Été 1761, Édimbourg, Écosse. Les vagues frappaient contre la rive en un bruit constant et répétitif, comme une douce berceuse chantée par la mer du nord, une caresse légère sur votre front, un tendre baiser rassurant de la nature. Tout indiquait un matin normal sur les quais du port de Leith, si ce n’étaient les corps inertes qui flottaient comme des billots de bois mou abandonnés. Six corps. [...] Lire plus.

Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

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Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Breac Jamieson le Mar 7 Aoû - 17:25

Le nez baissé comme un fauve puni qui rentre dans sa cage, Breac n'avait pas fière allure alors qu'ils traversaient les rangs du bon peuple d'Edimbourg, dans le seul espoir de s'affranchir de leur indiscrète présence. Il eut toutefois mille occasions de retourner dans sa tête les formules qu'il allait employer. Ça ne lui était pas si fréquent – de se faire faire la leçon par une demoiselle, si ; il avait ce qu'il fallait à la maison pour ça – mais de réfléchir aussi longuement avant de parler. A bien le pratiquer, il pouvait dire avec assurance qu'il détestait l'exercice et qu'on ne l'y reprendrait pas de sitôt. Enfin, à moins que le résultat n'en présente un quelconque intérêt, bien sûr. Il verrait cela à l'arrivée. Au milieu du trajet, il se contenta de marmonner à voix basse, sans être bien certain d'être entendu par-dessus la rumeur de la rue :

"...en tout cas ne vous inquiétez pas pour les enfants : ils ne sont pas concernés."

Puis il poursuivit dans le même silence, envahi, lui semblait-il, par les bruits du dehors, comme la maison quand on en ouvrait toutes les fenêtres et que le vent la traversait.

A propos de vent, celui du large dissipait quelque peu la chaleur étouffante du jour lorsqu'ils gagnèrent leur lieu de rendez-vous avec la vérité. Cross my heart and hope to die, comme disaient les vieux d'Appin avant de déclarer une vérité... voilà ce qui lui venait en tête lorsqu'il devinait, dans un pilier de pierre noircie par la dent des flammes, et sans doute jadis blanche, la forme rongée d'une croix. Personne ne les avait abordés ; personne ne les avait probablement espionnés ; et personne ne les suivait maintenant. Eh bien, était-on suffisamment isolé du monde ici pour le confort de mademoiselle ? (Malgré lui, Breac se sentait en veine de singer une humeur antagoniste, comme il le faisait si souvent face à ce qu'on ne pouvait appeler autrement que l'autorité de Barbara.)

"Vous savez de quoi je veux parler. Vous avez autant à cacher que moi. Sinon, vous n'auriez pas ainsi sursauté." Il y avait presque une tension accusatrice dans sa voix. Il se radoucit immédiatement en constatant que Sheena n'était pas forcément très rassurée par ce qu'il s'apprêtait à dire ; et qui aurait pu lui en vouloir ? "Vous appartenez à l'une des factions mais laquelle... Oh, ça m'est bien égal, je n'en déteste aucune. Et vous savez que je vous aime bien. Voyons, vous êtes l'amie des petits, jamais je ne vous ferais de mal. Barbara me tuerait !"

Il éclata de son grand rire en sautant sur une pile de pierres brûlées, tâchant d'équilibrer sa silhouette par ses bras étendus, que rallongeaient encore les bouteilles au bout de ses mains. Dans son jeune temps, il pouvait courir sur une poutre sans tomber ni hésiter, surtout pour échapper à une correction. Et dès qu'on ne le distinguait plus clairement, hop : il disparaissait ! La vue baissant, l'exercice devenait chaque jour plus périlleux, mais ça ne l'empêcherait certainement pas de le poursuivre jusqu'à ce qu'une vilaine chute vienne lui remettre la tête sur les épaules.

"Je vais vous faire la courtoisie de nous présenter, Timothea et moi ; c'est vrai que ça peut être une bonne idée de présenter les gens, ça leur évite de dire ou de faire des bêtises... Thea est un Selkie et je suis un Fir Darrig. Elle se change en bête et... je fais des farces. De vilaines farces, c'est maladif, vous comprenez. Elle ne dénoncerait pas un autre monstre, je crois, elle a une trop faible estime pour le commun des mortels."

Arrivé à mi-chemin de son itinéraire, il réalisa qu'il vacillait beaucoup trop pour le poursuivre et s'assit les jambes ballantes, observant le vide où il avait laissé Sheena. Eh bien, c'était fort facile à dire tout cela, et il ne restait plus qu'à se rendre un peu invisible pour témoigner de toute l'étendue du désastre. L'atmosphère était quelque peu tendue, électrique même, dans l'attente d'une réaction, mais c'était probablement dû au temps lourd et presque orageux de cette après-midi d'été.

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Inconvénients : Incapable de laisser passer une défaite ; farceur ; ses plaisanteries vont trop loin ; et il est fasciné par la couleur rouge.
I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Sheena Matheson le Mar 7 Aoû - 19:27

"...en tout cas ne vous inquiétez pas pour les enfants : ils ne sont pas concernés."

L'oreille aux aguets de Sheena, guettant la moindre rumeur qui aurait pu trahir un voisin curieux, avait perçu le murmure mais la caoineag ne préféra pas relever. Mr Jamieson l'ignorait, cependant venir ici pour elle avait des allures de pelerinage. Ils passèrent devant sa maison dont le jardin prenait des allures de champ de mauvaises herbes. Elle ne fit aucun commentaire, percevant l'absence de Calum autour de l'endroit comme des mains qui lui enserraient la gorge. Enfin ils arrivèrent, enfin Mr Jamieson brisa le silence et se faufila parmi les pierres noires. Elle le rejoignit rapidement.

"Vous savez de quoi je veux parler. Vous avez autant à cacher que moi. Sinon, vous n'auriez pas ainsi sursauté...Vous appartenez à l'une des factions mais laquelle... Oh, ça m'est bien égal, je n'en déteste aucune. Et vous savez que je vous aime bien. Voyons, vous êtes l'amie des petits, jamais je ne vous ferais de mal. Barbara me tuerait !"

Elle eut un sourire en demi-teinte dont elle-même n'aurait pu réellement donner la signification. Il était un monstre ? Qu'il le prouve donc. Elle le suivit des yeux tandis qu'il grimpait s'installer un peu plus haut malgré un équilibre qui n'était semblait-il plus de toute jeunesse.

"Je vais vous faire la courtoisie de nous présenter, Timothea et moi ; c'est vrai que ça peut être une bonne idée de présenter les gens, ça leur évite de dire ou de faire des bêtises... Thea est un Selkie et je suis un Fir Darrig. Elle se change en bête et... je fais des farces. De vilaines farces, c'est maladif, vous comprenez. Elle ne dénoncerait pas un autre monstre, je crois, elle a une trop faible estime pour le commun des mortels."

Son esprit associa les noms au livre de contes gaéliques qu'elle possédait et su rapidement de quoi il en retournait. Elle le regarda renoncer à son ascention et s'assoir au milieu des pierres. Calant les deux bouteilles sous un bras, elle souleva légèrement ses jupes et le rejoignit. Ce ne fut qu'une fois assise, les bouteilles posées près d'elle et imprégnée de l'atmosphère du lieu qu'elle répondit enfin.

"Je suis une caoineag."

Voix grave et les yeux qui se perdaient dans ce qui restait du sol en contrebas.

"C'est mon chant qui cause des désastres, entre autres."

Et sa propension à attirer les ennuis, songea-t-elle.

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"Il doit ouvrir la porte.
Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

Nota bene : "Scelle tes charmes" Qui a prononcé ces paroles et que signifient-elles ?"



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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Breac Jamieson le Mer 8 Aoû - 11:07

Bon ; eh bien c'était fait. Ils savaient maintenant tout ce qu'il y avait à savoir, et ils ne se battaient toujours pas. Quel soulagement ! Si elle avait été ignare et qu'il avait fallu tout lui expliquer, il se serait perdu en route et aurait fini par s'énerver. Les questions naïves sur ce genre de sujets le faisaient facilement monter au créneau, surtout quand il était nerveux. Il était nerveux ? Mais non. Il avait soif voilà tout, ils avaient parlé comme deux pipelettes sans rien boire, ça n'était pas humain. Tiens, d'ailleurs, qu'est-ce qu'on dit à quelqu'un qui annonce être Caoineag ? Toutes mes condoléances ? Bon elle ne lui avait pas dit Vade Retro, alors... pas de blagues, pas de blagues.

"...Oh. J'avais espéré que vous seriez une Selkie, au moins je sais précisément à quoi ça rime. Mais je me doutais que vous n'étiez pas comme moi."

D'un air mystérieux, le sourire bien accroché sur ses lèvres comme quelqu'un qui n'a jamais éprouvé autre chose que de la fierté et de la confiance en soi, il saisit le bout de son gant et le retira soudain, avec un mouvement de prestidigitateur : c'était ainsi qu'il avait procédé avec les enfants, mais il avait alors dissimulé tout le reste de sa personne derrière une porte, pour qu'ils croient que seule sa main avait disparu. Au final, ils avaient été plutôt soulagés. Ses grandes mains rouges auxquelles il manquait des doigts leur faisaient assez peur à l'origine, peut-être à cause des histoires abracadabrantes qu'il leur avait spontanément raconté à leur sujet.

Et hop ! Magie ! A l'instant où son gant quitta sa main, il devint invisible pendant une fraction d'instant. Le souffle lui manqua un peu et il prit appui sur les pierres environnantes pour ne pas sembler trop étourdi, juste agréablement vautré au soleil. Il ne voulait pas inquiéter la jeune femme à ses côtés. Elle ne pouvait pas tout savoir.

"Vous êtes bien confiante. J'aurais pu dire ça pour vous pousser à la confidence, et ensuite vous traiter d'abomination."

Une grimace, qui à l'origine devait être un sourire, se forma sur son visage alors qu'il échouait à refermer son gant restant, celui à moitié vide, sur le goulot de la bouteille à côté de lui. Un de ces jours il ne serait plus bon à rien. C'était affligeant. Et puis il était content de lui, il avait fait passer le message qu'il était venu apporter, le temps était venu de faire la fête et de plaisanter, maintenant, et de dédramatiser au maximum cette information mutuelle : lui était une sale bête diabolique intenable et quelque peu obsessionnelle, et elle, à ce qu'il savait de la chose, une asthmatique dépressive qui portait malheur et qui ne pouvait pas avoir d'enfants.

Cette dernière idée le frappa. Bon, il n'avait jamais trop eu l'instinct d'un père de famille lui-même, considérant les enfants de son entourage comme des entités complexes jusqu'au moment où ils devenaient de petits adultes exploitables au même titre que les autres. En somme, ils l'intéressaient à partir du moment où ils étaient libres de leur parole et de leurs mouvements ; avant ça, il ne savait pas quoi en faire. On lui aurait collé un bébé dans les bras qu'il aurait attendu placidement que ça passe, en faisant des plaisanteries douteuses dans l'espoir de choquer la mère et qu'elle reprenne le paquet.

Mais il commençait à se dire que l'attachement de la demoiselle pour les deux petits qu'il gardait indiquait chez elle un autre instinct, et que dans ce cas... De nouveau il imagina les amener prendre le thé avec elle et son ami du manoir, auquel il prêtait tout naturellement les mêmes traits qu'au défunt père des enfants, parce que c'était plus simple ainsi. Oui, dans ces conditions ça lui serrait moins le coeur. C'était logique. Deux pièces de puzzle qui se rencontraient et s'adaptaient. Et lui au milieu aurait été quelque chose comme le vide qui disparaîtrait quand elles se seraient adaptées correctement, plus ou moins : aucun regret à avoir.

"Alors on ne chantera jamais ensemble ? C'est un peu triste. Mais bah, on a d'autres solutions pour se distraire. Et je dirai juste aux enfants que vous chantez très faux. Vous pouvez ouvrir cette bouteille pour un vieil homme fatigué ?"

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I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Sheena Matheson le Mer 8 Aoû - 21:14

"...Oh. J'avais espéré que vous seriez une Selkie, au moins je sais précisément à quoi ça rime. Mais je me doutais que vous n'étiez pas comme moi."

Et le temps que Sheena réponde, il avait enlevé son gant et disparu. Elle cligna des yeux et le retrouva là où il aurait dû être, assis sur les pierres. Elle ne dit rien, porta sa main à sa poitrine pour essayer de calmer son coeur qui s'était subitement emballé. Elle savait que certains monstres pouvaient faire ça, mais elle ne l'avait jamais vu. Et elle se demanda soudain avec horreur si le tueur, pour peu qu'il possède un monstre de cette nature, en serait aussi capable.

"Vous êtes bien confiante. J'aurais pu dire ça pour vous pousser à la confidence, et ensuite vous traiter d'abomination.
- Tout comme vous l'êtes, sourit-elle. Vous me montrez vos pouvoirs sans preuve de ma véritable nature."

Elle le regardait du coin de l’œil, pas encore certaine de savoir quoi penser de la situation. Il se démenait avec son gant dans laquelle sa main estropiée refusait de rentrer.

"Alors on ne chantera jamais ensemble ? C'est un peu triste. Mais bah, on a d'autres solutions pour se distraire. Et je dirai juste aux enfants que vous chantez très faux. Vous pouvez ouvrir cette bouteille pour un vieil homme fatigué ?
- Il vaut mieux pour vous, sinon, les chansons seront les cadets de vos soucis, répondit elle en saisissant la bouteille qu'il lui tendait. Et ne vous inquiétez pas pour les enfants, je sais faire attention."

Elle ouvrit la bouteille d'un geste machinal, comme si elle avait fait ça toute sa vie, ce qui, en soit, n'était pas tout à fait faux mais ne figurait pas dans les histoires à l'ordre du jour, sauf si Mr Jamieson le lui demandait. Et encore... certaines choses étaient très bien là où elles étaient.

Elle hésita un instant, la bouteille en main, et des bribes de la taverne avec Harlow en tête. Peut-être, songea-t-elle, que le meilleur moyen de dépasser ses peurs étaient de les affronter. Et sur ces pensées, elle but quelques gorgées et tendit le whisky à son nouvel ami monstrueux.

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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Breac Jamieson le Ven 10 Aoû - 15:41

Agacé, Breac finit par jeter ses gants à côté de lui. Tout entiché qu’il soit de sa tenue et du soin qu’il y avait apporté, il n’avait guère de scrupule à maltraiter et à perdre ses gants. C’était un peu l’illustration de toute cette infernale mascarade d’honnête homme qu’il jouait par égard pour les enfants placés sous sa protection. Il était fier d’assurer cette protection, mais il aurait aimé le faire en ses propres termes, à la pointe du couteau. Pour avoir fréquenté la Cage de Cluny, il savait à quels extrêmes ce genre d’attitude pouvait amener des fugitifs, reclus au coeur de la lande en des lieux si sauvages et si inhospitaliers qu’on n’aurait pu les découvrir là, en appartenant à une armée d’occupation qui se voulait civilisée. Mais il était certain que les enfants se seraient bien amusés dans une telle cabane. Enfin… jusqu’à ce que l’hiver arrive. Machinalement, il se passa la main sur la gorge et reprit d’un air assuré :

« Moi, je peux me permettre d’être confiant. J’ai tué plus d’adversaires en duel que vous n’avez mangé de petits fours dans votre vie. Je n’en suis pas fier mais j’ai tué des gens pour des bêtises que d’autres avaient fait ; parfois moi, parfois personne. »

Souvent lui, souvent aussi personne, et quelquefois un tout autre quidam qui se trouvait à des lieues de là. Et tout de même à quelques reprises, l’adversaire qu’il avait devant lui. Il ne tuait pas forcément, mais plus souvent qu’il ne l’aurait souhaité, car c’était ainsi qu’il avait appris à se battre, de la main de quelqu’un qui se souciait fort de sa santé, attendu que c’était son propre père et lui-même un militaire fort sérieux avec ce genre de matières, à défaut d’autres. Pendant un instant, Breac plongea dans ses souvenirs. Il avait presque oublié qu’il devisait là avec une représentante du sexe faible, et non avec un camarade propre à entendre ses sanguinaires insanités. D’ailleurs, Sheena s’était élevée à une dignité supérieure, et ce, doublement : elle appartenait au peuple des Créatures dites Imaginaires et elle échappait au règne des dames soumises. Cela en faisait une forme d’aventurière, dans l’âme du moins, quoiqu’elle n’ait jamais pris le sabre et embarqué pour les Tropiques.

« Un soir, j’ai reçu une mauvaise nouvelle et je me suis promené toute la nuit, en provoquant en duel tous ceux que je rencontrais. A l’aube, un de mes camarades m’a écrasé une chaise sur le crâne pour que je cesse mes enfantillages, et m’a ramené à ma tente. Je me suis réveillé couvert de sang séché et de courbatures, avec la gueule de bois. » Levant la bouteille à la santé de cette vieille histoire, il réalisa qu’une vraie, sérieuse gueule de bois, ça ne lui arrivait pas souvent. S’en payerait-il le luxe d’une aujourd’hui ? Non, sans doute pas. Il aurait eu besoin de repérer clairement ce qui la justifiait. Or, tout allait bien a priori. Il n’aurait pas su dire pourquoi mais cela lui donnait bon espoir en l’avenir, de savoir que son amie, l’amie de Barbara, était issue comme lui du folklore local. Comme si tout s’enchaînait à la perfection dans le dessein formé par les parents des deux petits. D’ailleurs, à leur propos... « Et là, j’ai vu la lettre ouverte à mon chevet, je me suis souvenu de l’affaire, et je n’ai plus eu qu’une envie : recommencer ! »

Le baiser de la bouteille ramena une forme de joie et de soleil sur la vieille église dévastée, au-dessus de laquelle se rassemblait une nuée sombre et de mauvais augure, éveillant comme un malaise diffus sous l’effet des variations de pression atmosphérique. Il en fallait encore beaucoup pour atteindre une quelconque forme d’ivresse, mais la chaleur du liquide était réconfortante. Voilà, dans ces conditions on pouvait bavarder agréablement ! Il fixa son regard sur la jeune femme en étudiant la façon dont elle tiendrait le whisky, à peu près certain qu’elle allait finir par s’étrangler, avoir les joues rouges, les yeux brillants et le langage incohérent. Tant qu’elle ne tombait pas du mur, tout allait bien.

Les temps changent:
Succès/succès : Le vent se lève et balaie les cendres : quelque chose de brillant apparaît au sol, et capte l’œil des buveurs.
Succès/échec : La pluie commence à tomber à verse. Abritez-vous !
Echec/succès : C’est la grêle qui se met à tomber, soyons fous.
Echec/échec : Un orage éclate et la foudre s’abat sur les restes du clocher.

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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Ceann-Uidhe le Ven 10 Aoû - 15:41

Le membre 'Breac Jamieson' a effectué l'action suivante : Le Destin


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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Sheena Matheson le Sam 11 Aoû - 11:58

Il y avait quelque chose de plaisant à écouter Mr Jamieson évoquer ces histoires, même si ces histoires n'étaient pas forcément celles qu'on raconte à une nouvelle connaissance. Mais au-delà ce que qu'il évoquait, c'était sa manière même de se confier qu'aimait Sheena. Un côté bougon, pas dégrossi et si on faisait un peu plus attention on voyait, pas forcément un homme radicalement de différent, mais quelqu'un qui se révélait plus doux que ce que la première impression laissait supposer. Et surtout, ce qu'elle appréciait, c'était que malgré quelques remarques sur sa fragilité apparente à elle, il osait lui parler comme on ferait à un homme, un camarade.

Sheena ouvrit l'autre bouteille et but quelques gorgées, songeuse. L'alcool lui brûla la gorge, mais pas avec la même intensité que lorsqu'elle avait suivi Harlow à la taverne. Son corps semblait avoir repris ses habitudes et, sentant le regard de Mr Jamieson sur elle, elle se tourna vers lui et lui sourit.

"Vous êtes ce genre d'individu dont il vaut mieux être l'ami, et dont on finit par réellement apprécier la compagnie."

Ses yeux se reposèrent sur le clocher branlant, où la cloche avait l'air d'un gros oiseau pris au piège d'une cage trop petite. La bouteille pesait un poids étrange dans ses mains, une attache à un passé qu'elle aurait volontiers laissé enfoui en elle. Cependant, cette fois ci était différente, cette fois si elle n'était pas seule et savourait la présence de son compagnon de boisson. Chose qu'elle n'avait jamais vécu auparavant.

Et soudain, un bruit sourd se fit entendre. Levant la tête vers le ciel, elle vit le ciel s’obscurcir d'un coup et une pluie fine commença à tomber. Le temps qu'elle réagisse, les gouttes se firent plus nombreuses et plus fortes et surtout un éclair zébra le ciel et un bruit écrasant retentit presque instantanément. Elle rentra la tête dans les épaules et se rapprocha instinctivement de Mr Jamieson. Le ciel s'éclaircit une nouvelle fois dans un vacarme de tous les diables, et Sheena chercha des yeux avec appréhension où il avait bien pu tomber.

L'éclair blanc:
Succès/Succès : L'éclair est tombé sur la cloche qui ne se détache pas mais résonne suffisamment pour faire trembler les murs. Mieux vaut s'éclipser.
Succès/Echec :  L'éclair s'est abattu sur la cloche, faisant s'écrouler le clocher dans un bruit de métal hurlant et de pierres roulantes. Le reste semble tenir le choc et ni Sheena, ni Mr Jamieson ne sont en danger immédiat (bien que partir soit une option intéressante).
Echec/Succès : L'éclair tombe sur la cloche qui se détache et entraîne avec elle le clocher et les quelques murs restants vibrent d'un tremblement qui n'augure rien de bon. Fuir est un bon plan.

Echec/Echec :
L'éclair s'est abattu sur la cloche, faisant s'écrouler le clocher dans un bruit de métal hurlant et de pierres roulantes, entrainant avec lui un pan du mur, mais heureusement pas du côté où nos lurrons se trouvent. Quitter les lieux reste indiqué.

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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Ceann-Uidhe le Sam 11 Aoû - 11:58

Le membre 'Sheena Matheson' a effectué l'action suivante : Le Destin


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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Breac Jamieson le Sam 11 Aoû - 14:05

Détachant son manteau, Breac en fit machinalement un abri pour leurs deux têtes ; regarder tomber la pluie et s’y mouiller les chaussures ne le dérangeait pas, sans quoi il aurait fait un autre métier. Au contraire, c’était même sympathique de boire quelque chose qui donnait chaud en regardant la Création se rétracter de froid. Et puis les plantes, au fond, aimaient l’averse et le tonnerre, et sur ce sol brûlé poussaient déjà des plantes, même si on ne les distinguait pas encore. Les terres brûlées faisaient de bonnes terres quand on savait attendre. Les paysans se disaient toujours ça, quand ils détruisaient leurs propres possessions pour arrêter une armée en marche.

« Les amis, ça va, ça vient, et bien trop souvent ça meurt. Et puis ça part en voyage, vous savez ce qu’on dit, la fille est faite pour le seuil de la porte, et le garçon pour la clé des champs. Je me demande s’il n’y pas une métaphore grivoise dans... »

Whoa, Nellie ! On pouvait dire que les cieux eux-mêmes n’étaient pas d’accord avec son interprétation ! Il eut la parole coupée en plein vol par un son sépulcral : un gong qui signait la fin des enfantillages et l’omniprésence du danger dans cette ville qui ne le laissait jamais en paix. Il s’en voulut presque d’avoir baissé sa garde. Le peu de superstition qu’il n’avait jamais pu perdre, quoi qu’il découvre du monde et quels que soient les apprentis philosophes qu’il fréquentât, forma une boule de crainte dans sa gorge, et il ne se sentit plus d’humeur de boire pendant quelques secondes, alors qu’il semblait que la terre elle-même tremblait sous leur perchoir.

Puis il se ressaisit, et éclata de son rire sonore, qui n’avait jamais eu que deux origines : déranger les sinistres oiseaux adeptes du « boire en silence », et couvrir le bruit des dangers. « L’éclair ne tombe jamais deux fois au même endroit ! Nous voilà maintenant tranquille. Merci, Jupiter, tu es un brave taulier. » Il leva la bouteille vers les cieux grondants, s’assura tout de même que les pierres auxquelles ils s’accrochaient étaient maintenant stabilisées, et incita Sheena à boire de nouveau. Ça avait toujours bien marché, ça, de faire boire les jeunes pour leur donner du courage. Accomplir des exploits devant lesquels une personne dotée de sa raison aurait évidemment reculé. Dans son cas, il s’agissait d’exploits de lyrisme. Il n’en était pas encore à composer des couplets, mais la prose était nettement déliée par sa consommation rapide du whisky qu’ils avaient apporté ; il cherchait déjà où lancer leur première bouteille quand elle serait vide.

« Vous savez, ça compte pour moi, qu’on apprécie ma compagnie. J’ai l’air de tout envoyer promener facilement mais ça, ça reste sacré. Et je voudrais que ce soit plus facile. Je voudrais être un ami plus sérieux, moins agaçant, capable de compromis, et savoir rester en place plus de quelques mois. Je voudrais l’avoir été quand il en était encore temps, et je voudrais l’être aujourd’hui. » Son regard se perdit un instant dans la chute martelante des grosses gouttes d’été. De véritables projectiles. « Mais… Bon, vous, vous ne vous rendez compte de rien, parce que vous êtes une bonne nature, et que vous cherchez à voir le bien en toute chose. Et il y a les enfants. Vous me supporterez toujours pour les enfants, comme dans un vieux ménage mal assorti. »

Les eaux redoublaient de violence et il fallait maintenant hausser la voix pour couvrir les grondements du tonnerre : on aurait presque dit que leur petite promenade était maudite et condamnée. Raison de plus de la prolonger. Cet esprit de contradiction qu’il avait dit mal vivre parfois lui-même ne donnait aucun signe de faiblesse ou de mesure. Breac s’inclina auprès de la jeune femme et demanda tout naturellement :

« Vous qui connaissez les lieux, il y a une arche ou une crypte quelconque, où on pourrait s’abriter ? Oui, pourquoi pas une crypte, n'ayons pas peur des morts ; comme je dis toujours, ce sont des gens comme nous. » Il avait peur de certains morts à vrai dire, mais ils ne dormaient pas dans cet hôtel-ci.

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Pouvoirs : Invisibilité, téléportation
Inconvénients : Incapable de laisser passer une défaite ; farceur ; ses plaisanteries vont trop loin ; et il est fasciné par la couleur rouge.
I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Sheena Matheson le Lun 13 Aoû - 4:38

« L’éclair ne tombe jamais deux fois au même endroit ! Nous voilà maintenant tranquille. Merci, Jupiter, tu es un brave taulier. »

Sheena sourit, toujours contre Mr Jamieson, songeant qu'elle aurait préféré partir au cas où -mais pour aller où ? A croire qu'il avait raison, et que rester ici était la meilleure solution. Et surtout elle aimait le son de la pluie qui tombait sur eux, frappant le manteau tendu au dessus de leur tête avec la cadence de quelqu'un qui toque à la porte en s'excusant. Calant la bouteille entre ses genoux pour ne pas la perdre, elle s'écarta de Mr Jamieson et défit son chignon, laissant ses lourdes boucles rousses ruisseler sur ses épaules. Elle tendit une main hors de la protection de la veste pour sentir l'eau au creux de sa paume, avec un plaisir presque enfantin.

« Vous savez, ça compte pour moi, qu’on apprécie ma compagnie. J’ai l’air de tout envoyer promener facilement mais ça, ça reste sacré. Et je voudrais que ce soit plus facile. Je voudrais être un ami plus sérieux, moins agaçant, capable de compromis, et savoir rester en place plus de quelques mois. Je voudrais l’avoir été quand il en était encore temps, et je voudrais l’être aujourd’hui. Mais… Bon, vous, vous ne vous rendez compte de rien, parce que vous êtes une bonne nature, et que vous cherchez à voir le bien en toute chose. Et il y a les enfants. Vous me supporterez toujours pour les enfants, comme dans un vieux ménage mal assorti. »

Sheena but quelques gorgées en l'écoutant et songea un instant à ce qu'aurait donné un mariage avec Mr Jamieson. Si l'idée n'était pas déplaisante en soi, elle savait que ce dont elle avait envie, c'était justement de pouvoir exister au-delà de son statut marital.

"Ne vous fiez pas aux apparences, Mr Jamieson. J'ai passé l'âge ou je supporte les gens par conviction. Soit c'est parce que je suis payée, comme les clientes de l'atelier, soit c'est parce qu'en tire quelque chose d'une manière ou d'une autre."


Elle sourit.

"On ne se méfie jamais assez des gens patients."

Et pendant que la pluie se faisait déluge, il eut cette question étrangement naturelle :


« Vous qui connaissez les lieux, il y a une arche ou une crypte quelconque, où on pourrait s’abriter ? Oui, pourquoi pas une crypte, n'ayons pas peur des morts ; comme je dis toujours, ce sont des gens comme nous.
- Si les morts en présence d'une créature comme moi ne vous font pas peur, il y a toujours le cimetière, et nous y seront tranquilles..»

Elle se tut et réfléchit un instant. Une autre solution s'imposait, plus simple plus évidente.

"Ou alors, nous pouvons nous réfugier chez mon époux, ce n'est pas loin. Seulement... je n'y ai pas remis les pieds depuis longtemps, ça doit être le désordre et le ballet de poussières."

Boire encore un peu pour ne pas sembler attendre sa réponse tout en espérant qu'il préfère le cimetière, même si c'était beaucoup plus loin. Parle de soi, certes, déterrer tous les souvenirs...

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"Il doit ouvrir la porte.
Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

Nota bene : "Scelle tes charmes" Qui a prononcé ces paroles et que signifient-elles ?"



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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Breac Jamieson le Lun 13 Aoû - 15:00

"Oh, on ne m'inquiète pas si facilement. C'est un de mes..." Défauts ? qualités ? "...traits caractéristiques."

Il faisait un vilain temps, les bouteilles descendaient à grande vitesse ; Breac aurait pu légitimement éprouver quelque inquiétude. Dans le même temps, la demoiselle lui avait dit de se méfier de lui, la cloche avait pris la foudre, l'église déjà bien abîmée avait menacé de s'effondrer une nouvelle fois, et ils parlaient maintenant des éventuelles relations inquiétantes qu'entretenait une faction monstrueuse qu'il connaissait mal, avec le royaume des morts. Tout était parfait – et il commençait à avoir de l'eau plein les bottes. Breac avait cette coquetterie de porter des bottes à bords largement évasés qui agissaient comme des pièges à pluie, et il commençait à se dire que ce n'était pas très adapté pour le climat local.

"Va pour..."

Il hésita. Il aurait tout naturellement dit "pour le cimetière" en temps normal. Un endroit à l'extérieur, sans doute désert, où ils pourraient lire sur les tombes des inscriptions qui ne leur feraient ni chaud ni froid, et dont ils pourraient se moquer. C'était... ça lui ressemblait. Alors que l'embarras de rouvrir une vieille maison vide et d'échanger de ces platitudes de rigueur, comme "pardon je n'ai pas fait le ménage" et "oh si vous voyiez mon bureau"... ça ressemblait à tout sauf à Breac Jamieson.

Mais il était curieux. Alors comme ça elle se vantait de tirer quelque chose de sa présence ? Car ce n'était pas pour les colifichets qu'il lui achetait pour les enfants... Non, ce n'était certainement pas lui qui faisait tourner la boutique. Et comme chacun sait, observer le logement de quelqu'un en dit beaucoup sur cette personne. Il aurait fallu être bien naïf par exemple pour se promener dans les appartements de monsieur Jamieson, et continuer à croire qu'il était un honnête citadin bien tranquille. Heureusement, à part une invasion de lutins de temps en temps, personne ne faisait ça.

"Va pour la demeure, puisque vous le proposez si gentiment."


Là, une personne courtoise aurait ajouté : "Mais je ne voudrais surtout pas vous envahir." Breac se contenta de se lever, faisant face à Sheena en équilibre sur les pierres inférieures pour arranger le manteau au-dessus de sa tête. Lui-même était déjà parfaitement trempé de pluie. Elle coulait dans les rigoles de son visage et lui rappelait qu'à sourire ainsi, il ne faisait qu'accuser son âge. Ses cheveux commençaient à noircir et à friser ; ceux de Sheena avaient quelque chose d'étrange ainsi répandus, comme ce signal d'alarme qui indique aux braves gens qu'une femme est une sirène, une sorcière ou une succube. Il se demanda franchement de quoi ils avaient l'air, pendant quelques secondes. Oui, ils étaient à faire peur.

Il rit doucement et lui tendit la main. En route pour l'ancien voisinage, qui mettrait, si le coeur lui en disait, les têtes aux fenêtres. Ils avaient de quoi boire en route, pour se donner du courage.

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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Sheena Matheson le Lun 13 Aoû - 16:24

C'est en marchant sous la pluie, les cheveux flottant derrière elle, une bouteille à la main et Mr Jamieson à ses côtés que Sheena se dit que sa réputation venait subitement d'être enterrée. Elle haussa les épaules et but une gorgée, songeant que sa réputation battait déjà de l'aile quand elle faisait des efforts, alors elle avait bien le droit de s'amuser un peu. Une rumeur de plus ou de moins... qu'est-ce que ça pouvait lui faire ?

Oh... sans doute que Keith n'apprécierait pas. La caoineag retint un rire pendant qu'ils franchissaient le portail du jardin, évita du regard les petites tombes sous l'arbre et guida Mr Jamieson jusqu'au perron. Il lui fallut quelques secondes pour retrouver ses clés, avant de réaliser que la porte était restée ouverte. Seule Gemma était venue dans ces lieux depuis quelques temps, et lorsque Sheena avait été emmenée par la garde, ils ne lui avaient évidemment pas laissé le temps de fermer la porte.

Elle s'effaça pour le laisser rentrer et referma derrière lui. Avança jusqu'au salon où elle posa la bouteille sur la table basse, et détacha son manteau pour le faire sêcher sur une chaise.

"Faites comme chez vous, je peux aller faire un feu si vous voulez."

Il était là. Partout. Dans les murs nus de décoration, dans les meubles un peu désuets et dans l'air. Surtout dans l'air. Il était si présent qu'elle dût s'assoir dans un fauteuil pour reprendre sa respiration. Mais il y avait autre chose, absent du manoir où elle vivait désormais avec Keith. Ici, chaque recoin, aussi chargé de souvenir était-il, était chez elle. Elle suivit du doigt le bras du fauteuil sur lequel elle était assise, en pleine confusion.

Rien n'avait bougé, la chambre à l'étage devait encore abriter le lit aux draps défaits, qu'elle n'avait pas eu le temps de laver depuis... son arrestation.

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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Breac Jamieson le Lun 13 Aoû - 18:35

La première bouteille rencontra son triste destin contre le tronc d'un arbre, que Breac baptisa d'un nom de navire, avant de souhaiter en toute bonne foi mesquine que la foudre lui tombe dessus. Les navires, il pensait l'avoir déjà assez établi, ça n'était pas son truc. La seconde bouteille, il la déposa à côté d'une fourmilière qui commençait à prendre l'eau. Il ne savait pas vraiment pourquoi il faisait ça. Quelque chose dans ce geste lui avait paru logique. Et cette fichue Thea aurait été contente de lui. C'était généralement très mauvais signe, mais il n'allait pas non plus sombrer dans une prudence excessive ; s'il y avait bien une vertu cardinale antique qu'il ne possédait pas, c'était celle-là. Il ne tint donc plus aucun compte de ce que Thea pouvait penser ou non.

Dire que c'était à cause d'elle qu'il était là.

En se présentant devant la demeure inconnue, il songea à part soi, levant les yeux vers les étages, qu'il pourrait toujours reprocher à Thea tout ce qui se passerait aujourd'hui..., puisque sans l'inquiétude qu'elle lui avait donnée, il serait resté sagement au sec. Et aussi, dire qu'elle était sans doute en train de lire de ses livres de contes étranges aux petits, en profitant qu'il ne pouvait pas l'entendre.

"On va mettre de la boue partout sur votre jolie poussière." Breac éclata de rire en jetant son manteau n'importe où, à son tour, et s'ébroua pour tenter de faire oublier la promenade à ses cheveux. Peine perdue ; quelques-uns vinrent simplement se coller avec obstination sur son front. Cela dit, en matière d'obstination, son front n'avait rien à dire et il s'en garda bien.

La troisième bouteille arrivait à sa conclusion naturelle. Breac s'adossa au fauteuil où la jeune femme avait pris place, pour observer les environs, et la lui passa au cas où elle souhaite la terminer. Elle ne s'effondrait toujours pas, à croire que c'était un pouvoir magique lié à sa condition ? Ou que sa demeure lui accordait des forces insoupçonnées. Ça, c'était le genre de superstition auxquelles Breac croyait sans peine, on lui avait conté en Bohème de telles légendes au sujet des seigneurs des Carpates, en plus d'habitudes alimentaires douteuses qu'on leur prêtait sans trop élever la voix. Il préférait se dire qu'il verrait bien, et qu'on lui ferait des confidences si on le souhaitait.

"Je peux me charger du feu... Pourquoi vous êtes partie ?"
Elle avait dit que c'était chez son époux, non chez elle ; et puis, elle, apparemment elle fréquentait un nouveau monsieur, quoique visiblement elle ne soit pas prête à le déclarer ouvertement son soupirant. Ou peut-être qu'il ne comprenait rien. "Je suis indiscret mais je vous promets autant de secrets que vous voudrez bien m'en révéler. Ainsi, nous nous tiendrons mutuellement en laisse ; voilà qui convient sans doute à une personne patiente et pragmatique telle que vous."

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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Sheena Matheson le Lun 13 Aoû - 23:39

"Je peux me charger du feu... Pourquoi vous êtes partie ?"

Sheena sortit de ses pensées, s'étira comme un chat et prit quelques instants pour faire une réponse construite.

"Trop de souvenirs... après la prison, comme Keith McBain m'avait invitée, j'ai préféré... ne pas remettre les pieds ici."

Elle se revoyait encore, pendant les longues soirées d'hiver, à errer seule dans le salon, hantée par ses morts. Elle but le fond de la bouteille que Breac lui avait laissé et le remercia d'un grand sourire un peu triste.

"Je suis indiscret mais je vous promets autant de secrets que vous voudrez bien m'en révéler. Ainsi, nous nous tiendrons mutuellement en laisse ; voilà qui convient sans doute à une personne patiente et pragmatique telle que vous.
- Pas besoin de me mettre en laisse, Monsieur Jamieson, ni de me donner les clés de votre collier. Je sais garder les secrets et vous êtes du même bois."

Elle posa sur lui ses grands yeux pâles et l'observa comme si elle voulait graver son visage dans sa mémoire. L'alcool faisait effet, mais c'était une impression de quiétude douce, comme quand on avance sous l'eau. Les contours sont flous mais rien ne peut vraiment nous arriver.

"Et vous, Mr Jamieson, qu'est-ce qui vous fait partir ?"

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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Breac Jamieson le Mar 14 Aoû - 11:57

L'histoire commençait à se reconstituer. Une jeune femme arrivée à Edimbourg, qui avait eu du mal à s'y faire une place parmi des gens plus médisants qu'au fin fond de la cambrousse ; qui avait été sujette à quelque démoniaque possession, et qui s'était trouvée en prison à cause de cela. A son retour, elle avait trouvé sa maison vide et n'avait pu se résoudre à s'y réinstaller. Et désormais, elle logeait chez un autre, une bonne âme qui avait pris sa solitude en pitié, sans doute ? Et elle n'avait pas d'enfants. Allons, elle était jeune. Elle avait le temps d'y songer.

"Moi ? Partir des lieux où la logique aurait voulu que je fasse ma vie ? C'est arrivé souvent, il va falloir choisir..."

Mais il n'était pas Barbara pour s'en sortir avec ces réponses de Jésuite. Et quant à quitter Appin, il savait exactement comment ça s'était passé. Il aurait simplement pu dire qu'il s'était engagé dans l'armée, mais ça n'aurait pas été tout à fait honnête, car même s'il aimait les uniformes, il avait conscience à vingt ans que celui-ci ne correspondait pas tout à fait à sa personnalité. En essayant de classer ses souvenirs dans sa tête, il ramena des bûches qu'il entassa dans l'âtre, et inclina une bougie pour imprégner l'une d'elle de cire, avant de la déposer en équilibre sur la petite tablette en hauteur dans le conduit de cheminée. Un courant d'air froid arrivait par là, et il valait mieux réchauffer toute cette tuyauterie désaccoutumée à la présence humaine, avant de démarrer son feu.

"J'ai grandi de l'autre côté du pays, dans le village de mon cousin. Mon père ne m'a laissé que des cours d'escrime et ces boutons d'argent avant de mourir, et un nom que j'ai toujours porté fièrement jusqu'à ce que... oh, ce sera pour une autre histoire. Est-ce que vous connaissez nos autres pouvoirs ?"


Il n'allait pas lui faire une démonstration ; le feu l'occupait. Leurs vêtements humides commençaient à leur coller à la peau, et c'était peut-être l'âge, mais il sentait une désagréable froideur lui entrer peu à peu dans les os. A moins que ce soit d'évoquer cette lande inhospitalière et brumeuse à laquelle il était pourtant si fort attaché.

"J'avais cette vilaine habitude de détester les secrets. Je claironnais les miens à qui voulais les entendre, je m'en inventais, et je ne comprenais pas qu'on veuille cacher quoi que ce soit. Je piégeais les adorateurs des tertres, les tricheurs aux cartes – où je m'entendais fort – les adultères et les hypocrites, et je les exposais en place publique. Il me semblait qu'ainsi, on serait plus heureux. Et eux avec. Je ne leur voulais pas de mal."

Faire du bruit ou disparaître. Récolter des coups ou perdre consistance. Et avoir quelque chose à écrire dans toutes ces lettres qu'il brûlait ensuite. Un trait infernal, difficilement explicable à qui ne le possédait pas soi-même.

"Or, nous avons le pouvoir de disparaître en un endroit et de réapparaître en un autre. Moi, en tout cas, je l'ai. J'avais connaissance d'un garçon du voisinage qui nourrissait des penchants... comment dire. Inhabituels ? Mais qui avait une peur panique que ses parents l'apprennent. Je savais à quelle heure son père venait le réveiller le matin ; précisément à cette heure-là, je suis apparu par magie, à ses côtés dans son lit, tout ensommeillé comme si j'y avais passé la nuit. J'aurais pu en rire à me casser les côtes, mais le père a failli s'en charger."

Un monticule de petites brindilles entassées entre trois grandes bûches, et d'autres plus petites, commençait à former une construction presque artistique ; il se souvint qu'il fallait l'allumer au bout d'un moment, et leva les yeux vers sa bûche cirée pour constater que la cheminée avait repris du poil de la bête, et que la flamme montait bien droite. Il espérait qu'il n'y avait pas eu trop d'araignées pour faire leur toile là-dedans depuis le départ de la propriétaire. La flamme envahit l'âtre et il recula, préférant rester debout tant qu'il n'était pas à peu près sec. Impossible de détacher son regard de cette lueur rougeoyante, aux mouvements serpentins.

"Moi je ne risquais rien, je n'avais plus de réputation depuis longtemps, et on savait que je rossais mes adversaires, mais lui... à la réflexion, j'avais signé son arrêt de mort. Je ne pouvais pas le laisser là, et je ne pouvais pas l'envoyer s'engager tout seul. Je suis donc allé avec lui. Et c'est amusant, nous avons servi dans la garde, ici, à Edimbourg, pendant quelques années. Et quand il y a eu la guerre, nous l'avons commencée du côté anglais." Un petit ricanement indiqua à quel point il reniait cette première obédience, et avec quelle rapidité il y avait mis bon ordre, sitôt l'occasion aperçue. "A vous, racontez-moi quelque chose de semblable. Une histoire avec vos pouvoirs, ou que sais-je."

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He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Sheena Matheson le Mar 14 Aoû - 13:24

Sheena l'écoutait tout en le regardant bricoler dans la cheminée, avec un sourire. L'absence de gène dont il faisait preuve ne la contrariait pas, au contraire. On aurait dit que de vieux amis venait de se retrouver. Pourtant, les secrets tombaient les uns après les autres, mais ça non plus ça ne la perturbait pas.

"J'ai grandi de l'autre côté du pays, dans le village de mon cousin. Mon père ne m'a laissé que des cours d'escrime et ces boutons d'argent avant de mourir, et un nom que j'ai toujours porté fièrement jusqu'à ce que... oh, ce sera pour une autre histoire. Est-ce que vous connaissez nos autres pouvoirs ?
- J'en ai entendu parler, oui. J'avais un livre, enfant, qui... un livre de légendes.
- Or, nous avons le pouvoir de disparaître en un endroit et de réapparaître en un autre. Moi, en tout cas, je l'ai. J'avais connaissance d'un garçon du voisinage qui nourrissait des penchants... comment dire. Inhabituels ? Mais qui avait une peur panique que ses parents l'apprennent. Je savais à quelle heure son père venait le réveiller le matin ; précisément à cette heure-là, je suis apparu par magie, à ses côtés dans son lit, tout ensommeillé comme si j'y avais passé la nuit. J'aurais pu en rire à me casser les côtes, mais le père a failli s'en charger."

Sheena ne dit rien, repensant à cette fille aux yeux verts qui l'avait presque traitée de folle quand elle lui avait enfin avoué qu'elle lui plaisait. Si Mr Jamieson avait surpris son regard à ce moment là, il aurait vu le voile triste sur ses yeux clairs. Savait garder les secrets mais son regard parlait toujours de lui-même.

"Moi je ne risquais rien, je n'avais plus de réputation depuis longtemps, et on savait que je rossais mes adversaires, mais lui... à la réflexion, j'avais signé son arrêt de mort. Je ne pouvais pas le laisser là, et je ne pouvais pas l'envoyer s'engager tout seul. Je suis donc allé avec lui. Et c'est amusant, nous avons servi dans la garde, ici, à Edimbourg, pendant quelques années. Et quand il y a eu la guerre, nous l'avons commencée du côté anglais. A vous, racontez-moi quelque chose de semblable. Une histoire avec vos pouvoirs, ou que sais-je."

Sheena réfléchit quelques instants.

"Mes pouvoirs sont moins drôles que les vôtres vous savez. Mais si vous y tenez..."


Elle prit une profonde inspiration.

"La première fois que j'ai usé de mes pouvoirs, j'étais encore une enfant. On vivait à Perth, avec ma mère et ma soeur Isla venait tout juste de naître. Mon père était... refusait que ma mère chante, à cause de sa nature. Il lui interdisait presque de parler. Alors, par vengeance, avec Heather on chantait tout le temps. Des murmures. Dès qu'on étaient seules avec mon père, c'était notre... résistance."

Elle se tut, et ferma les yeux comme pour reconstituer un souvenir.

"Un Caoineag ne peut pas tuer. Mais il peut pousser au désespoir et si la personne n'est pas assez résistante alors... c'est ce qu'il s'est passé avec mon père. C'était un joueur complusif, mais le chant l'avait rendu mauvais, peu sûr de lui et il a fini par tout perdre."

Autre silence, où elle regarda ses mains sans gant.

"On l'a... retrouvé au fond de l'étang. Noyé. Dettes de jeu, affaire classée. Ma mère a l'époque n'avait pas encore compris mais le voisinage nous désignait déjà comme une famille maudite."

Un petit rire triste, et Sheena retourna à son mutisme.

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Inconvénients : Fausses couches à la chaîne, impossibilité de se suicider


"Il doit ouvrir la porte.
Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

Nota bene : "Scelle tes charmes" Qui a prononcé ces paroles et que signifient-elles ?"



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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Breac Jamieson le Mar 14 Aoû - 13:44

Tout en écoutant l'histoire, Breac s'était emparé du tisonnier et assis à côté de la cheminée. Il avait entendu dire qu'il ne fallait pas adopter de blaireau comme animal de compagnie, car mis à part sa propension à creuser de véritables villes souterraines, qui pouvait être gênante dans une demeure comme il faut, cette créature était incapable de se tenir écartée de la chaleur du feu. Il s'en rapprochait imperceptiblement, et finissait par s'y roussir les poils. C'était une compulsion comme une autre. Lui était partagé en ce moment entre la contemplation des flammes et celle des cheveux de Sheena, que cet éclairage particulier faisait reluire de teintes rouge sang. Non, il n'arrivait toujours pas à avoir peur d'elle, au contraire... il aurait pu s'habituer à ce spectacle.

Il se remit machinalement à boire le whisky restant lorsque l'histoire prit un tour tragique, et que l'expression de Sheena commença à refléter les sombres pensées qui l'agitaient en profondeur. Comme on dit, il fallait se méfier de l'eau qui dort, et toute sa douceur semblait un voile jeté sur une réalité dangereuse, du moins c'est ce qu'aurait pensé Breac s'il n'avait pas été amoureux du risque de façon générale.

Il se contenta donc d'éteindre dans le whisky les quelques moments de malaise qu'il ressentit à écouter le récit, puis déclara simplement que son propre père aussi était mort criblé de dettes, et qu'il avait eu de la chance d'avoir une famille nombreuse pour prendre soin des gosses. Un peu trop de gosses par rapport au nombre d'adultes, toujours ; mais à la génération suivante, ceux qui survivraient s'occuperaient de la marmaille des autres, même sans vraiment pouvoir la surveiller. Ça marchait bien comme ça. Il ne s'en était pas trop mal sorti.

"Et moi aussi, je suis un peu... joueur compulsif... entre autres. J'ai du mal à résister à mes propres impulsions, de façon générale. Mais le jeu me manque. Tenez, voilà une histoire pour vous faire rire : j'ai donné mon ancien nom, mon droit de jouer, de parier, de me mêler de politique, et de quitter Edimbourg, en échange de la garde d'Alan et Barbara. Je ne suis pas trop censé boire ou me battre non plus – ça, ils ont été indulgents, ils savaient que je dépérirais... Mais c'est sans doute bien pire de ne pas pouvoir chanter, car c'est une chose qu'on fait sans y songer."

Après un dernier coup de tison pour déranger les braises, il se leva d'un bond, et commença à marcher de ci de là autour de la jeune femme, en observant les lieux. Il était bien gêné de la voir supporter ses frusques mouillées, alors que sans sa présence, elle se serait certainement changée pour quelque chose de plus sec. Oui, ça n'aurait pas été une mauvaise idée d'aller fouiller dans une armoire, de lui donner quelque autre robe, et de faire mine d'aller visiter les pièces voisines, le temps qu'elle procède à l'échange. De toute façon, ça n'était pas une bonne idée de laisser des affaires à l'abandon ainsi ! Le premier voleur venu aurait pu tout emporter... sauf s'ils avaient peur des malédictions eux aussi. Et surtout, les insectes allaient venir tout dévorer.

Oui, à la réflexion, Breac n'allait pas rester là à regarder le feu comme un petit spectacte abstrait. Le début d'ivresse qui éclairait son regard d'une lueur changeante lui suggérait des occupations moins statiques.

"Vous pourriez vous réinstaller ici, un de ces jours, non ? Votre ami du manoir, il pourrait venir vivre comme une personne normale, quelques temps, ça lui ferait les pattes. Vous voulez qu'on range un peu, tant qu'on y est ?"

L'exploration d'une demeure inconnue n'était pas exactement ce que Thea aurait appelé "ranger" bien sûr, mais il ne pouvait pas dire "sortir les affaires de leurs tiroirs et faire des commentaires plus ou moins spirituels". Il y avait longtemps qu'il avait passé l'âge de se voir pardonner cette tendance. Mais sa curiosité faisait pianoter ses doigts sur toutes les surfaces de meubles qui passaient à sa portée, à la façon de ces oiseaux qui interrogent le tronc des arbres pour en deviner les occupants.

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Inconvénients : Incapable de laisser passer une défaite ; farceur ; ses plaisanteries vont trop loin ; et il est fasciné par la couleur rouge.
I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Sheena Matheson le Mar 14 Aoû - 19:16

"Et moi aussi, je suis un peu... joueur compulsif... entre autres. J'ai du mal à résister à mes propres impulsions, de façon générale. Mais le jeu me manque. Tenez, voilà une histoire pour vous faire rire : j'ai donné mon ancien nom, mon droit de jouer, de parier, de me mêler de politique, et de quitter Edimbourg, en échange de la garde d'Alan et Barbara. Je ne suis pas trop censé boire ou me battre non plus – ça, ils ont été indulgents, ils savaient que je dépérirais... Mais c'est sans doute bien pire de ne pas pouvoir chanter, car c'est une chose qu'on fait sans y songer.
- Chassez le naturel et il revient au galop, philosopha Sheena. Je ne peux pas m'empêcher de chanter, j'essaye seulement de le faire... quand les autres sont à l'abri."

Elle le suivit du regard pendant qu'il faisait les cent pas, incapable de dire si parler l'avait soulagée ou si... Elle l'aimait vraiment, ce faux bourru, il avait une manière de la sortir de son quotidien qui ne lui déplaisait pas.

"Vous pourriez vous réinstaller ici, un de ces jours, non ? Votre ami du manoir, il pourrait venir vivre comme une personne normale, quelques temps, ça lui ferait les pattes. Vous voulez qu'on range un peu, tant qu'on y est ?"

Oh... Sheena imagina l'hypothèse. Retourner ici, chez elle, retrouver ses souvenirs. Les petites tombes du jardin, la solitude cadencée par la grande horloge du salon oui. En même temps, était-elle moins seule à manoir McBain ? Non. Pour être franche, elle y était même plus seule encore, car se sentant naturellement proche des domestiques, elle se forçait à cette distance de rang qu'elle ne possédait pas. Et les bruits de couloirs allaient de bon train, la pièce rapportée du maitre, qui jetait un peu plus opprobre sur le domaine, comme si ça ne suffisait pas. Alors, retourner ici et voir Keith de temps en temps ? Il ne voudrait pas. Pas comme ça. Ce n'était pas assez... romantique.

"Oui je pourrais..." répondit elle dans un souffle, plus pour elle-même que pour Mr Jamieson.

Mais elle aussi, maintenant qu'elle était revenue dans cet endroit, avait envie de se réapproprier les lieux. D'être enfin chez elle, l'atelier étant pour l''instant le seul endroit qui proposait cette fonction.

"Je vais aller me changer, si ça ne vous dérange pas, dit elle en se levant et montant à l'étage. Je ne serai pas longue."

Une fois dans sa chambre -sa chambre, pas celle que Keith lui laissait au manoir- elle retrouva ses vieilles habitudes. Déchaussées, jupes et jupons posés sur la malle, corset défait, prendre un autre dans l'armoire, passer une jupe simple, pas besoin de jupon. Et des gants ? Pas de gant. Tant pis. Et puis soudain une envie, pour voir. Elle ouvrit la porte de l'armoire où les vêtements de Calum étaient rangés et se changea de nouveau,  passant une chemise par dessus un pantalon. La sensation était... intrigante. Ça lui plaisait donc beaucoup.

Sheena redescendit, pieds nus ses anciens habits dans les bras et les installa près de la cheminée pour les sécher.

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"Il doit ouvrir la porte.
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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Breac Jamieson le Mar 14 Aoû - 23:34

Pendant l'absence de la demoiselle, Breac avait eu largement le temps de fouiller les environs, avec cette rapidité précautionneuse de canidé sur une piste qu'il avait lorsqu'il se donnait une mission. Il faisait le tri en quelques instants de ce qui pouvait l'intéresser et dédaignait le reste, comme s'il risquait d'être surpris dans sa quête et de devoir prendre la fuite, ou défendre sa vie. Il était en terrain ami, mais quelque chose planait entre ces murs, une présence, et maintenant qu'il était seul, Breac se tenait instinctivement prêt à toute éventualité.

"Et siffler ? Vous avez essayé de siffler ? On peut faire l'expérience, si ça ne vous semble pas trop... eh bien, trop risqué, ou trop inconvenant pour une jeune dame comme il faut."

D'un regard appuyé, il détailla la nouvelle apparence qu'avait adopté son amie. Ils étaient si loin du "comme il faut" que la formule avait presque un accent sarcastique. Mais pas envers ceux qui en étaient victimes ; davantage envers ceux qui trouvaient malin de l'employer. Il essaya, en bon tuteur, de se sentir gêné et de se rappeler que cette dame en pantalons avait une influence, même minime, sur sa fragile petite Barbara en grand besoin d'amour simili maternel. Et sur sa garde-robe, d'ailleurs.

Il chercha de son mieux la moindre bribe de rejet et d'hostilité qui pouvait se manifester dans le fond de son esprit, mais... peine perdue. Il la trouvait jolie comme ça : on devinait nettement mieux la forme de ses jambes. Honte sur toi Breac, vraiment. Penser ainsi aux jambes d'une jeune demoiselle qui aurait pu être sa fille, qui l'invitait chez elle et... tsss. Il aurait mérité qu'on lui tape sur le dos de la main. Il le fit lui-même, avec un petit sourire qui signifiait clairement pourquoi il le faisait.

"Oh, et j'espère que je n'ai pas mis trop de désordre dans la pièce. Je suis affreusement curieux. Dites, c'est à vous, cette poupée ?"

Il aurait bien voulu se montrer aimable et déclarer qu'elle était fort jolie, qu'on voyait bien que c'était Sheena qui l'avait construite, que les enfants l'auraient adorée, qu'il allait peut-être lui en acheter une pour leur faire une surprise, que ce serait charmant de la réaliser en bleu et vert qui étaient leurs couleurs favorites... mais la vérité, c'est qu'il n'était pas à l'aise avec ces petites effigies qui avaient toujours l'air de vous suivre du regard. Il n'était pas loin de demander tout bonnement s'il lui arriverait quelque chose de terrible dans le cas où il la jetterait au feu.

C'était sans doute le fait de la trouver alors qu'il était seul dans cette baraque aux airs hantés, appartenant à une Caoineag qui lui avait parlé d'assassinats, de cimetières et autres joyeusetés maudites : les associations d'idées se faisaient toutes seules. Et parmi toutes les étrangetés dont il avait entendu parler aux quatre coins du monde, celle qui consistait à jeter des sorts à travers des poupées était de loin l'une de celles qui l'avaient le plus marqué.

Pourquoi parlait-il alors de la poupée en question au lieu de la cacher à nouveau soigneusement, loin de leurs regards et de leurs pensées ? Eh bien, il estimait qu'une bonne explication de la part de la jeune femme, si effrayante cette explication soit-elle, valait mieux que ce qu'il pourrait s'imaginer dans le fond de son crâne s'il n'en recevait pas. Et cela, contrairement aux autres items de la demeure, avait le pouvoir de le hanter longtemps après son départ, sans exorcisme possible.

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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Sheena Matheson le Mer 15 Aoû - 12:37

"Et siffler ? Vous avez essayé de siffler ? On peut faire l'expérience, si ça ne vous semble pas trop... eh bien, trop risqué, ou trop inconvenant pour une jeune dame comme il faut.
- Jamais, et je pense que c'est inoffensif pour vous, en effet. Vous voulez être le premier cobaye ?" demanda Sheena en redescendant l'escalier.

Elle sentit son regard, comme elle sentit aussi comment il la percevait autrement, et était-ce désagréable ? Non, la question ne se posait pas dans ces termes. Elle n'avait pas besoin de l'approbation de Mr Jamieson, juste d'être bien, elle. Et elle l'était clairement. Les vêtements lui permettaient une meilleure liberté de mouvement et elle se trouvait surtout plus légère. Comme réduite à l'essentiel.

"Oh, et j'espère que je n'ai pas mis trop de désordre dans la pièce. Je suis affreusement curieux. Dites, c'est à vous, cette poupée ?"

Sheena se figea sur place en regardant le petit poisson de tissus que Mr Jamieson brandissait sous son nez. Elle n'était pas en colère, c'était seulement un choc de revoir ce cadeau qu'elle avait fabriqué pour Calum après la mort du dernier né. Un cadeau pour eux deux, pour les lier. Un cadeau qu'elle avait fini par oublier depuis le départ précipité de son époux.

"Oui c'est moi qui l'ai faite, répondit-elle d'une voix douce. Et pas la peine de la tenir comme quelque chose d'étrange ou d'ensorcelé, c'est une simple poupée. A moins que les poupées de poisson ne vous fasse peur, Mr Jamieson ?"

Elle sourit, s'avança vers lui et la lui pris des mains. Le petit poisson était tout à fait inoffensif, à moins qu'une sorcière ne soit venue lui jeter un sort en l'absence de la caoineag.

"Où l'avez vous trouvée ?"

Elle ne lui reprochait pas d'avoir fouiller à droite et à gauche, elle était juste curieuse de savoir où ce bout de tissu coloré avait bien pu disparaître pendant ces dernières années.

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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Breac Jamieson le Mer 15 Aoû - 18:56

« Là-bas, dans la boîte sous la latte du plancher qui grince... où vous l'aviez cachée et bien cachée, pardon, je n’ai pas les idées totalement claires. Si vous avez encore quelque chose à boire ici, parfois passé un certain degré d’ivresse, je retrouve ma réflexion. Mais c’est généralement parce qu’en même temps, je me bats. »

Breac rit un peu mais son rire était prudent. Il était réellement intimidé par ce maudit poisson brodé qui avait l’air de le suivre de son œil rond et fixe. Trop d’imagination sans doute, et les flammes mouvantes du foyer n’arrangeaient rien à l’affaire. Et ça lui faisait penser à quelque chose. A force de parler de chansons et de causer en buvant au coin du feu…

« Vous êtes déjà allée en Irlande ? Ah, moi qui n’aime pas le bateau, j’en ai fréquenté beaucoup trop dans ma vie… Je vous parlais des adorateurs des tertres à Appin, ce qu’ici on nommerait des sorciers et on brûlerait, bien certainement. Ils ont de beaux tertres là-bas… Brú na Bóinne par exemple… et on peut s’y abriter de la pluie, à défaut d’y faire autre chose. »

Oh, ce n’était pas une suggestion licencieuse. Ou est-ce que ça l’était ? A l’état de blague, alors. Il continuait à jeter de petits coups d’oeil aux jambes de la jeune femme, comme il l’aurait fait si elle était redescendue de sa chambre parfaitement nue, parce que, eh bien, quand on montre quelque chose, il faut s’attendre à ce que les gens le regardent ! Mais il avait de toute façon dépassé le stade où il aurait brillé dans une telle entreprise. Et s’il y avait bien une chose à laquelle Breac Jamieson détestait être confronté, c’était à la défaite.

« Quand on y chante des chansons à boire, en frappant des mains et surtout des pieds, ou du tambour quand on en a un… il se passe quelque chose. L’air vibre. La fumée du feu dessine des vagues. Ça résonne, je crois. Et les gars qui ont construit l’endroit jouaient à ça en leur temps, faut croire : ils avaient gravé de ces vagues pointues sur les pierres qu’ils ont placé tout en haut… où nous autres bêtes visiteurs, on ne peut pas atteindre. »

Il passa le doigt au long des chevrons de tissu qui figuraient des écailles abstraites sur la surface du poisson. Cette histoire-là n’allait nulle part. Il avait vraiment l’esprit embrouillé. Il s'attendait, en fait, à ne pas être réellement écouté, et meublait le silence. Ou peut-être qu’elle allait au contraire trop loin, et qu’il n’était pas sûr de vouloir la suivre. Puis un poisson, c’était déjà un foutu symbole christique, ça suffisait déjà amplement ! Ça les poursuivait, ça, tiens. Entre le petit Alan et ses cantiques, l’église de tout à l’heure qui les avait quasiment attaqués, et maintenant cette poupée qui ne le laissait pas en paix. Il la lança en l’air, la rattrapa, puis la tendit à Sheena, incapable de la tenir dans ses mains une minute de plus.

« Montrez-moi plutôt si vous savez siffler, jeune fille en pantalons. Sinon, je vais vous apprendre. »

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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Sheena Matheson le Mer 15 Aoû - 23:20

« Là-bas, dans la boîte sous la latte du plancher qui grince... où vous l'aviez cachée et bien cachée, pardon, je n’ai pas les idées totalement claires. Si vous avez encore quelque chose à boire ici, parfois passé un certain degré d’ivresse, je retrouve ma réflexion. Mais c’est généralement parce qu’en même temps, je me bats. Vous êtes déjà allée en Irlande ? Ah, moi qui n’aime pas le bateau, j’en ai fréquenté beaucoup trop dans ma vie… Je vous parlais des adorateurs des tertres à Appin, ce qu’ici on nommerait des sorciers et on brûlerait, bien certainement. Ils ont de beaux tertres là-bas… Brú na Bóinne par exemple… et on peut s’y abriter de la pluie, à défaut d’y faire autre chose. Quand on y chante des chansons à boire, en frappant des mains et surtout des pieds, ou du tambour quand on en a un… il se passe quelque chose. L’air vibre. La fumée du feu dessine des vagues. Ça résonne, je crois. Et les gars qui ont construit l’endroit jouaient à ça en leur temps, faut croire : ils avaient gravé de ces vagues pointues sur les pierres qu’ils ont placé tout en haut… où nous autres bêtes visiteurs, on ne peut pas atteindre. »

Sheena s'était assise au sol, le dos contre le mur, pour écouter Mr Jamieson. Oui le récit était un peu confus mais les mots semblaient aussi magiques que ce qu'ils racontaient, le feu de la cheminée dessinant des ombres qui dansaient dans le salon. Drôle d'ambiance irréelle. Désagréable ? Elle sourit. Comme si un monstre de son espèce pouvait se sentir gêné par ce genre de scène. Plus il parlait et plus elle regrettait de ne pas avoir été auprès de lui. Pas pour les sentiments, non. Pour l'aventure.

« Montrez-moi plutôt si vous savez siffler, jeune fille en pantalons. Sinon, je vais vous apprendre. »

Elle sourit, prit une respiration et essaya de siffler, sans succès. Sourit, se concentra, et réussit à produire un léger son. Soupire.

"Montrez moi, ou je vais me couvrir de ridicule".

Suit un rire clair, doux, et Sheena se dit que cette soirée avait pris une drôle de tournure mais Dieu qu'elle se sentait bien. Elle se leva, lui reprit la poupée qui avait tant l'air de le perturber et la remit dans sa caisse. Mais... elle interrompit son geste au dernier moment. C'était sans doute ce que venait de lui raconter Mr Jamieson cependant, quelque chose se dégageait du petit poisson. Elle éclata de rire. N'importe quoi. Le poisson finit cependant sur un fauteuil, comme si elle n'osait pas le renfermer dans la boîte.

Et soudain, elle compris ce qui l'intriguait. Cette caisse était là où Calum rangeait ses biens les plus précieux, et elle comprenait que ce poisson ait une signification particulière, mais de là le mettre à cet endroit...
Dans le doute, elle préféra le ranger dans sa boîte à couture qu'elle avait posé près de la cheminée.

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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

Message par Breac Jamieson le Jeu 16 Aoû - 2:44

Sauvé ! La poupée se promena un peu puis disparut enfin, et Breac respira aussitôt plus librement ; ce qui, pour donner un cours de musique sifflée, était sans doute une très bonne chose. Ce n'était pas la première fois qu'il s'amusait à enseigner cet art inutile à un gamin parce qu'il s'ennuyait. Il avait la méthode en tête, et riait à l'avance de voir la jeune dame si bien élevée de la boutique, qui prenait le thé avec une telle prestance naturelle, se livrer à des grimaces sous sa direction pour tenter de produire une note à peu près juste.

"Tenez, prenez cette bouteille." Il eut une petite moue gênée ; parler si poliment commençait à le déranger. "Je suis vraiment désolé, mais je vais vous demander la permission de vous parler plus familièrement. Vous êtes en pantalons et je vous apprends à siffler. Je n'arrive pas à rester distant."

Machinalement, il remonta ses manches et s'empara d'une bouteille vide, pour souffler à la surface du goulot et lui faire produire une note sourde. "Bon. Tu sais faire ça avec une bouteille ?" Voilà une manière de s'exprimer qui était plus naturelle ! Aussitôt plus à l'aise, il tendit la bouteille à Sheena et retourna aux fauteuils dont il s'était tenu éloigné jusqu'à ce moment. Il s'y assit en adoptant une posture docte et réfléchie, avec un petit geste de la main pour son élève improvisée.

"Vas-y. Et éloigne la bouteille de ta bouche en gardant la même tête. Comme si tu soufflais sur le goulot pour le refroidir, tu sais, comme sur ta soupe."

Il la laissa faire la démonstration de sa maîtrise, avant de sourire jusqu'aux oreilles car s'annonçait la phase des grimaces.

"Et c'est là qu'on va rire : va falloir placer ta langue correctement pour que ça forme un son. Mais n'y pense pas trop, faut que ça se fasse naturellement. Je crois qu'on sifflait tous dans le ventre de notre mère, parce que ça vient tout seul, comme un déclic !"

Il fallut tout de même quelques essais. C'était une méthode pour les heures à tuer. Mais ils étaient bien tranquilles ici après tout, ce n'était pas comme si un fantôme risquait de venir les déranger. Ou un visiteur. Quoique, à la réflexion, il connaissait quelques lutins qui seraient volontiers venus habiter ces lieux à l'insu de leur propriétaire légitime, s'ils en avaient connu l'absence. Il leur en dirait un mot à l'occasion. Il commença par évoquer d'un air innocent la possibilité que les Fir Darrig souffrent de quelques tares à l'aune de leurs grands mérites, puis orienta la conversation sur la question de l'invasion d'autres domiciles, plus ou moins compulsivement. Il voulait quand même savoir si ça la gênerait ou non... et si c'était dangereux pour les éventuels intrus.

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Taux d'abomination :
80 / 10080 / 100
Age : 50 y.o.
Métier : Rentier
Pouvoirs : Invisibilité, téléportation
Inconvénients : Incapable de laisser passer une défaite ; farceur ; ses plaisanteries vont trop loin ; et il est fasciné par la couleur rouge.
I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Re: Can't change the choices I made and I sure can't stop the rain [Sheena]

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