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Au chevet d'un mourant [Ciaran]

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Cycle 2
Au chevet d'un mourant [Ciaran]

Message par Keith McBain le Jeu 4 Jan - 23:07

La paillasse propre d’une chambre du Castel, la surveillance d’une nouvelle victime. Ils sont rares que les survivants et l’Ombre a bien trop chatouillé l’esprit des Anglais et des Gardes ! Il faudrait que ce tueur soit fou pour prendre Keith McBain dans cette piaule, voir même impatient. Sa mort se joue à un jet de dé final, 50/50 tout ou rien. Sur le matelas, le visage cadavérique se repose, le teint déjà cireux ressemble à une porcelaine glaciale, l’anémie a gagné le corps. Personne n’a pu déloger Smyth dormant désormais contre le visage de son maître, prête à jaillir sur toute créature menaçante.

Le médecin n’est pas sûr que le caoineag survivrait, déjà sa famille a préféré le voir resté là, alors qu’ils s’occupent de Deborah et d’autres. Il n’est mieux en sécurité qu’auprès de ceux qui font l’ordre désormais. Quelques visites sont autorisées, fort peu, il réclame quelques noms, Aelig O’Hayre notamment et on n’a de cesse de lui répéter qu’une putian n’est pas une bonne idée. Il claque sa langue avec colère sur son palais à ce genre de réponse, iel viendrait.

Iel est seul.e ami.e du triste bonhomme, il ne peut finir sa vie sans lui avoir dit des mots, s’il meurt, Ciaran serait averti de bien des choses, il lui soufflerait milles et une vérité à l’oreille, libérant son esprit. Il appelle sa sœur, son oncle, des noms qui se succèdent à son chevet, une longue semaine est passé déjà, alors qu’il ne reçoit presque personne, personne à qui il parle.

Cette fois, il ne dort pas, les yeux mi-clos, jamais mort n’a communiqué aussi vaillamment avec lui, au pied de son lit de repos, elle est assise, une longue chevelure rousse tressée lourdement, un bambin chétif dans les bras dont il a gravé les traits dans son esprit de tout temps. Sa petite laitière est là, aussi belle qu’au printemps de sa vie, et berce leur enfant en le regardant amoureusement.

Il est trop épuisé pour pleurer, se contenant, dans sa chemise propre de les regarder avec un amour infini, tendant alors quelques doigts de sa main posée sur son ventre, pour effleurer ceux irréel, du nouveau-né que sa femme lui tends. Jamais sourire ne fut plus souffrant que celui qu’il leur offre, mais il ne fut jamais aussi heureux, éclairant sur ses traits une lueur inconnu pour ceux qui connaissent le caoineag.

Une larme coule de son regard, alors que l’image des morts reste, que sa femme se redresse et vient déposer un baiser sur son front, avant d’aller s’asseoir dans un fauteuil près de la fenêtre. Au fond, il se demande pourquoi elle ne l’enlace pas, pourquoi ils ne se couchent pas à son côté, ainsi, il partirait, lentement, près de leurs présences iréelles…

Mais au lieu de cela, la porte s’ouvre, il n’a pas besoin de lever son regard mi-clos, il est fatigué pour tourner son visage, il n’a besoin de rien pour reconnaître les fragrances qui rentrent, son odeur est si particulières, si présente. « Mon seul ami… » Souffle-t-il d’une voix pire qu’à l’accoutumée. « Vous voilà donc venu sur mon lit mortuaire… »

Le visage de sa femme secoue la tête, le réprimandant d’être si funeste dans un silence pesant, alors qu’elle pose l’enfant dans un berceau qu’il imagine. Toute cette vision n’est probablement dû qu’à une fièvre étrange, d’un corps qui se meurt et d’un esprit qui s’abandonne. Elle vient observer Aelig/ciaran/Tristan, peu importe et tourner autour de lui comme une fée facétieuse. Elle aurait été en vérité un rayon de soleil entre les deux ami.es sortant les esprits tristes de ces hommes de leur peine en les poussant à la gaiété de sa seule présence.

Sa petite laitière…


_________________


"Te souviens-tu de la lune pleine, qui descendait ses rayons sur ce visage noircie par la mort, il y avait sur sa chair, les dessins de ses propres veines, comme les membranes d’une feuille, qui ramenait à ses yeux vides, un sang profondément sombre. Elle était morte. Mais jamais l’esquisse de la mort ne fut plus belle que celle-là.”


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Re: Au chevet d'un mourant [Ciaran]

Message par Sreath-Mhurtair le Ven 5 Jan - 19:46

do you feel my breath on your neck ?
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Tu vas sur'ment pas m'croire mon gars mais c'soir j'ai pas l'trop l'coeur à l'ouvrage. J't'ai vu baigner dans ton sang et c'est vrai qu't'étais tout beau mais là... là c'est parce que j'sais si tu as l'temps d'balancer l'nom d'mon hôte il le laisseront pas en paix et tu sais quoi, j'm'y suis attaché et j'ai pas envie d'voir la ville l'enfermer. Tu sais d'quoi j'parle hein ? Dl'a peur d'se faire accuser alors qu'on sais pas s'qu'on fait. Oui j'ai dl'a peine pour toi mais lui, il est brave et j'y tiens. J'veux pas qu'la garde m'l'abime en prison. Tu m'diras, j'pouvais tuer l'selkie, lui faire une seconde entaille comme au bon vieux temps, sauf qu'il est pas sur ma liste le bougre, et la liste c'est sacré tu vois. C'est mon r'père, c'est qui m'permet d'pas massacrer n'importe qui, juste ceux qui méritent. Bon, j't'avoue qu't'es plutôt un chic type mais toi c'est pas pareil. Toi faut qu'j'te délivre de tes fantômes, et ce soir j'vais surtout t'empêcher d'dire des conneries. Promis, une fois qu'suis sur qu'ton dernier souffle servira pas à dire des âneries j'irais chatouiller les pieds des nantis, d'ceux qui s'croient tout permis et qu'en oublient le p'tit peuple. Et si tu veux tout savoir c'est ta curiosité qui t'a perdu, car pour dire vrai, j'te sentais fouiner autour de moi, vu qu'j'te hante comme les autres. Alors ce soir j'viens finir c'que j'ai commencé, tu m'connais. J'aime pas l'travail bâclé.

Heureusement qu'j'suis resté dans les parrages car c'est vrai qu'c'est rudement bien gardé, tu as même un anglish pour toi tout seul, tu peux être fier. Va falloir que j'lui passe sous l'nez, l'anglais ça s'distrait vite à s'qui parait. Pis bon on va pas s'cacher qu'j'ai pas grand chose à faire pour finir le travail hein, vu ton état. J'ai presque d'la peine à t'interrompre au milieu des fantômes tu sais ? Et puis j'ai aussi la peine que même si t'étais sur ma liste t'était pas l'plus méritant, loin d'là. D'autres perdent rien pour attendre et tu sais quoi ? j'te promets que j'les ménagerai pas autant qu'toi. Allez mon gars, c'est la dernière fois qu'on s'voit faut être fort. P'têtre même qu'tu va m'manquer.

succès/échec:
Succès/succès : Bon, j'aime bien les gardes factices, ça fait semblant d'veiller alors qu'ça dort contre le mur. Au moins j'ai pas d'mal à passer d'vant et à m'pointer dans ta chambre.
Succès/échec : Alors certes y a l'abruti qui dort d'vant ta piaule mais j'avais pas vu l'autre à l'angle du couloir, j'ai juste le temps de m'glisser où tu t'reposes mais s'il m'a vu il va donner l'alerte.
Echec/Succès : j'entends des gardes s'rapliquer, j'ai juste le temps d'me glisser dans l'ombre pendant qu'ils discutent avec celui d'vant ta porte et j'm'y glisse comme un lézard, mais j'ai eu chaud.
Echec/Echec : faut croire qu'tout l'Angleterre est v'nue à ta veillée funèbre donc j'disparais vite fait dans l'ombre et tant pis pour moi, si tu survis à ta nuit tu parleras au Selkie. Mais tu l'condannes hein, tu le sais ça ? Au final p'têtre que j'ferai une entorse à la liste pour sauver ma peau.

dé d'attaque:
échec critique : J'aurais pas dû v'nir, j'ai raté mon coup et en plus j'me suis cogné contre un meuble et l'bruit va rameuter du peuple. En plus de ça j'ai perdu ma lame.
échec alarmant : J'ai failli m'prendre les pieds dans ta paillasse et t'tomber d'ssus, j'me récupère comme je peux mais tu m'as vu et tu vas sur'ment les alerter.
échec anodin : Tu t'es mis à tousser, j'entends tout le monde qui s'affole dehors, j'ai juste le temps de m'planquer derrière la porte s'ils l'ouvrent.
blessure superficielle : J'tai coupé tes bandages, tu noteras l'utilité.
blessure grave : J'ai réenfoncé le couteau au même endroit, j'vois l'sang jaillir de nouveau, t'en as encore en réserve faut croire. Le sang t'va bien, m'en veux pas d'insister.
blessure mortelle : Voilà j'tai saisi la tête et tranché la gorge, ça fait p'têtre beaucoup d'précaution pour un mourant mais j'voulais être sûr. J'hésite à d'garder contre moi le temps qu't'agonises, c'est quand même notre dernière fois mais m'en veux pas faut qu'j'men aille. Heureux d'tavoir revu l'ami et prends soin d'toi là haut, et d'tous les autres. Ils s'en rendront pas compte de suite mais tu leur manqueras, en bas, sois-en sûr.


la garde:
A moi la garde ! Bon ils n'mavaient pas grillé à l'aller mais ils vont m'cueillir au r'tour, ça valait la peine de faire la salamandre contorsionniste tiens.
Rien ne se passe : Bon bah un bon anglais est un anglais qui dort j'imagine. J'quitte le château sans souci.
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Re: Au chevet d'un mourant [Ciaran]

Message par Ceann-Uidhe le Ven 5 Jan - 19:46

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Re: Au chevet d'un mourant [Ciaran]

Message par Keith McBain le Sam 6 Jan - 9:10

A son chevet, sa petite laitière a quitté le flanc de Ciaràn, ils ne sont que tous les deux dans cette chambre, plus si on considère les morts, et elle vient souffler à son oreille, une vieille comptine qu’il connaissait autrefois par cœur. Une petit chanson d’enfant, que l’on apprend parfois à certaine créature. Quelques mots de gaélique, que l’on murmure, en posant sa main…la petite laitière glisse la main de son mari. Rêve-t-il ? Ou bien sent-il réellement sa chère et tendre dame faire le geste ? Ses doigts sont aussi froids que doux, aussi glaciale que tendre, et elle pose à l’endroit de sa blessure, cette main squelettique.

Une larme roule sur son visage, d’un doux sourire sur les traits, il regarde le fantôme de sa petite laitière, son ami présent, il ne souhaite pas l’ignorer, mais il se tient là, à observer l’épouse défunte, comme si elle fut le plus beau des anges venus le chercher. A cette pensée funeste, elle sourit et secoue la tête, il ne saisit point l’expression de son visage, comme si elle le lui refusait et reprends son cantique qu’il finit par marmonner à son unisson, la voix rauque.

La comptine est un ancien sort, une ritournelle douce, sa peau parait chatouiller, autours de la blessure, il a l’impression que la chair se tire, il grimace, mais continue, encourager par le fantôme dont il n’a jamais vu aussi clairement le visage, visage qui s’estompe alors que le sort fait son office, que sa fièvre file, que son esprit se rajuste.

« Va-t-en » Murmure sa douce épousée, disparaissant vers l’invisible et l’abandonnant une nouvelle fois. Il reste quelques instants et tends son visage vers Ciaran, la blessure est guérie, mais pas son manque de sang. Il lui faudrait un peu de temps, mais son air cireux ne s’en va guère de ses traits. Il inspire.

La ratte sage vient renifler sa peau et chatouiller l’épiderme de ses moustaches longue, un clignement de paupière et un autre, Keith se relève. D’abord assis dans son lit, il défait les couvertures de ses jambes et se dresse avec prudence.

C’est l’heure du dé. Succès/Echec

Succès/Succès : Puisque le tueur ne parle pas de Ciaràan dans son poste, c’est qu’il s’est trompé de porte et d’éventuelle victime. Une autre pièce, un autre que l’on veille, peu importe. Dans tous les cas, le cœur de Keith tremble, il saisit la main de son ami, dans le but seul de partir, ne lui laissant point le temps de parler ou de réfléchir, le croque mort tire son ami à lui, il faut sortir, sa douce lui a dit de s’en aller.
C’est titubant et bancale, que le croquemort entraine Ciaràn, s’appuyant sur un mur il déclenche un passage secret. Dévisageant l’autre, il s’y faufile, entraine l’autre, et prends soin de refermer le passage. Les deux écossais ont disparus !

Succès/Echec : Puisque le tueur ne parle pas de Ciaràan dans son poste, c’est qu’il s’est trompé de porte et d’éventuelle victime. Une autre pièce, un autre que l’on veille, peu importe. Dans tous les cas, le cœur de Keith tremble, il saisit la main de son ami, dans le but seul de partir, ne lui laissant point le temps de parler ou de réfléchir, le croque mort tire son ami à lui, il faut sortir, sa douce lui a dit de s’en aller.
Ouvrant la porte de sa cellule, il rencontre un garde, qui lui vocifère de rester dans son lit et qui ne comprends point commun il a pu se relever, attirant probablement l’esprit sanglant venu pour lui…Est-ce qu’ils pourront appeler à la garde ?

Echec/Succès : Keith se redresse de son lit, Ciaran est là aussi, et la porte s’ouvre sur la silhouette délicieuse, si l’on peut dire, du tueur. Keith se raidit, il pense à son ami, il réfléchit à lui et poussé par une adrénaline subite, il se saisit d’une chaise –Siomon style vas-y- Et fonce vers le tueur sur laquelle il fracasse l’objet. Sans l’assommer, il gagne quelques minutes sur lui ! Assez pour passer la porte et s’en aller. Poussant iel à le suivre et à ne pas se venger. Ils s’enfuient et disparaissent.

Echec/echec : : Keith se redresse de son lit, Ciaran est là aussi, et la porte s’ouvre sur la silhouette délicieuse, si l’on peut dire, du tueur. Se relevant trop brusquement, voulant mettre Ciaran derrière lui, Keith a la tête qui tourne, il vacille et s’évanouit.

C’est l’heure du dé. La garde !

A moi la garde ! Keith a dans tous les cas le temps de les appeler, il gueule à l’aide, et déboule les soldats !
Rien ne se passe ! Bon ben les gardes ils doivent picoler dans un coin….

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"Te souviens-tu de la lune pleine, qui descendait ses rayons sur ce visage noircie par la mort, il y avait sur sa chair, les dessins de ses propres veines, comme les membranes d’une feuille, qui ramenait à ses yeux vides, un sang profondément sombre. Elle était morte. Mais jamais l’esquisse de la mort ne fut plus belle que celle-là.”


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Re: Au chevet d'un mourant [Ciaran]

Message par Ceann-Uidhe le Sam 6 Jan - 9:10

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Re: Au chevet d'un mourant [Ciaran]

Message par Ciàran Ogilvie le Lun 8 Jan - 18:09

Spoiler:
Pas génial mais j'aif ait ce que j'ai pu avec mon clavier tout naze - et je suis vraiment horrible avec mon pauvre Ciàran. Serrage de miches pour le dé.
EDIT : fuck you too les dés.

S'attendait-on à se faire mander ce soir-là au chevet d'un mourant ? Certes non. La nuit prévoyait d'être sensiblement similaire à toutes les autres, parée de roucoulements et de douces bassesses, d'échanges voluptueux dans le secret d'une alcôve, et non pas de mort et de fiel. Pourtant, lorsqu'on vint prévenir Aelig O'Hayre qu'iel était demandé au Castel au chevet de son ami Keith McBain, pas un frémissement d'hésitation ne vint troubler les traits ravagés du Selkie. Pas la moindre expression, de fait : ni celle de la surprise, ni celle de la tristesse. Le regard qui vacille est le privilège de bien peu d'hommes et le messager n'en fait pas partie. Il ne verra rien.
Iel se pare donc d'atouts adéquats, d'une robe funèbre et d'un mouchoir de mousseline pudiquement noué dans le cou, de gants de dentelle et d'une voilette qui viendra dissimuler son absence de détresse aux yeux trop curieux. Seules les lèvres demeurent, signe immanquable de la profession, parées d'un rouge profond qui tranchent avec le teint pâle. On lui a toujours trouvé la peau diaphane, elle est désormais presque translucide de blancheur. Certains y voient une forme de beauté, d'autres, peut-être plus au fait de ce qu'une peau si blême signifie, reculent avec un frisson de dégoût. Sans doute voient-ils la maladie qui creusent ainsi les joues et leur donne cet aspect mortuaire, rend les traits si fins, les mouvements si délicats.
C'est un fantôme qui vient au chevet du croque-mort, un autre, un qui est bien tangible à défaut d'être réel.

Aux larmes de Keith ne fait écho qu'une expression marmoréenne. C'est à peine si Ciàran hausse le sourcil en voyant la blessure guérie comme par enchantement. On ne grandit pas dans les Highlands sans savoir que certains ont le pouvoir, par imposition des mains, de soulager certaines douleurs ; on ne fréquente pas les plus grands scientifiques de Florence sans douter de la véracité de ces contes pour enfants. Mais sous le regard du Selkie, voilà la plaie qui se referme et l'ami qui se lève, presque complètement guéri.
« McBain, qu'est-ce que... » Inutile de parler, l'autre a son plan en tête et une main posée sur une pierre qui déclenche un passage secret. Dans le creux du ventre de Ciàran revient l'excitation de l'enfance, celle qu'iel n'a pas ressentie depuis fort longtemps. Autrefois, au Castel Cortachy, iel passait de nombreuses heures à chercher les passages secrets supposément dissimulés dans les méandres du château dans l'espoir d'être ciel qui découvrirait ces tunnels imaginaires et peut-être même le monde magique auquel ils devaient bien mener. Et un rêve d'enfant réalisé, un...
« Je crois que tu me dois quelques explications, » murmure le Selkie en s'avançant dans le passage. Keith n'a pas pris de torche, iel non plus ; les voilà donc dans le noir profond sans certitude de ce qu'ils vont trouver face à eux. Ou sous eux. Ou au-dessus. « Je te préviens que s'il y a une araignée, je crie. » Iel n'aime vraiment pas les araignées. On n'a pas idée d'avoir autant de pattes et en plus des fois elles sont velues et...
Non. On ne divague pas. On garde sa concentration.
« Tu as été attaqué par le tueur ? Comment diable as-tu pu guérir aussi vite ? Pourquoi nous avoir faits partir ainsi ? Comment savais-tu qu'il y avait un passage secret ici ? Pourquoi m'avoir demandé à ton chevet ? » Le flot des questions masque un tout petit peu sa peur. Certains sont courageux mais pas téméraires, d'autres, comme Ciàran, sont d'une témérité indécente et capables de risquer leur vie pour des bagatelles, mais peureux dès lors qu'ils n'ont pas choisi le risque pris. C'est ce qu'iel a de plus proche d'un quelconque instinct de survie. On ne peut pas dire que ce soit très efficace.
Le Selkie soutient Keith autant qu'iel le peut. La force physique n'a jamais été son atout principal et s'iel peut se révéler un ennemi redoutable en combat, c'est surtout par sa fourberie et sa vitesse plus que par sa puissance. De fait, iel croule à moitié sous le poids de son ami et se félicite de porter un corset aux armatures solides qui lui donne un soutien supplémentaire. Le reste de la robe, iel le regrette amèrement.

Un petit dé ?
Succès/succès : L'avancée dans le passage secret se passe étrangement bien, à croire qu'une bonne étoile veille sur les deux amis par intermittence (les mardis 15 et les jours fériés, en général). Si bien qu'au détour d'un couloir particulièrement tortueux, la main de Ciàran posée sur le mur rencontre une torche – éteinte, mais une torche tout de même. Avec un peu de chance, Keith aura de quoi l'allumer sans mettre le feu à qui que ce soit.

Succès/échec : Alors, c'est qu'il fait froid dans les passages secrets, et Ciàran supporte mal le froid. Ciàran frissonne donc de toutes ses forces malgré les couches de vêtements qui lea recouvrent, si bien qu'iel finit par se prendre les pieds dans la longueur de sa robe et entraîner Keith dans sa chute. Au moins, il n'y avait pas d'escalier, pas de trappe, pas de piège. Qui irait mettre un piège dans un passage secret, de toute façon ? Ce serait étrange. Pas complètement impossible, mais étrange. Plus de peur que de mal pour le Selkie et sans doute pour Keith, à qui Ciàran a servi de coussin horriblement inconfortable pour amortir sa chute. Reste maintenant à se relever, ce qui n'est pas une mince affaire quand on porte un corset et une grande jupe. Une fois de plus, le Selkie regrette amèrement ses choix vestimentaires.

Echec/succès : A-t-on mentionné que Ciàran détestait les araignées ? Et bien sûr, ces passages secrets longs et poussiéreux et peu utilisés en regorgent. Avançant tant bien que mal avec son ami porté aussi bien que possible, le Selkie ne verrait pas sa main devant son visage et ne voit donc pas la toile d'araignée tendue en travers du chemin, juste à hauteur de son nez, ni son habitante. Malgré les cris d'orfraie poussés à la seconde même où sa peau rencontre la toile, Ciàran ne parvient pas à effaroucher l'araignée qui élit domicile sur son visage, puis dans son cou, sous le mouchoir de mousseline. La crise de panique est imminente.

Echec/échec : On peut faire mieux qu'une araignée, n'est-ce pas ? Quand bien même la pré-citée serait venimeuse, ce n'est qu'un peu de comédie légère. Non, cette fois, c'est un bien méchant tour du sort qui attend Ciàran. Iel demande à Keith de l'attendre pendant qu'iel fait une reconnaissance, sentant comme une brise fraîche devant iel et ne souhaitant pas causer plus de mal à son ami. Malheureusement, la brise fraîche provient d'une ouverture dans le sol (probablement créée par le temps) dans laquelle la jambe droite du Selkie s'enfonce avec un grand craquement de mauvais augure. Impossible de s'en déloger facilement. Au moins, le tueur n'a pas suivi.

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Half my life went by wondering
if my effervescent nature will bring pestilence,
and sadness to the ones in my life.
But today - I realized,
December people are only temporary when you chain them
When you give them the wrong material things,
And expect them to grow Roots.

Give us December people,
And you'll find us - the Temporary People,
Weeping over cities, that we have
Hardly even lived in at all.
Anindita Das, Fernweh


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Re: Au chevet d'un mourant [Ciaran]

Message par Ceann-Uidhe le Lun 8 Jan - 18:09

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Re: Au chevet d'un mourant [Ciaran]

Message par Keith McBain le Mer 10 Jan - 20:33

Aux paroles de Ciaran, le croque mort reste muet, gagné d’une angoisse qui fait siffler son torse, et approcher son souffle d’une litanie mortuaire. L’air vicié du passage n’offre point de meilleur embranchement pour qu’il puisse respirer convenable, mais à défaut d’être à s’étouffer, il avance, ignorant où il va…mais en tous cas, loin du tueur. Bien loin de lui !
Il ne cesse son avancée ténébreuse qu’à un mot de l’autre, lui offrant une parade surprise de trait sur le visage, alors qu’il observe Ciaran prêt.e à hurler pour une araignée. Il hésite entre trouver cela cocasse ou bien ne point trop savoir, penchant au fond pour l’autre. Mais au lieu de tergiverser sur l’araignée potentielle, il préfère secouer la tête et reprendre sa marche prudente, sous des questions de son.a ami.e.

« Qui d’autre pourrais-je demander, tu es mon ami.e, mes heures pouvaient finir d’un instant à l’autre, je ne voulais pas d’autres présences ! » Lâche-t-il d’un ton si convaincu et sûr de lui, qu’on ne pourrait point douter de l’inflexible affection qu’il porte au Selkie. Pourtant, à cette pensée, son cœur se serre, lui, le responsable de ce visage balafré et de cette décadence nécrosante qui le.a poussé à se cacher au sein du bordel le plus connu d’Edimbourg. Pas de mot ne trahit pourtant sa culpabilité.

« Une vieille comptine qu’on nous apprends…qui ne fonctionne …je ne sais pas trop. Une comptine de nourrice. » Voilà pour le sort dont il n’aurait pas cru l’efficacité s’il ne venait de le tester. « Les morts…les morts me parlent. Ma femme… » Il réalise. Raidit subitement à cette pensée, le voilà à se retourner vers l’arrière. Elle était là, avec leur enfant. Un instant, dans la pénombre, le mortuaire bonhomme fixe l’extrémité du couloir et il reste silencieux. Treùmblant à l’idée qu’il ne pourrait plus la revoir aussi parfaitement, il détourne ses yeux tristes et égaré, secouant la tête.

« Tueur oui. Il venait. Il revenait finir le travail. » Marmone-t-il pour échapper à sa pensée, affligé de peine, il avance avec prudence. « Ici, c’est le hasard. Un vertige, ma main s’est appuyé, je ne sais pas même où nous allons… » Souffle-t-il conscient alors du danger qu’ils ont encore devant eux car ils en ignorent les détails. Soutenu par son.a comparse, Keith n’a jamais été si proche de Ciaran et il n’aurait jamais cru sentir un corps si frêle, il le connait peu épais, mais cette fois, il le sent et il n’aurait guère pensé que ses épaules soient si peu épaisse.

Pour autant, il n’a guère le temps de se soucier de l’autre, tremblant un peu, il le.a laisse partir en reconnaissance, quand une voix fantomatique souffle « non » à son oreille, Keith hoquète et envoie sa main, mais il ne saisit que de l’air alors que l’autre chute et le bruit craque d’une jambe meurtris. Tâtonnant dans les ténèbres, il s’accroupis au sol et détermine les contours de Ciaran.

« Tristan…Tristan réponds-moi, tu vas bien ? » agité d’une inquiétude étouffante, Keith tremble, leur périple incertain parait promis à des échecs, peut-être que le tueur n’aura au fond aucun travail à faire et qu’ils mourront tranquillement dans ce passage, deux squelettes pas forcements enlacés, mais unis…au moins comme deux amis sincères. Et encore, sincère, Keith peut-il le dire ? « Ta jambe…elle…comment… » Ses mots se perdent au fond de sa gorge, il ne sait point trop que demander…

C’est l’heure du dés

Succès/Succès : Prenant bien attention de la douleur et de ce que lui dit l’autre, Keith se redresse, agité par une force dont il ne soupçonne pas, il marmonne entre ses dents de promesses funestes, sans valeur, alors qu’il parvient à sortir Ciaran de son trou et le soulever sur son dos. Bientôt un escalier secret, dont il reconnait les marches…ils vont pouvoir bientôt sortir et disparaître de ce Castel maudit.

Succès/Echec : Prenant bien attention de la douleur et de ce que lui dit l’autre, Keith se redresse, agité par une force dont il ne soupçonne pas, il marmonne entre ses dents de promesses funestes, sans valeur, alors qu’il parvient à sortir Ciaran de son trou et le soulever mais quelle idée saugrenue, ne lui a—t-il pas pris à cette idée, partant à la renverse en arrière, Keith chute au sol, entraînant son ami sur lui et cogne sa tête contre le sol…il s’évanouit. Pas de sang, mais il est assommé.

Echec/Succès : Impossible pour Keith de sortir le.a frèle Ciaran, autant se l’avouer, ni l’un, ni l’autre n’ont l’état nécessaire pour des efforts énormes. Essayant pourtant, il parvient juste à le sortir de son trou et lui souffle de rester là, partant droit devant pour une recherche quelconque. Hasard bienheureux, fantôme allié, Keith trouve une ouverture quelques pas plus loin. De la lumière ! Enfin –Lancement des dés garde si ce résultat-.

Echec/Echec : Ciaran dans le trou, Keith et une tentative veine de l’aider à en sortir, les deux êtres sont-ils condamnés à mourir dans ce couloir secret ? Après trop d’effort et le sang manquant, Keith s’évanouit, laissant le Selkie dans son trou !



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"Te souviens-tu de la lune pleine, qui descendait ses rayons sur ce visage noircie par la mort, il y avait sur sa chair, les dessins de ses propres veines, comme les membranes d’une feuille, qui ramenait à ses yeux vides, un sang profondément sombre. Elle était morte. Mais jamais l’esquisse de la mort ne fut plus belle que celle-là.”


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Re: Au chevet d'un mourant [Ciaran]

Message par Ceann-Uidhe le Mer 10 Jan - 20:33

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Re: Au chevet d'un mourant [Ciaran]

Message par Ciàran Ogilvie le Ven 12 Jan - 22:14

La jambe enfoncée dans un trou du plancher, Ciàran a bien peu le désir de s'appesantir sur les paroles du croque-mort et ses sentiments – mais il est clair que Keith McBain a à son endroit une affection certaine et lea Selkie n'est pas certaine de ce qu'iel ressent à ce sujet. C'est qu'on s'habitue bien vite aux amitiés éphémères et aux camaraderies d'intérêt, au point qu'on en oublie qu'il est encore possible, même dans un monde aussi perverti, d'avoir de véritables amis. Loin d'en être amadoué.e ou d'y voir quelque chose de beau et doux, Ciàran a pitié de son comparse. Alors quoi, McBain, tu n'as pas mieux qu'une petite putain au visage balafré pour venir te tenir la main à ton chevet ? Tu mérites bien mieux. Tu mérites d'être aimé par des gens qui en sont encore capables et dont le cœur n'est pas rabougri et desséché à force d'être mis en cage et baîllonné.
Et l'autre qui évoque les morts qui lui parlent et de vieilles comptines. Pour être tout à fait honnête, Ciàran en a assez de toutes ces fadaises. Non qu'iel n'y croie pas, ce serait passablement ridicule avec tout ce qu'iel sait du monde et de ses vastes étendues inexplorées, mais voilà qui devient un peu trop absurde pour son esprit rationnel. Qu'on puisse se transformer en phoque lorsqu'on est en possession de sa peau, soit. Qu'on ait le pouvoir de tenir la vie d'un autre entre ses mains de façon tout à fait littérale, passe encore. Mais qu'un esprit terrorise Edimbourg et qu'un ami sache parler aux morts et guérir les blessures en chantonnant, voilà qui devient un peu trop et n'enchante pas vraiment lea Selkie.
« J'espère que le monstre ne nous a pas suivis, » dit-iel d'un ton glacial. « Si je puis d'ordinaire combattre de façon point trop honteuse, j'ai bien peur que la situation ne soit un peu, comment dire... Coincée. » Iel essaye de faire jouer sa jambe dans le trou, grinçant des dents à l'idée des bas de soie qui ne manqueront pas de se déchirer sous l'effet de ces mouvements. Hors de question d'en demander des neufs à la Delë, il y aura bien un client pour apprécier l'esthétique de la chose ou se prendre de pitié pour cette pauvre petite créature aux bas filés. Il suffit de savoir faire feu de tout bois.
« J'ai bien peur que ma jambe ne soit coincée. Probablement cassée, à en juger par la douleur et le craquement qui l'a accompagnée, » continue-t-iel d'un ton très pince-sans-rire. On s'habitue à la douleur lorsqu'on la ressent au quotidien. Certains pensent que cela signifie qu'on ne la ressent plus, qu'on peut l'oublier ou l'ignorer, qu'au fond on ne souffre plus réellement ; ils ont tort. La douleur chronique est une chose perverse, un monstre d'obscurité tapi au plus profond d'un corps qui rôde et ronge sans cesse, qui ne laisse jamais le loisir de respirer librement, qui susurre toujours la promesse d'une nouvelle crise toujours plus violente que la précédente. C'est juste qu'à force, on apprend que ça ne sert à rien de crier, de protester, de pleurer. Ça ne fait pas disparaître la souffrance, ça ne l'atténue même pas, et si on devait s'époumonner à chaque fois que l'on a mal, on finirait par éloigner tous ceux dont la présence peut quelque peu soulager. Alors, même avec une jambe cassée, Ciàran demeure stoïque malgré son envie de pleurer.
Et Dieu sait qu'iel a envie de pleurer.

« Peut-on savoir ce que tu... oof ! » Arraché.e de son trou par un croque-mort maladroit, Ciàran n'a pas le temps d'essayer de trouver son équilibre et tombe à la renverse sur Keith, l'assommant au passage. Au cas où la situation n'était pas assez critique, voilà maintenant que l'ami morbide a perdu connaissance.
Avec un hurlement de douleur étouffé entre ses dents, Ciàran roule sur le côté pour libérer Keith. Au moins, puisqu'il est évanoui, il ne peut lui reprocher de montrer sa souffrance. Il faut bien un point positif.
Si lea Selkie a beaucoup de talents, la médecine n'en fait absolument pas partie et c'est totalement démuni.e qu'iel tapote les joues de son ami en appelant son nom dans l'espoir que le geste puisse le ramener. Iel voudrait bien vérifier le pouls de Keith mais n'a pas l'ombre d'une idée de comment le faire ; iel pose ses doigts sur le cou comme iel a vu d'autres le faire, sans parvenir à trouver la carotide, sans même savoir que c'est ce qu'iel doit chercher.
« Allez, Keith, s'il te plaît, réveille-toi... »
Cette fois, iel a vraiment envie de pleurer.

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Re: Au chevet d'un mourant [Ciaran]

Message par Keith McBain Hier à 20:17

Keith ne réalise pas l’incrédulité de son ami, à dire vrai, s’il venait à lui dire, il est fort probable que McBain s’en offusquerait. Prime abord, ce serait probablement l’insulter lui-même, secondement, ce serait insulter sa lignée. Mais puisque l’autre n’en dit mot et qu’il n’a pas la tête à autre chose que s’en aller, autant dire que tout va au mieux dans le presque meilleur des mondes !

Presque.
Parce qu’une fuite, un trou, une jambe…la combinaison n’est pas bonne. Le noir, le froid, des dés…et nous avons au final, un croque-mort inconscient, à côté d’un.e selkie bloqué et un tueur au lointain qui pourrait, qui sait, lui aussi débarquer. Dans les ténèbres de son propre esprit, le caoineag n’entends qu’au loin la voix de son ami.e comme un murmure dans un rêve éveillé.

Il se trouve au milieu d’une étendue d’eau, brumeuse et sombre, décoré d’arbre cadavérique, aux branches de doigts crochus et lui…lui dont le reflet lui ressemble mais sous des attributs de monstres.

Le visage translucide et fantomatique, sa chevelure s’agite comme s’il se trouvait dans les profondeurs aquatiques, un gémissement gagne sa bouche et laisse échapper un son étrange, complainte lugubre balancé à un phoque s’approchant de lui dans ces mouvements rebondis qu’ils peuvent avoir quand ils se pressent.
La stature haute, le corps aminci plus encore qu’à l’habitude, les traits de son visage lui correspondent sans vraiment le faire, ses pommettes plus saillantes, ses joues creusées, sa pupille d’un bleu pastel fixe l’animal. Et autours de lui, une forme vaporeuse, une silhouette ténébreuse, glissant, coulant, serpentant, jusqu’à venir s’infiltrer et qu’il lève la main griffues qu’il possède pour lacérer le visage de l’animal à son encontre…

Quand il ouvre les yeux sur ce qu’il a fait, git au sol, dans l’eau froide, le corps nu d’un.e selkie, le prêtre, au visage balafré…


Keith avale brusquement un air froid, il reste tétanisé, coupable et endoloris, fixant le mur, il pose sa main sur le corps de son ami.e, probablement son dos, et tapote. Incapable de parler, il est fort probable que de longue minute soit passée avant qu’il ne se réveille, laissant le phoque seul, bien qu’il ne connaisse pas son secret. Déglutissant, il tremble. « Tu…vas…bien ? » Voix caverneuse et lointaine, il ne sait ce qu’il s’est passé, il ne sait pas même s’ils pourront s’en sortir en vérité, tremblant de tout son corps, il entends des chuchotements tout autour d’eux, des murmures terribles qui lui glacent le sang…

Mais est-ce bien étonnant ? Dans un tel endroit, combien y a-t-il eu de mort ? Combien de condamné, dont les âmes ont pu rester accrochées à ces pierres et viennent s’amuser à lui grignoter l’esprit. Il se sent plus mal de leur présence, que du reste, étourdissement vomitif, il sent son souffle se manquer, l’athme fait siffler sa poitrine d’un son étrangement aigus et alors qu’il manque de s’étouffer, il finit par rire, épuisé. Un rire nerveux et rauque, qui semble rouler entre les graviers de sa gorge.

Des larmes coulent le long de ses joues, alors que coucher sur le sol, il se demande, un peu, comment, il a pu en arriver là. Keith frôle l’approche de la folie, ou bien seulement de la saturation de la situation !

C’est l’heure du dè !
A moi la garde ! : Le rire de Keith finit par inquiéter le monde de l’autre côté du mur, une pièce, comme une autre, les anglais se redressent et écoutent, sous le regard d’un garde gigantesque bien écossais qui roule des yeux et actionne un passage secret, pour s’engouffrer dans un couloir dissimulé et trouver les deux hommes.

C’est le calme plat ! : Le rire de Keith finit par inquiéter le monde de l’autre côté du mur, une pièce, comme une autre, les anglais se redressent et écoutent, mais personne ne sait d’où cela vient, ils scandent tout de même « Qui va-là ! » Sur les dents à cause de tout ce qu’il se passe depuis tout à l’heure.

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Re: Au chevet d'un mourant [Ciaran]

Message par Ceann-Uidhe Hier à 20:17

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