AccueilAccueil  
  • PublicationsPublications  
  • FAQFAQ  
  • RechercherRechercher  
  • MembresMembres  
  • GroupesGroupes  
  • S'enregistrerS'enregistrer  
  • ConnexionConnexion  

  • Heaven hath no rage | Uisdean MacKenzie

    Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

    Heaven hath no rage | Uisdean MacKenzie

    Message par Tristan Dubh le Mer 6 Sep - 19:45

    Warning sur tout le sujet pour mentions d'auto-mutilation et de dissociation.





    Heaven hath no rage

    Tristan Dubh & Uisdean MacKenzie

    Break down, only alone I will cry out now
    You’ll never see what’s hiding out
    Hiding out deep down, yeah, yeah
    I’ve heard that to let your feelings show
    Is the only way to make friendships grow
    But I’m too afraid now






    Si t’es pas capable de te battre pour la récupérer, alors tu mérites ton sort.

    Le poing maigre s'abat sur le miroir, le brisant en mille éclats tranchants qui viennent dessiner une mosaïque de coupures sur la peau de Tristan. Pas capable ? Mais pour qui se prend-il, ce gamin qui ne sait rien, qui cherche désespérément un guide, une voix qui lui dise qu'il a raison, sans écouter les avis contraires ? Que sait-il du monde, que sait-il de sa vie ?

    Tu mérites ton sort.

    Est-ce que j'ai mérité tout ce qui s'est produit sur le bateau ? J'ai mérité d'être traité comme un objet, comme une putain de poupée à utiliser puis à jeter, j'ai mérité les cicatrices sur mon dos et sur mon cœur ? Mais qu'est-ce que tu en sais ? Tu ne sais rien, putain, tu n'as pas la moindre idée d'à qui tu parles, tu n'as pas la moindre idée de l'horreur que je ravale à chaque mot et des hurlements que je voudrais pousser.

    Pas capable de te battre.

    Mais il s'était battu, Tristan. Il s'était battu de toutes ses forces, toute sa vie, il s'était battu contre ceux qui auraient voulu dicter sa conduite. Contre sa famille et ce frère mille fois haï, contre les attentes des instructeurs à l'école, contre ce capitaine qu'il avait aimé puis éviscéré, répandant dans l'eau les intestins rosâtres d'un être répugnant. Pas capable de se battre ? Un sourire se forma sur les lèvres du Selkie à cette idée en même temps que son poing heurta le miroir pour la troisième fois. Pas capable. Alors à quoi bon s'être battu tout du long ? Si c'était pour au final s'entendre dire par un misérable qu'on n'était pas capable de se battre, qu'on avait mérité son sort ?

    Tristan l'avait toujours cru. L'avait toujours su. Oui, tout ce qui lui était arrivé était mérité. Les livres volèrent à travers la pièce dans un froufroutement de pages déchirées et les mots éparpillés semblèrent hurler. Sa violence en était la preuve ; il ne méritait rien de mieux, non, pire, il méritait exactement cela, qu'on cherchât à le contrôler, à le calmer, à l'aider. Il ne méritait même pas ça. On aurait dû le laisser à l'asile. On aurait dû le laisser là-bas et attendre qu'il en vînt à arracher la gorge de quelqu'un avec ses dents et à hurler sa rage à la face du monde, la sienne couverte du sang d'un malheureux.

    Mais on ne l'avait pas fait. Il avait réussi à sortir et maintenant, et maintenant quoi ? Maintenant, semer le carnage dans une chambre petite et poussiéreuse, déchirer les draps, se lacérer la chair sur les murs de pierre, mordre n'importe quoi, pourvu que ça crève sous la dent, pourvu que ça hurle, pourvu que ça saigne saigne saigne. Les plumes de l'oreiller se répandirent et se mêlèrent au sang qui maculait déjà le plancher de la chambre. Un lambeau de taie dans la bouche, Tristan observa le désastre, l'oeil vitreux et les mains tremblantes. Il s'était ouvert la lèvre. Savait pas comment. Peut-être un coup de dents mal placé.

    Le désir de prendre un des bris de verre, de se labourer le ventre avec, d'en extraire ce vide et cette rage et cette haine et de les répandre au sol et de les piétiner et de pleurer, le besoin viscéral d'aller chercher dans la chaleur de son corps ce bloc de glace qui refusait de fondre. S'arracher le cœur pour qu'il cessât de battre une mesure de marche funèbre. L'autre était parti juste à temps. Une seconde de plus, juste le temps de déplier sa frêle carcasse, et Tristan aurait fondu sur lui, aurait serré sa gorge entre ses doigts, aurait mordu à la jugulaire. Mérité. Pas capable.

    On ne mérite pas l'horreur. Jamais. On ne mérite pas de passer des journées entières enchaîné à un lit, on ne mérite pas de n'être délivré que pour goûter au fouet et au vit d'un homme qu'on hait, on ne mérite pas d'être un enfant à l'innocence volée. On ne mérite jamais les coups de canne des professeurs et on ne mérite pas d'être méprisé par son propre sang. On ne mérite pas non plus de n'avoir jamais été aimé, jamais ouvertement, toujours comme un secret honteux que l'on cache et à qui l'on ne dit rien. Mais Tristan ne le savait pas, ne pouvait pas le savoir. Les larmes coulaient sur ses joues et rongeaient sa chair, acides de toutes les insultes qu'il ne jetterait jamais à la face du monde.

    Tu mérites ton sort.

    C'était différent, n'est-ce pas ? C'était différent, il avait donné sa peau, il avait consenti à cet échange, il l'avait fait par... par besoin d'appartenir à quelqu'un. Par besoin d'être contrôlé une fois de plus, d'avoir quelqu'un pour dicter son comportement, quelqu'un contre qui se rebeller. L'existence n'avait plus aucun autre sens que celui-là, celui de combattre une autorité fut-elle fictive, fut-elle choisie, celle de se débattre contre le flot même quand on aimerait se laisser porter. Il avait mille fois voulu se laisser aller dans les bras de Siomon et lui faire mille promesses et ne jamais plus les briser, lui appartenir enfin, être son autre et son unique, mais chaque fois la terreur primale de n'être plus libre reprenait le dessus et l'envoyait courir le jupon et le pantalon par monts et par vaux, fuyant l'étreinte de l'autre jusque dans les recoins les plus inconnus de l'Ecosse.

    C'était différent. Ça ne l'était pas. Comment avait-il osé ? Les serments muets ne valaient-ils donc plus rien ? Peut-être que le frère Selkie avait raison. Peut-être qu'il aurait dû se battre. Peut-être qu'il devrait se battre. Prendre un de ces éclats tranchants et le glisser sous la gorge de cet homme au regard sournois, la menace aux lèvres, tirant le sang si d'aventure il refusait.

    Il ne pourrait jamais. Il avait la solution, là, contre son sein. Un battement funeste qui ne cessait jamais, marquant la mesure d'une relation qui ne pouvait que mener à la mort, le battement d'un âme qui s'était si bien accordée à la sienne. Détruire Siomon ? Ce serait se détruire aussi. Il n'aurait pu songer à vivre sans lui, plus jamais. Ou alors, peut-être... Peut-être. Un renouveau, un espoir. Changer un peu de vie.

    Non. Ça ne marchera pas. Ça ne marchera jamais.

    Le souffle court, Tristan s'arrêta de détruire son environnement. Imbécile. Uisdean dormait dans sa chambre depuis qu'il s'était blessé à la jambe, il ne manquerait pas de se poser des questions sur l'état des lieux. Et que lui répondre ? Qu'il avait perdu l'équilibre et heurté un miroir, une bibliothèque, avant de tomber sur le lit et de déchirer l'oreiller en s'y raccrochant ? Le Selkie était bon menteur mais pas suffisamment. Aucune histoire plausible ne pourrait couvrir ce désastre, à moins peut-être de prétexter l'entrée d'un furet ou autre animal sauvage ayant décidé de venir semer le chaos dans cette pièce (et, pour une raison ou une autre, pas dans le reste de la maison). Il pourrait même expliquer les coupures sur ses bras et ses mains par les tentatives du furet de s'échapper.

    Il entendait déjà Uisdean s'approcher. Il aurait été raisonnable de se lever, de mettre de l'ordre dans sa tenue, dans son environnement, de développer un peu son mensonge. Tristan n'y parvenait pas. Affalé au sol de la chambre, les mains baignées de son propre sang, un peu tremblant, il ne pouvait pas même envisager de bouger. Uisdean allait voir le désastre. Il allait tout voir et il allait demander ce qui se passait et Tristan ne saurait pas lui répondre et ce serait tellement, tellement compliqué.


    Fiche codée par Orphiel


    _________________

    RAISE A LITTLE HELL


    Young blood, never get chained | Young blood, heaven need a sinner | You can't raise hell with a saint | Don't care what your old man say | Young blood, heaven hate a sinner | But we gonna raise hell anyway | ©️ FRIMELDA

    avatar
    If I burn, so will you.

    Messages : 359
    Points : 387
    Ta tête Par défaut
    Avatar : Ben Whishaw
    Crédit : Verveine/Orphiel
    Multicompte : Archibald Ferguson, Fionnaghal MacFhiongain
    Taux d'abomination :
    90 / 10090 / 100
    Age : 35 ans
    Métier : Ex-pasteur / Travailleur.se du sexe
    Pouvoirs : Charisme, beauté naturelle, conteur écouté, danseur de talent, transformation à volonté
    Inconvénients : Obéissance à celui qui possède la peau, trouble de déficit de l'attention, tendances artistiques, loup de mer, empathie pour les phoques
    Chronologie des RPs

    Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
    Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
    Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
    Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

    Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
    Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
    La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
    Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

    Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
    Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
    J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...

    Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
    Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
    Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.


    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Re: Heaven hath no rage | Uisdean MacKenzie

    Message par Ùisdean MacKenzie le Mer 6 Sep - 22:56


    Heaven hath no rage
    Tristan ξ Ùisdean

    Un grondement mécontent roule hors de mes lèvres. J’en ai marre. La douleur m’obsède. J’ai connu des trucs plus moches que ça, mais au moins la blessure avait eu la décence de me mettre dans un état où il m’était difficile de souffrir de mon alitement. Là, je n’ai rien à faire. Rien à faire à part rester assit, rester allonger, rester calme. Rester neutre et passif, être le mur percuté des vagues de douleur, inlassablement, la marée montant progressivement, petit à petit. Me noyant progressivement, faisant monter la colère sourde en réponse à cette douleur contre laquelle je ne peux rien faire. Dans la cuisine, je me force à boire cette horrible tisane que m’a prescrit Boyd. Par chance, Dieu a inventé le whisky. Et quand on se retrouve à un mélange moitié whisky, moitié plantes infâmes, ça commence à devenir buvable. J’ai une confiance aveugle en mon ami. Je sais que s’il m’a donné ce remède, c’est que c’est l’une des meilleures choses que je puisse prendre pour aller rapidement mieux. Deux semaines d’arrêt. Je n’arrive pas à y croire. Déjà, je dois commencer les comptes pour me voir capable de payer mon loyer auprès de Sómhairl. Nous n’avons pas encore parlé de ce petit problème… Mais je ne suis pas pressé de mettre ce sujet sur la table. Mon visage se redresse. J’hume l’air. Se pourrait-il ? Je prends une profonde inspiration. Oubliée la douleur dans ma jambe. Du sang. Une langue pointe, caressant mes lèvres alors que je fini ma tasse sans vraiment m’en rendre compte. J’attrape ma béquille et je commence la pénible entreprise de suivre la piste, comme charmé par l’odeur de l’hémoglobine qui me chatouille les narines. Doux fumet que celui-là. J’en veux plus. Boitant comme un vétéran de l’armée, je suis l’odeur, le nez en l’air, les yeux à demi fermés. Ca, au moins, ça me fait oublier ma foutue jambe, ça me fait oublier cette douleur pénible et lancinante. Les mètres s’avalent pas à pas sans que cela ne semble être un problème… Alors que j’ai mis tellement de temps à arriver jusqu’ici, il me faut à peine quelques minutes pour faire le retour. Je vais sans doute dégusté une fois la soif de sang apaisée mais cela n’a pas d’importance. Tout ce qui importe, c’est cette odeur entêtante qui me dirige droit chez Tristan. Dans un état second, je ne m’interroge même pas de la présence de sang chez lui. Je veux juste le voir, le sentir, m’en recouvrir.

    Quand j’ouvre la porte, mon regard repaire directement la source de ce besoin pressant. Je referme la porte derrière moi et du pas le plus rapide que je peux me permettre avec mon atèle et ma béquille, je rejoins le petit brun, attrapant son poignet pour le tirer sur le lit sur lequel je nous fais asseoir tous les deux. Des plumes volent dans l’air alors que nos corps retombent sur le matelas mais c’est à peine si je le remarque. Sans un bonjour, sans un mot, sans un regard, j’attrape les poignets du prêtre, tirant ses mains à mon visage, frottant la peau abimée contre ma peau. Mes yeux se ferment de plaisir et ma langue pointe entre mes lèvres. Enfin, le calme. La paix. Envolées ces douleurs à la jambe, envolés les interrogations et les soucis, envolée la colère. Il n’y a plus que la plénitude du liquide chaud et vermeille qui recouvre ma peau. A mes côtés, Tristan reste de marbre, probablement habitué à ce genre de situation. Tant qu’il me laisse faire, tout va bien de toute manière. Pas besoin de se questionner sur la source de sa non-réaction. Ma langue s’échappe pour de bon, allant courir le long de son doigt, nettoyant le pourpre ferreux qui s’étirait sur sa longueur. L’hémoglobine emplit ma bouche, sa saveur si particulière, si douce, si belle, si enivrante. Plus délicate que la plus pure des eaux, plus forte que le plus tourbé des whiskies, plus subtil que le moindre cidre. Parfait. Cette douce fragrance m’emporte, me complète, m’assouvit. Quand je rouvre les yeux, je me rends enfin compte de la situation. Coupable, mes lèvres s’ouvrent et je lâche les poignets du prêtre, le laissant récupérer ce qui lui appartient. « Excuse-moi… Je me suis laissé emporter. » Piètre excuse que celle-là… Mais il sait ce que je suis, il connait mes quelques besoins. Il serait idiot de chercher à les cacher à un ami tellement proche qu’il pourrait pratiquement être un frère. Mes sourcils se froncent alors que la frénésie sur sang s’estompe petit à petit. « Tu saignes ? » La question vole dans l’air comme si je venais seulement de m’en rendre compte. C’est là que je remarque le carnage effectué dans la chambre. Mon visage se referme davantage alors que mes yeux retombent sur mon frère de cœur. « Qu’est-ce qui s’est passé pour que tu te mette dans un état pareil ?! » Je gronde, imaginant déjà mille scénarios, jamais très positifs, parfois carrément horribles. « Tu vas bien j’espère ? »

    _________________
    Eye of the Storm
    No sign of shore. The moment when the sails were torn, we reached the end. Eye of the storm. For all that it cost, in the end there was no price to pay. For all that was lost, that storm carried it away.
    avatar
    I cannae keep calm. I am a MacKenzie.

    Messages : 238
    Points : 187
    Fassbender
    Avatar : Michael Fassbender
    Crédit : ÐVÆLING le magnifique
    Multicompte : Teàrlach Ó Ceallaigh
    Taux d'abomination :
    40 / 10040 / 100
    Age : 41 ans
    Métier : Garde du château d'Édimbourg
    Pouvoirs : Beauté (1) - Charisme (1) - Apnée longue durée (1) - Fin limier (1)
    Inconvénients : Fort besoin affectif - Goût du sang

    I told you lies and said what you were meant to hear just as you wished, my dear. To reach the eye of the storm. So we began to float and drifted out into the tide for every wave to swallow us alive.

    Sómhairl - Aodhan - Deirdre


    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Re: Heaven hath no rage | Uisdean MacKenzie

    Message par Tristan Dubh le Ven 8 Sep - 19:03





    Heaven hath no rage

    Tristan Dubh & Uisdean MacKenzie

    Break down, only alone I will cry out now
    You’ll never see what’s hiding out
    Hiding out deep down, yeah, yeah
    I’ve heard that to let your feelings show
    Is the only way to make friendships grow
    But I’m too afraid now






    Perdu dans son monde intérieur dépourvu de toute couleur, Tristan perçut à peine l'entrée d'Uisdean ou la façon peu délicate qu'il eut de le traîner sur le lit. Il avait l'habitude, le Selkie ; l'habitude d'être tiré, traîné, malmené d'une façon ou d'une autre. Poupée de chiffon malléable à l'envi, marionnette qui ne savait plus vivre sans fils, il cilla à peine lorsque les lèvres d'Uisdean se posèrent sur ses poignets et y léchèrent le sang. Ça aussi, il avait l'habitude. Les nombreuses cicatrices sur ses cuisses le prouveraient à quiconque irait placer son visage au creux de son aine, chose qui n'était permise qu'à peu d'entre ses amants et en partie à cause de ces marques. Si l'Autre savait exécuter des saignées presque parfaites, ils se perdaient parfois dans le feu du moment tous les deux. Alors les lèvres d'Uisdean sur des coupures déjà présentes – c'était bien pâle en comparaison. Il n'y avait pas de douleur, pas plus que de plaisir ; il n'y avait rien, il n'y aurait rien pendant un moment. Après la tourmente, le vide. C'était toujours la même chose. L'ouragan faisait rage et détruisait tout sur son passage dans un hurlement de tonnerre et de vents terrifiants et, quand il retombait, laissait derrière lui une terre désolée et aride.

    Cet état de dissociation lui était commun et l'empêchait de réagir, quand bien même il l'eût désiré. Uisdean n'avait pas demandé la permission. D'ordinaire, Tristan aurait haï ce geste, l'aurait réprimandé, aurait lâché de ces acerbes répliques dont il avait le secret. Le consentement représentait pour lui le pilier de n'importe quelle relation, lui à qui on avait si peu demandé pardon ou la permission, et l'idée que son propre frère pût outrepasser son agrément était... était infecte. Impensable. Mais c'était Uisdean et ça n'avait pas d'importance. Rien n'avait d'importance. Pas tant que son territoire intérieur n'aurait pas été reconstruit, rebâti de toutes pièces sur des fondations branlantes pour tenir jusqu'au prochain orage.

    « Excuse-moi… Je me suis laissé emporter. » Oui. Mais ça n'avait pas d'importance. Relâché par le Ceasg, Tristan se roula en boule sur le lit, à peine capable de se maintenir dans une position autre qu'avachie – comme si ses os avaient été remplacés par de la gelée. Mais il ne pouvait pas s'avachir. Il n'aimait pas ça. S'avachir demandait un confort et une aisance qu'il ne possédait pas, qu'il n'avait jamais réellement possédée, même durant le temps lointain et insouciant qui le trouvait souvent perché en haut d'une armoire ou en plein câlin plein d'amour avec un arbre. Déjà à l'époque son corps lui était étranger, une curieuse enveloppe charnelle qu'il n'avait jamais ni comprise, ni cherché à comprendre. Son corps, son vrai corps, il était tout rond, tout chaud, avec des grands yeux noirs et une démarche un peu ridicule sur la terre ferme. Il ne sentait pas très bon et poussait des cris amusants. Celui qu'il arborait au quotidien était juste un déguisement temporaire entre deux retours à la mer. « Tu saignes ? » D'aucuns se seraient amusés de cette question à la réponse évidente mais Tristan, trop déconnecté de la réalité de son corps à laquelle il n'avait été ramené que brièvement par des pics de douleur, eut un vague mouvement de surprise et baissa les yeux sur ses bras lacérés. Oui, il saignait. Et beaucoup. Sa chair était fine et fragile, elle l'avait toujours été, sensible à la moindre coupure et au moindre coup, se teintant de bleu et de violacé au moindre effleurement, s'ouvrant à la moindre éraflure. On avait dit que cela faisait sa beauté, cette peau si fragile et si pâle qui laissait voir les veines en-dessous – et parfois, avec un sourire amer et sardonique, il se demandait pourquoi les hommes aimaient autant ceux qui paraissaient si vulnérables.

    Bien sûr, Uisdean voulait savoir ce qui s'était passé. S'il allait bien. La réponse à cette dernière question semblait évidente mais Uisdean était épuisé, perclus de douleur et rendu fou par l'isolation forcée par sa blessure. Un homme comme lui ne pouvait supporter l'inactivité bien longtemps, surtout si elle impliquait de ne pouvoir travailler ou vivre à son gré. Comment ferait-il pour payer le loyer sans son solde ? En d'autres circonstances et si son esprit lui avait accordé le répit nécessaire à songer à ces choses, Tristan lui en aurait parlé, lui aurait offert de lui avancer l'argent. Sans doute le frère de cœur aurait-il refusé. Trop de fierté. La putain de fierté stupide des MacKenzie.

    MacKenzie.
    Le corps de Tristan fut comme électrifié, frappé par un éclair aussi soudain que douloureux. MacKenzie. Évidemment qu'il avait entendu ce nom avant de rencontrer Uisdean et Adhamh, évidemment que ce nom lui avait vaguement dit quelque chose. MacKenzie était le nom qu'il n'avait su donner à son visiteur Selkie de l'après-midi, le nom que portait l'Autre. MacKenzie. Comment avait-il pu oublier le nom de Siomon, de son Eileadh ? Les années avaient passé et emmêlé les souvenirs d'une école qu'il avait de toute façon préféré oublier. Pendant bien longtemps, le nom n'avait pas eu d'importance, il était souvent faux pour Tristan – et seul le prénom ou le surnom entraient dans leurs murmures. Eileadh et Leànnan. Pas MacKenzie et Ogilvy.

    Le regard qu'il portait sur Uisdean changea un peu. MacKenzie. Le clan était vaste avec plusieurs branches, cela n'aurait pu être qu'une coïncidence. Pas le temps, pas l'énergie de s'en préoccuper. Il y avait eu trop de choses, trop d'émotions déjà, trop de tourments que le petit Selkie savait bien mal gérer. Alors il poussa un soupir et reprit sa position sphérique, enfouissant son visage entre ses bras pour perfectionner l'illusion. « Je suis fatigué, » dit-il d'une toute petite voix, presque une voix d'enfant. « Juste... fatigué. J'ai eu... de la visite, aujourd'hui. J'ai appris que quelqu'un que j'ai... quelqu'un qui est impor... quelqu'un que je connais est en ville. Fatigué, c'est tout. » Fatigué de toujours faire bonne figure. De sourire avec toute la lumière du monde et de danser sous la pluie et de rire aux éclats pour apporter un peu de bonheur et de chaleur dans la vie d'autrui quand la sienne est parfois si désespérément vide et amère. Mais tout ça, il ne le dirait pas – pas à Uisdean, pas à qui que ce fût. C'était son problème.

    Il se redresse un peu et secoue la tête, comme pour chasser les derniers lambeaux de sa colère. Que son frère de cœur eût été confronté à un tel spectacle le mettait mal à l'aise et lui donnait envie de s'excuser, sans que les mots parvinssent à franchir ses lèvres. « Et toi ? » Son inquiétude pour Uisdean semblait à demi forcée – elle ne l'était pas, pas vraiment, mais sa capacité émotionnelle était réduite au minimum en guise de mesure de protection. La différence entre son attitude présente et son habituelle hypersensibilité était sans doute criante pour quiconque le connaissait un peu. « Comment va ta jambe ? Tu survis ? »


    Fiche codée par Orphiel


    _________________

    RAISE A LITTLE HELL


    Young blood, never get chained | Young blood, heaven need a sinner | You can't raise hell with a saint | Don't care what your old man say | Young blood, heaven hate a sinner | But we gonna raise hell anyway | ©️ FRIMELDA

    avatar
    If I burn, so will you.

    Messages : 359
    Points : 387
    Ta tête Par défaut
    Avatar : Ben Whishaw
    Crédit : Verveine/Orphiel
    Multicompte : Archibald Ferguson, Fionnaghal MacFhiongain
    Taux d'abomination :
    90 / 10090 / 100
    Age : 35 ans
    Métier : Ex-pasteur / Travailleur.se du sexe
    Pouvoirs : Charisme, beauté naturelle, conteur écouté, danseur de talent, transformation à volonté
    Inconvénients : Obéissance à celui qui possède la peau, trouble de déficit de l'attention, tendances artistiques, loup de mer, empathie pour les phoques
    Chronologie des RPs

    Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
    Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
    Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
    Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

    Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
    Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
    La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
    Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

    Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
    Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
    J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...

    Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
    Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
    Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.


    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Re: Heaven hath no rage | Uisdean MacKenzie

    Message par Ùisdean MacKenzie le Lun 11 Sep - 15:16


    Heaven hath no rage
    Tristan ξ Ùisdean

    « Je suis fatigué, juste... fatigué. J'ai eu... de la visite, aujourd'hui. J'ai appris que quelqu'un que j'ai... quelqu'un qui est impor... quelqu'un que je connais est en ville. Fatigué, c'est tout. » Ne pouvant résister à l’appel, je pose une main sur son épaule, maintenant réellement inquiet. Tristan… Tristan a toujours ce truc… Ce truc où rien ne semble réellement l’atteindre. Depuis notre rencontre, j’ai appris à le connaître et je sais que ses sourires peuvent être menteur… Que certaines choses peuvent glisser sur loin sans soucis et d’autres… D’autres s’accroche. Mais par peur de déranger, par peur d’être une gêne, il encaisse. Il ravale le tout avec un grand sourire, et ce jusqu’à la crise de foi. Ça en est au point où il m’est souvent difficile de comprendre son attitude, de savoir quand je vais trop loin, quand je peux me permettre de le bousculer ou pas. Mais là… Cette voix brisée, cette position prostrée… Je n’aime pas ça. Je n’aime pas ça du tout. Mes instincts protecteurs se réveillent et j’ai presque envie de gronder sur le monde, d’attaquer quiconque pourrait l’approcher, quiconque pourrait lui vouloir du mal. « Et toi ? » Je gronde en seule réponse. Typique Tristan. Camoufler ses problèmes derrière ceux des autres, s’ignorer pour peu qu’il puisse aider. A chaque fois qu’il me fait le coup, j’en ai presque envie de le frapper. Parfois, je me demande ce qui le pousse à être ainsi. J’aimerais tellement… J’aimerais tellement qu’il puisse un jour arrêter de faire ça et demander sans complexe de l’aide quand il sent que les choses ne vont plus, qu’il n’arrive pas à suivre. Ça me rassurerait. Ainsi, je n’aurais pas à constamment essayer de décrypter son attitude. Et si au début veiller à son bien-être était surtout un service et un travail que je rendais à Siomon, rapidement, je me suis attaché au petit prêtre. Et, avant même que je ne m’en rende compte, je me suis retrouvé à le couver comme je peux le faire pour Àdhamh, tel un parent strict et beaucoup trop protecteur. « Comment va ta jambe ? Tu survis ? » « Je survis, mais ça n’a pas d’importance. De toute évidence, tu ne vas pas bien. » Je ne suis pas doué sur bien des domaines… Je ne suis pas un érudit, un littéraire qui va former de belles phrases, partir à la subtilité du mot. S’il y a bien un truc que la forge m’a appris, c’est qu’il faut battre le fer tant qu’il est encore chaud. Et je ne compte pas y aller par quatre chemins pour essayer de démêler ce sac de nœuds. Je recule un peu dans le lit, profitant de la position prostrée de mon ami pour passer ma jambe blessée par-dessus lui, la laissant reposer derrière son dos. « Et comme je sais que tu ne me diras rien… On va supposer. » Je tends mes bras vers lui, le forçant d’autorité dans mes bras. Une telle proximité physique entre deux hommes, ça a de quoi en faire tiquer certain mais il n’y a rien et il n’y aura jamais rien de ce genre entre le pasteur et moi. Et, encore une fois, il sait tout de mes soucis d’affectivité. Et quand je ne peux pas nourrir mon besoin d’affection dans les bras de mon amant, il n’est pas rare que j’échoue dans les bras de mon ami, de mon frère de cœur. Parce que je sais que je serais toujours accueillit correctement à ce sujet ici et parce que je sais le selkie tu genre tactile avec les personnes dont il est proche. Maintenant que la boule humaine est tout contre moi, installé entre mes deux jambes, je m’enhardis à poser le menton sur son crâne. « Tu es blessé aux mains, et pas n’importe où aux mains. Soit tu t’es battu avec un visiteur indésirable, auquel cas, tu ferais mieux de m’en parler pour que je puisse faire remonter l’information à Sómhairl, je doute qu’il apprécie de savoir que des gens de petite morale s’introduise chez lui. » Voilà qui me va bien de tenir pareil discourt sur la morale d’autrui. Ce qu’il y a entre l’oilliphéist et moi me parait souvent tellement naturel que j’en oublie souvent que nous pouvons être brûlé vif si jamais notre passion venait à se savoir en dehors de l’espace de nos chambres. Sodomites que nous sommes, nous n’avons, à priori, aucun droit de critique sur la morale d’autrui. « Soit tu es responsable de la pagaille qui est autour de nous. Ce qui signifie qu’il se passe quelque chose. Parce que tu n’es pas du genre violent. C’est le fait que cette personne soit en ville qui te met dans un état pareil ? » Je ne peux m’empêcher de m’inquiéter à cette idée. Qui ? Qui peut mettre un individu aussi calme et paisible de Tristan dans un état pareil rien qu’à sa présence dans la ville ? Et pourquoi ? Il n’y a pas quarante raisons qui peuvent causer telle détresse et aucunes ne me semble à l’avantage du pasteur. « Ou bien c’est la personne qui est venu te l’annoncer ? » Je réfléchis à voix haute, espérant qu’à un moment où un autre une question fasse écho chez Tristan, qu’il me réponde ou me donne au moins quelques pistes. Mais si je le connais bien, je risque d’avoir du mal à avoir mes réponses…

    _________________
    Eye of the Storm
    No sign of shore. The moment when the sails were torn, we reached the end. Eye of the storm. For all that it cost, in the end there was no price to pay. For all that was lost, that storm carried it away.
    avatar
    I cannae keep calm. I am a MacKenzie.

    Messages : 238
    Points : 187
    Fassbender
    Avatar : Michael Fassbender
    Crédit : ÐVÆLING le magnifique
    Multicompte : Teàrlach Ó Ceallaigh
    Taux d'abomination :
    40 / 10040 / 100
    Age : 41 ans
    Métier : Garde du château d'Édimbourg
    Pouvoirs : Beauté (1) - Charisme (1) - Apnée longue durée (1) - Fin limier (1)
    Inconvénients : Fort besoin affectif - Goût du sang

    I told you lies and said what you were meant to hear just as you wished, my dear. To reach the eye of the storm. So we began to float and drifted out into the tide for every wave to swallow us alive.

    Sómhairl - Aodhan - Deirdre


    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Re: Heaven hath no rage | Uisdean MacKenzie

    Message par Tristan Dubh le Mer 13 Sep - 17:49


       

       

       
    Heaven hath no rage

       
    Tristan & Uisdean

       
    Break down, only alone I will cry out now
    You’ll never see what’s hiding out
    Hiding out deep down, yeah, yeah
    I’ve heard that to let your feelings show
    Is the only way to make friendships grow
    But I’m too afraid now

       
       

       

    Le petit Selkie n'aimait pas trop être touché, la plupart du temps. Pas comme ça. Le contact physique ne le dérangeait pas quand il ne voulait rien dire, quand c'était juste une poignée de main ou une partie de jambes en l'air, rien qui pût fissurer un peu son masque d'impassibilité et faire sortir les émotions qui se cachaient derrière. Tant que ça ne voulait rien dire, tout allait bien. On sourirait un peu, on pousserait les gémissements appropriés, ou bien on s'offusquerait d'un geste déplacé, et tout irait bien. Il lui avait fallu du temps avant de se faire aux tendances si affectueuses d'Uisdean, à son besoin quasi-permanent de contact, d'amour, d'étreintes qui n'avaient rien de sexuel. Au début, Tristan avait pensé que le garde lui faisait des avances, qu'il cherchait quelque chose entre eux qui ne se produirait jamais, parce que le petit pasteur savait reconnaître un cœur pris quand il en voyait un – mais ce que le Ceasg voulait, c'était juste un peu d'amour, la sensation d'un corps serré contre le sien sans que ce fût d'une quelconque sensualité.
    Il s'était pris au jeu. Ce genre d'affection-là, il ne l'avait jamais connue. Les seigneurs Ogilvie n'étaient pas très portés sur l'art du câlin, c'était peu de le dire, et le pensionnat n'était pas connu pour ses tendances à la tendresse et à la douceur. Là où des petits plus chanceux avaient grandi entourés d'amour et d'étreintes chaleureuses, Ciaran avait connu au mieux l'indifférence. Parfois la canne, et il avait préféré ça, parce qu'au moins la canne montrait qu'on s'intéressait à son existence. Et il y avait ce vague plaisir de la douleur, cette blessure électrisante qu'il avait découvert assez jeune, qui rendait les coups de ses professeurs plus ironiques encore... L'affection, l'amour, c'était ça. La blessure, en permanence. C'était rendre les coups, griffer, mordre, que ce fût verbalement ou physiquement, c'était surtout ne jamais lâcher prise et ne jamais admettre qu'on pouvait vouloir autre chose. Si on n'attaquait plus, on n'aimait plus vraiment.
    Mais avec Uisdean, c'était différent. Le grand frère de cœur n'avait jamais attaqué, jamais mordu, jamais même montré les dents. Il était bourru et parfois un peu brutal dans son honnêteté mais il n'avait jamais rendu les coups. Et il y avait ces câlins si doux, si chauds, dans lesquels Tristan aimait bien se blottir. C'était ça, d'avoir un grand frère, un vrai grand frère ? C'était plutôt agréable. Irving n'était pas comme ça, lui. Il n'aimait pas les gens en général, surtout ceux qu'il méprisait, et le petit Selkie avait le malheur de faire partie de cette dernière catégorie. Quand bien même, il doutait que son frère biologique ait jamais pris qui que ce fût dans ses bras de cette façon. Il avait bien tort. C'était tout doux, tout simple, sans ambiguïté, sans violence. On pouvait s'y blottir, dans cette étreinte, et attendre que l'orage passe.
    Mais l'orage ne passait pas et la tempête faisait rage et dans les bras de son frère, Tristan sentit les larmes lui monter aux yeux.

    On va supposer. Il le connaissait bien, Uisdean. Il connaissait bien ses silences et cette façon ridicule qu'il avait de toujours tout mettre en bouteille, loin au fond de lui, entassant ses douleurs dans un recoin sombre de son âme jusqu'à ce que la poussière et les toiles d'araignées de sa mémoire eussent raison de ces souvenirs. Pendant un instant, Tristan se demanda comment il avait pu passer à côté de la ressemblance entre Uisdean et son Eileadh. Ça devait être un truc de MacKenzie, ça, d'être aussi protecteur. Adhamh était encore jeune et moins féroce que ses aînés sur le sujet mais peut-être que sa génétique le rattraperait avec le temps.
    Est-ce qu'ils étaient frères ? Non, son Eileadh n'avait qu'un frère et il était mort à la guerre dans de... tragiques circonstances (l'imbécile avait cru en faisant son annonce que Ciaran ne sentirait pas l'odeur du meurtre sur ses mains – et il avait cru que son Selkie en aurait quelque chose à faire. Comme quoi, il ne le connaissait pas si bien que ça, au final.) Un cousin, peut-être. Difficile de savoir. Mais il n'en voulait pas vraiment à Siomon si celui-ci s'était bel et bien arrangé pour le placer sous la protection de quelqu'un de sa famille : il aurait pu bien plus mal tomber. Uisdean était un ami formidable et un frère tel qu'il aurait rêvé d'en avoir un dans son enfance. Là-bas au Castel Angus, ils auraient pu courir ensemble à travers les plaines, rire du vol des oiseaux, s'entraîner à grimper aux arbres. Être enfant avec Uisdean aurait été magnifique.
    Mais il n'y avait que l'âge adulte et son frère qui faisait des suppositions ; des suppositions étonnamment justes. Tristan balaya la chambre dévastée du regard. Somhairl n'allait pas être content quand il verrait le résultat. Il n'allait vraiment pas être content. Ce qui voulait dire ranger et nettoyer avant qu'il ne revînt à la maison et faire semblant de ne pas avoir piqué une grosse crise. Ça allait être difficile. En temps normal, le maître de maison restait assez peu au rez-de-chaussée et lui laissait son intimité, une chose que le faux pasteur appréciait beaucoup. Mais curieusement, depuis l'accident d'Uisdean, on le voyait fréquemment en bas des marches tenant compagnie au Ceasg blessé. Ces deux-là étaient vraiment des amis très proches.

    « C'est moi qui ai fait ça, » finit-il par admettre d'une toute petite voix. « J'étais en colère. » C'était un résumé un peu succinct d'un sentiment bien plus compliqué mais ça ferait l'affaire. Levant le nez vers son frère, blotti contre son torse, Tristan fut tenté de lui dire toute la vérité. Et puis il y renonça, parce que ça prendrait des heures, parce que ça pourrait lui coûter très cher. Il voulait croire qu'Uisdean ne lui reprocherait jamais ses inclinations le portant autant vers les hommes que les femmes et qu'il sourcillerait à peine à l'idée de ce qu'il avait fait de sa peau mais c'était un risque qu'il ne pouvait se permettre.
    Alors il déforma la vérité juste ce qu'il fallait.
    « C'est... c'est un vieil ami à moi, de l'époque de l'école. Il est en ville et il sait que je suis là mais il n'est pas venu me voir. Ça... me rend un peu triste. Et la personne qui me l'a annoncé n'a pas été très délicate. C'est tout. J'ai juste eu une longue journée. Une longue semaine. » Une longue vie, s'il lui fallait être tout à fait honnête. « J'espère juste... j'espère que mon ami va bien. Que s'il n'est pas venu me voir, c'est pour une bonne raison et pas parce qu'il est blessé ou malade. Ce serait bête. »
    Même en sachant qu'il ne pouvait pas mourir, Tristan ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour l'Autre. Fâcheuse manie qui devrait bien passer un jour.
    « Tu le connais peut-être. Il s'appelle Siomon. »
       

       
    Fiche codée par Orphiel

       

    _________________

    RAISE A LITTLE HELL


    Young blood, never get chained | Young blood, heaven need a sinner | You can't raise hell with a saint | Don't care what your old man say | Young blood, heaven hate a sinner | But we gonna raise hell anyway | ©️ FRIMELDA

    avatar
    If I burn, so will you.

    Messages : 359
    Points : 387
    Ta tête Par défaut
    Avatar : Ben Whishaw
    Crédit : Verveine/Orphiel
    Multicompte : Archibald Ferguson, Fionnaghal MacFhiongain
    Taux d'abomination :
    90 / 10090 / 100
    Age : 35 ans
    Métier : Ex-pasteur / Travailleur.se du sexe
    Pouvoirs : Charisme, beauté naturelle, conteur écouté, danseur de talent, transformation à volonté
    Inconvénients : Obéissance à celui qui possède la peau, trouble de déficit de l'attention, tendances artistiques, loup de mer, empathie pour les phoques
    Chronologie des RPs

    Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
    Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
    Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
    Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

    Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
    Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
    La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
    Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

    Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
    Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
    J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...

    Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
    Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
    Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.


    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Re: Heaven hath no rage | Uisdean MacKenzie

    Message par Ùisdean MacKenzie le Dim 17 Sep - 19:20


    Heaven hath no rage
    Tristan ξ Ùisdean

    « C'est moi qui ai fait ça, » La voix s’élève enfin et je manque ronronner de suffisance à avoir réussi à lui arracher un mot. Dans cet état, il vaut mieux tenter de déloger un dragon de son antre plutôt que de tenter de lui arracher un mot. Sauf que je ne suis pas du genre à accepter d’avance une défaite quand cela touche aux personnes auxquelles je tiens. Cependant, la voix est petite et peu assurée, comme s’il hésitait encore à s’ouvrir. Alors je retiens mes ronflements de fiertés pour me concentrer davantage sur celui que je considère comme un frère malgré que nos sangs n’aient rien en commun, que nous ne soyons même pas hybrides de la même race. « J'étais en colère. » Nous allons donc quelque part avec ce début de déclaration. Je me redresse légèrement lorsque la tête brune se redresse, me laissant observer des yeux pleins de larmes. Sensible. Sensible homme qu’est Tristan. Je me souviens des premiers jours où il a emménagé ici. Qu’il m’avait semblé fort et au-delà de ce qui l’entoure. Je me souviens m’être longtemps demandé de quoi exactement Siomon voulait que je protège son selkie. Le pasteur Dubh m’avait eu l’air tellement imperméable aux malheurs du monde. Un de ces hommes qui ont toujours le sourire, qui ont toujours un mot gentil. Le genre d’homme qu’on aime à avoir sous la main tout en les détestant en silence d’avoir à ce point l’air d’avoir la vie si facile. Et puis, j’ai appris à le connaitre, le pasteur. J’ai appris à lire entre les lignes, à voir quand un sourire en est un et quand il n’en est pas. Faire la différence est toujours relativement difficile, même aujourd’hui. Mais au moins, je sais ce qu’il en est. J’ai appris à me méfier de ce sourire, de cette aura paisible que le selkie dégage, à regarder ses yeux plutôt que l’entièreté de son visage, de sa stature. « C'est... c'est un vieil ami à moi, de l'époque de l'école. Il est en ville et il sait que je suis là mais il n'est pas venu me voir. Ça... me rend un peu triste. Et la personne qui me l'a annoncé n'a pas été très délicate. C'est tout. J'ai juste eu une longue journée. Une longue semaine. J'espère juste... j'espère que mon ami va bien. Que s'il n'est pas venu me voir, c'est pour une bonne raison et pas parce qu'il est blessé ou malade. Ce serait bête. » J’essaye de percer son expression, de voir plus loin que les mots… Mais les mots sont loin d’être mon domaine. Si pour certains, ils semblent être les clés de l’âme, pour moi ils n’ont jamais été que ce qu’ils semblent être… Un ramassis de sons mit bout-à-bout pour dialoguer et faire comprendre un message. Pourquoi chercher à compliquer davantage les choses ? Et pourtant, en cet instant, j’aimerais avoir cette même science que mon amant, celle qui me permettrait de peut-être en percevoir plus que ce que Tristan voudrait bien me dire. « Tu le connais peut-être. Il s'appelle Siomon. » Oh. Oh ! On y serait enfin ? Mon frère de cœur aurait-il enfin fait le parallèle entre mon cousin et moi ? Je suis étonné que cela ait prit autant de temps… Mais peut-être sa question est-elle posée naïvement ? En tout cas, je ne peux pas dire qu’en apprendre plus sur la manière dont mon cousin a rencontré le selkie ne me fais pas plaisir. Je n’en ai jamais rien su, Siomon étant resté très secret, me demandant juste de garder un œil sur la sécurité d’un homme pour lui. Et comme Tristan n’avait pas semblé savoir que nous sommes au moins deux à s’assurer qu’il ne lui arrive rien, je n’avais tout simplement pas posé la question, respectant le choix de Siomon de garder le secret là-dessus. Après tout, même si Tristan est un ami, que dis-je ? Un frère. Malgré cet état de fait, je reste rémunéré par mon cousin pour m’assurer qu’il reste en bonne santé, qu’il ne soit pas dans trop d’affaires louches et tout le reste.

    « Siomon… ? Siomon MacKenzie ? J’ai un cousin qui se nomme ainsi. Mais aux dernières nouvelles, il n’était pas au pays. S’il est rentré, il ne m’en a pas informé. » Je pousse un long soupire. Jouer les idiots ne me va pas… Mais je me sens coupable de ne lui avoir jamais dit que je veillais sur lui contre rémunération. Peut-être serait-il temps d’arrêter de pouvoir espérer tenir le masque plus longtemps ? Je pince les lèvres, jouant avec les boucles des cheveux de Tristan sans même m’en rendre compte. Siomon ne m’a pas dit qu’il est en ville… Cela signifie-t-il que je vais perdre cette rentrée d’argent aussi ? Je comptais là-dessus pour ne pas avoir trop de difficulté à payer mon loyer à Sómhairl pendant ces deux semaines… « Si c’est bien lui… J’ai grandis avec lui et je te rassure, c’est un comportement tout à fait normal de sa part. La preuve, je suis son cousin, nous avons grandis ensemble, il me sait à Édimbourg depuis des années mais il n’est pas passé me voir non plus. C’est juste… Siomon. Il est comme ça. » J’aimerais pouvoir me lancer dans un discourt sur l’Écosse et sur à quel point elle peut sembler petite parfois, la vie se faisant bien curieuse de la manière dont elle éloigne et rassemble les gens. Mais je n’en ai pas le cœur. J’ai le cœur lourd. Lourd du mensonge fait par omission sous la promesse reportée de lui en parler le lendemain. Un soupire de fin du monde m’échappe et je change quatre fois d’avis avant que mes lèvres ne s’ouvrent enfin à nouveau. Continuer de mentir ne servirait à rien de bon… Surtout si Siomon est en ville. Les choses vont finir par se savoir à un moment ou un autre… Mais j’ai tellement peur que cette révélation mette un terme à notre amitié qui m’est si chère. « Écoute… Il faut que je t’avoue quelque chose. Quelque chose dont je ne suis clairement pas fier. » Plus question de faire marche arrière pourtant, je sens quelque chose se tendre dans ma gorge alors que je souhaite n’avoir jamais élevé la voix à nouveau. « J’arriverais juste pas à jouer les idiots à ce sujet… Et tu mérites la vérité. » Mais oui, MacKenzie ! Enfonce toi encore un peu tant que tu y es ! L’homme t’a laissé son lit pour ne pas que tu ais à affronter un étage d’escaliers étroits et mal faits et toi, en remerciement, tu lui balance une vérité que tu aimerais toi-même ne pas voir exister ! Bien joué ! « Ton Siomon est bien mon Siomon. Je le sais parce que cela fait depuis bien avant que tu n’emménages qu’il m’a chargé de te surveiller pour m’assurer qu’il ne t’arrive rien. » Mon regard fuit dans la pièce alors que je me vois juste incapable d’assumer la vérité conservé si longtemps sous le drap de l’omission. « Je suis désolé. J’aurais dû t’en parler plus tôt… Peut-être même le jour où tu as emménagé ici. »


    _________________
    Eye of the Storm
    No sign of shore. The moment when the sails were torn, we reached the end. Eye of the storm. For all that it cost, in the end there was no price to pay. For all that was lost, that storm carried it away.
    avatar
    I cannae keep calm. I am a MacKenzie.

    Messages : 238
    Points : 187
    Fassbender
    Avatar : Michael Fassbender
    Crédit : ÐVÆLING le magnifique
    Multicompte : Teàrlach Ó Ceallaigh
    Taux d'abomination :
    40 / 10040 / 100
    Age : 41 ans
    Métier : Garde du château d'Édimbourg
    Pouvoirs : Beauté (1) - Charisme (1) - Apnée longue durée (1) - Fin limier (1)
    Inconvénients : Fort besoin affectif - Goût du sang

    I told you lies and said what you were meant to hear just as you wished, my dear. To reach the eye of the storm. So we began to float and drifted out into the tide for every wave to swallow us alive.

    Sómhairl - Aodhan - Deirdre


    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Re: Heaven hath no rage | Uisdean MacKenzie

    Message par Tristan Dubh le Dim 17 Sep - 20:36






    Heaven hath no rage




    Break down, only alone I will cry out now
    You’ll never see what’s hiding out
    Hiding out deep down, yeah, yeah
    I’ve heard that to let your feelings show
    Is the only way to make friendships grow
    But I’m too afraid now



    Tu me prends vraiment pour un con, Uisdean MacKenzie.
    La colère qui était quelque peu redescendue se remit à bouillir, à jaillir en torrents dans les veines du Selkie. Menteur. Menteur. « Siomon… ? Siomon MacKenzie ? J’ai un cousin qui se nomme ainsi. Mais aux dernières nouvelles, il n’était pas au pays. S’il est rentré, il ne m’en a pas informé. » Cette partie-là était peut-être vraie. Après tout, c'était Siomon, Siomon qui n'avait jamais eu énormément de prévenance à l'égard de ses cousins, même d'Uisdean. Comment avait-il pu être aussi stupide, aussi aveugle ? Eileadh avait mentionné ses cousins MacKenzie, son foutu trio infernal, et il avait presque eu la mine nostalgique, cet enfoiré. Il avait eu l'air d'avoir un semblant d'émotion pendant quelques secondes. Il n'aurait pas pour autant pris la peine de prévenir son cousin, de prévenir qui que ce fût, pour peu que cela ne servît pas ses intérêts immédiats.
    C'est juste Siomon. Il est comme ça.
    « Je sais, » gronda la voix du Selkie, soudain glaciale comme les vents du Nord. « Je le connais depuis plus de vingt ans. Je sais. »
    Mais pas avec moi. Jamais avec moi.
    Les rôles étaient censés être inversés. C'était lui qui faisait courir son Eileadh, lui qui se cachait de l'autre, lui qui disparaissait sans laisser de trace ou de moyen de le contacter. Sa rage était des plus irrationnelles et hypocrites, la rage de quelqu'un qui ne pouvait strictement rien reprocher à l'autre, puisqu'il était celui qui avait commencé ce jeu stupide. Dès la première nuit passée ensemble, le Selkie s'était échappé sans mot dire, et avait continué cette petite tradition pendant des années. Alors de quel droit pouvait-il reprocher à Siomon de ne pas se montrer ?
    C'était différent. Eileadh lui avait dit d'attendre à Edimbourg. Il avait attendu. Il avait attendu, lui qui ne supportait pas de rester au même endroit, et l'autre n'avait même pas eu la décence de se montrer.
    Tristan ne savait même plus pourquoi, contre qui il était en colère. Contre le frère Selkie pour ses paroles malheureuses ? Contre son Ceasg ? Contre Uisdean ? Tout à la fois ? Est-ce que c'était vraiment important ?

    Et puis l'aveu tomba.
    Uisdean l'avait surveillé. Pire, il était payé pour ça – du moins Tristan le pensait, puisque Siomon avait certainement utilisé un argument financier pour persuader son cousin de lui rendre service. Rien n'était vrai. Leur rencontre, son emménagement à la maison Chèvre, leur amitié, rien de tout ça n'était réel. C'était orchestré depuis le début par Siomon, c'était juste une énième manigance, une façon de s'assurer qu'il obéissait aux ordres.
    Uisdean n'était pas son frère. Uisdean n'avait jamais été son frère.
    Tristan se glissa lentement hors des bras du Ceasg, le corps frissonnant d'une rage mal contenue. Son visage demeurait impassible, ses poings détendus ; seuls les tremblements de sa silhouette trahissaient l'immensité de sa douleur et de sa colère. La seule putain de fois où il avait cru à une amitié sincère, à quelque chose d'un peu plus authentique et profond que les beuveries partagées au coin d'une taverne avec d'autres ivrognes ou que les étreintes fugaces avec un ou une partenaire d'un soir, la seule et unique putain de relation qui avait un peu de sens n'était qu'un mensonge. Évidemment.
    « T'assurer qu'il ne m'arrive rien, hm ? Tu n'es vraiment pas bon dans ton travail, » murmura-t-il d'un ton doucereux. « Il aurait peut-être dû te dire un peu plus à qui tu as affaire. Te prévenir. Il n'a pas été très... sympathique avec toi. Pas qu'il le soit de manière générale. » En fait, le Selkie aurait presque eu pitié d'Uisdean. Pauvre petit embarqué dans une histoire déjà compliquée, intense et douloureuse pour les deux partis les plus impliqués – lui qui n'avait rien demandé. Il allait recevoir les dommages collatéraux et il ne le méritait sans doute pas.
    Mais Tristan s'en foutait. La colère revenue en force, trop gigantesque pour son corps si frêle, il n'avait plus le pouvoir de ressentir la moindre empathie envers celui qu'il avait soudain décidé de détester. Celui qui un instant avant avait été son grand frère, une des personnes les plus aimées dans son petit univers, était désormais un démon qui ne méritait plus que la mort. C'était toujours comme ça. C'était toujours tout noir, tout blanc, jamais entre les deux. On idolâtrait, on aimait passionnément, ou on haïssait et on méprisait. L'absence totale de nuances était épuisante – pas assez pour trouver le courage de se forcer dans un monde en teintes de gris.
    « A quoi bon me dire que tu aurais dû m'en parler ? Tu ne l'as pas fait. Dis-moi, il te paye combien, hm ? J'espère qu'il te paye bien parce que, mon chéri, tu n'as encore rien vu. Jusqu'ici, j'ai même été étonnamment sage, par – hah, bon sang, par respect. Ca m'apprendra, hein ? » Il n'était plus sûr d'être cohérent. Il n'essayait pas. Ça n'avait pas d'importance. « C'est presque satisfaisant, d'un côté. Pour une fois, c'est pas moi qui suis sa pute. T'auras qu'à lui dire de t'augmenter et pas qu'un peu, parce que je vais certainement pas te rendre les choses faciles. »
    S'en prendre à soi-même pour blesser les autres. Il avait toujours fait ça. Toujours. C'était presque systématique et la base d'une longue série de mauvais choix, tous faits avec l'idée de se venger de tous ceux qui attendaient quelque chose de lui, de tous ceux qui voulaient prendre quelque chose, de tous ceux qui l'aimaient d'une façon ou d'une autre. Fuir le pensionnat pour faire payer sa famille. Se laisser détruire pour qu'ils vissent tous quel foutu déchet ils avaient créé. Il l'avait fait à Siomon aussi, plus d'une fois.
    La seule différence, c'est qu'il était presque désolé de le faire à Uisdean.

    Fiche codée par Orphiel


    _________________

    RAISE A LITTLE HELL


    Young blood, never get chained | Young blood, heaven need a sinner | You can't raise hell with a saint | Don't care what your old man say | Young blood, heaven hate a sinner | But we gonna raise hell anyway | ©️ FRIMELDA

    avatar
    If I burn, so will you.

    Messages : 359
    Points : 387
    Ta tête Par défaut
    Avatar : Ben Whishaw
    Crédit : Verveine/Orphiel
    Multicompte : Archibald Ferguson, Fionnaghal MacFhiongain
    Taux d'abomination :
    90 / 10090 / 100
    Age : 35 ans
    Métier : Ex-pasteur / Travailleur.se du sexe
    Pouvoirs : Charisme, beauté naturelle, conteur écouté, danseur de talent, transformation à volonté
    Inconvénients : Obéissance à celui qui possède la peau, trouble de déficit de l'attention, tendances artistiques, loup de mer, empathie pour les phoques
    Chronologie des RPs

    Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
    Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
    Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
    Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

    Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
    Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
    La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
    Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

    Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
    Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
    J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...

    Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
    Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
    Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.


    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Re: Heaven hath no rage | Uisdean MacKenzie

    Message par Ùisdean MacKenzie le Dim 17 Sep - 23:03


    Heaven hath no rage
    Tristan ξ Ùisdean

    La réaction est violente de par son absence. Au moins, je ne me suis pas encore fait frapper par l’homme. Je me doutais que parler ne serait pas une bonne idée. Mais ne rien dire était pire. Ne rien dire me rongeait un peu plus au fil des jours qui passaient. Son visage reste neutre, je ne vois pas de tension particulière en lui, si ce n’est les léger tremblements qui le secouent. La vue de mon ami dans cet état me brise le cœur. Et savoir que j’en suis la cause me donne envie de ramper dans les bras de mon amant pour y trouver un peu de réconfort. « Tri… » « T'assurer qu'il ne m'arrive rien, hm ? Tu n'es vraiment pas bon dans ton travail. » Parole acide de douceur. Ma tête rentre dans mes épaules alors que le poids de la culpabilité m’écrase petit à petit. « Il aurait peut-être dû te dire un peu plus à qui tu as affaire. Te prévenir. Il n'a pas été très... sympathique avec toi. Pas qu'il le soit de manière générale. A quoi bon me dire que tu aurais dû m'en parler ? Tu ne l'as pas fait. Dis-moi, il te paye combien, hm ? J'espère qu'il te paye bien parce que, mon chéri, tu n'as encore rien vu. Jusqu'ici, j'ai même été étonnamment sage, par – hah, bon sang, par respect. Ça m'apprendra, hein ? C'est presque satisfaisant, d'un côté. Pour une fois, c'est pas moi qui suis sa pute. T'auras qu'à lui dire de t'augmenter et pas qu'un peu, parce que je vais certainement pas te rendre les choses faciles. » Malgré la douleur du discours, les mots percutent. Mon regard retombe sur lui. J’avais été prêt à sortir un flot d’excuses et de justifications. J’avais été prêt à me confronter totalement à sa colère, à lui exposer ma gêne, mon chagrin et ma honte. Seulement… Une tournure de phrase malheureuse. Le petit quelque chose qui me pince le cœur, qui m’agresse presque. « Attends… » Alors qu’il n’y a pas un instant mon attitude corporelle exultait la honte, l’inconfort et la douleur, je reprends malgré moi une stature plus droite, plus assumée. Ma voix sort aussi plus ferme. De la honte, je suis passé à la colère. La colère de comprendre ce que je crois avoir entendu. Je grimace à peine alors que je ramène mes jambes sous moi, me penchant en avant pour poser mes deux mains sur ses épaules, le forçant à me regarder. « Tu es sa pute ? » La question est plutôt un grognement. Sans attendre de réponse, je me redresse, quittant le lit à la hâte au prix d’un grondement de douleur alors que ma jambe blessée proteste. « N’importe quel homme à Édimbourg si ça l’amuse, mais pas toi. » Besoin protecteur viscéral. Je n’arrive pas à croire ce que j’ai entendu. Boitant lourdement, je me dirige vers la sortie. Je ne sais pas où est Siomon en ville mais il va m’entendre pour traiter ainsi une personne aussi belle que Tristan. « Tu vaux mieux que ça. Tu vaux mieux que l… » Je n’ai pas le temps de finir ma phrase, le tout se terminant en un gargouillis douloureux alors que je m’effondre. Ma jambe me lance, protestant par le seul moyen qu’elle a trouvée pour me maintenir calme ; une crise de tétanie. Je serre la mâchoire, frappant le sol de mon poing, criant de colère et de frustration. Foutus mots, foutue jambe, foutu Siomon ! « Je vais l’étrangler, putain ! »

    _________________
    Eye of the Storm
    No sign of shore. The moment when the sails were torn, we reached the end. Eye of the storm. For all that it cost, in the end there was no price to pay. For all that was lost, that storm carried it away.
    avatar
    I cannae keep calm. I am a MacKenzie.

    Messages : 238
    Points : 187
    Fassbender
    Avatar : Michael Fassbender
    Crédit : ÐVÆLING le magnifique
    Multicompte : Teàrlach Ó Ceallaigh
    Taux d'abomination :
    40 / 10040 / 100
    Age : 41 ans
    Métier : Garde du château d'Édimbourg
    Pouvoirs : Beauté (1) - Charisme (1) - Apnée longue durée (1) - Fin limier (1)
    Inconvénients : Fort besoin affectif - Goût du sang

    I told you lies and said what you were meant to hear just as you wished, my dear. To reach the eye of the storm. So we began to float and drifted out into the tide for every wave to swallow us alive.

    Sómhairl - Aodhan - Deirdre


    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Re: Heaven hath no rage | Uisdean MacKenzie

    Message par Tristan Dubh le Lun 18 Sep - 19:30






    Heaven hath no rage




    Break down, only alone I will cry out now
    You’ll never see what’s hiding out
    Hiding out deep down, yeah, yeah
    I’ve heard that to let your feelings show
    Is the only way to make friendships grow
    But I’m too afraid now




    « Tu es sa pute ? »
    Le Selkie accrocha un sourire rogue à son visage, un sourire plein de hargne. Comme pour lui dire de regarder, de regarder vraiment celui qu'il avait adopté comme un frère, de le voir pour ce qu'il était. Pas plus pasteur que le feu est humide, pas plus pur que l'océan est simple. Il avait le terme en horreur, celui-là et tant d'autres ; il avait en horreur ces mots utilisés pour dégrader ceux qui comme lui avaient choisi de faire commerce de leur chair pour survivre – mais il l'avait utilisé en connaissance de cause. Regarde-moi, Uisdean, regarde ce que je suis. Et il voyait désormais, il voyait que le mensonge avait été double, que celui pour lequel il avait peut-être éprouvé un peu d'affection réelle n'était pas ce qu'il avait prétendu être. Il était temps de laisser les masques tomber.
    Mais la colère de son frère ne lui était pas destinée et le Selkie mit quelques instants à comprendre les phrases qui suivirent. À comprendre que son imbécile mal dégrossi de frère adoptif ne prenait pas ombrage du mensonge et de la perversité, non, mais bien du supposé traitement que Siomon aurait eu en réserve à son égard... C'était à n'y rien comprendre. Il aurait dû fulminer, menacer peut-être, exiger de Somhairl qu'il chassât le faux pasteur de la maison ; il aurait dû sinon s'en moquer, continuer de faire le travail qu'on lui avait confié et ne plus se préoccuper de ce qui pouvait bien passer par la tête de sa charge.
    Et pourtant non. Et pourtant Uisdean MacKenzie, tout drapé dans sa fierté et sa colère, se proposait d'aller refaire le portrait de son propre cousin pour des raisons assez obscures. « N’importe quel homme à Édimbourg si ça l’amuse, mais pas toi. » De la jalousie ? Ça n'y ressemblait pas. Tristan eut un mouvement de recul, perplexe, presque effrayé de cette réaction qu'il ne comprenait pas. « Tu n'as plus besoin de faire semblant, » susurra-t-il de sa voix la plus amère. « Maintenant que je sais ce que tu me veux, tu n'as plus besoin de faire semblant de te préoccuper de moi. »
    Il ne faisait pas semblant. Personne n'était bon acteur au point de s'échiner à marcher sur une jambe blessée, de prétendre souffrir de tétanie, de prétendre tomber. Pas même Tristan. Il en avait joué des rôles dans sa vie, des rôles absurdes et douloureux, des rôles dont il avait haï chaque réplique ; et s'il ne savait plus vraiment interpréter les sentiments d'autrui, il savait que l'instinct de survie des humains était assez puissant pour empêcher des gestes ridicules comme celui d'Uisdean. À moins, bien sûr, que ce geste ne fût sincère.

    Un instant de silence s'écoula avant que le Selkie vînt se glisser près de son frère adoptif, poser une main pleine de douceur sur la jambe blessée comme pour l'inciter au calme.
    « Je te demande pardon, » murmura-t-il. Pardon d'avoir laissé la colère le contrôler une fois de plus. Pardon de n'avoir su voir les nuances de gris dans une situation qui lui paraissait si noire et blanche. C'était toujours difficile et son instinct lui hurlait de revenir à des sentiments de haine, au besoin viscéral de se venger, de faire mal avec ces mots qu'il savait si bien manipuler, mais ce qu'il avait vu dans l'attitude d'Uisdean l'exhortait à plus de retenue. Il ne pouvait pas le haïr. Pas lui, pas ce grand idiot au cœur d'or et aux paroles de fer.
    « Ce n'est pas ce que tu crois, » admit-il. Ce qu'il avait craché sous le coup de la colère lui apparut soudain comme une erreur potentiellement mortelle. Comment éviter qu'Uisdean ne partît défigurer son cousin sans lui dire la vérité ? Il devait bien y avoir un mensonge, une demie-vérité à raconter pour éviter un combat à mains nues – et éviter de finir pendu pour ses mauvais penchants. « Nous avons une relation d'affaires, oui. Mais pas... pas de ce genre-là. Crois-moi, Uisdean, je ne mérite pas mieux que ça, même si ça désignait ce que tu penses... mais ce n'est pas le cas. C'est plus compliqué que ça. »
    Voilà. Ce n'était pas un mensonge, ni tout à fait la vérité. Pour l'instant, ça devrait faire l'affaire.
    « Tu n'es pas en état d'étriper qui que ce soit, de toute façon. Etends ta jambe et respire profondément. » Tristan n'avait jamais été médecin, peut-être une des rares professions qu'il n'avait pas jouées dans sa vie de tromperie permanente, mais il connaissait suffisamment la douleur pour avoir une vague idée de comment la gérer. Et gérer la douleur d'un autre était plus simple que de gérer la sienne.

    Fiche codée par Orphiel


    _________________

    RAISE A LITTLE HELL


    Young blood, never get chained | Young blood, heaven need a sinner | You can't raise hell with a saint | Don't care what your old man say | Young blood, heaven hate a sinner | But we gonna raise hell anyway | ©️ FRIMELDA

    avatar
    If I burn, so will you.

    Messages : 359
    Points : 387
    Ta tête Par défaut
    Avatar : Ben Whishaw
    Crédit : Verveine/Orphiel
    Multicompte : Archibald Ferguson, Fionnaghal MacFhiongain
    Taux d'abomination :
    90 / 10090 / 100
    Age : 35 ans
    Métier : Ex-pasteur / Travailleur.se du sexe
    Pouvoirs : Charisme, beauté naturelle, conteur écouté, danseur de talent, transformation à volonté
    Inconvénients : Obéissance à celui qui possède la peau, trouble de déficit de l'attention, tendances artistiques, loup de mer, empathie pour les phoques
    Chronologie des RPs

    Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
    Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
    Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
    Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

    Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
    Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
    La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
    Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

    Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
    Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
    J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...

    Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
    Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
    Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.


    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Re: Heaven hath no rage | Uisdean MacKenzie

    Message par Ùisdean MacKenzie le Ven 22 Sep - 21:02


    Heaven hath no rage
    Tristan ξ Ùisdean

    Allongé comme un idiot, je peste, j’insulte, je grogne. Ma jambe me fait un mal de chien, j’ai trop forcé. Mais cela n’a pas d’importance. Tout ce qui a de l’importance pour le moment, c’est l’envie profonde que j’ai d’expliquer à Siomon quel sale enfoiré il peut être, à quel point il peut être cruel. Que ça soit avec moi ou avec Tristan. Quel sadisme de me mettre sur la route d’un homme qui s’est ainsi fait une place si importante dans mon cœur et dans ma vie alors que, depuis le début, il fait de lui son objet sexuel ? Quel genre d’homme peut bien faire ça ? Et pourquoi me faire garder Tristan s’il n’est que sa pute ? Est-ce par pur plaisir sadique de me voir me lier d’amitié avec lui pour regarder le chaos et le carnage une fois que tout sera brisé par les vérités enfin révélées ? Je ne sais pas ce que mon cousin avait derrière la tête en me demandant de garder un œil sur sa putain mais, une chose est sûre, c’est que je vais le retrouver et l’étrangler. Une main douce et délicate se pose sur ma jambe, effleurant les muscles bandés à l’extrême, me faisant presque siffler de douleur au passage. « Je te demande pardon. » Je me retourne, me laissant tomber sur les fesses pour faire face au selkie. La colère tord mes entrailles mais elle n’est pas dirigée contre lui. Comment pourrais-je lui en vouloir ? Je n’ai aucune idée de la mesure dans laquelle il s’est volontairement ou pas impliqué dans les histoires de ma famille ou même de comment lui et Siomon en sont arrivés là. Et, après tout, de nous deux, c’est moi qui suit le menteur. Mon regard furieux tombe sur lui. Mon attitude corporelle se referme d’elle-même. Je n’ai pas envie de lui faire plus de mal que je n’en ai déjà fait aujourd’hui, je ne veux pas que ma colère contre mon crétin de cousin retombe sur lui. Il n’en est pas responsable, même si ses mots ont mis le feu aux poudres. « Nous avons une relation d'affaires, oui. Mais pas... pas de ce genre-là. Crois-moi, Uisdean, je ne mérite pas mieux que ça, même si ça désignait ce que tu penses... mais ce n'est pas le cas. C'est plus compliqué que ça. » Je fronce les sourcils, ne sachant plus trop quoi faire, dire ou ressentir. J’ai recommencé. J’ai interprété des foutus mots et je suis parti au quart de tour. Et maintenant, j’ai ce trop-plein de colère qui tourbillonne dans mes tripes, qui me donne envie d’envoyer le monde bouler, de frapper des visages et de plaquer des corps au sol. Pas vraiment le genre de moment où j’ai envie d’essayer de comprendre une relation complexe de base. Mais il s’agit de Tristan. Et de Siomon. « Tu n'es pas en état d'étriper qui que ce soit, de toute façon. Etends ta jambe et respire profondément. » Confus, ne sachant trop que faire ou dire, je m’exécute, les sourcils toujours froncés alors que je ne sais plus sur quel pied danser. J’ai envie de détruire quelque chose. J’ai besoin d’évacuer cette soudaine colère que les paroles de mon ami auraient dû souffler tel une bougie. Elles auraient dû… Et pourtant, c’est toujours là. Et je me frustre tout seul, m’énervant moi-même de mon énervement.

    « Tu serais étonné de ce que je suis capable de faire pour ceux que je considère comme des frères. » Je gronde et je grogne, n’arrivant pas à prendre les inspirations profondes que m’a conseillé Tristan. La jambe étiré, je me laisse tomber en arrière, m’appuyant sur un coude, le visage crispé par la douleur. Je ferme les yeux, jurant sans retenue avant d’essayer de forcer ma respiration à se calmer. « Je comprends pas… » Une grimace déforme mon visage à nouveau et je dois prendre plusieurs respirations profondes avant de parvenir à continuer ma phrase. « Je comprends pas ce qu’il y a entre toi et Sio. Pourquoi tu me parles de prostitution si ça n’a rien à voir ? » Crétin fini… Plus que probablement pour faire mal. Tristan est une boule de gentillesse, un homme qui semble avoir le cœur sur la main et le désir de disperser la bonne humeur mais il faut se méfier des eaux clairs… Je l’ai déjà vu volontairement cracher son venin, appuyant directement là où ça fait mal. L’habit ne fait pas le moine… Je me laisse tomber au sol, passant mes mains devant mon visage. Je suis en colère. La rage me consume mais, faute de cible, je la dirige contre moi-même. Comment j’ai pu être assez idiot que pour ne pas lui parler de tout ça plus tôt. « Je suis désolé Tris. J’aurai dû te parler de tout ça plus tôt… Je… J’étais juste mort de trouille que tu le prennes mal et que ça brise d’emblée notre amitié. Et au plus les jours ont passés… » Au plus c’était difficile de le dire, de laisser les mots couler. Au plus les jours passaient, au plus j’avais à perdre avec cette déclaration. Ce qui n’était qu’à la base un ‘ce qu’il ne sait pas ne peut pas lui faire de mal’ est devenu un ‘je l’aime bien le petit… Je n’ai pas envie de briser ce début d’amitié’ pour finalement en arriver à aujourd’hui…  Félicitation Ùisdean MacKenzie… Toi et ta maladresse verbale, vous venez de briser une amitié si forte que tu en étais venu à le considérer comme un frère, comme un membre de ta propre famille. « Je suis le dernier des idiots… » Parfois, je me dis que j’aurais dû rester dans ma forge, que les choses seraient sans doute mieux ainsi. Laissons les brutes qui ne savent pas s’exprimer ou se comporter là où elles doivent être et laissons les adeptes du beau verbe et de la relation sociale s’épanouir entre eux. Quand il s’agit de faire les choses bien avec les gens qui me tiennent à cœur, je suis tel un phoque devant se déplacer sur des œufs. Impossible d’y arriver sans qu’il n’y ait de casse. Crétin de MacKenzie.

    _________________
    Eye of the Storm
    No sign of shore. The moment when the sails were torn, we reached the end. Eye of the storm. For all that it cost, in the end there was no price to pay. For all that was lost, that storm carried it away.
    avatar
    I cannae keep calm. I am a MacKenzie.

    Messages : 238
    Points : 187
    Fassbender
    Avatar : Michael Fassbender
    Crédit : ÐVÆLING le magnifique
    Multicompte : Teàrlach Ó Ceallaigh
    Taux d'abomination :
    40 / 10040 / 100
    Age : 41 ans
    Métier : Garde du château d'Édimbourg
    Pouvoirs : Beauté (1) - Charisme (1) - Apnée longue durée (1) - Fin limier (1)
    Inconvénients : Fort besoin affectif - Goût du sang

    I told you lies and said what you were meant to hear just as you wished, my dear. To reach the eye of the storm. So we began to float and drifted out into the tide for every wave to swallow us alive.

    Sómhairl - Aodhan - Deirdre


    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Re: Heaven hath no rage | Uisdean MacKenzie

    Message par Tristan Dubh Hier à 16:18




    Drowning the Sorrow



    Break down, only alone I will cry out now
    You’ll never see what’s hiding out
    Hiding out deep down, yeah, yeah
    I’ve heard that to let your feelings show
    Is the only way to make friendships grow
    But I’m too afraid now


    Tristan s'estimait chanceux de ne pas être télépathe. La mine d'Uisdean et la rage qui exsudait de tout son corps lui suffisait bien à comprendre ce qui passait par la tête du grand imbécile, même s'il n'en connaissait pas les détails, même s'il ne voulait pas les connaître. Le terme d'objet sexuel l'aurait fait bondir et rugir, lui qui connaissait trop bien la notion pour apprécier son usage de façon aussi anodine, aussi éloignée de la réalité. Une chance qu'il ne pût deviner les mots qui passaient par l'esprit de son frère adoptif.
    Il choisit de garder le silence un moment, de laisser à Uisdean le temps de digérer les émotions contradictoires qu'il venait de lui infliger. Le Selkie était bien placé pour savoir à quel point il pouvait être difficile de se remettre d'émotions intenses, lui qui ne savait même pas supporter la moindre bouffée de colère sans partir dans un tourbillon de rage qui ne prenait fin que dans le sang. Il s'en voulait. Il s'en voulait toujours, de toute façon, c'était sa façon de fonctionner, mais cette fois il savait exactement ce qu'il reprochait. D'avoir laissé sa langue de vipère darder en direction d'un homme qui ne le méritait pas, qui n'avait jamais été autre chose que doux et gentil à son endroit. Oui, mais pourquoi ? Parce qu'il est payé par Siomon, rien d'autre, personne ne pourrait vouloir de toi comme ami, tu le sais bien, avec ton putain de poison qui noircit les âmes les plus pures et fait saigner les cœurs les plus durs, tu sais bien qu'on ne peut pas réellement vouloir de toi, il n'est là que parce qu'on le paye, que parce qu'il a besoin de cet argent pour payer son loyer, il ne veut pas de toi pas de toi pas de toi pas de toi stop.
    Stop.
    Les yeux fermés, le Selkie laissa ses mains courir sur la jambe d'Uisdean avec douceur en un massage thérapeutique. Une des filles de la troupe s'était blessée à la cheville quand il était en France et s'appelait Lelio et il avait été mis en devoir de s'occuper d'elle, de lui prodiguer des massages pour aider à son rétablissement. Il ignorait si ses soins avaient aidé d'une quelconque façon mais la gamine avait pu retourner danser et courir. Dans le doute, il pouvait bien essayer. C'était le moins qu'il pût faire. Traiter les blessures physiques à défaut de savoir quoi faire pour celles de l'âme – c'était presque ironique pour un pasteur.

    « Tu serais étonné de ce que je suis capable de faire pour ceux que je considère comme des frères. »
    Le massage s'arrêta net et les grands yeux pâles du Selkie se levèrent sur le visage d'Uisdean. Il cherchait une expression qu'il ne pouvait de toute façon pas voir, l'expression qu'il avait vue mille fois sur le visage de son frère de sang, avant que l'horreur ne lui prît la faculté de discerner les traits d'autrui. Il cherchait ce sourire narquois, ces sourcils haussés avec dédain, ce nez plissé comme par le dégoût au mot de frère, ce qu'il avait fini par associer avec le terme. Il n'y avait pas eu qu'Irving. Il y avait aussi Siomon, sa voix quand il parlait d'Eoghann, même quand il essayait de faire semblant d'être désolé. Siomon ne faisait pas très bien semblant quand il était seul face à Tristan, de toute façon.
    Frère, pour lui, c'était une insulte.
    « Ne dis pas ça, » murmura-t-il en réponse, de façon à peine audible. Frère. C'était ça, un frère ? Un vrai frère ? Parce qu'Uisdean n'était pas comme Irving, il était l'exact opposé de tout ce qu'avait pu être ce frère de sang qui avait voulu le jeter dans un puits à la naissance. Tristan avait pardonné à Irving. Il avait tout pardonné, parce qu'ils ne se reverraient jamais et qu'il ne serait jamais nécessaire de régler leurs comptes, et que de toute façon ce n'était là que l'expression de l'instabilité qui courait dans leurs veines. Il comprenait, finalement, il comprenait tout ce qui avait pu tourmenter son aîné et le rendre aussi haineux. Ce qu'il ne comprenait pas, c'était Uisdean et son amour débordant, si mal contenu dans un cœur beaucoup trop gros pour lui qu'il ne savait pas maîtriser.
    Un frère. Un grand frère. Un vrai grand frère, comme dans les histoires de Nounou, un grand frère protecteur et qui l'aimait. On ne l'avait pas beaucoup aimé, le Selkie, pas qu'il s'en serait rendu compte de toute façon. On aurait pu lui courir après pendant des décennies et lui faire la plus évidente des déclarations qu'il aurait cru voir une simple relation d'affaires. Uisdean ne lui laissait pas le loisir d'ignorer ses sentiments, il n'était ni menteur ni sournois, il ne cherchait pas à le ménager. Il ne cherchait pas à accommoder sa terreur panique des relations humaines. Il l'aimait, tout simplement.
    « Je t'aime, » murmura-t-il pour la première fois de sa vie. « Espèce de gigantesque couillon. »
    Avec un petit sourire contrit, Tristan gratifia Uisdean d'une bourrade dans l'épaule, comme pour effacer ces trois mots qu'il n'avait jamais dit à personne. Pas même à Nounou, parce qu'il n'avait jamais entendu ces mots-là et qu'il ne connaissait pas leur existence, cette façon si simple de lui dire ce qu'il ressentait. Pas à George, son ami des côtes bretonnes, ou au fils de ce dernier, à cette famille si généreuse avec qui il avait vécu un merveilleux été. Pas à...
    « J'ai dit ça pour te faire mal, » admit-il calmement, sans chercher à se cacher de ses propres défauts. « Parce que c'était facile et que je savais que ça te tuerait. Mais... c'est pas... c'est pas ça. » Il soupire, cherche un point sur lequel fixer son regard. Ses mains reviennent sur la jambe d'Uisdean, reprennent le massage pour soulager les muscles endommagés. « On s'est rencontrés au pensionnat. J'avais neuf ans, lui treize. Il était préfet, moi le troublion de service. On était... amis, je crois. Quelque chose comme ça. À douze ans, je me suis enfui. On s'est retrouvés quand j'en avais dix-neuf. Et plusieurs fois, après, le même schéma, je fuis, on se retrouve. Depuis plus de vingt ans, toujours la même chose, parce que je tiens pas en place. Et puis... » Il se mord la lèvre, sans pouvoir ramener son regard sur Uisdean, les mains toujours sur la jambe, en pilote automatique. « Et puis je lui ai offert le moyen de me garder, s'il le voulait. Et il l'a fait. Je suis à Edimbourg parce que Siomon MacKenzie possède ma peau et m'a donné l'ordre de rester ici. Et depuis un an, je l'attends. »
    Il ne répond même pas aux accusations que son frère déverse contre lui-même. La haine de soi, il connaît intimement, et il sait que tout ce qu'il pourra dire ne servira à rien. Uisdean continuera à s'en vouloir, à se considérer comme un idiot, à croire qu'il a tout fichu en l'air. Aucune parole, aucun verbe ne peut amener un homme qui se hait à se voir sous un jour meilleur. Tristan le sait.
    « Tu devrais aller voir Boyd, pour ta jambe. Et pour l'amour de Dieu, arrête de crapahuter dans tous les sens, tu vas finir amputé. Je ne t'ai pas prêté mon lit pour que tu ailles danser la gigue dans les rues d'Edimbourg, espèce de grand ours mal léché. »

    Fiche codée par Orphiel


    _________________

    RAISE A LITTLE HELL


    Young blood, never get chained | Young blood, heaven need a sinner | You can't raise hell with a saint | Don't care what your old man say | Young blood, heaven hate a sinner | But we gonna raise hell anyway | ©️ FRIMELDA

    avatar
    If I burn, so will you.

    Messages : 359
    Points : 387
    Ta tête Par défaut
    Avatar : Ben Whishaw
    Crédit : Verveine/Orphiel
    Multicompte : Archibald Ferguson, Fionnaghal MacFhiongain
    Taux d'abomination :
    90 / 10090 / 100
    Age : 35 ans
    Métier : Ex-pasteur / Travailleur.se du sexe
    Pouvoirs : Charisme, beauté naturelle, conteur écouté, danseur de talent, transformation à volonté
    Inconvénients : Obéissance à celui qui possède la peau, trouble de déficit de l'attention, tendances artistiques, loup de mer, empathie pour les phoques
    Chronologie des RPs

    Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
    Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
    Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
    Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

    Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
    Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
    La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
    Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

    Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
    Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
    J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...

    Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
    Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
    Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.


    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

    - Sujets similaires

     
    Permission de ce forum:
    Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum