1762 - L'été de l'année dernière, Édimbourg, Écosse. Les vagues frappaient contre la rive en un bruit constant et répétitif, comme une douce berceuse chantée par la mer du nord, une caresse légère sur votre front, un tendre baiser rassurant de la nature. Tout indiquait un matin normal sur les quais du port de Leith, si ce n’étaient les corps inertes qui flottaient comme des billots de bois mou abandonnés. Six corps. [...] Lire plus.

Sirènes du port (ft. La Dëlë)

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Cycle 4 Sirènes du port (ft. La Dëlë)

Message par Moncha Maradhearg le Ven 1 Juin - 21:29

Trotte, trotte, petite Moncha. Le bateau vient d'accoster, et tu dévales la passerelle comme si ta vie en dépendait. En même temps... ta vie en dépend. Il est peut-être là, ton Amour, au milieu des visages qui défilent, une ombre dans la foule, tu t'imagines déjà le croiser, le reconnaître, qu'il te reconnaisse surtout, et son regard qui pétille, son sourire qui s'agrandit et ses bras dans lesquels tu peux aller te blottir. Enfin.

Non ? Non. Point d'amour au port, de grand comme de petit d'ailleurs. Qu'une foule d'inconnus qui te frôlent sans te voir, ou c'est plutôt toi qui ne les regarde pas, ce n'est pas eux que tu cherches, pas eux qui doivent t'attendre. En même temps, tu imaginais quoi, petite sirène ? Tu te mords la lèvre, vexée d'être si prévisible, vexée d'être si ridiculement blessée...

Il pleut.

Tu serres ton petit baluchon contre toi et te faufiles sous le premier porche qui passe. Stupide Moncha, stupide petite sirène qui pensait que tout lui était dû.

"Mademoiselle ?"

La voix te fait sursauter. Est-ce Lui ? Non. Un autre, pas si mal, mais pas très... enfin, moins quoi. Il sourit. Il est bien habillé et il te sourit. Moncha ? Tsss... regarde toi, petite Narcisse, à tomber sous le charme de ton propre reflet. Mais voilà, c'est plus forte que toi. Tu te fanes loin des yeux des autres. Et le voilà, l'autre endimanché, avec son air satisfait qui te dévore du regard faute de mieux. Alors avec ton plus joli minois désolé, tu pares ta voix de teintes de perles.

"Pardon, je vous dérange. J'allais partir."

Tu t'exécutes et comptes les secondes dans ta tête. Trois, deux... un. Sa main se pose sur ton épaule pour te retenir. Tu souris de plus belle, amusée du petit poisson que tu viens de pêcher dans tes filets.

"Vous ne me dérangez pas du tout, au contraire. Vous venez d'arriver ?"

Moue de petit mulot perdu et grands yeux de biche inquiète, tu le sais, si tu le joues bien il va finir par t'offrir le gite et le couvert. Peut-être aussi son lit, mais après tout, tu n'es plus à ça près n'est-ce pas ? Encore un que la vieille n'aura pas.

"Je débarque juste... je ne connais pas encore bien la ville.."

Il semble hésiter, et tu le désires encore plus. Tu réajustes une mèche de tes cheveux mouillés, geste inutile sauf que tu l'as fait avec ta grâce de sirène, comme tu avais vu ta mère le faire quand tu était petite.

"Je peux peut-être vous aider ?"

Il  a l'air sincère le bougre. Mais si tu acceptes trop vite ça va sembler étrange. Tu pars dans un éclat de rire.

"Merci mais si je me retrouve à dîner chez un inconnu à peine descendue du bateau qu'est-ce qu'on va dire de moi ?
- Oh mais je n'habite pas ici, s'amuse-t-il. Même si j'aimerais bien."

Il se tait. Et oh mon dieu que son silence entendu t'énerve, petite sirène. Tu tords le cou pour voir à l'intérieur, mais à part une lumière qui filtre sous la porte entrebâillée, il n'y a pas grand chose à voir. Sauf qu'il a surpris ton manège le bougre, il doit sentir la curiosité qui te ronge et avec le plus grand calme du monde, te propose de l'accompagner à l'intérieur.

Pardon ?

Tu es ravie, bien sûr -comment ne pas l'être. Mais tu n'es pas non plus tombée de la dernière pluie. Tu connais tes charmes, tu sais que tu pourrais l'envouter au bout de quelques notes et que peu d'hommes ne te résistent seulement... il y a anguille sous roche.

"Et qu'est-ce que je vais trouver à l'intérieur ?"

C'est à son tour de s'amuser.

"Entre et tu verras bien."

Le pire c'est qu'il a raison. Qu'il t'a traitreusement piégé. Alors tu acceptes le bras qu'il te tend, et songe avec malice que tu te vengeras à l'intérieur en lui faisant les poches.

...

Il s'est passé quoi, Moncha ? Pas exactement ce que tu avais prévu hein ? En même temps est-ce que tu pouvais prévoir que tu te retrouverais sur un sofa recouvert de velours, à moitié nue, un verre de champagne à la main et caressant les cheveux d'une inconnue qui vient de s'endormir sur tes cuisses ?  Probablement pas. Et le pire, petite garce de sirène, c'est que ça te plait. La tête te tourne un peu, tout semble irréel, tout le monde te regarde, il y en a même un qui te ressert à boire, glissant au passage une main sur un de tes seins.

Et alors, tu l'abandonnes ton grand Amour ? Tu as trouvé mieux tu crois ? L'alcool te rend méchante, tant pis pour lui, si ça te trouve il n'est même plus à Edimbourg. Vas-t'en petite voix tu ne vois pas que je m'amuse ? Et la vieille n'est plus là pour gâcher la fête.

Et te voilà qui dodeline de la tête, tes yeux te ferment et la coupe glisse de ta main endormie.

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Cette nuit était la dernière où elle respirait le même air que lui,
où elle pouvait regarder la mer profonde et le ciel étoilé.
Une nuit éternelle, une nuit sans rêves l’attendait, puisqu’elle n’avait pas d’âme.
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Cycle 4 Re: Sirènes du port (ft. La Dëlë)

Message par Delëphaïne O’Hayre le Sam 23 Juin - 22:05

ça lui r’vient comme des illusions, chaque fois qu’ses mirettes s’ferment, dans l’creux d’ses paupières, elle s’voit s’saisir du coupe papier qui n’est désormais plus dans ses appartements. La petite lame comme une complice dans l’creux d’sa pogne, qui n’a rencontré qu’un œil et un nez avant d’disparaître. Ces petites rêveries font r’trousser sa bouche d’une grimace, elle s’srait cru meilleur pour c’genre d’chose, à croire qu’elle est plus douée avec la fiole d’un poison qu’la petitesse d’une lame.

Sa propre comptine lui taquine l’esprit, quand elle reste dans l’silence à contempler son or, ou l’rien, muscat de cauchemar qui lui taquine l’cerveau. Faut croire qu’elle s’rait presque déçue d’avoir tant peu fait la nique aux vivants et d’pas avoir tué les bonhommes…v’la donc un problème de conscience d’pas avoir été à la hauteur !
Est-ce qu’elle s’chagrine de c’qui vient d’se passer ? C’qui s’est passé ? Foutre dieu que non ! La maquerelle a bien d’aut’e chat à fouetter et d’chose à vivre. Elle pige juste qu’une folie passagère lui a fait avoir l’grain d’folie d’trop et vl’a qu’elle envisage d’se rendre voir un certain bonhomme pour lui compter l’or. Ouai, une joyeuseté dans l’ciboulot que c’t’idée, faire chanter les bougres avec facilité. Elle sait les noms, lui manque pu qu’à aller s’présenter. Tout dans l’audace, y a pas mieux en vérité.

Dans l’isolement de sa piaule, corsage pourpre pour embellir l’pâle d’son cuir, la putain sait l’temps qui file à l’extérieur, la fête qui bat son plein, elle préfère s’souvenir, fumer, bientôt, elle s’réveillerait d’nouveau avec une migraine en caboche. Sans savoir pourquoi, ni comment…d’ailleurs la dernière crise de somnambulisme a eu l’don d’la foutre dans l’interrogation, elle sait pas bien pourquoi ça lui arrive, ni comment mais v’la qu’elle s’met à marcher dans la nuit…

La Délè reste donc à ses pensées, la nuit payée en avance pour la fête, elle n’finit par s’faire déranger, quant un d’ses petits vient lui murmurer la prise d’ce soir. Elle sourit comme la diablesse qu’elle est, tout l’plaisir va être pour elle, et dans l’idée de faire d’une pauvr’ fille sa nouvelle proie, elle quitte sa place, pour parvenir au salon où l’on a collé la belle endormie.

Patience est pas dans sa nature, à la Délé, elle dévisage la donzelle sommeillant, revêtue comme y faut, l’matin va cogner, alors elle attends, avec patience, jusqu’à voir son minois s’éveiller. La magnifique Ceasg s’expose tout en prestance, lui crachant à la gueule c’t’essence qui est sienne, jusqu’à finir par sourire d’ses lèvres cramoisies. « Alors, comment qu’tu comptes me payer c’que t’as consommer hier soir ma p’tite… tu m’dois pour cher, et s’tu veux pas que j’appelle les gardes, pour qu’ils t’embarquent au château, va falloir m’trouver une solution, ça revient cher, le champagne. »

V’la c’qu’elle lui balance la gérante d’la taule, sans même un brin d’émotion dans la voix, ni d’tendresse, pourquoi faire, hein ? Ce serait bien mal la connaître. C’genre d’chose, ça s’mérite, pis s’tout. Elle inspire, avec aisance et attends bien. L’avantage, c’est qu’elle est pas dégoutante c’te petite et visiblement pas farouche, pas vierge probablement…mais plutôt avec c’quelque chose de pas si mal…autant s’le dire, la matrone imagine déjà tout l’argent qui pourrait découler d’la petite…


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Cycle 4 Re: Sirènes du port (ft. La Dëlë)

Message par Moncha Maradhearg le Dim 24 Juin - 22:55

« Alors, comment qu’tu comptes me payer c’que t’as consommer hier soir ma p’tite… tu m’dois pour cher, et s’tu veux pas que j’appelle les gardes, pour qu’ils t’embarquent au château, va falloir m’trouver une solution, ça revient cher, le champagne. »

Non. Oui. C'est. Quoi ?

Réveil en ressort, crâne qui résonne comme un tambour et le coeur qui veut s'enfuir en sautant du bord des lèvres sur lequel il est posé. Tu ouvres un œil, petite sirène, un peu vaseuse, te demandant ce que tu as fait la veille et pourquoi ces odeurs de luxe et d'alcool qui parfument la pièces, et d'ailleurs d'où sort cette pièce et pourquoi elle t'agresse comme ça l'autre... ? Tu la regarde, fascinée et hébétée à la fois. Tu n'as jamais vu de femme aussi bien en chair, et sa peau laiteuse t'attire comme un papillon de nuit. Ça accroche la lumière, et il y en a tant qu'on a envie de s'y blottir tout entier, de mordre dedans, de griffer. Voilà à quoi tu songes en remettant de l'ordre dans tes cheveux endormis, essayant de rester digne malgré le vertige, malgré la tête qui sonne et le corps qui ne suit plus vraiment.

Payer... le mot te fait mal à la tête, tant par le volume sonore que par ce qu'il implique. Hors de question de payer, c'est que tu y tiens à tes trésors, et puis ce n'est pas toi qui as voulu venir ici, c'est l'autre qui t'y as emmené, cet homme au sourire trop grand qui lui allait comme un costume qu'il aurait emprunté.

Soupir. Tu te redresses sur un coude, remonte un tissus sur ta poitrine, pas par pudeur non, juste parce que tu commences à avoir froid.

Moncha ?

Ah, te voilà vexée petite sirène. Tu comprends. Tu comprends que la grosse lumière pâle, elle est propriétaire du lieu et que le lieu, c'est là où vivait ta mère, avant. Ce genre de lieux. Elle aussi elle a dû s'endormir un soir dans des draps de soie et se réveiller le matin avec des dettes à plus savoir où les ranger. Piégée la sirène, pêchée comme un vulgaire poisson d'eau douce. Malgré ton corps qui fatigue tu comprends plus vite qu'hier soir dans quel genre d'endroit tu as atterri. Si tu pouvais tu en pleurerais de rage. Pas d'être ici, mais de devoir quelque chose. A elle. Elle est belle, elle te fascine toujours autant, pour un peu elle te ferai oublier ton Amour. Tu ricanes. Ce pauvre Amour tu peux faire une croix dessus, pas en étant prisonnière ici.

Tu ne demandes même pas combien tu dois. Tu sais que tu n'as pas le choix, tu le vois dans son regard noir et brillant du pêcheur sûr d'avoir ferré le bon poisson. Alors tant pis ? Non. Elle veut que tu restes pour payer ? Un sourire s'étire sur tes lèvres rosées. Ca te froisse ton orgueil de sirène d'être ainsi captive, par ta propre faute en plus. Mais pas le choix. Et puis... et puis tu avais aimé la soirée de la veille alors pourquoi s'en priver ?

"Je n'ai que moi à proposer", dis-tu en allumant des incendies dans tes yeux de biche.

Bon, de biche pas très fraiche, mais de biche quand même. Et tu as tapissé ta voix qui pâtine d'un peu de miel et de velours. Tu lui feras payer, à ta lumière blanche, de te piéger ici. Puisque tu ne peux pas partir d'ici c'est elle qui finira par te garder ici, et pas pour des raisons mercantiles, non. Cette grande pâleur là, tu la veux dans ton lit.

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Cycle 4 Re: Sirènes du port (ft. La Dëlë)

Message par Delëphaïne O’Hayre le Lun 25 Juin - 21:20

Comme toutes donzelles d’lendemain d’soirée, elle fait grise mine. Cheveux d’broussaille, minois de débauchée, attitude d’égarée alors qu’l’alcool a dû lui ceindre la tête d’une couronne d’douleur. C’qu’elle relui pas trop, sous ses airs d’pocharde d’lendemain, la Délè pourrait t’être douter d’son charme fragile, si elle avait pas c’ptit rien qui dit tout. Pas bien épaisse, même maigre, elle plairait pourtant, t’être la finesse d’sa bouille qui f’rait tout. L’œil d’la géante détaille, dévisage, elle envisage même faut dire, savoir combien lui ramènerait la gueuse, combien elle lui ramènerait pas…mais elle f’rait un bon chiffre, et elle aurait bien intérêt à en faire !

Comme l’dragon millénaire, elle s’met à fumer, tirant sur l’baton d’cigarette l’nectar fumeux qui jaunit ses canines. La donzelle s’réveille, c’qu’elle prend trop son temps, faudrait qu’elle apprenne à activer son petit fessier mais allons, faut pas être dévoreuse d’entrée, v’la qu’elle a déjà l’possible d’renouveler l’stock de chair, d’la nouveauté pour c’client qui saurait voir la beauté de la petiote.

« Qu’toi ? Tu penses valoir assez pour rembourser c’que tu m’dois ? T’es bien présomptueuse ma p’tite. » Jamais flatter la chose qui s’tient à vos pieds, jamais lui laisser piger l’emprise qu’elle pourrait avoir si vous lui r’connaissiez que’que chose. Jamais. Elle d’vrait être comme les autres, déceler l’bien du moins bien d’ce qu’peux dire la Délé ! Faire du mieux, mais elle découvrir le bordel de tout ça, bien plus tard.

« C’comment qu’on t’appelle ? » V’la qu’elle veut savoir son patronyme, histoire d’lanommer comme il faut. Elle s’fiche bien d’la nommer comme il faut, pour l’instant, elle calcule d’autre choses pour la gueuse, notamment combien elle pourrait lui rapporter. « Lèves tes miches, suis-moi… »

La dame s’bouge, elle s’redresse et avance, sans ‘lattendre…tout c'qu'elle fait, c'garder l'silence et l'emmener vers sa piaule, celle privée pour s'installer à son bureau et prendre son carnet, c'ui avec le nom des filles, elle lui énumère, à la petite, tout c'qu'elle doit à la taule, déjà, et faut pas croire, mais c'te liste, elle f'rait que s'allonger. Condamner la petite sirène..."Vas-y, dis-moi c'que tu sais faire..."

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Cycle 4 Re: Sirènes du port (ft. La Dëlë)

Message par Moncha Maradhearg le Jeu 28 Juin - 22:58

« Qu’toi ? Tu penses valoir assez pour rembourser c’que tu m’dois ? T’es bien présomptueuse ma p’tite. »

La remarque te pique au vif, petit sirène. Une colère froide illumine tes yeux noirs, tu t'efforce de chasser bien vite. Te recompose un visage de poupée, te passe la main dans les cheveux et t'étire comme un chat.

"Je resterai ici le temps qu'il faudra."

Elle ne t'impressionne pas, la grande pâleur. Peut bien dire ce qu'elle veut, tu sais ce que tu vaux.

« C’comment qu’on t’appelle ?
- Moncha.
- Lèves tes miches, suis-moi… »


Le sol est encore un peu traitre mais tu ne laisses rien paraître et trotte derrière la maîtresse de maison.

"Vas-y, dis-moi c'que tu sais faire..."

Tes grands yeux vont du carnet à ses gosses hanches, et de ses hanches au mobilier, pour revenir vers sa bouche peinte qui donne l'impression que tu vas te faire manger toute crue. Tu souris. Jette légèrement la tête en arrière, et, bien campée sur tes pieds, te met à chanter.

N'ayant pas choisi ce que tu désirais de la grande lumière pâle, ta voix est inoffensive. Mais si l'autre n'est pas trop stupide -ce dont tu ne doutes pas- elle saura en comprendre le potentiel.

"Je suis assez débrouillarde et imaginative, poursuis-tu, la voix encore chargée de notes hypnotiques. Et je n'ai pas peur de m'économiser, ou ce genre de choses. J'ai l'habitude, je sais ce qu'ils veulent, et je sais leur donner."

En chacun d'eux tu piègeras cet Amour que tu ne saisis plus.

Une tristesse résignée voile tes yeux, t'enfoncer dans cette voie t'éloigne de lui et tu le sais. Mais elle t'a piégé encore une fois, la madone aux lèvres rouges. Pas par l'argent, ni par les dettes, non. Juste en insinuant que tu pouvais ne pas attirer tous les regards. Cet endroit deviendra ton nouveau terrain de jeu, tu t'en fais la promesse, et souffrira de ton départ. La vengeance est un plat qui se mange froid.

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Cycle 4 Re: Sirènes du port (ft. La Dëlë)

Message par Delëphaïne O’Hayre le Sam 14 Juil - 8:50

Elle est piquée au vif, la p’tiote, comme qui dirait trop orgueilleuse pour s’laisser faire, pour n’pas dire qu’elle sait, qu’elle pige comment qu’on fait pour vider les bourses d’ces bonhomes qu’on affectionne pour une nuit voir l’heure. Non parce que les clients y défilent pendant la nocturne, un, deux ou trois, parfois jusqu’à Sept, qui vous passe sur l’corps et s’tirent. Y a pas beaucoup de bonhomme qui dure la nuit, faut pas y croire à c’genre d’baliverne, ils ont parfois à peine l’temps d’s’essoufler qu’ils ont déjà lancée l’breuvage d’leur corps !

Son nom importe peu à la Délè, Moncha…vu sa bouille de douceur aux alentours d’orgueil, elle s’ferait renommée comme chacune ici bas. Elle a l’genre romain, plus qu’écossais, avec sa tignasse sombre et ses traits fins. Ça plairait, ça plait mieux qu’les cheveux clairs qu’on voit à foison dans c’bonhomme de vie.

L’gosier vient de chanter et vl’a la Délè à envisager, elle connait qu’une sorte d’chanteur dans les monstres d’tout poil, l’même genre qu’elle et d’ce fait, ça lui fait un pas si mauvais point à c’te gosse. « Bien beau d’pousser la chansonnette, ça m’dit pas si tu sais astiquer une queue comme il faut. Les hommes payent pas pour s’faire chantonner, c’qu’ils préférerons dans ton gosier, c’l’idée de l’assaillir d’foutre chaud. » Elle dit c’la d’un sourire sombre, un brin amusé à l’idée d’voir la petite s’faire ravager, et d’son orgueil, à c’moment, il en restera quoi ?

Elle lui fait signe d’s’asseoir, doucement, la Délé tend l’contrat qui fait aussi office de reconnaissance de dette, tout l’bordel qui rend la possession d’ses filles, un peu légal dans l’genre. D’ailleurs, elle lui laisse l’temps d’lire, si elle sait. Si elle sait pas, c’serait bien tant pis pour elle. « Signe. » Lui balance-t-elle sans délicatesse, s’prenant sa pipe pour en fumer un peu l’tabac.

Dans son assise, la voluptueuse créature dévisage celle qui fait pas sa moitié, faudrait qu’elle bouffe pour prendre un peu d’rondeur, d’celles qui seront nécessaire à sa rentabilité. « D’où tu viens petite ? » Savoir d’quel endroit elle a posé les miches d’abord. « J’vais te faire visiter, saches que maintenant, t’es fichée prostituée, dans la maison, t’as bien l’droit d’te balader l’cul à l’air, mais pour tes sorties t’faudra une robe impeccable, on en a. Mes filles, elles s’font pas remarquer en dehors, la première qui f’rait de la merde, j’lui en colle deux dans l’museau. Histoire qu’on est pas d’ces puritains prompt à nous faire la chasse à la sorcière. T’as deux jours d’sortie, jusqu’à
16 Heures, s’tu veux prier l’dimanche t’as l’horraire d’la messe matinale mais les bonnes dames apprécient fort peur d’voir des putins dans leurs églises. »
Elle s’relève, embarquant sa pipe, faisant piger à la gueuse de la suivre. « Si tu veux d’ton argent, je te donnerais de quoi sur tes travaux d’nuit et d’remboursement, mais bon, tu me dois déjà pas mal, ça f’ra que se rajouter, mais si tu veux acheter des minionetés qu’on a pas ici…pour l’reste, l’savon, l’parfum, tout le bordel pour t’embellir l’minois, y a une boutique au bordel. Ici, on s’lave et on sent bon…l’oublie jamais. »

Elle pourrait bien se demander c’quoi c’te lubie d’se laver, mais la sirène débordante n’supporte pas l’idée d’saleté, elle s’dit que ça vaut mieux que le suintement d’sueur qui vous colle au cuir. Pis dans c’métier, un peu d’toilette est toujours nécessaire, une prostituée à l’haleine d’foutre fait pas grand-chose à la clientèle…

"Viens que je te fasse visiter"

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Cycle 4 Re: Sirènes du port (ft. La Dëlë)

Message par Moncha Maradhearg le Dim 15 Juil - 20:26

" Bien beau d’pousser la chansonnette, ça m’dit pas si tu sais astiquer une queue comme il faut. Les hommes payent pas pour s’faire chantonner, c’qu’ils préférerons dans ton gosier, c’l’idée de l’assaillir d’foutre chaud.
- Je sais fredonner en travaillant si ça répond à la question."

Tes yeux noirs se plantent dans les siens, tranquille. Amusée presque. C'est que tu es fière de cette trouvaille. Pas un qui ne se soit plaint à ta connaissance. Au contraire, ils étaient plutôt du genre à en redemander.

Tu t'assieds, lis ce qu'elle te tend, et signe. Tu aurais pu ne pas le lire, tu sens bien que de toute façon le choix n'en était pas vraiment un.

"D’où tu viens petite ?
- D'Irlande, sur la côte."


Tu n'en dis pas plus, parler de là-bas c'est repenser à la vieille et tu n'en as absolument pas envie.  Que son souvenir finisse par crever comme elle l'a fait t'arrangerait bien.

« J’vais te faire visiter, saches que maintenant, t’es fichée prostituée, dans la maison, t’as bien l’droit d’te balader l’cul à l’air, mais pour tes sorties t’faudra une robe impeccable, on en a. Mes filles, elles s’font pas remarquer en dehors, la première qui f’rait de la merde, j’lui en colle deux dans l’museau. Histoire qu’on est pas d’ces puritains prompt à nous faire la chasse à la sorcière. T’as deux jours d’sortie, jusqu’à 16 Heures, s’tu veux prier l’dimanche t’as l’horraire d’la messe matinale mais les bonnes dames apprécient fort peur d’voir des putins dans leurs églises.... Si tu veux d’ton argent, je te donnerais de quoi sur tes travaux d’nuit et d’remboursement, mais bon, tu me dois déjà pas mal, ça f’ra que se rajouter, mais si tu veux acheter des minionetés qu’on a pas ici…pour l’reste, l’savon, l’parfum, tout le bordel pour t’embellir l’minois, y a une boutique au bordel. Ici, on s’lave et on sent bon…l’oublie jamais. »

Tu trottes derrière elle, note les informations, remercie, acquiesce, dresse une carte mentale des lieux.  Des questions ? Pas de question. Ravie de savoir que tu pourras faire régulièrement ta toilette sans passer pour une mijaurée. Au final, tu te dis que par rapport à ce que ta mère a connu, l'endroit semble plutôt rassurant. Avec un peu de chances, tu ne finiras pas comme elle. Oui, parce que l'idée t'a traversé l'esprit quand tu as paraphé ton prénom à la fin du contrat. La peur de finir seule et morte face à des portes closes. C'est pas tant que tu craignes la Faucheuse pourtant, tu as dans les veines la rage de la jeunesse qui rend éternel. Non, c'est que tu serais désespérée à l'idée de ne pas avoir eu le temps de faire tout ce que tu voulais. Et Dieu sait que tu débordes d'imagination.

Et soudain si, une question.

"C'est quel type de fréquentation exactement ici ?"

Faut dire que tu as plutôt connu la dentelle et la soie que la grosse laine et la boue, grâce aux gouts de la vieille. Et tu ne peux pas t'empêcher d'espérer que cela continue ici.

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Cette nuit était la dernière où elle respirait le même air que lui,
où elle pouvait regarder la mer profonde et le ciel étoilé.
Une nuit éternelle, une nuit sans rêves l’attendait, puisqu’elle n’avait pas d’âme.
Jusqu’à minuit, la joie et la gaieté régnèrent autour d’elle.
Elle-même riait et dansait, la mort dans le cœur.
 
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Cycle 4 Re: Sirènes du port (ft. La Dëlë)

Message par Delëphaïne O’Hayre le Jeu 16 Aoû - 11:04

Si la donz’lle prend les queues pour des marionettes, c’bien son problème. Mais s’pour vrai qu’cela f’rait du plaisir à ces bonhommes tous ravis quand il s’agit d’une bouche et d’leur oiseau. Comme s’était l’plus important dans c’bas monde, qu’les murmures qu’l’on peut leur dire sur le petit colibri. Elle tente d’jauger la géante, la fixe, la dévisage, comme si c’morceau d’petite chose pourrait faire vaciller la grande bonne femme.

D’ces yeux bichonné pour cajoler, elle la dévisage, avant de tout de même, laisser un rictus d’amusement lui barrer l’usine à parlotte. La Délè s’marrerait ? Oui, pas à s’esclaffer, mais v’la qu’la petiote détient un rien que beaucoup pourrait lui envier. Si elle veut jouer à la chantonneuse d’bijou, bah qu’elle fasse !

La pap’rasse s’fait, elle pose des questions, l’endroit d’où elle vient, elle s’moque bien d’la réponse. Soit. La Délè détaille ses petits airs, elle devine t’être un rien d’écossais, pis, faut dire, elle sait sentir ses semblables. Cette petite odeur d’sang qui vous chatouille la narine…elle s’dit qu’elle fait une bonne affaire. Pis son attitude lui rappelle des choses, comme si c’te gosse pouvait être intéressante. Fort probable qu’elle l’s’rait.

Elle l’embarque, lui cause. Et v’la la question. « ça va dépendre d’toi. T’as deux côtés, tout le monde commence côté port, bouseux, pécore, tout c’que tu veux…marin même. L’peuple quoi. D’l’autre, les bourgeois et raffinés, libertins et autres gugusse qui s’la jouent pomponés. Mais t’inquiète…quelle que soit le petit rien dont y faudra t’occuper, on vérifie les bâtons d’chair avant qu’ils n’aillent à la danse. C’comme ça… »

Dans toutes les maisons, t’as l’hôtesse qui jette regard, c’est comme ça, des fois, on peut deviner aux boutons et autres crevasses qu’la maladie est là. Ouai, c’pour ça qu’ce sont les anciennes putains qui ont chopé qui s’trouvent là. Quand elles sont pas dans les p’tits papiers, elles virent. Et vont crever ailleurs ou font des passes dans la rues. Peu importe.
Des fois c’est la Délè qui s’y colle même, des fois, c’est La Jouflue, une bonne p’tite, malheureusement inutilisable. Bref.

« Si l’client t’frappe, tu gueules. Sauf s’ila payé pour et que t’es okay. Mais pour ça, on a des filles spéciales. Si l’client t’réclame un truc que t’aime pas, mais que t’as pas le choix, tu fais. Ici, on fait pas l’coup d’lui coincer l’appareil ent’ les cuisses pour éviter la chose. Si je te chope à l’faire, sans que le bonhome te l’a demandé, ça va mal aller. »

On rechigne pas à la tâche, point barre. La Délè la lorgne pour qu’ce soit clair et continue. « Si l’client fait des siennes, sans qu’ce soit d’ta faute, je t’écouterais. Y a certain larron qu’on sait jamais…comment qu’ils vont t’rendre la putain. Te fait pas d’illusion, y a peu d’client qui paye la nuit entière. Tu enchaîneras les bonhommes comme toutes les filles. La moyenne c’est quat’ par nuit. »

Six pour les moins chanceuses, mais ces m’ssieurs ne tiennent pas plus d’une heure, parfois, un quart d’heure, tout au plus. L’temps d’va et vient. « L’sexe avec une autre te dérange ? » Elle manque un peu de pourlicheuse de bigorneau, elle a quelques voyeurs qui savourent c’genre d’chose, c’la pourrait la propulser certaines nuits du meilleur côté. Mais elle lui précise rien. « Fin, vu ta nuit, j’dirais qu’non, mais l’alcool… » Elle s’marre. « Allez, on arrive au poulailler. »

La Délè lui désigne les escaliers qui montent bien haut, au-delà vers l’grenier, et elle s’y engage. Déjà, les voix des donzelles s’font entendre. Elle d’vient plus maîtresse encore, et quand elle ouvre la porte, les poules cancanent, avant d’se redresser. Comme l’ballet des pondeuses, elles disent bonjour et s’redressent, quelques unes, se rapprochent et viennent cajoler la Délè, d’un petit rien, d’un petit geste tendre, un baiser, comme si elle fut l’mâle d’ces cancaneuses. « T’as été parfaite Mina c’te nuit.. » La favorite sourit et se hisse pour avoir un baiser alors qu’la Délè lui délaisse une magnifique brosse argenté pour les cheveux. « L’duc te remercie, t’a bien bossé, c’est d’ma part. » Un petit rien qui ravit l’regard d’la belle. Elle, elle a sa chambre. « Toi aussi La Blonde ! » Une peste se détourne, elle dévisage la Délè et lui fusille l’œillade. « J’vais t’foutre chez les pécores, ça va te ravaler ta gueule de saleté. » Balance-t-elle brusquement, en lui tendant un petit flacon de parfum unique en son genre, qu’elle prend d’un merci pincé. « R’gardez moi là celle là… » La Selkie est peste, elle veut sa peau, elle fait la gueule, des histoires qu’Moncha apprendrait.

« V’la notre petite nouvelle Moncha. La petite sirène d’la Taule. Mina, tu m’la surveilleras…allez, fait connaissance et filez-lui l’lit vide. Bougez vos culs, dans vingt minutes vous dormez toutes. On a du boulot ce soir. »


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Cycle 4 Re: Sirènes du port (ft. La Dëlë)

Message par Moncha Maradhearg le Ven 24 Aoû - 10:11

« Si l’client t’frappe, tu gueules. Sauf s’ila payé pour et que t’es okay. Mais pour ça, on a des filles spéciales. Si l’client t’réclame un truc que t’aime pas, mais que t’as pas le choix, tu fais. Ici, on fait pas l’coup d’lui coincer l’appareil ent’ les cuisses pour éviter la chose. Si je te chope à l’faire, sans que le bonhomme te l’a demandé, ça va mal aller. »

Sourire doux, main qui bat l'air pour dire "pas mon genre". Non pas que tu n'aimes pas faire mal mais t'es pas peureuse. Si on te demande un truc, tu fais, ça l'a toujours été.

"J'ai pas peur de la douleur ou du sang non plus."

Tu murmures ça, comme un aveu dont tu ne saurais pas quoi faire. Voix neutre et œil aux aguets pour voir sa réaction, à la Dëlë.

L'annonce de la moyenne fait pas peur, elle a même un gout de défi, hein Moncha ? C'est vrai que toi tu prenais ton temps, si tu en avais un dans ton lit chaque nuit c'était déjà pas si mal. Mais le lieu, ici, appelle à la compétition, et avant même que tu n'aies vu les autres filles tu as déjà envie de les dépasser. D'être la préférée de la grosse lumière pâle. Et puis, bon, si les appareils de ces messieurs sont surveillés alors pas de risque, moins, et plus rassurée la petite sirène.

« L’sexe avec une autre te dérange ?
- Pas du tout."


Réponse du tact au tact. Rarement essayé, mais de ce que tu te souviens de ta nuit passée, c'était pas désagréable. De plus, jouer avec un corps qui ressemble au sien a quelque chose de terriblement familier qui ne te déplait pas. Et puis, pas folle la sirène, tu sais le pouvoir hypnotique qu'a ce genre de scènes sur l'esprit viril et ça t'amuse.

Et puis elle t’emmène voir les filles, fait les présentations. Tu juges du regard la favorite en t'imaginant à sa place. De l'extérieur, tu as toujours ton regard de biche fatiguée et ton petit sourire. Mina. Et la grosse lumière de te coller dans les basques de l'autre, un court instant ça te met en rogne, t'inquiète aussi, les filles tu aimes bien pour jouer avec, pas pour fréquenter. Trop peur de la concurrence. Mais pas stupide, la sirène, tu sais que si tu ne te plies pas aux règles du lieu tu ne vas pas faire long feu, dette ou pas. Recompose un sourire, salue les filles et rejoins Mina. Va falloir se tenir sage, apprendre, et ensuite les dépasser. Mais en douceur. Sans qu'elles trouvent à redire. Et... qui sait, peut-être te les mettre dans la poche au passage. Pas si malheureuse d'être ici finalement.

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Cycle 4 Re: Sirènes du port (ft. La Dëlë)

Message par Delëphaïne O’Hayre le Sam 8 Sep - 8:42

La Délè marmone des choses à une des cheffe de cérémonie. Elle dévisage la p'tite qu'elle vient d'engager et s'méfie, par principe. Les donzelles qui s'pressent pas pour s'plaindre, c'qu'elles ont l'ambition d'leur nouvelle vie. Elle s'moque bien qu'ça lui plaise ou non, en la lorgnant, elle voit bien les billets qui composent sa silhouette, les pièces aussis et c'est avec un certain plaisir que la Délè s'dit que ça pourrait être fameux. Fameux d'la voir évoluer, qui sait c'qu'elle adviendra.

Bon s'pas que mais la géante va pas rester à leur tenir le crachoir, l'sommeil pour elle aussi est nécessaire, autant pas s'faire d'illusion, elle lorgne sur les belles et claque la fesse d'sa favorite avant d'quitter les lieux, peu importe c'qui se passerait, v'la qu'elle a une nouvelle donzelle dans sa taule et qu'la chaire fraîche s'met au plat du jour. Ça ne pourrait qu'faire du bien à la bâtisse, pis, la Délè sait pas c'qu'elle a, la nouvelle, mais y a ce petit rien qui lui fait avoir c'sourire de joviale. Elle serait pas si mal.

Enfin, tant qu'elle sait écarter les cuisses et séduire les bonhomes,c'bien tout c'qu'elle lui demande. Plus elle enchaînera et s'fera réclamer, plus la demoiselle pourra gravir les échelons à l'intérieur de la maisonnée. En tous cas, la Délè s'frotte bien les miens d'sa nouvelle acquisition. En s'dirigeant vers sa piaule, elle est certaine d'avoir fait l'affaire du scièle. Et alors qu'elle est presque à pénétrer sur son territoire, l'pas feutré d'sa favorite la rejoint, elle s'faufille en pouffant et va dans l'lit d'la maitresse d'la maisonnée, arrachant un sourire d'plaisir à Délè. V'la qu'elle dormirait point seule, enlaçant la donzelle c'qui lui irait parfaitement. Celle-là, elle aurait droit à un petit rien en plus pour l'plaisir d'ses beaux yeux.

Fin pour moi

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