Été 1761, Édimbourg, Écosse. Les vagues frappaient contre la rive en un bruit constant et répétitif, comme une douce berceuse chantée par la mer du nord, une caresse légère sur votre front, un tendre baiser rassurant de la nature. Tout indiquait un matin normal sur les quais du port de Leith, si ce n’étaient les corps inertes qui flottaient comme des billots de bois mou abandonnés. Six corps. [...] Lire plus.

If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Breac Jamieson le Jeu 2 Aoû - 14:10

Il était vrai que l'avenir était plein de surprises, s'il se comportait en harmonie avec le passé ; mais Breac imaginait difficilement que ce soit ce genre de surprises que les pauvres parents avaient imaginées, quoique... en l'envoyant vivre ici avec les enfants, ils avaient des idées derrière la tête. Plus les jours passaient, plus il observait son nouvel environnement, et plus il en était convaincu. C'étaient deux jeunes gens intelligents et la fièvre n'avait certainement pas altéré ces capacités-là. Si seulement on avait daigné lui ouvrir l'accès à cette fichue boîte... Il avait l'impression qu'il manquait quelque chose à leur sujet, un élément important.

Bah ! Il n'avait jamais eu une mentalité d'enquêteur ou de chercheur assidu. D'ailleurs, envoyé sur les mers avec une carte au trésor, il aurait sans doute rencontré mille distractions passionnantes, et toutes les îles seraient devenues autant d'îles au trésor à ses yeux. Inutile d'y penser. La fille avait raison. Et quoi, penser aurait servi à quelque chose, peut-être ? Juste à rajouter un poids sur ses épaules, en plus de la gestion d'un foyer, tâche incongrue pour ses brusques mains rouges s'il en est.

"Pour m'être agréable ? Restez exactement comme vous êtes. Je vais vous laisser en paix à présent, avec mes histoires de famille."

Tout distrait qu'il soit par ses propres préoccupations, il n'avait pu ignorer les implications personnelles de la répartie dont sa propre protestation avait fait l'objet. Une mélancolie, un air absent, un regard détourné, tout cela voulait dire : dans mon cas par exemple... Ah, dire qu'il y avait des abrutis pour prétendre que les femmes étaient de curieux animaux et que leurs pensées étaient difficiles à démêler. Qui savait observer un camarade en silence, s'imprégner des sentiments diffus qui animaient ses traits à son insu, et en reconstituer le fil de pensée, pouvait sans peine comprendre une femme. Ce n'est pas comme si elles disposaient de quelque magie supplémentaire pour se dissimuler davantage. Même poudrées à l'extrême, elles avaient toujours des yeux mobiles, des lèvres palpitantes, et toutes ces autres manifestations qui n'échappaient pas à un oeil aguerri.

Il se porta au niveau de la vendeuse, tout encombré par ses achats auprès de la concurrence, que la petite fille ne se gênait pas pour lui coller dans les mains dès qu'ils étaient remis en forme. Elle ne cachait pas son agacement, mais elle était ravie de se rapprocher de Sheena à laquelle elle espérait pouvoir présenter des salutations un peu plus chaleureuses, plus tactiles peut-être, que la légère inclinaison de la tête qui était attendue d'une petite dame de sa qualité. Si son mal élevé de tuteur offrait tout naturellement la bise à cette parfaite inconnue, elle pourrait suivre, et déclarer ensuite que c'était uniquement pour ne pas lui faire honte qu'elle s'était pliée à son exemple, mais que, vraiment, il ne savait pas se tenir en société.

"Et disons que Barbara était votre surprise d'aujourd'hui. Je vous présenterai Alan, puisqu'elle y tient. Il parle presque comme une personne, vous verrez, et il n'abîmera rien dans la boutique."

Evidemment, sans guère hésiter, il posa la main sur le bras de la demoiselle et lui appliqua un baiser sur la joue, puis indiqua d'un signe de tête à Barbara d'en faire de même, dans un geste qui signifiait : allez, on s'en va ! La petite se haussa sur la pointe des pieds avec un grand sourire et des yeux illuminés. Elle attendait que la boutiquière s'incline dans sa direction, car évidemment, monsieur était trop chargé pour la soulever. Un refus ne serait pas accepté. Ou du moins elle s'en vengerait sur Breac durant le chemin du retour. Elle n'avait pas prévu comment, mais elle avait l'esprit vif.

Breac, quant à lui, ayant fait un pas de retrait, les observait toutes les deux. Il était effectivement triste que certains enfants soient sans mères et certaines mères sans enfants, alors que les uns et les autres n'auraient demandé qu'à s'offrir cette douce compagnie qui berce les jeunes années. Et il était injuste que cette situation soit sans remède. Cela dit, on considérait bien qu'il fallait un village pour élever un enfant, dans cette province de bouseux d'où il venait – selon certaines remarques de gens qui n'y étaient jamais allés, et d'autres gens qui étaient ridiculement amoureux de cette ville enfumée et humide, propre à donner aux enfants d'affreuses maladies de poumon.

Une diseuse de bonne aventure croisée sous un gibet avait fait de telles prédictions au père des petits, autrefois, mais il ne s'était pas étendu sur le sujet. Il savait que Breac prenait tout ça bien trop au sérieux. Eh bien, il était mort, depuis. C'était bien la preuve qu'il n'y avait pas que de la charlatanerie là-dessous. Bon, certes, la diseuse de bonne aventure était une paysanne d'Appin, ex-gourgandine reconvertie, pas forcément la source la plus fiable de la planète. Il n'en parlerait pas aux enfants ; leur père avait soutenu que s'ils ne le savaient pas, la prédiction ne pouvait leur faire aucun mal, mais qu'il suffisait qu'ils l'apprennent pour se sentir malades. Ce n'était pas forcément l'expérience qu'il aurait voulu tenter. Enfin... toute cette installation à Edimbourg était en soi une vaste expérience. Du moins avait-il acheté manchons, écharpes et chapeaux, propres à écarter le mal quand la saison froide reviendrait.

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I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Sheena Matheson le Jeu 2 Aoû - 15:16

"Pour m'être agréable ? Restez exactement comme vous êtes. Je vais vous laisser en paix à présent, avec mes histoires de famille."

La remarque la rassura et la fit sourire.

"Vous ne m'avez pas dérangée, Mr Jamieson."


A dire vrai il avait même fini par égayer sa journée. Ce n'était absolument pas le genre d'homme qu'une femme mariée, jeune veuve, devait fréquenter, mais les fréquentations de Sheena ne suivaient aucune logique morale depuis quelques temps. Etre avec les gens qu'on appréciait était bien plus important à ses yeux que de voir quelqu'un uniquement parce qu'il était désigné par la bienséance. De toute façon, la bienséance n'avait jamais dû oser franchir le seuil de sa boutique.

"Et disons que Barbara était votre surprise d'aujourd'hui. Je vous présenterai Alan, puisqu'elle y tient. Il parle presque comme une personne, vous verrez, et il n'abîmera rien dans la boutique.
- Ramenez-moi donc vos surprises, ça me changera des bourgeoises", s'amusa Sheena.

Il n'y avait aucun jugement de valeur dans ses paroles, juste une triste constatation. Elle essayait d'adapter son travail à toutes les bourses mais certaines créations ne pouvaient être acquises en deçà d'un certain seuil.

Le contact de Jamieson, en revanche, la figea sur place. Elle ne l'avait pas mal pris parce qu'elle considérait le geste déplacé, mais les habitudes ont la peau dure. Toujours si peu tactile, la caoineag s'excusa de sa réaction.

"Je... je n'ai pas l'habitude de ce genre de démonstration, avoua-t-elle. Les gens évitent de m'approcher dans la mesure du possible généralement."

Elle se garda de dire que cela lui allait très bien, sauvage qu'elle était.

En revanche, elle se plia au jeu avec naturel et douceur lorsque Miss Barbara s'approcha d'elle. Elle s'agenouilla et la laissa l'embrasser sur la joue comme son tuteur venait de le faire. En retour elle lui pressa sa menotte entre ses mains blanche, et se releva avec un sourire.

"Revenez quand ça vous chante, dit-elle, j'apprécie la manière dont vous surprenez mon quotidien."

Elle les aida à emporter leurs affaires et les conduisit avec un sourire jusqu'à la porte de l'atelier. En les regardant  s'éloigner, Sheena songea que ce drôle de duo risquait de la mener par le bout du nez si elle n'y prenait pas gare. Et à vrai dire, elle avait bien envie de se laisser avoir.

Conclusion ?:
Je me suis permise de conclure et de raccompagner tes persos jusqu'à la porte, à vrai dire je pense qu'on a fait le tour là. Si ça te va, on peut le clore et le mettre à archiver, quitte à ouvrir le Thea/Sheena :)

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"Il doit ouvrir la porte.
Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

Nota bene : "Scelle tes charmes" Qui a prononcé ces paroles et que signifient-elles ?"



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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Timothea Mormaer le Jeu 2 Aoû - 16:54

Il faisait ridiculement beau cet après-midi-là, en débarquant sur le port. La question ne s’était pas posée longtemps, la voyageuse avait gagné sa destination par voie de mer. Elle fit la moue en entrant dans les eaux protégées, mais la joie de revoir un camarade d’expédition égaya son humeur à l’apparition d’une silhouette familière sur le quai, flanquée de deux silhouettes parfaitement inconnues, mais de taille à être les nouveaux adversaires. Timothea Mormaer, première et dernière du nom, descendit à terre triomphalement pour leur tendre ses sacs de voyage, et s’apprêtait à gagner un domicile charmant à n’en point douter, pour se prélasser comme le fait une voyageuse de qualité qui a quelques milles marins dans les pattes ; mais pas question. Monsieur avait une corvée à lui imposer. Déjà ? Au terme d’une âpre négociation, la gouvernante obtint le droit de boire un verre, de faire une sieste d’une demi-heure, et d’enchaîner avec un brin de toilette. Il s’agissait d’être pimpante. Elle accrocha son épée au mur, qui semblait prévu à cet effet, et se sentit déjà comme chez elle.

Déjà aussi, la comparaison avec « maman » commençait. Oh, qu’elle aurait volontiers dit du mal de « maman », si elle l’avait connue et si celle-ci n’avait pas été morte ! Bien sûr que « maman » donnait le bain aux petits avec elle. On faisait probablement ça en Écosse, pays de barbares et terre de dragons, et surtout de radins, mais ça, impossible de le dire à voix haute. Mademoiselle était maintenant un peu grande pour ce genre de chose, voilà, et puis le Chevalier ne la baignait pas avec lui, que l’on sache, donc elle n’allait pas faire des caprices. Et une porte fermée au nez. Voilà qui lui apprendrait que l’on ne tirait pas ainsi de Timothea tout ce qu’on en voulait, quoi qu’elle ne parlât peut-être pas la langue à la perfection. C’était surtout leur fichu accent qui rendait par instants les choses difficiles à saisir. Les R étaient plus solides que dans le reste du pays, mais les mots de patois qui émaillaient les phrases en faisaient parfois de vrais petits nids de guêpe.

Allons, il fallait maintenant se rendre au rendez-vous, avant qu’il ne soit l’heure où les boutiques fermaient. Tout en cheminant dans cette ville inconnue et en demandant sa route aux passants, de l’air le plus gracieux qu’elle puisse se trouver, Thea réfléchissait à ce qui lui avait déjà été communiqué. Jamieson s’était acoquiné avec une vendeuse de corsets – jusque là, tout était normal – et s’était mis en tête de lui confier la supervision de ce nouveau contrat. Si Thea lui déplaisait, c’est qu’elle n’était pas adaptée à veiller sur les enfants. Allons donc, et qu’est-ce qu’elle ferait alors ? Elle n’allait pas servir en salle, quoique… ce serait amusant et ça lui donnerait l’occasion de pousser la chansonnette en compagnie des braves gens du quartier, à défaut de fringants marins.

Tout en marchant, elle se mit en demeure de récapituler en son âme les divers renseignements qu’elle avait pu glaner sur la personne au bout de sa route. Une jeune dame du peuple, rousse comme les automnes, ce qui avait naturellement charmé le soudard amateur de ces teintes vives. Une beauté, à l’en croire, cela, on en jugerait. Une aimable personne qui cependant ne s’en laissait pas conter au besoin ; ça, c’était bon signe. Timothea avait généralement une profonde communauté d’esprit avec ces filles-là. Une auditrice patiente qui avait supporté d’un sourire plus que commerçant les élucubrations de son interlocuteur, et qui aimait les enfants. Le petit Alan avait même ajouté qu’elle était « très heureuse de les voir », une impression qui l’avait visiblement touché. Pour ce qu’il savait de la vie, celui-là ! C’était quantité négligeable.

Enfin, la boutique annoncée se profila et Thea s’arrêta devant le seuil, pour lisser ses jupons, rajuster sa chevelure qu’elle portait ce jour-là sur l’épaule, et mobiliser son plus doux sourire. Il fallait prouver diverses choses : qu’elle était honnête, travailleuse, dévouée, modeste, saine de corps et d’esprit, intelligente sans doute – on demandait cela aux domestiques, dans ce pays ? - qu’elle aimait les enfants bien sûr… pour ce point, elle emprunterait tout simplement aux préceptes de madame sa mère, qui était une bonne mère, la question ne se posait même pas, et donc forcément un exemple d’excellence. Mais au fond, elle savait bien que ce serait avant tout une affaire de sympathie naturelle, autrement dit, de séduction. Et sur ce terrain, bien peu de défis lui donnaient le sentiment de ne point être à la hauteur.

Elle franchit donc le seuil en cherchant des yeux la dame rousse dont on lui avait parlé, au hasard d’une possible équipe plurielle. Ciel, que tous ces articles étaient donc charmants ! Aussitôt, toute notion de divergence culturelle lui sortit de l’esprit, emportée par l’envie de choisir et d’acquérir, et surtout, de prendre des poses devant un miroir. Son sourire s’élargit et ses canines brillèrent, de la même fascination que ses yeux clairs, qui dévoraient présentement un corset décoré de perles, et bordé de dentelle bleue. L’effort de volonté qu’il lui aurait fallu pour s’y montrer indifférente ne lui semblait pas justifié par les circonstances. Elle se garda de frôler l’étoffe du doigt, parce qu’elle avait du savoir-vivre, mais il lui fallut un instant avant de reprendre le cours de la conversation qu’elle avait commencé à tenir, à l’intention de quiconque l’entendrait.

« Bonjour, Thea Mormaer, envoyée par le Chevalier Jamieson, je suis la nouvelle gouvernante de ses enfants… Il m’a dit qu’une certaine Sheena Matheson pourrait s’entretenir avec moi, afin de juger de mes mérites. »

Il avait aussi défendu que l'on décrive Alan et Barbara comme "ses enfants", mais il n'était pas là, et un peu de complicité féminine ne gâcherait rien à l'affaire : si la vendeuse les avait vus ensemble, elle en pensait sans doute la même chose que Thea.

Post Scriptum :
Sinon il y a aussi cette solution. ^^ Tu me diras ce que tu préfères.
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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Sheena Matheson le Jeu 2 Aoû - 23:43


« Bonjour, Thea Mormaer, envoyée par le Chevalier Jamieson, je suis la nouvelle gouvernante de ses enfants… Il m’a dit qu’une certaine Sheena Matheson pourrait s’entretenir avec moi, afin de juger de mes mérites. »


Sheena manqua de laisser choir les tissus pliés qu'elle tenait en main en voyant la future et potentielle gouvernante franchir le seuil de son atelier. Elle les rangea rapidement dans l'étagère, lissa machinalement sa robe et leva ses yeux clairs vers ceux de son interlocutrice.

"C'est moi, enchantée."

D'un autre côté, il n'y avait strictement personne d'autre dans la boutique, alors pourquoi prendre la peine de préciser ? Elle garda cette pensée pour elle.

Elle réalisa surtout à quel point elle avait encore accepté de rendre service sans savoir dans quoi elle s'engageait. La nouvelle venue l'intimidait, pas comme la Fionna pouvait le faire, mais la caoineag sentait en Thea une force étrange, enfouie sous les jupons, sans qu'elle sache exactement à quoi l'attribuer.

"Je peux vous offrir un peu de thé ?" proposa-t-elle en se dirigeant vers le comptoir.

Occuper ses mains, à défaut de son esprit, arrêter de se sentir en danger, elle, et penser aux enfants. A Mr Jamieson. Observer la jeune femme à la dérobée, en se demandant quel genre de gouvernante elle pourrait bien faire.

Sheena retrouvait sa réserve d'avant. Ce n'était pas qu'elle n'avait pas confiance, mais qu'elle sentait une énergie plus vive que la sienne émaner de son interlocutrice, due sans doute à un caractère plus prononcé que le sien.

Elle haussa les épaules. Ce n'était pas d'elle dont il était question, mais de Miss Barbara et de son petit frère, et de savoir si cette personne leur conviendrait.

"Je suis désolée si je vous pose les questions dans le désordre ou autre, mais... répondez-moi franchement, vous vous êtres déjà occupée d'enfant ?"

Aucune trace d'inquiétude ou de méfiance dans sa voix, c'était ce ton neutre et poli qu'elle abordait le plus souvent. Tout en se disant que si Thea lui mentait, elle serait bien en peine pour le deviner.

ps:
Non mais tu as raison, faisons comme ça ;) juste peut-être rajoute Thea dans l'entête du rp ? :)

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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Timothea Mormaer le Ven 3 Aoû - 15:36

Ah ! Voilà que l'adversaire arborait ses bannières. Direction l’affrontement. Thea se porta d’un mouvement vif à la rencontre de la jeune femme, une vivacité calculée pour faire virevolter ses jupes alentour de ses jambes lorsqu’elle s’arrêterait, et la détailla d’un œil d’oiseau de proie, qui jetait un éclat presque doré. Quel joli brin de fille ! Quel air ingénu et touchant, mais où Breac avait-il déniché cela ? Aux vieux soldats les bonnes fortunes, elle l’avait entendu dire mais par ceux du régiment qui auraient eu intérêt à ce que ce soit vrai.

« C’est vous qui fixez l’ordre, allons donc. Mon sort est entre vos mains. Si vous décidez que je ne suis pas la meilleure candidate, je suis bonne pour repartir en France... »

La mine soumise et presque suppliante, Thea fit semblant une seconde de craindre réellement le résultat de l’entrevue ; mais ce n’était qu’une façade, pour mieux désamorcer ensuite, en abandonnant cette simulation, ce qu’il pourrait y avoir d’officiel dans leur échange. C’était une façon d’agir qui lui réussissait beaucoup dans son ancien métier, mais il faut dire qu’elle l’avait surtout joué avec les têtes perruquées – et pour certaines, couronnées – et qu’une demoiselle toute simple n’y serait peut-être pas aussi réceptive. C’était en même temps un test de ses aptitudes face à un univers populaire et civil, franc comme l’or, à ce que lui avait affirmé le Chevalier. Mais néanmoins parfois austère. Il déplorait ce trait. La miss Matheson n’en avait pas fait preuve à son égard, et il s’en félicitait, c’est pourquoi il lui avait accordé sa confiance pour ce choix des plus draconiens. Tiens ! Peut-être serait-il utile de préciser qu’ils étaient amis.

« ...Mais il n’y a pas d’autres candidates, n’est-ce pas ? » ajouta-t-elle malicieusement. « Je connais le bonhomme : ils nous jette l’une dans les pattes de l’autre pour s’amuser à nos dépens. Mais au fond – à moins que vous me trouviez vraiment quelque grave défaut – il compte bien me prendre sous son aile. »

Quelque chose de furtif dans les gestes de la grisette lui donnait l’impression qu’elle pressentait ses appétits les plus obscurs. Thea devait absolument l’apprivoiser. Elle n’aurait peut-être pas d’autre chance, à moins qu’elle ne revienne pour s’acheter l’un de ces corsets. Une envie d’aller au bal lui traversa l’esprit comme un trait de lumière traverse le ciel nocturne. En fredonnant, elle s’empara de papier qui servait à noter les mesures, et inscrivit les siennes, comme si elle avait toujours travaillé ici. C’était un château en Espagne pour le moment, il faudrait déjà que Jamieson accepte de le lui payer. Et il protesterait, naturellement.

« Alors, je vais être tout à fait franche avec vous : je n’ai jamais encore été gouvernante. Dame de compagnie, auprès de prestigieuses dames des Cours d’Europe, cela oui en revanche. Et j’ai été fort proche de familles peu fortunées, dotées de nombreux rejetons, qui évoluaient dans l’entourage de mon enfance. Ma mère soignait les enfants malades. »

Il y avait une note légèrement sombre dans son sourire à ces derniers mots, mais quoi d’étonnant à cela ; les enfants malades étaient rares à survivre. Ce n’était tout de même pas de leur faute ? Enfin, en tout cas, si c’était la question, Thea avait déjà tenu des créatures humaines mineures dans ses bras, leur avait chanté des chansons, avait apaisé d’un linge frais la brûlure de la fièvre qui poissait leurs fronts, et connaissait leur éternelle manie de faire du charme pour obtenir leurs caprices. Rien là-dedans qui l’effrayât. Au contraire, c’était un terrain familier… sauf qu’elle était bien meilleure qu’eux à ce petit jeu-là.

« A propos, vous qui avez rencontré les petits, puis-je vous poser mes questions moi aussi ? »
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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Sheena Matheson le Ven 3 Aoû - 16:15

« C’est vous qui fixez l’ordre, allons donc. Mon sort est entre vos mains. Si vous décidez que je ne suis pas la meilleure candidate, je suis bonne pour repartir en France... »

Sheena dut redoubler d'effort pour ne pas s’appesantir sur la dernière phrase. Mr Jamieson lui avait-il précisé que la candidate venait de si loin ? Si tel était le cas, elle s'en voulait de ne pas y avoir prêté plus d'attention car elle était mal à l'aise à l'idée que son jugement puisse être le signe d'un retour au continent. Qu'elle soit française lui importait peu, son patriotisme n'étant pas des plus exacerbés.


« ...Mais il n’y a pas d’autres candidates, n’est-ce pas ? » ajouta-t-elle malicieusement. « Je connais le bonhomme : ils nous jette l’une dans les pattes de l’autre pour s’amuser à nos dépens. Mais au fond – à moins que vous me trouviez vraiment quelque grave défaut – il compte bien me prendre sous son aile. »

Deux sentiments s’emmêlèrent confusément dans l'esprit de la caoineag. Premièrement, le fait qu'elle était soulagée à l'idée de ne pas avoir autant de responsabilité qu'elle pensait. La seconde que Mr Jamieson s'était joué d'elle et, sans la mettre en colère, cela la vexait. Sheena savait combien sa nature douce avait tendance à la faire passer pour quelqu'un de stupide et de malléable, mais le fait qu'on en joue aussi ouvertement avec la décevait. Et pour l'heure, elle était incapable de dire si Thea se moquait également d'elle ou était une autre victime de l'humour douteux de son futur employeur.

« Alors, je vais être tout à fait franche avec vous : je n’ai jamais encore été gouvernante. Dame de compagnie, auprès de prestigieuses dames des Cours d’Europe, cela oui en revanche. Et j’ai été fort proche de familles peu fortunées, dotées de nombreux rejetons, qui évoluaient dans l’entourage de mon enfance. Ma mère soignait les enfants malades.
- Merci pour votre franchise, sourit Sheena avec douceur. »

Elle croisa les bras, réfléchissant, faisant semblant de ne pas voir l'ombre qui était passée sur le visage de son interlocutrice, et poursuivit :

"Vous savez, je crois que les enfants de Mr Jamieson usent un peu trop vite les gouvernantes classiques, à moins que ce ne soit lui-même qui ne finisse par les faire fuir d'une manière ou d'une autre."

Son ton était resté doux et il n'y avait aucun reproche dans sa phrase.

"Nous verrons si la suite de l'entrevue me donne raison mais je pense que vous êtes précisément le genre de personne dont cette maisonnée a besoin.
- A propos, vous qui avez rencontré les petits, puis-je vous poser mes questions moi aussi ?
-Je vous en prie, répondit Sheena, j'y répondrai du mieux que je pourrais."

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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Timothea Mormaer le Sam 4 Aoû - 9:00

Il était reposant d’avoir affaire à une si douce créature, comme les chantait Guillaume de Marchaut ; Thea voyait sans peine pourquoi Jamieson lui faisait confiance. Bon, il était parfois inconséquent, mais sur ce coup-là il avait tout de même une fréquentation correcte. L’âge, sans doute. Monsieur déclinait. Riant sous cape, Thea écouta aimablement, nota quelques détails qui lui donnaient d’autres renseignements, et remercia avec une douceur copiée sur celle de son interlocutrice, lorsque celle-ci l’autorisa à questionner à son tour. Il n’y avait aucune surprise : bien sûr que des enfants confiés à Breac étaient particuliers. Des enfants fragiles, on les aurait confiés au curé de cette campagne dont, si elle avait bien compris, ils étaient originaires. Sharos, avait dit la petite fille ? Son accent était plus rocailleux que celui d’une petite dame, par moments. Il faudrait y travailler. Et à ce propos...

« Je me demandais plusieurs choses. Leur caractère. Sont-ils innocents ? Pour avoir bien connu leur tuteur à la guerre, son influence peut être désastreuse. Je dis cela en toute amitié. S’il faut que je compose avec des tempéraments capricieux, autant que je le sache à l’avance. »

La tasse sitôt bue, brûlante et réconfortante, Thea commença à ne plus tenir en place, et tout en parlant, finit par se relever. Il y avait trop de belles choses ici pour se tenir sage : trop de couleurs surtout, comment aurait-elle pu choisir ? Il faudrait qu’elle se fasse conseiller. Mais invariablement, les articles qui fixaient son attention affichaient les prix les plus bourgeois. Dame, ça n’avait rien d’inconvenant en soi, elle pouvait bien… juste regarder...

« Et puis, ils vous adorent apparemment. Quel rôle jouez-vous exactement ? Toutes mes excuses si je vous embarrasse. Mais vous admettrez que cela peut éveiller la curiosité. A moins que vous ayez avec leur tuteur une relation sur laquelle vous ne souhaitez pas vous appesantir ? Vous avez paru quelque peu… je ne sais pas… sensible à sa petite facétie. »

Aussitôt, Thea lui posa la main sur le bras pour chuchoter à mi-voix, brûlant de demander si, comme Jamieson et comme elle, cette jeune fille aux manières aimables pratiquait une forme de sorcellerie, et si c’était sur ce terrain qu’ils s’étaient liés. Mais ce secret-là n'était pas qu’à elle, et il ne lui appartenait pas de dévoiler son nouvel employeur. Elle avait tout de même envers lui une dette conséquente.

« Vous n’avez rien à craindre, je suis moi-même une simple amie, et de plus, immunisée à la jalousie depuis bien des années. »

Humblement, simplement, elle sourit en reprenant sagement place dans son siège, repliant ses longues jambes fines sous les jupons qui les enveloppaient de mystères et de blancheur. Elle avait, mine de rien, retourné l’entretien de manière à paraître incarner l’autorité qui estimait la légitimité de l’autre ; mais elle le faisait avec une si douce bienveillance qu’il aurait été difficile d’en craindre autre chose que des compliments délicatement tournés.

« Simplement, je viens de loin, et tout ce que vous pourrez m’apprendre m’aidera à poser mes valises de manière à ne causer de tort à personne. »
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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Sheena Matheson le Sam 4 Aoû - 11:14

« Je me demandais plusieurs choses. Leur caractère. Sont-ils innocents ? Pour avoir bien connu leur tuteur à la guerre, son influence peut être désastreuse. Je dis cela en toute amitié. S’il faut que je compose avec des tempéraments capricieux, autant que je le sache à l’avance.
- Non pas capricieux, sourit Sheena, ce sont des enfants plutôt sages. La petite Miss a tendance à vouloir aller plus vite que la musique et se part souvent d'atours de grande Lady mais... ce n'est pas désagréable, juste perturbant. Pour moi en tous cas. Quand à Alan, il est difficile à contenter en histoires de ce que je sais mais, permettez-moi, vous avez l'air de quelqu'un qui a plus d'un tour dans son sac de ce côté-ci.»

Elle suivit Thea du coin de l’œil, s'amusant du regard clair qui s'attardait sur les corsets et les rubans tout en ayant l'air de ne pas y toucher -comme Mr Jamieson un peu plus tôt.
« Et puis, ils vous adorent apparemment. Quel rôle jouez-vous exactement ? Toutes mes excuses si je vous embarrasse. Mais vous admettrez que cela peut éveiller la curiosité. A moins que vous ayez avec leur tuteur une relation sur laquelle vous ne souhaitez pas vous appesantir ? Vous avez paru quelque peu… je ne sais pas… sensible à sa petite facétie.
- Sensible ? (Sheena prit un air grave) Non c'est que... vous ne m’embarrassez pas, juste... J'ai rencontré Mr Jamieson récemment et je ne pensais pas, lorsque j'ai accepté cet entretien, que j'aurai à faire avec quelqu'un de votre envergure. Pardonnez-moi, je m'attendais à trouver une femme stricte et sèche, sans imagination, ou bien une paysanne un peu pataude..."

Autrement dit, quelqu'un sur lequel elle aurait eu l'ascendant.

Sheena se crispa lorsque son interlocutrice lui posa la main sur le bras. Elle sentit ses "griffes" s'étendre par instinct et s'efforça de les faire disparaître. Cela faisait longtemps que ce genre d'incident n'était pas arrivé, et ce n'était certainement pas le moment pour que ça se reproduise.

« Vous n’avez rien à craindre, je suis moi-même une simple amie, et de plus, immunisée à la jalousie depuis bien des années.
- Je... je n'ai... je ne suis... (elle s'embrouilla et son visage s'empourpra pendant qu'elle cherchait ses mots). Je ne suis qu'une simple connaissance de Mr Jamieson, récente qui plus est. »

Elle s'imagina la tête qu'aurait fait Keith en entendant de pareilles insinuations. Puis songea que les rumeurs risquaient cependant d'apparaître à ce sujet là si une française fraîchement débarquée faisait déjà ce genre de lien. Allons bon, un homme et une femme ne peuvent donc pas avoir l'air proches et de s'entendre sans qu'on ne leur prête ce genre de lien ? Elle se rappela Ciàran, saon doux.ce et étrange ami.e et se demanda si ce genre de rumeur avait également couru à leur sujet.

Sheena voyait bien que l'entretien se tournait plutôt vers elle, que c'était Thea qui la testait et non l'inverse. Pas exactement ce qu'avait en tête Mr Jamieson. D'un autre côté, pouvait-elle jurer savoir ce qu'il avait précisément à l'esprit lorsqu'il avait validé cette proposition ?

« Simplement, je viens de loin, et tout ce que vous pourrez m’apprendre m’aidera à poser mes valises de manière à ne causer de tort à personne. »

Sheena eut un sourire triste, se souvenant de sa propre arrivée, comment elle avait eu le sentiment d'être livrée en pâté au milieu des commérages, incapable de se défendre autrement que par son silence et l'ombre de son mari. Et puis, il y avait eu la Fionna, cet atelier, et le tueur surtout. La prison l'avait rendue imperméable aux rumeurs tout en la faisant devenir plus sensible aux opinions des gens auxquels elle portait de l'intérêt.

"Je comprends vos attentes, j'ai peur cependant de ne pas pouvoir y répondre ni vous donner d'avantage d'informations. Ma rencontre avec Mr Jamieson et les enfants est encore trop récente. Je suis désolée."

Elle baissa la tête.

les griffes de Sheena:
Bon tu frôles de peu l'un des pouvoirs de Sheena, propre aux Caoineags. Elle n'a pas de griffe à proprement parler, et personne, même pas elle ne voit quoique ce soit. C'est juste la formulation que j'ai trouvé pour parler de son pouvoir de "mutilation forcée", imaginant qu'une sorte d'aura en forme de griffes (pour qui verrait les auras) s'étend depuis ses poignets et au delà de ses mains et déclenche le pouvoir en question. Là, elle s'est contrôlée, donc Thea n'aura rien. Dans le cas contraire, ton personnage se serait griffé jusqu'au sang à l'endroit où Sheena l'aurait touché.

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"Il doit ouvrir la porte.
Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

Nota bene : "Scelle tes charmes" Qui a prononcé ces paroles et que signifient-elles ?"



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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Timothea Mormaer le Sam 4 Aoû - 18:38

Charmants enfants, il est vrai. Thea ne pouvait guère dire contre les petits auditeurs difficiles en matière de contes, ou les jeunes demoiselles qui s'en croyaient de grandes. Elle aurait presque pu être attendrie de ce portrait. Mais elle était bien moins passionnée par ce point, que par la femme qui se trouvait en face d'elle en ce moment, et qui se raidissait prudemment à son approche. Et elle bégayait ; elle rougissait ; un vrai bijou. C'était à souhaiter lui faire une petite démonstration de ses talents cachés.

"Allons, joli oiseau... N'ayez pas peur, je ne vais pas vous manger. Je suis une vilaine commère parfois, mais c'est par ennui, dès que j'aurai de l'ouvrage il n'y paraîtra plus !"

Se dévoiler sans dévoiler Breac, cela paraissait problématique. L'envie ne manquait pas mais la vendeuse n'avait pas l'air d'une gourde. Deux individus mystérieux qui débarquaient en ville coup sur coup, qui se connaissaient et qui venaient la taquiner, si l'un d'eux jouait avec la magie noire, l'autre n'en était certainement pas trop loin. Et surtout, les enfants auraient été horrifiés qu'on leur prête semblable diablerie ; pourtant, ç'aurait été simple logique. Chatouillée par l'impulsion d'une révélation scabreuse, Thea se concentra sur un corset brodé de fils d'ors qui dessinaient des motifs de fleurs. Elle le souleva de son accroche, l'examina dans l'air, puis le plaça devant son torse pour se tourner vers le miroir le plus proche. Pas tout à fait sa taille. Mais cela mettait divinement en valeur sa chevelure et son regard !

"Je vous aide un peu. Dans une bonne maison, une gouvernante doit savoir se rendre utile et disponible à toutes sortes de tâches. Elle doit aussi présenter une attitude qui respire et incite le respect. Notre ami n'écrit plus comme il veut, sa bonne main étant estropiée ; il faut à son aide une belle écriture... et ainsi de suite."

Volontairement, elle se montrait familière et primesautière, comme pour inciter la gentille fille à davantage de sévérité et avoir de quoi se défendre avec finesse. Cet échange manquait d'antagonisme, l'intimidation unilatérale n'était pas son terrain le plus coutumier et la victoire facile lui semblait presque un danger. En vraie Atalante, Thea se plaisait à être quelque peu pourchassée. Ce trait ne l'empêchait pas cependant d'avoir quelque considération pour le bien-être mis à ma de sa charmante rouquine. Cette petite ne lui avait rien fait, et elle non plus ne comptait rien lui faire, pour le moment. Elle précisa donc, avec l'indulgence des dames de la haute société qui font preuve de clémence envers le petit peuple :

"Mais si mener un interrogatoire ne vous amuse pas, je ne vous force pas à continuer. Il faut parfois dire fermement à monsieur Jamieson que sa blague a assez duré, c'est une nécessité pour conserver une forme d'amitié avec lui, je le crains. Et il est généralement tout prêt à l'entendre."

Généralement, sauf exceptions, bien sûr. Quand son orgueil était touché, par exemple. Il ferait beau voir qu'on lui réclamât de céder un pouce de terrain en pareil cas, et elle avait réussi à lui voler un baiser une fois en jouant sur cette corde sensible, après une partie de dés, et ce malgré toutes ses réticences ; certaines de bon aloi, il fallait bien l'avouer, et d'autres ridicules. Les simples amies font cela, n'est-ce pas ? Elle aurait pu devenir amie avec cette demoiselle, songea-t-elle en remettant le corset en place, non sans y laisser courir ses doigts avec une sorte de caresse rêveuse. Mais sûrement, une pareille angélique ne jouait pas aux dés. Une initiation après l'autre.
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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Sheena Matheson le Sam 4 Aoû - 22:43


"Allons, joli oiseau... N'ayez pas peur, je ne vais pas vous manger. Je suis une vilaine commère parfois, mais c'est par ennui, dès que j'aurai de l'ouvrage il n'y paraîtra plus !"


Joli oiseau... Cette fois Sheena ne retint pas ses griffes. Quelque chose la terrifiait dans la douceur, dans l'appellation, lui rappelant la Fionna et son venin de miel. Peu à l'aise à l'oral, elle avait tendance à se méfier de ceux qui maniaient leur langue à leur guise, car leurs discours lui parassait alors dangereux et sournois. Ne rien laisser transparaître pourtant. Rester professionnelle, sourire et songer avec amertume qu'elle s'était encore fourrée dans une situation qui la dépassait totalement.

"Je n'ai pas peur."

Menteuse. Sourire de circonstance auquel elle s'accrochait. Paraître forte, tu parles. Sheena voulait partir, disparaître, planter là cette grande dames aux jupons, qu'elle aille les froufrouter ailleurs. Elle la suivit du regard tandis que Thea essayait le corset sans le porter.

"S'il vous plait tant je peux procéder à des ajustement vous savez", dit la caoineag d'une voix douce.

Il y avait pourtant dans son regard une colère sourde, un peu diffuse, un éclat dur qui voilait ses yeux pâles.


"Mais si mener un interrogatoire ne vous amuse pas, je ne vous force pas à continuer. Il faut parfois dire fermement à monsieur Jamieson que sa blague a assez duré, c'est une nécessité pour conserver une forme d'amitié avec lui, je le crains. Et il est généralement tout prêt à l'entendre.
-Dans ce cas je ne vous retiens pas plus longtemps, dites à Mr Jamieson que vous me semblez apte, et si ce corset vous plait tant, la porte de mon atelier vous est ouverte."

Rien de plus. Masque impassible, toujours souriant, avenant, le regard comme un incendie muet, la colère tournée contre Mr Jamieson qui s'était bien moqué d'elle.

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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Timothea Mormaer le Dim 5 Aoû - 12:41

Oh, elle ne l’aimait vraiment pas. Sans doute son âme décente qui pressentait de sombres activités dans l’esprit de sa nouvelle cliente, car tel était le statut que s’arrogeait Thea à son égard à partir de maintenant. Elle leva le petit papier où elle avait noté ses mesures exactes, du moins, celles qui seraient les siennes durant son séjour à Edimbourg. Elle n’en aurait pas d’autres tant qu’elle porterait ce corset, d’ailleurs ; et au pire, ce serait un effet intéressant. Dieu merci – quoique Dieu n’y fût pour rien – son employeur lui avait réservé le logement sous les combles pour y bénéficier d’une entière tranquillité. Il préférait ne pas être mêlé à tout ça, ne pas retrouver ses ouvrages sur sa bibliothèque, et bref, comme on dit dans les relations qui gardent une part de distance, « conserver le mystère ».

« Je vous laisse tout de même un spécimen de mon écriture, pour votre curiosité. Eh bien, je repasserai dès que j’aurai su convaincre monsieur de me payer ce petit présent de bienvenue. Je vous souhaite la bonne journée ! »

Elle s’apprêta à s’en aller, puis s’immobilisa, une petite lueur dans le regard. Cette lueur dorée qui brille dans les yeux des oiseaux, et que les vifs poissons d’argent apprennent à craindre. Elle se rapprocha, et son ombre tomba sur le visage clair et diaphane de la demoiselle. Elle ressentait son trouble et son opposition. Ce soir, elle allumerait une chandelle à son souvenir. Mais pour l’heure…

« Je ne doute pas que, bons amis comme vous l’êtes, monsieur Jamieson n’ait pris l’initiative de vous saluer comme si vous étiez du même sang. J’ai bien envie d’en faire de même. Mais quant au sang… nous n’avons pas encore suffisamment échangé sur ce sujet. »

Son regard se fixa sans pudeur aucune sur les lèvres de la vendeuse, où il resta appuyé une seconde ou deux, palpable sans doute, comme une force magnétique. Puis elle se recula comme elle était venue, sa longue forme pâle semblant glisser au sol dans quelque courant invisible. Ses cheveux furent la dernière chose qui brilla sur le seuil alors qu’elle disparaissait, à la manière d’une apparition. Inutile d’attendre le verdict : cet engagement n’était jamais qu’une mascarade, elle en avait décidé ainsi, et la demoiselle chargée de mener l’entretien l’avait gentiment laissée faire !

« Une prochaine fois peut-être. »

Thea cependant ne revint pas de sitôt. Son cadeau n'était pas encore obtenu, ce qui la fâcha quelque peu ; elle s'était attendue à moins de résistance. Que ces Ecossais étaient donc réfractaires ! Elle fit plusieurs allusions fines au fait qu’elle avait failli révéler la nature monstrueuse de Breac, et que sans doute elle ne résisterait pas à la tentation bien longtemps. Alarmé, dès le lendemain il prétexta une sortie quelconque pour se rendre à la boutique sans les enfants. Si cette conversation avait lieu, il n’était pas question que ce soit dans les termes choisis par Thea, qui était sans doute parfaite à bien des égards, mais qui restait une intrigante de la pire espèce. Déjà en l’état, il craignait fort de trouver une demoiselle Matheson auprès de laquelle auraient été plantées, telles les ronces des châteaux de conte, les graines de la zizanie.
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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Sheena Matheson le Dim 5 Aoû - 13:14

" Je vous laisse tout de même un spécimen de mon écriture, pour votre curiosité. Eh bien, je repasserai dès que j’aurai su convaincre monsieur de me payer ce petit présent de bienvenue. Je vous souhaite la bonne journée !
- Je vous en prie, je vous mets ce corset de côté. Bonne journée à vous aussi.

Sourire de circonstance, calme froid, elle allait partir, enfin ? Non, là voilà qui se rapprochait et qui...

"Je ne doute pas que, bons amis comme vous l’êtes, monsieur Jamieson n’ait pris l’initiative de vous saluer comme si vous étiez du même sang. J’ai bien envie d’en faire de même. Mais quant au sang… nous n’avons pas encore suffisamment échangé sur ce sujet.
- Ne vous inquiétez pas, ma nature me dispose souvent à une distance cordiale.

Elle sentait le regard de Thea sur ses lèvres, et ses mains se serrèrent en poing. Respirer pour résister à la tentation de lui effleurer le poignet de ses griffes. C'était comme avec la Fionna, quand elle avait enfoncé ses ongles rouges dans les épaules de Sheena la première fois. Non, ne pas y penser, ne pas se sentir prisonnière, et faire taire l'envie d'attraper le menton de Thea et de l'embrasser jusqu'à la morsure.

" Une prochaine fois peut-être.
- Oui", fut tout ce que Sheena put articuler.

Elle la regarda s'éloigner dans un froissement de tissus, entreprit de mettre le corset de côté comme elle l'avait promis. S'immobilisa au milieu de la pièce, tremblante. Alors c'était revenu ? Elle croyait que c'était juste un égarement, que Keith avait fait disparaître cette déviance, mais l'envie était là, l'envie sale et cruelle qui lui avait couté tant de larmes adolescente. Larmes maudites qui avaient fini par avoir raison de celle qui l'avait éconduite. Une mort de plus, un deuil encore, et un déménagement pour préserver la famille. Sa mère qui lui avait alors expliqué sa véritable nature de monstre, qu'elle devait apprendre à tout enfouir en elle, à ne jamais rien ressentir pour ne pas blesser les autres. Elle sentait encore sur ses lèvres le regard de Thea.

De rage, elle balaya le service à thé posé sur le comptoir.

Et la voix qui grattait la gorge, furieuse, et les larmes de colères qui s'annonçaient. Non, non, il ne fallait pas. Sheena se passa une main sur le visage, soupira, et prit quelques secondes pour retrouver son calme. Enfin elle prit le balai et fit disparaître les morceaux de porcelaine brisés.

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Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Breac Jamieson le Dim 5 Aoû - 14:45

Le lendemain donc, à la première heure.

"Eh bien eh bien, jeune fille ? C'est qu'elle est toujours vide, cette boutique ! Ne me dites pas que Timothea fait fuir vos clientes !"

Breac Jamieson, dit Les pieds dans le plat. Il ne pouvait pas faire autrement que de se jeter à la rencontre du conflit, comme une tornade sur un paysage tranquille ; ça le démangeait déjà suffisamment de placarder des affiches en ville lui-même, à sa propre effigie, afin de relancer la course-poursuite avec l'envahisseur. Que la garde le salue et l'appelle "monsieur" sur son passage, presque à lui assurer que l'ordre régnait dans le quartier, c'était perturbant. Ça lui était arrivé deux fois en venant, ils étaient diablement nombreux, ces mauvais plaisants-là. On n'en faisait pas suffisamment de massacres, sans doute ! Et lui qui avait les mains liées. Enfin... pas seulement liées. Il faudrait qu'il trouve une solution pour cette question également. Enfin, pour l'heure, ça pouvait attendre. Il retira son chapeau et franchit le seuil d'un pas martial, comme on entre chez soi après une bonne promenade. Feindre l'assurance, ça en tenait toujours très bien lieu.

Sans attendre de réaction, ou plutôt pour ne jamais savoir en quoi elle aurait consisté, il s'avança vers la vendeuse et, sans autre forme de procès, lui colla cette fois un baiser sur chaque joue. C'est qu'il s'agissait de se faire pardonner, Thea était infiniment plus agaçante qu'à l'époque où ils s'étaient connus, et il regrettait de l'avoir envoyée tourmenter ce pauvre agneau, cette pauvre colombe, bref, la meilleure amie de Barbara (et l'auteur de son futur premier corset, cette étape si importante dans la vie d'une jeune fille, tout ça.) Bref, pour tout ce que Thea s'était sans doute montrée perturbante, avec ses éternels sous-entendus et ses jeux d'esprits qui ne faisaient rire qu'elle, il allait se montrer doublement chaleureux et souriant. Et puis, il fallait préparer le terrain.

Non, il ne pouvait pas renvoyer Thea d'où elle venait. Elle était peste et inconsidérée parfois, mais c'était tout de même un frère d'armes. Il ne plaisantait pas avec ces choses-là.

"Je crois savoir au moins qu'elle vous a donné de l'ouvrage. Je vous avais dit, hein, qu'elle serait incapable de résister à la tentation. Une vraie girouette. Oh, c'est du tissu des Indes que vous avez là ?"

Bavard comme une pie, et l'oeil tout autant captivé par le vert doré qui avait provoqué cette exclamation, Breac avait sauté sur cette occasion de détourner la conversation ; et en quelques secondes, il se laissa emporter dans une nouvelle tirade comme Barbara les coupait ordinairement, d'un petit coup de pied discret, en lui indiquant d'un air sévère ses autres interlocuteurs en train de bâiller ou de hausser les sourcils. Elle n'était pas là aujourd'hui, et il n'y avait pas grand-chose pour arrêter son débit de parole, mis à part sa propre prise de conscience. Et au fond, il savait bien lui-même qu'il ne faisait que reculer pour mieux sauter. Aucun tissu d'Inde ou d'ailleurs ne le sortirait de ce face à face où il était venu se placer lui-même.

"J'adore le motif cachemire. - Il m'est tellement difficile d'écrire en ce moment, je voulais en parler dans une lettre il y a deux jours et j'écrivais systématiquement "cacherime". Hop, à la corbeille, trois fois de suite ! - Vous saviez que c'était interdit en France, quand j'y étais ? Pas interdit comme le kilt ici, juste une vague instruction, c'est une des choses que j'aime là-bas, et uniquement interdit d'en importer bien sûr. On en produisait sur place. Tout le monde adore ce dessin, peut-être parce qu'il ne représente rien. C'est fascinant, les dessins qui ne représentent rien, vous ne trouvez pas ?" Il s'arrêta pour respirer, perdit d'un coup son sourire, et baissa les yeux en achevant d'une voix penaude : "...Dites-moi que vous ne m'en voulez pas trop."

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I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Sheena Matheson le Dim 5 Aoû - 15:39

"Eh bien eh bien, jeune fille ? C'est qu'elle est toujours vide, cette boutique ! Ne me dites pas que Timothea fait fuir vos clientes !"

Sourire en demi teinte, Sheena était contente de le voir et en même temps, si elle avait été un chat, sa queue aurait fouetté l'air d'agacement.

"Au moins elle a été l'animation de la journée."

Ton sec, sourire qui se crispait et poings qui se serraient le long des pans de la jupe. L'embrassade qu'il imposa fit reculer la caoineag contre son comptoir, même si son air était plus triste qu'indigné.

Elle l'écouta parler chiffons et tissus en déambulant dans l'atelier, complètement inconscient du désastre que Thea y avait causé. Elle hochait la tête à ses réponses, "oui oui", "non je ne savais pas", "ah bon ?", sans s'éloigner de son comptoir, ses mains crispée sur le socle de bois dans son dos.

"Dites-moi que vous ne m'en voulez pas trop."


Elle posa sur Mr Jamieson un regard déçu.

"Ce n'est pas à vous que j'en veux. A elle, à moi. Si, peut-être à vous aussi. Pour m'avoir caché que vous la connaissiez, pour l'avoir amenée ici. Elle... elle a écroulé en quelques instants tout ce que j'ai construit depuis ma sortie de prison, vous le savez ça ?"

Les mots coulaient sans pouvoir être retenus. Pas de colère, juste une profonde lassitude.

"Vous m'amusez, Mr Jamieson, mais je ne suis pas un jouet, et certainement pas le vôtre. Votre relation avec votre future gouvernante vous regarde, et elle sera la bienvenue ici en tant que cliente, rien de plus. Je pense qu'elle saura s'occuper de votre maison et des enfants, au moins au sens où vous l'entendez. Mais plus jamais... plus jamais..."

Sa voix trembla.

"Ne me faites plus jamais me sentir inférieure", acheva-t-elle en posant sur lui un regard triste.

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Inconvénients : Fausses couches à la chaîne, impossibilité de se suicider


"Il doit ouvrir la porte.
Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

Nota bene : "Scelle tes charmes" Qui a prononcé ces paroles et que signifient-elles ?"



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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Breac Jamieson le Dim 5 Aoû - 16:54

Comment ça je vous amuse ? Et après c’est moi qui prends les gens pour des jouets ? Moi que vous voyez au mieux comme un vieil original, vous et la petite ? Et si vous vous pensez inférieure, ce n’est certainement pas de ma faute, je ne suis pas dans votre tête !

Les mots avaient défilé dans l’esprit de l’ancien soldat sans qu’il ait le temps de les prononcer, de taper sur le comptoir comme il l’aurait fait dans une taverne, ou toute autre manifestation de mauvaise humeur qui aurait pu lui traverser l’esprit. Quand la jeune femme se tut, il reçut son coup d’oeil comme un coup de poignard qui dispersa instantanément ses velléités de protestation, son visage perdit sa grimace d’agacement et il lui saisit les épaules, dans un emportement affectueux qui aurait presque pu s’achever par une étreinte ; mais c’était une femme tout de même, elle allait finir par se vexer de ses attitudes familières. Il avait bien remarqué qu’il allait légèrement au-delà de ce qu’elle acceptait, et il n’avait pas du tout envie de recevoir une gifle. Non, il voulait seulement effacer ce regard peiné des beaux yeux de la demoiselle Matheson, et si elle voulait à nouveau le trouver amusant, eh bien au moins ça aurait le mérite de fonctionner.

« Sheena, Sheena. Vous n’êtes inférieure à rien du tout, voyons… et surtout pas à cette grande autruche guindée ! Vous êtes jeune et agréable, travailleuse, de bon conseil... et ma foi, je connais plus d’un bon patriote qui a connu la prison, l’exil, ou même la corde, sans avoir démérité. »
Hm. Sans commentaires. Regard fuyant, mains qui pianotent, changement de sujet.
« Ce sont des temps absurdes, voilà tout... pourvu qu'ils s'achèvent de mon vivant. Thea n’est pas d’ici. On ne peut pas lui réclamer de comprendre tout de suite. Et vraiment, je n’aurais jamais cru qu’elle vous troublerait à ce point ! »

Sa voix lui semblait à lui-même étrange. Il ne s’était pas exprimé si doucement depuis un moment, tiens. C’est qu’il avait remarqué que ça faisait peur aux enfants ; ils avaient tellement l’habitude de ses éclats et de ses exclamations ! Quand ils faisaient des cauchemars, il se trouvait bien mieux de leur improviser un petit théâtre de chaussettes ou de leur chanter une chanson imaginée au hasard, lorsqu’il ne démarrait pas tout bonnement un combat de traversins. Là, au moins, ils savaient que la situation était normale, que leur tuteur était bel et bien lui-même, et que, passé le petit moment de folie, ils pouvaient se rendormir.

Il conduisit Sheena au siège où elle l’avait installé la dernière fois, et le lui indiqua d’un geste tout aussi mesuré. Il commençait à être presque chez lui dans ce musée du tissu brillant. Et sérieusement, avec toute son imagination maladive et quelque peu mal tournée, il ne savait pas comment se faire pardonner autrement. En fait, il ne comprenait pas clairement le problème, ce qui n’aidait en rien ; mais demander des précisions ne ferait que renforcer la peine de la jeune femme, il en était bien sûr.

« Vous allez vous asseoir là gentiment, et je vais vous faire du thé. C’est bien mon tour. »

Bon ! C’était le moment de monter ses manches. Faire du thé. Ça ne pouvait pas être compliqué. C’était réglé en quelques gestes, quand Sheena s’y attelait. Sans doute exactement comme faire une soupe en campagne militaire, ou en expédition solitaire sur la lande. - Il aurait préféré être là-bas, et n’avoir à aborder que les sujets qu’on y aborde. - Oui, c’est qu’il fallait encore qu’il éclaircisse la question de… voyons, il pourrait lui faire un petit tour de magie, comme aux enfants, quand il les avait tranquillement habitués à sa capacité à disparaître par exemple. Comment amener cela ? Il ne fallait pas la faire hurler et attirer tout le voisinage. Déjà que les enfants avaient pris l’habitude de pousser des cris d’orfraie quand ils jouaient avec Colin, pour un oui ou pour un non… Bon, au moins ils se décoinçaient un peu, c’était déjà ça.

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Inconvénients : Incapable de laisser passer une défaite ; farceur ; ses plaisanteries vont trop loin ; et il est fasciné par la couleur rouge.
I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Sheena Matheson le Dim 5 Aoû - 17:36

« Sheena, Sheena. Vous n’êtes inférieure à rien du tout, voyons… et surtout pas à cette grande autruche guindée ! Vous êtes jeune et agréable, travailleuse, de bon conseil... et ma foi, je connais plus d’un bon patriote qui a connu la prison, l’exil, ou même la corde, sans avoir démérité. »

Sheena sourit, d'un sourire plus doux, essayant de se représenter une autruche en jupons. Elle n'en avait qu'une ou deux -et sans les jupons-dans les ouvrages que la Fionna lui avait passé pour apprendre le métier. Rare qu'on décorât un corset avec des plumes mais tous les goûts étaient dans la nature.

"Vous êtes gentil, Mr Jamieson. Mais je pense pouvoir assurer sans me tromper que vos patriotes étaient des hommes. Je n'en suis pas un, je ne suis pas libre, et encore moins de fauter de quelque manière que ce soit. le vide de cet atelier le prouve bien."

Etait-il plus empli du temps de la Fionna ? C'était qu'elle n'était pas exempte de travers, cette dragonne là. Oui mais, elle savait se plier aux convenances. Faire croire qu'elle comprenait la haute. Et Sheena, malgré tous ses efforts, resterait une fille de la côte.

« Ce sont des temps absurdes, voilà tout... pourvu qu'ils s'achèvent de mon vivant. Thea n’est pas d’ici. On ne peut pas lui réclamer de comprendre tout de suite. Et vraiment, je n’aurais jamais cru qu’elle vous troublerait à ce point !
- Moi non plus. Il est facile de m'intimider, de m'humilier... moins. (rire triste.) je vous demande pardon de m'être emportée. »

Et il la surprit soudain en l'invitant à s'assoir, avec une douceur qu'elle n'aurait pas soupçonné. Ni qu'elle estimait mériter, d'ailleurs. Elle s'était laissée déborder par la colère, ce qui ne devait jamais arriver normalement. La fureur d'un caoineag avait trop de conséquences...

« Vous allez vous asseoir là gentiment, et je vais vous faire du thé. C’est bien mon tour. »

Elle n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que le voilà parti vers le comptoir. Mieux vallait le prévenir tout de même.

"Le service est... cassé, ne vous embêtez pas pour le thé."

Elle s'empourpra.

"Je regrette sincèrement d'avoir autant agi comme une idiote, et j'espère que vous, vos enfants, et... votre gouvernante accepterez de venir ici."

Elle essayait de réprimer son envie de retourner la colère contre elle-même. La prison était derrière elle, la haine aussi. La nouvelle Sheena avait retrouvé un calme apparent et devait s'y tenir.

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"Il doit ouvrir la porte.
Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Breac Jamieson le Dim 5 Aoû - 20:39

« L’ennui avec Thea, c’est qu’on ne peut jamais entièrement s’y fier : elle file entre les doigts comme une eau vive. C’est ce qui en fait un garde du corps habile, mais… Vous voulez savoir sa dernière trouvaille ? Elle a dit devant les petits, à mon sujet bien sûr : il ne monte jamais sur ses grands chevaux, il y vit, comme Attila le Hun. C’est ainsi que m’appelle Barbara désormais. »

Pour compléter ces fadaises, Thea avait effectué quelque recherche dans ses affreux bouquins d’ésotérisme, et déterminé qu’Ailean, prénom de Breac au registre de baptême, procédait d’un ancien dieu, Alaunius, ce qui n’était pas un surnom plus agréable. Au diable les surnoms ! Une demoiselle comme il faut, c’était à son sens une demoiselle qui avait du coeur, mais comment illustrer ce point de vue qui, à ce qu’il en sache, n’avait pas de nom ? « Je vais vous raconter une histoire. » Il n’était donc bon qu’à ça, avec les jeunes gens au coeur brisé ? Eh bien, puisque ça marchait ! A la lanterne magique ! Il avait toujours été un peu jaloux des talents de ses pairs pour charmer la jeunesse sans effort, mais il y avait pallié en ne vieillissant qu’à moitié, et son énergie brillait dans ses yeux alors que ses souvenirs reprenaient le dessus. « Un ami et moi, nous étions en grande difficulté après avoir traversé les landes du pays, à pied, poursuivis par les gilets rouges. Nous étions accusé d’une vilenie – disons, un meurtre politique qui aurait eu lieu du côté d'Appin – dont, je le précise, nous étions hélas innocents... »

Il sourit en se grattant la tête d’un air de faux embarras ; ses sentiments vis à vis de ce meurtre étaient des plus complexes, mais dans l’ensemble, il était assez satisfait d’y avoir été et d’y être encore mêlé. Revenant s’asseoir aux côtés de Sheena, puisqu’il était impossible de faire du thé (quel soulagement!) il baissa la voix juste au cas où quelqu’un entrerait dans la boutique et surprendrait une partie trop compromettante de l’aventure. Son accent revenait en force au fur et à mesure qu’il se plongeait dans cette histoire.

« Mon ami devait franchir le Forth pour regagner son domaine dans les Borders, et bien sûr, pas question d’emprunter le pont de Stirling. Pardon, je vous abrutis de détails. En somme, les voies étaient surveillées. Il nous fallait un bateau. Le gamin était en vilain état, disons que sa jeunesse douillette l’avait mal préparé à la traversée du désert. En revanche, il était tout à fait pathétique et charmant, pour les yeux d’une demoiselle, avec son joli visage pâle et ses cheveux de jais, un prince en danger, rien que cela. Vous me direz, où trouver une fille de taille à sauver un prince ? Eh bien c’est une grande erreur : du premier coup, une candidate releva le défi. »


Un petit sourire attendri fleurit sur son visage à cette pensée ; il se demandait soudain dans quelle mesure cette rencontre, qui avait fortement marqué le jeune homme au point qu’il avait fini par s’en moquer gentiment, avait pu jouer un rôle dans l’amourette qu’il avait liée plus tard avec celle qu’il épouserait, qui deviendrait la mère de Barbara et Alan ; et dans quelle mesure leur conversation au sujet de cette fille de rien, cette servante d’auberge, avait convaincu cet ignorant aux principes rigides de ce qu’était ou non une demoiselle fiable et digne d’affection.

« Vous allez encore penser que je ne suis qu’un vieux renard, mais songez que nos têtes étaient en jeu. J’amenai mon ami à une auberge qui semblait bien déserte, tout comme votre aimable boutique. La fille qui nous servait s’émut de son état, et je parlai avec indignation de ce qu’on lui faisait souffrir, en aggravant un peu les détails, vous voyez, afin qu’elle eût les larmes aux yeux. Elle nous dit de la rejoindre sur la rive au soir, et là, elle arriva à la barre d’un canot, qu’elle avait volé au voisin, la bonne enfant, et elle nous conduisit en face, où elle nous déposa à couvert des buissons. Elle aurait été pendue pour cet acte de rébellion, aucun doute. Et je vous parie – je ne dois point parier, mais – je vous garantis qu’elle n’en a jamais pipé mot à quiconque, fût-ce à son bien-aimé. »

Il faut dire qu’il était particulièrement éloquent ce jour-là. En fait, il n’avait pas envie de s’en rappeler. C’était un drôle d’état d’esprit dans lequel se placer aujourd’hui, alors qu’il essayait de réparer les dégâts faits par une amie pas totalement bienveillante. Il fallait rester concentré sur la mission. Eh bien, il pourrait juger de ce qui l’attendait lors de sa grande annonce, en se basant sur les réactions qui accueilleraient cette petite confession sans conséquences. Après tout, qui pouvait en vouloir à un vieil aventurier dans son genre d’avoir eu maille à partir par le passé avec les forces de l’ordre ? C’était un demi aveu : il était un vieux diable incorrigible, c’est juste qu’il n’avait pas encore précisé à quel point...

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He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Sheena Matheson le Mar 7 Aoû - 11:32

« L’ennui avec Thea, c’est qu’on ne peut jamais entièrement s’y fier : elle file entre les doigts comme une eau vive. C’est ce qui en fait un garde du corps habile, mais… Vous voulez savoir sa dernière trouvaille ? Elle a dit devant les petits, à mon sujet bien sûr : il ne monte jamais sur ses grands chevaux, il y vit, comme Attila le Hun. C’est ainsi que m’appelle Barbara désormais. »

Sheena sourit en imaginant la scène. Elle chercha également dans sa mémoire qui était Attila le Hun et y renonça. Certainement quelqu'un qui n'avait rien à voir avec Mr Jamieson, ce qui rendait la situation plus cocasse.

Puis elle l'écouta parler. Le regarda, aussi. Et se dit que les enfants devaient adorer ses histoires. Mr Jamieson avait une façon bien à lui de donner du corps aux mots, de ménager le suspense et l'effet de surprise. Elle se revit, enfant, raconter des histoires à ses petites sœur et... sa mémoire glissa inévitablement vers Isla et sa mort terrible. Tuée par une histoire, le conte cruel de la banshee que Sheena et Heather s'amusaient à lui raconter en chantant à tour de rôle, chaque soir. La voir frissonner de peur était drôle, et les fillettes étaient loin de s'imaginer que l'une d'elle avait hérité du chant maudit de leur mère. Elle secoua la tête pour chasser ces tristes pensées et se re-concentra sur le récit de Mr Jamieson.

"... Elle nous dit de la rejoindre sur la rive au soir, et là, elle arriva à la barre d’un canot, qu’elle avait volé au voisin, la bonne enfant, et elle nous conduisit en face, où elle nous déposa à couvert des buissons. Elle aurait été pendue pour cet acte de rébellion, aucun doute. Et je vous parie – je ne dois point parier, mais – je vous garantis qu’elle n’en a jamais pipé mot à quiconque, fût-ce à son bien-aimé."

L'esprit de Sheena avait enregistré toute l'histoire, y compris des passages où elle avait l'air d'être ailleurs. Et elle avait aussi perçu le sentiment d'entre deux dans lequel Mr Jamieson semblait être. Elle choisit à son tour de raconter quelque chose, pour rendre la pareille, et peut-être expliquer pourquoi la venue de Thea l'avait mise si mal à l'aise.

"Décidément vous êtes plein de surprises, le remercia-t-elle. Si ça ne vous ennuie pas c'est à mon tour de vous raconter quelque chose de moi. Donnant-donnant dirons-nous."

Elle se leva, plus à l'aise pour parler en étant debout, et prit quelques instants pour chercher quoi dire que ne soit ni révélateur de sa nature, ni trop personnel, ni trop gênant, ni trop... enfin, bref, quelque chose que Mr Jamieson ne pourrait pas retourner contre elle même s'il aurait l'impression -du moins l'espérait-elle, qu'elle lui livrait quelque chose de précieux.

"Je suis arrivée ici il y a plus d'un an, suite à mon mariage avec un homme qui venait d'hériter d'une maison à Edimbourg, dans le quartier de Westport. M'intégrer ne fut pas chose facile, en partie parce qu'en étant l'aînée d'une fratrie de filles élevées sans père, j'ai considéré pendant longtemps -et c'est encore le cas actuellement- qu'une femme est capable de se débrouiller sans autorité masculine. Sauf que je ne suis pas idiote, je sais dans quel monde je vis et j'ai rapidement pris le parti de faire semblant de garder ma place. J'y avais presque réussi, malgré les absences régulières de mon mari, je continuais de faire bonne figure. Et puis le tueur est arrivé. Avez-vous déjà été dépossédé, Mr Jamieson ? Ici on parle de possession, de coup de folie, comme si c'était nous qui nous mettions subitement à agir de façon sanglante et meurtrière. Mais la vérité, c'est que vous êtes vide, spectateur, et que quelqu'un agit à votre place, et que vous ne pouvez rien faire. La seule chose qu'il vous reste, c'est la culpabilité lorsqu'il vous quitte enfin."

Ses yeux étaient brillants et si elle avait pris un peu de recul, elle se serait demandé pourquoi était-ce à un homme qu'elle connaissait à peine qu'elle se livrait autant. Pas de colère dans sa voix, ni rancune, juste une douleur triste et désolée.

"Je ne veux pas vous embêter avec mes états d'âmes mais disons que... je suis moins sage que j'en ai l'air et que sembler tranquille demande énormément de temps et d'énergie. Votre gouvernante a, par je ne sais quel subterfuge (Sheena savait parfaitement comment mais ceci ferait l'objet d'une nouvelle histoire, si nouvelle histoire il y aura) mit à terre en quelques instants ce que je m'étais efforcée de bâtir. Et je crois que ça m'a profondément vexée."

Un rire doux lui échappa, un peu moqueur, préférant s'amuser d'elle-même plutôt que de continuer à se plaindre.

"Gardez ça pour vous, mais si on m'avait laissé le choix, je n'aurais pas été une femme."

Elle posa subitement la main sur sa bouche comme en espérant faire disparaître la dernière phrase. Trop tard. Elle voulait se confier ? Disons qu'elle avait réussi.

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"Il doit ouvrir la porte.
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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Breac Jamieson le Mar 7 Aoû - 12:04

« Disons que... je suis moins sage que j'en ai l'air et que sembler tranquille demande énormément de temps et d'énergie. » C’étaient des mots que Breac Jamieson auraient pu prononcer lui-même, et tout ému et attristé qu’il se soit montré lors de la tirade qui avait précédé, à ce point du récit il baissa les yeux avec un petit rire lui aussi ; c’était exactement ce qu’il aurait souhaité entendre, pour introduire sa propre confession. Ou le simple fait qu'il était lui-même colérique, que l'échec ou le renoncement lui étaient intolérables, et qu'il lui arrivait fréquemment, lui aussi, de se "réveiller" soudain en se demandant ce qui lui avait pris, pourquoi une chose lui avait paru grave ou au contraire amusante, alors qu'elle ne l'était pas. La folie était sans nul doute la chose la mieux partagée au monde ; le tout était de ne pas devenir Attila, et de descendre dès que possible de ces grands chevaux enragés...

Il s’apprêtait à s’engager sur ce terrain, avec toute la subtilité qu’il pourrait mobiliser en ce sens, quand Sheena reprit la parole. La bouche de son visiteur resta ouverte, puis se referma, sans qu’un son en soit sorti ; il cligna des yeux, désarçonné, non pas de rencontrer en sa nouvelle amie une jeune femme au caractère fort, mécontente des limites de sa condition – cela, au fond, lui paraissait plus que plausible ; puisque Barbara l'appréciait – mais d’entendre des mots qui lui rappelaient tant les petites particularités de Thea. C’était une coïncidence, ou peut-être pas ; ne parlait-on pas d’intuition féminine ? Ce « je ne sais quel subterfuge » était peut-être une allusion involontaire à une certaine de ces petites particularités auxquelles il songeait. Enfin, dans l’ensemble, il se sentait lui-même beaucoup trop… simple pour en parler. Il pratiquait la téléportation, lui, pas la métamorphose.

« Alors… Il ne m’appartient pas de dévoiler les secrets des autres, vous en discuterez entre vous si ça lui chante, mais je vous conseillerais d’aborder cette question avec Thea un jour. Moi qui n’ai pas même eu de femme dans ma vie, j’aurais peur de vous dire des bêtises. Cela dit, si ce jour vient, munissez-vous de ceci. »

Il s’empara d’une paire de ciseaux sur le comptoir, et découpa sur l’avant de son habit l’un des boutons d’argent ouvragés qui, cela n’avait pu échapper à une couturière, le décoraient plutôt qu’ils ne le fermaient. C’était un petit objet curieux, un imbroglio de lignes qui formaient trois silhouettes de cerfs parcourant en cercle une petite planète centrale, comme emportés par un souffle tourbillonnant. L’argent en brillait mais les creux en étaient noircis, signes de l’âge de l’objet, et du soin qui y était apporté. Ce n’était pas pour le coup un simple talisman superstitieux, mais un gage, et ceux qui le connaissaient ne pouvaient s’y tromper.

« Je le récupérerai quand nous serons sûrs qu’elle ne réagit pas mal. Au fond, voyez-vous, je la connais mais… pas tant que ça. Et ce sont là des questions un peu personnelles. Mais vraiment, si elle est bonne à quelque chose, c’est sans doute à ces discours-là. Elle a étudié, voyez-vous. »

Un peu trop étudié peut-être... l'hermétisme et l'aphrodisme, comme elle disait pour le plaisir de le choquer. Sur un petit clin d’œil, portant à son tour l’index à ses lèvres, il balaya ce sujet qui devait rester sibyllin, et préféra en faire à son tour une plaisanterie qui lui apporterait ce qu’il souhaitait : un peu de folie dans cet échange trop paisible. Puisque mademoiselle en avait assez d’être sage, et puisqu’ils avaient tant à se raconter, ils iraient faire ça dans un lieu plus approprié, et au passage… il jeta un regard au comptoir absolument dénué de service à thé, et chercha dans sa mémoire le souvenir de cette rue qu’il venait de traverser. Il y avait là un porcelainier, boutique qu’il évitait soigneusement à l’origine parce qu’il était mal à l’aise en présence des têtes et des bras de rechange destinés aux poupées de luxe, surtout les têtes sans yeux. Mais pour ce qui était de son affaire présente, il y trouverait sans doute le nécessaire.

« Allons marcher. J’ai quelque chose à acheter dehors et je ne saurais pas le faire sans vous. » Il prit le bras de Sheena pour l’entraîner amicalement, certain qu’un peu de soleil ferait du bien à cette peau pâle et à ces yeux mélancoliques. Oh, elle n’allait pas protester, tout de même ! Il n’y avait jamais de clients de toute façon ! « Un service à thé qui soit de votre goût. Mais nous ne boirons pas du thé aujourd’hui, je crois que nous avons besoin de quelque chose de plus sérieux ! Car mes histoires ne s’arrêtent pas là, et, je le gage, les vôtres non plus... »

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He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Sheena Matheson le Mar 7 Aoû - 13:18

« Je le récupérerai quand nous serons sûrs qu’elle ne réagit pas mal. Au fond, voyez-vous, je la connais mais… pas tant que ça. Et ce sont là des questions un peu personnelles. Mais vraiment, si elle est bonne à quelque chose, c’est sans doute à ces discours-là. Elle a étudié, voyez-vous. »

Sheena remercia et observa un instant le petit bouton qu'il venait de lui remettre. Elle ne lui posa pas d'autre question, se contentant de suivre du pouce les courbes sculptées. Elle était soulagée par sa réaction -ne sachant pas à quoi s'attendre elle avait prévu le pire. Et elle aimait comment Mr Jamieson ne la jugeait pas, ni n'avait l'air de s'affoler du fait qu'une femme lui déclare sans autre cérémonie qu'elle était éprise de liberté.

« Allons marcher. J’ai quelque chose à acheter dehors et je ne saurais pas le faire sans vous... Un service à thé qui soit de votre goût. Mais nous ne boirons pas du thé aujourd’hui, je crois que nous avons besoin de quelque chose de plus sérieux ! Car mes histoires ne s’arrêtent pas là, et, je le gage, les vôtres non plus... »

Elle se laissa embarquée, quand soudain la nuit qu'elle avait passée avec Harlow à faire à peu près ce genre de choses -à un ou deux détails près que, espérait-elle, Mr Jamieson lui épargnerait- lui revint en mémoire. Et elle se figea sur place et pâlit subitement en imaginant devoir rentrer au manoir McBain dans un état... peu habituel. Avant qu'il n'ait eu le temps de la trainer dehors, Sheena posa sa main sur le poignet de Mr Jamieson et demanda d'une voix blanche :

"Je... j'aimerais que vous me rendiez un service. Puisque apparemment avec Thea et vous je dois renoncer à avoir l'air normal, je sais comment cette conversation risque de se terminer. Pas d'auberge, ni de taverne ou autre, je ne veux pas que les gens me voient et le rapportent à Keith McBain. Et surtout, je ne dois pas rentrer au manoir avant d'avoir retrouver mes esprits, vous comprenez ?"

Sa voix s'était teinté d'accents de panique.

"Je suis désolée de vous imposer de telles conditions, que vous pouvez refuser bien sûr mais auquel cas je me contenterai d'un thé pour le reste de la discussion, mais j'aimerais que mon image ne s'effondre pas totalement. Keith est tout ce qu'il me reste et j'y tiens."

Elle essayait de se calmer dans l'attente de sa réponse. Elle aurait pu refuser net -elle aurait sûrement du- mais elle avait envie de rester avec Mr Jamieson, parce que pour une fois, elle avait le sentiment de pouvoir être elle-même. Totalement elle-même. Et c'était triste à dire, mais la seule personne avec laquelle elle pouvait être ainsi était Ciàran, or il avait quitté la ville depuis longtemps.

"Merci en tous cas pour le service à thé mais ne vous sentez pas obligé. C'est moi qui l'aie cassé après tout."

Elle sourit, se détacha de lui le temps de fermer la caisse et lui emboîta le pas à l'extérieur de l'atelier.

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"Il doit ouvrir la porte.
Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

Nota bene : "Scelle tes charmes" Qui a prononcé ces paroles et que signifient-elles ?"



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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Breac Jamieson le Mar 7 Aoû - 14:03

"Oh, mademoiselle a un ami qui vit dans un manoir ! Voilà une chance, veillez bien sur lui."

Sous son faux air impressionné, Breac imagina un instant que Sheena épouse un tel grand monsieur, devienne la dame du château, et continue à inviter Barbara et Alan pour leur dispenser ses conseils, dans un cadre qui serait infiniment plus adapté à leur condition et à leurs souvenirs de vie familiale heureuse. Il avait beau en éprouver une forme de dépit inexplicable, il devait bien reconnaître qu'il aimait cette idée. A lui aussi, elle évoquait une familiarité plaisante, quoiqu'il ne serait peut-être pas invité si souvent que ça. Bon, encore fallait-il que le monsieur lui aussi soit une bonne fréquentation. Mais il n'allait pas commencer un interrogatoire. Tout ça ne le regardait pas. Ils y viendraient si réellement c'était une préoccupation. Si Sheena avait ce Keith sur le bout de la langue. Pour l'heure, elle semblait bien plus inquiète de son propre sort, ou plutôt... des regards qu'elle risquait d'attirer.

"Appelons un chat un chat, si l'alcool vous inspire des extravagances, d'une part je suis certain que ça ne vous fera aucun mal de vous y livrer un peu, d'autre part je m'engage à les limiter au raisonnable. Mon raisonnable est distrayant, à ce qu'il paraît. Nous nous installerons où vous voudrez, dans un arbre s'il le faut... Et s'il faut ensuite vous reposer quelque part qui ne soit pas un manoir compassé, les enfants vous prêteront bien leur chambre. En fait, je soupçonne qu'ils en seront ravis."

Il n'avait que cela à proposer ; il ne connaissait pas encore suffisamment la ville pour proposer un lieu de fête éloigné du monde. Les foules et les salles bondées ne lui pesaient guère, quant à lui, et il s'était contenté pour le moment de faire la connaissance des établissements qui proposaient de telles réjouissances de façon professionnelle. Enfin, et une grotte, mais c'était loin, de l'autre côté du fleuve, et puis il ne s'en souvenait pas clairement ; toute cette nuit avait été foncièrement bizarre. Une sorte de rêve semi cauchemardesque. Il y avait un poisson sur un mur, ça n'avait aucun sens. Non, mieux valait laisser Sheena le guider où bon lui semblerait, et ensuite elle serait très bien chez lui si elle avait besoin d'une pause reconstituante, mis à part un détail... il y avait chez lui, justement, quelqu'un qu'elle préférait sans doute éviter si elle se trouvait dans un état second, privée de ses moyens. Et il ne se voyait absolument pas servir d'arbitre entre ces deux-là. C'étaient des histoires qui ne le concernaient pas ; en fait, il en était lui-même fichtrement intimidé.

"Si nous en venons là, voudrez-vous que j'enferme Thea dans les étages ? Elle ne s'ennuiera pas, puisqu'elle parle aux rats et aux pigeons."

Ce n'était pas seulement une blague sur les allures de princesse dont se parait sa bonne : il l'avait vue faire, c'était parfaitement sérieux. Madame parlait aux rats et aux pigeons – ça, c'était à la portée du premier ivrogne venu, lui-même avait tenu jadis une longue conversation avec un chat, qui l'avait écouté patiemment, perché sur son mur, les yeux mi-clos et la gueule ronronnante – mais surtout, les bêtes réagissaient en fonction de ce qu'elles avaient entendu. Par exemple, elle arrivait à faire obéir le chien. C'était un miracle, ça, à en prévenir la Sainte Inquisition, ou qui que soit le spécialiste des miracles à la Papauté.

Comme le monde était bien fait ! Il y avait justement un débit de boissons juste en face du porcelainier. Bon, peut-être parce qu'il y avait un débit de boissons toutes les deux enseignes. Voilà au moins un aspect de cette ville qu'il ne pouvait pas critiquer. Breac sortit sa monnaie dans sa main et entreprit de la diviser équitablement. La vérité, c'est qu'il n'avait aucune idée de ce que pouvait coûter un service à thé digne de ce nom, et surtout, qu'il ne souhaitait pas entrer dans cette affreuse boutique pleine de petites têtes sans yeux, si il pouvait l'éviter sans se rendre ridicule. Se montrer généreux était bien préférable. Il en riait plus aisément.

"Retrouvons-nous à votre boutique dans une minute, les bras chargés ; et ensuite, vogue la galère. Vous n'allez pas promener vos tasses dans la ville, là ce serait extravagant. Et puis, vous les casseriez de nouveau, Attila que vous êtes !"

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Pouvoirs : Invisibilité, téléportation
Inconvénients : Incapable de laisser passer une défaite ; farceur ; ses plaisanteries vont trop loin ; et il est fasciné par la couleur rouge.
I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Sheena Matheson le Mar 7 Aoû - 14:54

"Appelons un chat un chat, si l'alcool vous inspire des extravagances, d'une part je suis certain que ça ne vous fera aucun mal de vous y livrer un peu, d'autre part je m'engage à les limiter au raisonnable. Mon raisonnable est distrayant, à ce qu'il paraît. Nous nous installerons où vous voudrez, dans un arbre s'il le faut... Et s'il faut ensuite vous reposer quelque part qui ne soit pas un manoir compassé, les enfants vous prêteront bien leur chambre. En fait, je soupçonne qu'ils en seront ravis.
- Un arbre ne sera pas nécessaire, Mr Jamieson. Vous connaissez Westport ? Il y a là-bas une vieille église qui a brûlé et qui disons... a été un abri nocturne des plus accueillants quand l'envie de promener me venait."

Elle ne s'étendrait pas sur ce qu'elle faisait ces nuits-là, son chant maudit ne regardait encore qu'elle pour l'instant.

"Et je vous remercie pour le reste.
- Si nous en venons là, voudrez-vous que j'enferme Thea dans les étages ? Elle ne s'ennuiera pas, puisqu'elle parle aux rats et aux pigeons."

Sheena se mit à rire.

"Non, ne vous donnez pas cette peine, peut-être que justement, débarrassée des règles de bonne conduite que je m'impose nous parviendrons enfin à nous entendre.
- Retrouvons-nous à votre boutique dans une minute, les bras chargés ; et ensuite, vogue la galère. Vous n'allez pas promener vos tasses dans la ville, là ce serait extravagant. Et puis, vous les casseriez de nouveau, Attila que vous êtes !"

Elle sourit, le remercia, récupéra l'argent et le rangea dans la bourse à sa ceinture -la bourse était vide, tout le contenu était dans la caisse pour servir de monnaie. Enfin elle entreprit de fermer l'atelier. Elle prit soin cependant de sortir la caisse du comptoir et alla la dissimuler dans l'arrière boutique, entre deux tissus roulés.

Puis ils se séparèrent et Sheena trotta jusqu'au magasin de porcelaine. Pendant qu'elle négociait avec le vendeur le prix d'un service à thé, elle songea avec malice qu'elle venait de briser la seule chose qui marquait l'ancienne présence de la Fionna dans les lieux -le service à thé étant le sien. Alors Sheena abandonna les négociations et préféra un autre service, plus sobre, peut-être moins anglais, mais donc la dorure fine des tasses comme seul ornement lui plut davantage que celles aux motifs floraux rosés qu'elle s’apprêtait à payer quelques instants auparavant.

Son paquet de porcelaine sous le bras et la monnaie de Mr Jamieson en poche, elle l'attendit devant l'atelier, qu'elle rouvrit pour y ranger son affaire. Elle lui rendit les quelques pièces qu'elle avait réussi à sauver avec un regard qui ne tolérait aucune protestation, avisa de ses propres achats et, une fois l'atelier fermé de nouveau, l'entraîna dans les ruelles en direction de la vieille église. Intérieurement, elle se demanda si le fantôme de Ciàran -pas au sens McBain du terme, puisqu'à sa connaissance son drôle de pasteur était toujours en vie- flotterait entre les vieilles pierres noires. Et au moins, là-bas, personne n'irait les déranger.

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"Il doit ouvrir la porte.
Il va ouvrir la porte.
Il ouvre la porte.
Le vide.

De l'autre côté de la porte, là où est parti Dieu, ce n'est que du ciel à perte de vue. Un ciel sans terre. Un monde déchiré. Le souvenir s'arrête ici.

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Message par Breac Jamieson le Mar 7 Aoû - 16:13

Alors, oui... Breac connaissait vaguement Westport. Il se contenta de détourner le regard en acquiesçant à cette mention, puis partit en quête des bouteilles les plus appropriées à leur petite promenade. Son esprit musardait aux antipodes de cette tranquille flânerie commerçante. Il rêvait de landes pelées où brûlait le soleil et dévastaient les pluies, sans abri aucun ni autre oreiller que la pierre pour y reposer sa tête. Pourquoi fallait-il que ce pays lui manque autant ? Il n'y avait récolté que coups et misères, à en interroger exclusivement sa peau. Tout ce qui l'avait tannée avant l'âge n'était que l'inscription des chocs infligés en réponse à son amour patriotique. Son âme était plus indulgente ; elle en gardait quelques douceurs fugitives, quelques victoires de passage, qui le faisaient encore sourire. Enfin, il oublia ces sornettes et se mit en chemin à la suite de la jeune femme, qui semblait avoir une destination parfaite : quoi de mieux pour deviser de diableries qu'une bâtisse autrefois consacrée, où une autre forme de Création reprenait ses droits ? Et par le feu, rien que cela.

"Donc, si je venais vous voir en ce jour, c'est que ma gouvernante m'a un peu alarmé. Elle a eu l'envie de vous raconter des choses à mon sujet, sans doute pour se faire bien voir par comparaison. Oh, elle sait que c'est mal, et elle ne l'a pas fait, mais enfin la tentation est là. Et j'ai vu par le passé ce que vaut la volonté de Timothée face à une tentation..."

Il haussa les yeux vers le Ciel, qui comme toujours, n'y pouvait strictement rien, et gagna un peu de temps en cueillant une herbe sur le bord de la route pour la mâchonner. Rien de nerveux là-dedans, on ne pouvait pas être nerveux avec tant de bonnes bouteilles aux mains – quatre, dont il avait confié deux à son invitée, déjà embarrassé de tenir celle qui était échue à sa main gauche – tiens, d'ailleurs, il attendait le jour où la Timothée en question trouverait malin de plaisanter sur l'idée d'avoir deux mains gauches. C'est qu'il ne lui donnerait pas ce plaisir de sitôt. Il ne cassait pas les services à thé, lui, puisqu'il ne les approchait pas. Enfin, là, il venait de manquer lâcher sa bouteille pour cueillir un brin d'herbe, ce n'était pas forcément mieux. Heureusement que Sheena Matheson n'était pas fille à se moquer si facilement.

"Bref, je me suis dit, Sheena n'est pas fille à se moquer si facilement, ou à crier au loup sans raison. Autant lui parler franchement des choses et répondre à toutes les questions qu'elle aura. Et puisque, finalement, l'exercice a l'air d'être devenu mutuel... Allons-y, je ne vois pas ce que j'aurais à craindre."

Oui, un grand garçon comme lui qui tournerait cent ans autour d'un aveu sans parvenir à le toucher du doigt, avec cent signes d'embarras et cent formules pour repousser l'échéance... et ce en la seule présence d'une demoiselle qui n'a aucune envie de lui faire du mal, ce serait ridicule n'est-ce pas ? Allons, il fallait maintenant en prendre son parti. Ils avaient quitté la place, et la rue commerçante qui les en avait éloignés, autant dire que personne ici ne faisait plus attention à leur singulier cortège chargé de bouteilles, du moins, pas avec cette attention malsaine d'un voisinage avide de potins. Lui-même était ici parfaitement inconnu puisqu'il n'y avait jamais mis les pieds. Puis il en avait assez de se tourmenter : la liberté était au bout de la confession, comme disaient les anciens occupants de ces ruines qui les attendaient.

"Vous croyez aux monstres et aux démons ? Et aux descendances qu'ils pourraient avoir parmi les bonnes gens d'Ecosse ?"

Pourvu, pourvu qu'elle ne le fixe pas comme le dernier des vieux imbéciles qui aurait perdu sa raison à la guerre...

Post Scriptum :
Je te laisse répondre ici en conclusion, et j'ouvrirai un nouveau sujet à l'endroit souhaité... c'est bien Meadows Kirk ? ^^

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He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 4 Re: If men liked shopping, they'd call it research [Sheena / Timothea]

Message par Sheena Matheson le Mar 7 Aoû - 16:40

"Donc, si je venais vous voir en ce jour, c'est que ma gouvernante m'a un peu alarmé. Elle a eu l'envie de vous raconter des choses à mon sujet, sans doute pour se faire bien voir par comparaison. Oh, elle sait que c'est mal, et elle ne l'a pas fait, mais enfin la tentation est là. Et j'ai vu par le passé ce que vaut la volonté de Timothée face à une tentation...
- Il n'y a pas de souci, je sais d'expérience qu'il est plus agréable que l'aveu de nos vérités viennent de nous-mêmes.
- Bref, je me suis dit, Sheena n'est pas fille à se moquer si facilement, ou à crier au loup sans raison. Autant lui parler franchement des choses et répondre à toutes les questions qu'elle aura. Et puisque, finalement, l'exercice a l'air d'être devenu mutuel... Allons-y, je ne vois pas ce que j'aurais à craindre.
- Sincèrement Mr Jamieson, ai-je l'air dangereuse ?"

Sheena pouvait être dangereuse quand elle le voulait, même si c'était un danger à retardement. Mais pour ce qui était de garder les secrets des gens sans les juger, il n'y avait gère autre que Gemma à Edimbourg pour parvenir à une telle loyauté d'esprit.

Porter des bouteilles était une chose étrange qui ne lui rappelait pas de bons souvenirs -au contraire. Mais boire accompagnée et qui plus est en agréable compagnie n'avait rien à voir avec les souvenirs sinistres auxquels elle songeait.

"Vous croyez aux monstres et aux démons ? Et aux descendances qu'ils pourraient avoir parmi les bonnes gens d'Ecosse ?"

Sheena trébucha sur le pavé et reprit son équilibre en battant des bras, manquant de perdre une bouteille au passage.

"Vous serez gentil de parler de folklore quand on sera réellement à l'abri des oreilles indiscrètes, si vous le voulez bien, gronda-t-elle d'une voix douce. Sauf si vous tenez à ce que vos bêtises me fassent casser une bouteille avant notre arrivée."

En fait, la question l'intriguait, car à sa connaissance, deux types de personnes étaient susceptibles de la poser : ceux qui descendaient réellement dudit folklore, comme elle, et ceux qui rêvaient de brûler tout ce qui s'apparentait de près ou de loin à un monstre. Vu la tournure des événements, elle imaginait que Mr Jamieson appartenait à la première catégorie et elle priait le Ciel pour avoir raison.

PS:
Conclusion faite, on rangera le rp ce soir dans la demande des rp à archiver.
Et non, l'église dont Sheena parle a brûlé, donc elle n'a pas de topic dédié. Ouvre le nouveau rp à Westport, ça suffira. Et partons du principe que Sheena est restée silencieuse jusqu'à l'église, la question de Breac l'ayant particulièrement troublée.

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