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  • Confession [Tristan]

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    Confession [Tristan]

    Message par Lachlan Fairbairn le Ven 29 Sep - 22:17

    >
    Confessions
    feat Lachlan & Tristan
    La nuit est fraîche, comme toutes les nuits ces temps-ci. Lachlan marche d’un pas tranquille, les mains dans les poches. Ce soir il n’a pas envie de se rendre dans un pub pour boire un ou plusieurs verres. Il n’a pas non plus envie de jouer les gentlemans, l’homme bien sous tout rapport. Il veut être lui-même, ne plus être le seul à savoir qui il est, ce qu’il est.
    Il se trouve rapidement à destination, devant la paroisse qu’il sait peu fréquenter. Et avec ce qu’il se passe en ce moment, elle doit même être désertée par les fidèles terrorisés. Lachlan franchit les portes en bois d’un air blasé. Il ne prend pas la peine de regarder autour de lui. Il sait que la lumière vient de bougies et il n’y a rien pour lui qui ne mérite qu’il s’attarde. Il se rend directement vers le lieu de confession, là où les gens s’enferment afin d’étaler tous leurs petits secrets honteux. Mais lui, il n’est pas là pour ça.

    Il s’installe tranquillement. C’est quoi déjà la formule ? Ah oui… « Pardonnez-moi mon père parce que j’ai pêché. » C’est fou ce qu’une petite phrase toute faite peu vous rabaisser. Pourquoi commencer ainsi ? Afin de donner du pouvoir au pasteur ? De lui conférer une sorte d’ascendance ? « En fait, j’ai pêché selon les lois du Seigneur, mais pour moi je n’ai fait d’exprimer mes émotions, mon art. » Il sait déjà qu’il va lui demander de s’expliquer. Comment peut-il avoir pêché mais ne pas le considérer comme tel puis aller se confesser ? Lachlan prend donc les devants. « Je suis un homme respecté. J’ai de l’argent et beaucoup de talents. On apprécie mon art mais aussi ma personne. Je suis toujours aimable et courtois mais ce n’est que façade. L’autre nuit en est un bon exemple : Je buvais un verre dans un pub et un type m’a bousculé. » Ses poings se serrent sur ses genoux et sa mâchoire se crispe à l’évocation de ce souvenir. « Il s’est tout de suite énervé, m’accusant d’avoir renversé son verre alors que les rôles étaient inversés. On nous regardait, certaines discussions se sont éteintes afin de nous prêter attention. J’ai souris à l’homme et je lui ai offert un autre verre en lui tapant dans le dos, comme de bons amis. Nous avons bu ensemble, nous avons ris également. C’était une bonne soirée en fin de compte, mais je ne pouvais pas laisser passer cet affront. » Il se tait quelques instants. Et si le pasteur le reconnaissait et qu’il allait parler ? Non, ils sont tenus au secret après tout. Sa véritable nature ne risque donc pas d’être ébruitée.

    « Lorqu’il est sorti par la porte de derrière, je l’ai suivi discrètement. L’ambiance était festive, personne n’a remarqué mon absence. Il vomissait son repas après avoir ingurgité trop d’alcool. Je l’ai interpellé et cet idiot pensait que je m’inquiétais de sa santé… J’en ai profité pour m’approcher de lui. J’ai posé une main sur son épaule tout en souriant et de mon autre main, je l’ai poignardé en plein ventre. L’expression sur son visage était délicieuse : Il ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait. Je lui ai donné plusieurs coups de poings au visage, puis des coups de pieds dans les côtes… Bon sang, ce que ça m’a fait du bien ! » Tout comme le fait de se livrer. Il garde ses secrets pour lui depuis des années mais il se rend compte que de les partager est tout aussi jouissif que de les vivre. « Je me suis amusé à taillader ce porc et l’inspiration m’est venue, comme à chaque fois. C’est dans le sang et la souffrance d’autrui que la beauté se révèle à mes yeux. Les peintures que j’exécute par la suite sont sans aucun doute les meilleures. » Il le sait et ce, depuis qu’il a tué sa femme, son enfant et la gouvernante. Ses plus grands succès, il les a créé après une débauche de sang et de violence. « Dieu dit qu’il ne faut pas tuer mais quelques rebuts de moins dans ce monde est un service rendu à autrui n’est-ce pas ? » Il laisse échapper un rire amusé.  
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    Re: Confession [Tristan]

    Message par Ciàran Ogilvie le Dim 1 Oct - 11:06

    Il est tard.
    Tristan aime rester tard dans sa petite paroisse poussiéreuse. Il aime quand la nuit tombe et que seuls les cierges illuminent encore les allées de pierre grise, il aime la solitude confortable et le silence de ce qui est devenu son domaine. Plus pour très longtemps. Il le sait, il l'a prévu, il le sent. Ce matin-là, Aodhan est venu se confesser, confesser des meurtres qu'il ne se souvient pas avoir commis. Demain, ce sera la fin de Meadows Kirk, mais Tristan ne le sait pas encore. Il ignore tout de la hache qui viendra achever la vie d'un petit pasteur excentrique et lui rendre enfin sa liberté.
    Certaines paroisses de la ville croulent sous les fidèles cherchant la protection du Seigneur contre le tueur d'Edimbourg. Pas celle-ci. On n'aime pas s'entendre dire que s'inquiéter ne sert à rien, qu'il faut se battre, ne pas se laisser faire. Que la peur n'a jamais évité le danger et qu'au lieu de se terrer dans une église à implorer le soutien d'un être supérieur silencieux, il serait bon de s'armer, d'enquêter, de parler. Tristan connaît les monstres et sait qu'ils se nourrissent de silence et de terreur, alors il enjoint les fidèles de Meadows Kirk à ne pas nourrir celui qui terrifie la ville. Sans grand succès. À cette heure tardive, il s'attend moins encore que d'ordinaire à de la visite – et pour une confession, rien de moins.
    Tristan n'aime pas les confessions. Il les aime parce qu'elles lui permettent d'apprendre ce qu'autrui peut voir comme un péché, il les déteste parce qu'on veut lui faire porter des culpabilités qui ne lui appartiennent pas. En rejoignant la branche réformée du christianisme plutôt que le catholicisme, il espérait échapper à ce rituel ridicule, puisqu'il n'est pas obligatoire chez les Anglicans. Terrible manque de chance : les habitants d'Edimbourg aiment vider leur sac chez leur pasteur et retourner vaquer à leurs occupations, libérés d'un fardeau qu'ils ont placé sur les épaules de quelqu'un d'autre sans jamais plus avoir à s'en inquiéter. Au moins, chez les catholiques, il y a le confessionnal, cette structure de bois qui évite au prêtre de voir le visage de ses ouailles et de lire leur langage corporel. Pas dans le protestantisme. Il aurait vraiment dû se faire catholique.
    Cet homme-là l'intrigue d'emblée. Il y a quelque chose dans sa voix, dans sa façon de se tenir, dans ce qui émane de lui – quelque chose qui l'attire. Tristan n'a jamais été très doué pour discerner le grain de l'ivraie, ou plutôt pour comprendre qu'il valait mieux s'attacher aux êtres bons et paisibles qu'à ceux malfaisants et fiers de leur propres férocité. Il avait rêvé de princes charmants dans l'enfance. Découvrant qu'ils n'existaient pas, il s'était entiché de voleurs et d'assassins, des pires vauriens du monde connu, de filles de petite vertu et de Médée des temps modernes, de sorcières et de dragons. En côtoyant le mal, on pouvait se sentir vivant.

    L'histoire s'achève et ne fait même pas sourciller Tristan. Il en a entendu de pires, il en a vécu de pires. Le matin même, il a offert son oreille et son soutien à Aodhan, et il trouve au final bien plus terribles le regret et la culpabilité et la terreur de son frère Selkie que le détachement artistique de cet homme-ci. Pas d'ambiguïté morale, pas de pitié, pas d'envie de l'aider. Lui, il sait ce qu'il fait. Il est artiste et dans le sang il trouve l'inspiration qu'ils cherchent tous. Le faux pasteur comprend ce besoin de chercher la muse jusqu'aux Enfers si cela s'avère nécessaire, lui qui n'a plus réussi à poser le pinceau sur une toile ou la plume sur un papier depuis son arrivée à Edimbourg. Il comprend.
    Mais au moins, cet homme-là est facile à mépriser.
    « Que le Seigneur soit dans ton cœur et sur tes lèvres et que tu confesses tes péchés avec vérité et humilité : au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen. » Il récite la formule consacrée presque avec automatisme, sans s'attarder sur la signification des mots. La phrase n'est là que pour assurer le pénitent qu'il n'ira rien raconter à la police – c'est cette phrase qui le tient au secret. Sans elle, il pourrait bien aller répéter tout et n'importe quoi dans tous les bouges de la ville et n'avoir rien fait de mal. Pas qu'il le ferait de toute façon. Aucun intérêt. Mais il paraît que ça rassure.
    « Et pourquoi venir te confesser, si tu n'estimes pas avoir péché ? Tu ne me sembles pas chercher à adoucir ta culpabilité, » dit-il calmement, les yeux rivés dans le vague, vers les cierges qui brûlent indéfiniment. « Un besoin de reconnaissance, peut-être ? Qu'on te dise que tu as bien fait, qu'on t'admire, que tu es grand et beau d'avoir ainsi nettoyé le monde d'une ordure supplémentaire – et pour en tirer de l'art, qui plus est ! »
    Le faux pasteur laisse échapper un ricanement. Il n'a jamais été un homme vraiment doux et patient, ce n'est qu'un masque, ça n'a toujours été qu'un masque, et ce masque se fissure petit à petit sous les assauts d'une vie qui ne peut lui convenir. « Tu te penses plus utiles que ceux que tu appelles des rebuts parce que tu as de l'argent, de l'intellect, du talent. Mais sans ces rebuts, qui viderait ton pot de chambre ? Qui nettoierait les rues dans lesquelles tu marches, qui construirait les bâtiments dans lesquels tu paresses ? Je connais ta race, » continue-t-il avec amertume, emporté par son propre discours et sans la moindre pudeur, « je sais que les tiens, les riches et les grands de ce monde, seraient bien incapables de survivre sans ceux qui vivent dans le caniveau. Une semaine sans rebuts et vous seriez tous atteints des pires maladies du monde parce que vous ne savez même pas essuyer votre propre derrière. »
    Il n'a pas eu l'intention d'être aussi acerbe. Pas l'intention de donner une opinion, ce n'est pas le but. Il aurait suffi d'un te absolvo ou n'importe quelle autre formule tirée d'un épais bouquin poussiéreux, il aurait suffi de prétendre en avoir quelque chose à faire, de prétendre juste un peu plus longtemps être bel et bien pasteur. Tristan n'en a plus le courage. Il ne sait pas que le lendemain lui apportera une porte de sortie qu'il n'aura pas le choix d'emprunter mais il a déjà pris sa décision. Il sait que Tristan Dubh et sa paroisse de Meadows Kirk vont mourir – il pense simplement que ce sera de sa propre main et pas de celle du tueur. Alors il peut bien en profiter un dernier soir, relâcher un peu l'extrême tension qu'il s'impose pour ne jamais déraper, puisque tout ceci sera bientôt terminé.
    « J'ai connu quelqu'un qui te ressemblait, » dit-il après un instant de silence, presque avec douceur. « Quelqu'un qui n'avait ni remords ni regrets, qui s'enorgueillissait presque de sa nature. Peut-être avec moins d'hybris et d'ego, au moins devant moi. Je me demande – peut-on être heureux, à ainsi vivre dans le sang et la violence, à se croire si supérieur au reste du monde ? Es-tu heureux, toi qui viens dans une église aux premières heures de la nuit pour chercher l'approbation ou le pardon d'un parfait inconnu ? »

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    Re: Confession [Tristan]

    Message par Lachlan Fairbairn le Ven 27 Oct - 22:40

    >
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    « Que le Seigneur soit dans ton cœur et sur tes lèvres et que tu confesses tes péchés avec vérité et humilité : au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen. » Que de mots vides de sens. L’homme lui-même semble n’y accorder que peu d’importance. Est-il lassé par sa fonctions ou ses croyances. Cela lui paraît peu probable. « Et pourquoi venir te confesser, si tu n'estimes pas avoir péché ? Tu ne me sembles pas chercher à adoucir ta culpabilité. Un besoin de reconnaissance, peut-être ? Qu'on te dise que tu as bien fait, qu'on t'admire, que tu es grand et beau d'avoir ainsi nettoyé le monde d'une ordure supplémentaire – et pour en tirer de l'art, qui plus est ! » Un fin sourire étire les lèvres de Lachlan tandis que le pasteur ris. Il ne peut pas être plus loin de la vérité qu’il ne l’est. N’est-ce pas navrant de voir qu’un ‘homme de Dieu’ est si peu compétant à comprendre ses semblables ? « Tu te penses plus utiles que ceux que tu appelles des rebuts parce que tu as de l'argent, de l'intellect, du talent. Mais sans ces rebuts, qui viderait ton pot de chambre ? Qui nettoierait les rues dans lesquelles tu marches, qui construirait les bâtiments dans lesquels tu paresses ? Je connais ta race, je sais que les tiens, les riches et les grands de ce monde, seraient bien incapables de survivre sans ceux qui vivent dans le caniveau. Une semaine sans rebuts et vous seriez tous atteints des pires maladies du monde parce que vous ne savez même pas essuyer votre propre derrière. J'ai connu quelqu'un qui te ressemblait, » dit-il après un instant de silence, presque avec douceur. « Quelqu'un qui n'avait ni remords ni regrets, qui s'enorgueillissait presque de sa nature. Peut-être avec moins d'hybris et d'ego, au moins devant moi. Je me demande – peut-on être heureux, à ainsi vivre dans le sang et la violence, à se croire si supérieur au reste du monde ? Es-tu heureux, toi qui viens dans une église aux premières heures de la nuit pour chercher l'approbation ou le pardon d'un parfait inconnu ? » Lachlan laisse planer le silence un moment. Il croise ses jambes ainsi que ses mains qu’il pose sur ses genoux. Le pasteur a-t-il pesé ses mots ? ou bien est-ce la fatigue, la lassitude d’entendre tout le monde et n’importe qui raconter leurs petites histoires, manies et secrets ? En tout cas, il se trompe tellement sur Lachlan que s’en est risible…

    « Je ne savais pas que les disciples de Dieu étaient si prompts à juger leurs semblables. C’est presque décevant… » Il se penche en avant comme pour se confier dans un souffle, se rapprocher de l’homme un peu plus. « Riche ou pauvre. Pouvoir ou non. Qu’importe. Je me moque du rang de ceux qui passent entre mes mains. Il y a eu autant de biens nés que de pauvres bougres. Lorsque je parle de déchets, je pointe du doigts ceux qui ne servent à rien dans ce monde et… ceux qui me trahissent. » Est-ce une menace envers le pasteur ? Lui-même l’ignore. « Pourquoi suis-je venue vous voir ? Ce n’est pas un besoin de reconnaissance, non… ça, je l’ai avec mes œuvres. Ce n’est ni de la culpabilité, je ne regrette rien. Je ne suis pas un homme mauvais. J’ai des… colères. Elles ne seraient pas présentes si on ne les déclenchait pas. Enfin… je pense que j’avais besoin de me livrer, de faire part à une personne de confiance. Que quelqu’un sache qui je suis en réalité, qu’il connaisse mon côté sombre. » Il ris, presque nerveusement. C’est nouveau ça. Il se passe une main dans les cheveux. Il ne sait pas ce qu’il se passe, mais il sent ses barrières se baisser. Est-ce parce qu’il se confie pour la première fois de sa vie ?

    « Sachez que je n’ai rien à voir avec le meurtrier qui terrorise notre ville. Je n’ai pas son rythme effréné et je suis certain d’avoir des raisons plus nobles que lui de faire ce que je fais. Peut-être que je suis un monstre, je ne l’ai jamais vu comme ça mais c’est peut-être vrai. Cependant moi, j’apporte de la beauté dans ce monde. » C’es la première fois qu’il s’exprime de cette façon, qu’il se qualifie de monstre. Est-ce le lieu ou l’homme qui lui fait face qui l’effrite ?

     
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    Re: Confession [Tristan]

    Message par Ciàran Ogilvie le Sam 4 Nov - 18:40

    Il parle beaucoup – il parle trop. La provocation fonctionne toujours avec ce genre de personne, parvient toujours à tirer les secrets intimes hors des bouches les mieux scellées ; encore que celle-ci ait semblé dès le début chercher une oreille ouverte vers laquelle déverser son venin. La bouche de Tristan se peint d'un sourire doux-amer. Juger ? Pas vraiment. Juger est un exercice fatigant et généralement sans but ni résultat probant. Ce n'est pas ce qui se cache derrière les mots de Tristan, il s'agit plutôt d'une réflexion à voix haute, d'une interrogation, dont la fin n'a sans doute pas grand-chose à voir avec le début. Ils sont bien peu nombreux, ceux qui arrivent à suivre les cheminements de pensée du Selkie ; ils se comptent sur les doigts d'une main et même là, il n'est pas dit qu'ils comprennent plutôt que de simplement accepter que leur interlocuteur va sauter du coq à l'âne sans qu'il soit possible de saisir le chemin de sa pensée.
    Alors non, Tristan ne juge pas. Ses remarques sont aussi détachées de son visiteur qu'il est possible de l'être et c'est à peine s'il perçoit encore la présence de l'autre homme, absorbé qu'il est dans ses réflexions sur le bonheur, le vice, la richesse et la nature humaine. Peut-on être heureux en vivant dans le sang et en cultivant le mépris d'autrui ? Peut-être même l'est-on plus que lorsqu'on cherche à faire toujours le bien. Peut-être que c'est aussi simple que ça, au final. Que la clé de toutes ces questions est sous ses yeux, dans l'imagerie qui hante son église, dans la forme menaçante du diable terrassé par Saint Michel qui orne l'un des vitraux.
    Le pasteur passe une main sur son visage non encore écorché, en effaçant le sourire.
    « Ceux qui ne servent à rien... » Il regarde l'autre du coin de l'oeil, comme on regarde le soleil pour éviter de se brûler les yeux, comme on respire en présence d'un tas d'ordure pour éviter de se laisser empoisonner. « Je vois. Il y a... une logique. » Et Tristan sait comme il lui est difficile d'argumenter face à une quelconque forme de logique, de rationalité. Les arguments du cœur et de l'âme, il les connaît ; il porte ses émotions intenses en étendard comme on porte une croix, mais l'art de la rhétorique lui demeure inaccessible. Peut-être parce que la logique, comme beaucoup d'autres choses, l'ennuie profondément. « Je comprends mieux maintenant que vous ne ressentiez aucune culpabilité. Vous faites quelque chose de bien. Vous rendez service à l'humanité. »
    La voix est soudain plate, absente. Quel curieux service que voilà. Une fois de plus, celui qui ne sera bientôt plus Tristan se laisse absorber dans des pensées et des questionnements qui ont bien vite quitté l'enceinte de l'église et la compagnie de cet inconnu pour rejoindre des contrées plus magnifiques et plus douloureuses.
    Ce sont les derniers aveux de son interlocuteur qui le ramènent au monde réel. Ses yeux se posent de nouveau sur l'inconnu, s'égarent sur un visage dont ils ne peuvent distinguer les traits, cherchent dans les manières et la mise des indices. En vain.
    « Vous voulez dire votre vérité... Hé bien. Je vous remercie de m'avoir choisi pour cet exercice. » S'il y a de l'ironie dans ce propos, elle est parfaitement voilée. « Je crois sans mal que vous n'êtes pas le tueur d'Edimbourg – inutile de vous inquiéter de telles accusations. Même si je le voulais, le serment de la confession m'interdit de vous dénoncer à qui que ce soit. »
    Un haussement d'épaule très français, une mimique attrapée lors de son séjour à Paris, vient ponctuer ce propos. Si le masque de son interlocuteur tombe petit à petit, celui du pasteur ne tient plus bien en place non plus – à la différence que Tristan n'en a pas conscience. Peut-être est-ce la sensation de se trouver face à quelqu'un qui lui est à la fois semblable et infiniment différent ? Ils ont le même but, apporter la beauté dans le monde ; leurs méthodes en revanche ne sont guère compatibles. L'autre semble partager une certaine vision peu orthodoxe de la morale dans des sujets tout autres.
    Fascinant.
    Les gestes de Tristan se font peu à peu moins contraints, plus liés et plus gracieux. Le sourire n'a pas quitté ses lèvres mais sa saveure douce-amère se fait plus sucrée et semble presque rougir sa bouche. Plus besoin de prétendre être ce que tu n'es pas, souffle une voix au fond de lui qu'il n'entend même pas. Celui que tu as face à toi est de la même eau.
    « Et maintenant ? Quelqu'un connaît donc vos secrets, votre nature. Est-ce un soulagement ? Une délivrance ? Ou bien craignez-vous désormais les conséquences d'avoir offert à quelqu'un un tel savoir ? Après tout, vous n'avez aucun moyen de savoir si je vais bel et bien me tenir à la loi. »
    La provocation, encore, et le sourire aux lèvres carmin s'étire un peu plus loin.

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