1762 - L'été de l'année dernière, Édimbourg, Écosse. Les vagues frappaient contre la rive en un bruit constant et répétitif, comme une douce berceuse chantée par la mer du nord, une caresse légère sur votre front, un tendre baiser rassurant de la nature. Tout indiquait un matin normal sur les quais du port de Leith, si ce n’étaient les corps inertes qui flottaient comme des billots de bois mou abandonnés. Six corps. [...] Lire plus.

Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

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Cycle 4 Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Breac Jamieson le Lun 25 Juin - 15:32

Même avec la soudaine fortune dont Breac Jamieson disposait, les vieilles habitudes de prudence financière avaient la vie dure. Enfin, comme disait ce petit bout de femme de Barbara, prudence en faisant les courses, imprudence face aux cartes et aux dés ; et il pouvait difficilement lui donner tort. En l’occurrence il s’agissait de courses. Le brave monsieur Jamieson était venu perdre sa vue basse dans la contemplation d’une vitrine du quartier, pour évaluer combien cela lui coûterait de faire remettre au goût du jour un certain item vestimentaire qui commençait à montrer son âge ; il allait y réfléchir dans la soirée, et au lendemain il tenterait la transaction, ou pas. Son chemin le ramena au domicile, et au passage, il s’arrêta pour contempler une affiche placardée sur les murs de la ville. Instinctivement, il retira le gant qu’il portait à sa main gauche, et articula dans l’air les doigts fantômes perdus à la guerre de Sept Ans. Cette vulgaire feuille de papier battue par la pluie était une glace infranchissable, et il se trouvait piégé du mauvais côté du miroir. D’un côté la politique et les affrontements, de l’autre, lui, sa main estropiée, ses pupilles aux grands yeux innocents, et son salon trop tranquille. Il était revenu, et il n’était pas revenu. On avait eu bien raison de donner son prénom au petit Alan. Celui qui avait porté ce prénom semblait bel et bien mort.

Cela semblait ridicule, de regretter à ce point les beuveries patriotiques absolument désespérées qu’il avait menées avec d’autres highlanders s’apprêtant à regagner leurs pénates, croisés dans les tavernes du Continent, alors qu’il y était lui-même bloqué à l’ancre. C’est qu’en ce temps-là, s’il était revenu, il l’aurait fait en héros, tout clandestin que ce héros soit. Et le tout voisin White Horse Close – comment ça, il avait choisi son adresse pour pouvoir en contempler les portes dans ses moments de nostalgie ? - aurait été davantage qu’un voisin. Jamais il ne lui serait passé par l’esprit de venir s’enterrer dans une cachette et de mener la vie bourgeoise ; il n’aurait pas eu de quoi le faire, pour commencer, et il aurait eu quelque mission sacrée à accomplir dans l’arrière-pays, en compagnie des braves gens de la Noble Cause.

Mission sacrée, noble cause, ce gardiennage qu’il menait aujourd’hui pouvait-il porter ces mots ? Toujours est-il qu’il s’y trouvait prisonnier pour dix ans. Et il ne comprenait toujours pas – c’était sans doute cela le plus inconfortable dans toute l’affaire – pourquoi le choix s’était porté sur sa personne. Il se sentait tout à fait illégitime à servir de directeur de conscience à deux petits whigs proprets et pacifistes. Il les mettait en danger par sa seule présence, ces pauvres agneaux, si sage qu’il s’efforce d’être. Il ne savait même pas ce qu’il était à leur égard : leur oncle aventurier ? Leur grand-père débonnaire ? Il aurait cru que leurs illustres parents, ces perfections de la nature, avaient dans leur campagne paisible et loyaliste toutes sortes d’amis plus fiables et plus recommandables, plus fortunés aussi. Par la Croix, l’intégralité de leur voisinage correspondait à cette définition. Qu’est-ce qui leur avait donc pris ? Les ravages de la fièvre sur leurs cerveaux mourants, peut-être ? Mais ils l’avaient pris par les sentiments, et une fois donnée, une telle promesse ne pouvait plus être reprise, quoi que la raison puisse en penser.

Et il ne se disait pas ça pour fuir ses responsabilités. De toute façon, mutilé comme il l’était – à ce point de sa réflexion, Breac remit son gant en place et reprit son chemin – il n’était plus très apte au métier de la guerre. La main gauche avait toujours été sa plus habile à ces divers exercices. Et dans tous les cas, maintenant que c’était décidé, il n’y avait plus à se torturer les méninges : il ne confierait plus ces gosses à personne d’autre. Ni un pasteur, ni un véritable aristocrate ; d’ailleurs il était un gentleman, et c’était tout ce qui comptait ; ni une autorité morale dotée d’un parcours irréprochable. Ni même simplement un modèle décent. Il était un bon modèle, à la façon d’une boussole qui indiquerait toujours le Sud, il suffisait de savoir le prendre, et ces gamins savaient. Un peu trop bien, peut-être. Heureusement que ce n’était pas lui le riche, et eux les malins occupés à dilapider la fortune, mais plutôt l’inverse ; sinon, ils auraient fait de lui tout ce qui leur plaisait.

En arrivant au salon de thé qui formait le rez-de-chaussée du bâtiment où il logeait, il leva les yeux vers les étages. Derrière les lourdes tentures rouges, il aperçut le petit minois environné de longs cheveux noirs torsadés qui l’observait avec sérieux, et il lui fit un signe de la main. Lorsqu’il portait ses gants, on ne prêtait guère d’attention aux trois doigts disparus. Mais il se ferait faire un remplacement digne de ce nom, un de ces jours, quelque chose en ivoire de baleine sculpté, il en avait le caprice. Il s’engagea dans le respectable établissement, salua les employés d’un vague signe de tête, et s’engagea dans le couloir qui menait à son escalier. Il retournait dans son esprit la question de cette petite Barbara, beaucoup trop finaude pour ses huit ans bien sonnés. Il savait qu’elle avait reçu de ses parents un certain héritage qu’elle ne lui montrait pas. Et cela l’intriguait, comme s’il pouvait y trouver la raison pour laquelle il avait été sélectionné dans le rôle du tuteur. Ces deux mystères s’entremêlaient dans son esprit, et finissaient par lui apparaître jumelés.

Oh, c’était une réaction à ses blagues, si les enfants lui cachaient obstinément le contenu de cette fichue boîte. Ils savaient que ça le frustrait, et ils estimaient que c’était de bonne guerre. Quelque part ils avaient bien raison. Connaissant les inexplicables attraits du défunt père des deux orphelins pour la plume et le lyrisme, quelque chose lui disait que c’étaient des lettres ; le format de la boîte y aurait correspondu. De très nombreuses lettres, car elle pesait son poids. Un code en fermait la serrure et il ne l’avait pas encore trouvé. Mais ça ne le dispensait pas d’essayer dès que les petits avaient le dos tourné. Ce n’était pas le prénom de madame, « Catriona ». Pourtant, un romantique comme son pauvre ami aurait eu ce genre de réflexe. Sans doute s’était-il dit que ce serait trop prévisible, et qu’à ce compte là, autant ne pas placer de sécurité du tout… Ce n’était pas nom plus le nom de son foutu roi. Ah, pourquoi diantre avait-il fallu qu’ils n’aient pas le même ? "Voisins" était décidément une notion tristement complexe.

Breac passa sans presque les regarder devant les petits tableaux glanés ici et là qui décoraient les escaliers ; forêts d’automne, natures mortes rougeoyantes, chevaux alezans, toutes sortes de petites figures qui lui plaçaient sous les yeux cette couleur qui lui était chère ; il arriva au premier étage, poussa la porte qu’il ne fermait que rarement à clé, et frotta la tête de son chien. La bête, d’un acajou fauve qui lui avait certes valu son adoption, un chien d’arrêt d’Irlande mâtiné de quelque dogue bordelais sans doute eu égard à son gabarit et à son mufle épais, s’était appelée « Huis-clos » en France, devenu « Wicklow » sur le sol britannique, et ne voyait pas la différence. Allons donc, direction le bureau, le fauteuil, la bestiole de cinquante kilos vautrée sur ses pantoufles, et la vie de propriétaire… tandis que les enfants trouveraient bon de se distraire autrement dans leur coin. Tout au plus dresserait-il l'oreille pour tenter d'identifier ce qu'ils faisaient, et si c'était acceptable.

Tiens, c’est vrai qu’il avait renvoyé une énième gouvernante la veille, songea distraitement Breac en constatant que les vêtements sales jetés sur sa liseuse la veille étaient toujours en place... et en envoyant, en guise de réaction sensée, ses gants et son manteau les rejoindre. Bah, sans doute que Barbara avait trouvé à nourrir son frère, ici ou au rez-de-chaussée. Elle lui aurait adressé autre chose qu’un petit coucou de la main, sinon.

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Pouvoirs : Invisibilité, téléportation
Inconvénients : Incapable de laisser passer une défaite ; farceur ; ses plaisanteries vont trop loin ; et il est fasciné par la couleur rouge.
I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Colin Smith le Lun 25 Juin - 21:50

Sortir pour respirer.
Suffit, de faire le garde poussière,
Encore retourné par l'Alasdair,
De sa voix triste et fatiguée.

C'est que tu débordes, mauvais lutin
D'un plaisir un peu malsain,
De te faufiler parmi les passants,
Et de leur faire peur en un instant.

Ombre mobile et vile engeance,
Au sourire terrible et aux yeux fous,
On dirait que la candide errance,
Est devenue violents remous.

Y a en toi une haine qui gronde,
Colère aveugle contre le monde,
Qui a osé te prendre le vieux,
Le seul qui t'aimait encore un peu.

Elle va payer, cette foule stupide !
Adieu le fir candide,
Qu'ils tremblent comme tu trembles encore !
Grande terreur, aucun remord !

Et soudain que tu cours les rues,
Grisé par les cris des peurs perdues,
Vient résonner un autre rouge,
Geste fugace d'une main qui bouge.

Et te voilà, comme un limier,
A suivre l'homme mutilé,
Celui dont la main colorée,
Dessine comme un phare dans tes colères emmêlées.

Oubliées les recommandations du vieux Korrigan,
De te méfier des passants,
Que tes explorations peuvent être n'importe quoi,
Comme en témoigne encore ton bras.

D'ailleurs tu commences à t'en remettre un peu,
Tu peux prendre, tenir et porter,
Mais pour ce qui est de grimper,
Mieux vaut être oublieux.

Et puis en parlant de souvenirs perdus,
C'est pas tant que la mémoire soit revenue,
Mais que les trous qui la rongent
Sont remplis de bien tristes songes.

Accroche un sourire devant cette nouvelle maison,
Un autre terrain de jeu à explorer,
En faisant quelques pas vers le perron,
Tu la visiteras de la cave au grenier !

Au moins ça te changera les idées,
Te fera pas penser au vieux emprisonné,
Ni à tes souvenirs encore manqués,
Alors autant t'occuper.

Tu te faufiles dans le salon de thé,
Avec un pas trop décidé
Pour que quelqu'un vienne t'arrêter,
Tu marches comme si tu savais où aller.

C'est une fois dans l'escalier,
Que tu entends les voix d'enfant,
Et tu te figes sur le palier,
Tandis que l'un d'eux passe en courant.

Il a l'air si pur, si petit,
Que tu en meurs presque d'envie,
De voir sa peur qui rougie,
[i]"Eh mais, tu es qui ?"


Il a posé la question de sa voix claire.
Tu voudrais faire marche arrière,
Mais manque de trébucher.
Heureusement que tu as la rampe pour te rattraper.

"Y a un inconnu à l'étage !"
Crie-t-il plus ravi qu’apeuré.
Et toi de t'inquiéter.
Prisonnier comme un lion en cage.

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Ces cœurs qu'ils ont jadis liés
Pour qu'à la face du ciel ils mènent [encore
Ce combat pour la liberté"
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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Breac Jamieson le Lun 25 Juin - 23:48

Difficile de ne pas s’endormir quand on s’ennuie autant. Breac piquait du nez au terme d’une litanie de codes possibles pour ouvrir cette fichue boîte. Soudain, il sentit le chien s’agiter devant ses pieds et relever sa tête mafflue, hirsute de surprise. Un bouleversement bienvenu ? Une attaque peut-être, il ne fallait point trop en espérer… A la suite de la bête qui galopa lourdement vers l’entrée, où le petit Alan l’appelait également, le maître des lieux eut tôt fait de s’extraire de son siège et de se diriger vers la source de tout ce remue-ménage. Il n’aurait pas dû être à cette place, songeait-il malgré lui. Normalement, c’était lui le remue-ménage. C’était le monde à l’envers.

La jeune demoiselle de Shaws ne s’en laissait pas conter, et presque aussi protectrice que le molosse, elle avait accouru pour se planter entre son blondinet de petit frère et… eh bien, l’autre blondinet qui se tenait dans la cage d’escalier. Il avait l’air en équilibre précaire. Un souffle de vent et il semblait prêt à basculer. Une silhouette légère, aérienne. Rien d’intimidant à première vue. Breac traversa la pièce à grands pas, laissa tomber sur Barbara un regard qui signifiait : « Je suis encore le maître de maison pour quelques dix années, jeune fille... » et se retrouva en face de l’intrus, auquel il tendit la main, en étudiant sa physionomie. Au dernier moment, il réalisa qu’il avait omis de remettre ses gants en place. Eh bien, tant pis. L’essentiel, en cas de situation inconfortable, était de garder la tête haute, et de prétendre que tout était calculé.

« Breac Jamieson, esquire. A qui ai-je l’honneur ? »

Un client du salon de thé qui avait perdu son chemin ? Ou un voleur qui avait tenté sa chance en croyant trouver les lieux déserts ? Dans les deux cas, l’ancien aventurier n’établissait pas réellement de différence de statut. La fortune et la tenue n’étaient pas les plus sûrs indices dans ce domaine. Il fit tout de même signe à la petite demoiselle en robe noire d’écarter son cadet à tout hasard. Quant au chien, il avait jugé bon de se rouler sur le sol en bavant. Sans doute cette manœuvre avait-elle une utilité dans son esprit. Il aurait dû le nommer « Cirencester » et non pas Wicklow, tant la disgracieuse créature cherchait invariablement, tôt ou tard, à séduire les nouveaux venus en se vautrant à leurs pieds dans des postures… siréniennes.

Dans le fond, Breac espérait contre toute attente que cet inconnu débarquait avec une histoire à raconter ; si possible, qu’il venait d’échapper aux Habits Rouges après leur avoir joué un tour pendable. Ou si c’était la victime d’une injustice, ça faisait l’affaire également, quoique la satisfaction mesquine de savoir que l’on continuait à faire du mal à ses ennemis en son absence manquerait alors à l’équation. Avant toute chose, Jamieson était curieux. Sans attendre que le jeunot perde contenance et prenne la fuite, il l’attira par la main dans le vestibule d’entrée, et entendit derrière lui Barbara qui faisait tinter sa dînette.

Allons bon, elle n’allait pas tomber amoureuse tout de même… Si elle tenait de son père, ça risquait d’arriver un jour, et d’être soudain et inattendu, mais à ce point-là… Oh, et puis après tout, Breac s’en fichait royalement ; il n’avait jamais signé pour offrir une oreille attentive aux petits coeurs brisés. Quant à ces biscuits dont la gamine ramenait une coupelle pleine au jeune inconnu, il  lui en achetait d’assez grandes quantités pour la maintenir en état de marche ; qu’elle s’en estime heureuse. Les enfants, ça mange principalement des biscuits, et hors des horaires des repas, non ? Lui, en tout cas, il aurait bien aimé en avoir à leur âge ; c’était une manière de se rattraper indirectement. Et ça n’avait rien à voir avec du gâtisme, absolument rien.

« On dirait que les enfants sont contents de vous voir. Vous allez bien vous asseoir un instant, et nous raconter comment vous êtes arrivé là. Ne vous en faites pas, il ne vous sera fait aucun mal. »

Un vieil homme infirme et deux godelureaux en bas âge, il aurait pu y avoir une dose de vantardise dans cette généreuse déclaration. Mais les enfants arboraient, hormis leurs tenues noires, le regard sérieux de deux observateurs lucides, et le vieil homme quant à lui brillait d’un intérêt qui ranimait son énergie d’une flamme presque inquiétante ; il était certain qu’en ce qui les concernait en tout cas, les apparences ne faisaient pas tout. Sans doute leur invité surprise allait-il à présent se hausser à leur niveau dans cette discipline du dévoilement partiel, et se réveiller tout aussi mystérieux. A moins qu’il prenne peur et disparaisse comme il était venu...

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Colin Smith le Ven 29 Juin - 15:31

La main sur le poignet.
Peur.
Le sang charrie ta terreur.
C'est le vieux qui en fera les frais.

Tu refermes tes doigts sur le rouge,
Et l'horreur change de camp.
Et soudain s'étire l'instant.
Soudain plus rien ne bouge.

Il n'y a que lui qui s'agite,
Sous tes doigts qui relâchent enfin leur prise,
Tu sens ton cœur qui palpite,
Et tu retrouves ta chère devise.

Sourire trop grand, et yeux cruels,
Tu retiens un rire démentiel,
Ne veux pas gâcher cette jolie frayeur,
Qui propose un rouge haut en couleur.

Mais te voilà contrarié, mauvais lutin
Car dans tes poches, point de bocal,
Où ranger ce précieux butin ?
Que faire de beau cri vital ?

Tu enjambes le chien couché,
Et reste là à regarder,
L'homme qui s'est écroulé à tes pieds,
Sa peur est belle à contempler.

Fasciné comme un enfant,
Tu revois le feu d'antan.
Ce feu de joie qui t'a sauvé,
Des coups qui sur toi pleuvaient.

Peut bien dire ce qu'il veut
il avait bien tort le vieux,
Ça sert à rien de rester sage,
On finit toujours en cage.

Mais toi personne peut t'enfermer,
Pas même Al et ses secrets.
Qu'il les garde ses bonnes manières !
Bloqué qu'il est entre les pierres !

Et puis soudain un des enfants,
Quitte la pièce un court instant.
Il revient les bras chargés
D'un pichet aux reflets argentés.

Et sans plus de cérémonie,
Il verse tout sur le tapis,
Enfin plutôt sur l'homme à terre.
Donc le hurlement rougeoie les pierres.

Comme au spectacle, tu applaudis,
Grand sourire tu es ravi,
De la tournure des évènements,
Juste sans bocal, c'est rageant.

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Breac Jamieson le Dim 1 Juil - 7:30

Tout était normal, ou presque... jusqu'à un certain point. Breac ne vit rien venir. Il s'était montré un peu rude dans ses salutations, comme il avait coutume de l'être par ailleurs, mais sans penser à malice, et il ne s'était pas attendu à déclencher une panique ; à la limite, intimider un peu, ça ne l'aurait pas dérangé. C'était une bonne manière d'asseoir son autorité sur une personne plus jeune. Mais le déploiement d'hostilité qui suivit le prit de court, au point qu'il laissa échapper de surprise les commandes de sa conscience.

Il faisait sombre tout à coup. Les murs s'écartaient, sans que Breac puisse les retenir, mais ils ne s'ouvraient pas sur la lumière du dehors ; au contraire, ils laissaient entrer les ténèbres à flots. Le goût salé dans sa gorge, l'oppression de ses poumons, l'incapacité à remuer ses membres pour se dégager de l'étreinte omniprésente qui l'engluait, le froid qui saisissait ses os et le paralysait d'autant plus, l'impression d'un vide mou et engloutissant sous ses pieds, sans limites comme la mort elle-même...

Il ne savait pas comment, mais il venait d'être projeté dans son pire cauchemar : la noyade en haute mer, solitaire, sourde et aveugle, la dévoration par le Léviathan liquide qu'il avait crainte toute sa vie, et bravée quelquefois. Ce sale petit intrus avait provoqué un bouleversement magique quelconque et voilà qu'il se trouvait propulsé au fond des eaux déchaînées, qui le roulaient comme un simple galet. Impossible de respirer, ou de repérer la surface. Inutile de se débattre, mais c'était un réflexe.

Effondré sur le sol dans un cri de terreur, il fit sursauter les enfants. Il ne leur avait pas dit en détail que certaines personnes en ce bas monde jouaient avec des forces démoniaques pour tourmenter leurs frères chrétiens ; c'étaient de braves gamins qui n'y auraient entendu goutte, étant eux-mêmes dépourvus du moindre sang magique, et puis surtout il n'était pas fort chrétien lui-même et ils se seraient doutés sans peine de quelle source douteuse lui provenait cette connaissance. Non, il les avait laissés dans une bienheureuse ignorance, et à leurs yeux, leur tuteur piquait simplement une crise de nerfs sans raison apparente.

Le réflexe de Barbara fut d'écarter son petit frère, de courir à un vase, et d'en jeter le contenu à la figure de l'homme pour le ramener à ses sens, par le choc de l'eau froide. Ce n'était pas un mauvais calcul en soi, pour une parfaite ignare. Quelques roses du plus sanglant des rouges vinrent s'accrocher aux cheveux en bataille de Breac qui sursauta violemment, les pieds pédalant sur le tapis dans une chaotique frénésie jusqu'à ce que son dos heurte la cloison derrière lui. Il s'y appuya de toutes ses griffes restantes en cherchant à situer où exactement il se trouvait, d'un point de vue géographique. Sa perception des environs était perturbée, mais il entendait son chien qui couinait à ses côtés avec une inquiétude passive qui ne l'aidait guère, sauf à savoir qu'il n'était pas au fond de l'océan ; c'était toujours un son. Si les sons étaient revenus, alors... Il rouvrit les yeux.

Barbara tenait comme une poupée son lourd vase de céramique, vide ; Alan dans son coin le fixait en bayant aux corneilles, ahuri ; le chien attendait visiblement une autorisation pour lui lécher la figure. Et l'intrus riait à gorge déployée. Mais sur le moment, il aurait pu l'embrasser, s'il n'avait pas eu conscience que tout était fatalement de sa faute. Il n'était pas perdu au fond de l'océan. C'était le principal. Alors qu'est-ce qui venait de se passer ? Sitôt la crise maîtrisée, il s'essuya le visage avec précipitation, en le frottant de ses manches sans le moindre savoir-vivre. Les sueurs froides se mêlaient à l'eau dégoulinante et il avait le sentiment de présenter un spectacle déplorable. Il rencontra sous ses doigts quelques épines qui lui ouvrirent la peau, et lécha le sang machinalement, en foudroyant le rieur d'un regard furieux. Voilà donc pourquoi il s'introduisait à son domicile ? Pour lui jouer des tours pendables ? Eh bien il recevrait la monnaie de sa pièce.

"Barbara, qu'as-tu fait avec ce vase ? Donne, tu vas le casser." Il se releva en trébuchant, agacé contre ses jambes qui s'obstinaient à trembler, en tournant le dos au galopin, comme s'il avait oublié son existence ; le maître de maison psychorigide dans toute sa splendeur pré-victorienne en somme... Mais dès qu'il eut saisi l'objet, il vira sur ses talons en un éclair, dans l'intention de lui écraser l'objet sur le crâne. Loin de son esprit les questions de bienséance, d'hospitalité, et de cette décence naturelle qui réclame de ne pas avoir le cadavre d'un inconnu répandu sur le tapis de chez soi. Cette personne avait dépassé les bornes ; il ne faisait jamais que suivre son exemple. Et puis, après une telle entrée en matière, qui sait ce qui pouvait arriver d'autre.

Echec:
Et ce qui devait arriver arriva. Le fait d’avoir cru se noyer n’avait pas laissé le propriétaire des lieux totalement intact. Sa main tremblait légèrement et il n’avait pas non plus renoué avec son habitude des affrontements de taverne depuis l’amputation de quelques-uns de ses doigts ; il fut surpris de la difficulté de viser juste, tandis que sa victime voyait venir son geste une fraction de seconde trop tôt. L’esquive le laissa décontenancé, d’autant qu’il entendit Barbara émettre, par-dessus le fracas du vase qui allait se rompre au sol, un couinement d’indignation, comme un chaton devant lequel on vide le lait dans l’évier. Comment lui faire comprendre que le lait était gâté...

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Ceann-Uidhe le Dim 1 Juil - 7:30

Le membre 'Breac Jamieson' a effectué l'action suivante : Le Destin


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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Colin Smith le Lun 2 Juil - 20:11

On a frôlé la catastrophe, mauvais lutin ?
L'autre rate son coup et brise au loin,
Le vase qui t'était destiné,
Qui aurait dû te laisser assommé.

Ni une ni deux, tu déguerpis.
Pas le temps de réfléchir, tu t'enfuis
Par l'escalier comme tu es arrivé,
Grimaçant, ton bras recommence à t'élancer.

Les clients n'ont pas dû comprendre ce qu'ils ont vu,
Un gamin qui file sitôt arrivé, sitôt disparu.
La porte claque et te voilà dans la rue.
Tout paniqué, et tout perdu.

Colin !

Te voilà servi, idiot de lutin
A courir sans lever le nez,
Tu as l'air à présent bien malin
Face à celui que tu viens de percuter.


Colin !

Regarde qui est-ce qui te revient !
Sourire fatigué de vieux lutin.
Il t'avait manqué l'Alasdair,
Elle sera moins triste votre maison-poussière.

Tu veux le serrer contre toi.
Mais surgit la douleur dans le bras.
Te fige sur place avec un cri,
Alors que sous le tissu ton sang rougit.

Surprise et douleur emmêlée,
Tu essayes de comprendre comment c'est arrivé.
Pas la peine de vraiment chercher,
Ça doit être l'autre quand il t'a attrapé.

Gomme ton sourire de mauvaise teigne,
Quand tu pointes du doigt le café,
Expliquant d'où vient ta peine,
Passe sous silence, ta terreur imposée.

Bouille baissée d'enfant désolé,
"Pardon Al d'avoir quitté la maison."
Mais le rouge t'a hypnotisé,
Envouté comme une vieille chanson.

Pose ta main sur ton bras blessé,
Sens le sang qui commence à s'épancher.
Regarde surpris tes doigts tout tâchés.
Cette jolie couleur t'avait manquée.



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Pour qu'à la face du ciel ils mènent [encore
Ce combat pour la liberté"
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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Alasdair Nilsen le Mer 4 Juil - 0:51





Huis-clos

Vers le 20 juin
Les tribulations d'un vieillard dans la vieille enfumée à la recherche du Colin perdu, épisode 2. En rentrant chez lui, nul bruit se faisait entendre dans la demeure, nul jeu et pépiement de son jeune lutin. Comme il aurait aimé le voir en rentrant ! Cette solitude imposée lui rappelait son échec parental, quelques êtres chers venaient à son esprit, leurs rires et sourires qui ne seraient plus. Il voulut attendre que le jeune homme revienne, après tout, il avait le droit de sortir. Qui était-il pour le faire renoncer à sa liberté ? D'un instant à l'autre, il serait rentré, nul besoin de s'inquiéter.

Le vieil homme fit un tour de chez lui, vérifia que tout était à peu près en ordre, mangea une collation. Nous ne pouvons pas dire qu'il sortait tout juste de prison, mais on en était pas bien loin. Il avait tout de même pris le temps de boire un verre ou deux ou trois, passer du temps avec son grand rouquin, passer chez un barbier, régler plusieurs affaires, et disons simplement qu'il n'avait pas jugé bon de revenir chez lui jusqu'à maintenant. Ni d'informer le petit Colin de sa sortie, lui-même étant un peu sauvage, et tout remué qu'il était encore par leur dernière rencontre. Bref, Alasdair se comportait en goujat et très mauvais père de substitution, ne s'en rendait point compte, et trouvait encore le moyen d'être possessif.

Ne sachant que faire en attendant son retour, qui serait d'un moment à l'autre, il en était sûr, ses doigts empoignèrent un ouvrage, ses yeux commencèrent à parcourir les lignes. Mais nuls mots ne parvenaient à son esprit, à part ceux que lui dictaient son inquiétude. Où pouvait-il être, que pouvait-il bien faire ? Cela faisait maintenant au moins trois minutes qu'il l'attendait ! Ne devrait-il pas partir à sa recherche, le môme serait heureux de le voir.

Les images défilaient dans son esprit, celle du petit Colin bien calme et souriant, qu'il était presque devenu avant son arrestation, celles du petit Colin furieux, si furieux, qu'il ne cessait d'entre-apercevoir en son esprit ces derniers jours. Ses rides ses plissèrent alors qu'il lissait sa moustache des doigts.

Après tout, ce n'était pas le sien. Il en avait vendu d'autres, des petits comme lui, des plus beaux, des plus gentils, des plus intelligents. Parfois à des personnes de confiance, d'autres fois à des étrangers aux allures un peu louches, qu'il n'aimait pas beaucoup. Les plus jeunes le suivait sans même y regarder à deux fois. Alors, pourquoi tant se préoccuper de ce garçon qui allait et venait dans sa demeure ?

Parfois, l'absence de reconnaissance de ce petit, qu'il nourrissait et logeait, et ne prenait pas même la peine de lui signaler où il allait par un mot, ou un dessin, ça lui donnait envie de lui foutre deux baffes. Oui, il ne les aurait pas déméritées ! (C'est faux, il ne les mériterait pas, vraiment, un goujat je vous dis).

Tandis qu'il se faisait ces réflexions, il avait pris ses effets, mis un couvre-chef, et était sorti de chez lui. Oui, il allait le retrouver, et lui mettre deux claques, à ce garnement qui n'est pas fichu de rester au lit, malgré son bras blessé ! Tout cela, il ne le pensait pas vraiment, pas sérieusement, d'autant plus que sa sortie n'était pas attendue pour ce jour précis, et qu'il avait lui-même pris tout son temps avant de rentrer. Mais comme le prétexte était beau pour lui permettre de sortir à sa recherche sans culpabiliser d'avoir un peu trop d'affection pour une créature qui lui échappait.

Ainsi, il parcourut les rues de Grassmarket en demandant à droite à gauche si on n'avait pas vu un jeune homme, oui, environ cette taille là, les cheveux en bataille, un bras blessé, oui oui, le sourire mauvais aux lèvres, des yeux malicieux, c'était bien lui ! Dans le quartier, on avait presque l'habitude de son comportement, certains galopins de sa connaissance lui signalaient directement de la main la direction prise par le lutin, il remerciait par des shillings glissés dans la paume.

Canongate, vraiment ? Qu'est-ce que ce petit allait faire là-bas, avait-il gambadé dans toute la ville durant son absence ? Oh comme il allait le gronder ! En un sens, il était plutôt rassuré, moins de forbans habitaient ses rues que dans son propre quartier. Enfin, cela restait un lieu fort peuplé, fort passant, allez savoir ce qu'il avait encore bien pu faire ! Peut-être même avait-il pénétré la maison de quelque aristocrate, et dans ce cas Alasdair pourrait être bien en peine pour le démêler d'un conflit avec une personne haut placée.

Ce qu'il ignorait, c'est qu'à Canongate se trouvait tout de même le manoir MacGobhainn, et que le petit Colin n'en serait probablement jamais ressorti. Ce qu'il ignorait tout autant, c'est qu'un forban de sa connaissance y avait élu domicile, une vieille branche qui était revenue en ville.

Ainsi, il vaquait dans une rue des plus fréquentées, continuant à glaner des informations, mais se sentant doucement moins à l'aise que dans son cher et tendre Grassmarket, tandis que son inquiétude augmentait à vue d'oeil. À l'épisode précédent, il l'avait tout de même retrouvé avec un bras blessé et un bandage sale, abandonné à lui-même sur le port... À présent, il regrettait de n'être pas rentré immédiatement après sa sortie des geôles, et d'avoir un instant oublié ses obligations vis-à-vis de son chat errant.

Quand soudain, paf ! Un Colin ! Non pas tombé de la fenêtre, même si cela aurait pu avoir un délicieux piquant, mais presque tombé dans ses bras. Nulle claque ne vint bien sûr, seulement la joie de le retrouver, se matérialisant en un sourire gentil et sincère. Qui disparut aussitôt, lorsque le gamin se mit à pousser un piaulement blessé, et que le rouge apparut sur son bras. Le vieillard sentit ses nerfs se crisper, et je vous assure que là, il aurait volontiers baffé le petit pour être sorti, ne pas avoir suivi ses recommandations, rouvert cette blessure qui, par miracle, ne s'était pas infectée jusqu'alors.

Mais le petit en question se mit à expliquer, et sa colère trouva une autre cible, une cible qui lui convenait bien mieux que ce jeune homme, qu'il aimait un peu trop. Malgré les circonstances il passa sa main dans les cheveux de ce môme auquel il n'arrivait jamais vraiment à en vouloir pour toutes ses dangereuses étourderies, signe de pardon et d'affection. Mais en même temps, il maugréa dans sa barbe quelques mots vulgaires, qu'il ne prononçait d'habitude pas devant le garçon.

Durant ces derniers mois, il sentait ses dents se serrer alors qu'il pensait à son incapacité à protéger Colin. Le sang du lutin puant affluait dans ses veines, et s'il en connaissait la cause, il ne pas savait y résister. Et enfin, enfin il trouvait un coupable à se mettre sous la dent, quelqu'un à faire payer pour cette blessure dont il avait tant cherché à savoir qui lui avait infligé, interrogeant encore et encore l'écervelé trop oublieux, glanant des témoignages qui se contredisaient tous. Ses mains tremblaient de colère.

D'un pas décidé, il rentra dans le salon de thé en trombe, courant presque, n'ayant que faire de déranger et des regards étonnés. Il beugla sans aucune gêne « 
Voilà ce que fait votre voisin du dessus, il s'attaque sans raison aux jeunes gens !
 ». Le tissu rougi lui servait de témoin, et s'il n'avait pas eu peur de blesser Colin, il l'aurait soulevé pour bien le montrer. Il prit même la peine de s'arrêter pour dire quelques mots vers ce qu'il identifia comme un employé « 
À votre place, je me débarrasserais vite d'un homme si dangereux, si peu honnête, qui ne répond pas aux besoins de l'hospitalité !
 ». Un peu plus et il enjoignait les gentil-hommes présents à venir avec lui exécuter sa vengeance. La seule chose qui l'arrêta est qu'Alasdair avait tout de même vaguement conscience que le garnement n'y était peut-être pas complètement pour rien, ne serait-ce seulement parce qu'il était capable d'entrer chez n'importe qui n'importe comment.

Et surtout, il voulait régler ça lui-même. Se prouver qu'il était capable de protéger ceux qu'il aimait. Sinon, il aurait déjà appelé la garde.

Le petit Colin sur ses talons lui indiqua où aller. Escaliers montés quatre à quatre, avec les membres pleins d'une vigueur qu'il ne se savait pas avoir, alors que seule la fatigue s'étalait sur son visage une heure auparavant, les poings serrés, le cœur battant trop fort, et le cerveau qui ne réfléchissait plus vraiment, la tête remplie uniquement par du vide, n'ayant aucune idée de ce qu'il compterait faire une fois devant l'affreux, vide de toute autre émotion que sa colère.

Mais à la porte se trouvait une gamine, qui avait l'air tout aussi surprise que lui de le voir. Elle se contorsionna pour apercevoir son grand mouflard derrière lui, avec cet air curieux, et un peu soucieux malgré tout en apercevant le bras meurtri. Le vieillard jeta un regard suspicieux et étonné vers le garçon : il n'y avait pas de gamine dans son histoire.

Sa colère ne retombait pas, mais fut un instant interrompue par une hésitation, une hésitation à perturber le quotidien de cette enfant, à s'attaquer à leur père devant eux. Mais il se reprit très vite. « 
Tu ne vois pas qu'il est blessé ?! 
» Il se rendit compte de son ton, et se racheta en mettant un peu de douceur dans son second propos. « 
Vas lui chercher de quoi bander son bras, d'accord ? Il a besoin de soins, je compte sur toi
 ». Puis il rentra sans plus de manière, sans plus se préoccuper d'elle, habitué qu'il était à capter spontanément la bienveillance des enfants. En passant le palier, il prit la main de Colin dans la sienne, par réflexe, la serrant fort.

Il vit alors beaucoup de choses. Il vit qu'il y avait un deuxième môme, et ça l'embêtait tout de même beaucoup. Il lui fit signe de dégager, par un grand geste énervé. Il vit le vase brisé, vase qui était lui dans l'histoire de Colin, il vit les roses au sol, l'eau, le tapis qui n'était pas bien en place, et tout cela, il l'attribua à l'agression de son cher et tendre petit Colin, qu'il venait venger en chevalier protecteur. Mais il vit aussi un molosse, ce qui n'est jamais un très bon présage quand votre plan consiste basiquement à aller agresser quelqu'un de violent et que vous avez cinquante-cinq ans.

Mais surtout, surtout il vit Ailean (vous remarquerez comme tout s'arrange dans cette histoire, le petit Colin qui lui rentre dedans soit disant par chance, et qui alimente sa haine envers un quasi d'ennemi d'enfance, rah je vous jure.) Il lui avait fallu quelques secondes pour le reconnaître, mais Alasdair n'était pas du genre à oublier un visage, il l'avait déjà vu aux hasards des rues, sans aller le saluer.

Ailean, ce morveux qu'il n'avait jamais pu voir. Pire encore. Bien plus tard, il y a de cela dix ans, il lui avait demandé un service, un simple petit service, il avait réussi à lui remettre une lettre honteuse. Alasdair s'était dit qu'il se moquait de lui, et ouvertement ! La blague aurait pu être drôle, s'il ne s'agissait pas de maquiller le meurtre de la femme de son meilleur ami, si elle ne venait pas de la part d'un forban qui passait son temps à l'étranger. Cette vieille rancune, l'imprimeur ne l'avait toujours pas digérée...

Il n'en fallut pas plus au vieillard pour être sûr de la culpabilité de l'homme. Oh oui, il en était bien capable, d'agresser son Colin ! Ce fieffé emmerdeur. Il lui glissa un sourire mauvais et amer, en disant « 
Toi ?!
 » Il détachait chaque phonème, prononçant ainsi « tt-oo-a », allongeant ce simple petit mot d'une manière presque ridicule. « 
Maintenant, tu agresses des marmots ! Je vais t'en faire passer l'envie, moi, d'empoigner au sang et de jeter des vases !
 »

Sur ces mots, il disparut. Sa main glissa de celle du lutin. Son ombre se dirigea vers Ailean, se plaçant derrière lui, et venant bloquer sa respiration de son coude, appuyant de tout son poids sur ses épaules, étant plus petit que son cadet de quelques années. Son autre bras venait autour de son torse et ses membres, cherchant à l'empêcher de se débattre. Il ne réfléchissait pas à ce qu'il faisait, il ne pensait plus, et lui qui abhorrait tant la violence, il n'avait plus envie de régler quoi que ce soit avec des mots.

Cette vieille connaissance payait pour les crimes d'un autre, pour la balle dans le bras de Colin, pour la maladie de Sómhairl contre laquelle il n'avait rien pu faire, il payait pour cet assassin qui courait les rues et menaçait ses proches, il payait toute son inquiétude, toute son impuissance, il payait pour ses échecs passés qui n'avaient personne pour les endosser.

Épuisé, il sentit la frayeur venir au bout de ses doigts, tandis que son étreinte se ramollissait sous l'effort considérable qu'il fournissait malgré son âge. Plus que jamais, son héritage lui pesait, et lui qui aimait tant la monstruosité, qui aimait tant les Fir Darrigs, il est probable qu'avant la fin de cette histoire, il ait souper assez de lutins pour une décennie complète.

Dés succès/échec:
Succès : Alasdair arrive à le maîtriser assez longtemps pour réveiller à nouveau des peurs. Puis son invisibilité tombe, et lui-même s'écroule à moitié, se retenant à ce qu'il peut, épuisé. Amuse-toi bien dans l'eau !

Échec: Alasdair n'arrive pas à le maîtriser assez longtemps pour réveiller ses peurs. Son invisibilité tombe, son adversaire le tient à sa merci.

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Un nain de jardin te fait face. Il a encore la bouche pleine d'un tas de lettres qu'il a mangé : dommage, tu n'as plus que trois choix de réponses. Tu te retiens de pousser un cri devant une telle horreur et t'apprête à t'enfuir, lorsque tu t'aperçois que tu es encerclé par ces petits monstres
- Tu lui donnes un coup de pied : Vas en I.
- Tu lui demandes d'exaucer un vœu : Vas en N.
- Tu t'agenouilles, te fais passer pour l'un des leurs et commence à les suivre : Vas en F.

I Les nains semblent effrayés. Ils attrapent les lettres restantes et les avalent, se remplissant de nouvelles possibilités, mais te privant de tout échappatoire. Tu sens une ombre te recouvrir et lorsque tu te retournes, il est trop tard : le Sreath-Mhurtair t'assassine tandis que les nains ricanent, murmurant "le I est pour idiot". Tu es fortement invité à recommencer ce jeu.

TI Il n'y a qu'un seul et unique vœu possible, tu n'as pas su le choisir : les nains te ligotent, te privent de tes lettres et écrivent "triple idiot" sur ton front. Tu es livré es jeté dehors, à la merci du Sreath-Mhurtair qui se lèche les babines en te voyant.

F Tu avances avec peine dans un de leurs souterrains où le nain te guide. Arrivé à un embranchement muni de pancartes où tournes-tu ?
- Tu vas vers le nain qui t'enjoint à le rejoindre dans la salle du vœu : Vas en N.J.
- Tu prétends que tu les trouves très impolis, car d'après les coutumes de ton jardin, les invités ont le droit à une sieste dans la salle aux trésors avant toute chose : Vas en F.V.
- Tu es agacé par ce jeu stupide qui n'a rien à faire ici et a peu à voir avec Alasdair et choisit de revenir sur tes pas, ces derniers te courent après : Vas en I.

FV Tu te relèves et commences à creuser vers le haut, prenant tous les trésors possibles et t'enfuyant à grandes enjambées. Bravo : tu as choisi la meilleure des voies, celle de la fourberie, toujours victorieuse ! Alasdair te féliciterait.

N Le nain te promet d'exaucer tous tes vœux et il est prêt à te montrer ses pouvoirs magiques. Il te prend par la main, te demande de fermer les yeux, de t'agenouiller et de marcher.
- Tu ouvres les yeux malgré tout en chemin, rompant le sortilège et suscitant l'agacement du nain : Vas en f
- Tu déchaines ta colère demande à avoir ton vœu tout de suite et refuse de marcher : Vas en i
- Tu laisses le sortilège opérer : Vas en NJ.

NJ Tu te retrouves au milieu d'une arène envahie par les nains de jardin. Le roi nain te fait face et te demande quel est LE vœu.
- Tu demandes plus de vœux : Vas en TI
- Tu insinues que ce jardin n'est pas assez riche pour exaucer LE vœu, furieux, ils te conduisent à la salle aux trésors pour que tu retires ta parole : Vas en FV.
- Croyant à leur magie, tu demandes à être l'être le plus puissant de l'univers : Vas en GNJ

GNJ Le roi des nains déclare qu'ils ont enfin trouvé l'être suprême, le Grand Nain de Jardin. On te coiffe d'un bonnet rouge, t'installe sur un trône et te prie à longueur de journées, te menaçant de mort si tu oses essayer de t'échapper...


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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Ceann-Uidhe le Mer 4 Juil - 0:51

Le membre 'Alasdair Nilsen' a effectué l'action suivante : Le Destin


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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Caiden Munroe le Mer 4 Juil - 13:36


Huis-Clos
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Je passe la grande porte de l'hôtel d'un pas alarmant et empressé. Il fallait que je fuis cet endroit avant de retomber par inadvertance sur mes parents. Hier soir, alors que je me complaisais dans un lit moelleux pour me reposer tout feu tout flamme comme d'habitude. Mais mon père m'était tombé sur le coin du drap pour me foutre à ses bottes, le nez écrasé sur le sol. Mon regard s'était relevé paresseusement vers son pantalon blanc. Encore cette couleur. Cette maudite couleur. Je n'aime pas ce vide. Cela me donne envie de mettre du rouge sur cette toile blanche. Des paroles se déversaient avec verbe mais je ne les entendais pas. Ça s'était habituel. Je m'étais assis en tailleur et j'ai baillé à la vue de mon paternel qui repartit par la porte fulminant d'avoir un fils si peu concerné. La mère me sauta par la suite dessus pour me bichonner. Désabusé de l'amour maternelle, je me laisse faire. Je n'avais pas envie de me fatiguer.

Profitant de l'occupation parentale du bureau directorial de l'hôtel, j'ai foncé dehors dont je prends un grand bol d'air  et je marche tranquillement. Longuement, je ne regarde pas où mes pas me mènent. Le ciel, les gens, une église, des manoirs, le sol... le sol et le rouge. Le rouge, voilà une couleur qui me plaît, magnifique. Je m'arrête devant une grande tâche, plus grande qui les petites gouttes alentour, comme si on s'était appliqué à déverser ce liquide ici précisément. Des cris résonnent à côté. Je lève le regard vers un salon de thé. Il semble avoir la fête vers là-bas. De plus les petites gouttes s'y dirigent aussi. Hypnotisé par le rouge, je le suis à la trace.

Je passe la porte toujours suivant ma couleur. J'entends aux alentours des voix indignées. Je les regarde ces gens qui parlent et s'offusquent autour de leur tasse de thé jetant des coups d’œil vers le haut où des voix plus fortes se font entendre. Je hausse des épaules, ce n'est pas vraiment mon problème tout ce raffut. Je grimpe les escaliers lentement prenant mon temps, regardant chaque goutte rougeâtre déposée de ça et là. Quand j'arrive sur le dernier palier, je vois deux hommes bras dessus bras dessous à même le sol. Cet amas de chair vivante me fait simplement levé un sourcil. Un pantelant d’épuisement et un pris de frayeur. Un spectacle tout aussi jouissif que la couleur conductrice de ma démarche. Elle voulait me montrer un spectacle jubilatoire. Me plaçant proche du jeune à la fleur sanguine pour regarder la scène.

Intéressante débâcle qui se passe ici. Ils n'ont pas une chambre pour ce genre de plaisir ?

Pas que ça me dérange hein ! Moi, je veux bien voir la suite hein ! Puis en le faisant ici, ça veut dire qu'ils sont partageurs et acceptent le voyeurisme. Je rentre mes mains dans les poches et j'attends la suite. Mais je ne m'attendais pas à voir une jeune fille ramener un bandage au jeune homme sur mon côté et rester devant le spectacle. Elle n'est pas un peu jeune pour admirer ces entrelacements ? Bah ! Après chacun ses vus. Puis bon, je ne la connais pas. Puis même si je la connaissais - pourquoi aurais-je dû lui dire quelque chose. A son âge, j'ai vu des choses plus pernicieuses dans les salons, anti-chambres du manoir Munroe après - ou pendant - des galas et bals.  Je retire au spectacle en baillant un peu. Je recule lentement pour m'adosser au mur.
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Inconvénients : fascination pour la couleur rouge, s'incruste chez les gens


Réside au Manoir McLean dont sa mère est la propriétaire

Une barque emplie de tristesse
Dérive dans une mer d'arbres, ballottée en tous sens
Elle transporte des âmes égarées
Le ciel s'éclaircit dans un instant de silence
Les gouttes du temps qui coulent sur les feuilles
Finissent par retomber sur le sol comme nos prières innocentes
Et même si ce qui se reflète à la surface de l'eau
N'est qu'un cercle de drames incessants
Tout homme se blesse un jour et porte sa douleur comme un fardeau
Blessant les autre en retour sans y penser
Alors qu'un horrible vent de cruauté se déchaîne sur nous
Je garde mes précieux sentiments bien enfouis au fond de mon coeur
En remontant les dunes dans le noir
On trouve un papillon ambré teinté de bleu
Tremblant, il porte sur ses ailes
Les mots du passé
Et si ces clés rouillées
Sont notre seul espoir
Nous devons protéger notre trésor
Avant que même l'amour ne devienne un crime
Enfonce la porte du désespoir pour aller de l'avant
Même dans un monde d'altruisme
Accepte la vérité, les mensonges, les trahisons et les péchés
Car ils sont à la fois forts, doux et fragiles
Toi qui supportes ce destin tragique
Toi qui luttes contre la pendule qui annonce le désastre
Peut-être qu'un jour tu lèveras les yeux vers le ciel
En priant pour entendre résonner une mélodie de paix...
Tes larmes de frustration sont des embruns argentés
Même dans un monde d'altruisme
Tu te souviens toujours clairement
Des esquisses d'un rêve passé
Tout homme se blesse un jour et porte sa douleur comme un fardeau
Blessant les autre en retour sans y penser
Alors qu'un horrible vent de cruauté se déchaîne sur nous
Je garde mes précieux sentiments bien enfouis au fond de mon cœur

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Breac Jamieson le Jeu 5 Juil - 18:43

L'envahisseur avait disparu. Breac retrouvait son souffle et ses pupilles anxieux s'affairaient autour de lui. Barbara avait ramené son chiffon et son bol d'eau fraîche, dont elle menaçait en toute bonne foi de lui éponger le front pour l'aider à revenir de son accès incompréhensible. Puisque le joli coeur s'était évanoui comme un songe, elle pouvait aussi bien prendre soin de son vieux père de substitution, pas vrai ? Dieu que ces enfantillages étaient agaçants. Breac la repoussa avec mauvaise humeur en assurant que c'était d'alcool qu'il avait besoin, ce qui lui valut un couplet bien-pensant sur les ravages de cette boisson diabolique ; ils en étaient à se chicaner ainsi, tandis que le bambin retenait ses larmes, quand l'invasion reprit de plus belle. Mais cette fois, le fétu de paille n'était pas venu seul.

A la voix connue, Breac écarquilla les yeux et faillit partir d'un éclat de rire. C'était trop beau pour être vrai ! Sans même l'avoir cherché, il venait de reproduire une collision qui remontait aussi loin que ses souvenirs : son agitation mâtinée de violence et d'ambitions internationales avait mis en rogne un certain casanier de sa connaissance, et il s'en réjouissait tout en laissant paraître, en surface, l'indignation de rigueur. Après tout, au regard des convenances, c'était le second quidam qui débarquait sur son palier pour y jeter le chaos. Il revenait à peine d'une hallucination des plus désagréables, et il n'était absolument pas d'humeur à étendre la main de la réconciliation, surtout à cette physionomie en particulier. Et puis, allez savoir, ce qui lui portait le plus sur les nerfs, c'était de voir Barbara soudain toute sourire se précipiter vers son foutu bol de faïence et son torchon brodé, abandonnés un instant. Elle allait pouvoir en faire usage, et elle en était beaucoup trop ravie. Le maître des lieux voulut fixer sur l'équipe d'importuns un regard de dignité offensée – mais où était passé ce foutu Nilsen ?

"Ah, ça te va bien de..."

Pour aller au bout du raisonnement, ça allait bien à messire Nilsen de reprocher aux autres leurs choix de vie et notamment de profession, quand lui-même trempait dans des activités des plus troubles – et encore, Breac était loin d'être au courant de tout ; le petit aperçu qu'il en avait effleuré lui suffisait pourtant largement à se montrer critique, tant il était prompt à se monter la tête. Il était prêt à absoudre le gamin diabolique qui avait mis son salon sens-dessus-dessous, il en avait fait bien d'autres à son âge, mais si Alasdair était derrière tout ça, alors la rancune serait tenace. Tout ce développement avorta en une nouvelle attaque de panique qui le priva de la parole. Finalement, il aurait peut-être dû accepter de se procurer cette canne-épée dont les enfants lui rebattaient les oreilles, en répétant cette formule qu'il haïssait de toute son âme : "il fallait être raisonnable."

A propos, que pouvaient-ils faire de leurs dix doigts, ces raisonnables gamins ? Pas grand-chose dans la mesure où ils restaient passablement effarés : ils venaient d'assister à la disparition pure et simple d'un quidam qui n'était pas leur tuteur. Et si lui leur avait vendu cette capacité comme un tour de magie innocent, dont il leur donnerait le truc quand ils seraient en âge, ils constataient sans peine que chez cet inconnu, il s'agissait d'une volonté proprement destructrice et hostile. Et là, sans hésitation, c'était de la diablerie. Barbara avait un beau jeune homme à soigner, elle se réfugia donc dans cette activité qui la rassurait, avec toute la prudence de rigueur ; et le petit Alan joignit ses mains pour prier de sa voix aiguë. Une histoire de protection contre le Malin, qu'il avait entendue autour de certains bûchers et qui n'avait rien à faire sous le toit de son tuteur, mais en ce moment, ce dernier n'était pas en état de faire oeuvre éducative.

Le son de cette voix tremblotante accompagna Breac dans une nouvelle attaque de terreur océanique profonde, c'était le cas de le dire. Une chute tourbillonnante qui le priva de conscience pour le temps que dura le tour de passe-passe. Il commençait à douter du reste. Sa vie absurde de petit bourgeois paisible était peut-être l'illusion. Cette noyade sans cesse recommencée était peut-être la réalité. Une mort qu'il ne pouvait accepter et qui se répercutait à l'infini dans une sorte de purgatoire inexplicable, châtiment de son instinct de survie trop bien chevillé à sa carcasse de bagarreur de tavernes.

Il était peut-être temps de lâcher prise, pour en finir avec cette horreur, mais cela équivalait à accepter la dernière gorgée de ciguë salée, et il ne pouvait pas s'y résoudre ! Ça n'avait rien à voir avec le fait d'aimer la vie, c'était juste parfaitement absurde de le condamner à cette mort, en particulier, alors qu'il en avait chatouillé tant d'autres ! Du sadisme gratuit, voilà ce que c'était ! Il se débattait avec cette fureur digne d'un Satan vexé quand il retrouva la conscience une fois de plus, avec prudence, pas totalement certain que cette fois soit la bonne. Le sol semblait solide sous ses poings, l'ordre du haut et du bas avait repris ses droits, le parfum de fleurs séchées et de petits fours que l'appartement devait à Barbara remplaçait le goût saumâtre des profondeurs habitées de monstres, et il était, à nouveau, le monstre local, quoiqu'il voyait mal comment se faire craindre comme il s'en estimait avoir tous les droits.

"Qu'est-ce que vous voulez, tous ?" balbutia-t-il en apercevant une nouvelle silhouette en appui contre le chambranle de sa porte. Encore un singulier personnage, celui-là, et il aurait été fort agréable de le gifler et de le provoquer en duel, ce qu'un regard assassin se chargea de signifier ; mais à chacun son tour, il n'arrivait que le troisième. Dans l'intervalle, l'abruti qui lui servait de chien alla fouiner dans les poches du dit personnage, des fois qu'il ait des sucreries à lui donner. "Traîtres à votre pays... Badauds de potence... Venir vous attaquer à un homme qui a voué sa vie à l'Ecosse. La honte soit sur vous et sur votre lignée."

Il ne savait pas exactement de quoi les insulter au juste, tous ces envahisseurs ; mais une chose était sûre : il était reconnu – ce qui au fond ne lui était pas désagréable – mais surtout celui qui l'avait reconnu avait une claire dent contre lui, et il avait ramené tout un groupe à sa suite, il l'avait même vaguement entendu haranguer la clientèle du rez de chaussée. Alors quel était le but, le traîner dans la rue, le vendre aux habits rouges, le faire pendre pour ses soit-disant crimes qui n'avaient consisté qu'à servir la juste cause ? Il était déçu, franchement. Il reconnaissait bien des défauts à Alasdair, grands et petits, mais celui de pactiser avec l'armée d'occupation et de lui vendre les braves gens activement recherchés, ça ne lui serait pas venu à l'esprit. Ils étaient du même village, pour l'amour de tout ce qui est sacré ! (Breac n'y aurait pas rangé le ciel. Pas n'importe quel ciel, tout du moins.) Ils avaient le même accent, à la virgule près !

"Barbara, je t'interdis de les approcher. Et quoi qu'ils te disent à mon sujet, je t'interdis de leur accorder foi."

Dé succès/échec:
Succès/succès : Les enfants ont su donner à leur comportement instinctif cette aura d'innocence inoffensive qui les met à l'abri de toute réaction hostile. Ils passent inaperçus et restent en sécurité, malgré la folie ambiante.
Succès/échec : Barbara est suffisamment habile pour se tenir près de Colin sans être considérée comme une menace, en revanche les couinements d'Alan deviennent insupportables et quelqu'un le fait taire à la façon de l'époque : d'un coup au visage.
Echec/succès : Alan est trop mignon pour qu'on lui veuille du mal, en revanche Barbara s'est montrée un peu trop présente et ses attentions médicinales sont vécues par Colin comme une nouvelle agression. Elle en assumera les conséquences.
Echec/échec : Les deux enfants ont dépassé les bornes et sont à leur tour victimes de représailles directes. Leur risible fragilité de simples petits humains aura des suites tragiques. Mais ce n'est vraiment la faute de personne, n'est-ce pas ?

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I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Ceann-Uidhe le Jeu 5 Juil - 18:43

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Teàrlach Ó Ceallaigh le Ven 6 Juil - 17:49


Huis-Clos
Breac ξ Colin ξ Alasdair ξ Caiden ξ Teàrlach

Affres angoissées que celles qui se battent au sein du lutin, luttant pour la première place en son cœur avec l’ennuis profond qui l’étreint. Il gesticule sur sa chaise, essayant de ne pas porter attention aux gens dans la pièce, au tintement de la vaisselle, aux rires bourgeois et à la conversation en cours sous son nez. Ne vous méprenez pas, Teàrlach Ó Ceallaigh adore sa famille, même s’il n’a jamais été qu’une pièce rapportée dans la fratrie Leamhnach. Cependant, à chaque fois qu’ils se mettent à table pour prendre le thé en salon comme ils le font au moins une fois toutes les deux semaines, c’est toujours la même angoisse infâme qui l’arrache à eux, laissant son esprit se perdre dans ses tourments internes plutôt que sur le fait de converser avec ses frères et sœurs du quotidien. C’est un exercice auquel il a eu la chance d’être extrait un long moment mais cela semble désormais terminé. Nerveusement, c’est les mains moites qu’il tire son mouchoir rouge de sa poche, le passant sur son visage pour en éponger la sueur. Ses frères et sœur ne partagent pas cet héritage commun, ils ne peuvent pas comprendre à quel point, malgré que la salle soit grande, il se sent à l’étroit tant elle lui semble bondée. Trop de mondes, trop d’individus. La dernière fois qu’il est venu prendre le thé avec eux, il était sorti en trombe, brisant la vaisselle alors qu’il s’était relevé à la hâte après leur avoir confessé, tout perdu et affolé qu’il l’état, qu’il avait croisé le tueur d’Édimbourg, qu’il l’avait vu tuer devant lui. Il avait même peut-être insulté quelques clients, forçant les Leamhnach à migrer vers un autre salon de thé alors qu’il était sorti pour s’aérer les pensées, pour espérer atténuer cette sensation d’étouffer, pour chasser au moins la peur improbable que lui amène la présence de trop de monde dans la même pièce que lui. Suite à cela, il ne s’était plus présenté pendant de longs mois, mettant en place sa chasse personnelle, bien décidé à traquer le tueur par lui-même, prit dans la psychose, persuadé que l’ombre obscure qui a tiré son drap effrayant sur la ville depuis plus de dix ans maintenant, le suit, l’observe, essaye de lui faire passer un quelconque message. Paranoïa tout ce qu’il y a de plus banale, s’il en est.

Les choses s’étaient complexifiées lorsqu’il avait été touché par la fièvre du phoque, tout obligé qu’il a été de garder le lit pendant de longs mois, sous la douce surveillance de son amant et de sa fiancée. Il avait donc échappé à cette corvée sociale. Il préfère de loin les voir en petit comités… Ou prendre le thé dans les jardins du domaine MacGobhainn. Ça aurait double-emploi ; emmerder Llewyn de voir sa belle-famille envahir ses terres et en plus lui permettre à lui de pouvoir réellement participer à la réunion familiale. Il range le tissu rouge dans sa poche alors que ses mains s’envolent sans qu’il ne puisse les contrôler, allant jouer avec un morceau de napperon, tirant sur le tissu, essayant d’estimer sa résistance sans même que le lutin ne se rende compte de ce qu’il est en train de faire. Il sursaute sur sa chaise, reculant au passant de plusieurs centimètre quand deux hommes rentrent en trombe dans le salon de thé. Son cœur semble s’arracher à sa poitrine et il lui faut quelques instants pour se calmer au moins un peu ; encore un peu et il aurait fait une crise d’angoisse. Son souffle n’en est pas moins rapide et haché alors qu’il agrippe le bord de la table ; en proie à ses angoisses. « Voilà ce que fait votre voisin du dessus, il s'attaque sans raison aux jeunes gens ! » Son regard accroche le tissu rougit de ce qui doit être du sang et il sent un étrange sentiment d’apaisement mêler à de l’excitation courir dans ses veines. Il en oublie de reconnaitre Alasdair, cette vieille connaissance avec qui il a un peu pratiquer son petit trafic d’êtres humains alors qu’il vivait encore chez son beau-frère. « À votre place, je me débarrasserais vite d'un homme si dangereux, si peu honnête, qui ne répond pas aux besoins de l'hospitalité ! » Les connexions se font et la bouche du lutin s’ouvre sur un ‘oh’ silencieux. Le farfadet malicieux n’était-il pas en prison ? S’il avait bien compris les bruits de rues, n’avait-il pas été accusé d’être le tueur d’Édimbourg ? Le lutin peine à s’imaginer son ami égorger une jeune femme devant lui pour ensuite le courser dans les rues de la ville. Ou bien… est-ce la raison pour laquelle il en a réchappé la vie sauf ? Est-ce pour cela que la lame a trouvé le cou de la chanteuse et non le sien ?

Et ainsi, sans un mot de plus, sans une explication supplémentaire, le visage familier mais maintenant angoissant disparu. Un peu idiot, Teàrlach observe la porte qui les a laisser sortir. Il aimerait se concentrer mais… ce monde. Une main nerveuse passe dans ses cheveux alors qu’il essaye de définir la marche à suivre, les pas dans lesquels marcher. Il reste un petit moment à rester là, fixant bêtement la fameuse porte. Finalement, il décide d’y aller. Il y a trop de bruit, trop de gens. Il n’arrive pas à penser clairement. Cela l’énerve et son cœur ne veut pas calmer son roulement affolé. Il se lève et d’un pas rapide et nerveux et rejoint l’étage comme il l’a vu faire le duo. Ses jambes avalent les marches, sa conscience de lutin malicieux le fait suivre le bruit du chaos de ce qui doit être une lutte. Une discussion vive semble avoir lieu en haut mais le fir darrig n’en a rien à faire. Son angoisse entretenue l’a poussé à ne se focaliser que sur une et une seule chose ; obtenir une réponse à sa question. Ainsi, il déboule dans l’appartement, découvrant le curieux assemblage de personnes. Trop de monde, encore une fois. Il bouscule un jeune homme à peine plus petit que lui qui était en train de se faire soigner par une gamine alors que son regard tombe sur le malicieux qui l’intéresse. Tel une flèche, il fond sur le vieillard bien en mal de se tenir droit sur ses deux pieds.

Les mains moites empoignent les vêtements, le secouant légèrement. Oh, le vieil homme n’a pas à s’inquiéter pour sa sécurité, la force du directeur de distillerie a beaucoup à enviée à celle des fiers soldats anglais qui peuplent les rues au point de donner la sensation d’étouffer au peuple écossais. Son corps est fin et relativement sec. Sa musculature, bien que présente, reste fine et, s’il le voulait, même un vieil homme comme Alasdair pourrait le repousser… Peut-être pas dans cet état de fatigue. Une folle peur teintée de colère brille dans le regard à demi fou de Teàrlach qui tire le vieux farfadet à lui, espérant entendre une réponse négative. Mais, peut-il réellement faire confiance à un membre de sa race ? Il le sait pour le pratiquer lui-même, ils ont le mensonge facile, les siens. Ils ont le mensonge si parfait qu’ils pourraient obtenir le bon dieu sans confession après avoir poignardé devant témoin un individu en pleine rue. Est-ce cela qui t’es arrivé, Alasdair… ? « Dis-moi que ce n’était pas toi ! » Perdu dans sa colère et sa peur, il se secoue à nouveau, grondant de peur et de rage contenue. « Ce soir-là… La chanteuse, la gorge tranchée… la poursuite… Dis-moi que ce n’était pas toi, mon ami. »

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Colin Smith le Lun 9 Juil - 15:41

Trop. De. Monde. Vite.
Coeur qui palpite.
Lutin hagard,
Tourne au cauchemar.

Ils étaient trois, puis cinq, puis six,
Le palier devient trop petit,
La peur dans tes veines qui s’immisce,
Serpent affolé qui t'envahit.  

Al a de nouveau disparu,
On s'attardera plus tard sur ses pouvoirs,
D'abord gérer les nouveaux venus,
Chercher le rouge du regard.  

Respiration.
Mépris de la question.
L'inconnu a un beau mouchoir en soie
Qui finit vite entre tes doigts.  

Ça lui apprendra à être distrait,
Et toi tu en avais besoin
Pour retrouver tes pensées,
Et veiller sur ton vieux lutin.  

Si ses pouvoirs sont comme les tiens,
Il est certainement épuisé.
Surtout qu'il a utilisé, c'est malin,  
Sa terreur sur celui qui t'avait blessé.

Repousse la gamine d'un mouvement d'épaule,
Tant pis pour le sang qui coule encore,
Ils sont beaux ces rouges qui s'envolent,
A l'écho de celui qui bat dans ton corps.

Mais quelqu'un d'autre t'a dépassé.
Et sur le vieux vient de se ruer.
L'abreuvant de questions insensées.
Et le tout sans le ménager.

A ton tour de l'attraper,
De chercher à t'interposer.
"Lâche le, il n'a rien fait !"
Ta propre terreur commence à palpiter.

Colin ? Essaye de te maitriser,
Si ton pouvoir vient à t'échapper,
Ça fera un nouveau cri à collectionner,
Mais pas certain que le vieux sera mieux aidé.

Un nuage de lait avec vos dés ?:

Succès : Tu arrives à garder tes pouvoirs pour toi.
L'agresseur de Al hurlera une autre fois.

Echec : La peur pour le vieux est plus forte que toi,
Et coule ta terreur le long de tes doigts.


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Pour qu'à la face du ciel ils mènent [encore
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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Ceann-Uidhe le Lun 9 Juil - 15:41

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Alasdair Nilsen le Mar 10 Juil - 17:47





Huis-clos

Vers le 20 juin
Le vieillard regardait avec fureur son ennemi s'écrouler. L'idée lui traversa l'esprit d'écraser sa tête du pied. Mais sa colère commençait à tomber un peu : il avait été humilié, subissait cette malédiction que le vieillard ne supportait que très mal lui-même, et qu'il utilisait avec une relative parcimonie. Il se sentit satisfait.

Puis, tout devint très confus. L'homme fort fatigué, qui sentait sa tête tourner, comme si elle se vidait de son sang, n'y comprit par grand-chose. Tout d'abord, un bruit d'enfer règnait dans la pièce. Le salon de thé s'était agité, on entendait des conversations un peu fortes, un tumulte qui venait couvrir le bruit habituel de la ville. Le garçon marmonnait toujours ses prières, et si le veuf avait eu les idées plus claires, sans doute aurait-il essayé de remédier à la frayeur qui semblait s'être emparée de son petit corps.

Un inconnu entra sur cette scène et vint rajouter un peu de chaos à la confusion générale. Il entendit sa voix avant de le voir : « Intéressante débâcle qui se passe ici. Ils n'ont pas une chambre pour ce genre de plaisir ? »  Une bonne seconde lui fut nécessaire pour comprendre. Alors, ses yeux se tournèrent vers lui, d'un regard chargé de haine. Si le garçon avait été plus près, la baffe serait partie plus vite que sa pensée. Ce n'était pas le moment pour faire une telle moquerie, et le vieillard se sentit immédiatement vexé à mort.

A la fois par l'accusation de sodomie, et celle de sodomie avec cet homme abject qui n'avait décidément que de mauvaises moeurs ! Ah ça, ça l'étonnait pas qu'on vienne dire ça de Breac ! Tentant de séduire les femmes n'importe comment, peut-être que maintenant on lui connaissait des accointances avec les garçons ! Il n'était pas question qu'il se laisse prendre dans de telles rumeurs à cause de lui, alors qu'on murmurait encore sur son passage dans la rue !

Oh ce môme ne perdait rien pour attendre ! Et alors, Ailean commença à s'offusquer, ne semblant même pas s'adresser à lui, mais plutôt à une assemblée générale : « Traîtres à votre pays... Badauds de potence... Venir vous attaquer à un homme qui a voué sa vie à l'Ecosse. La honte soit sur vous et sur votre lignée ». Le vieil Alasdair ne comprenait pas, il ne comprenait pas de quoi il parlait, ni pourquoi il ne s'en prenait pas à lui, pourquoi il ne l'attaquait pas, ne lui envoyait pas une droite au visage. Lorsqu'il se mit à parler à la dénommée Barbara, la situation fit encore moins sens. Jusqu'à maintenant, il ne s'était pas demandé qui était ces enfants, et soudainement, il réalisait confusément que ce rustre pourrait être leur père. Cela semblait n'avoir aucun sens, lui, père ? Vraiment ? Comment ? Tout cela bouillonnait dans sa tête.

Toutes ces pensées étaient encore en germe lorsqu'elles sortirent de sa bouche sous forme d'insultes, utilisant ce qu'il lui restait de force et de souffle pour les vociférer à l'homme qui l'ignorait copieusement, ce qui l'énervait au plus haut point.
« 
Que racontes-tu, minable soldat ? Quasiment étranger à nos terres, qui passe son temps ailleurs ! Tu as troussé une fille d'Edimbourg à qui tu as abandonné des mioches ? Et maintenant, tu t'attaques à un bon garçon, né dans cette ville, qui ne l'a jamais quittée, contrairement à toi ? La dernière fois qu'on s'est vu, tu étais mis comme un français, traître ! Et que vois-je maintenant ? Tu es mêlé à des rumeurs infamantes, les filles ne te suffisent plus ? Un maraud de première !
Ses mots s'adressèrent ensuite à l'inconnu, avec un regard noir, qui cherchait à le foudroyer sur place.
Je n'ai rien à voir avec ce faquin !
 ». Une nouvelle phrase venait à sa bouche, mais il s'arrêta pour reprendre son souffle, surpris, lorsqu'il vit un visage familier se diriger vers lui d'un pas assuré.

Rien n'allait, absolument rien n'allait dans cette situation. Il se sentit vaciller, mais arriva à se remettre à peu près debout, tentant de faire le vide dans son esprit, de comprendre ce qu'il faisait là, sans y arriver. Etait-il venu l'aider ?

Son visage n'exprimait que colère, il n'avait pas l'air lui-même, il ne l'avait jamais vu comme ça, ce jeune homme un peu dingue qui l'amusait follement. Il dit une phrase que le Fir ne comprit pas, lui faisant plisser le front, ne sachant réagir. Puis cela commença à faire sens, doucement. « Ce soir-là… La chanteuse, la gorge tranchée… la poursuite… Dis-moi que ce n’était pas toi, mon ami. » Son front se plissa plus encore : mais de quoi s'agissait-il ? Il eut quasiment un hoquet de surpris lorsqu'il fit la connexion, comprit qu'on lui parlait de quelque chose qui n'avait rien à voir avec l'instant présent, avec son petit Colin, avec ce foutu Ailean, avec cet énervant jeune homme moqueur.

Mais il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit, avant que son lutin vienne le défendre. Si tout n'allait pas si vite, s'il ne se sentait pas aussi mal, Alasdair aurait peut-être vu la détresse dans laquelle se trouvait son garçon. Sur l'instant, tout ce qu'il vit fut son propre soulagement, soulagement que quelqu'un vienne s'interposer entre lui son ami, son ami qui le tenait, qui ne se trouvait qu'à quelques centimètres de lui et dont cette fois, il ne saisissait que trop la détresse.

Son lutin, seul allié sûr en ce débâcle, s'empara même du jeune homme, et tout tournait au vinaigre. Sa main vint s'appuyer sur le bras de Teàrlach, se retenant à lui plus qu'autre chose, ce qui était une très mauvaise idée sachant qu'il était aux prises avec Colin. Un peu paniqué et le regard médusé, il commença à dire en parlant trop vite : « 
N- N-Non, je n'ai rien fait ! Tu parles des meurtres ? Ce n'est pas moi ! Je t'assure, tu dois me croire !
 ». L'effort commençait à être de trop, ses jambes tremblaient, tout secoué qu'il était par cette soudaine accusation, il commença à se sentir s'écrouler, se reprenant, il fit un dernier effort. « 
Ça ne va pas, je, on en reparlera, donne-moi un instant, s'il te plait
 ».

Il se traîna alors dans la maison, jusqu'au canapé, où il se laissa tomber, sans réfléchir une seconde à la bienséance ce qu'il était en train de faire, qu'il était dans la maison d'un autre, au fait qu'il abandonnait Colin là-dedans. Il se sentit tourner de l'oeil.

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Un nain de jardin te fait face. Il a encore la bouche pleine d'un tas de lettres qu'il a mangé : dommage, tu n'as plus que trois choix de réponses. Tu te retiens de pousser un cri devant une telle horreur et t'apprête à t'enfuir, lorsque tu t'aperçois que tu es encerclé par ces petits monstres
- Tu lui donnes un coup de pied : Vas en I.
- Tu lui demandes d'exaucer un vœu : Vas en N.
- Tu t'agenouilles, te fais passer pour l'un des leurs et commence à les suivre : Vas en F.

I Les nains semblent effrayés. Ils attrapent les lettres restantes et les avalent, se remplissant de nouvelles possibilités, mais te privant de tout échappatoire. Tu sens une ombre te recouvrir et lorsque tu te retournes, il est trop tard : le Sreath-Mhurtair t'assassine tandis que les nains ricanent, murmurant "le I est pour idiot". Tu es fortement invité à recommencer ce jeu.

TI Il n'y a qu'un seul et unique vœu possible, tu n'as pas su le choisir : les nains te ligotent, te privent de tes lettres et écrivent "triple idiot" sur ton front. Tu es livré es jeté dehors, à la merci du Sreath-Mhurtair qui se lèche les babines en te voyant.

F Tu avances avec peine dans un de leurs souterrains où le nain te guide. Arrivé à un embranchement muni de pancartes où tournes-tu ?
- Tu vas vers le nain qui t'enjoint à le rejoindre dans la salle du vœu : Vas en N.J.
- Tu prétends que tu les trouves très impolis, car d'après les coutumes de ton jardin, les invités ont le droit à une sieste dans la salle aux trésors avant toute chose : Vas en F.V.
- Tu es agacé par ce jeu stupide qui n'a rien à faire ici et a peu à voir avec Alasdair et choisit de revenir sur tes pas, ces derniers te courent après : Vas en I.

FV Tu te relèves et commences à creuser vers le haut, prenant tous les trésors possibles et t'enfuyant à grandes enjambées. Bravo : tu as choisi la meilleure des voies, celle de la fourberie, toujours victorieuse ! Alasdair te féliciterait.

N Le nain te promet d'exaucer tous tes vœux et il est prêt à te montrer ses pouvoirs magiques. Il te prend par la main, te demande de fermer les yeux, de t'agenouiller et de marcher.
- Tu ouvres les yeux malgré tout en chemin, rompant le sortilège et suscitant l'agacement du nain : Vas en f
- Tu déchaines ta colère demande à avoir ton vœu tout de suite et refuse de marcher : Vas en i
- Tu laisses le sortilège opérer : Vas en NJ.

NJ Tu te retrouves au milieu d'une arène envahie par les nains de jardin. Le roi nain te fait face et te demande quel est LE vœu.
- Tu demandes plus de vœux : Vas en TI
- Tu insinues que ce jardin n'est pas assez riche pour exaucer LE vœu, furieux, ils te conduisent à la salle aux trésors pour que tu retires ta parole : Vas en FV.
- Croyant à leur magie, tu demandes à être l'être le plus puissant de l'univers : Vas en GNJ

GNJ Le roi des nains déclare qu'ils ont enfin trouvé l'être suprême, le Grand Nain de Jardin. On te coiffe d'un bonnet rouge, t'installe sur un trône et te prie à longueur de journées, te menaçant de mort si tu oses essayer de t'échapper...


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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Caiden Munroe le Lun 16 Juil - 17:14


Huis-Clos
Fir Darrig

Lentement je tourne la tête vers le petit qui entame une litanie pieuse et profonde. Et bien, en voilà, un petit garçon très bien placé dans ses chaussures pour faire appel ainsi à tous les saints. Je hausse un sourcil. Si le diable les a pris.... tourne le regard vers les adultes.... C'est que j'ai le diable à la peau pour certains moments. Je me remémore la nuit d'il y a deux ou trois jours, je ne sais plus... avec cette blonde ? Non, brune ? Attends, peut être rousse ? De toute manière, c'était la nuit... Donc comme le dit l'adage, tous les chats sont gris...  Pris ainsi dans ma réflexion... je ne vois que de moitié la vile main d'un morband voler jusqu'à mon beau mouchoir rouge. Un des hommes à terre commence à beugler laissant un moment de répit au voleur.
Qu'est-ce que vous voulez, tous ? Traîtres à votre pays... Badauds de potence... Venir vous attaquer à un homme qui a voué sa vie à l'Ecosse. La honte soit sur vous et sur votre lignée.
Honte ? Je pense à mon cousin, Bunnygall... La honte est déjà sur la famille après la fuite de ce dernier...Bien qu'il soit déshérité, son ombre plane sur la famille provinciale. Bah, il ne faudrait pas qu'il passe par l’hôtel en ce temps, au vu de son oncle - mon père - qui est là ... Il risque de se faire brocher à coups d'épées.
Que racontes-tu, minable soldat ? Quasiment étranger à nos terres, qui passe son temps ailleurs ! Tu as troussé une fille d'Edimbourg à qui tu as abandonné des mioches ? Et maintenant, tu t'attaques à un bon garçon, né dans cette ville, qui ne l'a jamais quittée, contrairement à toi ? La dernière fois qu'on s'est vu, tu étais mis comme un français, traître ! Et que vois-je maintenant ? Tu es mêlé à des rumeurs infamantes, les filles ne te suffisent plus ? Un maraud de première ! Je n'ai rien à voir avec ce faquin !  

Un sourire s'affiche sur mes lippes avant de hausser des épaules et de pencher la tête sur le côté laissant quelques mèches de cheveux s'écouler sur son front. D'un coup de vent, d'un seul... passant à mes côtés du palier ouvert, une ombre se projette sur le vieil homme pour le plaquer contre le mur. Et bien, que de passion dans cette maison. Je pensais que la Délé tenait le bordel mais il semblerait que j'en ai découvert un deuxième.
Dis-moi que ce n’était pas toi ! Ce soir-là… La chanteuse, la gorge tranchée… la poursuite… Dis-moi que ce n’était pas toi, mon ami.
Gorge... Tranchée... Flash Rouge. Les traînées qui s'élancent vers la cascade rougeâtre d'une peau béante. La peau blanchâtre d'une femme allongée... agonisante sur le chemin d'un parc.
Lâche le, il n'a rien fait !
 
N- N-Non, je n'ai rien fait ! Tu parles des meurtres ? Ce n'est pas moi ! Je t'assure, tu dois me croire ! Ça ne va pas, je, on en reparlera, donne-moi un instant, s'il te plait
 
Et bien, tout le monde se connaît par ici. Suis-je à la croisée des chemins ? Ah ! Mais attends ! Mon mouchoir d'une soie rouge est partie entre les poches du maraud. Décidé, je file vers lui pour en découdre quand un chien pataud se faufile entre mes jambes alors que je l'écrase de moitié. Je tente de garder l'équilibre ! Ah ben, tiens un poteau bien venu et voulu. D'une main volubile , je pose la terreur sur lui.

Fatiguant....:
Succès : J'arrive à me stabiliser et dans sa terreur, j'ai pu y soustraire mon mouchoir tranquillement. Je m'écarte alors d'un pas en arrière.
Échec : Horreur, le garçon a réagi plus vite que prévu à sa terreur et je n'ai pas pu me stabiliser. Je tente de me tenir à la deuxième personne debout (Tear). Cependant l'élan est trop puissant et nous voilà au pied du mur l'un sur l'autre à côté du premier à terre (Breac) qui avait peut-être au passage pris un ou deux coups dans la chute.
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Réside au Manoir McLean dont sa mère est la propriétaire

Une barque emplie de tristesse
Dérive dans une mer d'arbres, ballottée en tous sens
Elle transporte des âmes égarées
Le ciel s'éclaircit dans un instant de silence
Les gouttes du temps qui coulent sur les feuilles
Finissent par retomber sur le sol comme nos prières innocentes
Et même si ce qui se reflète à la surface de l'eau
N'est qu'un cercle de drames incessants
Tout homme se blesse un jour et porte sa douleur comme un fardeau
Blessant les autre en retour sans y penser
Alors qu'un horrible vent de cruauté se déchaîne sur nous
Je garde mes précieux sentiments bien enfouis au fond de mon coeur
En remontant les dunes dans le noir
On trouve un papillon ambré teinté de bleu
Tremblant, il porte sur ses ailes
Les mots du passé
Et si ces clés rouillées
Sont notre seul espoir
Nous devons protéger notre trésor
Avant que même l'amour ne devienne un crime
Enfonce la porte du désespoir pour aller de l'avant
Même dans un monde d'altruisme
Accepte la vérité, les mensonges, les trahisons et les péchés
Car ils sont à la fois forts, doux et fragiles
Toi qui supportes ce destin tragique
Toi qui luttes contre la pendule qui annonce le désastre
Peut-être qu'un jour tu lèveras les yeux vers le ciel
En priant pour entendre résonner une mélodie de paix...
Tes larmes de frustration sont des embruns argentés
Même dans un monde d'altruisme
Tu te souviens toujours clairement
Des esquisses d'un rêve passé
Tout homme se blesse un jour et porte sa douleur comme un fardeau
Blessant les autre en retour sans y penser
Alors qu'un horrible vent de cruauté se déchaîne sur nous
Je garde mes précieux sentiments bien enfouis au fond de mon cœur

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Ceann-Uidhe le Lun 16 Juil - 17:14

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Teàrlach Ó Ceallaigh le Sam 28 Juil - 19:46


Huis-Clos
Breac ξ Colin ξ Alasdair ξ Caiden ξ Teàrlach

Une prise ferme qui cherche à l’éloigner de son but. Le regard perdu dans le vide, peinant à s’accrocher à quoi que ce soit dans sa furieuse angoisse, Teàrlach tire brutalement sur son bras, essayant de se détacher de la prise du gamin qu’il ne connait pas. « Lâche le, il n'a rien fait ! » Le rouquin siffle entre ses lèvres alors qu’il s’échine à faire lâcher le blesser. Peut-être devrait-il viser justement le bras qu’il sait ouvert, en train de saigner ? C’est une nouvelle prise qui l’empêche d’aller empoigner le bras recouvert d’une teinte rouge si agréable qu’il se sent presque s’apaiser rien qu’en la regardant. Il n’y a pas assez de rouge dans cette maison. Vraiment, il a besoin de plus de carmin pour parvenir à dénouer sa gorge étroitement serrée… Ou simplement pour parvenir à ne pas paniquer ainsi au souvenir de cette nuit qui le hante encore. Et si… ? Et si c’est seulement parce qu’il s’était s’agit d’Alasdair qu’il a eu la vie sauve ? Le gredin ! Cela aurait été une terrible blague que celle-là, que de venir le déranger en pleine chasse, en plein travail, en pleine récupération de son loyer, d’ôter la vie à la belle et de lui offrir ensuite la plus grande frayeur de sa vie. Jamais il n’a cru passer aussi prêt de la mort que ce soir-là, pas même lors de ses éternelles disputes avec son beau-frère, pas même la fois où il s’est fait poignardé par un ceasg s’étant échappé du laboratoire du scientifique fou. « N- N-Non, je n'ai rien fait ! Tu parles des meurtres ? Ce n'est pas moi ! Je t'assure, tu dois me croire ! » Il a envie de croire les mots, il a envie de croire que si le vieillard avait réellement ce genre de penchant, s’il ne lui avait fait qu’une infâme blague, il le lui dirait. Après tout, ils savent bien des choses sur les activités illégales de l’un et de l’autre. Mais… Est-ce vraiment le genre de choses que l’on déclamerait ici, au vu et au su de tous ? Non, bien sûr. Et si Teàrlach n’était pas autant électrisé par le choc, sans doute se serait-il rendu compte que le confronter là-dessus ici et maintenant ne sert à rien du tout. « Ça ne va pas, je, on en reparlera, donne-moi un instant, s'il te plait » Et, sans un mot de plus, le vieux farfadet tire sa carcasse à l’intérieur, laissant le rouquin au prise avec le protégé et gardien de ce premier.

Un homme qu’il ne connait pas s’approche et il ne faut pas être bien savant pour comprendre ce qu’il se passe. Colin part en crise de panique et Teàrlach en profite pour s’arracher à sa poigne, reculant de quelques pas et tombant sur Breac, toujours en train de se rouler au sol tel un damné. Serait-il tombé sur un nid ? Nul doute là-dessus, il n’est pas le seul fir darrig qui peuple ces lieux. Et cela lui flanque une telle décharge d’adrénaline… Pas vraiment la meilleure chose du monde alors qu’on flirt déjà avec la crise d’angoisse. Il ne s’excuse pas le moins-du monde auprès du propriétaire des lieux qu’il a écrasé sans aucune sommation. A la place, il prend appuis sur lui de ses jambes, se repoussant, rampant un peu au sol pour s’éloigner de l’agitation inquiétante. Il a besoin d’air, de respirer un peu. Il se relève rapidement, pédalant un peu sur le sol alors qu’il va trop vite, manquant perdre son équilibre. Directement, il file à l’intérieur, allant ouvrir une fenêtre, comme si cela pouvait lui donner la sensation d’être en extérieur et surtout, comme s’il était chez lui. C’est un peu chez lui partout, à vrai dire… Pourquoi n’aurait-il pas le droit de prendre ses aises chez les autres ? C’est une règle de société stupide qui n’a pas le moindre sens… Comme la majorité des règles de bienséances en société. Toujours agité, il se retourne, son regard tombant sur Alasdair qui a posé sa vieille carcasse dans un coin, visiblement épuisé, probablement a-t-il fait un peu trop usage de ses dons pour la journée, s’il se fie au charmant chaos qui se déroule sur le palier. « Non, je n'attends pas. J'ai assez attendu, tu ne penses pas ?! Cela va bientôt faire un an que je vis avec cette angoisse! Un an, Al! Tu n’as pas intérêt de me mentir! J’ai bon gout en matière de blague et celle-là n’est absolument pas drôle. » souffle-t-il d’une voix blanche, n’ayant pas l’air le moins du monde intimidant. Il faut dire, sa carrure de poids-plume n’aide pas non plus à cette entreprise.

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Breac Jamieson le Sam 28 Juil - 21:09

Cette fois, il touchait le fond. Il fallait bien que cet océan ait un fond. C'est juste qu'il aurait préféré ne jamais voir de quoi il avait l'air. Et ce ne serait pas arrivé si on ne l'avait pas enfoncé à trois reprises la tête sous la surface, un peu plus loin du monde à chaque fois, jusqu'aux frontières de la folie. Mais ce n'étaient pas des algues, ces filaments qui oscillaient par cinq, blêmes dans le courant noir, luminescents d'un éclat spectral et violacé. C'étaient des bras, terminés par des doigts, désarticulés et décharnés, des doigts de noyés aux ongles bleuâtres, qui se tendaient pour le saisir mollement, l'entraîner ou, peut-être, implorer son secours. Ce n'était pas le fond de la mer, c'était le fond de la mort, et tous ceux qui y avaient sombré depuis cinquante années d'errance et de violence, en le laissant, lui, debout sur ses deux pieds à la surface, semblaient l'attendre pour s'emparer de lui. Il allait être entraîné à leur suite. Il ne pourrait pas les ramener tous, et il ne pourrait pas choisir. Ils n'avaient plus de visages, de toute façon. Breac avait beau parcourir leur forêt mouvante de son regard terrifié, jusque dans le lointain où ils disparaissaient dans les ombres, il avait beau chercher un visage, un regard à croiser pour tenter de comprendre, il ne le trouvait pas. Juste un visage, il ne demandait pourtant pas grand-chose.

Une impression de nausée le plia en deux alors qu'il lui semblait être rejeté, par une vague qui l'aurait roulé en tous sens comme un galet, sur le plancher de son logement. S'il n'avait pas eu le ventre vide à ce moment-là, il aurait rendu son déjeuner. En l'état, il resta recroquevillé en tremblant comme un naufragé baltique, ce qui lui restait de mains croisés sur son crâne pour le protéger de possibles récifs. Des récifs peuplés de sauvages. Ça lui revenait. Il allait faire un massacre. Pour l'heure, dès qu'il aurait repéré où se trouvaient tous les ennemis, il sautait par magie dans sa chambre, il décrochait ses armes du mur et, en souvenir du bon vieux temps... Oui, un massacre, pourquoi pas ? Ces gens avaient tous l'air très sympathiques et il ne comptait pas les tuer, mais les rosser un peu pour leur montrer qui était le maître ici, ce ne serait pas de refus ! Par ordre d'arrivée chronologique, ou de préséance, ou alphabétique, il n'était pas embêtant. Une petite voix indignée se mit alors à scander des protestations qui couraient plus vite que son souffle, et qui faiblissaient ainsi et reprenaient de la force au fur et à mesure que la jeune personne prenait le temps de respirer. Barbara en avait eu assez, et après avoir couché son petit frère pour lui éviter d'autres spectacles effrayants, elle ramenait de la cuisine un plateau de boissons, qu’elle plaça sur la table en se dressant sur la pointe des pieds ainsi qu’en babillant à tue-tête :

"Parlez mieux du Chevalier Jamieson ! C'est un GRAND soldat ! Il a fait des tas de guerres et il n'a abandonné personne ! Que son village de merdeux là, où ils ont pendu son oncle et personne n'a levé le petit doigt ! Et c'est le joli garçon -" insérer ici un diaphane rougissement de circonstance, ainsi qu'un doigt semi intimidé, semi accusateur, pointé gracieusement en direction de Colin "- qui l'a attaqué comme un maraud, et un faquin, et un butor et... ! Et vous, vous allez tous boire un verre et vous asseoir, et discuter gentiment, pendant que le petit dort... sinon c'est moi qui vous trousse les esgourdes, tout grands flandrins de mes bottes que vous soyez !"

Le métal du plateau sonna sur le bois de la table comme un avertissement solennel, couvert qu’il était de lourdes chopes de grog fumant. C'étaient des gestes sans répliques, de ceux auxquels on ne répond pas "non merci mademoiselle" – aussi parce que les récipients étaient lourds pour ses petites mains, et qu'elle avait failli cent fois les renverser sur le sol. Elle pouvait se permettre de les secouer un peu au passage, car il s'agissait de ces chopes à clapet, ornées de motifs de faïence, qui faisaient fureur sur le continent : Hanovre n'avait pas QUE du mauvais. Elles ne risquaient pas de renverser leur contenu.
"...Babette ? De tels mots dans la bouche d'une jeune fille ? Appin n'est pas..."
"Ah, ça va ! C'est toi qui les dis tout le temps ! Et tes amis là ! Alors tais-toi ! Et ...et... Ta gueule !"

La minotte serrait ses poings roses en se dressant sur ses ergots au-dessus de son tuteur réduit à une bouillie de panique sur le tapis. En le voyant renverser, dans un tremblement bien naturel de ses bras, un peu de la mixture au final très réconfortante qu'il s'efforçait d'ingérer, elle pivota à angle droit sur ses talons avec une mimique qu'il reconnaissait très bien de sa mère : un mélange de soupir excédé, d'yeux levés au ciel pour le prendre à témoin, et d'un vague mouvement des mains qui signifiait, dans une version enfantine : il y a des claques qui se perdent. Alors seulement il réalisa qu'elle lui avait donné, par habitude, son titre fantaisiste de chevalier. Il ne l'avait jamais porté, n'y avait jamais eu aucun droit, et c'était une plaisanterie qu'il réservait d'habitude à ses crédules voisins de régiment en territoire français. Mais on lui écrivait à cette adresse, et les enfants avaient appris à désigner ainsi ses lettres auprès de leur père. Dans un moment d'absence, Breac repensa à la mystérieuse boîte qui occupait ses pensées avant que tout ce chaos ne se déclenche.

Tiens, pour le code, il n'avait pas essayé "Chevalier". Ni aucun autre mot ayant trait à sa propre personne. Mais ça n'aurait eu aucun sens. Quand le noble père en question voulait lui écrire, il envoyait les lettres, il ne les stockait pas. C'était un héritage qui se transmettait au sein de la petite famille, et lui-même était plutôt, pour ainsi dire, une pièce rapportée, d'une autre marque et d'une autre couleur, et qui faisait un bruit différent quand la machine fonctionnait, de sorte qu'on ne pouvait absolument pas le considérer comme partie intégrante du mécanisme même les jours où tout fonctionnait bien.

"Tout ça est un malentendu. Moi, je n'ai corrigé aucun freluquet aujourd'hui ; lui-même m'a fait plus de peur que de mal ; Nilsen n'a probablement égorgé aucune chanteuse, ça serait au-dessus de ses forces ; toi, Nilsen, si tu ne veux pas qu'on te croie des accointances avec quelqu'un, cesse de t'exprimer comme si tu le connaissais depuis toujours, tu ne fais que t'enferrer... on en reparlera entre adultes." Une bribe de son humour moqueur revint briller dans son regard aux éclats de métal, et Breac ricana à mi-voix. A quelque chose malheur est bon ! Il était reconnu par une ancienne connaissance, ce qui pouvait présager de terribles ennuis ; mais celle-ci en éprouvait au moins un affreux dépit, et ça, c'était toujours bon à prendre, depuis environ une quarantaine d'années avec quelques interruptions.  Enfin, il tourna son attention vers le gandin au sourcil levé, qui accomplissait le miracle de se vautrer contre une surface verticale comme un être humain ne le fait généralement que contre les surfaces horizontales. Il fallait toujours qu'il ait affaire, tôt ou tard, avec ces gens de la haute société aux manières étrangement chaotiques. Le brave laird de Shaws était bien élevé quant à lui, mais certaines perceptions de l'honneur lui étaient étrangères ; toutes ces éducations pseudo-parfaites présentaient des lacunes incompréhensibles. Au moins Breac n'employait pas de précepteurs, et les petits placés sous sa garde ne rencontreraient pas ces incohérences. "Et vous, jeune monsieur, je vous prierai de respecter une maison en deuil, au lieu de répandre des insanités devant des orphelins en bas âge ; votre calme est cependant le bienvenu dans ce chaudron du diable."

Maison dont la teinte dominante était d'un bel automne cuivré plutôt que du noir de rigueur, partout où il avait pu se payer ce genre de fantaisies décoratives ; mais on n'allait pas chipoter pour si peu. En tout cas, il n'avait aucune envie d'épiloguer sur les étranges accusations qui semblaient soudain entourer ses mœurs sans raison apparente ; ça ne regardait absolument personne dans cette pièce et surtout, il y avait plus grave : le « joli garçon » de Barbara, le gamin irresponsable qui avait causé tout ce chahut n’était pas calmé par la fatigue, comme il l’avait cru d’abord. Il connaissait une de ces crises comme certaines jeunes recrues confrontées à l’horreur sans nom des combats en éprouvaient parfois, lorsqu’ils présentaient ce type de sensibilité. En sa qualité de recruteur, Jamieson avait alors des mots avec ses supérieurs directs pour le pauvre choix qu’il avait fait ; il avait naturellement cherché comment les en délivrer avant que ces suffocations paniques ne causent leur mort prématurée, des mains de l’ennemi ou du fait de profondes syncopes. Et puis, ce n’était vraiment pas une manière de mourir, cela non plus. En fait cela ressemblait tragiquement à la noyade. C’était fort égoïste sans doute, mais la perspective de gérer la noyade d’un autre lui faisait oublier la sienne.

« Je m’en occupe. Assis, laissez de l’espace. » Après avoir surmonté l’étouffement, il faudrait le promener un peu de ci de là ; inutile de faire remonter l’angoisse en interposant des corps errants sur son chemin. « Barbara, ouvre les fenêtres. Mais pour l’instant... » Breac détacha la sacoche de cuir qu’il portait au cou, détendit d’un geste la courroie qui la tenait fermée, et plaqua la surface lisse contre la bouche du malade où il la maintint solidement en place, pour bloquer l’afflux de l’air. Du moins, celui du dehors, cet air froid qui agissait comme une eau insidieuse et lui faisait perdre ses sens, en augmentant sa terreur. Il éprouva un amusement incompréhensible à constater que son bras estropié, qui luttait pour maintenir contre lui le remuant personnage, se teintait de son sang. Maîtrisant cette absurde euphorie chromatique et quelque peu malsaine, il lui enjoignit de ce même ton de commandement et d’urgence qui lui était survenu de nulle part : « Stop. Chut. Ne bouge plus. Respire fort. Tu as besoin d’air chaud. » Il ne savait strictement pas de quoi le corps littéralement tétanisé avait besoin au juste, mais cette explication avait fonctionné à plusieurs reprises. De toute façon, le principal était de focaliser l’esprit affolé sur l’exercice.

Vous savez ce qui manque à tout ce joli chaos ?:
Succès/succès : MORE RED ! Aka Le Sergent Garcy.
...ah ? Vous ne savez pas qui c’est ? le pauvre garde venu boire un coup tranquillement au salon de thé local, écouter quelques rumeurs du quartier... et que les propriétaires poussent maintenant vers les étages, à son corps défendant, pour qu'il y rétablisse l'ordre. Il n'est pas rassuré par l'étrange compagnie qu'il trouve et rebrousse chemin en essayant d'oublier cette histoire, assurant à tout le monde que ce n'était qu'une petite dispute familiale. Mais qui sait, il pourrait voir passer une patrouille d’amis à lui et les alerter au cours des posts suivants !

Succès/échec : L’instinct de Wicklow.
C’était une légende, il avait disparu depuis tellement longtemps, mais le revoici ! L’animal a été suffisamment effrayé pour renouer avec sa nature sauvage et mordre une main, de préférence pas celle qui le nourrit. Ce sera pour Caiden, qui a été terriblement privé de distractions violentes, dernièrement. Mes plus plates excuses, je sais, je manque à tous mes devoirs en tant qu’hôte...

Echec/succès : Une gouvernante !
Une énième silhouette s’annonce dans l’escalier, en s’assurant auprès des braves gens du rez-de-chaussée, avec un accent certain : « Vous m’assurez que c’est bien là-haut ? » Il s’agit de la prochaine gouvernante, hélas, pas française, mais vive et forte matrone de l’arrière-pays qui n’hésitera pas à mettre de l’ordre dans tout ça manu militari. On l’avait prévenue que les gamins seraient remuants, mais pas qu’il y en aurait autant ! Et bien qu’à cela ne tienne, elle a vu pire à la ferme quand elle menait les veaux !

Echec/échec : Nada.
Ne changez rien, vous êtes tous parfaits. Have fun, folks !

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I got my wastefulness from the same man I got my silver buttons from; and that was my poor father, Donnchad Stiubhart, grace be to him! He was the prettiest man of his kindred; and the best swordsman in the Hielands, and that is the same as to say, in all the world, I should ken, for it was him that taught me.

He was in the Black Watch, when first it was mustered; and, like other gentlemen privates, had a gillie at his back to carry his firelock for him on the march. Well, the King, it appears, was wishful to see Hieland swordsmanship; and my father and three more were chosen out and sent to London town, to let him see it at the best...


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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Ceann-Uidhe le Sam 28 Juil - 21:09

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Colin Smith le Dim 29 Juil - 12:29

Tu comprends la peur quand les doigts se posent.
Ce geste t’est trop familier pour que tu sois surpris.
Pourtant impossible d’endiguer la vague de peur qui implose,
Te cloue au sol, roulé en boule d’apathie.

Elle était la peur obscure et anesthésiante,
Qui rendait ta mémoire déviante.
Une terreur d’enfant enfermé et sans bruit,
Sans eau ni nourriture, de jour comme de nuit.:
Et soudain le monde s’emplit de noir. La porte se referme, coupe les bruits au dehors, ceux en dedans aussi. Juste la respiration. Les battements du cœur qui bientôt emplissent l’espace.

Avant la peur, c’est le silence qui paralyse. Lutin captif, lutin en cage, sans explication, rien. Ca commençait par une visite médicale, on l’avait pris à part après les cours. A cause du comportement croyait-il. Pour faire quelques tests lui avait-on dit.

Pas de pleur. Pas de cri. Un adolescent silencieux, ni vivant ni mort. Qui subit. Qui attend. On finira bien par lui ouvrir, pas vrai ? Au pire, il peut encore dormir pour tromper son ennui non ? C’est qu’ils sont doux, ses rêves, au lutin. Pleins d’une famille imaginaire, de gens qui l’aiment, de frères et sœurs qui partagent ses rires et ses trouvailles.  

Alors au début le sommeil est un bon ami, prévenant, docile, cajole le lutin et l’enrobe de douceur éthérée. Mais le réveil arrive, et le noir cette fois a une autre saveur. Il est étouffant, moite, irrespirable, et contient des sons sans visage qui commencent à réveiller la peur.

C’est une chose de la sentir bouillir dans les veines, picoter le bout des doigts et couler lentement dans le corps des autres. C’en est une autre quand elle saisit à la gorge, emplit l’air et immobilise le corps sous une pression qui n’existe pas.

Crainte terrible du temps qui fond. Jour, nuit, mélangés dans cette cage sans dehors, et au milieu un être de solitude. De peur contenue. La faim qui commence à ronger un peu, aussi. Le sommeil qui se peuple de cauchemars et qui de toute façon se réveille toujours sur cette même pièce obscure.

Et puis une autre terreur rampante, cruelle. L’idée absurde qu’on l’ait oublié là, abandonné dans ce puits noir où personne ne viendra jamais le chercher. Le corps qui lâche, qui tremble, qui révulse. Les intestins qui lâchent et l’odeur qui aplatit l’espace. La voix qui veut crier, hurler sa présence, ne m’oubliez pas, je suis encore là ! Ne m’oubliez pas … Elle s’étrangle dans la gorge, se perd dans un rire étouffé, bloquée par la langue qui s’enfuie à l’intérieur de la bouche. Et le cœur, qui bat à l’arrachée, qui veut quitter la cage thoracique comme pris d’une terreur individuelle.


Pas de cri ni de pleur mais un corps convulsé,
Crise de panique imprévisible,
Ce n’est qu’une illusion mais impossible
De ne pas s’y laisser piéger.

Une voix, des ordres, un corps qui te retient.
Respirer. L'air chaud. Ca fait du bien.
Le corps se calme et se repose,
Le retour à la surface chasse toutes ces choses.

Retour au monde encore trop agité,
La tête inquiète de ce que tu as retrouvé,
Cette peur profonde enfin remontée,
Comme une mémoire enfin accrochée.

Une larme, un sourire et trembler encore.
Tant pis pour le sang qui s'épanche au dehors,
Chercher le vieux dans cette cacophonie,
Remercier celui qui vient de te sauver la vie.

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Alasdair Nilsen le Mer 1 Aoû - 15:29





Huis-clos

Vers le 20 juin
Le vieillard s'allongeait, respirait, tête légèrement relevée par un coussin, jambes pliées, sentant l'afflux sanguin revenir vers son crâne. Ne pas s'évanouir chez un Ailean, ne pas abandonner Colin, rester là, respirer. Au bout de quelques secondes, cela allait déjà mieux. Non, vraiment, ce n'était plus de son âge. Dans la confusion de son esprit, déjà le jeune trafiquant s'évaporait, comme un songe. Ses yeux se fermèrent, et il n'était plus tout à fait sûr de la réalité de la scène qui venait d'avoir lieu. Tout lui semblait bien trop invraisemblable, ce ne devait être que fadaise de son esprit malade. Les images s'évanouissaient lorsqu'une voix vint le sortir de sa torpeur.

«
Non, je n'attends pas. J'ai assez attendu, tu ne penses pas ?! Cela va bientôt faire un an que je vis avec cette angoisse ! Un an, Al ! Tu n’as pas intérêt de me mentir ! J’ai bon gout en matière de blague et celle-là n’est absolument pas drôle.
»

Alors seulement, le vieillard réalisa que ce n'était point un rêve, et qu'il ne pourra point s'en sortir en se réveillant. Il pensa bien un instant à continuer de s'endormir, envoyer un coussin à la tête du gêneur, à se recroqueviller sur lui-même tel un enfant boudeur. Mais au lieu de cela, il prit un peu de son courage pour affronter ce Maelstrom. Si le lutin aimait le chaos, il l'aimait en tant qu'observateur et investigateur, non point lorsqu'il le subissait et ne le contrôlait plus. Ses doigts allèrent s'aplatir sur son visage, dans une tentative de chasser Morphée.

Le freluquet ne lui faisait pas peur, mais il aimait bien ce môme, et n'avait pas l'habitude de le voir dans cet état. Il faut dire aussi que dans le fond, il comprenait, il comprenait ce qu'il vivait, n'aurait-il pas réagit de même ? Mais sa panique d'il y a moins d'une minute était partie, le vieux avait même repris un peu de couleur, et se permit de se relever. Sa voix était un peu faible, un peu plus douce qu'il ne l'aurait souhaité. « 
Je ne te mentirais pas là-dessus. Regarde !
 ». L'imprimeur abaissa son col, dévoilant la cicatrice sur son cou, longue estafilade encore laide à regarder. « 
On a tenté de m'assassiner, on a tenté d'assassiner mon plus proche ami, et c'est un miracle que Colin soit encore en vie !
Il désigna du menton la pièce d'à côté, où se trouvait son môme.
Et puis, tu m'as vu ?! A mon âge, vraiment ? Imbécile !
 ».

Excédé à présent, sa colère battant encore les tempes lui redonna de la vitalité. Non point en colère car le jeune Fir lui avait refusé ce repos, il connaissait l'énergumène, qui ne se rendait probablement pas compte de son mauvais état, mais excédé par cette accusation revenant encore et encore. Il se rapprocha du garçon, tout près, posant une main sur son épaule, le regardant les yeux dans les yeux où on mirait inquiétude, colère, tristesse aussi certainement. Il parla bas, très bas. « 
D'accord, on sait très bien tous les deux que je ne suis pas tout blanc. Mais tuer au hasard, comme ça ? C'est une abomination qui se traîne dans nos villes, et si je mets la main dessus... 
». Ses poings se serrèrent inconsciemment.

C'est en entendant une voix d'enfant qu'il revint dans le salon, interloqué, afin de se faire houspiller. Un peu déboussolé, sourire en coin qui perlait malgré lui, il vint observer le spectacle avec stupeur. Chevalier ? Vraiment, chevalier ? Mais qu'a-t-il raconté à ces mouflards ?! De toute évidence, ce n'était pas les siens ! Impossible pour lui de l'imaginer chevalier, pas assez le cœur pur et net, cela sentait l'usurpation. Mais cela le faisait sourire un peu, tout de même, cette appellation naïve, et cette appellation de village de merdeux. Ça pour être un village de merdeux, c'en était un !

Ce qui le faisait moins sourire, c'est que la gamine énonçait la faute du joli garçon. La vérité sort de la bouche des enfants, comme on dit. Qu'est-ce que ce petit malandrin avait encore fait ? Une part d'Alasdair était déjà à demi-furieux, car ce n'était pas la première bêtise du garnement, mais une seconde pensait qu'il y avait erreur, qu'il devait y avoir malentendu... Vous voyez, tous ces discours de mamans convoquées à l'école, qui affirment l'innocence de leur fils, ne voulant point croire qu'il puisse vraiment être mauvais, cécité volontaire témoin d'un amour un peu trop protecteur.

Puis se prendre un laïus de la part d'Ailean ! Le vieillard en était tout retourné ! Tellement d'émotions en si peu de temps, il ne savait plus que penser. Au moins, cela avait le mérite de le calmer, il comprenait qu'il y avait erreur. Il comprenait aussi que ces enfants étaient orphelins, et que sans doute sans doute... Sans doute Breac serait une forme de tuteur ?

Lui ? Impossible ! En d'autres circonstances, il lui aurait mis une grande claque dans le dos, si Colin n'avait point été agonisant juste à côté. Blême à nouveau, précipité sur l'enfant d'un mètre quatre-vingt-dix, éloigné par Ailean qui demandait à tous de reculer, le voilà sur les rotules à demi mort d'inquiétude. Qui a fait ça ? Quel est le Fir Darrig qui a déclenché telle peur ?! Cela ne pouvait être que le jeune inconnu, si étrange et maladroit. Mais il y avait d'autres priorités, tandis qu'il regardait Breac en train d'étouffer son môme : « 
Que fais-tu ? Tu vas le tuer !
 ». Mais ses gestes étaient assurés, d'ailleurs lui-même ne savait pas bien quoi faire, alors il se contenta, catastrophé, d'observer la scène, se lissant la barbe nerveusement, posant une main anxieuse sur la tête de la petite Barbara (à l'air dubitatif devant cette demande d'ouvrir une fenêtre ouverte), en recherche d'un soutien pour son pauvre cœur en train de défaillir à la vision du sang partout, tout ce sang, et le regard plein de délectation du vieil ami, ah ces lutins ! Insupportables ! S'il ne prenait pas soin de Colin, il le bafferait.

Aussitôt revenu à lui, aussitôt un Alasdair sur les bras. Un torchon quelconque à la main, qui ne lui appartenait d'ailleurs pas, il tenta maladroitement de lui bander la plaie, le nouant délicatement autour du bras, maudissant cette vilaine blessure, maudissant le garçon pour être venu ici faire dieu sait quoi. Il marmonnait dans sa barbe et fit asseoir le jeune homme autour des grogs, alla chercher le bandage abandonné et encore plus ou moins intact, la gamine ayant pas pu faire grand chose face à ce grand diable, tentant tant bien que mal de le nouer, avec ses compétences d'infirmier acquis encore tout récemment, précisément en raison de cette blessure. En même temps il bougonnait un charabia dont on distinguait seulement quelques mots, où semblaient se mêler tentatives de rassurer le petit et reproches. Il eut tout de même un regard et geste de remerciement muet envers le sauveur, pas complètement convaincu de son rôle dans l'histoire, mais au moins reconnaissant de ça.

Une fois son petit travail de bandage terminé, et il faut l'avouer qu'à moitié bien fait, puisque le rouge perlait déjà de partout dessus – il commençait déjà à se demander s'il n'allait pas devoir recoudre les chairs – le cinquantenaire prononça enfin quelques mots distinctement. « 
Tu vas bien ? Bois ça, ça te revigorera !
 ». Il approcha le grog du garçon, adressant à la gamine un signe de tête accompagné d'un gentil sourire. Lui-même, il prit la peine de s'asseoir, semblant tout à fait vidé et encore un peu tremblant.

Et puis du coup, il but son grog aussi, pour le revigorer tout de même ! Alors seulement, un peu calmé, il tenta d'adresser autre chose que des insultes à la vieille accointance : « 
Heureux de te revoir, Chevalier Jamieson
, on sentait toute son ironie dans sa voix.
On s'ennuie jamais avec toi, entre tes lettres et... ça ! Maintenant, te voilà avec des mômes ! Puis pas la moitié d'une pisseuse !
Sa langue devenait verte, allez savoir si c'était la fatigue ou le contact avec cette vieille branche.
La Babette a raison, on va s'asseoir, boire, et discuter, puisqu'on est entre frères de sang.
 » Il ravala une gorgée de son grog, plaça sa main sur celle de Colin, la serrant un peu, retenant sa nervosité, s'empêchant de trop réfléchir, de trop paniquer, tentant de se calmer du mieux qu'il pouvait, de ne pas penser à sa nouvelle impuissance à protéger le garçon. « 
Tu vois, Teàrlach, même ce forban le dit, que je ne pourrais pas égorger qui que ce soit, regarde-moi, déjà complètement épuisé par un peu d'action !
 ».

Mais il se reprenait, les mots entraînaient les mots, et il se sentait redevenir l'Alasdair plus conventionnel : « 
Je vais faire les présentations, puisque tu n'es pas décidé à les effectuer, Ailean.
Il s'adressait à la gamine.
Le chevalier et moi, on se connaît depuis toujours, on vient du même village de merdeux
, petit regard vers Breac en réalisant qu'il parlait à sa gamine de neuf ans, lancé d'un air coupable d'abord, puis avec pointe de raillerie ensuite,
oh quoi c'est vrai, c'en est un, elle a déjà tout compris ! Le joli garçon, c'est Colin, Colin Smith, il dort chez moi, et, et,
une hésitation, toujours une hésitation sur la façon dont il devait présenter le môme, ayant peur qu'il se braque ou ne voit pas son affection pourtant évidente,
c'est quasiment mon fils maintenant.
 » Il cherchait des yeux le garçon, savoir s'il allait bien, n'osant le flanquer de question. On aurait dit une lionne avec ses petits, mais une vieille lionne malade et à bout de force. Il lui déposa alors sa propre veste sur les épaules, ne sachant plus que faire, voyant le saignement qui ne s'arrêtait pas, pensant qu'on devrait partir, on devrait partir de là, mais ne s'y résolvant pas encore.

«
 Et Teàrlach... c'est Teàrlach, on a eu quelques affaires ensemble, un bon gamin, même s'il refuse de me croire.
 » Un air un peu blessé se lisait sur son visage, il n'attendait pas grand chose de cette amitié aux allures de compagnonnage, mais tout de même, c'était bien triste d'être encore et encore accusé. «
 Et le godelureau, je ne sais pas qui tu es, mais tu n'as pas intérêt à t'approcher à nouveau de Colin ! C'est toi qui a provoqué ça, n'est-ce pas ?
 » Le ton était menaçant, grinçant, mais le vieil Al, il faisait pas bien peur, assis sur sa chaise, avec cet air déboussolé, essayant de remettre un peu d'ordre dans tout ça, qui avait l'air dans un état pas bien normal. Comme toujours, il cherchait un coupable, sans bien savoir pourquoi. C'était lui, et ensuite, quoi ? Qu'allait-il bien pouvoir y faire ? Le mettre dehors à coup de taloche, d'une maison qui n'était pas la sienne, même s'il faisait comme si ? Il reprit une gorgée de grog, les yeux mi-rivés sur l'inconnu, mi-soucieux de Colin.

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Un nain de jardin te fait face. Il a encore la bouche pleine d'un tas de lettres qu'il a mangé : dommage, tu n'as plus que trois choix de réponses. Tu te retiens de pousser un cri devant une telle horreur et t'apprête à t'enfuir, lorsque tu t'aperçois que tu es encerclé par ces petits monstres
- Tu lui donnes un coup de pied : Vas en I.
- Tu lui demandes d'exaucer un vœu : Vas en N.
- Tu t'agenouilles, te fais passer pour l'un des leurs et commence à les suivre : Vas en F.

I Les nains semblent effrayés. Ils attrapent les lettres restantes et les avalent, se remplissant de nouvelles possibilités, mais te privant de tout échappatoire. Tu sens une ombre te recouvrir et lorsque tu te retournes, il est trop tard : le Sreath-Mhurtair t'assassine tandis que les nains ricanent, murmurant "le I est pour idiot". Tu es fortement invité à recommencer ce jeu.

TI Il n'y a qu'un seul et unique vœu possible, tu n'as pas su le choisir : les nains te ligotent, te privent de tes lettres et écrivent "triple idiot" sur ton front. Tu es livré es jeté dehors, à la merci du Sreath-Mhurtair qui se lèche les babines en te voyant.

F Tu avances avec peine dans un de leurs souterrains où le nain te guide. Arrivé à un embranchement muni de pancartes où tournes-tu ?
- Tu vas vers le nain qui t'enjoint à le rejoindre dans la salle du vœu : Vas en N.J.
- Tu prétends que tu les trouves très impolis, car d'après les coutumes de ton jardin, les invités ont le droit à une sieste dans la salle aux trésors avant toute chose : Vas en F.V.
- Tu es agacé par ce jeu stupide qui n'a rien à faire ici et a peu à voir avec Alasdair et choisit de revenir sur tes pas, ces derniers te courent après : Vas en I.

FV Tu te relèves et commences à creuser vers le haut, prenant tous les trésors possibles et t'enfuyant à grandes enjambées. Bravo : tu as choisi la meilleure des voies, celle de la fourberie, toujours victorieuse ! Alasdair te féliciterait.

N Le nain te promet d'exaucer tous tes vœux et il est prêt à te montrer ses pouvoirs magiques. Il te prend par la main, te demande de fermer les yeux, de t'agenouiller et de marcher.
- Tu ouvres les yeux malgré tout en chemin, rompant le sortilège et suscitant l'agacement du nain : Vas en f
- Tu déchaines ta colère demande à avoir ton vœu tout de suite et refuse de marcher : Vas en i
- Tu laisses le sortilège opérer : Vas en NJ.

NJ Tu te retrouves au milieu d'une arène envahie par les nains de jardin. Le roi nain te fait face et te demande quel est LE vœu.
- Tu demandes plus de vœux : Vas en TI
- Tu insinues que ce jardin n'est pas assez riche pour exaucer LE vœu, furieux, ils te conduisent à la salle aux trésors pour que tu retires ta parole : Vas en FV.
- Croyant à leur magie, tu demandes à être l'être le plus puissant de l'univers : Vas en GNJ

GNJ Le roi des nains déclare qu'ils ont enfin trouvé l'être suprême, le Grand Nain de Jardin. On te coiffe d'un bonnet rouge, t'installe sur un trône et te prie à longueur de journées, te menaçant de mort si tu oses essayer de t'échapper...


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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Caiden Munroe le Ven 3 Aoû - 20:17


Huis-Clos
Fir Darrig


Je me déplace faisant attention aux derniers à terre pour aller me vautrer dans un fauteuil en face du canapé. Trop d'actions pour moi, il faut que je me repose. Et voilà, la petite qui part en éclats.

Parlez mieux du Chevalier Jamieson ! C'est un GRAND soldat ! Il a fait des tas de guerres et il n'a abandonné personne ! Que son village de merdeux là, où ils ont pendu son oncle et personne n'a levé le petit doigt ! Et c'est le joli garçon qui l'a attaqué comme un maraud, et un faquin, et un butor et... ! Et vous, vous allez tous boire un verre et vous asseoir, et discuter gentiment, pendant que le petit dort... sinon c'est moi qui vous trousse les esgourdes, tout grands flandrins de mes bottes que vous soyez !


Quel langage chez ce tout petit machin. Et le dong me tire un bâillement alors que je m'enfonce un peu plus dans le fauteuil en pliant mon mouchoir afin de le ranger correctement dans ma poche.

Et ...et... Ta gueule !

Whoua ! Mais ... Whoua ! Mais ce langage. C'est ainsi qu'ils éduquent les enfants en ville ? C'est pire que les charretiers de la campagne, dis donc ! Tien, voilà que le chevalier se met à parler.... UN GRAND SOLDAT... tchè ! Futile ! Quelle idée d'aller offrir sa vie comme ça ? C'est déjà trop fatiguant d'y penser !

Tout ça est un malentendu. Moi, je n'ai corrigé aucun freluquet aujourd'hui ; lui-même m'a fait plus de peur que de mal ; Nilsen n'a probablement égorgé aucune chanteuse, ça serait au-dessus de ses forces ; toi, Nilsen, si tu ne veux pas qu'on te croie des accointances avec quelqu'un, cesse de t'exprimer comme si tu le connaissais depuis toujours, tu ne fais que t'enferrer... on en reparlera entre adultes.
Et vous, jeune monsieur, je vous prierai de respecter une maison en deuil, au lieu de répandre des insanités devant des orphelins en bas âge ; votre calme est cependant le bienvenu dans ce chaudron du diable.


Un petit sourire moqueur lui répond et un regard qui se tourne vers la petite fille. Tiens, tiens, tiens, une maison endeuillée ? Avec de telles professions ? Avec de telles actions ? - Souvenir du vieux couple entremêlé.

Dis p'tite ! Lui là - montre Colin - c'est un quoi déjà ? Faquin ? Maraud ? Butor ? Et lui - montre Breac -, il vient de quel village ? Un village de merdeux ? C'est ça ? Dis moi tu as un vocabulaire très fleuri pour une maison endeuillée ? Ces hommes t'apprennent vraiment de drôles de mots... Continue comme ça, tu les mèneras à la baguette ! Mais sinon, merci pour la boisson...

J'attrape la chope avant de me replonger dans le fauteuil. Et je retourne à mes observations. Euh ... il fait quoi là ? Il va le tuer !

Que fais-tu ? Tu vas le tuer !


Il résume bien la situation le bougre. Ah, tiens voilà qu'il se réveille.  Le vieux le trimbale tant bien que mal vers le canapé en face de moi et lui refais le bandage.

Heureux de te revoir, Chevalier Jamieson. On s'ennuie jamais avec toi, entre tes lettres et... ça ! Maintenant, te voilà avec des mômes ! Puis pas la moitié d'une pisseuse ! La Babette a raison, on va s'asseoir, boire, et discuter, puisqu'on est entre frères de sang. Tu vois, Teàrlach, même ce forban le dit, que je ne pourrais pas égorger qui que ce soit, regarde-moi, déjà complètement épuisé par un peu d'action ! Je vais faire les présentations, puisque tu n'es pas décidé à les effectuer, Ailean.  Le chevalier et moi, on se connaît depuis toujours, on vient du même village de merdeux. Oh quoi c'est vrai, c'en est un, elle a déjà tout compris ! Le joli garçon, c'est Colin, Colin Smith, il dort chez moi, et, et,


Et quoi ? Y'a quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe entre eux ? Ooooh ! En fait, le vieux trompe le deuxième avec le jeunot. D'où la dispute de palier ! Oh ! Je frappe mon poing dans ma main mentale.

c'est quasiment mon fils maintenant.


Déception.... Mon joli raisonnement vient de tomber à l'eau ! Sauf ... sauf, si y a mauvais rapport ... Enfin voyez comme parents et enfants.... Normalement, ce genre de rapport ne devrait pas exister.... Mais déjà qu'il s'offusquait que je lui prête relation avec l'autre homme... alors là, il risque d'avoir effondrement de la maison...

Et Teàrlach... c'est Teàrlach, on a eu quelques affaires ensemble, un bon gamin, même s'il refuse de me croire.


Je regarde l'autre homme qui respire à la fenêtre. Des affaires ? Quelle genre d'affaires ? Bons ? Mauvais ? Malsains ? Inavouables ?

Et le godelureau, je ne sais pas qui tu es, mais tu n'as pas intérêt à t'approcher à nouveau de Colin ! C'est toi qui a provoqué ça, n'est-ce pas ?


Je passe un oeil par dessus le dossier... de quel godelureau, il parle ? Je vois le sang qui continue de perler sur le tissu sale en face de moi. C'est beau mais... un peu salissant. Puis ce tissu gâche la couleur. je ressors mon mouchoir en soie et je le tends au vieux. Puis, je baille.

Enchanté, Caiden. Ce vieux tissu pourrait aggraver les choses. Il a en plus traîné par terre.

Je prends une gorgée.

o.o:
Gardes, à moi ! : Le sergent Garcy, toujours troublé par sa vision et poussé par les clients du salon de thé, rencontre une patrouille de collègues qu'il invite à l'accompagner. Hélas, pour lui, il ne retrouve que des personnes autour d'une bière qui discutent. Hallucination ? Peut-être a-t-il besoin de prendre un repos supplémentaire ? Ces collègues le charrient de les avoir enjoint à sortir de leur ronde alors qu'ils n'ont pas que cela a faire. Cela sent les représailles à la caserne.

Rien ne se passe : Continuons ainsi !

Fiche codée par NyxBanana

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Inconvénients : fascination pour la couleur rouge, s'incruste chez les gens


Réside au Manoir McLean dont sa mère est la propriétaire

Une barque emplie de tristesse
Dérive dans une mer d'arbres, ballottée en tous sens
Elle transporte des âmes égarées
Le ciel s'éclaircit dans un instant de silence
Les gouttes du temps qui coulent sur les feuilles
Finissent par retomber sur le sol comme nos prières innocentes
Et même si ce qui se reflète à la surface de l'eau
N'est qu'un cercle de drames incessants
Tout homme se blesse un jour et porte sa douleur comme un fardeau
Blessant les autre en retour sans y penser
Alors qu'un horrible vent de cruauté se déchaîne sur nous
Je garde mes précieux sentiments bien enfouis au fond de mon coeur
En remontant les dunes dans le noir
On trouve un papillon ambré teinté de bleu
Tremblant, il porte sur ses ailes
Les mots du passé
Et si ces clés rouillées
Sont notre seul espoir
Nous devons protéger notre trésor
Avant que même l'amour ne devienne un crime
Enfonce la porte du désespoir pour aller de l'avant
Même dans un monde d'altruisme
Accepte la vérité, les mensonges, les trahisons et les péchés
Car ils sont à la fois forts, doux et fragiles
Toi qui supportes ce destin tragique
Toi qui luttes contre la pendule qui annonce le désastre
Peut-être qu'un jour tu lèveras les yeux vers le ciel
En priant pour entendre résonner une mélodie de paix...
Tes larmes de frustration sont des embruns argentés
Même dans un monde d'altruisme
Tu te souviens toujours clairement
Des esquisses d'un rêve passé
Tout homme se blesse un jour et porte sa douleur comme un fardeau
Blessant les autre en retour sans y penser
Alors qu'un horrible vent de cruauté se déchaîne sur nous
Je garde mes précieux sentiments bien enfouis au fond de mon cœur

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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

Message par Ceann-Uidhe le Ven 3 Aoû - 20:17

Le membre 'Caiden Munroe' a effectué l'action suivante : Le Destin


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Cycle 4 Re: Huis-Clos [Colin, Alasdair, Caiden et Tearlach]

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