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  • Une soirée à rêver [Archibald&Màiri

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    Une soirée à rêver [Archibald&Màiri

    Message par Màiri Leamhnach le Mar 8 Aoû - 22:02



    Une soirée à rêver
    Màiri & Archibald

    Les cris résonnent entre les murs de la demeure. Ce n’est pas la première fois que Llewyn et Màiri se disputent et certainement pas la dernière fois mais ce n’est pas pour autant de tout repos pour la femme sui se fait accuser à tort. Quel est le sujet cette fois-ci ? L’infidélité. Depuis que son époux l’a vu discuter avec un bel homme et même rire avec lui, il est persuadé qu’elle le trompe ou qu’elle est sur le point de le faire. Il ne s’agit pas là de jalousie à proprement parlé mais une question d’ego. Que dirait-on de lui si on apprenait que sa femme avait une aventure avec un autre ? Sa réputation serait entachée et c’est une chose qu’il ne permettrait jamais. Màiri en est consciente. Lui au contraire laisse sa paranoïa prendre le dessus, sauf que Màiri ne l’a jamais trompé et qu’elle n’a pas l’intention de le faire non. Ce n’est pas quelque chose qu’elle cherche, malgré son besoin d’affection dû à son héritage et son dégoût de laisser Llewyn la toucher. Il n’y a qu’un homme qu’elle n’ai jamais aimé mais celui-ci n’est plus de ce monde, perdu en mer probablement par sa faute.

    Llewyn n’a que faire de la défense de Màiri, de ses promesses, de ces vérités qu’elle lui cri pour couvrir ses hurlements. Il s’est mis cette histoire en tête et ne cesse d’affubler son épouse d’adjectifs peu flatteurs, jusqu’à ce qu’il éclate pour de bon et ne claque la porte de la maison afin de retrouver son calme d’après ses dires. Les larmes qu’elle avait retenues jusque là coulent à flot le long de ses joues roses. Elle n’en peu plus. Après toutes ces années, après la tragédie avec leur fils, elle continu à faire des efforts mais Llewyn n’a de cesse de la martyriser, certes à sa manière, mais tout de même. Cela lui devient insupportable.  

    Une gouvernante la rejoint dans le petit salon, ayant attendu que le maître des lieux ait quitté la demeure pour apporter une tasse de thé bien chaude accompagné d’un mouchoir sur le plateau. Elle ne dit rien, elle dépose le tout sur la petite table et s’en retourne à ses occupations. Si ce n’est pas triste… même les domestiques ont développé un rituel tant les disputes sont récurrentes. La femme sait que ce thé apaise Màiri et le mouchoir… c’est évident. Elle se sent ridicule mais elle a l’impression que pleurer est tout ce qu’il lui reste.

    Un léger bruit la pousse à tourner la tête vers la porte et y découvre Archibald Ferguson dans l’encadrement. L’herboriste est un des invités de la maison, au même titre que le frère de Màiri. Si elle n’était pas enchantée de le voir s’installer et qu’elle soupçonnait Llewyn de l’avoir invité à loger sous leur toit juste pour lui payer la présence de son frère, elle a finit par apprécier l’herboriste. Elle s’est souvent laissée emporter par ses histoires farfelues tant il semblait y croire lui-même, elle l’écoute avec plaisir. Et même si ses plaisanteries ne sont pas toujours drôles, il arrive tout de même à la faire rire, à lui rendre le sourire. Cependant, qu’il la découvre dans cet état n’est pas convenable.

    Màiri se lève rapidement de son fauteuil en attrapant son mouchoir, puis elle tourne le dos à Archibald le temps d’essuyer ses joues. « Je suis navée Monsieur Ferguson. J’espère ne pas vous avoir dérangé avec notre discussion houleuse. » Elle lui fait désormais face, les joues sèches mais les yeux encore rougis. « Vous désiriez quelque chose peut-être ? Voulez-vous que j’appelle un domestique ? » En bonne maîtresse de maison mais aussi parce qu’elle l’apprécie, Màiri se souci des besoins et envies de son invité.

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    Re: Une soirée à rêver [Archibald&Màiri

    Message par Archibald Ferguson le Jeu 10 Aoû - 14:13

    Des hurlements. Ils hurlent encore, comme tous les jours, comme une horloge bien réglée. Elle proteste sa fidélité et sa conscience des enjeux, il l'accuse, encore et toujours, incapable de voir ce qui se tient devant ses yeux. Llewyn MacGobhainn ne saurait reconnaître la vérité si elle venait lui mordre le nez. Il arrive qu'Archibald le soupçonne d'avoir une certaine affection pour sa femme qu'il dissimule à tous aussi bien qu'à lui-même – et parfois, il est simplement certain que son logeur est purement incapable d'aimer. Mais Archibald refuse de croire qu'un humain puisse ne pas aimer, parce que c'est dans la nature humaine d'éprouver des sentiments, si terribles soient-ils. Même les plus fous et les plus mauvais ont une partie bien enfouie dans leur cœur qui leur permet parfois d'éprouver de l'attachement. Chez certains, l'amour adoucit. Chez d'autres, il rend plus violent encore. S'il existe de l'amour entre Mairi et Llewyn, certainement il est de la deuxième catégorie, de ceux qui tuent et qui dévorent plutôt que d'apporter la sérénité.

    Le vieil herboriste n'aime pas les cris. Il préfère le calme, la solitude et le silence à toute autre forme de distraction, trouvant dans la paix de sa serre un monde féérique qui lui appartient en propre et dans lequel tous les songes sont permis. Hors de son enclos verdoyant, le monde est cruel et méchant et douloureux, empli de hurlements, de colère, de haine. Empli de secrets aussi, de stratégies fomentées par des esprits plus mauvais que le siens pour asseoir leur domination. Le pouvoir est une chose qu'Archibald ne peut pas comprendre, lui qui n'en a jamais eu. Tout ce qu'il voit, c'est la perversion qu'il apporte au cœur des hommes, et pour cette raison seule il le déteste. La fin justifie les moyens, dit-on souvent, mais lui ne croit plus à ces fables depuis qu'il en a été victime. Magda est morte parce qu'elle était le moyen de quelqu'un. Du jour au lendemain, le petit garçon des forêts devenu adulte s'est retrouvé seul dans un vaste monde qu'il n'a jamais su comprendre parce que quelqu'un s'était mis en tête de posséder juste un peu plus.

    Dans la forêt, les seuls cris étaient ceux des animaux. Mais Mairi Leamnhnach n'est pas un animal et elle ne mérite certes pas que son époux lui hurle dessus comme s'il était un sanglier sauvage, elle ne mérite pas la cruauté dont il fait preuve à son endroit. Archibald n'a jamais vraiment compris ce qui liait ces deux êtres, lui qui n'est pas familier avec les jeux d'argent et de pouvoir. Parfois, il a envie d'aller prendre la jeune femme dans ses bras, lui promettre qu'elle peut encore être libre, lui enjoindre de s'enfuir. Elle aussi, elle pourrait rejoindre la forêt et peut-être y trouver des enfants fées qui sauront l'aimer et la protéger. En attendant, il est peut-être la seule âme du manoir MacGobhainn à se préoccuper de son bien-être.

    Elle pleure, bien sûr, et elle essaye de le cacher. Le vieil herboriste lève la main en signe de paix, pour l'assurer qu'il n'est nullement nécessaire de prétendre. Elle ne peut pas le comprendre. Elle a été élevée – elle a été dressée – à agir d'une certaine façon, à ne jamais laisser ses sentiments prendre le dessus sur ses manières. Il ne connaît pas bien ces choses-là non plus mais il a vécu avec assez de riches nobliaux pour avoir vu les rouages qui contraignent la vie des femmes du monde. Assez pour les haïr. Ce n'est pas qu'il soit homme à défendre les droits des femmes, non : il ne comprend simplement pas que deux humains puissent être traités si différemment sur des principes aussi absurdes que leur genre ou leur couleur ou leur état de naissance. Ce qui compte, il l'a appris dans la forêt, c'est la capacité à survivre. Le reste n'est qu'un détail superficiel.

    « Je venais voir comment vous alliez, ma Dame, » dit-il avec un sourire qui aurait paru doux sur un autre visage que le sien. « J'ai entendu vos cris. J'ai cru qu'une banshee s'était infiltrée dans notre maison. Ce n'est pas le cas, n'est-ce pas ? Il n'y a pas de banshee ? » Non qu'il ait peur des banshees... mais un peu. N'importe quel être doué de raison craindrait une créature dont les cris peuvent le damner pour l'éternité. Difficile de dire si Archibald a un concept de damnation ou d'éternité, il a en revanche une notion très établie du silence et du calme, et l'idée même du banshee perturbe ce parfait tableau. « S'il y a une banshee, dites-le-moi, nous irons nous isoler dans la forêt. À cette heure-ci, il n'y a que les lucioles et les farfadets, et les will'o the wisps qu'il ne faut surtout pas suivre. »

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    Re: Une soirée à rêver [Archibald&Màiri

    Message par Sreath-Mhurtair le Sam 9 Sep - 11:49

    do you feel my breath on your neck ?
    Une soirée à rêver
    Le bruit du verre éclate, gling, gling gling. La fenêtre se brise. Millier de petits morceaux sur le joli tapis. La bouche grande ouverte, mâchoire cassée, la tête de la servante est en train de te regarder.

    Le manoir est calme maintenant, mais il ne l'est pas assez! Vos cris m'ont attiré ! C'est à toi que je dois donner ce présent! A toi! Acceptes, prends! Je te libèrerais bientôt!

    La dentelle de sa propre peau,forme à la naissance de son cou, une auréole sanglante, répandant sur le sol, des tâches noires d’un sang séché. Je te l’offre. C’est ton cadeau.

    Gling gling ploc !

    La tête roule, elle suit la brique qui a cassé la fenêtre. Yeux exorbités par la douleur passé, yeux vitreux. Gling, gling, ploc !

    A tes jolies pieds la tête coupée ! Je reviendrais pour toi, voici ma promesse. Acceptes mon cadeau.  Tu es belle. Je t’admire dans tes peines, ton sang sera magnifique sur le sol, et sur le bout de ma lame. Je veux le répandre, je veux le faire couler, je veux qu’il coule de ta gorge que j’aurais tranché !

    Prend ma promesse en cadeau !

    Déjà j'ai disparu, noire est la nuit qui me cache!
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    Re: Une soirée à rêver [Archibald&Màiri

    Message par Màiri Leamhnach le Sam 23 Sep - 23:58



    Une soirée à rêver
    Màiri & Archibald

    Màiri est terriblement gênée de s’être fait surprendre par Archibald alors qu’elle est dans un état si désavantageux. Avant, à l’époque où on ne l’avait pas encore forcé à épouser cet homme, elle pouvait laisser libre à ses émotions. Ses manières n’étaient pas aussi strictes et soutenues. Elle pouvait rire aux éclats, pleurer à chaud de larmes, aimer, détester… Mais à présent, elle est une femme du ‘monde’ et elle a appris vivre en tant que telle. La simplicité d’autrefois a disparu avec son innocence. Elle sait pourtant que Archibald n’est pas homme à juger, mais des années de conditionnement ont eu raison de son comportement. Elle se préoccupe même de son bien être alors que la peine la chamboule encore.

    « Je venais voir comment vous alliez, ma Dame, » Elle se sent gênée. Elle sait que leurs cris sont parvenus à toutes les oreilles de la maison aussi grande soit-elle, mais le savoir et en avoir la confirmation orale n’est pas la même chose. « J'ai entendu vos cris. J'ai cru qu'une banshee s'était infiltrée dans notre maison. Ce n'est pas le cas, n'est-ce pas ? Il n'y a pas de banshee ? » Il y a quelques chose de touchant dans ses propos. Il s’inquiète pour elle et en même temps, il paraît inquiet au sujet d’une créature venue tout droit de son imagination mais qui semble lui faire peur. « S'il y a une banshee, dites-le-moi, nous irons nous isoler dans la forêt. À cette heure-ci, il n'y a que les lucioles et les farfadets, et les will'o the wisps qu'il ne faut surtout pas suivre. » Màiri secoue la tête de gauche à droite alors qu’un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Elle n’a pas compris tous les mots qu’Archibald a utilisé mais elle sait qu’il s’agit là de créature peuplant ses histoires.

    Elle se rapproche de l’herboriste et elle se permet de prendre ses mains dans les siennes afin de le rassurer. Ne vous en faite pas cher ami : il n’y a aucune banshee ici. Il ne s’agissait que d’une dispute en mon époux et moi. Vous savez comment il peut être… et je ne suis pas facile non plus. Llewyn a beau lui faire vivre un véritable calvaire, elle n’arrive pas à lui jeter complètement la pierre. Elle n’avait pourtant eu aucun comportement déplacé. Elle avait simplement discuté avec un homme qui était charmant, certes, mais cela lui était égal. Ce n’est pas pour son beau visage qu’elle a rie avec lui. Cependant elle pouvait comprendre, quelque part, que Llewyn se soit imaginé des choses, ou qu’il ait peur que les autres l’aient fait pour lui. Les mauvaises langues sont tellement bien pendues dans cette ville… Pourtant elle s’est expliquée, elle a juré n’avoir rien fait de mal, ni même d’y avoir pensé. C’est là que Llewyn aurait dû se calmer. Depuis toutes ces années, jamais Màiri n’avait preuve d’une quelconque infidélité, alors ce n’était pas aujourd’hui qu’elle comptait s’y mettre.

    Elle offre un sourire ravissant à Archibald, de ceux dont elle a le secret. Elle ne veut pas que l’homme s’inquiète de ce genre de chose et encore moins que son esprit ne lui joue des tours en imaginant des raisons surréalistes pouvant lui provoquer des peurs incontrôlées. Mais alors qu’elle se veut rassurante et qu’elle lui propose de se joindre à elle pour une tasse de thé, une vitre se brise dans un fracas assourdissant. Une vision d’horreur s’impose alors à Màiri. Ce n’est pas tant la tête décapitée qui la fait pousser un hurlement, mais le fait de reconnaître qu’il s’agit de celle de sa domestique et de l’expression atroce de son visage. La tête semble flotter ou bien est-ce une main habillée de noir qui la tient ? Il fait trop sombre pour le savoir et ils sont trop loin pour que Màiri en ait la certitude. Il faut aussi avouer que ce n’est pas ce qui accapare son regard en cet instant précis.

    La tête de sa domestique roule jusqu'à ses pieds tandis que la peur paralyse Màiri. Elle agrippe le bras d’Archibald dans un mouvement de panique, comme pour se rassurer, se raccrocher à quelque chose mais c’est le nom de son frère qu’elle hurle. Il lui a confié peu de temps auparavant avoir connu une nuit ensanglantée, alors c’est lui qu’elle appelle, ignorant pourtant si il est dans la maison et comme si son expérience terrifiante aller l’aider dans ce moment qu’elle ne saurait qualifier.

    Ses yeux fixent la tête depuis trop longtemps, elle s’en détourne finalement et cache son visage contre le torse d’Archibald, s’accrochant encore à lui avec force. Elle tremble de tous ses membres. C'est... c'est... Les mots sont coincés dans sa gorge mais l’herboriste a même spectacle sous les yeux, il ne peut ignorer l'identité de la domestique. Cet homme ou cette créature va revenir… elle en est persuadée. Sa voix est étranglé par les sanglots et la peur lorsqu'elle s'adresse à Archibald. Pourquoi elle ? Qu'avait-elle fait ? A moins que cela ne s'adresse à nous ? Elle est perdue, chamboulée par la scène qui vient de se jouer dans son salon. Le sang à tâché bien des endroits et même si cela sera nettoyé, si on se débarrasse des tapis et autres, elle se souviendra toujours et le verra malgré son absence.


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    Re: Une soirée à rêver [Archibald&Màiri

    Message par Archibald Ferguson le Lun 25 Sep - 20:03

    Il aime bien son sourire. Son sourire et le contact de ses petites mains fraîches sur les siennes, si ridées, fripées par le temps. Elle a beaucoup de douceur, Madame Leamhnach, la douceur d'une femme qui souffre trop pour un si petit corps, et il aimerait bien pouvoir l'apaiser un peu. Elle ne mérite pas d'être enfermée ici comme un oiseau dans une cage trop étroite. S'il ne comprend pas bien les mécaniques sociales qui ont dicté le mariage de la jeune femme à Llewyn MacGobhainn, il saisit que cette union n'est pas heureuse et n'a pas été scellée par amour. Les choses auraient peut-être été différentes si leur fils... Non. Il refuse d'y penser. Il était déjà là, à l'époque, il a vu tout ce qui s'est passé, et il a choisi d'oublier. Parce qu'il a un peu peur de ce qu'il ferait s'il arrivait à y repenser.
    Pas de banshee. Ça le rassure. Il a peur des banshees. Magda lui racontait parfois les histoires de ces créatures d'antan qui venaient annoncer les morts et maudire ceux qui les avaient brimées et il faisait toujours des cauchemars, ces nuits-là. Il se roulait en boule sous sa couverture et tremblait, les yeux grand ouverts, fixant la porte comme s'il craignait qu'une de ces femmes monstrueuses n'en jaillît pour l'emporter avec lui. Au final, il aurait presque aimé qu'on vînt lui annoncer la mort à venir de sa mère d'adoption. Il aurait pu se préparer, il aurait pu réagir, peut-être même l'empêcher.
    « Vous savez comment il peut être… et je ne suis pas facile non plus. » Oui, il sait comment le chirurgien peut être, et il sait que sa femme a du caractère ; il ne parvient cependant pas à la blâmer. Les humeurs de MacGobhainn sont de pire en pire, comme si sa paranoïa le rongeait chaque jour un peu plus, et même les herbes ne parviennent plus à le calmer. Peut-être que c'est ce qu'il fait dans le sous-sol qui le perturbe autant ? Archibald ne sait pas, ne veut pas vraiment savoir. Les affaires de son logeur, il ne s'en mêle que s'il n'a vraiment pas le choix.
    « Non, Madame, vous êtes... »

    Il ne finit pas sa phrase. Pas le temps.
    La tête roule à l'intérieur jusqu'aux pieds de Mairi. Le vieil herboriste ne sait pas quoi faire, pas comment réagir. Son esprit refuse la réalité de la chose, refuse qu'il s'agisse bel et bien d'une tête humaine fraîchement prélevée sur une personne vivante là à leurs pieds. Non. C'est un accessoire de théâtre. Une mauvaise plaisanterie. La vengeance de Llewyn. Il en serait bien capable. Ou alors, c'est un message des fées, elles ne sont pas contentes qu'il mette aussi longtemps à retrouver l'artefact que le chirurgien leur a volé. Ça doit être ça. Les fées mécontentes, c'est dangereux, oui. Il le sait bien, il a vu leur reine tempêter, il ne veut pas revoir ça. Il aurait dû mieux travailler. Mais avec tout ce qui se passe, il n'a pas eu le temps, pas eu l'occasion.
    C'est purement par réflexe qu'il prend la dame dans ses bras lorsqu'elle se blottit contre lui. Il ne sait pas vraiment ce qu'il fait. Ce genre de contact – avec une femme, de surcroît – lui est bien peu familier et le met mal à l'aise, mais il se voit mal repousser Mairi pour des raisons aussi futiles qu'un moment d'inconfort. Elle a besoin de soutien. Dommage qu'elle n'ait que lui, peut-être la dernière personne au monde à pouvoir lui offrir le réconfort dont elle a besoin.

    « Shh, shh, » murmure-t-il en lui tapotant le crâne en un geste maladroit, espérant la calmer. Il ne sait pas rassurer les gens. C'est toujours lui qui a besoin d'être rassuré, lui et son cerveau un peu malade qui ne reconnaît pas la réalité du rêve, et c'est une situation inédite pour lui que d'avoir une dame en pleurs dans ses bras. Pauvre Mairi. Elle ne mérite pas toutes ces horreurs, cette petite elfe toute triste avec qui la vie n'a pas été très gentille. Pourquoi est-ce que la vie est toujours méchante comme ça avec les gens les plus doux ?
    « Ce sont juste les fées. Elles ne sont pas contentes. Je dois retrouver quelque chose pour elles et j'ai pris du retard. Tout va bien, Madame, ne vous en faites pas. Tout va bien. »
    Il aimerait bien y croire lui-même. Il la berce contre son cœur, murmure encore quelques paroles sans queue ni tête, espérant qu'au moins la fantaisie de ses mots l'apaisera un peu. « Je vous protègerai, Madame, » assure-t-il en espérant pouvoir tenir cette promesse. « J'irai retrouver l'artefact des fées pour vous protéger. C'est un pendentif en bronze qui représente une barre de navire. Des fées de l'eau, sans doute. »
    Il n'aurait peut-être pas dû lui dire à quoi ressemble l'objet. Peut-être qu'elle sait où il est, qu'elle fait partie de la conspiration aussi. Maman... Seaghdh lui a dit d'être discret, de ne parler à personne de la mission qui lui a été confiée. Mais Seaghdh est le frère de Mairi alors peut-être qu'elle pourra aider ? Et puis de toute façon, changer de sujet, ignorer cette tête sur le sol, c'est tout ce qu'Archibald peut faire pour le moment. Il n'a jamais été très doué pour gérer la réalité.

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    Re: Une soirée à rêver [Archibald&Màiri

    Message par Màiri Leamhnach le Sam 11 Nov - 21:31



    Une soirée à rêver
    Màiri & Archibald

    Cette soirée qui avait commencé comme un cauchemar vient de prendre une tournure horrifique. Comment cela a-t-il pu arriver ? Qui a pu faire une chose aussi atroce ? Elle sait ce que son époux fait dans les sous-sols de la maison, et pourtant elle trouve cela bien moins horrible. A quel point un esprit peut-il être tordu pour accomplir une telle chose ? Son regard a beau ne plus être posé sur la tête, elle sait avec certitude que cette image ne disparaîtra jamais de son esprit. Comment oublier ? C’est gravé en elle à présent. Et Archibald ? Le pauvre homme doit être encore plus terrifié qu’elle. Elle ignore déjà qui a pu faire ça malgré sa conscience de la réalité, alors l’homme dont l’esprit croit aux petites fées et autres mythes doit être encore plus terrifié. Il essaie pourtant de se montrer rassurant envers elle, carressant ses cheveux et cherchant une explication… sa propre vision de la réalité : « Ce sont juste les fées. Elles ne sont pas contentes. Je dois retrouver quelque chose pour elles et j'ai pris du retard. Tout va bien, Madame, ne vous en faites pas. Tout va bien. » L’homme-enfant est naïf. Si cela s’adressait à lui (fées ou non) ce n’est pas la tête d’une domestique qui se trouverait à leurs pieds mais celle d’une personne qu’il affectionne. Non, elle est convaincue que si message il y a, il est adressé à elle.

    Archibald la berce doucement. Cela fait bien longtemps qu’on ne lui a pas montré ce genre d’affection, et si toute personne en a besoin, elle au vu de sa condition en est d’autant plus demandeuse. « Je vous protègerai, Madame, » Il est aussi attendrissant qu’un enfant. Un enfant âgé et ridé, certes, mais un enfant tout de même. « J'irai retrouver l'artefact des fées pour vous protéger. C'est un pendentif en bronze qui représente une barre de navire. Des fées de l'eau, sans doute. » Elle n’écoute que d’une oreille, pensant qu’ils ne peuvent pas rester là, dans cette pièce marquée. par l’horreur. Elle prend la main d’Archibald : « Venez mon ami. » Elle l’entraîne à sa suite dans une pièce éloignée de celle qu’ils viennent de quitter avant de faire appeler un domestique. Elle ne lui explique pas la situation, elle lui dit simplement qu’une horreur est arrivée et qu’il faut aller prévenir rapidement les autorités. L’homme s’exécute et laisse les deux amis encore choqués seuls.

    Elle fait quelques pas sans but précis, encore chamboulée, puis elle s’assoie dans un fauteuil, ses jambes commençant à trembler, elle a peur qu’elles ne la supportent plus très longtemps. Elle est perdue dans ses pensées. Elle cherche, réfléchie à ce qu’il vient de se passer. Etait-ce réel ? Oui, Archibald l’a vu lui aussi. L’homme n’est pas le témoin le plus fiable du monde, mais ils ont vu la même chose n’est-ce pas ? Peu importe qu’il pense que les coupables soient des fées en colère car il ne leur a pas rapporter un… quoi déjà ? Les paroles de l’herboriste lui reviennent de plein fouet en mémoire : Un pendentif en bronze représentant une barre de navire ? Seigneur, elle sait de quoi il s’agit.

    Elle fait presque un bond de son siège, ses jambes semblant avoir retrouvé leur rôle. Elle avance à grand pas jusqu’à l’herboriste, l’inquiétude et même la panique tirant ses traits. « Vous parliez du pendentif de Seaghdh ?! Il est perdu ? Comment ? Archibald, que s’est-il passé ?! On lui a volé ?! » Elle est dans tous ses états. N’importe qui pourrait détenir le pendentif de son frère et donc, avoir sa vie entre ses mains. Comment cela a-t-il pu arriver ? Seaghdh est bien trop précautionneux pour l’avoir égaré on lui a forcément dérobé. Pourquoi ? Qui ? Que lui veut-on ? Elle ne va pas survivre à cette soirée si les choses continuent ainsi. « Les fées vous ont demandé de le retrouvé… savez-vous qui le possède, elles vous l’ont dit ? » Le fonctionnement de l’esprit d’Archibald n’est pas si facile que l’on pourrait le croire, mais aller dans son sens pour certaines choses facilite le dialogue en règle générale. Elle le sait et il lui faut ces réponses.


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    Re: Une soirée à rêver [Archibald&Màiri

    Message par Archibald Ferguson Hier à 20:19

    Il suit, Archibald, il suit quand elle quitte la pièce parce qu'il ne sait pas trop quoi faire d'autre. Ses yeux s'attardent sur la tête coupée quelques instants, il se dandine, hésite, tend la main puis la rétracte, avant d'enfin emboîter le pas à la dame sans toucher le monstrueux cadeau. Elle a raison, mieux vaut s'éloigner, ne plus y penser. Oublier. C'est facile, d'oublier, quand on est si vieux. On a mille souvenirs avec lesquels remplacer la réalité, mille idées qui peuvent danser une carmagnole plus agréable que la danse macabre qui se joue au Manoir MacGobhainn. Alors qu'elle se laisse tomber sur un fauteuil, il fait les cent pas devant la cheminée éteinte, la démarche presque sautillante. Pas qu'il soit heureux de la tournure des événements, loin de là ; c'est juste qu'il y a trop de choses, trop d'énergie à dépenser, trop de données à prendre en compte, alors sautiller est un moyen comme un autre de se concentrer.
    Et puis elle mentionne Seaghdh et son pendentif. Il s'interrompt net et se tourne vers elle, ses impressionnants sourcils haussés jusqu'à la racine de ses cheveux, ébahi par le fait qu'elle en sache autant. Ah, oui ! Bien sûr ! Elle est la sœur de Maman, mais du coup, elle est un peu Maman aussi, et puis, elle a la même odeur, la même aura, elle est Maman, parce que Maman était pareille, mais Maman est morte, Maman est morte et tu l'as enterrée derrière la cabane sous les légumes avant de partir parce que tu ne savais pas quoi faire d'autre et de toute façon elle reviendra toujours elle reviendra la nuit dans ton sommeil te chatouiller les orteils Archibald tu ne sais pas ce qui t'attend si tu contraries Maman mais Maman est gentille et douce et elle -
    Le vieil herboriste ferme les yeux, respire profondément. Pas le moment. Pas le moment de laisser son esprit partir en roue libre, peu importe combien il le désire, parce que la jeune femme qui lui a si gentiment ouvert sa maison a besoin de lui. Elle a peur, elle est choquée de bien des façons, et il lui doit un peu de vérité et d'apaisement s'il peut les lui fournir. Et puis, elle comprend. Elle est de son côté, n'est-ce pas ? Elle doit impérativement l'être. Sinon, il est en danger, un danger potentiellement mortel et plus matériel que celui d'une tête coupée lancée par une fenêtre ouverte. Llewyn MacGobhainn n'est pas homme à accepter l'insubordination.
    Dans un éclair de lucidité, Archibald se demande ce qu'il adviendrait si Seaghdh venait à récupérer ce fameux pendentif et avec lui, la mainmise sur la situation. Il n'est pas certain que ce soit mieux.
    « C'est Mam... Seaghdh. Monsieur Leamhnach. Votre frère ? Il... il m'a demandé de chercher le pendentif des fées. Il est dans la maison. Dans le bureau de votre mari, je crois. Mais je n'ai pas encore pu y accéder. »
    Il a l'air tout penaud, ce disant. L'air d'un gamin pris en faute qui n'avait pas prévu de devoir avouer ses méfaits aussi tôt. Pourtant, il sait bien qu'elle ne lui en voudra pas, qu'elle ne criera pas ; elle n'est pas comme ça. Pas comme Llewyn.
    « Il ne faut pas que Monsieur MacGobhainn le sache, pas qu'il s'en rende compte. Monsieur Leamnhach, il m'a dit que si le pendentif était détruit, toutes les fées allaient mourir et ce serait dangereux. » Ce n'est pas tout à fait ce que Seaghdh, peu adepte du mensonge aussi direct, lui a dit ; c'est seulement ce que son esprit tourmenté en a retenu. « Vous m'aiderez à le retrouver, dites ? J'ai essayé de demander de l'aide à Teàrlach mais il ne veut pas me dire, il veut pas m'aider. Je m'en fiche de la récompense mais je veux pas qu'on vole des choses aux fées. »
    Parce que ça se finit toujours mal. Parce que si ce jeu maudit continue, quelqu'un finira par être blessé et quelqu'un d'autrement plus réel aux yeux d'Archibald que cette servante dont il ne connaît même pas le nom. Il ne peut se résoudre à l'idée de laisser quelque chose arriver à Mairi Leamhnach ou à son frère ou même à cet insupportable petit lutin qui a élu domicile dans le même nid que lui.
    Pour la première fois depuis son arrivée au Manoir MacGobhainn, Archibald a presque envie de partir. De fuir et de trouver une autre demeure à hanter de sa vieille carcasse. Tout ici n'est que terreur et violence et il n'aime pas ça, il n'a jamais aimé ça. Alors il se fait la promesse que lorsque tout sera fini, lorsque le pendentif sera restauré entre les mains de son possesseur légitime, il partira.
    Pour aller où, il ne le sait pas.

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