Rejoins-nous!
Connecte-toi

Le bras blessé du lutin est là où le bât blesse le farfadet [Une production Colin & Al]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Cycle 3 Le bras blessé du lutin est là où le bât blesse le farfadet [Une production Colin & Al]

Message par Alasdair Nilsen le Mar 15 Mai - 23:26










Son petit protégé personnel lui avait fait un dessin. Le vieillard avait l'impression que c'était hier à peine que le môme était venu dormir dans la chambre d'enfant – il faut dire qu'en vrai de vrai, en temps réel, cela fait à peine quelques mois, hm hm. Cet enfant, qui n'en était plus un, semblait toujours en avoir le comportement. Cependant, Alasdair savait que ce coup de crayon n'avait pas pour seule vocation de lui faire plaisir. C'était en quelque sorte, son mode de communication à lui, sa façon d'écrire.

Écrire, le lettré lui aurait bien appris, s'il en avait réellement eu l'occasion. Trop dissipé, visites trop inattendues, une mémoire qui ne cessait de jouer des tours au petit Colin. Alors, à défaut d'avoir pu lui enseigner ce grand art si cher à son cœur, il avait pris l'habitude du sien. Lui-même, il lui était arrivé de laisser quelques séquences illustrées aux allures de proto-bande-dessinée sans texte. Son coup de main était meilleur que celui du jeune homme, mais il faut dire que le relieur-doreur avait toujours été plutôt habile de ses mains.

Cet être devenu cher à son cœur, qui faisait partie des quelques-uns qui comptaient vraiment, lui signalait lorsqu'il trouvait une nouvelle maison. Peut-être pas à chaque fois, mais, parfois, cela arrivait. Je ne sais pas si le lutin savait que ce vieil Alasdair s'inquiétait pour lui, s'il cherchait véritablement une protection, ou si simplement il disait tout à la figure paternelle que pouvait représenter pour lui ce veuf. Alors, il se rendit sur le port dans l'espoir de croiser ce môme des rues, éternelle herbe folle dont il n'aura rien pu faire. Il avait même mis une cravate rouge, ayant perçu le pouvoir de cette couleur dans les mirettes de celui qu'il allait voir. Le guedin connaissait un peu les habitudes du petit, habitudes que le petit ne connaissait peut-être pas lui-même, oubliant si souvent ce qu'il faisait, il savait donc à peu près où le trouver au milieu de ce grand quartier.

D'un côté, il aurait aimé réussir à ranger ce garçon, le rendre un peu moins bizarre, lui trouver un travail, une jolie petite femme à aimer ou à défaut une putain à serrer dans ses bras. Il aurait bien aimé faire de lui le fils qu'il n'avait pas eu, lui enseigner tout ce qu'il ne savait pas, l'empêcher d'aller chez n'importe qui voler n'importe quoi. Mais, il s'était aperçu fort rapidement qu'il n'en serait pas ainsi. Le garçon était trop libre, trop lui-même, pour qu'il en soit autrement. Et il ne pouvait s'empêcher d'aimer ça chez lui, cette façon de toujours regarder le présent en face, et d'oublier tout le reste. Et puis, c'était au moins un enfant rachitique qu'il aura pu aider, peut-être était-ce un peu mieux que ce qu'il avait avec avec d'autres, des enfants vendus à quelques mains sales, mains sales qui cependant avaient au moins le mérite de les nourrir.

Son cœur loupa un battement lorsqu'il arriva sur les quais. Cela s'affairait dur, comme toujours, la journée de travail allait bientôt toucher à sa fin. Ça gueulait un peu, ça puait la flotte et le poisson, et ça puait tout court comme partout dans la ville. Et il y avait ce petit corps sur les quais, bandé grossièrement au bras, qui semblait vaquer dans le vide. Et quelque chose n'allait définitivement pas.

Le vieillard courut à lui de façon dramatique en beuglant son prénom. En un souffle lui échappèrent les phrases : « 
As-tu mal ? Que t'est-il arrivé ? Qui t'a fait ça ? Il faut t'emmener à l'hôpital
 ». Ses yeux étaient comme affolés et regardaient partout, comme pour chercher de l'aide, pour savoir qui lui avait fait ce bandage, qu'est ce qui avait entraîné cette nécessité. Il lui prit la main doucement, observa son bras, il était entouré d'un morceau de tissu blanchâtre et sale, maculé de sang. Il pensa que cela allait s'infecter, il voyait déjà le petit perdre son bras. C'était un miracle qu'il en soit arrivé à son age intact avec la vie qu'il menait, le Fir Darrig en avait bien conscience, et c'était comme si aujourd'hui était la fin de ce petit miracle, que ce moment craint arrivait.

Il se plaça devant Colin, le prit par les épaules avec délicatesse, le regarda dans les yeux, espérant capter son attention, répétant à nouveau « 
Tu dois aller à l'hôpital, je vais t'y emmener, d'accord ?
 » mais cette fois-ci son ton était plus calme, plus caressant, l'enfant n'était guère obéissant, il n'était même pas sûr qu'il ait un jour mis un pied dans un hôpital. Mais toute sa panique se lisait dans ses yeux, dans ses mains qui s'enlevèrent des épaules avec nervosité, dans ses mouvements, ses mordillements de lèvres qui avaient presque quelque chose de drôle avec sa barbe qui lui piquait les babines. Le vieux n'aimait pas ça, ah non il n'aimait pas qu'on touche à Colin, et il était persuadé que quelqu'un avait touché à Colin, pas une seconde il n'avait envisagé un accident quelconque.

La maladie avait étreint son meilleur ami, qu'il avait cru perdre, vraiment, perdre, il l'avait vu mourir sous ses yeux cent fois dans ses rêves, et maintenant ça. Ce n'était pas juste à propos du bras de Colin, c'était à propos d'un être qui lui appartenait, et auquel il appartenait. C'était son chat errant, dont il prenait plus que jamais conscience à quel point il était sien, à quel point il ne voulait pas le perdre, et ce sang qui maculait le drap sale, cela le catastrophait, cela le catastrophait car c'était aussi signe de son corps abîmé, signe qu'il avait risqué sa vie pendant que lui faisait je ne sais quoi, je ne sais où, cela lui était insupportable. Et je vous jure qu'à cet instant, le vieillard aurait volontiers emprisonné le petit Colin pour que jamais, plus jamais cela n'arrive, et pourtant tout comme ce moustique, il l'aimait et la chérissait, cette liberté. Mais ces êtres qui vous échappent si facilement, ces êtres de fuite qui parcouraient sa vie, et cette conscience, plus présente que jamais à son âge et depuis la tentative encore récente de le tuer, d'être lui-même un être de fuite, de lui aussi pouvoir à tout moment abandonner ces créatures qui font vibrer son âme, il n'y avait rien de pire. Toutes ces lignes peu jolies et sans comique aucun pour dire qu'il avait peur de la mort, peur renforcée par son manque de foi en Dieu – rien de moins qu'une fable de bonne femme qu'on ancre dans la tête des enfants et qui reste dans celle des grands enfants qui croient encore au père Noël aux yeux de cet agnostique – et que tout ce sang l'y confrontait, ce qui lui tait fort désagréable et l'emplissait d'ennui.

avatar
Faileas

Messages : 39
Points : 92
Gnome !
Avatar : Christoph Waltz
Crédit : Vanderwood
Multicompte : /
Pseudo : Vanderwood

Taux d'abomination :
60 / 10060 / 100
Age : 55 ans
Métier : Relieur-doreur presque sans histoires
Pouvoirs : Mensonges imparables - Charmer les jeunes - Éveiller les peurs enfouies - Invisibilité de courte durée
Inconvénients : Farceur - Ses blagues vont souvent un peu trop loin - Incapable de laisser passer une défaite
Un nain de jardin te fait face. Il a encore la bouche pleine d'un tas de lettres qu'il a mangé : dommage, tu n'as plus que trois choix de réponses. Tu te retiens de pousser un cri devant une telle horreur et t'apprête à t'enfuir, lorsque tu t'aperçois que tu es encerclé par ces petits monstres
- Tu lui donnes un coup de pied : Vas en I.
- Tu lui demandes d'exaucer un vœu : Vas en N.
- Tu t'agenouilles, te fais passer pour l'un des leurs et commence à les suivre : Vas en F.

I Les nains semblent effrayés. Ils attrapent les lettres restantes et les avalent, se remplissant de nouvelles possibilités, mais te privant de tout échappatoire. Tu sens une ombre te recouvrir et lorsque tu te retourne, il est trop tard : le Sreath-Mhurtair t'assassine tandis que les nains ricanent, murmurant "le I est pour idiot". Tu es fortement invité à recommencer ce jeu.

TI Il n'y a qu'un seul et unique vœu possible, tu n'as pas su le choisir : les nains te ligotent, te privent de tes lettres et écrivent "triple idiot" sur ton front. Tu es livré es jeté dehors, à la merci du Sreath-Mhurtair qui se lèche les babines en te voyant.

F Tu avance avec peine dans un de leurs souterrains où le nain te guide. Arrivé à un embranchement muni de pancartes où tourne-tu ?
- Tu vas vers le nain qui t'enjoint à le rejoindre dans la salle du vœu : Vas en N.J.
- Tu prétends que tu les trouves très impolis, car d'après les coutumes de ton jardin, les invités ont le droit à une sieste dans la salle aux trésors avant toute chose : Vas en F.V.
- Tu es agacé par ce jeu stupide qui n'a rien à faire ici et a peu à voir avec Alasdair et choisit de revenir sur tes pas, ces derniers te courent après : Vas en I.

FV Tu te relève et commence à creuser vers le haut, prenant tous les trésors possibles et t'enfuyant à grandes enjambées. Bravo : tu as choisi la meilleure des voies, celle de la fourberie, toujours victorieuse ! Alasdair te féliciterait.

N Le nain te promet d'exaucer tous tes vœux et il est prêt à te montrer ses pouvoirs magiques. Il te prends par la main, te demande de fermer les yeux, de t'agenouiller et de marcher.
- Tu ouvres les yeux malgré tout en chemin, rompant le sortilège et suscitant l'agacement du nain : Vas en f
- Tu déchaines ta colère demande à avoir ton vœu tout de suite et refuse de marcher : Vas en i
- Tu laisses le sortilège opérer : Vas en NJ.

NJ Tu te retrouves au milieu d'une arène envahie par les nains de jardin. Le roi nain te fait face et te demande quel est LE vœu.
- Tu demandes plus de vœux : Vas en TI
- Tu insinues que ce jardin n'est pas assez riche pour exaucer LE vœu, furieux, ils te conduisent à la salle aux trésors pour que tu retires ta parole : Vas en FV.
- Croyant à leur magie, tu demandes à être l'être le plus puissant de l'univers : Vas en GNJ

GNJ Le roi des nains déclare qu'ils ont enfin trouvé l'être suprême, le Grand Nain de Jardin. On te coiffe d'un bonnet rouge, t'installe sur un trône et te prie à longueur de journées, te menaçant de mort si tu ose essayer de t'échapper...


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cycle 3 Re: Le bras blessé du lutin est là où le bât blesse le farfadet [Une production Colin & Al]

Message par Colin Smith Hier à 22:36

Parti à la chasse à ton propre esprit,
Posé sur le quai comme un ballot de foin,
Il y a bien ton visage qui sourit,
Le reste est enfoui en toi bien loin.

Méchante mémoire, maudits souvenirs,
Qui s’envolent par la fenêtre sans prévenir.
Et te voilà, triste lutin
Avec ton sang séché sur les mains.

Le vieux Al t'a enfin trouvé,
Comme un chat abandonné.
Pas certain que tu l'ai remarqué,
Au milieu de tes pensées éparpillées.

Secoue toi, Colin, allons,
Il te faut rentrer à la maison.
Suivre sagement le vieux korrigan
Espérer qu'il sache faire les pansements.

Plus tard tu auras peur qu'il te gronde,
Qu'il dise "bien fait si on te plombe"
Tu ne dois plus entrer chez n'importe qui.
Tout le monde n'est pas bon comme lui.

Et c'est quand tu reviens à toi,
Que tu souffles d'une petite voix :
"Tu es fâché contre moi ? tu vas me punir ?
Et m'empêcher de sortir ?"


Et la voici la peur taquine,
Ta peur secrète, petit Colin
C'est de décevoir l'Al,
Qu'il te ferme sa porte te ferait bien mal.

"Me laisse pas s'il te plait ?
Pardon de ne pas t'avoir écouté."

Tu poses machinalement ta main sur ta plaie,
Ton bras continue à t'élancer.

Tu sais que tu es un poids pour le vieux Fir,
Inutile, sachant rien faire de tes dix doigts,
A cause de ta mémoire aux abois,
Ce n'est pas une excuse et tu soupires.

S'il le faut tu retourneras dans la rue,
Peut-être pourras tu retourner chez la lady ?
Ou les pavés resteront ton logis,
Toujours chez toi, jamais perdu.

_________________
avatar
Faileas

Messages : 41
Points : 155

Avatar : Thomas Brodie-Sangster
Crédit : Sasha von Eden
Multicompte : Sheena Matheson/Crìsdean Gòrdanach
Pseudo : Sasha von Eden

Taux d'abomination :
90 / 10090 / 100
Age : 18 ans
Pouvoirs : Téléportation, invisibilité de courte durée, éveiller des peurs enfouies
Inconvénients : S'incruste chez les gens, ochlophobie, fascination pour la couleur rouge, Entêtement


"Oh puissions nous sauver de la [mort,
Ces cœurs qu'ils ont jadis liés
Pour qu'à la face du ciel ils mènent [encore
Ce combat pour la liberté"
(Walt Whiteman, Feuilles d'Herbe)


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum