Rejoins-nous!
Connecte-toi
Été 1761, Édimbourg, Écosse. Les vagues frappaient contre la rive en un bruit constant et répétitif, comme une douce berceuse chantée par la mer du nord, une caresse légère sur votre front, un tendre baiser rassurant de la nature. Tout indiquait un matin normal sur les quais du port de Leith, si ce n’étaient les corps inertes qui flottaient comme des billots de bois mou abandonnés. Six corps. [...] Lire plus.

After the ball | Hettie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

After the ball | Hettie

Message par Ciàran Ogilvie le Mer 6 Déc - 19:37

Juste après l'event

La fin de la nuit a été des plus troublantes et troublées. Nounou a enroulé son foulard autour de sa bouche et éteint le feu, Delë a réussi à enfoncer la porte, peut-être avec l'aide de Beatan, iel n'est plus très sûr.e. Le gosse est resté collé à la Delë aussi longtemps que possible, un geste relativement judicieux compte tenu des circonstances.
Le feu derrière eux s'est étendu malgré les bonnes œuvres de Nounou. Ciàran ne s'est pas retourné.e, refusant de savoir dans quelle mesure le château se trouverait dévasté, refusant même d'y penser. Pas tant par affection pour le symbole d'une monarchie qu'iel ne soutient pas outre mesure mais par peur qu'Uisdean soit piégé dans les flammes. Pas Uisdean. Pas son frère. Iel se promet d'aller lui rendre visite dès que possible pour s'assurer de sa bonne santé. S'il est mort ou blessé... il faudra que les assassins payent une fois de plus, si seulement on peut les attraper. À chaque nouvelle rencontre avec eux, à chaque nouvel incident, le Selkie y croit de moins en moins. Ces créatures ne sont pas humaines, pas de ce monde ; l'idée sembl quelque peu absurde et pourtant, iel ne voit aucune autre explication. Les masques, la cruauté, la puissance, le feu. Peut-être qu'iel ne les trouvera jamais.
Mais il faut essayer. Essayer, parce que c'est la seule chose qui lui reste, le besoin de trouver ceux qui ont tué tant de pauvres hères et de leur faire payer, même si l'oeuvre est absurde et ne trouvera jamais de conclusion. Pour le moment, cela signifie sortir du château d'Edimbourg en vie et de préférence, avec Nounou et les autres intacts.
Dans la foule qui se précipite vers les portes enfin ouvertes, Ciàran perd de vue Delëphaïne et son amant. Iel n'aurait pas cru possible de voir la géante au charisme redoutable disparaître et pourtant iel se trouve loin d'elle, incapable de retrouver sa trace, isolé.e avec sa vieille Nounou qui ne doit pas comprendre ce qui se passe. Dans la panique, la capuche de Ciàran tombe, révélant ses traits abîmés et son œil presque aveugle. Iel ne le remarque pas et prend doucement la main d'Henrietta, usant de tout ce qui lui reste de prestance pour la rassurer.
« Madame, je vous en prie, ne vous inquiétez pas. Je vais vous tirer d'ici. Coûte que coûte. » Son ventre frémit à l'idée de ne pouvoir retourner en arrière sauver ceux qui sont piégés dans les flammes, de ne pouvoir aller chercher une vengeance qui paraît chaque jour plus illusoire auprès des deux monstres. Sont-ils seulement encore dans le château ? S'ils ont une once de jugeotte – et ils ont maintes fois prouvé que c'était le cas – ils seront partis. Évaporés. Ce serait absurde de revenir sur ses pas, d'essayer d'organiser une réaction rapide à l'incendie, parce qu'il est sans doute trop tard et que ce serait attirer sur iel une attention qui pourrait lui être fatale. Tiraillé.e entre sa paranoïa et sa bonté, Ciàran ne trouve comme solution que d'au moins aider sa vieille Nounou à s'en tirer.
« Tout ceci doit être terriblement confus pour vous, » dit-iel d'une voix douce en menant la vieille dame vers la sortie, tâchant de ne pas laisser la foule les piétiner. À eux deux, ils ne sont ni grands ni bien épais, et beaucoup autour d'eux semblent négliger leur présence physique. La peur rend les gens plus maladroits encore que d'ordinaire. « Terrifiant, aussi, j'imagine. Mais regardez, les portes sont ouvertes, nous allons pouvoir sortir. Permettez-moi de vous ramener chez vous, Madame, je détesterais vous savoir seule dans les rues d'Edimbourg après pareille soirée. Je me nomme Aelig O'Hayre. »
Parler, parler, noyer le silence et la terreur et le grondement des flammes dans des paroles égrenées d'une voix toute douce comme on égrène un chapelet. Parler pour tâcher d'apaiser cette pauvre vieille Nounou qui a déjà vu bien trop d'horreurs dans sa vie. Elle n'a rien mérité de tout cela. Qui oserait s'en prendre à une vieille dame si pleine de douceur ? L'un des tueurs l'a visée, Ciàran en est persuadé. La simple réminiscence de cette lanterne décrivant un arc de cercle dans les airs pour finalement rater Nounou lea fait frissonner d'horreur.
Même si, iel le sait, le feu ne peut pas la blesser. Iel se souvient de son enfance, de Nounou qui prenait des plats brûlants à mains nues sans avoir l'air d'en souffrir le moins du monde, Nounou qui ajustait les bûches dans le feu sans se préoccuper des flammes qui lui léchaient la peau, Nounou qui ne transpirait pas même lorsque l'été se faisait anormalement chaud pour Angus. Autrefois, Ciàran lui prêtait des pouvoirs de dragon ou de fée du feu, selon les jours et l'envie. L'idée est devenue ridicule comme l'âge lui a permis de développer son intellect – mais peut-être pas tant que ça. Peut-être est-elle aussi un monstre, juste d'un autre genre. Un monstre comme moi.
La foule se disperse enfin et Ciàran mène tout doucement sa vieille nourrice jusqu'au pied du château, non loin de groupes de gardes qui se transmettent des ordres pour gérer la crise, dans une zone calme et beaucoup moins peuplée que ne l'a été la cour. Là, ils seront tranquilles. Pour un temps, du moins.
« Vous n'avez rien, Madame ? Pas de blessure ? Je ne suis pas médecin mais je connais quelques personnes qui pourront vous aider si votre état est trop grave. » Faites qu'il ne le soit pas.

_________________
Derrière chaque type sans foi, ni loi, ni âme
Si vous cherchez le diable, vous trouverez la femme :
La gueuse la traîtresse la garce la sorcière

En attendant, je compte vos crimes et vos bassesses
Tous vos pieux mensonges et vos histoires de fesses
J'encourage le vice, je provoque des guerres
Je dirige le monde et Dieu me laisse faire !
avatar
Marbhanta

Messages : 512
Points : 639
Ta tête Par défaut
Avatar : Ben Whishaw
Crédit : Orphiel / somanyseals pour le profil
Multicompte : None
Pseudo : Orphiel

Taux d'abomination :
90 / 10090 / 100
Age : 36 ans
Métier : Ex-pasteur (Tristan Dubh) / Travailleur.se du sexe (Aelig O'Hayre)
Pouvoirs : Charisme, beauté naturelle, conteur écouté, danseur de talent, transformation à volonté
Inconvénients : Obéissance à celui qui possède la peau, trouble de déficit de l'attention, tendances artistiques, loup de mer, empathie pour les phoques

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum