Rejoins-nous!
Connecte-toi

(+18) got to bring myself back from the dead (george)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Cycle 2 (+18) got to bring myself back from the dead (george)

Message par Virgile Prevost le Ven 16 Fév - 22:31

george
  & virgile

   
got to bring myself back from the dead

 
Il y a quelque chose d'assez savoureux dans l'optique de mener à bien une vengeance. De suffisamment gouteux que pour avoir attendu plus de dix ans pour la réaliser. Tu as eu du temps pour l'imaginer, cette vengeance. Un nombre incalculable d'instant pour ressasser encore et encore les meilleurs scénarios. Le pire dans cette attente pourtant, c'est qu'aucune n'était assez, pour toi. Aucune n'aurait rendu justice à la perte que tu as subie, voilà des siècles il te semble. Toi l'écrivain, toi le romancier, toi l'homme à l'imagination débordante, tu te sens bien les pensées vides, alors que tu marches lentement vers cet endroit miteux où tu sais qu'il sera. Un sentiment qui pourrait s'assimiler à une défaite d'ailleurs, mais tu n'en as nullement l'envie ni l'intention. Qu'importe ce qu'il se passe là-bas ce soir de toute façon, tu le considèreras comme une victoire personnelle. D'autres que toi se seraient lassés, auraient abandonné les recherches, auraient décidé que ça n'en valait pas la peine. Toi, non. Toi, tu préfèrerais te jeter du haut d'une falaise plutôt que de t'avouer tout bonnement vaincu. Impossible qu'il continue de vivre comme si tu n'avais jamais existé, comme si tu étais mort. Tu l'accepteras jamais, qu'il s'en soit sorti si facilement alors qu'il avait plus encore de torts que toi. Mais qu'importe, à l'heure actuelle tu te sens immortel, à fouler la terre boueuse de ce quartier misérable. Quelque mélancolie s'accroche à toi, alors que les souvenirs reviennent te hanter. Enfin. Ils ne t'on jamais quitté non plus, tant ton humeur théâtrale s'en nourri. Un sourire satisfait aux lèvres alors que tu juges ceux qui ont le malheur de croiser ton regard, conscient toutefois qu'il faut éviter d'énerver la populace. Même s'ils ne sont que des pouilleux pour la plupart, des gens de petites mœurs, on ne sait jamais ce qu'un paysan farouche pourrait faire pour un regard de travers. Ce ne sont pas des gens de la ville, ceux-ci, et bien qu'il t'en coute de l'admettre, tes capacités de combat sont égales au néant en ce lieu. Tu n'es pas fait pour ça, tu ne le seras jamais certainement. Trop tard pour toi d'apprendre, tu préfères t'entourer des bonnes personnes comme ça a toujours été le cas. Hors ici tu n'as pas cette garde autour de toi. Tu n'as pas ces hommes prêt à courir à la moindre échauffourée, au contraire, tu as fait en sorte qu'ils ne te suivent pas, toi l'étranger, dans les faubourgs de la ville. Avec cette vague de folie ambiante, cette panique palpable, tu fais une cible idéale pour tout ces soldats, ces hommes cherchant coupable et non vérité.  Un soupir entrouvre tes lèvres, alors que tu finis par poser les yeux sur l'entrée salie de cet espèce d'entrepôt décharné qui sert de repaire aux combats clandestins. Pire encore qu'à Paris en son temps, le lieu est si secret qu'il t'as fallu deux semaines pour le repérer et y espérer l'accès : autant dire une éternité pour toi. Tu parviens à entrer, non sans laisser quelque monnaie sonnante et trébuchante, et l'ancienne salle de Paris se superpose à celle-ci. Les mêmes visages fatigués couverts de crasses, les mêmes yeux avides et le bruit des coups qui pleuvent. Tu aurais presque voulu qu'il y ait aussi ce vieil homme dont tu avais pris la place à l'époque pour être en face du combattant, avec ce siège prédestiné. Ce n'est plus tout à fait ce qu'il se passe cette-fois, d'autant que la disposition est différente, et que George, tu ne l'as pas encore aperçu. Tu sais pourtant qu'il est là, ton informateur ne t'as pas menti, il te suffit d'être patient. Encore un peu. Quelques minutes, desquelles tu profites pour t'installer en ligne de mire du ring de combat. Il ne te peut te manquer, comme cette fois-là il y a si longtemps déjà.

   
   
 

_________________
you won't see me fall apart
well I’ve got a thick skin and an elastic heart, but your blade it might be too sharp. i’m like a rubber band, until you pull too hard, i may snap and i move fast. 
avatar
Faileas

Messages : 29
Points : 85
jj feild
Avatar : jj feild
Crédit : andahar. (ava), beerus (sign)
Multicompte : abhainn ò súilleabháin
Pseudo : madsweeney

Taux d'abomination :
50 / 10050 / 100
Age : 35 ans
Métier : écrivain
Pouvoirs : charisme, beauté naturelle, habilité pour les arts
Inconvénients : trouble de l'attention et de l'hyperactivité, tendances artistiques, obéissance à qui a la peau


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cycle 2 Re: (+18) got to bring myself back from the dead (george)

Message par George Forbes le Dim 18 Fév - 17:34


「 You know how the saying goes?
It's not the size of the dog in the fight
It's the size of the fight in the dog.」

3 semaines après la visite à Seòras
George - Virgile
Peu importait les bleus qui cernaient ses yeux et sa mâchoire, les fines plaies qui ouvraient ses arcades, sa lèvre inférieure ou l'arrête de son nez, ça n'était rien comparé à ce qu'ils subissaient en retour. C'était le troisième qu'il affrontait ce soir, le troisième à mordre la poussière malgré tous leurs efforts, malgré les coups qu'ils portaient, parce qu'ils ne faisaient pas le poids ce soir. Alors que son genou s'enfonçait dans le ventre mou de l'autre, il se repaissait de la prise de ses mains autour du cou et du bras adverses, de la sensation des muscles qui se contractaient sous la peau, impuissants. Terminée l'époque où il retenait ses coups, et ils étaient tous permis dans cet endroit. Pas le pire qu'il avait fréquenté, mais ça lui convenait parfaitement. Il sentit sa peau tirer alors qu'il serrait son poing pour l'éclater contre la mâchoire de l'autre, couverte du sang de ses adversaires et du sien, mais pas ses articulations qu'il entendit pourtant craquer à l'impact. Il entendit le son lourd et mat de sa chute contre le sol, le léger silence tendu pendant lequel il se redressa, prêt à asséner le coup final. L'attente grondante dans sa gorge, les gouttes de sueur et de sang mêlés qui ruisselaient sur son torse nu, la rage qui brûlait dans son ventre. Faire encore plus mal que l'autre, l'anéantir, gagner. Autant de sensations qu'il s'était remis à aimer et dont il se délectait une nouvelle fois ce soir alors que la foule imbibée se mettait enfin à gueuler sa victoire. Relâchant enfin la respiration qu'il retenait, il cracha le sang qui encombrait sa bouche et se retourna pour sortir de la lice et boire une bière bien méritée. Récupérer ses gains aussi, alors que son regard quittait le sol taché de sang pour se fixer sur la sortie, le monde autour chancelant légèrement.

Un moment il avait cru à une hallucination, une image que son esprit épuisé invoquait sans trop savoir pourquoi. Il s'était arrêté au bord du ring, le regard fixé sur ce visage malgré le sang qui piquait ses yeux. Il reconnaissait chaque courbe et chaque angle malgré le passage évident des années sur eux. Il n'aurait su dire combien, juste que leur dernier face à face remontait à longtemps auparavant, quand il était encore jeune. Et faible. Stupide. Crédule. Beaucoup d'autres choses nettement moins polies, et malgré le temps passé il se souvenait parfaitement de ce que lui avait coûté. Il avait beau croire aux coïncidences, il connaissait l'homme et savait que strictement rien n'avait été laissé au hasard. La place qu'il avait choisit, la façon dont il s'était installé, ce même air satisfait sur le visage, ce sourire... Il était resté là un instant, son esprit fatigué par la douleur et les coups cherchant une issue qu'il savait pourtant inexistante. Virgile savait qu'il l'avait vu, tout comme il avait fait exprès que tout se passe comme ça. Incapable de bouger, alors que des émotions qu'il ne voulait pas identifier tournoyaient dans son crâne, alors que ses poings se serraient et se relâchaient, cherchant quoi faire. Quelques secondes qui lui avaient fait l'effet d'une éternité, ou peut-être était-ce simplement l'effet de la perte de sang. Mais il n'aurait pas encore le répit dont il avait besoin, parce qu'il ne pouvait pas ignorer le défi lancé, encore moins faire demi-tour et le laisser gagner aussi facilement.

Chaque pas le rapprochant de la table lui semblait pesant, les battements de son cœur tout aussi lourds. C'était une erreur de se plier au petit jeu du français, il le savait, mais refuser de faire face aurait été admettre sa défaite et il s'était juré que ça n'arriverait plus jamais face à lui. Ses mains s'étaient détendues le long de ses jambes alors qu'il avançait, et c'était tout naturellement qu'il avait tiré la chaise et s'y était posé lourdement, prenant ses aises tout en restant le plus loin possible de Virgile. D'jà vu ça quelqu' part... Ce n'était pas Paris, mais il pouvait voir les trop nombreuses ressemblances. Il se souvenait de ce qu'il s'était passé ensuite, de la façon dont le jeune lui avait réagit, de cet attrait presque irrésistible qu'avait exercé l'homme sur lui. Il en aurait presque souri, presque trouvé ça amusant, s'il ne se souvenait pas parfaitement de ce qu'il avait fait ensuite. J' te croyais plus original. Il n'avait pas bougé, soutenant le regard du français sans ciller, sa voix parfaitement calme malgré son état perçant le bruit alentour, n'utilisant pas la langue maternelle de l'autre. Il n'était plus le gamin de Paris, il ne se ferait certainement pas avoir comme avant et il ne perdrait pas juste pour lui faire plaisir, cette époque était révolue. Attrapant une choppe sur le plateau d'un serveur, il en but une longue rasade avant de la poser sur la table, le regard toujours rivé à celui de Virgile. Pas prêt à tout, il le savait capable de merveilles d'imagination, mais au moins assez calme pour ne pas exploser à la première pique qui viendrait inévitablement.


_________________
avatar
There's always a siren, singing you to shipwreck

Messages : 192
Points : 222
Ta tête Par défaut
Avatar : Toby Kebbell
Crédit : InkFingers
Multicompte : Henrietta "Hettie" MacNèill
Pseudo : InkFingers

Taux d'abomination :
60 / 10060 / 100
Age : 31 ans
Métier : Aubergiste
Pouvoirs : apnée longue durée - charisme - beauté - chant hypnotique
Inconvénients : syndactylie (pieds) - appel de la mer - fort besoin affectif
You’re throwing stones
across my water
but my inner sea stay calm,
whatever happens.

The peaceful sound of the moving water
makes everything fade . . .
and if waves will grow
it will be just to wash everything away.

A clean surface will rise, sand returns white.
My heart is see-through
with brand new intentions.
I'm floating with no reason, and I'm so fucking good baby.

And he softly whispered: Too many tides will destroy your beauty
but it's not your fault, it's the moon to blame.


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cycle 2 Re: (+18) got to bring myself back from the dead (george)

Message par Virgile Prevost le Jeu 8 Mar - 22:17

george
  & virgile

   
got to bring myself back from the dead

 
Tu ne peux pas t'empêcher de voir ça comme une victoire. Non la sienne, la tienne évidemment. Tu as enfin retrouvé l'homme qui as brisé ta carrière, ta vie, t'as obligé à fuir de Paris. Oh, tu ne comptais certes pas y vivre éternellement, mais les douces soirées de Paris te manquent encore aujourd'hui. La langue te manque, entendre les nouvelles juteuses du gratin aussi, les langues tout autant. Impossible de te souvenir encore des dernières vraies soirées auxquelles tu as assisté. Aucune ne vaut Paris, et c'est sa faute à lui, si tu te retrouves à jouer dans des cours moins magistrales. Un soupir gorgé de rancœur s'échappe, alors que tes yeux se détournent un instant de la scène qui se joue devant toi. Un ring, du sang, de la sueur. De l'odeur, du bruit, aucune finesse. Enfin. Tu as choisis d'être là, tu n'as rien laissé au hasard, parce que ce n'est pas ton genre. Tout est calculé, même ce regard perdu au milieu de la foule, alors que tu entends les os qui craquent et les bruits de coups. Il n'a pas changé, George, en rien. Toujours le même, toujours affreusement la même façon d'être. Tu ne sais même pas quoi en penser. Ça doit faire vingt ans que tu ne l'as plus vu, pourtant tu l'aurais reconnu n'importe où. Dans n'importe quelle foule. N'importe quel endroit, sous n'importe quel déguisement. Tu aurais presque apprécié de le voir vieilli, ridé, abimé par les combats qui semblent encore et toujours être son leitmotiv. Tu n'as même pas cette occasion là, alors que le dernier coup retenti et que tu replonges tes yeux sur la scène. Il t'a vu, c'est certain. Ton sourire s'élargi : il ne peut pas faire autrement que chercher ta présence après tant d'années. Ou est-ce l'habitude ? Le fait de penser à toi ? Qu'importe, tout te conviens pour cette fois. Tu ne seras plus un fantôme, ou une ombre au tableau, tu es là, présent physiquement jusqu'à. Tu ne sais encore quelle vengeance sera la plus savoureuse, la plus jubilatoire à mettre en place, mais dès l'instant où il a posé le regard sur toi, il a perdu. Perdu, parce qu'il s'amène le plus naturellement du monde jusqu'à l'endroit où tu as pris place. Comme cette soirée-là, où tu as jeté ton dévolu sur ce jeune ensanglanté, ce jeune qui t'attirait, sans trop savoir pourquoi lui et pas un autre. Quelques fois tu t'es posé la question, sans jamais trouver de réponse satisfaisante. Pourquoi lui ? Ce n'est pas comme s'il n'y en avait qu'un pour succomber à tes charmes, un milliard d'autres hommes se seraient pressés devant ta porte, mais c'est lui, pour une raison que tu te refuses à nommer, qui a tiré son épingle du jeu. Dans une autre vie, tu sais, tu ne le choisiras pas, histoire que le karma ne se répète pas. Il s'installe, George, ne se satisfait pas de politesses, et lances déjà les hostilités. Pourtant, il y a ce calme, le calme avant la tempête sans doute, et seules tes lèvres esquissent une moue amusée, quand il te parles anglais. « Bonsoir, George. » Tu dis, en français évidemment, alors qu'un serveur passe avec un plateau rempli de bière, dépité de voir ton vis à vis s'en prendre quelques goulées, si rapidement. « Tu pourrais être plus poli, avec un vieil ami. » Que tu lâches, posant le bras sur la table nonchalamment. « Prendre de mes nouvelles, me demander comment se sont passées ces dernières années. » Continues-tu en français. « Me demander pardon, aussi, mais c'est sans doute trop demander. » Lances-tu, sans savoir vraiment s'il comprend l'entièreté de tes mots. Après tout, ça fait longtemps qu'il a quitté la France, il a sans doute oublié ce que tu lui as appris, que tu penses avec une pointe d'impertinence. « J'espère que tu comprends ce que je dis, d'ailleurs. » Tu finis par dire, une inquiétude de façade aux traits, un sourire exagéré aux lèvres. « Ce serait dommage, après tout ce que je t'ai appris. » Tu croises les jambes, mouvement d'une lenteur exagérée, ne le quittant pas des yeux.



   
   
 

_________________
you won't see me fall apart
well I’ve got a thick skin and an elastic heart, but your blade it might be too sharp. i’m like a rubber band, until you pull too hard, i may snap and i move fast. 
avatar
Faileas

Messages : 29
Points : 85
jj feild
Avatar : jj feild
Crédit : andahar. (ava), beerus (sign)
Multicompte : abhainn ò súilleabháin
Pseudo : madsweeney

Taux d'abomination :
50 / 10050 / 100
Age : 35 ans
Métier : écrivain
Pouvoirs : charisme, beauté naturelle, habilité pour les arts
Inconvénients : trouble de l'attention et de l'hyperactivité, tendances artistiques, obéissance à qui a la peau


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cycle 2 Re: (+18) got to bring myself back from the dead (george)

Message par George Forbes le Sam 10 Mar - 20:14


「 You know how the saying goes?
It's not the size of the dog in the fight
It's the size of the fight in the dog.」

3 semaines après la visite à Seòras
George - Virgile
Une pique, une parade, une contre-attaque, et espérer toucher. Il le connaissait ce jeu, cette façon d'agir, pour en avoir fait les frais de trop nombreuses fois à Paris. Toujours le même malgré les nombreuses variations que l'écrivain inventait sans cesse. Gagner ou perdre, les égalités ne comptaient pas. Et il doutait que Virgile ait changé sur ce point, ils avaient eu en commun ce besoin de victoire qu'ils aimaient savourer. Lui avait fini par découvrir l'amertume de certaines victoires et d'un sourire vainqueur alors que tout en lui hurlait de douleur. Il y avait longtemps, quand il était encore jeune, encore naïf malgré tout ce qu'il avait vécu. Plus aujourd'hui. Virgile était là pour une raison, même si elle lui échappait encore, et il savait qu'il devait se méfier du moindre mot, du moindre geste, parce qu'il y avait forcément un piège quelque part et le français rêvait très certainement de le pousser dedans tête la première. Il avait presque eu envie de rire en l'entendant lui reprocher son manque de politesse, encore quelque chose qui semblait ne pas avoir changé, moins pour la suite. Lui demander pardon. Ses sourcils s'étaient à peine haussés, envoyant une décharge de douleur jusque dans sa nuque, et il avait préféré se plonger une nouvelle fois dans sa chopper pour éviter de laisser échapper ce qui lui brûlait les lèvres. Parce que ça aurait été perdre, et il était hors de question qu'il se fasse avoir aussi facilement. Il n'avait pas pu s'empêcher de baisser les yeux pour suivre le mouvement de ses jambes, beaucoup trop lent et mesuré pour être totalement innocent. Tout comme ce bras nonchalamment posé sur la table, réduisant à peine la distance entre eux. Comme ce soir-là. Le français faisait exprès, il le savait, tout comme il s'amusait à jouer avec ce qu'il s'était passé alors pour le troubler aujourd'hui, même si ce n'était pas bien difficile vu son état.

La douleur des coups subis durant la soirée reprenait ses droits, la fatigue aussi, la bière qu'il buvait depuis le début pour les refouler n'aidait pas non plus, et il y avait tout le reste qu'il évitait soigneusement depuis des semaines. Des mois. Un monde flou d'ombres, de bruits et de menaces perpétuels dans lequel il avait fini par reprendre ses aises, à défaut de réellement l'apprécier. Mais il savait comment survivre ici. Il allait répondre quand un homme aussi grand que large était arrivé et avait balancé une bourse bien remplie droit sur son visage, qu'il avait fort heureusement rattrapé avant qu'elle ne l'atteigne, puis la chemise qu'il avait laissé dans la lice un ou deux combats auparavant. S'en était suivi un bref échange dans ce mélange bâtard et rauque d'anglais et d'écossais que seuls ceux ayant grandi dans le coin pouvaient comprendre, puis une poignée de main et quelques tapes dans le dos. Il avait vu le regard mauvais que le maître des lieux avait jeté sur le français avant de partir mais avait choisi de faire comme si de rien était, se rasseyant avant de s'emparer du tissu et de s'essuyer le visage. Le sang piquait ses yeux, tendait et tirait sa peau, et il détestait cette sensation. Peut-être prenait-il plus de temps que nécessaire, ne pas refaire face tout de suite et essayer de réfléchir à ce qu'il pouvait bien faire. Qu'est-ce qui l'empêchait de se lever maintenant et de partir? La même chose qu'à l'époque: Virgile. Sans rien faire, juste ce foutu sourire qui le clouait sur sa chaise, ces traits qu'il n'avait pu s'empêcher de détailler, admirant l'effet des années sur son visage, cette voix qu'il aurait reconnu entre toutes et qu'il entendait si clairement. Reposant la chemise sur la table, entre eux, son poing se serra sur l'anse de sa choppe et la porta une  nouvelle fois à ses lèvres en une longue lampée, tâchant de faire passer certaines pensées. Ça non plus n'avait pas changé.

Reposant enfin la choppe le plus doucement possible, il se cala un peu plus contre le dossier de la chaise. J'te rappelle que j'parlais d'jà français quand j'suis arrivé à Paris. Encore en anglais, pour le plaisir de le défier encore un peu là-dessus. Puis il était passé au français, sans même avoir besoin de réfléchir aux mots qu'il voulait utiliser. Et j'osais pas l'dire mais puisq't'en parles...C'est vrai qu't'as vieilli. Sa bouche s'était fendu d'un sourire mauvais. Sourire pour cacher ce à quoi il pensait réellement. Il avait énormément appris avec lui c'était vrai, mais Virgile ignorait qu'il avait perfectionné sa maîtrise de la langue pendant des années après Paris. Particulièrement avec quelqu'un qui lui manquait plus que tout en cet instant, la pensée même de son visage serrant douloureusement son cœur alors qu'il croisait les bras sur son torse, dissimulant ses doigts qui s'étaient portés au bracelet qui ceignait toujours son poignet. Qu'est-c'que tu fous ici Virgile? T'as rien d'mieux qu'des combats illégaux pour t'amuser? Ou t'essaies encore d'embobiner et d'torturer un pauv' type pour flatter ton ego et l'j'ter quand tu t's'ras lassé? Sa voix était restée posée, sans aucun accent du feu qui courait toujours dans ses veines, à peine marquée de celui de ses langues maternelles et paternelles. M'dis pas qu't'es juste v'nu pour des excuses, que j'te dois pas et qu't'auras jamais d'ailleurs, j'te connais assez pour savoir quand t'essaies d'me la mettre à l'envers. Il était resté calme, bien plus qu'il ne l'avait imaginé quand des années auparavant il s'était demandé ce qui se passerait si jamais ils se recroisaient, pour ne surtout pas se laisser porter par la tempête qui grondait toujours dans son ventre et son crâne, qui ne demandait qu'à tout détruire sur son passage, surtout avec Virgile en face.


_________________
avatar
There's always a siren, singing you to shipwreck

Messages : 192
Points : 222
Ta tête Par défaut
Avatar : Toby Kebbell
Crédit : InkFingers
Multicompte : Henrietta "Hettie" MacNèill
Pseudo : InkFingers

Taux d'abomination :
60 / 10060 / 100
Age : 31 ans
Métier : Aubergiste
Pouvoirs : apnée longue durée - charisme - beauté - chant hypnotique
Inconvénients : syndactylie (pieds) - appel de la mer - fort besoin affectif
You’re throwing stones
across my water
but my inner sea stay calm,
whatever happens.

The peaceful sound of the moving water
makes everything fade . . .
and if waves will grow
it will be just to wash everything away.

A clean surface will rise, sand returns white.
My heart is see-through
with brand new intentions.
I'm floating with no reason, and I'm so fucking good baby.

And he softly whispered: Too many tides will destroy your beauty
but it's not your fault, it's the moon to blame.


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cycle 2 Re: (+18) got to bring myself back from the dead (george)

Message par Virgile Prevost le Sam 17 Mar - 17:12

george
  & virgile

   
got to bring myself back from the dead

 
Il y a des gens qui disent changer aux cours des ans. Des gens, qui pensent profondément s'être améliorés durant le cours laps de temps qui leur est dédié sur terre. Des personnes, qui croient qu'il est possible de changer sa nature profonde, de se bonifier avec le temps. Toi, tu as pu voir qu'il n'y a rien de plus faux que cette croyance. L'homme ne change pas, ne devient pas bon avec le temps, au mieux il stagne dans cette sorte de marécage boueux qu'est la nature humaine. Il t'es plus aisé de croire que la femme change, car elle se doit aux premières années de mariage d'être la plus coquette de toutes, dotée d'un trousseau conséquent, et quand viens l'âge qui déforme les traits et qui rend laid, se doivent d'être des harpies pour conserver ce mari volage. Les femmes sont des êtres intéressants, capables surtout du pire, sous leurs airs de vierges effarouchées d'abord, sous leurs airs de dragons aux naseaux fumants ensuite. Tu penses à celle qui se repose dans ton appartement à l'heure actuelle. Tu penses à elle, à ce moment où elle passera d'agneau à chien enragé, de mère aimante à grand-mère jalouse, et à tout les changements qui s'effectueront pour elle, même si pour le moment tu la préfères princesse en haut d'une tour. Ses airs de jeune fille en fleur, sa naïveté, qui la force à croire en tes bonnes paroles, alors que tout ce que tu cherches à faire c'est l'utiliser pour rendre fou l'homme qui se tiens face à toi. Tu ne le croyais pas capable de s'attacher autant à une femme après toi, et puis surtout, ça t'as rendu malade de le savoir. Malade, de voir qu'il s'est suffisamment attaché à quelqu'un pour faire des enfants, pour vivre une vie normale, pour faire comme si tu n'avais jamais existé. Il n'a jamais cessé de gagner, à avoir mis ta vie en l'air. A avoir noyé toutes tes croyances, en l'homme, en l'amour, à l'attachement, à la passion. Tu ne sais comment il a réussi, alors que personne avant lui n'avait réussi à ébranler tes convictions. Tu les croyais fortes, immuables, et tu étais persuadé de passer ta vie avec ce principe de ne jamais t'attacher, de toujours chérir ta liberté plus que tout. Il a fallu que le destin, bien que tu ne croies pas en cette notion, décide de placer sur ton chemin un unique homme, pour détruire ta vie.  Et le pire, c'est que tu ne puisses t'en défaire. Que tu ne puisses complètement l'oublier, condamné que tu es à la galère et aux tracas. Un homme se joint à la table, bref, lançant une bourse replète au visage de cet homme que tu hais à la fois, pour à peu près tout ce qu'il t'es arrivé de mauvais ces dernières années. Des mots échangés que tu ne comprends pas, patois guttural et désagréable à l'oreille qui te fait grincer des dents. Et il s'en va, te jetant un regard mauvais que tu ne relèves même pas : tu es un étranger ici, et tu fais sans doute tâche dans l'insalubrité locale. Ton regard se repose sur George, plutôt, sur sa chope qu'il pose enfin sur la table et qui te semble déjà bien vide. En plus d'être terriblement amoché, il préfère se soûler pour faire encore plus homogène dans le paysage. Tu lèves les yeux au ciel, alors qu'il continue à parler avec son anglais natal, qu'il abandonne bien vite pour te faire remarquer que tu as vieilli. Amer qu'il te le fasse remarquer, tu le laisses encore prendre la parole, répondre à tes piques par d'autres, à tes remarques par l'acerbe. Accusateur, d'ailleurs, jetant en pâture la rencontre. Comme s'il était incapable de comprendre que ça avait été bien plus que ça. Tu ne le quittes pas des yeux cette fois, le regard bien ancré dans ses prunelles alors qu'il termine, plus calme que tu ne l'aurais pensé.  Un peu contrarié d'ailleurs, tu ne peux empêcher tes lèvres de s'orner d'une moue boudeuse, presque exagérément déçue.Tu aurais aimé qu'il s'emporte, qu'il s'énerve, qu'il montre autant de passion que ces nuits là, autant de feu que lorsqu'il a brûlé tes possessions, brûlé tes sens. Mais rien. Rien, et tu penses presque qu'il t'a complètement oublié, même si c'est impossible, il serait parti dans ce cas, n'aurait pas cherché à s'asseoir et à converser. « Tout de suite les grands mots. Je suis simplement venu profiter de l'ambiance locale, on m'avait conseillé cet endroit pour sa typicité. » Dis-tu, aussi calme et posé que lui. « Je dois dire que c'est une merveilleuse plongée dans la plèbe, et l'odeur est à la hauteur du visuel. » Une pointe de dégoût dans la voix, toi qui n'est pas habitué à cette odeur rance de terre et de sueur, ou tout du moins à cette surabondance. « Tu ne trouves pas ça fantastique de réalité ? » Mimiquant une excitation que tu ne ressens pas, tu parles avec une pointe d'aigu dans la voix. « Tout ces gens qui espèrent suffisamment gagner pour changer leur vie misérable. Est-ce qu'ils ont conscience tu crois, qu'ils n'en sortiront jamais? » Tu as fini par jeter un œil à l'assemblée en disant cela, un peu déçu qu'aucun ne parle le français pour comprendre la provocation. « Enfin, ça doit être ton cas aussi finalement. » Tu lâches, tes yeux revenant sur lui, détaillant sans gêne le torse nu de ton ancien amant.



   
   
 

_________________
you won't see me fall apart
well I’ve got a thick skin and an elastic heart, but your blade it might be too sharp. i’m like a rubber band, until you pull too hard, i may snap and i move fast. 
avatar
Faileas

Messages : 29
Points : 85
jj feild
Avatar : jj feild
Crédit : andahar. (ava), beerus (sign)
Multicompte : abhainn ò súilleabháin
Pseudo : madsweeney

Taux d'abomination :
50 / 10050 / 100
Age : 35 ans
Métier : écrivain
Pouvoirs : charisme, beauté naturelle, habilité pour les arts
Inconvénients : trouble de l'attention et de l'hyperactivité, tendances artistiques, obéissance à qui a la peau


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cycle 2 Re: (+18) got to bring myself back from the dead (george)

Message par George Forbes le Dim 18 Mar - 0:43


「 You know how the saying goes?
It's not the size of the dog in the fight
It's the size of the fight in the dog.」

3 semaines après la visite à Seòras
George - Virgile

Il pouvait sentir le regard du français glisser sur son torse comme ses mains l'avaient de nombreuses fois fait par le passé, souligner chaque changement qui s'était opéré depuis la dernière fois qu'il l'avait vu ainsi. L'écho de ses mots, acides, et nombreuses questions que soulevaient l'absence d'autres. Ca ne lui ressemblait pas, du moins de ce qu'il se souvenait de son caractère de l'époque. Certaines choses ne changent pas... Les mots étaient sortis sans qu'il puisse les retenir, dans un souffle, et il espérait que l'autre ne les entendrait pas. Qu'il ne remarquerait pas. Qu'il ne relèverait pas le ton peut-être trop doux, la pointe d'amusement. Qu'il ne verrait pas le léger soulèvement du coin de ses lèvres, le regard qui suivait les angles de sa mâchoire et de son cou. Parce que ça l'amusait de voir qu'il avait toujours ce pouvoir sur Virgile, autant que ça le perturbait de réagir ainsi. Jamais compris pourquoi t'aimes tant c'genre d'endroit, au d'là d'l'attrait pervers d'voir c'que la société fait d'pire ou de c'que t'en tire pour tes bouquins. C'était ce qu'il avait cru au début, juste une curiosité pour ce monde si différent de celui dans lequel il était né et dans lequel il puisait son inspiration, à défaut de savoir ce que c'était de réellement le vivre. Virgile n'avait jamais senti le cuir d'une ceinture mordre son dos, il n'avait jamais connu la vraie faim, jamais compris ce qu'elle poussait à faire. Elle et la douleur, le besoin qui rongeait le corps et tordait l'esprit. Ce qu'on pouvait faire pour que ça cesse, même pour quelques minutes. Pour juste un instant de répit, de paix, avant que tout recommence. Mais Virgile connaissait l'autre côté, celui de la chose désirée, adulée, il avait compris l'un des meilleurs moyens de le faire plier et  il s'en était servi pour mieux lui faire faire ce qu'il voulait. Les moindres demandes qu'il avait exaucé dans l'espoir de l'infime récompense que son amant faisait danser devant lui contre les trop rares moments où ce rapport de force n'existait plus. Parce que les égalités ne comptaient que très rarement.

Il déglutit difficilement, la gorge serrée par les souvenirs de tout ce qu'il avait pu faire pour juste un frôlement. Et les mots qui sortirent grondaient comme la tempête qui le suivait depuis des mois, celle qui menaçait toujours, juste sous la surface. Mais qu'ça soit ici ou ailleurs, tu vas faire l'tour, t'lasser et passer à aut' chose. Comme avec tout le reste, parce qu'il était comme ça, parce que les années passées n'avaient pas eu de prise sur lui. Parce que certaines choses ne changeaient pas, peu importait le nombre d'années écoulées, les épreuves traversées. Comme les feux d'artifice qu'on avait vu une fois. T'aimes quand ça attire toute ton attention, quand c'est intense au point de te faire perdre tout repère... Sa voix s'était faite chantante, ensorcelante, semblable à celle de ses ancêtres qui charmait les marins pour mieux les faire échouer.  Juste quelques mots le temps de capturer son attention et il s'était arrêté, soufflant encore quelques notes avant que le silence entre eux ne tombe, lourd des tensions qu'il avait autrefois  aimé déclencher en lui. Quelques secondes de vide total, que même l'agitation alentours ne pouvait pénétrer. Un sursis, le temps que ses dents mordillent sa lèvre inférieure, que sa bouche ne s'étire en un sourire carnassier. Un dernier souffle avant l'estoc. Quand ça brûle à en éclairer la nuit comme en plein jour. Il n'avait pas besoin de le regarder pour savoir que son visage avait changé d'expression ne serait-ce qu'un instant avant qu'il ne reprenne le contrôle presque parfait qu'il avait sur son apparence. Pas besoin de plonger son regard dans le sien pour voir les flammes qui avaient dévoré son appartement cette nuit-là.

Il se souvenait de la lumière si particulière qui éclairait les visages de la foule dans laquelle il se cachait, des ombres dansantes qui habillaient la rue, y retrouvant les mouvements de l'onde qui lui manquait tant à l'époque. Juste une couleur différente, rouge pour sa colère, le feu pour la rage qui ravageait chaque partie de son être, à cause de celui qui se tenait droit devant l'enfer de flammes qu'était désormais son appartement. Détruire tout comme il l'avait fait. Presque tout. Un infime détail, qui était pourtant l'une des raisons de sa présence ce soir. Le destin, sa malchance habituelle, l'humour particulier de certains dieux, peu importait, du moment qu'il l'emportait une nouvelle fois. Et dans ce genre d'endroit tous les coups étaient permis, Virgile le savait. Reprenant la choppe, il la vida en quelques gorgées et la reposa sur la table sans heurt, ses doigts serrés autour de l'anse pour dissimuler les légers tremblements de fatigue et de colère qui traversaient son bras. T'es pas là juste pour c'coin sordide, t'foutre d'la gueule des gens et évoquer l'bon vieux temps. Et t'aurais pas fait exprès d'refaire comme c'soir là sans avoir une d'tes idées tordues en tête. Faisant un signe au serveur qui passait non loin pour une autre choppe, il lâcha enfin celle qu'il tenait toujours fermement et recroisa les bras sur son torse. T'as jusqu'à la fin d'celle qui arrive pour trouver une raison plus crédible, après j'me casse. En désignant le récipient désormais vide. Et naturellement il jura dans sa langue paternelle, sa voix se faisant plus grondante encore. Pas b'soin d'tes conneries en plus du reste.


_________________
avatar
There's always a siren, singing you to shipwreck

Messages : 192
Points : 222
Ta tête Par défaut
Avatar : Toby Kebbell
Crédit : InkFingers
Multicompte : Henrietta "Hettie" MacNèill
Pseudo : InkFingers

Taux d'abomination :
60 / 10060 / 100
Age : 31 ans
Métier : Aubergiste
Pouvoirs : apnée longue durée - charisme - beauté - chant hypnotique
Inconvénients : syndactylie (pieds) - appel de la mer - fort besoin affectif
You’re throwing stones
across my water
but my inner sea stay calm,
whatever happens.

The peaceful sound of the moving water
makes everything fade . . .
and if waves will grow
it will be just to wash everything away.

A clean surface will rise, sand returns white.
My heart is see-through
with brand new intentions.
I'm floating with no reason, and I'm so fucking good baby.

And he softly whispered: Too many tides will destroy your beauty
but it's not your fault, it's the moon to blame.


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cycle 2 Re: (+18) got to bring myself back from the dead (george)

Message par Virgile Prevost le Lun 19 Mar - 20:05

george
  & virgile

   
got to bring myself back from the dead

 
Tu ne l'aimes pas, celui qui se dresse devant toi. Tu ne l'aimes pas, cet homme qui as ruiné ta vie. Tu ne l'aimes pas, tu le détestes, tu le hais. Tu le hais si fort que tu ne peux t'empêcher de le détailler, d'observer son torse, sa peau, qui semble si douce malgré les coups. Cette peau, bleuie par les poings, par les gifles, les coups de pieds les coups de sang. Cette peau, rougie par l'hémoglobine, par l'horrible suintement qui goutte, répugnant, intolérable. Ses yeux, pleins d'amertumes, ses yeux, rougeoyants, alors qu'il n'y a que toi pour avoir ce droit. Que toi pour lancer des éclairs, que toi pour jouer la colère de Zeus, uniquement toi. Ta langue, qui passe sur tes lèvres, humide, rapide, alors que tes yeux s'égarent. Que tes yeux s'attardent, brûlants, observant des différences. Observant cette cicatrice, neuve, celle dont tu ne croyais pas l'existence. Tu l'as lu pourtant, dans le journal, sur toutes les lèvres, la cicatrice de l'aubergiste. La mort n'a même pas voulu de lui. La Mort elle-même l'a rejeté, et il est pourtant là devant toi, fier comme un coq, fier comme un homme, arrogant comme un roi. A être persuadé que la Chance est à lui, alors qu'il n'a de mérite que celui d'être rapide. Que celui de déléguer les mauvaises tâches, que le pouvoir de brûler le bassement matériel. Et ses mots qui sortent, à George, ces mots qui ramènent à tant d'années plus tôt. Qui se frayent un chemin dans ton esprit, mais que tu ne relèves pas, tu ne lui feras pas le plaisir d'essayer de l'y détromper. Rien ne change, et certainement pas le regard qu'il pose sur toi, que tu imagines fiévreux, que tu imagines posé sur autre chose que ton visage, que tu fantasmes encore posé sous tes vêtements. Et il parle encore, t'arraches un soupir amusé.  « Tu ne peux pas comprendre, tu es né dans cette crasse. » Que tu lâches, éludant la question. L'humanité, tu en es persuadé, n'est meilleure que dans le pire. L'humanité ne fait que détruire, s'entredéchirer, s'entretuer, et il n'y a de meilleurs exemples que lorsque les hommes cherchent à se prouver leur bonté. Ce ne sont que des monstres, des bêtes ignobles, des êtres de chair incapable de ne pas faire souffrir. Tu lâches un soupir, George n'est pas différent, en témoigne les nombreux autres combattants à la gueule éclatée, à la mâchoire déboitée, au regard mauvais. Ta langue claque contre ton palais, agacé, te préparant à répliquer. Et rien. Rien qui vient. Rien qui passe dans tes prunelles, éteintes, par ta langue, acerbe d'ordinaire. Il n'y a que cet air béat, que ce trouble qui annihile ta verve coutumière. Ta bouche se referme, tes paupières clignent rapidement, chassant cette chanson qui arrête tes fonctions vitales. Tu comprends pas. Ça te semble familier, atrocement familier. Comme si tu avais déjà entendu ça quelque part, de nombreuses fois, des années plus tôt. Tu mets pas de mots là-dessus, tu sais pas mettre de mots là-dessus, c'est bien trop vif, trop rapide pour que tu le fasses. Non que tu aies l'esprit lent, mais cette voix te rends amorphe, docile presque, doux, quasiment. Et le silence. Celui qui suit, alors que ton esprit reprends ses droits, que l'instant de malaise s'estompe, que tu préfères chasser ces pensées étranges de ta tête, préférant nier l'évidence, les connexion que tu ne fais pas et qu'inconsciemment, tu ne veux pas faire. Aucun intérêt à la chose, aucun intérêt à ces histoires de bonne femmes. Et ces mots. Déchirants. Brûlants. Il en profite, George, il savoure une victoire insignifiante, une victoire volée, une existence brisée. « Tu parles beaucoup, pour un paysan. » Que tu lâches, dédaigneux, le regard plus mauvais qu'antan. Ce feu, il te hantes. Ce feu, tu le cauchemardes depuis des semaines. Tu n'en dors presque plus, la crainte qu'il ne reviennes, qu'il ne te consumes de l'intérieur, qu'il te brûle si fort que ton corps ne serait plus qu'un liquide incandescent. Tu y crois à l'enfer sur terre, et seules tes incursions dans la plèbe locale te permettent de savoir que tu n'y es pas. Oh pour sur, tu serais le premier à croiser Cerbère, encore que tu sais ta place promise aux côtés du roi des morts, à une place privilégiée comme depuis ta naissance. « Est-ce que ta langue te sers encore à autre chose qu'à baratiner, George ? » Lances-tu, te penchant vers lui, posant la main sur son avant bras. Caresse, poussée, inquisitrice, avant de la retirer. Contact que tu brises avant qu'il ne le fasse, ne croisant son regard que pour le poser sur cette cicatrice. « Quelqu'un aurait-il essayé de te faire taire ? Quel dommage qu'il n'ait pas réussis, tu parais tellement plus intelligent quand tu ne parles pas. » Tu te redresses, ton dos épousant le dossier de la chaise, les jambes croisées le plus naturellement du monde dans cette pose presque royale de ta part. « Tu vois, c'est ce que je dis. J'aimais mieux quand tu fermais ta bouche sur autre chose que cette chope infâme. » Tu lui réponds, alors qu'il te pose cet ultimatum inutile. Tu as gagné, Virgile. Tu ne peux t'empêcher de secouer la tête, presque compatissant pour l'enfant que tu retrouves devant tes yeux. « J'ai tellement mieux pour te forcer à rester, si tu savais. » Tu ris, même, comble de la malveillance. « Enfin, si tu penses toujours à la côte française, et à ses douceurs. » Tu poétises, laissant le doute sur ta carte maîtresse. Sur cette naïveté typiquement française, que tu as récupérée au détour d'un chemin. Tu lui souris, concluant. « Prends ton temps Georgie, tu sais que j'aime quand les choses durent. » Et tu te lèves, sans plus un regard, prêt à traverser la foule presque plus dense qu'à l'arrivée.



   
   
 

_________________
you won't see me fall apart
well I’ve got a thick skin and an elastic heart, but your blade it might be too sharp. i’m like a rubber band, until you pull too hard, i may snap and i move fast. 
avatar
Faileas

Messages : 29
Points : 85
jj feild
Avatar : jj feild
Crédit : andahar. (ava), beerus (sign)
Multicompte : abhainn ò súilleabháin
Pseudo : madsweeney

Taux d'abomination :
50 / 10050 / 100
Age : 35 ans
Métier : écrivain
Pouvoirs : charisme, beauté naturelle, habilité pour les arts
Inconvénients : trouble de l'attention et de l'hyperactivité, tendances artistiques, obéissance à qui a la peau


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cycle 2 Re: (+18) got to bring myself back from the dead (george)

Message par George Forbes le Mar 20 Mar - 0:35


「 You know how the saying goes?
It's not the size of the dog in the fight
It's the size of the fight in the dog.」

3 semaines après la visite à Seòras
George - Virgile
Il s'apprêtait à répliquer, quelque chose de clairement obscène et d'assez en rapport avec la situation, quand tout s'était arrêté. Quand sa respiration s'était bloquée dans sa gorge, quand sa peau s'était enflammée, quand il avait été incapable de faire autre chose que de fixer la cause de son état. Sa main sur son bras. Ses doigts fins et agiles qui caressaient sa peau. Sa chaleur, si proche de la sienne, il lui aurait suffit de se pencher pour plus. Sentir sa main glisser sur son torse, sa taille, plus bas encore. Plus, toujours plus, comme ses instincts lui hurlaient depuis des mois, les mêmes qui murmuraient que maintenant ce serait différent, qu'il pourrait ne pas se perdre comme il  avait pu faire par le passé. Qu'il pourrait enfin savoir ce que c'était de vraiment sentir sa peau contre la sienne. Et tout aussi brutalement Virgile avait retiré sa main, lui faisant l'effet d'un coup de poing en plein visage. Suivi d'un autre quand il fit allusion à l'incident de l'auberge. Sonné, incapable de répliquer, de même réussir à avoir une pensée concrète, sa mâchoire crispée alors qu'il aurait voulu répliquer, n'importe quoi pourvu qu'il se taise. Mais Virgile l'avait suffisamment vu se battre pour savoir comment ça marchait, il était suffisamment lui-même pour avoir encore pire dans sa manche, et il le savait. Mais il ne s'était pas attendu à ça. Il n'avait pas compris tout de suite, ses sourcils se fronçant alors que l'autre se levait, ne relevant pas ses mots, trop occupé à essayer de comprendre les précédents.

Le français n'avait aucun moyen de savoir ce qu'il avait fait entre Paris et Édimbourg, encore moins par où il était passé, et pourtant il était sûr de lui, sûr d'avoir quelque chose qui pourrait tout changer. Et soudain un visage particulier s'imposa à son esprit alors qu'il essayait de comprendre l’énigme, serrant son cœur et enflammant cette rage qu'il contenait depuis si longtemps. Non. Il s'était levé d'un coup, sa chaise tombant au sol dans un fracas qu'il ignora tout comme le monde qui chancelait devant lui, trop occupé à fendre la foule pour retrouver l'écrivain. Non. Ce n'était pas possible. Même avec toute sa malchance, avec les pires auspices, ça ne pouvait pas être ça. Non. Il finit par repérer sa chevelure et le rejoignit en quelques pas, son poing se serrant sur sa manche pour le tirer sans ménagement à sa suite jusqu'à une ruelle adjacente, le balançant contre le mur le plus proche sans aucun remord. Qu'est-ce que t'as fait Virgile? Sans lui laisser le temps de répondre, il l'attrapa par le col, le redressant pour mieux le plaquer contre les briques. Si tu lui as fait quoi qu'ce soit, j'te jure que j'me r'tiendrais pas comme la dernière fois. Serrer un peu plus ses poings, les articulations blanches sous l'effort malgré le sang qui les couvraient encore. Et j'gagnerai, parce qu'à c'jeu tu fais pas l'poids. Sa voix n'était qu'un grondement rauque, mauvais, empli de toute cette colère qui ne faisait que grandir depuis des mois, et pourtant parfaitement claire dans le peu d'espace qui séparaient leurs visages. Leurs corps.

Trop peu. Pas assez pour ne pas sentir sa chaleur si près de la sienne, pour ne pas se perdre dans ces yeux qui lui avaient rappelé ce qui lui manquait tant à Paris, y cherchant un semblant de début de réponse, peu importe la question qu'il posait. Pas assez pour ne pas sentir ce besoin de réduire encore un peu la distance, sa prise descendant à peine sur le tissu, frôlant son cou dans ce qui lui fit l'effet d'un coup de tonnerre. Il le détestait, pour tout ce qu'il lui avait fait, pour tout ce qu'il lui faisait encore maintenant, pour tout ce qu'il était et n'était pas, parce qu'il était là, parce qu'il ne l'avait pas été avant. Pour tout ce qu'il lui avait donné, tout ce qu'il lui avait promis, avant de tout reprendre. Brutalement, douloureusement, dans son crâne, dans son ventre, partout ailleurs, à en hurler, à en crever.  Le détester. Le haïr. Exactement comme ce soir-là, celui où pour la première fois il avait embrassé un homme. Cet homme. Comme quand les flammes avaient éclairé le ciel de Paris. Et combler la distance entre eux comme il avait voulu le faire à l'époque, sentir sa bouche contre la sienne, durement, cruellement. Ses mains qui lâchèrent enfin son col pour se porter à ses poignets et les immobiliser contre le mur, un grondement dans la gorge en sentant sa peau sous ses paumes.


_________________
avatar
There's always a siren, singing you to shipwreck

Messages : 192
Points : 222
Ta tête Par défaut
Avatar : Toby Kebbell
Crédit : InkFingers
Multicompte : Henrietta "Hettie" MacNèill
Pseudo : InkFingers

Taux d'abomination :
60 / 10060 / 100
Age : 31 ans
Métier : Aubergiste
Pouvoirs : apnée longue durée - charisme - beauté - chant hypnotique
Inconvénients : syndactylie (pieds) - appel de la mer - fort besoin affectif
You’re throwing stones
across my water
but my inner sea stay calm,
whatever happens.

The peaceful sound of the moving water
makes everything fade . . .
and if waves will grow
it will be just to wash everything away.

A clean surface will rise, sand returns white.
My heart is see-through
with brand new intentions.
I'm floating with no reason, and I'm so fucking good baby.

And he softly whispered: Too many tides will destroy your beauty
but it's not your fault, it's the moon to blame.


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cycle 2 Re: (+18) got to bring myself back from the dead (george)

Message par Virgile Prevost le Jeu 22 Mar - 18:59

george
  & virgile

   
got to bring myself back from the dead

 
Et tu marches, de ce pas lent et délicat, parce que tu sais que la foule te couvre, que les gens ne permettent pas à deux personnes de se frayer un chemin ensemble. Tu marches, le sourire mauvais toujours collé aux lippes, qui ne te quittes pas de toute la traversée. Ô dieu, que c'est bon d'avoir enfin cette revanche. Ô oui, que c'est bon d'avoir démarré l'attaque, déclenché les hostilités. Tu avais envie d'attendre, presque, de te retourner pour voir ses traits se déformer en comprenant tes mots. Mais l'imaginer est presque plus jouissif encore, alors tu marches. La sortie est là, proche, et tu t'étonnes qu'il ne t'ai pas encore rattrapé. Te serais-tu trompé, au sujet de ces âmes errantes ? De cet enfant, à peine né, qui est de son sang à lui, à ce monstre d'égoïsme ? Laisser une femme seule, la laisser élever un second enfant, partir sur les routes alors qu'à cette époque, dignes malfrats et brigands ne cherchent que proies faciles à détrousser. Tu es presque un saint, Virgile, pour ne pas l'avoir laissée seule se débrouiller pour arriver à Édimbourg. Presque, parce qu'elle n'est pour toi rien de plus qu'un moyen de parvenir à ta propre délivrance, qu'à ton unique ambition du moment : lui rendre la vie infernale. Tu secoues la tête, amusé de la situation. Tant d'idéaux, tant de positions arrêtées sur la moralité et le bien, et voilà que tu retrouves Georges seul, couvert de sang, à encore se battre pour gagner quelques monnaie. Seul, alors que cette femme se languis de lui, et que toi, tu la détestes pour ça. Ta langue claque contre ton palais, alors que tu reprends le contrôle sur les émotions que tu ne laisses pas passer sur tes traits, mais que tu vis intérieurement. Tu jubiles encore de ce regard, de cette absence de réplique, de ce vide que tu as vu en George quand ta main s'est posée sur son bras. Un geste, court, sans équivoque pourtant. Il l'a dit, rien n'a changé. Pas même son attirance pour toi, pas même malgré les années. Il ne peut tout simplement pas faire comme si de rien n'était, et le savoir ne fait qu'accroître ton plaisir ce soir. Tu le savais, au fond, et tu l'as toujours su. Elle t'a fait douter, elle, cette femme que tu as vu mettre au monde une moitié de George, une partie de cet homme qui t'a fait souffrir plus que n'importe quelle personne sur cette satanée terre. La colère t'avais anéanti ce soir là, alors que la jalousie grondait au plus profond de tes entrailles. Pourtant, c'est un sourire qui se lovait sur tes traits, alors que l'on t'annonçait la naissance comme si tu en étais le père, comme si tu en avais la moindre chose à faire de cet enfant qui accapare l'attention, et duquel tu fais semblant d'aimer. Oui Joanne, elle est jolie. Non Joanne, elle ne me déranges pas la nuit quand je ne dors toujours pas à cause de mes cauchemars et ses cris. Non Joanne, je n'ai toujours pas retrouvé George, je crains qu'il ne se soit déplacé, je fais mes recherches. Oui Joanne, je ferais tout pour que tu le retrouves, je ne laisserais pas cet enfant sans père. Non Joanne, je ne me sers pas de toi pour lui infliger la plus béante des blessures. A d'autres. Ton regard se pose sur la porte grande ouverte, t'apprêtant à franchir le pas quand tu le sens derrière toi. Aurait-il enfin réalisé ? Sans doute, et tu le laisses t'entrainer à sa suite, n'ayant pas d'autres choix, mais surtout désireux de jouer encore avec lui. La marche forcée n'est toujours pas ton activité préférée, d'autant qu'il s'éloigne de la plèbe, passant quelques rues avant de s'arrêter. De te plaquer au mur. De prendre ton col dans ses mains. D'avoir l'air prêt à tuer pour une parole de travers. Et toi, tu le regardes, avec ce sourire aux lèvres qui veux tout et rien dire. Tu l'observes, comme on observerait un pauvre animal blessé, se demandant si ce ne serait pas mieux de l'achever tout de suite, plutôt que d'essayer de le soigner. Et ta langue claque encore contre ton palais, haussant les épaules, du moins essayant, obligé que tu es de te tenir sur la pointe des pieds malgré votre taille identique. « Je ne vois pas de quoi tu parles. » Tu assènes, glacial, alors que le feu gronde en lui. « Et quand bien même aurais-je fait quelque chose à propos de cette hypothèse.. »  Tu commences, faisant durer un suspense inutile, mais très amusant de ton point de vue. « Ce n'est pas en me menaçant physiquement que tu retrouveras ce que tu as perdu. »  Ton sourire s'élargi, jubilant intensément, alors qu'il fini par lâcher ton col, même si ce n'est que pour mieux t'entraver, plaquant tes poignets au mur. « Que comptes-tu faire, George, me tuer peut-être ? » Une moue inquiète, forcée, parce que tu sais très bien qu'il n'en serait pas capable. Il est beaucoup de choses Georges, mais certainement pas un meurtrier. Et cette réponse, tu ne t'y attendais pas. Cette réponse là, tu n'y pensais pas, n'en voulait pas. Alors ses lèvres contre ta bouche, tu refuses, et tes yeux lancent des éclairs alors que tu essayes de le repousser, que tu mords dans sa lèvre pour l'empêcher de continuer, essayant de dégager tes poignets, qui t'entravent bien trop en l'instant. Tu n'arrives même pas à crier, et puis, pour dire quoi ? Qu'un homme dont tu as touché toutes les coutures t'embrasse aussi durement ? Vous finiriez tous les deux en prison, et tu es coincé. Tu es coincé Virgile, et tu as perdu le contrôle, même si tu refuses, continuant de te dérober à ce baiser forcé.



   
   
 

_________________
you won't see me fall apart
well I’ve got a thick skin and an elastic heart, but your blade it might be too sharp. i’m like a rubber band, until you pull too hard, i may snap and i move fast. 
avatar
Faileas

Messages : 29
Points : 85
jj feild
Avatar : jj feild
Crédit : andahar. (ava), beerus (sign)
Multicompte : abhainn ò súilleabháin
Pseudo : madsweeney

Taux d'abomination :
50 / 10050 / 100
Age : 35 ans
Métier : écrivain
Pouvoirs : charisme, beauté naturelle, habilité pour les arts
Inconvénients : trouble de l'attention et de l'hyperactivité, tendances artistiques, obéissance à qui a la peau


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cycle 2 Re: (+18) got to bring myself back from the dead (george)

Message par George Forbes le Ven 23 Mar - 13:19


「 You know how the saying goes?
It's not the size of the dog in the fight
It's the size of the fight in the dog.」

3 semaines après la visite à Seòras
George - Virgile
Il luttait, il se débattait, mais il ne faisait pas le poids. Ils le faisaient rarement. Parce qu'ils n'avaient pas cette chose qui les poussait, qui vrillait tout leur être de ce besoin impérieux. Vital. Ce qu'il comptait faire? Ce qu'il voulait, comme il le voulait. Prendre ce qu'il lui avait pris des années auparavant. Décider. Contrôler. Resserrer son emprise sur ses poignets, sentir sa peau presser un peu plus contre celle du français, sa chaleur toujours plus proche de la sienne. Le grondement amusé dans sa gorge quand le gout du sang s'était imposé sur sa langue. Virgile se débattait, essayait de lui échapper, mais il ne pouvait pas. Il était à sa merci, offert à l'appétit de ses instincts ceasgs qui dévoraient tout son corps aussi surement que lui le faisait avec les lèvres de l'homme. Il se souvenait parfaitement de toutes les sensations que ce corps lui avait donné, des merveilles de plaisir dont il était capable. De douleur aussi. Ça aussi il s'en souvenait, des déchirements de sa peau à cause du manque de vraie eau de mer, des tremblements dans ses mains quand le besoin de les poser sur son amant se faisait violemment ressentir, des suppliques pour le moindre contact et toutes les fois où il en avait joué. Trop nombreuses. Trop douloureuses. Jamais assez, parce que c'était comme ça qu'il le contrôlait. Mais c'était terminé, maintenant c'était son tour. Emprisonnant un peu plus ses poignets, il s'était à peine reculé et, sans lui laisser le temps de réagir ou lui échapper, l'avait à nouveau plaqué contre le mur, le visage du français pressé contre les briques râpeuses, son bras tordu dans son dos pour lui couper l'envie de se débattre plus. Sa senestre libre s'était posée presque doucement sur sa taille, le cambrant légèrement devant lui alors qu'il se rapprochait un peu plus, ne laissant aucun doute quant au désir brut qui l'animait.

Des mois à redouter ce que les ombres cachaient, à fuir le moindre contact de peur de voir le tueur venir finir le travail, à se sentir constamment observé, et en cet instant ça n'avait aucune importance, seule comptait ce corps contre le sien malgré leurs vêtements respectifs, et le plaisir qu'il allait en tirer. Sa main s'était glissée sous la chemise trop délicate pour venir de ce quartier, frôlant à peine la peau de son ventre, se pressant un peu plus contre lui pour gronder à son oreille. Dis-moi, ça t'fait quoi d'savoir que j'pourrais t'faire c'que j'veux... Où j'veux... Et qu'tu pourrais rien y faire, parce que t'fais juste pas l'poids? Il l'avait un peu plus repoussé contre le mur, l'obligeant à se plaquer contre la texture rugueuse des briques, ses doigts descendant lentement dans le creux de sa hanche, les battements de son cœur plus lourds à chaque seconde, le dos parcouru de frissons de plaisirs. Qu'est-c'qui s'passerait à ton avis si j'te prenais là, maintenant? Tu crois qu'si tu criais quelqu'un viendrait à ton s'cours? Qu'quelqu'un en aurait même quelqu'chose à foutre? Ils la connaissaient tous les deux la réponse: non. Personne ne bougerait, et de toute façon la garde ou la milice arriverait trop tard, comme toujours ici. Comme à l'auberge ce soir-là. Ses doigts s'enfoncèrent un peu plus dans la peau tendre et chaude, amenuisant toujours plus la distance déjà inexistante entre eux et il laissa échapper un petit rire mauvais au creux de l'épaule de son ancien amant alors que celui-ci essayait vainement de se débattre et de le repousser. Ça t'fait quoi d'rien contrôler Virgile? Quelque chose avait changé, le faisant cligner des yeux comme s'il s'éveillait d'un nouveau cauchemar, maintenant toujours le français avec la même poigne dure. Un écho, lointain, vestige de ce qu'il était quand tout n'allait pas si mal. Un sursaut, lui faisant réaliser ce qu'il était sur le point de faire.

Malgré l'enfer qu'il vivait depuis des mois, il n'était pas cet homme qui prenait sans demander, pas comme ça en tout cas, et il ne comptait pas commencer ce soir. Malgré tout ce qu'il avait vécu, ça n'était pas lui. Une inspiration légèrement tremblante sur les lèvres, il s'était reculé d'un pas, maintenant toujours le poignet de l'autre, sa main gauche quittant sa place sous ses vêtements pour serrer le bras, juste pour qu'il n'essaie pas de se débattre plus. Une nouvelle inspiration aussi lourde que la précédente alors qu'il essayait de refouler la colère, la rage et tout le reste, au moins pour l'instant, et ses mots s'élevèrent à peine, se mêlant presque au vent qui s'était mis à souffler. Personne peut m'rendre c'que j'ai perdu, certain'ment pas toi. La gorge serrée, il déglutit difficilement, tachant de faire disparaître les images qui s'imposaient à son esprit, sans grand succès. Et même s'il aurait aimé écraser ce beau visage contre les briques juste parce qu'il l'obligeait à penser à ça, même s'il aurait voulu le faire disparaître de la surface de la terre, il n'en fit rien. Il avait gagné, cette manche en tout cas. Je sais pas c'que tu veux, si c'est pour Paris ou autre chose dont j'suis pas au courant, mais ça r'garde personne d'autre qu'toi et moi. A nouveau il s'était rapproché, remplaçant la brutalité par un semblant de douceur, et c'était tout bas qu'il avait murmuré à l'oreille de Virgile. Bienvenue dans le nord-est de l'Angleterre, mo thubaist. Il savait qu'il le reverrait bientôt, ou qu'il en entendrait parler d'une manière ou d'une autre. Il savait que ça n'allait pas être agréable et qu'il regretterait de l'avoir laissé partir sans rien lui faire. Parce que c'était Virgile, parce qu'il ne laisserait jamais passer une défaite aussi facilement. Et quelque part l'idée l'amusait, autant qu'elle l'inquiétait, alors qu'il le relâchait enfin pour disparaître rapidement dans une ruelle quelques mètres plus loin. Plus tard, pour le moment il avait besoin de la mer, de laver toutes les sensations, toutes les pensées, qui courraient sur sa peau et dans son crâne.



_________________
avatar
There's always a siren, singing you to shipwreck

Messages : 192
Points : 222
Ta tête Par défaut
Avatar : Toby Kebbell
Crédit : InkFingers
Multicompte : Henrietta "Hettie" MacNèill
Pseudo : InkFingers

Taux d'abomination :
60 / 10060 / 100
Age : 31 ans
Métier : Aubergiste
Pouvoirs : apnée longue durée - charisme - beauté - chant hypnotique
Inconvénients : syndactylie (pieds) - appel de la mer - fort besoin affectif
You’re throwing stones
across my water
but my inner sea stay calm,
whatever happens.

The peaceful sound of the moving water
makes everything fade . . .
and if waves will grow
it will be just to wash everything away.

A clean surface will rise, sand returns white.
My heart is see-through
with brand new intentions.
I'm floating with no reason, and I'm so fucking good baby.

And he softly whispered: Too many tides will destroy your beauty
but it's not your fault, it's the moon to blame.


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cycle 2 Re: (+18) got to bring myself back from the dead (george)

Message par Virgile Prevost le Sam 24 Mar - 22:19

george
  & virgile

   
got to bring myself back from the dead

 
Jamais tu n'aurais cru qu'il oserait. Jamais tu n'aurais pensé qu'il se permettrait, George, de prendre ce que tu ne voulais pas lui donner. Tu te croyais capable de faire face à beaucoup de choses, tu te pensais capable de gérer tout ce qu'il pouvait bien t'arriver. Tu avais tort. Virgile, oui, tu avais tort. Le goût ferreux du sang dans ta bouche, seul signe de ta révolte, parce que tu ne fais pas le poids. La peur qui se joue dans tes prunelles, et qu'il ne voit pas, qu'il n'est pas capable de voir, alors qu'il t'agrippes le bras, qu'il force ton visage contre le mur. Les pierres éraflent ta peau d'ivoire, marquant tes traits, rougissant ta joue. A cet instant il n'y a personne que tu hais plus sur terre que cet homme derrière toi, qui t'empêches de faire le moindre mouvement, qui t'entraves, te tiens à sa merci. Tu as mal, partout. Au bras, à la pommette, à l'épaule qui te donnes l'impression de s'être déboitée. Ta fierté, elle aussi, descends en flèche. Pourtant ce n'est rien comparé à cette sensation, celle d'être impuissant. D'être dans l'impossibilité de réagir, de faire face, de hurler, de crier, de frapper même. Alors tu fermes les yeux, tu penches la tête en essayant d'oublier, tu essayes de croire que ce n'est qu'un mauvais rêve. Qu'un cauchemar de plus, encore un. Serais-ce vraiment tes mots, qui l'ont mis dans un état pareil ? Ses nerfs, complètement fermés depuis les combats ? Tu sais pas, tu veux pas savoir. Tu veux pas lui donner d'excuses alors que t'attends que le couperet tombe. Qu'il décide, qu'il prenne, qu'il fasse quelque chose. Parce que tu sens, tu le sens parfaitement bien, qu'il va se passer quelque chose. Sa main dans ton dos, qui te forces à te cambrer alors que tu n'en as nulle envie, qui passe sur ton ventre, caresse doucereuse, légère, en totale opposition avec sa brutalité actuelle. Ton visage, qui reviens se plaquer contre le mur rugueux, qui entailles plus encore ton visage, alors que ses mots te glacent le sang. Qu'un frisson de dégoût te parcours, et que tu essayes encore inutilement de te débattre. Tout mais pas ça. Ton rictus s'écaille, tes lèvres tremblent, alors que tes yeux cherchent la moindre échappatoire, même si ton esprit sait très bien qu'il n'y en a aucune. « Lâches moi! » Tu grondes, alors qu'il continue dans son délire. Qu'il y croit, qu'il pense que tu vas le laisser faire, que tu vas le laisser prendre possession de ton corps comme d'un objet. Tu te rends pas compte que c'est ce que tu lui as fait, en partie, lorsqu'à Paris tu jouais avec ses nerfs, ne lui donnant que le strict minimum de contact qu'il désirait. Le contrôlant. Et voir les rôles s'inverser, avec autant d'extrême, ça te retourne l'estomac. Il a raison, en plus. Personne n'en a rien à faire, d'un pauvre français perdu en pleine ville écossaise, d'un étranger au veston trop clair, d'un homme à la mine trop fraiche. La seule chose qui pourrait les intéresser, ces gueux, ce sont les pièces contenues dans ta bourse, et ils te trancheraient la main pour les obtenir. Alors non, tu ne peux appeler à l'aide, pas dans ces ruelles coupe-gorge où tu risquerais pire, si l'on peut dire, que ce que tu subis actuellement. « LÂCHES MOI. » Tu parles, plus fort, un cri presque, ta joue appuyée contre ce mur que tu exècres. Et tu crois presque à un miracle, alors que tu sens sa poigne moins serrée, son recul, même, alors que tu sens la tension partir de ton corps. Est-ce que c'est juste le calme avant la tempête ? Serait-il à ce point fou ? Pourtant il ne te lâches pas, il continue de te regarder te débattre sans pouvoir te libérer, et t'entends dans sa voix quelque chose de serré, d'une douleur sourde. T'as plus l'esprit clair, pourtant tu sens que quelque chose cloche là-dedans aussi. T'as le visage rougit par ton propre sang, t'as la crainte qu'il ne change d'avis, et pourtant, tu ne peux t'empêcher d'analyser. Bien sûr, que tu peux lui rendre ce qu'il a perdu. Bien sûr, puisqu'elle est dans ton appartement, à bercer une ignoble chose sans nom. Tu ne sais pas de quoi il parle, tu ne sais pas à quoi il fait allusion. Serait-il devenu poète au point de faire des métaphores sur sa jeunesse, peut-être ? Si tu n'étais pas dans une position si délicate, tu en ricanerais. Si c'est pour Paris ou autre chose. Comme s'il pouvait s'agir d'autre chose que de Paris la belle. Comme si ça pouvais concerner autre chose que ces années d'exil forcé, cet acharnement et ce délire pyromane. Tu serres les dents, les poings, alors que tu le sens se rapprocher encore de toi. Tu ne crains plus, parce que s'il ose tu feras tout ce que tu peux pour l'avoir, avant qu'il ne t'aie. Mais ces mots, tu les connais. Ces mots, cette phrase, cette écosse chantante qu'il aimait te faire entendre, comme un doux surnom. Aujourd'hui, ces mots ne t'arrachent que dégoût et haine, alors qu'il te lâches pour partir, retourner dans les ruelles qui l'ont vue naître. « Salopard. » Tu lâches, alors que tu le regarde s'enfuir dans les ombres. Que tu te laisses glisser sur les froids pavés du nord est de l'Angleterre, que tu laisses la fraicheur nocturne réparer ton cœur bouillant de colère, que tu prends ton visage entre tes mains, étouffant le hurlement qui cherche à s'échapper de ta gorge. Il te le paieras, George.  




   
   
 

_________________
you won't see me fall apart
well I’ve got a thick skin and an elastic heart, but your blade it might be too sharp. i’m like a rubber band, until you pull too hard, i may snap and i move fast. 
avatar
Faileas

Messages : 29
Points : 85
jj feild
Avatar : jj feild
Crédit : andahar. (ava), beerus (sign)
Multicompte : abhainn ò súilleabháin
Pseudo : madsweeney

Taux d'abomination :
50 / 10050 / 100
Age : 35 ans
Métier : écrivain
Pouvoirs : charisme, beauté naturelle, habilité pour les arts
Inconvénients : trouble de l'attention et de l'hyperactivité, tendances artistiques, obéissance à qui a la peau


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cycle 2 Re: (+18) got to bring myself back from the dead (george)

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum