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Le puéril farfadet et le désuet goupil | Colin / Alasdair

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Le puéril farfadet et le désuet goupil | Colin / Alasdair

Message par Alasdair Nilsen le Mer 7 Fév - 21:25







Le puéril farfadet et
le désuet goupil

Un lever de soleil en 1758
En ce jour d'aujourd'hui, je vais vous raconter une histoire qui eut lieu à une époque fort fort lointaine. Il était une fois un drôle de rencontre en 1758... Comment cela, 1758 ne vous semble guère plus éloigné que 1762 ? Je m'incline, pour une fois, il se trouve que vous avez raison. Le vieillard était déjà vieux et n'a que peu changé par rapport à cette époque. Sans doute, son scalp était orné d'une matière moins grisonnante, peut-être qu'une ride ou deux étaient un brin moins creusées. Trois hivers que la belle épousée et la sublime fille sont bercées par les entrailles de la terre. Deuil non fini en 62, il ne l'est pas plus quatre années auparavant. Piqûre de rappel qui semble faire tourner à l'obsession les quelques problèmes familiaux du bougre et je m'excuse si ces tristes vieilleries vous ennuie, mais on va ici encore parler de sa femme morte et de son enfant mort et ça sera pas joyeux et, j'en suis désolé, mais je vais vous en faire souper jusqu'à ce que vous vomissiez les personnages à passé dramatique.

Déjà à l'époque, il était le même insatiable lutin. Certainement moins préoccupé par la perspective d'un assassin qui pourrait à chaque instant briser son cher ami qui est devenu la prunelle de ses yeux, mais moins bien remis encore de son deuil. Il se trouve que ce jour là, c'était comme on dit de façon populaire, « un jour sans ». Je vous épargnerais les mésaventures du bonhomme, sans quoi je serais un piètre narrateur, déjà que je vous annonce dès le départ que ça va encore faire pleurer dans les chaumières avec des affaires de famille morte... Cependant, je peux vous dire que depuis le matin, il n'avait fait que tomber de Charybde en Scylla. Je peux également de façon innocente vous en donner une idée par la description d'une journée type, tout à fait commune et universelle, où sans doute vous vous reconnaîtrez.

Cela commence par un sourire non rendu, la damoiselle qui s'offusque de la moquerie qui s'ensuit, quelques mômes redevables qui passaient par là qui canardent la donzelle en représailles, le paternel qui s'en mêle et menace et appelle à grands cris les forces de l'ordre et invective les foules. Normalement, vous adorez ce type de situation, vous vous délectez de les provoquer, vous vous nourrissez des lueurs de danger d'un tel chaos. Mais, au travail, vous ruminez tout ça, avec une seule obsession : où est-ce que j'ai échoué, pourquoi ce sourire non rendu, cette blague échouée, pourquoi cela me préoccupe tant. Vous savez que c'est à cause de votre nature monstrueuse, et cela vous agace. Déconcentré, vous ne faites pas attention à vos gestes, et bien sûr, vous salopez une commande, un bouquin qui vaut votre mois de salaire.

Vous retrouvez votre meilleur ami avec qui vous trafiquez des enfants pour se rendre chez une pourriture. Le coeur n'y est pas complètement, vous maudissez encore votre maladresse. Vous êtes un peu énervé, le vilain vous résiste, vous ne supportez pas ses manières, une vieille rancune envers lui vous est justement restée en travers de la gorge. Et là, vous ne savez pas pourquoi, vous lui faites la même plaisanterie qu'à la donzelle du matin. Cela se passe mal. Très mal. Vous rusez, l'ami évacue les lieux, vous repartez grâce à cette invisibilité (même pas besoin de cape, Harry Potter peut aller se remballer) dont vous a doté cette nature monstrueuse qui vous agaçait tant quelques heures auparavant.

Vous terminez par une soirée dionysiaque, cherchant les vapeurs de l'alcool autant que l'affection de votre ami, vos blagues et vos sourires sont de plus en plus pathétiques au fur et à mesure que l'heure tourne, heureusement votre auditeur a de moins en moins de sang dans l'alcool. Vous décuvez un peu sur place, on fini par vous jeter gentiment dehors. Vous raccompagnez l'ami, de toute façon c'est sur votre chemin, qui a bu de quoi abattre un titan, comme d'habitude, qui une fois arrivé devant chez lui veut vous accompagner encore jusque chez vous. Comme souvent, vous rusez comme vous pouvez pour décliner une offre qui n'en est pas une et qui n'est pas déclinable, vous l'exaspérez par vos idioties, jusqu'à ce qu'il lâche.

Alasdair rentra donc chez lui à une heure où certains partent au travail. Il était fatigué, atrocement fatigué. Passablement éméché aussi. L'excitation joyeuse s'était tarie, laissant place à un brumeux abandon de soi, les paupières se fermant à demi. Une jambe devant l'autre, l'automate passa devant la boutique au rez-de-chaussée de sa mansarde, mansarde qui fait très fin XVIIème siècle. Les escaliers furent bravés, marche après marche, se tenir à la rampe par précaution. Arriver devant la porte, tourner les clefs dans le mauvais sens, dire quelques vulgaires amabilités pour encourager la capricieuse serrure.

Immédiatement, il eut l'impression que quelque chose clochait. Le désordre le plus complet régnait ! Quiconque a déjà pénétré dans l'antre de l'écossais aurait certainement dit : Ah bon ? Ce n'est pas pire que d'habitude. Mais aux yeux d'Alasdair, c'était bien pierre que d'habitude. Les nains de jardins étaient au garde à vous, devant la porte ! Ils auraient dû être dans sa chambre ! Une multitude d'objets n'étaient pas à leur place, il y en a même certains qui étaient là où ils devraient être selon le sens commun, mais qui n'étaient pas là où le bougre les mettait d'habitude.

Le lieu semblerait probablement exigu en nos temps plus modernes. Néanmoins, pour un contemporain du bougre, il semblerait plutôt bien spacieux pour un homme seul effectuant un travail d'artisan. On entrait par le salon, petit mais convivial, avec un âtre guère élégant mais fonctionnel, divers tableaux (comme dans tout l'appartement), un certain nombre représentant des naufrages, ainsi que de multiples étagères où sont entreposés de menus objets divers et variés, avec une partie bibliothèque, bibliothèque qui s'étend d'ailleurs dans sa chambre. La propreté n'est guère de mise chez le farfadet depuis qu'il vit seul et ne reçoit plus ou presque. Il repéra rapidement des traces de doigt dans la poussière qui s'accumule sur toutes ses collections improbables s'étalant sur les rayonnages. Puis il sentit un courant d'air, qui lui rafraîchit les idées. Plusieurs secondes furent tout de même nécessaires à comprendre qu'un intrus se trouvait sur les lieux, qu'il avait laissé imprudemment la fenêtre ouverte, avec une muraille ridiculement facile à escalader grâce aux rebords de l'échoppe en dessous. Le vieillard en un instant était sorti de sa torpeur

Sa nervosité habituelle reprit le dessus, gesticulation désordonnée, par réflexe il se fondit dans l'invisibilité pour la seconde fois de la journée. L'idiot ne prend pas le temps de chercher une arme, répugnant à la violence, l'idée ne saurait venir avec naturel en son cerveau. Intérieurement, mille jurons lui traversent la tête, une forte envie de mettre fin à cette journée, même si tout cela lui plaît plus qu'il n'ose l'avouer, excitation, danger, curiosité, mouvement, impression d'être en vie, d'être jeune.

Prudemment, de son pas le plus léger, il avança sans aucun bruit. Ce n'est pas comme s'il faisait ça depuis qu'il était môme. En un coup d’œil il embrassa la minuscule cuisine, puis sa chambre. Rien. Son sang se glaça. Car à ce moment-là seulement, il s'aperçut que la porte de la chambre de sa fille n'était pas close. Se rappela que la fenêtre qu'il avait ouverte au matin pour aérer, c'était celle de la chambre en question. Sauf que comme toujours, il avait fermé derrière lui. Le pauvre tremblait comme une feuille.

Pas que la pièce soit un sanctuaire effrayant façon film d'horreur avec des nounours abandonnés, un petit lit rose bonbon et une commode avec dessus uniquement le portrait de la petite fille et sa chevelure blonde tondue, le tout éclairé aux bougies qui s'éteindront en un instant. Au contraire. Si le vieillard n'a pas réussi à se défaire de cet appartement où règne en maitre ses fantômes – s'il avait imposé le quartier, c'est Hannah qui avait choisi l'endroit, où l'on pouvait encore sentir son parfum en quelques recoins – il avait réhabilité la chambre de la petite il y a de ça un petit moment, lorsqu'il avait dû y accueillir quelques mendiants. Relativement neutre, avec simplement un lit de petite taille et encore quelques dessins d'enfant sur les murs qu'il ne pouvait se résoudre à effacer.

Cette dernière phrase peut-être rend elle assez peu compte de la réalité. Par « quelques dessins d'enfant », je veux signifier ici une fresque absolument fantaisiste, au graphisme certes simplet, mais représentant une scène bien précise et avec un séquençage digne d'une bande dessinée sans bulle. C'était Adam et Eve, à qui le serpent – enfin, l'idée d'un serpent que peut avoir une petite édimbourgeoise c'est-à-dire plutôt un dragon – tendait la pomme. Les amant la mangeaient ensemble – visualisez deux bonhommes façon hiéroglyphe tenant la pomme et la croquant en même temps. La pomme alors se métamorphosait en fleur. Peut-être un genre de tournesol, au vu de la taille de celle-ci. Le dessin final représentait Eve, allongée, la fleur sur le ventre. Lorsque Alasdair avait demandé à sa fille ce que signifiait cette fin, elle avait répondu très spontanément que c'était Eve enfantant dans la douleur. Cette affaire l'avait toujours un peu troublé, plus encore maintenant où il y voyait un symbole des mortes de sa vie. Oui, Hannah et son mari étaient des parents un peu bizarres pour avoir toléré une telle fantaisie. Non, la petite n'avait pourtant pas été farcie à la religion, bien que l'enfant ait reçu une éducation religieuse, comme toute jeune fille de son temps, et ce malgré les doutes du paternel.

En dehors de ça, tout était normal. Une commode abritait l'essentiel des affaires de la petite et le vieillard s'appliquait à ne jamais l'ouvrir. Ainsi, lorsque ses mains se mirent à trembler, cela n'était pas par peur du carnage d'un sanctuaire, mais simplement la manifestation d'une émotion un peu chaotique, vive, et surement de la réprobation et du dégoût, et beaucoup de peur qu'un inconnu ait pénétré dans un lieu où personne n'était jamais rentré sans son autorisation, sa surveillance. Dans ce lieu de mémoire qui n'avait d'importance que pour lui.

Son cœur loupa certainement un battement lorsque ses mirettes y virent ce qu'elles y virent.

Une créature se trouvait entre les draps. Elle était nauséabonde, mais Alasdair n'en remarqua pas l'odeur. Il n'en remarqua que la taille. Que le visage qui en émergeait. Il ne lui donnait pas plus de quatorze ou quinze ans. Sa fille aurait dû avoir treize ans cette année. Imaginez son trouble. Il rompit son invisibilité, s'assit sur le lit pour reprendre ses esprits et ses forces, aux risques d'éveiller le jeune garçon. Essoufflé et suant, il observa le visage de ce garçonnet avec le même regard que porterait un chien à son maître qui vient de le frapper : blessé, surpris, mais sans haine, peut être même avec un peu d'amour.

Il le regarda dormir. Ou faire semblant de dormir, allez savoir, avec tout le boucan qu'il avait fait. Incapable de garder ses mains inoccupées, il se plissa la moustache, tâta ses genoux, joua avec ses cheveux, fit craquer ses doigts. Tentative de mettre de l'ordre dans ses pensées. Échec. Le soleil se levait petit à petit. Il n'était plus question pour lui d'aller trouver son lit. L'idée de jeter dehors à coup de pied dans le derrière le malotru ne lui vint pas. Pendant quelques minutes, il s'endormit, piquant du nez, avant de se réveiller soudainement. Il regretta que son ami ne l'ai pas raccompagné. Il pensa aussi que Hannah aurait su quoi faire. En cet instant, il mesurait à quel point les adultes ne sont jamais que des enfants, forcés à prendre seuls des décisions, parce qu'il n'y a plus personne pour les guider. Des enfants seuls avec eux-mêmes dans des situations grotesques. Et en même temps, ce petit être, cet avenir, ce champ de possibilités, tout comme la liberté dont il disposait en cet instant, l’enivrèrent, certes le fatiguèrent aussi, mais l'ivresse vient à bout de ce type de sensation dérisoire.

- «
Qu'est-ce que je vais faire de toi ?
Il murmurait. Il passa sa main dans ses cheveux. Cru y voit des poux. Soupira. Reprit la parole après une longue pause.
Ne bouge pas.
»

Enfin il se leva, ferma la fenêtre. Alla chercher une couverture de son propre lui et la rajouta par-dessus les draps, sans raison valable, simple réflexe protecteur. Puis il se demanda pourquoi il avait fait ça. Il partit dans la cuisine, y trouva également un désordre certain auquel il ne fit pas attention. Minutieusement, il s'employa à tenter de rationaliser l'improbable réalité par des gestes simples, du quotidien, se réfugia dans l'habitude qu'il a pourtant l'habitude de fuir. Il prit du pain, le coupa en tranche. Il le mit sur un plateau malpropre. Il attrapa un pot de marmelade et quelques couverts. Il versa un grand verre de lait froid. Le but d'une traite. A nouveau il remplit le verre, le plaça sur le plateau. Prit une minute pour se passer un peu d'eau sur la figure, tenter d'ouvrir les yeux correctement, inspirer, expirer. Enfin, il apporta le tout à la belle au bois dormant. Sourire aux lèvres. Ce sourire de vendeur, pas tout à fait naturel. Il était nerveux. Sa fatigue rendait ses émotions plus apparentes encore. Ses yeux luisaient de bienveillance, de gentillesse, d'exténuation.

- «
On se réveille !
Il l'avait dit plus fort qu'il ne le voulait, aussitôt il s'en mordit les doigts, commença à parler moins fort, d'une voix plus douce.
Tu as faim ? Ce n'est pas grand chose, mais je n'ai que ça. Ensuite, tu me diras qui tu es, ce que tu fais ici.
Il vint poser le plateau sur le lit, à côté du petit corps. Puis ne sut pas où se mettre. Alors il resta debout, maladroitement, avant de penser au tabouret qu'il n'utilisait jamais dans un coin de la pièce, le ramena et s'y assit.
Mange à ta guise. Et fais attention à ne pas en mettre partout.
En réalité il n'en n'avait que faire qu'il en mette partout, mais il était fatigué, il ne savait pas quoi dire, quoi faire, alors il disait n'importe quoi.
Mon nom est Alasdair.
Il ne précisa pas son patronyme, gêné par sa consonance non écossaise.
Tu es en sécurité ici.
»

Le bougre le fixa. Il le fixa même fixement, sans se rendre compte de l'impolitesse et de la bizarrerie de son attitude. Il avait l'air très gêné, très confus aussi, un peu perdu. Cela se sentait à sa mimique, il ne cessait de bouger, changer de position. Il parlait en faisant des grands gestes avec ses mains, des pauses entre chaque phrase. Quelque chose en lui appelait à ce que le garçon lui donne les codes de conduite à avoir. Et en même temps, son sourire devenait de plus en plu sincère. Parce que quelque part, de façon peut-être un peu stupide, un peu incohérente, il était plus heureux en cet instant qu'il ne l'avait jamais été en trois ans. Le bougre ne se faisait pas d'illusion, ou du moins tentait de ne pas s'en faire, il ne s'agissait que d'un garnement, qui par hasard se trouvait là, ici, dans ce lit, dans cette pièce. Mais malgré tout, cette nouveauté dans sa vie, ce grain d'inattendu qui pour une fois avait une connotation positive, cela emballait son cœur sans que sa raison ne puisse rien y faire.

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Inconvénients : Farceur - Ses blagues vont souvent un peu trop loin - Incapable de laisser passer une défaite
Un nain de jardin te fait face. Il a encore la bouche pleine d'un tas de lettres qu'il a mangé : dommage, tu n'as plus que trois choix de réponses. Tu te retiens de pousser un cri devant une telle horreur et t'apprête à t'enfuir, lorsque tu t'aperçois que tu es encerclé par ces petits monstres
- Tu lui donnes un coup de pied : Vas en I.
- Tu lui demandes d'exaucer un vœu : Vas en N.
- Tu t'agenouilles, te fais passer pour l'un des leurs et commence à les suivre : Vas en F.

I Les nains semblent effrayés. Ils attrapent les lettres restantes et les avalent, se remplissant de nouvelles possibilités, mais te privant de tout échappatoire. Tu sens une ombre te recouvrir et lorsque tu te retourne, il est trop tard : le Sreath-Mhurtair t'assassines tandis que les nains ricanent, murmurant "le I est pour idiot". Tu es fortement invité à recommencer ce jeu.

TI Il n'y a qu'un seul et unique vœu possible, tu n'as pas su le choisir : les nains te ligotent, te privent de tes lettres et écrivent "triple idiot" sur ton front et tu es livré es jeté dehors, à la merci du Sreath-Mhurtair qui se lèchent les babines en te voyant.

F Tu avance avec peine dans un de leurs souterrains où le nain te guide. Arrivé à un embranchement muni de pancartes où tourne-tu ?
- Tu vas vers le nain qui t'enjoint à le rejoindre dans la salle du vœu : Vas en N.J.
- Tu prétends que tu les trouves très impolis, car d'après les coutumes de ton jardin, les invités ont le droit à une sieste dans la salle aux trésors avant toute chose : Vas en F.V.
- Tu es agacé par ce jeu stupide qui n'a rien à faire ici et a peu à voir avec Alasdair et choisit de revenir sur tes pas, ces derniers te courent après : Vas en I.

FV Tu te relève et commence à creuser vers le haut, prenant tous les trésors possibles et t'enfuyant à grandes enjambées. Bravo : tu as choisi la meilleure des voies, celle de la fourberie, toujours victorieuse ! Alasdair te féliciterait.

N Le nain te promet d'exaucer tous tes vœux et il est prêt à te montrer ses pouvoirs magiques. Il te prends par la main, te demande de fermer les yeux, de t'agenouiller et de marcher.
- Tu ouvres les yeux malgré tout en chemin, rompant le sortilège et suscitant l'agacement du nain : Vas en f
- Tu déchaines ta colère demande à avoir ton vœu tout de suite et refuse de marcher : Vas en i
- Tu laisses le sortilège opérer : Vas en NJ.

NJ Tu te retrouves au milieu d'une arène envahie par les nains de jardin. Le roi nain te fait face et te demande quel est LE vœu.
- Tu demandes plus de vœux : Vas en TI
- Tu insinues que ce jardin n'est pas assez riche pour exaucer LE vœu, furieux, ils te conduisent à la salle aux trésors pour que tu retires ta parole : Vas en FV.
- Croyant à leur magie, tu demandes à être l'être le plus puissant de l'univers : Vas en GNJ

GNJ Le roi des nains déclare qu'ils ont enfin trouvé l'être suprême, le Grand Nain de Jardin. On te coiffe d'un bonnet rouge, t'installe sur un trône et te prie à longueur de journées, te menaçant de mort si tu ose essayer de t'échapper...


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Re: Le puéril farfadet et le désuet goupil | Colin / Alasdair

Message par Colin Smith le Jeu 8 Fév - 21:40

Par une nuit sans lune comptent les jours.
Par un jour sans nuit tombent les heures.
Il y a le bruit et les gens autour.
Et le lutin observe la demeure.

L'enfant maudit a pris feu,
Et le lutin criait sa peine.
L'enfant maudit hurle un peu mieux
D'un cri rouge sang veine

A quoi penses-tu, petit Colin
Tes mains en poches, tes yeux en peine ?
Tu la sens, l'envie maligne
De te poser où le vent te mène.

Elle te plait, la grande maison blanche,
Tes yeux brillent et tu commences à sourire
Tu te dis que ça te changera des vieilles planches
Qui craquent sur ta tête comme des soupirs.

Alors tu joues les monte-en-l'air,
Tes doigts s'agrippent dans le vieux lierre.
Le jour de brume te couvre d'ombre
Tandis que tu grimpes et puis retombes

Sur le parquet, grincement austère.
Une fenêtre poussée, frêle barrière,
Pour un lutin sans vraie manière
Dont les pas glissent dans la poussière.

A quoi penses-tu, petit Colin,
Devant le désordre qui t'est offert ?
Que cherches-tu, qu'est-ce qui te mine
Quand tu ranges tout, à ta manière ?

Il y a toujours ton grand sourire
Sur ton visage d'enfant de terre
Et tu t'amuses de tes délires
Tout concentré à ton affaire.

C'est qu'un désordre c'est du travail
Faut tout refaire et mieux défaire
Ne pas oublier le moindre détail
Ou ça nuirait à ta carrière.

Alors tu poses, et tu reposes
Et tu places et tu déplaces
Tu donnes un sens à toutes ces choses
Ces petits riens de ton palace.

Car avoue le, petit Colin,
Tu l'aimes bien, cette maison
Il y a une âme qui se dessine
Et qui résonne comme une chanson.

Et puis voilà que tu la trouves
L'étrange pièce toute bariolée.
Et en silence tu la découvres
Et tu y vois un mausolée.

Sauf que le deuil tu ne connais pas,
Les morts s'oublient trop vite pour toi.
On dit que la douleur ne s'efface pas,
Encore faut-il qu'elle fut là.

Alors soudain tes mains s'agitent
Et tu ranges, tu réordonnes
Tu recrées l'espace, parfois hésites,
Tu espères sans dire, qu'on te pardonne.

Et la nuit tombe, petit Colin
Tes yeux se ferment, le sommeil gagne
Et aussitôt que tu termines,
Tu t'offres au lit qui te réclame.

Et puis les rêves et les souvenirs,
Dans une ronde interminable
Et soudain te viennent cris et soupirs
Comme pour faire face à l'intenable.

Tu ne sais plus, pauvre Colin,
Ton esprit a tout effacé,
Mais toute cette folie qui te mine
Est un fantôme du passé.

Et soudain on te réveille !
Un vieil homme triste et fatigué,
Il sent l'alcool et la verveine,
Et te secoue sans te ménager.

Tu le regardes et il te parle
Mais le sommeil t'a hébété
Dans ses silences tu sens des larmes,
Et tu repenses au mausolée.

Tu ne dis rien de plus quand il revient
Avec la confiture et le vieux pain
Tu mords dedans avec plaisir
Et le remercies d'un sourire.

Il dit son nom, et à ta mine,
Il voit sans doute que tu ne sais rien
D'un geste vif tu tends ta main
Une gourmette pend, portant "Colin".

Et puis tu dis ta tête vide
Et tous ces cris, tout en couleur,
Tu remercies mais tu évites
De raconter toute la douleur.

Par une nuit sans lune comptent les jours.
Par un jour sans nuit tombent les heures.
Il y a le bruit et les gens autour.
Et le lutin, dans la demeure.





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Ces cœurs qu'ils ont jadis liés
Pour qu'à la face du ciel ils mènent [encore
Ce combat pour la liberté"
(Walt Whiteman, Feuilles d'Herbe)


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