Été 1761, Édimbourg, Écosse. Les vagues frappaient contre la rive en un bruit constant et répétitif, comme une douce berceuse chantée par la mer du nord, une caresse légère sur votre front, un tendre baiser rassurant de la nature. Tout indiquait un matin normal sur les quais du port de Leith, si ce n’étaient les corps inertes qui flottaient comme des billots de bois mou abandonnés. Six corps. [...] Lire plus.

Aux innocents les mains pleines [Ft. Alasdair]

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Cycle 4 Aux innocents les mains pleines [Ft. Alasdair]

Message par Colin Smith le Mer 1 Aoû - 21:17

Le soir du retour de chez Breac...


La nuit porte conseil dit-on,
Tu parles d'un dicton.
Et te voilà, triste lutin,
A compter les heures jusqu'au matin.

C'est que tes nuits, depuis peu,
Sont le théâtre de souvenirs capricieux,
Qui s'invitent sans crier gare,
Et bien souvent, virent au cauchemar.

Réveillé en sueur par un cri étouffé,
Pendant que continuait sous tes yeux ouverts,
La danse terrible des images passées,
Et cette chambre noire est ton calvaire.

S'habiller rapidement, se poser au salon,
Allumer une bougie ou deux en tremblant,
Les doigts enroulés autour d'un de tes rubans,
Pour retrouver un semblant de raison.

Lové comme un chat dans un des fauteuils,
Tu essayes de chasser tes mauvaises pensées,
Mais ceci dit comment renoncer,
A cette mémoire moins en deuil ?

Toujours les mêmes songes étranges,
La suite de ta terreur chez Jamieson,
Peut-être plusieurs événements que tu mélanges,
Seule la même terreur qui résonne.:
Certains se moqueront et parleront de peur du noir. D’autres de celle de l’abandon. D’autres encore de celle de l’enfermement. Mais c’est autre chose qui s’empare du lutin piégé. Ce sont les coups qui pleuvent soudain sur son propre corps, la bête des ténèbres a enfin surgit et elle attaque. Cogne jusqu’à l’épuisement. Pas de pitié, pas de pardon, gommer sous les poings qui s’abattent sur le corps frêle la monstruosité du sang. Faire payer au fir darrig sa propre nature, crève donc maudit lutin, c’est de ta faute si personne ne nous aime, si on nous abandonne. Tu es trop terrifiant, trop absurde. Mais tu vas crever, dis ? Il est tenace l’animal. Il se recroqueville dans un coin, n’ose pas rendre les coups, attend que l’orage passe. C’est que celui qui s’acharne avec autant de furie est certainement le seul qui est insensible à ses pouvoirs.

A la fin d’une nuit compacte,  le lutin pantelant  est recroquevillé au sol, hébété, silencieux, épuisé par l’assaut de haine qui a déferlé sur lui sans aucun temps mort. La porte qui s’ouvre sur le monde extérieur éclaire de la lumière du jour la pièce sans fenêtre. Chasse les dernières ténèbres, laissant l’adolescent face à celui qui l’a battu avec tant de fièvre. Seul.

Soupir de lutin pensif et fatigué,
Carresse doucement ton bras blessé,
Tu ne vas plus pouvoir t'agiter comme avant,
Devoir combler l'ennui autrement.

Tu te demandes si le vieux dort,
Tu espères ne pas l'avoir réveiller,
Tu ne veux pas le confronter à ton triste sort,
A cette mémoire presque retrouvée.

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"Oh puissions nous sauver de la [mort,
Ces cœurs qu'ils ont jadis liés
Pour qu'à la face du ciel ils mènent [encore
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Cycle 4 Re: Aux innocents les mains pleines [Ft. Alasdair]

Message par Alasdair Nilsen le Dim 5 Aoû - 13:49








Aux innocents
les mains pleines

En revenant de chez Ailean, vers le 20 juin
Le vieillard avait beaucoup trop de préoccupations pour trouver le sommeil. Puis comme on dit, les vieux, ils dorment toujours mal. La journée pourtant avait été longue, trop longue à son goût, même si avec le recul, elle l'amusait en bien des points. Retrouver Ailean, ça c'était tout de même très drôle ! Surtout avec deux mômes collés à ses basques, dont une qui menait la maison à la baguette. En revanche l'accusation de Teàrlach sonnait comme une douche froide. Ainsi, sa vie allait être ainsi maintenant, pleine de rumeurs, de coups d’œil suspicieux, méfiants. Cependant, son blason avait été redoré grâce à l'affaire Worreson, ce dont il n'était pas peu fier.

Le vieil homme sentait vaguement qu'il n'arrivait plus à vivre dans le présent, trop ancré dans son passé, trop inquiet pour le futur. Il se noyait dans les vagues du temps. Il fallait qu'il se reprenne, il le sentait bien, mais comment ? Comment alors qu'il n'avait aucun moyen de se débarrasser de l'épée de Damoclès qui semblait être suspendue au-dessus de lui, avec ce tueur qu'il savait toujours dans les rues ?

Et plein d'autres choses encore venaient à son esprit, qui n'avaient rien à voir avec tout ça, à commencer par la relation sodomite du merveilleux, ou encore la belle Kenno'Cha qui avait de quoi faire tourner la tête. Mais penchons nous sur quelques-unes de ses pensées, celles concernant sa relation avec le petit Colin.

Son comportement avait été fou, complètement fou. Irrationnel, le cinquantenaire avait attaqué n'importe qui, n'importe comment. Sa colère, elle était monstrueuse, et il le savait, il le savait mais cela ne l'empêchait pas de pouvoir revenir à nouveau. La douleur infinie de la perte d'enfants, plus jamais il ne voulait revivre ça. On ne devrait pas survivre à sa progéniture. Jamais plus grand maux n'existera.

Et Colin n'était pas sa progéniture. Pas tout à fait, son « presque fils » comme il l'avait dit spontanément, voilà un bon résumé. Jamais dans son cœur il n'atteindra tout à fait l'importance qu'avaient pu avoir ses petits, tous décédés, les uns après les autres. Qu'il allait encore voir au cimetière.

Cependant, le bon Alasdair sentait, de façon diffuse, que son besoin de le protéger, qu'il ne lui arrive rien, était tout aussi fort. Cela n'avait pas de sens. Un môme des rues, comme tant d'autre, qu'il avait recueilli par hasard là où d'habitude, leurs petits corps étaient monétisés, leur confiance abusée, et ce sans once de culpabilité. Après tout, ne leur trouvait-il pas un foyer, un lieu chaud où passer l'hiver, une table où se nourrir ? Mais celui-ci, allez savoir pourquoi, c'était à sa table qu'il l'accueillait, dans une chambre aménagée spécialement pour lui il n'y a pas si longtemps de cela, lorsque le jeune homme commença à quasiment s'installer chez lui.

Oui, peut-être était-ce cela. À force de prendre soin de lui, de l'avoir à la maison, de s'autoriser à le punir, lui remonter les bretelles, à lui payer des trucs, à s'inquiéter pour lui, peut-être pouvait-il s'accorder le droit de voir un lien familial, là où il n'y en avait point. Sa belle-mère, il l'avait lui-même jamais accepté, il n'aurait lui-même jamais toléré qu'on s'accorde un pouvoir sur lui de cette façon, au nom d'une parentalité qui n'existait même pas. Jamais il n'aurait toléré de la part de ses parents ce qu'il avait fait aujourd'hui, tout ce remue-ménage.

Sans compter que le garçon ne savait point grand-chose de lui en vérité. Cela, il lui avait avoué à demi-mot dans les geôles. Mais tout de même, parfois, cela le préoccupait un peu. Est-ce qu'il supporterait encore longtemps les contraintes dans lequel Alasdair le mettait, alors que lui-même n'en faisait jamais qu'à sa tête ? Enfin, le bonhomme relativisait : Colin restait très libre, et à son âge encore enchaînait des bêtises aux allures parfois puériles.

Toutes ces divagations ne l'empêchèrent pas de se lever d'un bond en entant un cri. Tendant l'oreille, il fut sûr que ce n'était point son imagination lorsque le plancher grinça sous le bruit de pas.

Est-ce que son épaule lui faisait encore mal ? Est-ce que cela s'était encore ouvert ? Voilà ce que cru d'abord le Fir, en enfilant tout de même une culotte rapidement. Et le voilà parti, probablement en chemise de nuit, puisque personne n'avait encore eu l'idée d'inventer le délicieux pyjama.

Et là, l'esprit tourmenté par mille questions vit son petit chat sauvage recroquevillé dans un fauteuil, l'air pensif, l'air blessé. Air qui était plus qu'un air, son épaule était plus amochée qu'avant encore. Les risques d'infection, l'insomniaque n'osait même pas y penser, palissant rien qu'à l'idée. Il se voyait déjà amputer le bras du môme. Non, décidément, cela n'allait pas être possible.

Venant à pas feutrés, ne voulant pas arriver en tintamarre auprès du petit, il tentait d'éviter l'agitation en cette soirée après pareille journée. D'abord sans un mot, il vint s'asseoir délicatement sur le bras du fauteuil, passant sa main dans les cheveux du garçon, non sans jeté un regard inquiet sur le membre blessé, s'assurant que le saignement n'ait pas repris.

Sa voix était douce, cajoleuse. «
 Je t'ai entendu crier. Ne t'en fais pas, cela ne m'a pas réveillé, je ne dormais pas.
Le lutin se faisait de plus en plus prévenant avec son vieux Fir. Il l'avait remarqué.
C'est ton bras ? Tu veux que je refasse ton bandage ? On doit avoir de quoi faire passer ta douleur également, le temps que tu t'endormes. Ou est-ce un mauvais rêve ?
 »

Il esquissa un sourire, espérant le lui transmettre. « 
Cette petite visite impromptue chez Ailean était un peu mouvementée... Tu as certainement des questions plein la tête. Je ne suis pas sûr que tu ait un jour vu autant de Firs Darrigs au même endroit. 
»

Des questions plein la tête, certainement. Dommage pour lui, Alasdair se méprenait, croyant que le jeunot s'interrogerait sur cette noble race, ses pouvoirs et ceux des autres. Cependant, c'était aussi une invitation à parler, parler de cette colère qu'il avait eue, de cette parentalité imposée dont il regrettait à présent de l'avoir exposée ainsi. Les grandes démonstrations d'affection de ce genre, cela ne lui ressemblait pas. Homme de mots, il montrait plutôt son amour par des gestes, des blagues, une présence tenace et parfois envahissante. Mais l'innocence du Smith l'avait souvent poussé à dire, à répondre à ses interrogations, à sa peur du rejet qu'il sentait en filigrane, sans vraiment complètement la saisir.


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Inconvénients : Farceur - Ses blagues vont souvent un peu trop loin - Incapable de laisser passer une défaite
Un nain de jardin te fait face. Il a encore la bouche pleine d'un tas de lettres qu'il a mangé : dommage, tu n'as plus que trois choix de réponses. Tu te retiens de pousser un cri devant une telle horreur et t'apprête à t'enfuir, lorsque tu t'aperçois que tu es encerclé par ces petits monstres
- Tu lui donnes un coup de pied : Vas en I.
- Tu lui demandes d'exaucer un vœu : Vas en N.
- Tu t'agenouilles, te fais passer pour l'un des leurs et commence à les suivre : Vas en F.

I Les nains semblent effrayés. Ils attrapent les lettres restantes et les avalent, se remplissant de nouvelles possibilités, mais te privant de tout échappatoire. Tu sens une ombre te recouvrir et lorsque tu te retournes, il est trop tard : le Sreath-Mhurtair t'assassine tandis que les nains ricanent, murmurant "le I est pour idiot". Tu es fortement invité à recommencer ce jeu.

TI Il n'y a qu'un seul et unique vœu possible, tu n'as pas su le choisir : les nains te ligotent, te privent de tes lettres et écrivent "triple idiot" sur ton front. Tu es livré es jeté dehors, à la merci du Sreath-Mhurtair qui se lèche les babines en te voyant.

F Tu avances avec peine dans un de leurs souterrains où le nain te guide. Arrivé à un embranchement muni de pancartes où tournes-tu ?
- Tu vas vers le nain qui t'enjoint à le rejoindre dans la salle du vœu : Vas en N.J.
- Tu prétends que tu les trouves très impolis, car d'après les coutumes de ton jardin, les invités ont le droit à une sieste dans la salle aux trésors avant toute chose : Vas en F.V.
- Tu es agacé par ce jeu stupide qui n'a rien à faire ici et a peu à voir avec Alasdair et choisit de revenir sur tes pas, ces derniers te courent après : Vas en I.

FV Tu te relèves et commences à creuser vers le haut, prenant tous les trésors possibles et t'enfuyant à grandes enjambées. Bravo : tu as choisi la meilleure des voies, celle de la fourberie, toujours victorieuse ! Alasdair te féliciterait.

N Le nain te promet d'exaucer tous tes vœux et il est prêt à te montrer ses pouvoirs magiques. Il te prend par la main, te demande de fermer les yeux, de t'agenouiller et de marcher.
- Tu ouvres les yeux malgré tout en chemin, rompant le sortilège et suscitant l'agacement du nain : Vas en f
- Tu déchaines ta colère demande à avoir ton vœu tout de suite et refuse de marcher : Vas en i
- Tu laisses le sortilège opérer : Vas en NJ.

NJ Tu te retrouves au milieu d'une arène envahie par les nains de jardin. Le roi nain te fait face et te demande quel est LE vœu.
- Tu demandes plus de vœux : Vas en TI
- Tu insinues que ce jardin n'est pas assez riche pour exaucer LE vœu, furieux, ils te conduisent à la salle aux trésors pour que tu retires ta parole : Vas en FV.
- Croyant à leur magie, tu demandes à être l'être le plus puissant de l'univers : Vas en GNJ

GNJ Le roi des nains déclare qu'ils ont enfin trouvé l'être suprême, le Grand Nain de Jardin. On te coiffe d'un bonnet rouge, t'installe sur un trône et te prie à longueur de journées, te menaçant de mort si tu oses essayer de t'échapper...


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Cycle 4 Re: Aux innocents les mains pleines [Ft. Alasdair]

Message par Colin Smith le Dim 5 Aoû - 14:24

Un sourire désolé sur tes lèvres s'étire,
Pendant que te rejoins le vieux Fir,
Et soudain voici que le salon,
S'emplit de toutes ses questions.

"Ne t'inquiète pas pour mon bras, ce n'est pas ça."
Dis-tu en te tournant vers lui.
"C'est plutôt cette image que je ne comprends pas,
Toujours la même qui me poursuit."


Il continue à parler d'aujourd'hui,
Et l'information chemine jusqu'à ton esprit.
"Ils étaient tous comme nous ?"
Demandes-tu en enserrant tes genoux.

Tu ne sais pas quoi en penser,
Encore un peu perturbé,
Par ta mémoire chavirée.
"Je commence à me souvenir, tu sais."

Les mots sont à peines murmurés,
Que la suite coule sans que tu puisses l'arrêter.
"Je crois que je préférais avant, Al.
Au moins j'oubliais que j'avais mal.

Je te remercie pour tout ce que tu as fait pour moi,
Alors que je sais que je ne le mérite pas.
J'ai peur de découvrir qui je suis et d'où je viens,
Et de savoir par exemple que j'ai du sang sur les mains.

Et puis cette image qui persiste.
Je crois que c'est plus qu'une simple peur,
Plutôt un souvenir qui résiste.
Comme si j'avais vécu cette horreur."


Ton corps est parcouru de frissons incontrôlés,
Alors que tu te vois de nouveau enfermé.
Tu soupires et tristement tu souris,
Tu voudrais retourner à ton amnésie.

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Cycle 4 Re: Aux innocents les mains pleines [Ft. Alasdair]

Message par Alasdair Nilsen le Dim 5 Aoû - 17:38








Aux innocents
les mains pleines

En revenant de chez Ailean, vers le 20 juin
Ce n'est pas son bras. Ouf, ce n'est pas son bras ! Les maux physiques, le vieil Alasdair ne savait pas les gérer, ayant vu bien trop de monde autour de lui mourir d'un mauvais rhume, être estropié pour une bagatelle. Encore récemment, il avait aperçu ce forgeron en passant dans la ruelle, avec son oeil en moins. D'ailleurs, c'était avec un relatif soulagement qu'il voyait ce forban d'Ailean à chaque fois, puisque sa mort en ces pays lointains lui avait toujours semblé si probable qu'il s'était fait à l'idée qu'un jour, un courrier à ce propos lui parviendrait.

L'image, l'image ? C'est donc un rêve ? Ou est-ce cette terrible frayeur que le petit noble lui avait infligé ? Il allait bien voir, il allait lui expliquer cela, ou du moins ce qu'il en savait. « 
Je pense. Teàrlach, celui qui m'accusait d'avoir tué une chanteuse, je crois qu'il est même plutôt comme toi que comme moi. C'est un drôle de diable. Lui aussi supporte mal d'être entouré d'un grand nombre de personnes, et j'avais déjà remarqué son penchant pour le rouge. Ailean, j'en ai toujours été sûr. Lui et moi, on se ressemble un peu, parfois. Même s'il m'agace ce-pendant. Quant à ce jeune homme, Caiden, tu auras remarqué son mouchoir rouge. Ces images, cette terreur que tu as eue, c'était sa faute, j'en suis sûr. Même si ce n'était peut-être pas voulu 
». Cette dernière phrase avait été dite moins fort, presque chuchotée, comme s'il avait peine à l'admettre dans sa colère.

Mais ensuite, plus les mots de Colin coulaient, plus le vieil homme se sentait se paralyser. Il n'avait pas bu assez d'alcool pour avoir cette discussion, il lui faudrait un verre. Le môme avait changé. Mûri peut-être. Ses souvenirs qui revenaient, après toutes ces années ? À maintes occasions le curieux farfadet l'avait interrogé, avait tenté secrètement de stimuler sa mémoire en l'emmenant en divers lieux, suite à une conversation de bar où un quidam aviné qui se prenait pour un médecin lui avait affirmé que cela pouvait faire revenir des choses. Cela n'avait jamais rien donné. Notez l'ironie : Jamais Alasdair n'aurait soupçonné les bienfaits psychologiques d'une petite crise de terreur pour tout faire remonter à la surface !

S'il avait subit quelques petites crises infligées par des Firs Darrigs, l'insupportable vieillard en avait offert plus encore à ses compatriotes, poussant même parfois le vice jusqu'à leur demander ce qu'ils avaient vu. Mais jamais il n'avait été question de souvenirs, toujours de bribes de songes, de cauchemars qui s'envolent, rien ce bien grave dans le fond, si ce n'est pour la santé mentale.

Ses tremblements, cela l'effrayait. Il se retient de le prendre dans ses bras, simplement et purement.  Le garçon était devenu trop grand pour ça, et ce n'était sans doute pas ce dont il avait besoin pour l'instant. Des mots, voilà ce qu'il lui fallait.

Une chose à la fois. D'abord, ce qu'il pouvait traiter. « 
Tu sais, c'est peut-être moi qui devrais te remercier. Dans cette mansarde, j'ai tout gardé, la poussière, les vieilles lettres, la chambre, et même jusqu'aux robes de ma femme.
Dans son discours, souvent, « sa femme » semblait encore en vie.
Tu n'es pas un remplaçant à ma famille, à ma fille, mais tu as remis un peu de gaieté dans ce lieu. Avant, je quittais sans cesse l'appartement pour aller dormir à la chèvre fringante. Je suis heureux de t'avoir auprès de moi.
Les mots étaient maladroits, pouvaient être mal interprétés, et même en avançant à petit pas, le vieil Alasdair avait du mal. L'honnêteté, il connaissait pas ça très bien.
Et ne pense pas que tu ne le mérites pas, tu es devenu un gentil garçon. Tu es même venu me voir en prison.
 »

Dans le fond, c'était vrai. Qu'il ne le méritait pas. Pas parce qu'il était mauvais, pas parce qu'il trouvait le moyen de se faire tirer dessus ou d'être à l'origine d'un sacré remue-ménage chez Ailean. Mais parce que Alasdair n'était pas du genre à aider son prochain sans raison, ou s'il le faisait et qu'il lui était arrivé d'héberger et nourrir plus d'un pauvre, la situation ne se prolongeait jamais bien longtemps. C'était si hasardeux, finalement, que Colin ait pris une si grande importance, lui plutôt qu'un autre, car a priori, il n'avait rien fait de plus ou de moins.

Mais ce qui était tout aussi vrai, et que le vieillard ne lui disait pas non plus, c'est à quel point son innocence et son affection, prodiguée à coup de dessins et de petites attentions puériles, avaient jouées en sa faveur. À quel point, dans le fond du fond, il le méritait, d'être soigné par ce vieux monsieur lorsque lui, il lui avait pansé le cœur de sa fraîcheur enfantine. Mais ça, Alasdair ne saurait pas même le mettre en mot dans sa tête en ces termes, alors devant Colin ? Pourtant, c'était un petit peu de ce qu'il essayait de lui dire, avec une grande maladresse, quand il lui disait qu'il était un gentil garçon, qu'il était venu le voir et qu'il soufflait à demi-mot que quelque part, sa présence l'avait aidé.

« 
Tes souvenirs... Si tu as vraiment du sang sur les mains, c'est qu'on t'y aura obligé. Ces choses là sont si vite arrivées, parfois... Quand tu es venu chez moi, la première fois, tu disais qu'on t'avais frappé... Tu sais, les souvenirs, c'est toujours douloureux, même les bons... N'ai pas peur s'ils reviennent. Tu as changé, Colin. Tu n'es plus le même que lorsque je t'ai rencontré. Ce ne sont que des souvenirs, c'est passé, plus rien de mal ne t'arrivera désormais.
 » Cette dernière affirmation, elle sonnait comme une promesse, tandis qu'il cherchait à attraper ses yeux, sentant des larmes commencer à venir, des larmes de frustration car jusqu'ici, il avait été bien incapable de le protéger, et qu'un tas de mauvaises choses lui étaient arrivées. C'était presque plus une promesse à lui-même qu'à Colin, à ce stade.

«
 Je vais nous chercher un thé, et tu vas tout me raconter, d'accord ? Sur ces images. Sinon, elles vont rester dans ta tête, et tourner sans jamais s'arrêter 
». Il le traitait à nouveau en enfant, et fuyait presque la pièce pour que le petit ne voit pas ses larmes, et ce qu'était pas le bon comportement, et il le savait. Mais c'est celui qu'il eut, malheureusement.

Quelques minutes plus tard, il revint avec deux gobelets. Le sien n'était finalement pas un thé, mais un whisky. Mais pour Colin, pas d'alcool, juste une boisson chaude, cela lui semblait maintenant plus approprié, d'autant plus qu'il n'avait réalisé qu'un peu tard qu'aujourd'hui avait peut-être été son premier contact avec la liqueur. Lui mettant le réconfort dans la main, il s'assit en face de lui, essayant de le mettre à l'aise, ce môme qui disait rarement trois mots d'affilé et qui d'un coup se mettait à lui dire ce qu'il y avait dans sa tête, et l'horreur qu'il en avait. Ses propres larmes s'étaient séchées, ses lippes restaient fermées en un demi-sourire qui se voulait engageant, attendant pour une fois qu'il lui parle, plutôt que de l'assommer d'une longue logorrhée.


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Un nain de jardin te fait face. Il a encore la bouche pleine d'un tas de lettres qu'il a mangé : dommage, tu n'as plus que trois choix de réponses. Tu te retiens de pousser un cri devant une telle horreur et t'apprête à t'enfuir, lorsque tu t'aperçois que tu es encerclé par ces petits monstres
- Tu lui donnes un coup de pied : Vas en I.
- Tu lui demandes d'exaucer un vœu : Vas en N.
- Tu t'agenouilles, te fais passer pour l'un des leurs et commence à les suivre : Vas en F.

I Les nains semblent effrayés. Ils attrapent les lettres restantes et les avalent, se remplissant de nouvelles possibilités, mais te privant de tout échappatoire. Tu sens une ombre te recouvrir et lorsque tu te retournes, il est trop tard : le Sreath-Mhurtair t'assassine tandis que les nains ricanent, murmurant "le I est pour idiot". Tu es fortement invité à recommencer ce jeu.

TI Il n'y a qu'un seul et unique vœu possible, tu n'as pas su le choisir : les nains te ligotent, te privent de tes lettres et écrivent "triple idiot" sur ton front. Tu es livré es jeté dehors, à la merci du Sreath-Mhurtair qui se lèche les babines en te voyant.

F Tu avances avec peine dans un de leurs souterrains où le nain te guide. Arrivé à un embranchement muni de pancartes où tournes-tu ?
- Tu vas vers le nain qui t'enjoint à le rejoindre dans la salle du vœu : Vas en N.J.
- Tu prétends que tu les trouves très impolis, car d'après les coutumes de ton jardin, les invités ont le droit à une sieste dans la salle aux trésors avant toute chose : Vas en F.V.
- Tu es agacé par ce jeu stupide qui n'a rien à faire ici et a peu à voir avec Alasdair et choisit de revenir sur tes pas, ces derniers te courent après : Vas en I.

FV Tu te relèves et commences à creuser vers le haut, prenant tous les trésors possibles et t'enfuyant à grandes enjambées. Bravo : tu as choisi la meilleure des voies, celle de la fourberie, toujours victorieuse ! Alasdair te féliciterait.

N Le nain te promet d'exaucer tous tes vœux et il est prêt à te montrer ses pouvoirs magiques. Il te prend par la main, te demande de fermer les yeux, de t'agenouiller et de marcher.
- Tu ouvres les yeux malgré tout en chemin, rompant le sortilège et suscitant l'agacement du nain : Vas en f
- Tu déchaines ta colère demande à avoir ton vœu tout de suite et refuse de marcher : Vas en i
- Tu laisses le sortilège opérer : Vas en NJ.

NJ Tu te retrouves au milieu d'une arène envahie par les nains de jardin. Le roi nain te fait face et te demande quel est LE vœu.
- Tu demandes plus de vœux : Vas en TI
- Tu insinues que ce jardin n'est pas assez riche pour exaucer LE vœu, furieux, ils te conduisent à la salle aux trésors pour que tu retires ta parole : Vas en FV.
- Croyant à leur magie, tu demandes à être l'être le plus puissant de l'univers : Vas en GNJ

GNJ Le roi des nains déclare qu'ils ont enfin trouvé l'être suprême, le Grand Nain de Jardin. On te coiffe d'un bonnet rouge, t'installe sur un trône et te prie à longueur de journées, te menaçant de mort si tu oses essayer de t'échapper...


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Cycle 4 Re: Aux innocents les mains pleines [Ft. Alasdair]

Message par Colin Smith le Dim 5 Aoû - 18:33

Pendant que le vieux s'absente chercher le thé,
Tu récupères dans ta chambre de quoi dessiner.
Et rapidement, au fusain tu crayonnes,
De traits vifs ce qui t'emprisonne.

Une cage, aux barreaux serrés,
Et surtout l'impression d'étouffer.
Tu t'arrêtes quand il revient et s'assied près de toi,
Tu lui tends la feuille à bout de bras.

Remercie pour le thé qui réchauffe tes mains
Qui tremblent encore, et noires de fusain.
Souffle dessus, savoure l'odeur,
Et finis par parler de ta terreur.


"Chez Breac j'ai cru qu'on m'enfermait.
Sans que je sache ce que j'avais fait.
Le temps passait, j'étais seul dans le noir,
C'est ça qui me poursuit en cauchemar."


Premier silence, première gorgée,
Prends le temps de savourer le thé.
"On enferme que les criminels.
Alors qu'ai-je pu faire de si cruel ?"


Un regard vers Al et tu réalises
A quel point ta pensée est une bêtise.
C'était pourtant une de tes dernières leçons.
Que les innocents vont en prison.

Oui mais celle d'Al tu y crois.
Tu ne sais pas quoi penser de toi.
Et tu t'avances pour lui prendre la main,
Présente tes excuses au vieux lutin.

"Si j'ai été mauvais, est-ce que tu me pardonneras ?
Je comprendrai que tu ne veuilles plus de moi".

Lutin inquiet et désolé,
Noies tes craintes dans la chaleur du thé.

_________________
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Faileas

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Points : 198

Avatar : Thomas Brodie-Sangster
Crédit : il se reconnaitra (et il est d'accord)
Multicompte : Sheena Matheson/Crìsdean Gòrdanach/Moncha Maradhearg / Lucy Warlls
Pseudo : Sasha von Eden

Taux d'abomination :
90 / 10090 / 100
Age : 18 ans
Pouvoirs : Téléportation, invisibilité de courte durée, éveiller des peurs enfouies
Inconvénients : S'incruste chez les gens, ochlophobie, fascination pour la couleur rouge, Entêtement
"Oh puissions nous sauver de la [mort,
Ces cœurs qu'ils ont jadis liés
Pour qu'à la face du ciel ils mènent [encore
Ce combat pour la liberté"
(Walt Whiteman, Feuilles d'Herbe)



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Cycle 4 Re: Aux innocents les mains pleines [Ft. Alasdair]

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