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Été 1761, Édimbourg, Écosse. Les vagues frappaient contre la rive en un bruit constant et répétitif, comme une douce berceuse chantée par la mer du nord, une caresse légère sur votre front, un tendre baiser rassurant de la nature. Tout indiquait un matin normal sur les quais du port de Leith, si ce n’étaient les corps inertes qui flottaient comme des billots de bois mou abandonnés. Six corps. [...] Lire plus.

Les morts gouvernent les vivants

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Cycle 4 Les morts gouvernent les vivants

Message par Deirdre Fairbairn le Sam 16 Juin - 16:54




Les morts gouvernent les vivants

Les pieds dans l'eau, le regard dans la vague, Deirdre semble déconnectée de la réalité. Indifférente aux va-et-vient des vagues le long de ses jambes, la Ceasg est perdue dans ses pensées. Ni le froid qui lui engourdit les sens ni le vent qui souffle à ses oreilles ne réussit à l'arracher à sa douce tourmente. Rivé sur un point quelque part au loin, son regard est vide de toute émotion. Disparue l'étincelle de joie qu'elle avait connue les dernières semaines. Et avec elle, l'envie de courir les rues pour répandre sa bonne humeur, de gambader... De vivre pleinement. Son teint est cireux, des cernes creusent ses yeux, ses lèvres sont pincées... Plus que fatiguée, elle semble complètement abattue. Et elle l'est, après tout.
Combien de temps a passé depuis qu'on le lui avait annoncé ? Un jour, deux ? Une semaine ? Qu'importe. Ça n'a aucune importance. Les faits sont là. Kath est morte.

Sa Kath. Sa meilleure amie. La rouquine avec son accent français et son attitude joviale, sa combativité et son optimisme. Morte. Cela résonne comme une mauvaise blague. Une pitrerie de mauvais goût. La gamine s'attend encore à ce qu'on lui dise que ce n'est qu'une farce. Qu'on voulait juste se moquer d'elle. Mais rien ne venait.
À tendre bien l'oreille, elle l'entendait encore lui dire : «C’est comme si le seigneur nous envoyait un signe, tu comprends ? Ce n’est pas un hasard. Ça signifie que nous devons compter l'une sur l'autre dans ces épreuves. Et on en ressortira plus fortes et plus heureuses, j'en suis persuadée ! »
Foutaise. Si le Seigneur avait voulu leur envoyer un signe, pourquoi arracher ainsi la jeune femme à la vie...
Elles étaient censées en ressortir plus fotes ! Plus heureuses ! Ensemble !
Et v'là que Deirdre se retrouve la seule surivante du tandem.

Cette foutue fièvre l'a emporté. Si vite qu'elle ne s'en était même pas rendue compte. En apprenant la cause de son décès, un doute s'est créé chez la bâtarde. Et il persiste, lui tord les entrailles, la bouffe de l'intérieur... Et si elle est responsable de l'infection de Katherine ? Deirdre avait bien contracté la maladie avant, il était bien possible qu'elle l'ait refilé à la jeune femme. Inconsciente qu'elle était ! Elle avait continué de sortir, de côtoyer les autres, elle avait simulé, fait comme si de rien n'était, comme si elle allait bien et résultats des courses... Elle est peut-être la cause de la mort d'une personne si importante à ses yeux...

Ces pensées l'ont tourmenté depuis la minute où on lui avait dit et cette fois, elle a eu besoin de s'enfuir. Naïvement, elle a cru se sentir mieux en mer. Les fléaux l'ont toujours apaisée, elle s'est toujours calmée au contact de l'eau avec sa peau, même face aux pires épreuves. Pourtant, cette fois, on ne pouvait vraiment rien pour elle. Assise depuis des heures, elle ne ressent aucun changement dans son humeur, dans son état. Pire, la solitude lui pèse et empire la situation. Quelle idée qu'elle a eu de s'éloigner. Elle pensait que ça serait mieux que de barboter au port, mais le silence qui régnait ne faisait que la mettre à mal et réveiller son angoisse.

Finalement, elle se lève pour rentrer, le besoin du contact humain se faisant ressentir. Aussi préoccupée qu'elle l'était, elle n'a même pas remarqué l'arrivée d'une autre personne qui, non loin, semble s'adonner à la même activité qu'elle ; fixer indéfiniment l'océan pour Dieu seul sait quelle raison. Son regard s'arrête longuement sur l'inconnu et elle met quelques secondes à reconnaître son employeur. Enfin son oncle. Enfin...
Elle n'a revu Àdhamh depuis les funérailles. Elle était restée en retrait, elle avait vu les gens défiler pour présenter leurs condoléances au fiancé de la défunte. Elle ne lui avait même pas parlé, ce jour-là. Elle avait tourné les talons et s'était terrée chez elle. Elle n'était pas non plus retournée à la boutique, elle n'avait aucune idée si le patron l'avait ouverte ou pas, au final. Elle ne sait rien des protocoles en cas de mort, de toute manière. Quelle est le temps convenable avant de revivre, de continuer sa vie, d'arrêter de porter du noir et tout le toumim pour les gens de la haute... Et pour ainsi dire, Deirdre n'en a que faire.

Elle hésite à l'aborder, fait volte face, s'arrête, revient. Et puis zut. À pas lents, sûrement pour donner inconsciemment à son oncle de se rendre compte de sa présence, elle s'approche de lui, cherche quoi dire, hésite à nouveau. Un soupir s'échappe de ses lèvres avant qu'elle ne s'installe finalement à ses côtés, silencieuse. Parce qu'il n'y a pas de mots adéquats dans son vocabulaire pour ce genre de situations. Si tu ne sais pas quoi, ne dis rien, comme le dirait si bien sa mère...
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