AccueilAccueil  
  • PublicationsPublications  
  • FAQFAQ  
  • RechercherRechercher  
  • MembresMembres  
  • GroupesGroupes  
  • S'enregistrerS'enregistrer  
  • ConnexionConnexion  

  • Curiosité ft. Leopold

    Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

    Curiosité ft. Leopold

    Message par Aileen Irving le Mar 25 Juil - 15:25


    Curiosité


    C’est le crépuscule, son moment préféré.
    C’est quand elle n’est plus obligée d’abriter sa face pâle sous un grand chapeau, quand elle n’a pas besoin de rester cloîtrée derrière des rideaux sales et des vitres pleines de suie - quoi qu'elle ne se plaigne pas lorsqu'elle peut s'accorder le luxe d'une fenêtre.
    Aileen se trouve bien mieux au dehors, la nuit.

    Elle a beau être une toute jeune femme seule, on ne l’ennuie que rarement. Probablement parce qu’elle a appris à se rendre invisible, capacité fort utile si l’on a la maraude pour activité principale.
    Peut-être est-ce aussi parce qu’elle n’a pas grand chose de l’appétissante demoiselle en détresse. Avec sa tignasse blonde en bataille et sa mine souvent renfrognée, elle tient plus du corniaud que de la petite bourgeoise.
    Et ce n’est pas une si mauvaise chose après tout, car à l’heure qu’il est la petite bourgeoise est probablement désemparée à l’idée d’avoir égaré un élégant ruban vert, ornée d’une pierre lisse, apparemment assez précieuse pour avoir garanti à la détrousseuse quelques temps au chaud.
    Alors certes, la chambre est minuscule et peu salubre, mais celle là a au moins un vrai lit. Elle s'en contente volontiers.

    Et après une bonne journée de sommeil dans des draps presque propres, acquise grâce à un larcin réussi, le moral est au beau fixe. C’est sans doute la raison pour laquelle elle se surprend à siffler un air improvisé en réarrangeant sa touffe dorée. Que c’est bon de sortir la tête de l’eau de temps en temps !
    Elle lève le nez en l’air, les étoiles apparaîtront bientôt, un spectacle qu’elle apprécie et ne manque que rarement. Cela quand bien même de drôles de rumeurs circulent à propos des fréquentations d’Edimbourg à la nuit tombée.
    Prétendre qu’elles ne lui font pas froid dans le dos serait mentir, mais elle se rassure. Elle connaît chaque coin et recoin de son quartier préféré, pour l’avoir parcouru en long et en large depuis l’enfance. Et puis qu’est-ce qu’on pourrait bien lui vouloir à elle ?
    Elle est sans histoire, sans argent, insignifiante. Il se pourrait bien qu’elle ait blessé une personne ou deux, fâché quelques autres, mais encore faudrait-il qu’ils remettent son visage. Quand bien même le mystérieux tueur ne serait qu’une bête sauvage sans motif, tant qu’elle restait à Leith, elle se sentait toute à fait capable de sauver sa peau.

    C’est malgré tout en regardant par dessus son épaule assez régulièrement qu’elle poursuit sa promenade nocturne, et ce bien que les rues soient encore fréquentées ce soir. Et justement, parmi les jeunes fripons, les fêtards et d’autres, plus délicats, qui s’empressent de rentrer chez eux, elle en remarque un en particulier.
    Un vieux, une proie sans doute facile si sa main chapardeuse venait à démanger. Mais pas ce soir. Alors elle se contente d’avancer calmement vers l’homme, qui semble regarder à droite, à gauche, pas vraiment rassuré. C’est intrigant.

    Il prépare peut-être un mauvais coup, à moins qu’il soit tout simplement…

    Perdu ?

    avatar
    Faileas

    Messages : 18
    Points : 30
    Ta tête Par défaut
    Avatar : Imogen Poots
    Crédit : Fassylover
    Multicompte : xxx
    Taux d'abomination :
    70 / 10070 / 100
    Age : 17 ans
    Métier : Sans emploi
    Pouvoirs : Capacité à maudir (5pts) & Mutilation forcée (1pt) & Déprime d'autrui (1pt)
    Inconvénients : Tendance au spleen & impossibilité de se suicider & photophobie & fausse couche à la chaîne

    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Re: Curiosité ft. Leopold

    Message par Leopold Waldstein le Sam 29 Juil - 21:51

    Le bruit des talons sur les pavés était, étrangement, irrégulier. A peine éclairé par la lumière jaune de sa lanterne, et déambulant parmi les quelques badauds du soir, on voyait le Waldstein traîner sa carcasse dans les ruelles humides de la capitale. Il jurait parfois – en allemand – quand ses semelles glissaient sur la chaussée et qu'il manquait de s'avachir au sol boueux ; un rat lui courrait entre les pattes qu'il n'y prêtait guère attention.
    Oh, mais à ne pas s'y méprendre, tout rabougri et patibulaire qu'il pût paraître, Waldstein se maintenait dans une forme exemplaire. Il vantait sa robustesse à chacun de ses patients, sans prétention, et on ne doutait plus trop qu'il put en encaisser encore des tonnes. Mais ce soir, le trajet s'avérait plus difficile que d'ordinaire.

    La journée avait été rude. Alors, pour ragaillardir les troupes après le travail accompli, le généreux Waldstein avait enjoint ses assistants à flâner près du port avec lui, sur les docks, où il avait promis d'acheter quelques brocs à toute la compagnie. Les jeunes n'avaient naturellement pas su résister à l'offre. Il s'agissait d'ailleurs là de l'un des nombreux avantages à entrer dans les bonnes grâces du médecin : il n'hésitait jamais à mettre la main à la bourse.

    Waldstein s'était éternisé. Il était fort loquace, plus encore dès qu'il s'envoyait quelques verres de whisky dans le gosier. Ces jeunes gens qui travaillaient pour lui étaient très intéressants, et prometteurs, et Leopold ne se lassait jamais du rôle paternel qu'il endossait. Mais le temps avait poursuivi sa folle course, et Waldstein s'était retrouvé, tout confus, à se soustraire à la joyeuse bande : Katharina l'attendait, et il s'inquiétait toujours quand sa fille ne se trouvait pas à ses côtés.

    Le double effet de l'alcool et de l'heure tardive ralentissait considérablement la course du médecin. Les rues sombres l'inquiétaient de plus en plus. Il racontait qu'il ne se laissait pas intimider par le climat de peur qui rôdait sur la ville – et pourtant, il avait pris soin d'ôter ses bijoux et autres apparats pour le chemin : exhiber trop de signes ostentatoires le mènerait à sa perte. Aussi, il sursauta quand la voix le héla.

    Comme toutes les gamines de son âge, il s'imaginait que celle-ci allait baisser la tête et filer à ses affaires, de préférence ni seule ni dans les rues nocturnes. Mais celle-là était suffisamment toquée, ou douteuse, ou trop désespérée pour garder le silence habituel. Waldstein s'attendrit devant le doux spectacle de la jeunesse et, à la lueur vacillante de sa lumière, décrocha un sourire. Puis il approcha un peu la lanterne de la tête de la jeune.
    - Non mon petit, je sais où aller. Mais toi, que fais-tu à une heure si tardive ?
    Le ton était rassurant, paternel. Waldstein jugea que la gamine devait avoir mauvaise vie, et ne put s'empêcher, instinctivement, d'agir en protecteur. Défendre la veuve et l'orphelin, voilà ce pour quoi il était doué...
    - Tu ne devrais pas traîner à des heures si tardives. Va t'abriter, va dormir ! Tu as un endroit où aller ?, ajouta-t-il. Et il se retint d'ajouter que les rues n'étaient pas sûres, pour ne pas effrayer cette chère tête blonde...

    _________________
    un jour peut-être ~
    avatar
    Faileas

    Messages : 14
    Points : 15
    Hail DaVinci
    Avatar : Jim Broadbent
    Crédit : None
    Multicompte : None
    Taux d'abomination :
    20 / 10020 / 100
    Age : 63 ans
    Métier : Médecin
    Pouvoirs : Mensonge imparable ; charmer les jeunes
    Inconvénients : Farceur


    Voir le profil de l'utilisateur

    Revenir en haut Aller en bas

    Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

    - Sujets similaires

     
    Permission de ce forum:
    Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum