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  • I could make it holy, make it fine. (Ælpein)

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    I could make it holy, make it fine. (Ælpein)

    Message par Électre Rochefort le Sam 16 Sep - 14:18

    Électre & Ælpein
    I could make you want me, Make you need me, make you mine. I could make it holy, make it special, Make it right.

    Alpin aurait pu se cacher d’elle dans le plus sombre recoin de l’Écosse qu’Électre l’aurait trouvé. Il a bien changé de nom, de titre et il s’est si bien terré au fin fond de ces sombres couloirs, et pourtant elle l’a trouvé. Il y a certaines choses qui ne peuvent pas échapper à la sorcière et ce visage là, oh ce visage-là ne lui échappera jamais. Il lui a certes fallu longtemps pour relier tous  les indices et, surtout, il lui a fallu beaucoup de temps pour réaliser qui elle avait sous les yeux lorsqu’elle l’a croisé dans la rue, la première fois. Un échange fugace, d’abord venu du simple recoin de l’oeil, avant qu’elle ne fasse volte face et aperçoive son profil. Inchangé. La chargeant soudain de souvenirs profondément enfouis d’une époque faste et heureuse, où elle aurait sûrement du se contenter de ce qu’elle avait au lieu de tout détruire de nouveau, dans l’espoir fugitif de poster encore mieux. Elle n’avait rien oublié d’Alpin. Elle aurait pu essayer que son souvenir l’aurait retrouvé, inévitable.
    Le premier instinct, sitôt le Capitaine retrouvé, fut de le fuir. Une fuite viscérale, quasi panique, à l’idée qu’il puisse la voir dans son état. Certaines choses restaient sacrées, même pour une hérétique comme elle, et l’idée de salir le souvenir qu’il pouvait avoir d’elle lui soulevait le coeur. Elle devait rester belle, jeune, sage, saine. Pas ce cadavre de plus en plus puant et agonisant qui accompagnait sa vie comme un boulet. Non, elle ne le supporterait pas. Le jeu fut donc de surveiller Alpin, d’en apprendre plus sur lui, dans l’unique optique de mieux pouvoir l’éviter. Jamais ne devait-il savoir le gouffre dans lequel elle sombrait. Craignait-elle de l’y plonger à son tour, ou de se voir abandonnée par un des rares hommes qu’elle considérait véritablement bon ? Elle-même ignorait la réponse à cette question, qu’elle chassait dans les méandres purulents de son cerveau en décomposition dès qu’elle venait la harceler.

    Le plus risqué, et le plus fréquent, était de le croiser dans les chemins verdoyants du Holyrood Park. Électre, dont les jambes pourtant douloureuses étaient de plus en plus fébriles, s’y perdait très souvent. Elle trombait les surveillances de son frère et de sa domestique pour se faufiler parmi les arbres, faisant claquer ses fins talons sur les chemins, ombrelle en main, riche robe aux couleurs vives accompagnant chacun de ses caprices. C’était son havre de paix, tout comme il était visiblement celui d’Alpin. Le regard sondait donc fréquemment les passants, quelle que soit sa position, et ce malgré les maigres risques, au vu de l’étendue de l’espace vert. Le sort n’était cependant pas une tendre amie de la jeune femme qui, une fois encore, du précipiter ses petits pieds vers un entrecroisement en apercevant le dos bien connu devant elle.
    Pas aujourd’hui, surtout pas aujourd’hui. Pas alors qu’elle avait si chaud, qu’elle se sentait si faible, qu’elle n’avait pas pris de laudanum dans sa sacoche et, surtout, alors qu’elle sentait encore plus que d’habitude les regards suspicieux et inquiétants des autres passants. Ils la regardaient, tous, elle le savait, et lui voulaient du mal. Tout le monde lui voulait du mal et Alpin lui en voudrait sûrement aussi, s’il en venait à la reconnaître. Il ne supporterait pas de la savoir malade, elle le savait depuis longtemps. Elle ne savait juste pas à quel point il la haïrait d’être salie. Elle avait bien trop peur de cela pour se risquer à l’affronter en face.

    La suite de sa ballade fut sans événement, stable et tranquille, finissant d’apaiser son coeur en une de ces dernières belles journées de septembre. Elle n’avait pas recroisé Alpin, l’avait même oublié, ses pensées dérapant vers d’autres pensées plus joyeuses. Une drôle de joie, presque hystérique, la prenait et la poussait à sourire aux diverses fleurs qu’elle croisait, sans aucune raison. Elle se sentait  bien, soudain. Forte. Complète. Et cette fois-ci, lorsqu’elle vit Alpin apparaître au coin d’un chemin adjacent, son coeur se mit à battre pour bien d’autres raisons. Son sourire s’agrandit, ses yeux s’illuminent et elle s’écrie, dans un cri ravi :
    « Alpin ! »
    Il se retourna suite à son appel, alors qu’elle se précipitait vers lui, folle de joie. Électre avait toujours cette spontanéité qu’on lui avait presque ordonné de conserver à la cour, cette électricité sous la peau qui lui permettait de courir là où les grandes ne supportaient que de se balader lentement. Et c’est une joie pour elle de sentir ses pieds décoler du sol alors qu’elle le rejoint en quelques secondes à peine, sous son regard sidéré. Dans un seul mouvement elle était est sur lui, ses mains gantées sur son cou, sur sa mâchoire, alors que ses lèvres tremblantes d’émotion murmurent :
    « Te revoilà enfin. »
    Le baiser qu’elle posa sur ses lèvres avait le goût d’années de séparation, du regret et d’une étrange joie qui lui soulevait le coeur jusqu’à presque lui faire mal. Elle l’embrassa sans comprendre l’urgence avec laquelle elle redécouvrait ses lèvres. Après tout, depuis des années maintenant ils s’aimaient et  ne se quittaient jamais. Son aimé, son être qui n’appartenait qu’à elle, qu’elle avait épousé sans l’ombre d’une hésitation et dont elle n’attendait qu’un signe de Dieu pour porter son enfant. Elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi il lui avait tant manqué, alors qu’ils n’avaient fait que se séparer quelques heures. Elle avait envie de pleurer, tout en l’éclairant de son immense sourire, s’écartant à peine de lui, de son visage, juste pour le regarder de plus près et lui murmurer, avec une tendresse qu’elle avait cru oubliée :
    « Tu m’as terriblement manqué, mon aimé. Où t’étais-tu donc caché ? »
    Il y avait beaucoup de questions que Mrs. Hamilton se posait, et elle n’était pas sûre que son mari puisse lui répondre, surtout au vu de l’expression sur son visage.
    © GASMASK

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    C'est un souterrain vague qui s'éclaire peu à peu et où se dégagent de l'ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres; - le monde des Esprits s'ouvre pour nous.
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    Faileas

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    Avatar : Lupita Nyong'o.
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    Age : Trente-huit années.
    Métier : Prostituée retraitée, courtisane répudiée, rentière menacée.
    Pouvoirs : Mensonge imparable & Provoquer des cauchemars.
    Inconvénients : Blagues qui vont trop loin.

    Ici a commencé pour moi ce que j'appellerai l'épanchement du songe dans la vie réelle. A dater de ce moment, tout prenait parfois un aspect double, - et cela, sans que le raisonnement manquât jamais de logique, sans que la mémoire perdit les plus légers détails de ce qui m'arrivait. Seulement mes actions, insensées en apparence, étaient soumises à ce que l'on appelle illusion, selon la raison humaine...


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