1762 - L'été de l'année dernière, Édimbourg, Écosse. Les vagues frappaient contre la rive en un bruit constant et répétitif, comme une douce berceuse chantée par la mer du nord, une caresse légère sur votre front, un tendre baiser rassurant de la nature. Tout indiquait un matin normal sur les quais du port de Leith, si ce n’étaient les corps inertes qui flottaient comme des billots de bois mou abandonnés. Six corps. [...] Lire plus.
Lundi, 15 octobre 2018

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Musique d'eau et vieux beau [Ft. Alasdair]

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Cycle 4 Musique d'eau et vieux beau [Ft. Alasdair]

Message par Lucy Warlls le Sam 4 Aoû - 21:37

Ils dansent sans se voir dans ce bal triste. Il y a bien les lumières, la fête, les rires, les couleurs, les robes et les beaux atours, mais tout ça est invisible. Ne voir que le reste, les faux sourires, les silences gênés, les messes-basses, les regards qui jugent, qui tranchent, qui découpent et transpercent. Il faut bien faire, bien montrer, tête droite, buste fier, port altier. Pas penser qu’on s’en moque, que ça sonne faux. Mère n’est pas là, Mère est ailleurs, absente, enfumée. Père est dans sa chambre, pas envie de le laisser seul pourtant, mais pas le choix, faut se montrer, se faire voir, à défaut de se faire entendre.

Penser à la mer qui tumulte, et se laisser glisser doucement sur la piste de danse. Esquisser quelques pas, seule, peu importe. Le rythme est là, les gestes précis, tellement en rythme qu’on dirait que la musique vient d’eux. Yeux fermés pour ne pas les voir, et malgré tout les entendre. Folle, fille imbécile, tarée, regardez là se trémousser seule comme une vulgaire fille de joie, honte sur elle, honte sur sa famille, honte sur eux. Hausser les épaules et continuer, ne plus écouter, sentir une eau salée sur soi alors que l’océan est loin, et nager, nager au milieu des notes de piano, revivre la baignade de la dernière nuit, si noire, si silencieuse, si douce.

Rouvrir les yeux suite à un pied qui se pose sur le sien, ne pas crier, ne rien dire. Sortir de la piste, bousculer sans s’excuser, retourner dans l’ombre.

Et soudain quelque chose attire le regard. Il y a au milieu de la foule informe un vieux sourire amusé. Attirée comme un papillon de nuit vers les yeux espiègles. Toucher les vieilles mains, en caresser les veines, les saisir et l’entraîner à danser. Autour ça jase, ça jauge, ça juge et ça commère. Peu importe, ils sont beaux ces yeux là, leur éclat est comme ceux de l’écume au clair de lune. Une douceur vraie, enfantine, et il faut danser avec, c’est important. L’instant est beau même si les autres sont trop aveugles et bornés pour le comprendre. Pas d’autre envie que de toucher les mains ridées d’histoire et d’espièglerie, en songeant avec tristesse que Père a les même.

Poser sa tête contre l’épaule de velours, serrer un peu plus la main dans la sienne et tourner, tourner pour ne plus les entendre ces langues de vipère. Qu’elles s’étouffent dans leurs venins et se mordent entre elles !

Non. Respirer. Pas de colère. Elles n’en valent pas la peine. Relever la tête et sourire au sourire vieux, aimer le voir s’élargir, et rire en silence, les yeux clairs qui brillent et le nez qui se froncent suffisent pour ceux qui savent lire.

La musique enrobe, disparaît le bal, disparaissent les lumières. Reste le vieux beau et son sourire si clair, leurs mains liées et le corps qui ondule sous une houle invisible.

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"La lune de ses mains distraites
A laissé choir, du haut de l’air,
Son grand éventail à paillettes
Sur le bleu tapis de la mer.

Pour le ravoir elle se penche
Et tend son beau bras argenté ;
Mais l’éventail fuit sa main blanche,
Par le flot qui passe emporté.

Au gouffre amer pour te le rendre,
Lune, j’irais bien me jeter,
Si tu voulais du ciel descendre,
Au ciel si je pouvais monter !"
(Au bord de la mer-Théophile Gautier)



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Cycle 4 Re: Musique d'eau et vieux beau [Ft. Alasdair]

Message par Alasdair Nilsen le Jeu 23 Aoû - 20:35





Musique d'eau et vieux beau

4 août 1762, au soir
Ce soir, Alasdair Nilsen se glissait dans une petite soirée dansante. À noter qu'elle avait lieu chez ce petit aristo, qui à ce moment-là d'ailleurs ne s'était pas encore brisé les côtes sur le port... Et que le vieil homme n'avait pas aperçu à la soirée, bien qu'il se trouvait peut-être dans les parages.

Le Fir n'était point venu au bras d'une charmante compagne, mais il n'était pas mauvais danseur, et se mêlait aisément à la foule, laissant ses pas le porter. Il souriait à tout venant, profitant des frôlements des corps, de la délicieuse mondanité superficielle qui régnait, et dont il ne pouvait que s'amuser.

L'imprimeur n'avait qu'à moitié sa place ici, mais cela ne le gênait nullement. Ses yeux trouvaient quelques vieilles connaissances ici et là, repérant certaines figures un peu connues à Edimbourg, quelques riches personnes qui conversaient agréablement. Lui riant sous cape, entendant une jeune femme médire sur une autre, se glissa au bras de celle-ci, vint mettre un peu d'huile le feu, puis repartit comme il était venu. Il fallait bien s'amuser un peu, dans ce monde embourgeoisé.

Puis il vint voler sa partenaire à un jeune homme à l'air amouraché, parce que cela l'amusait follement, et que la demoiselle n'avait point l'air bien intéressé par le garçon. Ce n'est qu'un vieil homme, elle se laissa faire avec un sourire amusé, tandis qu'il s'appliquait à lui chiper un superbe collier par pur plaisir de la conquête, espérant à moitié qu'elle se rendrait compte de son geste rien que pour déclencher la rixe du verbe, prétendre l'innocence, voir tout le monde croire à ses mensonges, comme à son habitude, pouvoir accuser un autre...

D'accord, d'accord, il s'ennuyait un peu. Il regrettait de ne point avoir ramené quelques invités chaotiques, et d'ailleurs ne se sentait point trop autorisé à faire n'importe quoi dans l'hôtel familial où travaillait Caiden, le nouvel ami de son cher Colin, qui lui collait de plus en plus souvent aux basques. Même s'il désapprouvait quelque peu cette amitié, il était bien content que le garçon se trouve un comparse de son âge. Après tout, il ne savait pas ce que le lutin pensait de son très cher Highlander favori, mais s'il était au courant de la moitié de leurs occupations ensemble, à coup sûr il n'aimerait point beaucoup que son irréprochable père ait une fréquentation cannibale et ancien vendeur de gnards.

Puis il y eut cette enfant, au visage jeune mais aux traits déjà un peu durs pour une demoiselle de son âge. Cela le faisait sourire, parce qu'elle était charmante, simplement charmante. Des murmures s’élevèrent autour d'eux, la belle scandalisait, et il n'appréciait sa compagnie que d'autant plus.  Son touché, ses mains tout juste sorties de l'adolescence encore toutes douces, son contact simple et affectueux, comme celui d'un enfant qui vient spontanément vous prendre dans ses bras, cela l'attendrissait.

Sans parler de son sourire, si lumineux, si authentique, oh comme il aimait ces sourires offerts, un simple don de joie d'un humain à un autre, et cela remplissait son cœur de bonheur.

Les mouvements de son corps lui venaient avec naturel, les pas de danse semblaient d'une facilité déconcertante lorsqu'elle les effectuait, comme si la musique coulait en elle telle un ruisseau. Limpidité du corps. Et alors, le reste du monde n'eut plus d'importance, lorsqu'ils s'abandonnaient simplement l'un à l'autre, dans une communion de l'âme plus intense que n'importe quelle discussion, dans l'émerveillement d'un instant.

Puis la musique vint à son terme, et il sentait les regards désapprobateurs sur la petite, il voyait les sourires en coin. Quelques secondes de silence, où il se contenta de la regarder dans les yeux avec surprise et complicité. Époustouflante, simplement époustouflante. Elle l'avait soufflé.

Il ne savait pas qui elle était, sinon une grande danseuse, d'autant plus douée qu'elle ne manquait pas de fantaisie, et qu'importe si elle n'avait que faire des conventions sociales, et qu'importe son jeune âge, il ne pouvait lui vouer qu'estime. Et puis, cette damoiselle virevoltant librement au nez et à la barbe de ses détracteurs, ne laissant que la liberté de mouvement la guider, cela l'amusait follement.

Alors, il s'adressa à elle, assez fort pour être entendu des médisants, mais avec le timbre doux, soyeux, celui que vous emprunteriez pour parler à une très jeune princesse. « 
Vous dansez à merveille, mieux que toutes les ladys ici présentes. Au lieu de ricaner, à leur place, je viendrais demander le nom de votre professeur pour le donner à mes filles. Mais certains esprits trop embourbés dans les traditions sont aveugles à l'éclat du talent.
 » Puis, un peu moins doux, un peu plus féroce, il se permis même de dire bas, alors qu'il frôlait une greluche ayant dansé à leurs côté et qui n'avait cessé les petits regards entendus avec une de ses amies « 
À moins que cet aveuglement ne soit que jalousie puérile de petite pisseuse
 ». Il s'éloigna aussitôt de l'endroit, entraînant doucement la jeune femme aux cheveux dorés.

Ses lippes laissaient voir un sourire tendre, mais ses yeux pétillaient, tandis qu'il gardait la main sur la sienne, comme s'il repensait à l'instant qu'il venait de vivre au sein de ce lieu morne et superficiel, dont il n'attendait rien. C'est plus bas, tout près de son oreille qu'il rajouta : « 
Avez-vous quelques obligations ici ? Filons à l'air libre, cet endroit n'est pas fait pour vous
 ». Sous-entendu dans son regard mauvais sur les environs : cet endroit n'est pas assez bien pour vous. Sans doute lui aurait-il proposé une seconde danse en d'autres circonstances, mais il savait à quel point les racontars pesaient sur les éclanches d'une jeune fille, et lui-même n'était point très à l'aise avec les mots durs s'appliquant ainsi sur cette petite, avec une pression verbale et sociale bien plus violente que n'importe quelle rixe de bar.

Son bras passa sur ses épaules, protecteur.

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Un nain de jardin te fait face. Il a encore la bouche pleine d'un tas de lettres qu'il a mangé : dommage, tu n'as plus que trois choix de réponses. Tu te retiens de pousser un cri devant une telle horreur et t'apprête à t'enfuir, lorsque tu t'aperçois que tu es encerclé par ces petits monstres
- Tu lui donnes un coup de pied : Vas en I.
- Tu lui demandes d'exaucer un vœu : Vas en N.
- Tu t'agenouilles, te fais passer pour l'un des leurs et commence à les suivre : Vas en F.

I Les nains semblent effrayés. Ils attrapent les lettres restantes et les avalent, se remplissant de nouvelles possibilités, mais te privant de tout échappatoire. Tu sens une ombre te recouvrir et lorsque tu te retournes, il est trop tard : le Sreath-Mhurtair t'assassine tandis que les nains ricanent, murmurant "le I est pour idiot". Tu es fortement invité à recommencer ce jeu.

TI Il n'y a qu'un seul et unique vœu possible, tu n'as pas su le choisir : les nains te ligotent, te privent de tes lettres et écrivent "triple idiot" sur ton front. Tu es livré es jeté dehors, à la merci du Sreath-Mhurtair qui se lèche les babines en te voyant.

F Tu avances avec peine dans un de leurs souterrains où le nain te guide. Arrivé à un embranchement muni de pancartes où tournes-tu ?
- Tu vas vers le nain qui t'enjoint à le rejoindre dans la salle du vœu : Vas en N.J.
- Tu prétends que tu les trouves très impolis, car d'après les coutumes de ton jardin, les invités ont le droit à une sieste dans la salle aux trésors avant toute chose : Vas en F.V.
- Tu es agacé par ce jeu stupide qui n'a rien à faire ici et a peu à voir avec Alasdair et choisit de revenir sur tes pas, ces derniers te courent après : Vas en I.

FV Tu te relèves et commences à creuser vers le haut, prenant tous les trésors possibles et t'enfuyant à grandes enjambées. Bravo : tu as choisi la meilleure des voies, celle de la fourberie, toujours victorieuse ! Alasdair te féliciterait.

N Le nain te promet d'exaucer tous tes vœux et il est prêt à te montrer ses pouvoirs magiques. Il te prend par la main, te demande de fermer les yeux, de t'agenouiller et de marcher.
- Tu ouvres les yeux malgré tout en chemin, rompant le sortilège et suscitant l'agacement du nain : Vas en f
- Tu déchaines ta colère demande à avoir ton vœu tout de suite et refuse de marcher : Vas en i
- Tu laisses le sortilège opérer : Vas en NJ.

NJ Tu te retrouves au milieu d'une arène envahie par les nains de jardin. Le roi nain te fait face et te demande quel est LE vœu.
- Tu demandes plus de vœux : Vas en TI
- Tu insinues que ce jardin n'est pas assez riche pour exaucer LE vœu, furieux, ils te conduisent à la salle aux trésors pour que tu retires ta parole : Vas en FV.
- Croyant à leur magie, tu demandes à être l'être le plus puissant de l'univers : Vas en GNJ

GNJ Le roi des nains déclare qu'ils ont enfin trouvé l'être suprême, le Grand Nain de Jardin. On te coiffe d'un bonnet rouge, t'installe sur un trône et te prie à longueur de journées, te menaçant de mort si tu oses essayer de t'échapper...


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Cycle 4 Re: Musique d'eau et vieux beau [Ft. Alasdair]

Message par Lucy Warlls le Ven 24 Aoû - 12:26

La musique finit par s'arrêter mais noyée dans le regard aux étoiles, c'est difficile de s'en rendre compte. Remonter à la surface, les bruits qui reviennent une fois la tête hors de l'eau, et ça jase, ça venime. Lui de se défendre, de mordre à son tour, de faire taire les greluches emplumées. Sourire de plus belle face à leur tête aux lèvres pincées comme sous le gout d'un citron trop mur. Il est amusant, le vieux beau, il a l'allure d'un mauvais diable, aussi acerbe qu'il peut être doux.

« Avez-vous quelques obligations ici ? Filons à l'air libre, cet endroit n'est pas fait pour vous. »


La voix contre l'oreille est jolie et roule comme les pierres sous l'écume. Sourire encore, se poser un doigt sur les lèvres, laisser l'autre passer le bras autour des épaules et le suivre hors du bal. Rire en silence sous les yeux qui jugent, l'entraîner au dehors, sur la place, se suspendre à son bras, se tenir droite, comme une dame, l'air pimbêche et sévère, avant de couler comme de l'eau clair et de le mener main dans la main dans une danse improvisée.

La nuit est claire, le vent ramène les senteurs marines, et l'envie revient. Ne pas lâcher sa main et le guider jusqu'à la plage, sourire aux cris des mouettes. S'assoir sur un rocher, retirer chaussures et bas, les rouler dans un trou, et courir pieds-nus sur le sable. A-t-il suivi ?

Revenir vers lui, lui prendre la main et embrasser la peau parcheminée, doucement, par jeu, douceur, pas d'arrière pensée. L'instant présent est amusant, beau, unique. Il est sans doute moins fou, mais il ne jugera pas, si ? Saura-t-il apprécier autant ce moment d'éternité ? L'horizon se perd dans l'encre des vagues, la lumière de la lune distille ses reflets à la surface comme sur les écailles des poissons.

S'éloigner de lui en espérant qu'il suive la danse. Les pieds courent le long de l'eau, se mouillent, un peu la robe aussi. Tant pis. Tant mieux. Rire encore avec les yeux à défaut de laisser éclater la voix. Qui a besoin de voix d'ailleurs ? Le reste suffit, le monde est suffisamment sonore, pas la peine de se rajouter au nombre.

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"La lune de ses mains distraites
A laissé choir, du haut de l’air,
Son grand éventail à paillettes
Sur le bleu tapis de la mer.

Pour le ravoir elle se penche
Et tend son beau bras argenté ;
Mais l’éventail fuit sa main blanche,
Par le flot qui passe emporté.

Au gouffre amer pour te le rendre,
Lune, j’irais bien me jeter,
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