1762 - L'été de l'année dernière, Édimbourg, Écosse. Les vagues frappaient contre la rive en un bruit constant et répétitif, comme une douce berceuse chantée par la mer du nord, une caresse légère sur votre front, un tendre baiser rassurant de la nature. Tout indiquait un matin normal sur les quais du port de Leith, si ce n’étaient les corps inertes qui flottaient comme des billots de bois mou abandonnés. Six corps. [...] Lire plus.

Smoke & mirrors, drink & waves [Blair]

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Cycle 4 Smoke & mirrors, drink & waves [Blair]

Message par Breac Jamieson le Lun 25 Juin - 23:09

Impossible de dormir. Il faisait un temps affreux. Les enfants s’étaient recroquevillés dans le même petit lit et avaient dit leur prière, jusqu’à sombrer dans le sommeil du juste ; mais leur tuteur ne pouvait espérer les mêmes facilités. Il y avait environ cinquante ans que la prière ne lui servait plus à rien. Le whisky, en revanche… Il sortit en verrouillant soigneusement la porte, glissa un mot aux boutiquiers du rez-de-chaussée au cas où il mette longtemps à réapparaître, et rit à l’idée qu’on pourrait s’introduire chez lui à son insu ; il faisait confiance au chien pour dissuader les visiteurs malvenus. Il n’était pas méchant, ce chien, mais… il était gros. Ses pas le portèrent tout naturellement en direction de l’Orient de la vieille ville, et il inspira profondément l’air pur, quoique chargé d’odeur de pluie et de foudre, qui soufflait du parc. Puis, sans trop savoir pourquoi, il remonta en direction des docks. Ce devait être un spectacle. Les eaux étaient affreusement déchaînées ce soir. Et il savait parfaitement qu’elles lui paraîtraient décevantes et ridicules à côté de ce qu’il en imaginait. C’était une manière brutale mais efficace de se rassurer.

Et arrivé sur les quais, une nouvelle impulsion absurde le saisit. Il avait marché jusqu’ici, il pouvait bien naviguer un peu plus loin, et braver le Firth en direction du Nord. Il but une longue lampée d’eau de feu, en souvenir du passage qu’il avait fait jadis dans le sens inverse, en espérant ne pas finir au bout d’une corde, et en traînant à sa suite le gamin emprunté et si aisément choqué qui serait un jour le père de Barbara et d’Alan. A l’époque, c’était un jeune ignorant, un égaré qu’il ramenait à son domicile ancestral et qui comptait bien n’en plus jamais bouger ; et c’est ce qu’il avait fait. Même ses ambitions d’aller étudier à Leyde – oui, quelle aventure, n’est-ce pas – s’étaient évanouies quand, peu après son mariage, sa bien-aimée s’était avérée enceinte. En tout cas, ils n’avaient jamais refait le trajet en direction du Nord. Et il fut cette fois étrangement facile de trouver un bateau qui acceptait de l’emmener. Tout était facile. Tout était ennuyeux. Ce moment de mélancolie fut efficacement combattu par la sérieuse terreur qui s’empara du promener en montant à bord, et il se cramponna à tout ce qui pouvait lui servir d’appui, avec un mélange de regret immédiat et de soulagement bien dissimulé. Un abîme pouvait bien être troqué contre un autre.

Un peu au Nord de Burntisland, Blue Rock et Kinghorn, le marinier qui lui indiquait les lieux signala qu’il y avait là, selon ses dires, « l’endroit le plus vieux du pays. » Après tout, ne disait-on pas « vieux comme les trois arbres de Dysart » ? Breac avait en effet l’impression d’avoir déjà entendu cette expression. Eh bien, selon le marinier, qui semblait lui-même raisonnablement âgé et apte à raconter ce genre de légendes avec assurance, ce n’étaient pas trois arbres à l’origine mais trois cavernes, à flanc de falaise, longeant la mer ; et les arbres y plongeaient leurs racines, mais ils avaient poussé plus tard bien sûr. C’étaient les grottes de Wemyss – que le vieux prononçait Weems – et il fallait absolument avoir vu ça une fois dans sa vie. Il faut dire que le whisky avait baissé dans la première bouteille que portait Breac dans son manteau en quittant la maison, et que le marinier y était pour quelque chose ; le nouveau riche était parfois sujet à des accès de générosité.

« Je ferai comme les arbres, je boirai dans les grottes de Wemyss, » déclara Breac en haussant la voix pour couvrir le fracas des éléments.

« Voilà Seafield… et nous y sommes. »

Il était impossible de descendre à terre, à proprement parler. Il fallait sauter de l’embarcation sur le front de roche, et s’accrocher solidement, de tous ses ongles. Il se trouve que Breac n’en avait plus que sept, et il se sentait fort diminué, mais sur une dernière gorgée du breuvage, il laissa un sourire légèrement dérangé se peindre sur son visage, et il murmura entre ses dents trois mots qui sonnaient comme une formule magique : « Hang or drown. » Encore un souvenir qui remontait à la surface. Il espérait presque se heurter la tête et tout oublier. Le fait que cela impliquerait sans doute une horrible noyade glaciale et ténébreuse arrivait presque à disparaître à l’horizon de sa folie. Presque. Il ne fallait rien exagérer. Toujours est-il que, comme à chaque fois que son courage lui manquait, il rassembla ses forces restantes et se jeta en avant. Et soudain, il se retrouva en équilibre sur le rocher, prêt à entrer dans la bouche d’ombre de la grotte centrale, qui plongeait vers les profondeurs de la terre. Derrière lui, le blanc de l’écume illuminée par la lune et les étoiles, alors que le ciel s’ouvrait soudain ; devant lui, un vide noir et creux où se répercutaient les échos.

Breac posa sa bouteille à terre, mit les mains en porte-voix et se mit à chanter à tue-tête.

« Voici le chant de l’épée d’Alan ! Le feu l’a forgée, le forgeron l’a faite et elle luit au poing d’... ! » A ce point de la chanson, son regard tomba sur sa main gauche et il fit la grimace, abandonnant toute velléité lyrique pour se réfugier dans un baiser de verre ; sa main pouvait au moins cueillir la bouteille à ses pieds, et l’autre pouvait la déboucher, c’était déjà quelque chose. Il y avait là de quoi prendre une bonne cuite, en narguant les vagues et leur colère, et les cauchemars qui s’y attachaient, et tout le reste finalement. Il commença à errer prudemment à l'entrée vaguement éclairée, ses mains frôlant la surface rocheuse où des mains antédiluviennes avaient gravé d'étranges symboles, dont il ne cherchait même pas à faire sens. Il aurait voulu être plus ivre que cela, mais n'ayant qu'une bouteille, il préférait l'économiser pour quand elle deviendrait absolument indispensable, comme un médicament précieux. Pour l'heure, il parviendrait sûrement à s'étourdir quelque peu de l'étrangeté des lieux, et des tourbillons de sa propre pensée.
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I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 4 Re: Smoke & mirrors, drink & waves [Blair]

Message par Blair Fraser le Dim 15 Juil - 15:55

Comment est-elle arrive là? Dans ses pensées enfumée d’un opium d’excellente facture, elle l’ignore. Son visage émacié, son corps fin, ses airs de garçon manqué, sa tenue d’homme, elle ne se rappelle plus tout à fait de son propre périple, trempée dans ses vêtures lourdes, elle s’est avachie dans un coin de la grotte, perdue dans ses pensées, alourdie par ses douleurs de jadis. Au fond, l’idée paraissait bonne quand elle l’a eu, et puis, portée par les fluides vaporeux d’une folie neuve, le fracas de la tempète, le besoin de l’infinie que représente la mer et l’océan, elle a vagabondé, laissé à son arrière toutes choses, fille, époux, souvenir…

La voilà donc ici, l’esprit si loin, encore essoufflée de sa cavalcade étrange, la poitrine serrée d’une douleur fantôme, comme frappée par une main invisible qui lui serrer le cœur. Elle aimerait s’échapper, mais sa peau la retient. Son cadet maudit lui barre toute fuite possible et elle sait, que comme un démon mauvais, il la retrouverait toujours. Depuis combien d’année n(a-t-elle plus pu retrouver sa forme d’océan ? Tellement d’année. Et cette douleur de ne pouvoir redevenir ce qu’elle est la dévore de l’intérieur.

La souffrance est une complainte à laquelle elle abdique parfois, défaisant ses humeurs posées pour s’offrir l’abandon à la peine. Incapable de s’en priver, la dame fortunée se laisse prendre par la mélancolie de son âme, martelée par l’idée qu’elle ne pourrait jamais se défaire de son frère…jamais. Dans ses semi ténèbres ourlée de l’écho de la tempête, la voix grave d’un homme lui parvient, la faisant se redresser de sa pose. Bientôt l’opium qu’elle a fumé ne ferait plus rien, son esprit serait clair, elle ne saurait pourquoi elle se trouve ici, mais pour l’instant, se défaisant de sa posture, elle se redresse, cachant sa lourde natte blonde dans le couvre chef improvisé et titube un peu. Lequel des deux trouveraient l’autre en premier, voilà une question excellente !





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Combien de fois il t'a dit que tu étais une terrible créature, au point que tu viennes à le croire? Combien de fois a-t-il jeté son regard sur toi, en maugréant paroles d'évangiles pour se protéger de tes diableries? Comment peut-il te croire si terrible, alors que tu n'as rien demandé au monde? Jamais rien de plus que ce que tu n'as, jamais rien de plus que ce que l'on te donne...

Vas-tu finir par le croire? Ou bien te révolter un jour, une bonne fois pour toutes...


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Cycle 4 Re: Smoke & mirrors, drink & waves [Blair]

Message par Breac Jamieson le Dim 15 Juil - 19:28

Les profondeurs de la grotte recelaient sans doute des trésors cachés, mais pour le moment, Breac était tombé en contemplation devant d'ésotériques dessins gravés au niveau de l'entrée. Ce n'étaient sans doute que des poissons – ou des sexes masculins très mal dessinés – mais il ne pouvait pas s'empêcher de chercher à y déchiffrer un message. Quelqu'un avait gravé ça autrefois parce que ça avait l'air important. Il aurait bien aimé répondre, après tout il y avait largement assez de cailloux qui traînaient pour ajouter sa contribution. Mais si il ne comprenait pas à quel jeu avait joué le premier occupant de la grotte, il ne pouvait pas jouer avec lui, pas vrai ?

Un poisson, donc. Disons que c'était un poisson. Quelqu'un, un jour, avait eu envie de graver un poisson dans la paroi de la roche. Pour être sûr d'en voir même par les jours de mauvaise pêche ? A quoi bon dessiner un poisson si on n'en mange pas ? Breac avait sa petite idée de riposte. Il commença à gribouiller avec un soin vacillant, une ligne d'abord, puis de petites encoches pour la rendre plus lisible. Une créature marine qui venait bouffer le poisson. Un truc avec des dents, des nageoires, une queue ondulante, de gros yeux ronds... Voilà ! C'était parfait. Très joli. Le petit Alan n'aurait pas fait mieux. Il recula d'un pas, contempla son oeuvre et -

Ah, il y avait vraiment quelqu'un ici. Pas seulement les fantômes du passé. Breac sursauta en voyant s'animer une silhouette malingre et mal habillée dans un coin sombre. Un vagabond venu s'abriter de la tempête ? Il aurait dû s'y attendre. Cette figure maigre et triste, juvénile et trop sérieuse à la fois, brusquement éclairée de lune, lui donna l'impression d'être pris dans un mauvais cauchemar appartenant à quelqu'un d'autre. Il prit une grande inspiration d'air marin et se rapprocha en levant sa bouteille. Ce qui lui manquait, c'était une arme. Mais il n'allait pas provoquer une duel un brave gamin qui ne lui avait rien fait... Il aurait dû avoir une arme, dans un cauchemar, voilà tout. Question de logique, et de monstres marins.

"Désolé. Je ne fais que passer. Sale temps, hein ?"

Son regard tomba sur sa propre bouteille et il hésita un instant. Mais s'il y avait bien une qualité qu'on ne pouvait pas retirer à Breac Jamieson, c'était sa générosité, du moins avec le peu qu'il possédait. Il était en veine de se payer du whisky respectable et de le distribuer autour de lui, eh bien, ainsi soit-il. Et quand sa chance aurait tourné, peut-être que la bouteille tournerait dans le sens inverse elle aussi. Il franchit les derniers mètres qui le séparaient de l'ombre dissimulée, et lui colla l'objet dans la main, d'autorité. Il fallait bien y résister, à ce mauvais temps. Ah, oui, se présenter, pourquoi pas. C'était agaçant d'être ici sous un faux nom, et de devoir se présenter comme il le faisait en France. Il était presque arrivé à s'en faire une seconde nature ; mais en ce moment, avec le fracas des vagues dehors et le whisky dansant la sarabande dans son crâne...

"Je m'appelle A – non – Breac – Jamieson. Breac Jamieson."

Il aurait pu ajouter un couplet sur le fait qu'il avait des soucis avec la justice, et qu'il se moquait bien des petits trafics qui pouvaient amener l'inconnu dans cet endroit reculé, par une soirée aussi horrible. Et si ce n'était pas une question de trafic, mais de chagrin d'amour par exemple... Bah... il ne se moquait pas trop des gens qui venaient admirer la mer aux pires moments possibles. C'était un peu ridicule mais il n'avait rien à dire là-dessus. Juste à boire. De son point de vue, l'alcool avait été inventé précisément pour ça. Qu'est-ce que c'était que la Sainte Cène au fond, sinon une dernière cuite avant la fin du monde ? Et on commémorait ça à Pâques tous les ans.

"Vas-y. Bois un coup. Ça ne te tuera pas, et moi non plus."

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Cycle 4 Re: Smoke & mirrors, drink & waves [Blair]

Message par Blair Fraser le Ven 3 Aoû - 16:54

C’est donc lui, qui s’approche, elle ne scille pas, dévisage, observe, l’esprit délicieusement enveloppé dans l’oubli embrumé. L’opium est chose de malice dont elle s’abreuve bien trop le corps. Elle devrait peut-être cesser, mais quelle consolation elle pourrait avoir après ce manque de sa peau ? Aucune…le choix est donc simple : en absence de peau, l’opium ! Rien qui ne soit parfait. Et son époux ne pourrait rien lui dire, sa fille ne pourrait tout à fait savoir…
Enfin, peu importe.

Il s’approche, le voilà, bouteille en main, que se dit-il dans sa tête celui-ci ? Elle sait qu’elle ne porte rien de féminin, n’a aucun écho de ce sexe fendue qui fait tant dire aux autres qu’ils sont bien plus forts. Aux autres, les masculins, bien entendu et sous ses airs de grand malingre, elle garde, ces gestes précieux, cet air un rien sien qui semble hautain. « Je ne fais que passer moi aussi… » Sa voix s’éraille, elle est aussi douce et fine que ses traits, rien de bien viril, mais pas tout à fait féminin pour autant. Elle se racle la gorge, elle pourrait le faire écouter ses mensonges, au pire de tous les cas et il ne chercherait point, mais au lieu de jouer de méfiance, la dame se contente de s’épousseter.

« Fort mauvais je dirais même. » Dit-elle simplement, rapidement surprise par l’empressement de l’homme à la faire boire. Peut-être un bougre ? La voilà déjà médisante, mais les mœurs changent et naissent…pas la peine de s’engager sur ce terrain là.
Car, il parait aussi que les amitiés viriles se consolident par un verre pris, ou naissent ainsi. Qu’en sait-elle ? Rien ou peu de chose, des histoires vaguement écoutées et entendues sur le sujet. L’occasion de vérifier lui parait si soudainement intéressante, comme si les vagues de l’opium la conviait à la découverte, elle sourit, le contact de la bouteille à sa paume lui plait, bétise de détail qui la ravissent pourtant et offre à son visage, un grand sourire.

« Je me nomme Blair… » Dit-elle en s’arrêtant un instant, hésitant à la suite. Quel est son nom déjà ? Voilà l’étrangeté du siècle, elle a oublié et elle laisse échapper un rire, un rien maniéré alors qu’elle regarde la bouteille. « Si cela me tue, tu n’auras qu’à jeter mon corps à la mer ! » L’opium la défait de ses sécurités, et s’il s’agissait de l’infâme qui s’occupe des vies et fait belle lettre au Caledonian ? Quelle importance ? N’est-ce pas ? La voilà qui porte le goulot à ses lèvres et ingurgite large gorgée, non sans une grimace. Et oui, Blair et l’alcool, ne sont point des ménages fréquents, à part quelques liqueurs de dame…mais là. Du whisky ! Elle hoquete et cache sa bouche pudiquement, avalant le tout…

« Ah j’ai oublié de finir…Blair…hum…Peu importe. » C’est bon l’alcool, et elle repart sur une nouvelle lampée, avant de rendre sa bouteille à Breac, esquissant un sourire. Ses yeux trahissent son entêtement brumeux, Qu’importe non ? « Je n’aurais point cru voir quelqu’un ici ce soir…j’espère ne pas vous gâcher un rendez-vous…amoureux ou scabreux, peu importe... » Ses phrases trainent entre ses lèvres, un peu, avant de s’en échouer et elle respire enfin un grand air de bol frais. « Cela me fait plaisir de croiser quelqu’un ici Monsieur Breac Jamieson. » Elle articule les syllabes par précaution. « Vraiment…plaisir. »

Ses yeux détachés de lui, elle fait quelques pas en direction d’un rien sur le sol et se baisse pour le prendre. Ce n’est rien, absolument rien, mais son esprit aime ce rien, un caillou simple qu’elle garde entre ses doigts avant de sourire en direction de l'autre!




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Combien de fois il t'a dit que tu étais une terrible créature, au point que tu viennes à le croire? Combien de fois a-t-il jeté son regard sur toi, en maugréant paroles d'évangiles pour se protéger de tes diableries? Comment peut-il te croire si terrible, alors que tu n'as rien demandé au monde? Jamais rien de plus que ce que tu n'as, jamais rien de plus que ce que l'on te donne...

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Cycle 4 Re: Smoke & mirrors, drink & waves [Blair]

Message par Breac Jamieson le Sam 4 Aoû - 8:42

C’était un peu idiot : Breac détestait généralement les dictons, mais surtout ivre, les chansons à boire lui venaient tout naturellement. C'était pourtant quasiment la même chose ! Une en particulier, en ce moment, à laquelle il n’avait pas la force de réfléchir, et dont il était pourtant sans doute l’auteur, autorat perdu dans la nuit des corps de garde :
Le beau temps est fait pour sauver son âme,
Le temps gris est fait pour rêver de mieux ;
Le temps lourd est fait pour parler aux femmes,
Et l’orage vient, brunette,
Et l’orage vient sceller nos adieux.


Allons ! Fini le lyrisme intraduisible, il faut communiquer maintenant. Blair. Pas de nom de famille. Pas de style à proprement parler. Pas de mue, ou partielle, c’est pas de bol ça, enfin, à moins que l’ambition soit de chanter à la chorale. Bien, ce sera un portrait suffisant, et Breac hausse les épaules pour témoigner qu’il n’en réclame pas davantage. Un pedigree en bonne et due forme ne ferait pas mieux son affaire, puisque ce ne serait pas une occasion de boire !

« Entre passants, buvons donc au beau temps et à son prompt retour. Aux belles contrées où il ne meurt jamais ! »

Allons donc, voilà-t-il pas qu'il lui apparaissait des anges à présent, râpés comme des mendiants vagabonds, et incapables de tenir l’alcool. C’est une vision, certainement. Breac est complètement ivre pour en avoir de telles, et s’il s’approche trop de cette falaise hurlante, c’en sera fini, bien stupidement, du chevalier Jamieson et de tous les autres noms qu’il a porté. Ce serait stupide, n’est-ce pas ? Les anges sont censés empêcher ce genre de chose. Il est vrai, c’est bien rare qu’ils détachent des vitraux leurs cols de cygnes et leurs visages de rien du tout. Et ce devrait plutôt être pour veiller sur les enfants. Ils sont un peu enfants eux-mêmes. On écraserait cette mâchoire-là dans une seule main, ricane intérieurement le vieux soldat en reprenant à boire, son regard errant machinalement sur la physionomie qui lui fait face. A quoi bon un nom de clan ? Il y a tellement de proscrits, dans ces terres dévorées de guerre civile comme un vêtement abandonné se laisse dévorer de vermine.

« Je peux t’appeler par ton prénom, peu me chaut, et tu peux m’appeler comme tu veux. Au point où j’en suis… Mon rendez-vous ne viendra plus, haha ! »

Breac, sans aucune raison de frimer ainsi mais guidé par un instinct millénaire, démontre que lui, il est capable de boire sans sombrer dans une quinte de toux ; une, deux gorgées, trois ? Stop. Il sourit comme un imbécile, mais ses yeux clignent dans un flou artistique. De quoi parlent-ils déjà ? Inutile de s’en souvenir, pas vrai ? Il y a des gravures incompréhensibles sur le mur, et l’autre a un objet dans la main. Parlons de ça ! C’est un excellent sujet de conversation.

« Tu collectionnes les cailloux, Blair ? Voilà un hobby qui ne fait de mal à personne. Je préfère les jeter, regarde : comme je jetterai ton corps s’il n’apprécie pas ce bon whisky à sa juste valeur. »

Il envoie un premier caillou à quelque distance, puis un autre plus loin encore, tâchant de battre son record. Les éclairs brillent et suivent de leur lumière blanche le vol des petits morceaux de falaise, qui iront se briser au fond, roulés par la main violente de la houle, et se mêler à la danse du sable tourmenté. Quelles créatures hideuses regardent ce ballet de leurs yeux vitreux, il n’a même pas envie de se le demander. Il en frissonne d’avance, et ses vêtements mouillés de pluie n’y sont pour rien. Et puisque ce premier caillou plaît trop à « Blair Quelque Chose », il lui en jette un autre, en cloche, sans méchanceté.

« Essaie de faire mieux, toi qui es jeune. Mais ne te penche pas trop dans le vide. Si tu tombes, je n’aurai pas le plaisir de te jeter, et nous ne pourrons pas parier des histoires, et… ce ne sera pas drôle. »

Un clin d’œil malicieux, un appui au mur gravé, le premier qui tombera n’est peut-être pas celui qu’il pense. Mais le sol, ici, n’est pas très loin. Ça n’aurait rien de grave : au pire, quelques bleus, quelques bosses, il est pratiquement fait pour ça. Il s’est consciencieusement abruti et le réveil sera difficile demain, mais c’est rassurant de se dire qu’il n’est pas le seul à avoir eu cette idée ce soir, en contemplant ce temps apocalyptique.

« ...Et le tien ? De rendez-vous ? »

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Cycle 4 Re: Smoke & mirrors, drink & waves [Blair]

Message par Blair Fraser le Sam 18 Aoû - 22:26

Le corps titube, vacille, mais elle reste droite, oubliant de donner assez d’usage pour que les présentations soient claires. Mais ce n’est pas si grave, l’autres’en accommode. La voilà à boire, sourire, esquisser un sourire maladroit, prenant l’alcool pour un autre temps plus clément et … quoi encore ? elle ne sait déjà plus. Son esprit n’a pas l’idée de garder tout ce qu’il se dit, il ne peut pas retenir le prénom de l’homme et tout le reste. Et le plus courtois est de préserver cette connaissance-là.

Entre ses doigts, elle a saisi le caillou, quelconque et sans attrait, mais qui fascine son esprit en bordel. Il n’y a rien de bien intéressant dans cette roche sans forme, mais elle la tient entre ses longs doigts fins, ses yeux papillonnent aux paroles de Breac et il lui faut un instant pour réaliser, elle le voit balancer la pierre et au lieu de prendre peur à ce qu’il a pu dire, elle sourit bêtement. « Non, j’aime juste…les regarder. » Un sursaut à l’arrivée de l’autre pierre, elle referme ses doigts sur la première et regarde celle au sol. Le regard un peu déconnecté mais elle se baisse pour le ramasser, manquant de chuter vers l’avant.

« Parier des histoires ? C’est quoi, ça, parier des histoires ? » Elle se redresse et titube en arrière avant de se stabiliser. Le monde tourne un peu, mais ça doit être à cause de la tempête, la terre n’est plus très stable. Elle inspire et lève le bras, plissant les yeux, histoire de viser, mais…elle parait ridicule dans ses gestes, un peu gauche et complètement inapte.

« J’avais rendez-vous avec l’oubli. Il est bien venu ! Je lui en suis reconnaissante ! » La voilà à lancer la pierre qui ne fait qu’une piètre course et termine maladroitement sa course en chutant lamentablement, en fait, à la proximité de son pied. La dame grommelle et elle s’abaisse, pour récupérer, vacille vers l’avant, mais se redresse.

C’est l’heure du dé.

Succès : Elle lance la pierre et réussi son coup, dépasse celle de l’homme et la voilà fière, levant ses bras dans un rire, qui soudain les entoure. Cela la fait rire, soudainement et bêtement, sans qu’elle ai saisi la tournure, ce n’est pas drôle, mais…elle s’en fiche ! L’esprit alambiqué, elle se retourne pour sourire à Breac, un peu ourlé d’absence que son visage. « A toi ! » Qu’il fasse mieux et d’un geste, s’il le permet, elle prendrait volontiers la bouteille encore.

Echec : La pierre…elle chute, mais pas aussi bien. Un soupire à sa bouche, elle se penche et vacille, un peu en avant, un peu en arrière, elle chute sur le cul, et perds son couvre chef, libérant sa lourde natte blonde. Mais même ainsi elle ne ressemble point trop à une femme, avec son visage ingrat et son air malingre.




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Combien de fois il t'a dit que tu étais une terrible créature, au point que tu viennes à le croire? Combien de fois a-t-il jeté son regard sur toi, en maugréant paroles d'évangiles pour se protéger de tes diableries? Comment peut-il te croire si terrible, alors que tu n'as rien demandé au monde? Jamais rien de plus que ce que tu n'as, jamais rien de plus que ce que l'on te donne...

Vas-tu finir par le croire? Ou bien te révolter un jour, une bonne fois pour toutes...


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Cycle 4 Re: Smoke & mirrors, drink & waves [Blair]

Message par Ceann-Uidhe le Sam 18 Aoû - 22:26

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Cycle 4 Re: Smoke & mirrors, drink & waves [Blair]

Message par Breac Jamieson le Dim 19 Aoû - 15:30

« L’oubli c’est embêtant ! Je pensais à un jeu tout bête… Qui lance le plus loin a gagné… et l’autre doit raconter une histoire. Mais si tu as tout oublié... ! »

Au lieu de manifester sa déception, Breac éclata de rire et vint saisir la pauvre chose frêle par les deux bras, pour la remettre d’autorité sur ses pattes. Allons, on ne basculait pas si facilement, tout de même ! Et quelle idée d’avoir autant de cheveux, c’était ça qui la déséquilibrait ! En fait, il était plutôt ravi : il voyait rarement des cheveux aussi longs et amusants, mis à part sur la tête des filles, où bien sûr, il était interdit d'aller jouer avec, mis à part dans le cas de relations déjà intimes.

Oui, pauvre petite chose. Il essayait de la trouver ridicule mais il n’y parvenait pas. Le spectacle était trop parfait. Une sorte de reconnaissance indistincte éveillait sa sympathie : un sourire était le bienvenu, même s’il était motivé par une moquerie devant un faux pas, et peut-être une frayeur – il aurait fallu avoir la tête sur les épaules pour le réaliser, mais encore un peu et cette chute aurait pu s’avérer tragique. Un fétu de paille secoué dans le vent. Il lui tapota le dos en guise de réconfort, saisit le bout de sa natte et s’en fit un pinceau pendant une seconde, lui dessina une moustache de fils blonds avec un parfait sérieux, puis s’écarta en haussant les épaules, revenant à son propos.

« Pas grave, on peut inventer. De toute façon, on invente toujours un peu, pas vrai ? »

Il haussa les épaules ; il fallait être réaliste. Une fois emporté par les beautés d’une histoire, difficile de se raisonner et de les ramener dans le carcan d’incertitudes, de petites imperfections et de simple ignorance avec lequel on se les rappelait réellement. En toute franchise, pour une bonne part des choses qui étaient advenues dans sa vie mouvementée, il comprenait fort mal comment la plupart s’étaient produites, et pourquoi il y avait réagit de cette façon. Mais en racontant, il convenait de tisser des liens de logique et de cause à effet, de justifier ses coups de sang et ses retombées d’adrénaline, et de leur trouver une place dans le grand plan de la vie. Un plan qui n’avait jamais existé, bien sûr. Il en était le premier conscient.

« Allez, un lancer pour une histoire. »

Breac prit son élan, et fit un pas vers le bord pour gagner un mètre, avant de jeter son caillou par l’ouverture, direction les récifs qui crevaient le flot en furie de leurs dents noires. Son enthousiasme n’était pas uniquement le fait de l’alcool ; il avait toujours aimé qu’on lui raconte n’importe quoi – et raconter n’importe quoi en échange. C’était une occupation logique pour les nuits de tempête. Il ne manquait plus qu’un feu : il en ferait, s’il parvenait à conserver cette idée plus de quelques minutes, le temps d’effectuer un lancer parfait. Et les pierres de la grotte s’animeraient doublement.

C'est vrai que le dé commençait à s'ennuyer :

Succès/succès : victoire ! Allons, une histoire, le public attend !

Succès/échec : le caillou ricoche et revient à la figure de son envoyeur. Attention les yeux ! Ça vous apprendra à jeter des choses comme des brutes sur un paysage qui ne vous a rien fait. On peut considérer ça comme une défaite.

Echec/succès : Une grande bête noire surgit des flots, à distance finalement pas si lointaine. Elle s’élève de toute sa hauteur, reste en suspens dans l’air durant ce qui semble une éternité, et replonge dans un fracas qui couvre celui de la tempête. Que tirer de ce présage ? Simplement l’inspiration pour une histoire ?

Echec/échec : La pierre glissante est un mauvais appui pour ce genre de jeu. Un faux pas, un juron, et Breac perd l’équilibre pour se rattraper en situation précaire, au-dessus du gouffre. Un petit coup de main serait le bienvenu.

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He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Message par Ceann-Uidhe le Dim 19 Aoû - 15:30

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Message par Blair Fraser le Sam 8 Sep - 17:11

Qu'il était étrange cet homme, mais elle aimait cette étrangeté. Elle fut soulagé, si tant est qu'elle y pense réellement, qu'il ne cherche rien de plus qu'à la remettre debout. Sans apparât féminin, elle n'avait point de grace, à peine plaisante aux regards, elles'en moquait de toutes façons. Ce n'était pas une charmeuse, encore moins une séductrice et les choses passaient sur elle comme le vent sur la poussière. Mais ce n'était pas sa faute, si le temps la rendait ainsi, l'opium avait ce don, de vous rendre défait de tout et elle adorait cette sensation que lui prodiguait ses fumeries. Ainsi donc, elle se fichait de tout mais ce moment vécu lui plaisait drôlement. Ivresse de l'instant d'un esprit désabusé, elle n'aurait pas été autant attaché à cet homme si elle avait été « elle-même ». Mais quand était-elle, elle-même, en fait ? Elle l'ignorait.

Ses yeux se croisèrent pour tenter de voir la barbe improvisée et lui donna un air idiot, alors qu'elle ne voyait au fond que l'arrête de son nez. Vacillante, elle resta les bras balants et affirma.  « Toujours un peu...pour donner du joli et du beau, ou d'autres choses. » Il ne suffisait pas de grand chose, juste de jouer d'un don situé dans la gorge et que les autres ne connaissaient pas.

Elle s'accorda à son idée et hocha la tête « presque grave » avant de le suivre et de se tenir droite à son côté. Enfin, droite, elle oscillait. Un peu à droite, un peu à gauche et regardait vaguement les choses. Le duo aviat un rien de comique et probablement pour sa part, de pathétique, mais c'était fort charmant. Enfin, si l'on pouvait dire. Elle était bien plus concentrée par les gestes de Breac, pourtant, quand la chose survint hors des flots, elle écarquilla grand les yeux et eut un hoquet incontrôlé, qui fit sautiller ses épaules. Figée dans la contemplation, ses yeux suivirent le mouvement, jusqu'à ce que cela ne vienne rechuter.

 « Chuuuut... » S'enquit-elle brusquement, mettant sa main sur les lèvres de Breac et soudainement agitée, elle l'empêcha de faire quoi que ce soit. Quelques instants, seul son hoquet vint émergés de leurs endroits et elle murmura.  « Vous ne savez pas qui nous avons dérangé ? » Dit-elle en jouant l'effroi.  « C'est une bête d'un autre temps, d'un autre âge, un roi que dis-je ! » Elle tentait d'utiliser son don de conteur, mais peut-être qu'avec l'alcool, cela ne marchait pas, enfin, entre l'opium et l'alcool. Pourquoi cette fantaisie ? Parce que c'était drôle et plaisant, maintenant. Et qu'elle n'aurait pas occasion de recommencer !  «Allez lui parler ! » Finit-elle par dire en l'avançant un peu.

Parce que faut gratter dédé!

Succès:Son don de conteuse fonctionne, voilà que Breac pourrait l'écouter dans ses fariboles. Et presque la croire.
Echec : Trop d'opium, trop d'alcool, ça marche pas !




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Combien de fois il t'a dit que tu étais une terrible créature, au point que tu viennes à le croire? Combien de fois a-t-il jeté son regard sur toi, en maugréant paroles d'évangiles pour se protéger de tes diableries? Comment peut-il te croire si terrible, alors que tu n'as rien demandé au monde? Jamais rien de plus que ce que tu n'as, jamais rien de plus que ce que l'on te donne...

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Message par Ceann-Uidhe le Sam 8 Sep - 17:11

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Message par Breac Jamieson le Mer 19 Sep - 17:54

C'était exactement ce qu'ils venaient de dire : de toute évidence quelque chose n'existait pas, mais on allait faire comme si, pour créer du joli ou du beau, la formule était un peu confuse mais disait bien ce qu'elle voulait dire. Comme représenter un poisson sur un mur, à hauteur de visage, où il n'aurait jamais pu se trouver naturellement. La vision de l'animal effrayant avait un peu refroidi Breac, mais n'avait pas suffi à le dessaoûler, et il fit le choix éclairé de suivre l'injonction et d'adresser un discours au bestiau déjà replongé et disparu. Et à le voir saluer et s'adresser au vide, on aurait presque pu croire qu'il y avait vraiment en face de lui un souverain fantastique, surgi d'un autre monde. Il aurait presque fini par s'en convaincre lui-même.

Pourquoi était-il dérangé par leur présence, ce roi marin aux métamorphoses terrifiantes ? Ils ne faisaient rien de mal, à la rigueur... ah si ! Ils buvaient sans l'inviter. Breac interrompit son discours et avança son bras pour verser un peu de whisky dans l'abîme, en déclarant à la créature qu'ils buvaient à sa bonne santé et à la poursuite de son règne, et si il pouvait manger quelques navires au passage, anglais naturellement, ça aiderait beaucoup. D'un roi légitime à l'autre, on pouvait bien se rendre de petits services. Ayant achevé son discours, il se rendit compte qu'il ne se rappelait plus d'un seul mot qu'il venait de prononcer, ce qui le fâcha légèrement.

Il se retourna vers le petit jeune homme aux cheveux longs, dont il venait de se rappeler la présence. Qu'est-ce qu'il devenait, celui-là ? Il avait le hoquet, et même si ça n'arrangerait sans doute rien il eut le réflexe de lui taper dans le dos. Lui donner à nouveau à boire n'était sans doute pas la meilleure idée. Il ne voulait pas l'achever, qu'est-ce qu'il en ferait ? Le laisser là, ce ne serait pas très responsable, un bandit pouvait passer et lui faire les poches, ou un fou dangereux pouvait se mettre en tête de le jeter à la mer. L'emporter ailleurs, ce ne serait pas une très bonne chose non plus, il ne savait vraiment rien de cette apparition un peu irréelle et c'était peut-être un fou dangereux lui aussi. Non pas que ça lui fasse peur ; mais la maison n'était pas qu'à lui, elle appartenait avant tout à deux enfants. Puis elle était fort loin, cette maison. De l'autre côté des eaux.

"Concentre-toi sur quelque chose, ton souffle va te revenir tout seul. Tiens, essaie de toucher ce poisson avec un caillou, ça sera plus facile."

Et pour montrer l'exemple, Breac recula contre la paroi d'en face, visa soigneusement l'animal gravé sur la pierre, et ferma un oeil pour viser. Ils finiraient bien par trouver un jeu auquel ils seraient aptes ! Ou sinon, il faudrait se rendre à l'évidence, ce soir ils étaient deux épaves tout juste bonnes à cuver. C'était aussi une possibilité. Oui, au final ce serait sans doute la meilleure solution. Se vautrer là, sombrer, et attendre que ça passe. L'un des deux garderait bien le cap de manière à surveiller les environs, même vaguement, et avertir l'autre, à tour de rôle peut-être, sans doute imparfaitement, mais ça éviterait certainement un drame possible. Et quelque chose lui soufflait qu'à l'aube, l'apparition aux longs cheveux clairs disparaîtrait comme si il avait rêvé, comme une fée du whisky sortie un instant de sa bouteille, puis emportée par le vent de la mer.

Poisson or not poisson ?:
Succès/succès : En plein dans le mille ! Pauvre poisson, ce n'est certainement pas le premier ni le dernier imbécile qui a l'idée de lui lancer des cailloux.

Succès/échec : C'était la goutte qui fait déborder le vase ; Breac s'assied sur une pierre et commence à raconter toute sa vie. Difficile de l'arrêter : elle a été assez longue, cette vie, mine de rien.

Echec/succès : Petit moment de black-out. Breac va avoir besoin de s'allonger un petit moment. Prière de ne pas trop le secouer.

Echec/échec : Breac surestime un peu sa propre résistance et fanfaronne au bord de l'eau, glisse, perd l'équilibre, bascule, et se raccroche au bord de justesse. Le voilà suspendu au dessus du vide. L'alcool n'est pas toujours très bon à la santé.

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He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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