn
    Oops ?




    Il n’est pas un habitué, pas comme son père. Le liquide lui brûle la gorge, anesthésie son œsophage dans une chaleur dérangeante, mais néanmoins salvatrice. L’espace de quelques instants, il n’a plus l’impression d’y sentir la présence de la langue du Ceasg. Il n’a pas bu assez pour l’oublier complètement, mais au moins, il ne la sent plus. Il réfléchit quelques secondes, hésite à se resservir un verre. Il n’est pas un amateur de Whisky, mais l’ivresse est une échappatoire alléchante. Il porte la bouteille au-dessus de son verre, pesant le pour et le contre de céder maintenant. « Je connais bien le mensonge. C’est un art subtil que mon héritage m’a appris à maîtriser. Tu te mens à toi-même, Llewyn. Ce n’est pas très poli. » Il n’aime pas cette voix, il en a marre de l’entendre formuler moqueries et insanités, inepties et mensonges. Il se sert un deuxième verre et l’engloutit aussi vite que le premier, se laissant finalement porter par les vapeurs d’alcool, lui qui leur a pourtant toujours préféré les arômes subtils d’un thé. « Tu vas te détruire à force de se refuser. » Il a un mouvement de recul, ne comprenant pas le comportement de son beau-frère. La perte de sang aurait-il rendu fou le Fir Darrig ?

    « Regarde-toi… Si prompt à ignorer sa nature qu’il en vient à se raconter de fausses histoires. Mais, dis-moi… N’y a-t-il pas quelque chose qui t’effraie plus que ta propre ombre ?
    - As-tu perdu la tête ? De quoi est-ce que tu… »

    Il ne finit pas sa phrase. Ses muscles se tétanisent et ses yeux s’écarquillent. Les mots meurent sur sa langue alors que son champ de vision se teinte de carmin. À la place de Teàrlach se tient le fantôme de son fils. Llewyn est un homme de science, il ne croit pas aux esprits et pourtant, c’est Caireall qui se tient devant lui, le regard vide et le bras rongé par la gangrène. Le chirurgien tente d’articuler une excuse, mais rien ne sort. Il est mortifié, bouffé par le chagrin et brisé par la culpabilité. Il n’a jamais voulu ça. C’était son fils, son enfant. « Caireall… Je suis tellement désolé, c’était un accident… »

    Ses jambes s’affaissent, son fils s’efface. Son laboratoire se métamorphose en salon où sont réunis collègues de travail émérites et scientifiques de renom. Des amis, des rivaux, des idiots, mais qui font pourtant tous partis de la communauté scientifique d’Edimbourg. Tous ont mérité leur place ici, certains plus que d’autres. Llewyn a mérité sa place, à l’instar de tous ces hommes. Pourtant, cet air sur leurs visages… Mélange de désapprobation et de dégoût, de honte et de colère. Il voit son nom raillé, traîné dans la boue, moqué et banni. Il n’a plus sa place ? Mais il a fait ça pour eux, pour la science ! Vraiment ? Ou juste pour lui ? Juste pour se sauver, débarrasser son sang de cette abomination et se vanter plus tard d’être un homme pur. Il n’est pas un homme pur. Lui, le monstre dans son laboratoire, tenant plus de l’Oilliphéist que du chirurgien. Adossé à son bureau, il se recroqueville sur lui-même, cachant son visage entre ses mains. Teàrlach aurait-il raison ? Est-il un monstre comme il se plaît à lui répéter ? Il est tellement obsédé par ses pulsions. Incapable de se contrôler en présence d’hémoglobine. Il a raison, il est un monstre. Il ne peut pas se battre contre lui-même, refouler éternellement sa nature. Il n’ose pas l’avouer, mais les envies anthropophages sont les siennes. C’est lui qui quémande avec avidité de la chair humaine, blâmant l’Oilliphéist pour sauver les apparences. Teàrlach a raison : il est abominable.

    « Stop… Arrête ça… » Supplie-t-il, toujours en proie à ses hallucinations et ses cauchemars. Les images tournent en boucle ainsi que les vérités imposées par le Fir Darrig. Caireall est mort par sa faute, il est radié de la communauté scientifique et lui et l’Oilliphéist ne font qu’un. « Je ne suis pas un monstre… » Chuchote-t-il en boucle, telle une litanie, alors qu’il reprend peu à peu contact avec la réalité. Il aurait aimé dire que les souvenirs s’évaporent, mais ils restent fermement ancrés dans sa mémoire. D’anciennes plaies ouvertes à des peurs foudroyantes, le chirurgien est fou de rage. Teàrlach a osé… Il a sciemment joué avec son esprit. Difficilement, Llewyn se relève, s’aidant de son bureau. Ses jambes tremblent, mais son regard mauvais se plante dans celui de son beau-frère, lui promettant mille et unes souffrances ainsi qu’une vengeance immédiate. Un courant d’air fait s’envoler les feuilles posées sur son bureau. Courant d’air se dirigeant rapidement vers les scalpels et autres objets tranchants, les faisant virevolter autour de l’Oilliphéist. Le chirurgien n’a plus rien d’humain tandis qu’il menace son beau-frère par des moyens surnaturels, qualifiés d’aberrations par celui-là même. Llewyn ne joue plus.

    Est-ce que Llewyn le touche ?:
    Succès/Succès : Les scalpels vont se planter à des endroits stratégiques, entaillant notamment un organe vital.

    Succès/Échec : Deux scalpels vont se planter dans le corps de Teàrlach, ne touchant rien de vital, mais faisant tout de même pas mal de dégâts. Le reste ne fait que l'effleurer et certains vont se planter dans le mur derrière lui.

    Échec/Succès : Un scalpel entaille profondément sa cuisse, mais le reste des outils ne fait que l’effleurer et certains vont se planter dans le mur derrière lui.

    Échec/Échec :
    Les armes effleurent à peine Teàrlach qui s’en sort avec juste une éraflure.

    Sursaut de lucidité pour le chirurgien, soudain pris de panique en découvrant ce qu'il est en train de faire. Il tressaille et les objets tranchants effleurent à peine le Fir Darrig. Ils vont se perdre ici et là dans les recoins du laboratoire. Llewyn titube, soudain pris d'une immense fatigue avant de tomber à genou, ses jambes incapables de supporter son propre poids. Tremblant de rage, mais aussi d'effroi, il grince entre ses dents. « Qu... Qu'est-ce que tu m'as fait ? »
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    Re: Oops ?

    Message par Ceann-Uidhe le Mar 31 Oct - 0:27

    Le membre 'Llewyn MacGobhainn' a effectué l'action suivante : Le Destin


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    Re: Oops ?

    Message par Teàrlach Ó Ceallaigh le Mer 1 Nov - 15:42


    Oops ?
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    « Stop… Arrête ça… » Son regard se repose sur le chirurgien et il ne peut retenir son sourire de s’étirer à nouveau. Il ricane ouvertement, observant l’homme au supplice, l’homme affrontant ses pires peurs. Pourquoi arrêter ? Pourquoi rompre tableau aussi élégant ? Teàrlach n’a jamais eu le gout de la souffrance inutile. Mais quand il en vient à l’origine du peuple écossais, il se montre virulent et protecteur. Et, après tout, il le fait pour Llewyn aussi. Vivre en ayant conscience de ce qu’il est, en l’acceptant, … Cela semble tellement plus simple que le blocage pur et dur qu’il s’impose. Chimère obsédante que la silhouette de la normalité. Il ne connait pas bien la famille de son beau-frère, il ne sait pas s’ils font partie de ceux ayant un haut taux d’abomination, il ne sait pas à quel point il est oilliphéist et à quel point il est humain. Il sait juste que le chirurgien souffre beaucoup plus qu’il ne le devrait de sa condition. Le psaume de l’homme touche cependant le lutin. Ainsi donc, son pire cauchemar, sa pire peur touche sa nature ? C’est triste. Tellement triste. Peut-être qu’à force de travail et d’effort il parviendrait à lui faire ouvrir les yeux ? A lui faire comprendre que sa condition n’est pas si dramatique qu’elle puisse le sembler ? Lentement la voix se tait. Le rouquin sait ce que cela signifie. Il se relève, prêt à l’aider à reprendre contact avec le monde réel. Contrairement au chirurgien, il a embrassé ses dons, il a appris à les utiliser, il sait ce qu’ils impliquent. Peut-être que jeter Llewyn ainsi dans sa plus grande peur n’était pas l’idée la plus brillante qu’il ait eu… Mais au moins, maintenant il sait. Il sait avec certitude à quel point sa condition le pèse, quel est le poids du challenge qu’il vient de se donner. « Bon retour dans le monde réel… » Il va pour s’approcher et aider Llewyn à marcher, conscient de la trouille qu’il vient probablement de lui coller. Cependant, le regard que l’homme lance sur lui l’en empêche. A la place, il recule d’un pas, levant les mains en signe de paix. « Doucement…. Avant de dégainer le scalpel, laisse-moi m’expliquer. » Clairement, son beau-frère a perdu des couleurs. Probablement que le sang perdu suite à sa blessure, le tout accompagné de la frayeur qu’il vient de se prendre fait un combo suffisant que pour impliquer un teint aussi livide. Cependant, Teàrlach range ses inquiétudes quand il voit les scalpels voltiger et qu’il sent le vent souffler. Quoi ? Il ne comprend pas ce qui est en train d’arriver.

    Figé par la peur et l’incompréhension, il ne bouge pas lorsque les scalpels foncent sur lui. L’une des lames lui érafle une oreille qui se met tout de suite à saigner. Il porte rapidement une main dessus, observant Llewyn avec des yeux écarquillés. Il ne l’a jamais vu faire ce genre de choses. D’où est-ce que cela sort ? Probablement de son héritage génétique mais il n’a jamais vu ou entendu parler de ce genre de choses. Et bien que ça soit effrayant, il trouve néanmoins la chose merveilleuse. La peur qui l’avait figé ne l’empêche cependant pas de courir jusqu’au chirurgien quand celui-ci s’effondre. Il se met un genou au sol, posant une main sur l’épaule de son beau-frère, essayant de s’assurer qu’il va le mieux possible. « Qu... Qu'est-ce que tu m'as fait ? » « Si tu parles des scalpels volants, j’ai rien à voir avec ça. Je suis un Fir Darrig, mon domaine, c’est la peur. Et c’est tout ce que je t’ais fais… Je voulais te confronter à ta plus grande peur… Je ne pensais juste pas que ce que tu es t’effraie à ce point. » Il force l’homme tremblant à ce relever, soufflant sous l’effort alors que Llewyn ne lui rends pas vraiment la tâche facile. « Mais avant de me crier dessus, il faut qu’on fasse quelque chose pour ta blessure aussi… Avant que je ne doive me retrouver à expliquer à Màiri comment je t’ai laissé te vider de ton sang. » Pas que ça soit réellement un problème. Si la peur est son domaine, c’est aussi le cas du mensonge. Et il n’a aucun doute sur le fait que sa sœur d’adoption serait plus heureuse sans que avec Llewyn à ses côtés. Cependant, retirer sciemment la vie pour autre chose que sauver la sienne est un pas qu’il n’est pas encore sûr de vouloir franchir. Et, dans le fond, il a tout de même un peu d’affection pour le chirurgien. Il le fait s’installer, bien qu’il n’y connaisse rien en médecine. « Je peux t’aider. Personne ne devrait en arriver à se détester à ce point. On ne peut pas changer le passer mais… Si tu acceptais que cela fait bien partie de toi, on pourrait trouver des solutions pour que ça soit plus facile et plus contrôlé. Je veux dire… Tu as vu ce que tu viens de faire ? C’était juste incroyable ! Tout ce temps perdu à te faire peur à toi-même alors que tu pourrais embrasser tes dons pour en faire quelque chose… »

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