1762 - L'été de l'année dernière, Édimbourg, Écosse. Les vagues frappaient contre la rive en un bruit constant et répétitif, comme une douce berceuse chantée par la mer du nord, une caresse légère sur votre front, un tendre baiser rassurant de la nature. Tout indiquait un matin normal sur les quais du port de Leith, si ce n’étaient les corps inertes qui flottaient comme des billots de bois mou abandonnés. Six corps. [...] Lire plus.
Lundi, 15 octobre 2018

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Sirène de jour et le jour du Darrig [pv la Vénus d'Edimbourg]

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Cycle 3 Sirène de jour et le jour du Darrig [pv la Vénus d'Edimbourg]

Message par Alasdair Nilsen le Lun 20 Aoû - 14:47





Sirène de jour
et le jour du Darrig

Avril 1762, à midi, une semaine après la fabuleuse nuit
Dans une semaine, parmi la callune, à midi. Les mots de cette soirée enchantée résonnaient encore dans ses esgourdes avec tout le charme de la voix qui les avait prononcées. Rien ne reste, sinon quelque bribes de souvenirs incomplets, jamais égaux à l'instant. En se levant ce matin, Alasdair Nilsen ne savait s'il aurait voulu remonter le temps, remonter vers cette nuit, ou que celui-ci avance plus vite, droit vers midi, vers cette chevelure rousse.

La réponse à l'énigme, il l'avait trouvée presque instantanément. Cette ville était la sienne, les lieux de beuverie étaient tous dans sa tête, avaient tous quelques souvenirs qui leur étaient associés. L'énigme trouvée de suite lui avait donc laissé une semaine pour laisser libre cours à ses pensées. Ainsi, il avait entamé une collection de montres à gousset qui tournaient à l'envers. Défectueuses, fabriquées par des originaux, qu'importe. C'était sa nouvelle lubie. Alasdair Nilsen se prenait pour Doctor Who et voulait remonter le temps. (Vous me direz : Quelle passion onéreuse et invraisemblable ! Et je vous répondrais : Nous sommes dans une fiction semi-historique, et les fonds d'Alasdair sont tantôt immenses, tantôt inexistant selon les besoins du scénario, et actuellement sa collection ne se composait encore que d'une seule montre, probablement vieille et rachetée au rabais, alors ne vous formalisez point de ce détail.)

Cette nuit là, il avait faillit mourir. Vous me direz : quelques mois auparavant aussi, il avait faillit mourir, il doit avoir l'habitude maintenant ! Mais, cette fois-ci, c'était différent. Il y avait une femme. Une très belle femme, une femme très enjouée, une femme remarquable. Vous me direz : La Délé' aussi est une femme remarquable, et elle était présente lors de sa première tentative de meurtre ! Oui, mais la Délé', ce n'était pas pareil... Cette petite, il y voyait de la liberté, de la fougue, une extraordinaire jeunesse.

Oh, n'allez pas croire qu'il était tombé amoureux. À vrai dire, Alasdair n'avait aimé qu'une seule et unique personne dans sa vie : sa femme. Et lorsque je dis aimer, je veux dire, véritablement aimer. Pas juste une passion passagère, un besoin de solitude à combler, ou une envie pressante de se vider les bijoux de famille, si vous me permettez l'expression.

Mais voilà, sa femme, elle était morte. Et lui, maintenant, il était vieux, et sans elle, sans être aimé avec qui vieillir, sans enfant à voir s'épanouir. Bien sûr, bien sûr, il avait Colin. Mais Colin, ce n'était pas pareil. Il l'aimait tendrement, mais ça restera toujours un peu ce brin d'herbe folle, ce chat sauvage sur lequel, dans le fond, il n'avait aucun droit. Et puis, bien sûr, il vieillissait avec ce fabuleux MacLeòd. Mais, là aussi, cela n'avait pas grand chose à voir. C'était l'unique, le fabuleux, et toutes les femmes du monde n'auraient su le remplacer.

Vous savez ce que Hannah avait de si particulier ? Elle était jeune. Et ce n'est pas que leur décennie d'écart qui lui donnait cette impression, c'était elle. Elle était jeune, toujours, même avec des enfants morts sur les bras et des rides naissantes. Et dans l'esprit du vieil homme, un mémorial à sa mémoire était si présent qu'il ne se passait pas un jour sans que derrière ses yeux rieurs, il ait une pensée pour la défunte.

Seulement, voilà. Il sentait que bientôt, il allait la rejoindre. Cela ne l'effrayait pas, au contraire. Ce qui l'effrayait, c'était de vieillir. C'était de ne plus être capable de porter une grosse pierre sous l'eau, d'arrêter le bras frêle qui tentait de l'assassiner, de mettre la main sur le foutu anglais (parce que ce ne pouvait être qu'un anglais) qui avait tiré sur Colin. Et si pour avoir l'impression de ne pas être si vieux, il devait se précipiter plus vite encore vers la tombe, c'était tout aussi bien.

Alors, Alasdair Nilsen avait décidé de remonter le temps. Hier soir, à minuit, il avait mis à l'heure sa montre à gousset, qui tournait à l'envers, pour être sûr de bien arriver à midi, au lendemain. Au matin, il avait revêtu son plus beau chapeau et s'était fait élégant, aux allures plus bourgeoise qu'il ne l'était réellement, pour voir la jeune femme. La jeune femme qu'il s'était senti sur le point d'embrasser et qui lui avait donné bien des tourments pour revenir chez lui ce soir là (comme il avait maudit sa folie en cherchant son cheval dans le froid !), et qui l'amusait follement. Oserait-elle le regarder dans les yeux après s'être montrée à lui dévêtue ? Qui était-elle, pour posséder un canasson et habiter Edimbourg ? Travaillait-elle à la callune, ce cheval était-il un emprunt à un des nombreux voyageurs qui y passaient ? À la lumière du jour, serait-elle aussi provocante et charmeuse envers un vieil homme comme lui ?

Il sentait vaguement que la revoir était faire une infidélité à sa femme, voire même une infidélité à lui-même, qui ne fréquentait plus aucune donzelle depuis fort longtemps, et y avait pour tout dire, renoncé définitivement. Mais aujourd'hui, il remontait le temps, allait vers l'inattendu, avec son sourire le plus canaille, et ses manières de gentilhomme. Parce que rien ne reste, il devait vivre toutes les folles aventures, et tant pis si cela impliquait de vendre des enfants sous prétexte de charité, et tant pis si cela voulait dire d'aller retrouver une charmante demoiselle qu'il ne devrait point revoir en ayant à peine le prétexte d'une femme décédée qui n'aurait voulu que son bonheur et n'appréciait point la tristesse, qui combattait le deuil au point d'accueillir chaque nouveau mouchard sortant d'entre ses cuisses comme s'il était le premier, avec la même affection, la même joie et les mêmes espoirs, là où lui s'embourbait dans les pleurs maladroits et le sentiment de perte irrémédiable, de néant de la vie et de sens.

La belle avait bon goût. Une vraie écossaise, pour sûr, lui donnant rendez-vous sous la callune, et assez bon pilier de bar pour savoir où boire si on ne souhaite surtout pas être reconnu de quiconque, puisqu'il n'y a bien que des étrangers et gens de passage ici. À ses yeux la Ceasg revêtait les habits d'une amazone parlant le scots, en plus féminine et plus gracieuse.

Alors, avec son air de vieil hibou, ayant réarrangé sa coiffure et non sans avoir plissé sa moustache, c'est le sourire aux lèvres qu'il rentra dans le boui-boui, les yeux à la recherche de la belle qu'il comptait, sinon poursuivre de ses avances, au moins embarrasser de son mieux, la pousser jusqu'au bout. À croire que dans sa tête, tous deux, au bord de la mer s'étaient muettement lancés un défi, à savoir qui irait le plus loin dans ce petit jeu stupide. Le soleil était à son zénith, poursuivant sa course dans le ciel secondes après secondes, et entamant son lent déclin vers la nuit. Remontant le temps jusqu'à cette fameuse soirée, mais se précipitant doucement vers la fin du jour.

Au regard surpris d'un gamin à côté de lui, qui devait se demander qui était ce drôle de bonhomme trop bien fagoté pour le lieu, il balança un peu fort, un peu fripouille, et avec pourtant quelques étoiles dans les yeux « 
Je cherche la plus belle rousse d'Edimbourg !
 », puis lui donnant un coup de coude dans les côtes, il rajouta un peu plus doucement, avec un peu plus de galanterie « 
Donc la plus belle femme du monde, puisque les rousses sont les plus belles, et qu'on trouve les plus belles rousses à Edimbourg !
 ».

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Un nain de jardin te fait face. Il a encore la bouche pleine d'un tas de lettres qu'il a mangé : dommage, tu n'as plus que trois choix de réponses. Tu te retiens de pousser un cri devant une telle horreur et t'apprête à t'enfuir, lorsque tu t'aperçois que tu es encerclé par ces petits monstres
- Tu lui donnes un coup de pied : Vas en I.
- Tu lui demandes d'exaucer un vœu : Vas en N.
- Tu t'agenouilles, te fais passer pour l'un des leurs et commence à les suivre : Vas en F.

I Les nains semblent effrayés. Ils attrapent les lettres restantes et les avalent, se remplissant de nouvelles possibilités, mais te privant de tout échappatoire. Tu sens une ombre te recouvrir et lorsque tu te retournes, il est trop tard : le Sreath-Mhurtair t'assassine tandis que les nains ricanent, murmurant "le I est pour idiot". Tu es fortement invité à recommencer ce jeu.

TI Il n'y a qu'un seul et unique vœu possible, tu n'as pas su le choisir : les nains te ligotent, te privent de tes lettres et écrivent "triple idiot" sur ton front. Tu es livré es jeté dehors, à la merci du Sreath-Mhurtair qui se lèche les babines en te voyant.

F Tu avances avec peine dans un de leurs souterrains où le nain te guide. Arrivé à un embranchement muni de pancartes où tournes-tu ?
- Tu vas vers le nain qui t'enjoint à le rejoindre dans la salle du vœu : Vas en N.J.
- Tu prétends que tu les trouves très impolis, car d'après les coutumes de ton jardin, les invités ont le droit à une sieste dans la salle aux trésors avant toute chose : Vas en F.V.
- Tu es agacé par ce jeu stupide qui n'a rien à faire ici et a peu à voir avec Alasdair et choisit de revenir sur tes pas, ces derniers te courent après : Vas en I.

FV Tu te relèves et commences à creuser vers le haut, prenant tous les trésors possibles et t'enfuyant à grandes enjambées. Bravo : tu as choisi la meilleure des voies, celle de la fourberie, toujours victorieuse ! Alasdair te féliciterait.

N Le nain te promet d'exaucer tous tes vœux et il est prêt à te montrer ses pouvoirs magiques. Il te prend par la main, te demande de fermer les yeux, de t'agenouiller et de marcher.
- Tu ouvres les yeux malgré tout en chemin, rompant le sortilège et suscitant l'agacement du nain : Vas en f
- Tu déchaines ta colère demande à avoir ton vœu tout de suite et refuse de marcher : Vas en i
- Tu laisses le sortilège opérer : Vas en NJ.

NJ Tu te retrouves au milieu d'une arène envahie par les nains de jardin. Le roi nain te fait face et te demande quel est LE vœu.
- Tu demandes plus de vœux : Vas en TI
- Tu insinues que ce jardin n'est pas assez riche pour exaucer LE vœu, furieux, ils te conduisent à la salle aux trésors pour que tu retires ta parole : Vas en FV.
- Croyant à leur magie, tu demandes à être l'être le plus puissant de l'univers : Vas en GNJ

GNJ Le roi des nains déclare qu'ils ont enfin trouvé l'être suprême, le Grand Nain de Jardin. On te coiffe d'un bonnet rouge, t'installe sur un trône et te prie à longueur de journées, te menaçant de mort si tu oses essayer de t'échapper...


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Cycle 3 Re: Sirène de jour et le jour du Darrig [pv la Vénus d'Edimbourg]

Message par Kenno'cha MacKenzie le Sam 8 Sep - 16:30

Le gamin fronça les sourcils et regarda le vieil homme d'un air peu convaincu. « T'es bizarre toi » Se contenta-t-il de lui dire en s'éloignant, préférant milles fois ne pas se tenir de ce bonhomme étrange que d'y rester. Il retrouva sa mère d'ailleurs, et de l'autre côté de l'auberge, une dame pouffait, dissimulant le bas de son visage de sa main, elle observait le vieil homme en train de la chercher. Au moins, il venait de lui prouver qu'il avait l'esprit pour deviner les choses, même si sa devinette n'était pas très difficile, et surtout, il était aussi plaisant au grand jour. Comme elle avait envie de se la jouer maligne, elle restait en retrait pour observer, mais cette fois, dans sa tenue de dame, elle n'était plus la dévergondée de la nuit. Bon, certes, en même temps, elle ne s'était pas réellement dévergondée, elle avait profité de sa nuit et le hasard avait voulu que...

Oui, bon un arrangement de la vérité, mais peu importe. Elle le regardait, malicieuse et curieuse, dévisageant sa moustache et son élégante barbe. Il n'était pas à la mode du siècle, mais cela lui convenait. Il avait Lui et ce Lui était fichtrement sympathique. Ainsi donc, elle resta assise un instant, dans sa robe rouge profond, à la dernière mode, elle avait choisis la couleur pour ses propres gouts et elle avait des envies ensanglantées qu'elle irait taquiner plus tard, ou assouvir plutôt.

Des gens le regardaient et elle fit un clin d'oeil à la serveuse, qui, la main pleine de son chiffon sale fit signe au vieil homme de la suivre, pour prendre place. Bien comme il avait été prévue et demandée par la dame fortunée, elle lui fit contourner la salle, pour que le pilier cache la rousse et qu'il puisse ne la découvrir qu'une fois proche de la tablée. D'ailleurs, elle se mit à observer sa silhouette d'une oeillade amusée. Sa bouche s'ornait d'un sourire malicieux et elle ne dit mot jusqu'à ce qu'on vienne l'asseoir à sa table.

Voilà une semaine qu'elle avait attendu cette rencontre, sans trop y réfléchir pourtant. Elle aimait la liberté du jeu et ses appréhensions, c'était ce qui la charmait le plus. En vérité, le moment de consommation était moins intéressant, elle adorait les badinages aux limites, ce genre de chose. D'ailleurs, elle l'invita à s'asseoir et souffla.  « Vous voilà enfin ! M'avez-vous fait languir à cause de mon presque abandon au fond des eaux ? » Elle lui rappella ce souvenir comme s'il était normal de noyer des gens, avant de soupirer et de l'observer.  « Déçu ? »

L'était-il ? Alors que sous la lumière du jour, elle se présentait bien comme une « dame » et pas comme une demoiselle de rue qui vivait de liberté et de simplicité...




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“ Méfiez-vous de l'espiègle créature à la voix cristalline, elle vous séduit de ses mimiques et de son air charmant, pourtant, les sirènes se sont penchées sur son berceau...pour qu'elle séduise les hommes de son engouement joueur si délicieux, et surtout pour dévorer vos âmes au son de ses chansons..." Ainsi parla Léandre de la jeune femme dans un de ses romans
Jeune veuve presque éplorée, elle porte à bout de bras l'Empire Textile de Grawn Textile, faisant fortune avec le lin. Chanceuse à ses affaires, qu'elle tient d'une main excellente, ainsi que lui a appris son époux, le tout reviendra à son fils, seul et unique héritier Grawn.
Amoureuse de chant et manipulatrice des notes, un air coule toujours sur ses lèvres pour vous plaire et vous emporter dans la sarabande de son existence pleine de vie!
Elle est douce comme terrible, mais merveilleuse de légèreté, cachant un esprit plus aiguisé que l'on ne pourrait le soupçonner. Femme qui rêve d'être forte, elle admire Diderot et la philosophie de son siècle, rêvant de France et de courir les salons, elle ne croit en Dieu que pour les apparences et privilégie le matérialisme mais mieux vaut dissimuler ce genre de chose...


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