1762 - L'été de l'année dernière, Édimbourg, Écosse. Les vagues frappaient contre la rive en un bruit constant et répétitif, comme une douce berceuse chantée par la mer du nord, une caresse légère sur votre front, un tendre baiser rassurant de la nature. Tout indiquait un matin normal sur les quais du port de Leith, si ce n’étaient les corps inertes qui flottaient comme des billots de bois mou abandonnés. Six corps. [...] Lire plus.
Lundi, 15 octobre 2018

Pause indéterminée du forum


On s'habitue au chaos [Ft. Breac]

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Cycle 5 On s'habitue au chaos [Ft. Breac]

Message par Sheena Matheson le Lun 17 Sep - 15:03

Elle s’était endormie, roulée en boule au pied du fauteuil, la poupée de chiffons serrée contre elle. Le feu était mort, elle ne l’avait pas ravivé. Peut-être ne l’avait-elle simplement pas allumé. Qu’est-ce qui s’était passé ? A quel moment avait-elle perdu l’esprit au point de ruiner l’avenir qu’elle aurait pu construire avec Keith ? C’était quoi, son problème, de tout détruire dès que les choses s’arrangeaient ? On s’habitue au malheur, voilà tout. Ca devient comme une seconde maison, et au final c’est le bonheur qui effraie. Le bonheur… Fuir un mariage pour s’enfermer dans un autre ce n’était pas vraiment… Elle avait au moins récupéré la lettre. S’était empressée de la foutre au feu, espérant que personne, ni Keith, ni Gemma, ni Breac n’en parleraient. Breac…
C’était par lui que tout était arrivé. Il avait ouvert les verrous que Sheena avait posés sur le renard, lui avait montré à quoi pouvait ressembler la liberté. Et ce soir là, sous l’orage, dans la boue, et puis contre lui devant le feu, elle avait été heureuse. Égoïste aussi. Un peu. Pas du tout conventionnelle, ça oui. Elle se recroquevilla un peu plus sur le sol en tremblant.

Après une nuit de fièvres et de cauchemars elle avait pris sa décision. Elle rassembla quelques affaires, enferma la poupée dans le coffre de Calum, souffla inutilement sur les braises éteintes et, les cheveux noués en catogan, revêtit les vêtements de son époux. Elle passa une des capes de voyage dont elle rabattit le capuchon sur son visage, enfila la paire de bottes -un peu grandes- qui restait et s'en alla. Ferma la porte à clé, et, après une hésitation, jeta la clé dans un buisson.

Ombre silencieuse parcourant les ruelles, Sheena traversa West-Port pour rejoindre Canogate. Le chemin était douloureux, ayant fait le même dans l'autre sens quand Keith l'avait mise à la porte. Lui en voulait-elle ? Elle était incapable de le dire. Pa plus qu'elle ne savait, à son réveil, si elle en voulait vraiment à Breac. La seule certitude qu'elle avait était une certitude d'enfant. Qu'elle avait besoin de se blottir contre lui.

Elle savait qu'il habitait au-dessus du salon de thé, il lui avait dit. Elle traversa le salon heureusement ouvert et surtout désert à cette heure matinale, et monta à l'étage. Sur le palier, elle se mit à trembler, se demandant quelle folie l'avait poussée ici, et aurait fait demi-tour si un vertige ne l'avait pas clouée sur place. Elle s'adossa à un mur, haletante, parcourue de frissons. Sans s'en rendre compte, elle se laissa finalement tomber au sol, contre le mur.

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Inconvénients : Fausses couches à la chaîne, impossibilité de se suicider


"Il doit ouvrir la porte.
Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

Nota bene : "Scelle tes charmes" Qui a prononcé ces paroles et que signifient-elles ?"



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Cycle 5 Re: On s'habitue au chaos [Ft. Breac]

Message par Breac Jamieson le Mar 18 Sep - 17:52

Il y avait un petit bruit derrière la porte. Le chien sortit de sa torpeur et se leva, pour trottiner vers la porte. La pauvre bête était aussi affectée par l'ambiance tragique des lieux qu'une éponge se teinte de la peinture où on l'a plongée. Mais les visites étaient d'autant mieux venues. Il gratta à la porte, qui s'ouvrit : ordre avait été donné de la laisser déverrouillée à toute heure du jour et de la nuit. Monsieur ne voulait surtout pas qu'elle reste close à quelque ami qui pouvait, les connaissant, passer à des moments parfaitement imprévus, à présent qu'il ne pouvait plus ouvrir lui-même.

En apercevant la forme roulée en boule sur le palier, la brave bête la poussa du museau avec un petit geignement pour attirer son attention. Le chien était déterminé à l'entraîner à l'intérieur du logement. Lorsqu'il constata que ses efforts portaient leurs fruits, il profita de l'ouverture de la porte pour aller se promener tout seul. A tort ou à raison, il avait confiance.

"Il y a quelqu'un ?"

La voix, quelque peu éraillée, sortait d'un lit installé au milieu du salon. C'était la seule présence alentour ; la rumeur d'une autre présence dans la cuisine indiquait des préparatifs alimentaires, à en juger par les odeurs sucrées qui en arrivaient, et par les volets et les rideaux ouverts sur la rue. Rares étaient encore les rayons de lumière à entrer dans la pièce.

On avait préféré faire descendre le lit plutôt que monter le blessé à l'étage. Il avait pris la place de l'un des deux fauteuils tournés vers la cheminée, et quelques braises de la veille y brûlaient encore, relique d'un feu qui avait accompagné une séance de conversations feutrées et peut-être de lectures pieuses ; une Bible était encore posée sur le fauteuil restant. Depuis deux jours, Breac avait très peu dormi. Il n'était pas autorisé à boire et cela ne l'y aidait pas. Alan l'aidait à trouver le sommeil en lui lisant ses textes les plus lénifiants, et cela donnait au petit garçon l'impression de s'impliquer dans ses soins.

Il eut du mal à distinguer les détails de la silhouette qui s'approchait. Un jeune cavalier qui faisait grise mine. Mais il avait des cheveux magnifiques. Inconnu ? Non, pas inconnu. Il avait l'esprit confus, et le sentiment intolérable que la fièvre l'avait fait vieillir de dix ans.

"Thea !" cria Breac en essayant de se redresser dans son lit. Sans grand succès, mais il était déjà en position semi-assise contre le tas de coussins et d'oreillers dont il avait réclamé l'arrangement à cette fin. "Le petit déjeuner ! Deux couverts ! J'ai de la visite !"

Il s'interrompit pour respirer avec application, un exercice qui lui demandait grand effort. Le sang perdu n'était pas encore intégralement reconstitué. Mais son visage était radieux sous sa pâleur, et ses yeux perçaient la pénombre du salon encore mal éclairé, brillants comme deux escarboucles. Les visites, c'était le seul substitut d'ivresse qui était encore à sa portée, maintenant qu'il était coupé de tous les plaisirs de son jeune âge, des jeux de cartes aux duels en passant par le whisky. Même ce déjeuner dont il parlait aurait un goût de papier dans sa bouche, il le savait d'avance, et il ne pourrait pas en avaler plus de quelques gorgées, mais les plantes étranges qu'y mêlaient Thea produisaient sans doute un effet. Pour lui donner faim ou pour la lui couper, il n'aurait su le dire. Il la soupçonnait, voilà tout.

Machinalement, il remonta son drap sous son menton, comme s'il y avait le moindre intérêt à dissimuler les bandages qui lui enveloppaient le torse. Une sorte de fierté absurde, qui l'aurait redressé comme un corset s'il n'avait pas risqué d'en demeurer paralysé pour de bon.

"Pardon, pouvez-vous approcher un peu ? Je ne vous distingue pas très bien. Navré, c'est bientôt l'heure de changer mes pansements, ma gouvernante est intraitable avec ce genre de rituels, mais nous allons déjeuner d'abord, bien sûr."

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Inconvénients : Incapable de laisser passer une défaite ; farceur ; ses plaisanteries vont trop loin ; et il est fasciné par la couleur rouge.
I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 5 Re: On s'habitue au chaos [Ft. Breac]

Message par Sheena Matheson le Mer 19 Sep - 13:04

Une truffe froide et humide la sortit de sa torpeur et Sheena sourit en découvrant le chien qui était venu la pousser du bout du museau. Elle le gratta derrière les oreilles et se releva en s’appuyant contre le mur. Le vertige se dissipait. La voix de Breac avait retentit, mais elle n’avait pas vraiment entendu, et suivit le chien qui trotta jusqu’au salon.

Près de la cheminée, installée dans un fauteuil, la silhouette du vieux lutin se découpait devant l’âtre. Aussitôt elle eut envie de se blottit contre lui mais l’ordre –pour Thea- la retint. Et surtout, elle ne comprenait pas pourquoi il ne bougeait pas, lui qui d’habitude ne tenait pas en place. Il avait l’air d’un malade qu’on avait poussé près du feu.

"Pardon, pouvez-vous approcher un peu ? Je ne vous distingue pas très bien. Navré, c'est bientôt l'heure de changer mes pansements, ma gouvernante est intraitable avec ce genre de rituels, mais nous allons déjeuner d'abord, bien sûr"

Sheena s’avança, comprenant qu’il ne l’avait pas reconnue mais surtout inquiète. Elle sentait autour de Breac une tristesse sourde et résignée, qui lui saisit la gorge –couchée la voix. Elle ôta son capuchon et s’approcha, silencieuse et inquiète.

Soudain, lui revint en mémoire une conversation des domestiques de Keith –Le port avait été partiellement détruit par des bateaux, et on dénombrait plusieurs morts et quelques blessés. Elle pensa instinctivement à Gemma puis chassa cette pensée. Une seule inquiétude à la fois.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Elle s’était agenouillée près de lui, et lui prit une de ses grandes mains rouges qui reposait sur les couvertures. Intérieurement, Sheena avait envie de hurler, parce que du fond où elle avait glissé, c’était la figure de Breac qui l’avait guidée vers la surface. Et si même lui, dans ce chaos, en était réduit à un fauteuil, alors plus rien n’avait de sens. Mais elle ne hurla pas. Elle sourit, au contraire, avec une douceur grave, rangea sa propre douleur au-delà d’elle-même.

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Cycle 5 Re: On s'habitue au chaos [Ft. Breac]

Message par Breac Jamieson le Mer 19 Sep - 18:34

Breac réagit à la voix davantage qu'à l'approche. Ses mains se crispèrent sur le drap qu'il serrait, substitut du mouvement qu'il ne pouvait amorcer pour se porter au-devant de son invitée.

"Hé ! Ma parole ! Mais c'est Sheena ! Il fait encore nuit... non ? Et tu es accoutrée... viens par ici."

L'idée lui vint un instant de lui demander de ses nouvelles ; et il l'aurait fait, dans son état normal, mais il ne s'y trouvait pas. Aussitôt venue, la curiosité s'effaça, comme un nuage d'encens. Son regard se perdit à côté de la demoiselle lorsqu'elle se retrouva trop près de lui. Il aurait fallu tourner la tête pour continuer à la regarder, et il n'aurait jamais osé. Il était généralement audacieux face aux risques physiques, mais même lui était capable de retenir une leçon sévèrement infligée : il avait essayé de tourner la tête trop vite, une heure plus tôt, et il avait âprement regretté cette petite fantaisie. Ses vertèbres s'en souvenaient encore.

"Assieds-toi où tu veux. Thea va te servir ce que tu voudras. Pardon, j'ai l'air d'avoir beaucoup vieilli d'un coup, je sais. Mais je vais rajeunir. Je rajeunis toujours."

D'un petit clin d'oeil complice, il tâcha de rassurer la jeune femme. Mais comme il était donc difficile de se faire comprendre et de s'exprimer, quand on était réduit à la plus grande faiblesse ! Il soupira et même ce simple soupir faillit lui tirer des larmes, en actionnant les muscles de son dos. Ce corps n'était qu'un souvenir inutilisable, et il flottait, simple esprit, au-dessus de cette chair inerte, où il s'incarnait brièvement par instants sans parvenir à en reprendre le contrôle. C'était profondément agaçant, mais il flottait encore à demi dans les brumes de l'inconscience, et ses idées fuyaient aussi bien que son ancienne réactivité. Tout se dérobait entre les mains de cet esprit errant, ne lui laissant qu'une impression générale d'abandon et de désarroi.

"Connais-tu la chanson du démon et du chasseur ? Pourrais-tu me la siffler ? J'ai l'air sur le bout de la langue depuis un temps... dans mon état ordinaire je la chanterais, et cela me passerait. Mais je m'en sens incapable."

A pas de velours, la gouvernante selkie s'était avancée pour s'assurer que l'information n'était pas le résultat du délire de son maître. En apercevant Sheena, un léger sourire presque timide s'afficha sur son visage défait. Thea n'était pas coiffée, à peine un chignon mal équilibré dont des mèches échappées venaient encadrer son visage pâli ; ses yeux cernés dénotaient d'une nuit sans sommeil et elle ne portait aucune trace de maquillage, on eût presque pu croire qu'elle avait pleuré. En tout cas, elle n'avait apporté aucun soin particulier à sa toilette et l'on apercevait, au coin de son col dérangé, l'amorce d'une cicatrice qui devait lui courir sur l'épaule.

Elle se contenta d'une petite courbette pour saluer la vendeuse de corsets ; elle n'était pas encore retournée à la boutique chercher sa commande, et ne savait pas si elle était terminée ; à vrai dire c'était à mille lieues de ses pensées du moment. Puisque monsieur avait bel et bien de la visite, elle irait donc lui chercher de quoi boire. Un thé amélioré de fleurs douces qui apaisent l'esprit, ce ne serait pas de trop, et puis, c'était plaisant au goût. Et des tartines, des confitures, du miel... mais il ne pouvait pas encore manger. A vrai dire elle ramena trois tasses, et attira le tabouret qui servait à reposer les pieds devant la cheminée, pour y disposer son plateau. Assise en tailleur sur le tapis, auprès des braises où elle poussa le tisonnier machinalement pour ramener un peu de chaleur, elle avait l'air singulièrement rustique soudain. L'ombre nocturne du papillon brillant qu'elle avait été.

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Cycle 5 Re: On s'habitue au chaos [Ft. Breac]

Message par Sheena Matheson le Mer 3 Oct - 0:08

"Hé ! Ma parole ! Mais c'est Sheena ! Il fait encore nuit... non ? Et tu es accoutrée... viens par ici."

Elle vit les mains crispées sur la couverture, le corps qui voulait se lever mais qui n'en avait pas le droit, sentir la colère rentrée et la fatigue, et compris qu'elle était dans son angle mort. Elle se releva donc et vint s'asseoir un peu plus face à lui, quelques mèches folles s'échappant de son catogan et ses yeux clairs retenant une tristesse déposée.

"Assieds-toi où tu veux. Thea va te servir ce que tu voudras. Pardon, j'ai l'air d'avoir beaucoup vieilli d'un coup, je sais. Mais je vais rajeunir. Je rajeunis toujours."

Elle sourit, lui caressa doucement les bras et retint un cri lorsqu'elle vit le vieux lutin grimacer de douleur. Elle ne voulait pas s'assoir loin de lui, préférait qu'il puisse la regarder, alors elle resta comme elle était.

"Connais-tu la chanson du démon et du chasseur ? Pourrais-tu me la siffler ? J'ai l'air sur le bout de la langue depuis un temps... dans mon état ordinaire je la chanterais, et cela me passerait. Mais je m'en sens incapable."

Sheena sourit, chercha dans sa mémoire et siffla quelques mélodies avant d'en trouver une qui semblait lui convenir.

"C'est bien celle-ci ?"

Elle continua à siffler. Si elle ne se trompait pas, ça faisait partie des chansons que sa mère chantait avant que son père ne l'oblige à se taire. Mais Sheena dû arrêter de siffler rapidement, car sa propre voix, profitant de l'occasion, cherchait à sortir comme un chat qui griffe les barreaux de sa cage.

Et elle vit Thea.

Sur le moment, elle ne la reconnut pas. Ne fit pas le lien entre la femme aux traits fatigués qui s'agitait devant elle avec des gestes mécaniques de somnambule, et la tornade de tissus qui avait envahi son atelier quelques temps plus tôt. Et c'est en les voyant tous les deux, qu'elle jugea qu'elle était de trop et que si elle voulait les aider, elle pouvait au moins éviter de se rajouter à leur charge.

Elle se releva donc, et déposa un baiser furtif sur la joue de Breac.

"Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Je voulais juste passer parce que..."

Elle se mordit la lèvre.

"Ça va te sembler futile, Breac, mais Edimbourg est plein de futilités. J'ai refusé le mariage avec Keith McBain. Bientôt les rumeurs iront de bon train à mon sujet. Et elles risquent d'éclabousser tous ceux qui ont été vus en ma compagnie. Je suis désolée."

Elle se leva, hésita un court instant avant d'adresser un signe de la main Thea. N'avait pas envie de partir, encore besoin de la présence de Breac, comme s'il pouvait résoudre ses problèmes. Idiote. Elle au moins était vivante et entière. Elle devrait en profiter.

Should I stay or should I go:
A toi de retenir Sheena avec le personnage de ton choix -en a marre de ses persos associaux-

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Cycle 5 Re: On s'habitue au chaos [Ft. Breac]

Message par Breac Jamieson le Mer 3 Oct - 18:06

L'idée de Sheena en proie à la vindicte populaire donnait à Breac des envies de meurtre. Il eut un nouveau mouvement pour se lever, ou pour frapper du poing le bras de son fauteuil, mais il n'y parvint pas, cette fois non plus. Il était encore trop étourdi et déjà trop endolori, précisément à ce croisement entre anesthésie et conscience qui combinait les difficultés des deux moments. Il reprit son souffle calmement, pesa ses mots, et murmura :

"Bon. Je comprends. Merci d'être passée m'avertir. Je..."

Comme il était pénible de ne pas pouvoir proposer une aide, pas même le soutien d'une main secourable dans la tourmente ! Breac se sentait réellement vieux soudain, et il lui semblait avoir atteint ce point, qui le guettait depuis un temps et qu'il espérait ne jamais atteindre, où il ne rajeunirait plus. Voilà que Sheena était en véritable difficulté, et à cause de lui, de ses conseils absurdes, de ses conversations idiotes, de son exemple auto-destructeur. Il ferma les yeux, et l'image des jeunes gens effondrés au milieu du sang et des morts lui sauta au visage. Pourquoi, au juste, faisait-il tout ça ? Qui espérait-il impressionner ? Il ne croyait même pas en Dieu. Un sourire perdu se forma sur son visage blessé, et il conclut en toute simplicité :

"Je te souhaite bonne chance."

Thea se leva et indiqua la sortie avec une petite courbette, à peine déséquilibrée par son épuisement physique et émotionnel.

"Je vous raccompagne."

Elle suivit la jeune dame en la couvant des yeux, et en arrivant dans le vestibule, referma la porte du salon pour la saisir soudain par le col à deux mains, en dardant sur elle des regards acérés comme les crocs d'un serpent. Sa voix sifflait de même manière.

"Vous allez changer d'avis tout de suite et rester ici. Vous savez ce qu'il se dit, là ? Qu'il pourrait vous venir en aide s'il était encore lui-même, mais qu'à présent il ne sera plus jamais bon à rien. Il sourit parce que c'est un sale fanfaron, mais en son for intérieur, il se donne des claques de vous être si inutile. Alors faites un effort. Montrez-lui qu'il est davantage qu'une épée brisée."

C'était le plus près qu'était passée la gouvernante de dire un compliment de son employeur, depuis le temps qu'ils se connaissaient. Elle n'acheva pas sa pensée, gênée soudain d'être allée si loin, de s'être laissée à ce point submerger. Elle secoua la tête pour chasser la fatigue, mais son crâne carillonna, faisant plisser ses yeux. Allons bon, elle n'allait tout de même pas pleurer ! Tout ça, c'était la faute de cette vilaine morsure à l'épaule, cautérisée avec les pieds par un charcutier qui osait se dire médecin, et qui l'avait laissée fiévreuse.

"...Et moi, je suis crevée. Vous allez me remplacer et je vais monter dormir. Ma mansarde est au dernier étage. S'il se passe quoi que ce soit, vous me prévenez. Si vous n'avez plus d'énergie, vous me prévenez. Et si vous quittez cette demeure sans mon autorisation, je vous ramène à votre poste par la peau du cou, pour ne pas dire autre chose."

Elle la relâcha et ses doigts blancs s'agitèrent dans l'air avec légèreté, comme si elle contemplait un nouveau clavecin ; son sourire gracieux était revenu en place. Comme s'il n'était rien arrivé. Elle tourna les talons et s'éloigna en direction de l'escalier. Tant qu'elle aurait encore la force de partir avec dignité, elle aimait mieux en profiter. Et si cette petite gourgandine aux yeux cernés se permettait de laisser Breac tout seul, elle aurait de ses nouvelles. Cette fois-ci, elle n'envisageait pas une fessée plaisante.

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Cycle 5 Re: On s'habitue au chaos [Ft. Breac]

Message par Sheena Matheson le Jeu 4 Oct - 9:09

"Bon. Je comprends. Merci d'être passée m'avertir. Je... Je te souhaite bonne chance."

Un remerciement soufflé fut tout ce que la gorge de Sheena laissa passer.  Elle sortit donc, peinée de voir Breac dans cet état, mais n'eut pas le temps de s'inquiéter plus longtemps, car Thea venait de la saisir par le col avec un regard de fauve.

"Vous allez changer d'avis tout de suite et rester ici. Vous savez ce qu'il se dit, là ? Qu'il pourrait vous venir en aide s'il était encore lui-même, mais qu'à présent il ne sera plus jamais bon à rien. Il sourit parce que c'est un sale fanfaron, mais en son for intérieur, il se donne des claques de vous être si inutile. Alors faites un effort. Montrez-lui qu'il est davantage qu'une épée brisée...Et moi, je suis crevée. Vous allez me remplacer et je vais monter dormir. Ma mansarde est au dernier étage. S'il se passe quoi que ce soit, vous me prévenez. Si vous n'avez plus d'énergie, vous me prévenez. Et si vous quittez cette demeure sans mon autorisation, je vous ramène à votre poste par la peau du cou, pour ne pas dire autre chose."

La déclaration la souffla sur place. Elle s'était attendue à beaucoup de choses de la part de Thea, mais cette situation ne faisait clairement pas partie des possibilités envisagées. Elle avait raison. Ou du moins la caoineag devait elle la croire sur parole, après tout, la gouvernante connaissait mieux Breac qu'elle. Elle hocha la tête, regarda Tha disparaître à l'étage et se passa une main sur le visage. Décidément, elle était la reine des idiotes.

Sheena retourna donc dans le salon, et laissa tomber sa cape de voyage sur le fauteuil vide. Et réalisa que Thea lui avait demandé de la remplacer mais qu'elle n'avait pas prêter suffisamment d'attention à ce qu'elle faisait.

"Breac ? Si ça ne t'ennuie pas je vais rester encore un peu."


Elle s'agenouilla de nouveau face à lui. Les propos de la gouvernante lui trottant dans la tête, elle lui sourit.

"Tu sais, Faut pas t'inquiéter pour ces rumeurs."

Elle lui prit une main et commença doucement à la caresser.

"Je ne regrette pas ce qui s'est passé. Ou pas passé. J'ai vu de près les attaques du tueur, et j'ai réalisé que je n'étais pas plus résistante qu'un autre, et que ce serait mon tour tôt ou tard. Et je me suis aperçue qu'il m'était insupportable d'imaginer mourir en ayant eu une vie ennuyeuse. Ou que je n'aurais pas pleinement vécue."

Derrière ces mots il y avait l'inquiétude de le voir ainsi cloué à son siège.

"Thea est montée se coucher, elle est  épuisée. Elle m'a chargée de la remplacer, tu devras donc me supporter encore un peu."

Elle sourit,  regarda les tasses, se demandant si l'une d'entre elles était réservée à Breac.

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"Il doit ouvrir la porte.
Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

Nota bene : "Scelle tes charmes" Qui a prononcé ces paroles et que signifient-elles ?"



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Cycle 5 Re: On s'habitue au chaos [Ft. Breac]

Message par Breac Jamieson le Jeu 4 Oct - 19:24

"Tu vas t'ennuyer... elle est folle, celle-là. Enfin, je comprends qu'elle craque un peu."

Breac soupira, détournant le regard en direction de la cheminée. La nuit avait été longue et Thea n'avait pas eu souvent l'occasion de rire, en revanche il est vrai qu'elle s'était coupée en quatre. Et elle aurait encore les enfants à gérer. Dans des moments comme ça, il se disait sérieusement qu'il aurait épargné des tracas à tout le monde en se faisant proprement couper en deux. Puis il réalisait que c'était une profonde idiotie et il s'en voulait encore davantage de l'avoir pensée. En tout cas, Sheena allait lui tenir compagnie, ce dont il était ravi au fond : il sentait bien que le sommeil lui serait impossible. Il suivit son regard et s'arrêta sur la direction du service à thé qui trônait à proximité. La jeune femme semblait se demander quel geste accomplir au juste. Il la renseigna donc rapidement, soulagé de pouvoir tout de même participer un peu, même si c'était uniquement en lui indiquant comment procéder.

"Oh, ma tasse c'est la rouge. C'est le petit qui me l'a décorée. Gentil, hein ? Il faut la laver tout doucement, sinon la peinture s'en va. Sers-toi aussi : tu sais que je n'aime pas boire seul. Et puis, c'est le moment de trinquer à notre santé."

Il parvint à rire un peu, l'esprit déjà plus léger que lorsque sa visiteuse avait pris congé. Mais en la regardant s'exécuter, il se sentit un peu mal à l'aise et chercha comment s'excuser. Il avait besoin qu'elle lui apporte à boire, et même qu'elle le fasse boire comme un petit enfant malade : c'était à peine si il arrivait à soulever la tête du coussin où elle était appuyée. Cependant, il aurait voulu épargner ces soins aux personnes qui lui étaient le plus proches. Il n'aimait guère les médecins, mais il commençait à se dire qu'en installer un chez lui le temps d'être guéri soulagerait tout le monde.

"Je vais être obligé de te promener ici et là comme une marionnette. Que ce soit bien clair : ce ne sont pas des ordres, et je n'oublie pas que tu es une dame de qualité."

Après avoir bu quelques gorgées, il se sentit un peu mieux capable de parler. Il avait la gorge moins sèche et les idées plus claires. Et il savait fort bien que la boisson contenait quelques herbes magiques qui adoucissaient ses tourments. D'ailleurs, à la longue, il sentait qu'il arriverait à les apprivoiser et à les ignorer. Il n'en était pas encore là, mais il y travaillait. Ça n'était pas si... Il avait déjà eu plus mal que ça dans sa vie, objectivement. Il en revint à la raison que Sheena lui avait donnée, quand elle avait parlé d'accepter son nouveau destin et cette décision qu'elle avait prise un peu impulsivement. Il admirait cette indépendance d'esprit, qu'il avait d'ailleurs longtemps partagée ; mais pour être tout à fait franc avec elle, il devait lui donner une petite précision.

"Tu crois que la perspective de quitter la vie est plus facile, après avoir vécu toutes sortes d'aventures ? Fais à ta guise mais ne t'isole pas. C'est trop dommage, ça, plus encore que l'oubli. Et c'est un des dangers de l'aventure."

Il jouait toujours le fanfaron, bien sûr ! Il ne se sentait pas du tout concerné par ce phénomène qu'il lui décrivait. Non non, c'était quelque chose qu'il avait observé, lors d'un voyage lointain, un ami d'un ami, et caetera. Il raconta d'ailleurs diverses anecdotes, des gens qui avaient couru les sept mers et tous les continents, qui ne s'étaient jamais posés nulle part et qui étaient morts seuls, oubliés de tous. Rien à voir avec lui puisqu'il était entouré de toutes les bonnes volontés de la Terre, de jeunesse et de projets enthousiasmants. Il était juste un peu assommé, mais ça ne durerait pas. Il se voyait déjà en propriétaire d'une taverne à l'ambiance animée...

"...Désolé, je crois que je délire un peu. Tu venais pour quelque chose de précis. Dis-moi ce que tu vas faire maintenant, ce qui t'inquiète, comment nous pouvons t'en protéger. Tu as l'air fatiguée, toi aussi. Raconte-moi, tout doucement, comme à un vieux monsieur qui n'a plus toute sa tête."

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Inconvénients : Incapable de laisser passer une défaite ; farceur ; ses plaisanteries vont trop loin ; et il est fasciné par la couleur rouge.
I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 5 Re: On s'habitue au chaos [Ft. Breac]

Message par Sheena Matheson le Ven 12 Oct - 11:39

C'était un drôle de petit déjeuner. Elle s'occupait de Breac avec douceur, et ces gestes lui faisaient un peu oublier son inquiétude. Un vent de folie semblait souffler sur Edimbourg, décidément.

"Tu crois que la perspective de quitter la vie est plus facile, après avoir vécu toutes sortes d'aventures ? Fais à ta guise mais ne t'isole pas. C'est trop dommage, ça, plus encore que l'oubli. Et c'est un des dangers de l'aventure.
- Ce n'est pas... je ne veux pas m'isoler, justement. Calum m'a enfermée à Edimbourg pour me protéger, Keith voulait faire de même au manoir. Pour mon bien, par amour dans les deux cas... mais je ne veux plus qu'on m'enferme. Je ne veux plus être cantonnée à quelque chose de fragile, tu comprends ?"

Elle sourit. Il avait raison, bien sûr. Peur de l'oubli, Sheena ? Pas tout à fait, pas plus qu'elle n'avait peur de finir seule. Mais... de finir vide, oui. Quand on se savait condamnée à ne pas avoir de descendance, on avait tendance à protéger les présents. Et surtout, à profiter de l'instant. Serait-elle venue égoïste ?

"...Désolé, je crois que je délire un peu. Tu venais pour quelque chose de précis. Dis-moi ce que tu vas faire maintenant, ce qui t'inquiète, comment nous pouvons t'en protéger. Tu as l'air fatiguée, toi aussi. Raconte-moi, tout doucement, comme à un vieux monsieur qui n'a plus toute sa tête."

Elle soupira, remis ses pensées en ordre.

"Je ne sais pas. J'ai jeté les clés de la maison, je... déjà je vais devoir fermer l'atelier, déjà que les clients se faisaient rares, avec les rumeurs plus personne ne sera assez fou pour en passer la porte. Je finirai les commandes en cours et, chose promise, chose due, je me débrouillerai pour faire le corset de Barbara quand ce sera le temps. Je ne suis pas inquiète pour moi, je pense juste que je ne vais pas pouvoir trouver un autre travail très vite. Ils vont finir par me brûler pour sorcellerie."

Un rire lui échappa, un peu triste.

"Je vais finir par croire que maintenant, seul un monstre serait assez fou pour m'embaucher, et encore. Peut-être que je vais repartir sur la côte ? Je ne sais pas. Je vais rester ici le temps que tu te rétablisses, déjà, comme Thea me l'a demandé. Ensuite... on verra."

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"Il doit ouvrir la porte.
Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

Nota bene : "Scelle tes charmes" Qui a prononcé ces paroles et que signifient-elles ?"



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Cycle 5 Re: On s'habitue au chaos [Ft. Breac]

Message par Breac Jamieson le Sam 13 Oct - 9:05

"Eh bien, Thea t'a embauchée, il semblerait. Et si je peux le dire ainsi, Thea est un monstre."

Breac leva les yeux au ciel en prononçant ces mots. Ils auraient pu avoir tellement de significations, et aucune qu'il prenait vraiment au sérieux... ni aucune qu'il prenait vraiment à la légère, en réalité. Thea était Thea et c'était déjà assez compliqué en soi sans qu'on y rajoute des tomes de discours encyclopédique (même si, chargée de se présenter succinctement, l'intéressée elle-même en aurait sans doute écrit quelques kilos bien épais. L'encyclopédisme, c'était son dada.)

Il n'était pas sûr d'apprécier l'idée de ces deux-là évoluant sous son toit sans qu'il puisse faire mieux que les surveiller du coin de l'oeil. D'autant qu'il avait une forme d'alliance différente avec chacune d'entre elles. C'était un peu comparable à Colin et Caiden, sauf qu'eux étaient mutuellement alliés avant de l'être avec lui ; il leur faisait donc confiance pour se protéger l'un l'autre. Thea et Sheena avaient une manière de se regarder en coin qui pouvait présager de tout sauf une alliance. Pas une guerre, c'était tout ce qu'il réclamait. Et avertir l'une contre les dangers de l'autre serait revenu à démarrer cette guerre.

"Tu veux l'avis d'un pauvre vieillard infirme qui ne connaît rien aux corsets ? Laisse ta boutique pour un temps si tu veux, et tu y reviendras quand ces stupides rumeurs se seront éteintes. Cache tes affaires et tes tissus chez toi, et cette fois, barricade portes et fenêtres. Les mauvais jours ne dureront qu'un temps et tes doigts de fée te manqueront au printemps. D'ici là..."

Il regarda autour de lui. Ce n'était vraiment pas un lieu pour accueillir une demoiselle bien comme il faut. C'était un club de gentlemen et de mauvais garçons. Sheena y serait tout à fait à sa place, à bien y réfléchir, ainsi qu'au rez-de-chaussée. Surtout si Thea voulait bien ranger de côté ses épingles à cheveux empoisonnées et la prendre sous son aile.

"...d'ici là tu peux rester tant que tu voudras. Personne ici n'aime qu'on l'enferme, c'est déjà un point commun."

Ayant mangé et bu, il se sentait un peu mieux. Il préférait ne pas penser aux plantes exactes contenues dans ces préparations sucrées, et espérait que sa visiteuse n'en ressentirait pas d'étourdissement. De son côté, il savait qu'il dormirait beaucoup dans les jours à venir, que c'était la volonté de Thea, et que le temps ainsi passerait plus vite jusqu'à sa guérison. Il était d'accord. Il aurait juste voulu pouvoir se diviser en deux, laisser Breac Jamieson se languir sur son fauteuil dans son corps immobile, et le Chevalier Stewart, invisible depuis son exil, mais qui restait son âme, s'élever dans les airs libre de ses mouvements et suivre l'avancement des autres vies qui comptaient à ses yeux.

Sa voix devint un murmure indistinct et son regard se perdit dans le vide. "Il n'y a pas que l'amour de toute façon, heureusement. Comme il n'y a pas que les enfants sortis de nos folies, il y a aussi les enfants des autres. Les amitiés sincères et solides sont de très belles étoiles en soi. J'ai vu des pays où le soleil ne se lève jamais. On y vit pourtant, on y fait des maisons de glace et on y est heureux." Il commençait à sombrer, son esprit divaguait légèrement. Navré de ne pouvoir résister plus longtemps, il esquissa un sourire d'excuse, et chercha une occupation qui pourrait encore les réunir dans l'état où il se trouvait.

Dans son délire...:
Succès/succès : ...Breac commence à planifier tout ce qui pourrait être amusant à faire sur la côte, si Sheena y retourne effectivement et si lui et les enfants lui rendent visite. Il pourrait même les lui laisser quelques mois en pension, quand ils seraient un peu plus indépendants. Alors qu'il s'endort, les dits enfants commencent à se réveiller et à s'agiter dans leurs chambres, étonnés que Thea n'arrive pas pour les lever.

Succès/échec : ...Breac regrette ses soirées en amusante compagnie qui ont précédé la tuerie sur le port, il commence à relater à quel point il s'amusait bien avec sa petite compagnie de Fir Darrigs déchaînés, à abîmer leurs santés respectives jusqu'à l'inconscience. A bien l'écouter, on pourrait presque avoir le sentiment que ces comportements, qu'il compte reprendre dès sa guérison, dissimulent eux aussi une tristesse qu'il nie joyeusement. "Les mauvais jours n'ont qu'un temps, mais parfois le soleil ne se lève jamais." Il s'endort avant d'en donner le fin mot.

Echec/succès : ...Breac réclame un petit jeu de tir au pistolet contre les oiseaux de passage, ou un tableau dont il s'est lassé... bref, il n'est pas de charmante humeur et il faut le rappeler à ses limites du moment. Il grogne mais se rend à l'évidence : il ne s'amusera pas de sitôt. Avant de s'endormir, il fait promettre à Sheena que dès que ce sera possible, on le portera du moins au jardin. Il y a, paraît-il, un grand costaud qui va travailler à la taverne dès qu'elle ouvrira, et qui ferait cela facilement, fauteuil compris. Il s'endort avant d'avoir donné des indications plus claires.

Echec/échec : ...Breac décide qu'il est capable de se lever. Surprise : il n'est pas capable. Il se fait mal stupidement, fond en larmes comme un petit enfant capricieux et s'endort d'un bloc, étourdi par le choc qu'il vient de s'infliger.

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I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 5 Re: On s'habitue au chaos [Ft. Breac]

Message par Ceann-Uidhe le Sam 13 Oct - 9:05

Le membre 'Breac Jamieson' a effectué l'action suivante : Le Destin


#1 'Succés/Echec' :


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#2 'Succés/Echec' :
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