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  • brother, you will never know all the things I did for you many years ago (aodhan & sómhairl)

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    brother, you will never know all the things I did for you many years ago (aodhan & sómhairl)

    Message par Sómhairl MacLeòd of Lewis le Lun 17 Juil - 23:23



    ► July 1761, Evening | MacCormack Printing
    Brother, you will never know
    aodhan & sómhairl
    Oeillades des brigands soucieux des rondes d'une milice errants au fil des scandales sur son râble. Effluves noyées de culpabilité s'imprégnant jusqu'au joint des murs. L'air commençait à être irrespirable pour le plus commun des froussards, pour ces citoyens refusant de quitter la sécurité de leur chaumière à la vêprées des crimes. Et pourtant, l'homme s'y trouvait aveugle, frappant les pavés de ses pas hâtifs, rythmés par la convoitise d'un souhait hasardeux, voir imprudent. Il avait dans la planque de son veston quelques rimes et iambes imbibé d'une fièvre courroucée par une passion clandestine et prohibée, et sans y mettre la moindre identité, il se languissait déjà à l'idée de pouvoir en faire une réalité anonyme, sculpté par des lettrines gravées et suppliciées d'une presse qui rendrait ses palabres libres de montrer la tourmente d'un cœur ennuyé.
    L'imprimerie MacCormack avait toujours fait preuve d'intelligence dans le choix des pamphlets et autres écrits aux nombreux blâmes qui seraient publié sous son nom, et Sómhairl n'était pas homme à geindre au premier refus, conscient qu'il n'avait là à présenter que des braises dangereuses et qu'il attiserait avec éloquence et compromis si nécessaire. Quoiqu'il en soit, le rendez-vous pour délivrer de nouvelles pages avait été gravé à vingt-heures. Étrange moment pour discuter censure, un second goût d'interdit étoffant la discussion, mais l'ermite n'y avait vu aucun réel désagrément à la chose — mieux, il avait pu traverser tout Leith sans fuir trop de quidam et ses habits se trouvaient intacts de tout rasage des murs.
    Réajustant son pli de veste, doigts rabrouant une éventuelle poussière ayant osé se déposer sur le lin couleur lie de vin, le poète vint abattre sans voracité sa poigne contre le bois signant l'entrée à l'établissement, simple rebond des phalanges en cadence ennuyée. Puis la patience. Le silence du perron et l'agitation des charrettes de marchands à quelques mètres de là, dans son dos. L'absence de réponse lui fit réitérer l'opération. Une fois. Deux fois. Et Dieu sait qu'il n'était pas de nature si impétueuse qu'il en démonterait les gonds d'une porte pour se faire entendre, mais pour ce jour-ci Sómhairl ne souhaitait pas attendre. Lâchant une dernière injure au mur de pierres — une odieuse comparaison entre la couleur de son joint et celle des excréments d'une mouette — il se tenta à contourner la bâtisse, espérant y déceler une porte dissimulée ou quelconque fenêtre à laquelle se hisser pour débarouler dans la grogne au sein de l'imprimerie et faire part de sa complainte au sujet d'une réception des clients plus que négligée et navrante pour un nom de cette renommée.

    La sombre ruelle adjacente devait probablement servir de lieu de livraison à l'établissement et il y bifurqua rapidement avant que ses esgourdes ne ralentissent son pas ; il se creusait dans le recoin du lieu l'écho d'une bien mauvaise discussion. Rouspétances amusées. Palabres incompréhensibles vociférées sur un timbre qui se voulait menaçant. L'Oilliphéist s'éclipsait aussi souvent que possible des querelles — qui le concernaient ou non — et s'empressait d'en suivre le déroulement et finalité du haut d'une fenêtre ou par les gros titres de journaux. Mais cette fois-ci, au-delà de son désir d'apaiser le besoin de plier sa gorge sous une nouvelle séance de rudes brocards, il ressentait une autre curiosité. Une mélodie aux remous de sa mémoire, lointaine accointance plantant un fin harpon dans ses tripes. Au milieu de l'algarade qui se dévoilait sous ses yeux, trois silhouettes formant un essaim discret mais clairement tendu au-dessus d'une quatrième présence, se trouvait ni plus ni moins que le fantôme de son ami et traître d'enfance. Meurtrier sans remords. Complice d'une agonie assistée.
    Aodhan Leòdeach.
    La bouffée d'air aspirée l'étouffa.
    Et son cœur cracha une douleur ravie de voir l'homme en vie.
    Aodhan Foutu Leòdeach.
    Et pour le marsouin, Sómhairl s’élança yeux fermés dans cet heurt. « Messieurs, je me dois d'intervenir dans ce fâcheux échange pour soulever deux informations importantes qui pourraient vous encourager à tourner les talons, et ce très rapidement. dit-il en se glissant sans l'ombre d'une hésitation entre ces silhouettes sculptées par les rixes des rues, se faisant une place auprès de ce corps reconnu entre mille et profitant de la surprise qu'offrait sa venue muette et impossible. Il n'y a qu'une personne sur Terre qui ait le droit de cogner cet homme comme vous le faites actuellement, alors à moins qu'il ne soit aussi suspecté du meurtre de votre sœur — et dans ce cas ce serait excitant de créer un club ! — il me semble que cet honneur ne revient qu'à moi seul. » La revendication était sans tact, presque suicidaire, mais le fomenteur se contenta d'une éclanche se reculant pour rencontrer sa voisine, celle si souvent frôlée lors des escapades dans les landes, des veillées de chasse aux douceurs des confessions amicales ou encore des railleries chantées autour d'un grand banquet. Barrage immédiat, muet mais bien décidé à ne plus laisser espace disponible à la chute d'un nouveau coup sur son ancien compagnon, Sómhairl engagea une tacite retraite vers la porte la plus proche qu'il pria être celle de la manufacture des littératures. « Et que voilà une surprise, murmura le poète en se retournant pour s'assurer prestement que la victime était bien sur pied, heureux de constater qu'aucun membre vital n'était détaché du reste, Aodhan Leòdeach dans les ennuis. Mon vieil ami, qui as-tu donc encore trahi pour en arriver là ? » Il eut beau se faire violence pour afficher le contraire, une lueur soucieuse et nostalgique traversa ses traits à la vue de son compagnon d'une autre ère. Il l'avait tant adoré, tant chéri, cet ami qu'il choyait discrètement en exigeant des cuisines qu'on lui serve ci et là son plat préféré les jours où tout autre chose était prévu. Les railleries sur le compte du cadet qu'il punissait à coup de vaisselle brisée sur le crâne des importuns osant s'en prendre à son ami. Et s'il n'avait jamais réellement su exprimer son attachement pour Aodhan, il n'avait jamais eu de cesse que la tristesse de la fin de cette affection le jour où il le vit s'en aller du castel Dunvegan. Il ne pouvait empêcher ses sourcils de se tendre dans l'inquiétude plutôt que la colère. Mais celle-ci ne saurait tarder de se dessiner, après qu'ils se soient débarrassés du trio quelque peu remonté par l'alcool dont Sómhairl sentait les effluves éthyliques lui flatter le naseau, déjà en manque de ce poison si ravissant.

    Devinant plus qu'il ne vit les grosses paluches du plus robuste des trois gaillards se tendre et menacer d'aller à l'encontre de son faciès à l'ossature saillante, Sómhairl eu pour réflexe de pivoter et incliner légèrement la tête, mouvement destiné à révéler l'écusson de la Faculty of Advocates qui trônait sur son tricorne. Usurpation d'une ancienne responsabilité et privilège social qu'il ne possédait plus, l'abus se perpétuait selon le besoin de survivre. Et il frappait sur la plèvre de son palpitant le sentiment que les poches de ces importuns recelait plus qu'un simple couteau à fromage. « Calmons-nous, je vous en prie, vous n'avez pas envie de vous retrouver aux prises avec un représentant de la Court of Sessions, hun ? » Titre glissé sur la langue comme arsenic et tracas des malfrats. Un doute insuffisant pour charmer le plus farouche des criminels, mais fructueux pour engager un rebrousse-chemin qui commençait à s'esquisser dans les pattes des deux autres antagonistes, la posture de Sómhairl se changeant pour se tendre comme égide en faveur d'Aodhan, le couvrant discrètement pour l'épargner autant que possible du fauchage d'une flamberge masquée par la pénombre qui étoffait peu à peu la scène. Un probable grabuge à venir dont ils seront acteurs, et Sómhirl lâcha une grogne mal étouffée sous l'incertitude d'une victoire dénuée de contusions.
    Et dire que le projet de cette visite n'était que de glisser ses souhaits de poésie anonyme pour la joliesse de son amant interdit, il était maintenant résigné à telle insouciance, un revenant dont le souffle caressait son échine lui remémorant que malgré la douleur de cette trahison sans sens, sa venue dans la métropole avait porté le vœu nébuleux de retrouver la présence de cet acolyte des roches granitiques.
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    SOGHRÀDHACH
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    'S cha'n fhaigh fear an lag mhisnichidh
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    "—Is math a dh' imreadh
    an dàn a dheanamh an toifich
    is a liudhad fear mille th' aige."




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    Re: brother, you will never know all the things I did for you many years ago (aodhan & sómhairl)

    Message par Aodhan Leòdeach le Dim 23 Juil - 13:50


     
    Sómhairl MacLeòd of Lewis
    Time may spin and years may pass, the song is still the same
    Tender man mourns a woman, Sits in silent sorrow with a bottle in his hand
    Tell me all you need to tell, Why is it you whisper when you really need to yell ?
    Aodhan a le soleil dans les yeux. Il aime pas ça, ça l’agresse. Dans les Highlands, dans son pays, le soleil brille moins et vient moins rarement agresser ses pupilles sensibles. Ça l’irrite, le soleil, tout comme l’irritent la puanteur, le bruit et les habitants de cette maudite ville. Si Aodhan avait été capable de la moindre initiative, il ne serait jamais allé, et serait encore  moins resté entre les murailles décrépites de ce taudis qu’ils appellent Édimbourg. Lorsqu’Aodhan pense à la maison, il n’a jamais l’image de l’appartement miteux qu’il partage avec un intrus, mais les plaines immenses et les vents iodés de sa patrie. Il pense à son île, la sienne, et à ses habitants, les siens. Seul, il parle gaélique, seul, il chante les Highlands, seul, sans personne pour lui faire écho, il appelle des souvenirs confus de personnes qu’il n’est pas sûr d’avoir aimé. Tout se confond, dans sa tête cabossée et trouée, surtout quand il a le soleil dans les yeux et des cris dans les oreilles.
    Il est irrité de ces cris tout comme il est irrité du soleil, il aimerait pouvoir se boucher les oreilles pour ne plus les entendre tout comme il lève la main pour se protéger des rayons lumineux. Devant lui se tiennent trois hommes. Ils ne sont pas contents, ils lui veulent du mal, il ne sait pas exactement pourquoi. Aodhan est habitué à ce qu’on lui veuille du mal, et il est habitué à ne pas savoir pourquoi. Il ne s’en formalise plus. Ils crient, cependant, et ils puent, et il a un client, qui va bientôt arriver, et dont il doit s’occuper. Il aimerait juste qu’ils en finissent.

    Il n’écoute pas exactement ce qu’ils disent. Les mots se perdent et se confondent, il entend les insultes, les menaces, il les comprend. Il se retient de soupirer. Il est fatigué, très fatigué, et ils ne veulent pas le laisser partir. Ils veulent qu’il avoue, visiblement. Un meurtre, visiblement. Aodhan n’aime pas trop quand on vient l’accuser, comme ça, d’avoir tué des filles, et ça arrive un peu trop souvent. Parfois c’est vrai, parfois c’est faux, mais il a parfois l’impression que les deux se confondent et il ne sait plus trop quoi en penser. Ils parlent sûrement des deux Nilsen, la mère et la fille. Alasdair doit encore  lui en vouloir pour ça. Il lui en veut très certainement encore pour ça. Lui en vouloir est peut-être d’ailleurs une façon très douce de parler du ressentiment intense qu’il doit développer à son égard. Il l’a mérité, pourtant. Elles l’ont cherché, en plus. Aodhan n’avait pas le choix, il ne voulait pas forcément les tuer, ces deux-là, mais on ne lui a pas laissé le choix. Ils parlent sûrement d’elles, bien que cela fasse des années. Ou alors ils parlent d’une des autres, des filles qui meurent, dernièrement, un peu trop vite, un peu trop bien. Pour celles-là, Aodhan n’y est pour rien. Ou alors ils parlent de Sineag. Il a toujours l’impression que les gens lui parlent de Sineag. Avoue, avoue! qu’on lui crie, mais Aodh n’a rien à avouer, devant personne, devant personne à part-
    Sómhairl MacLeòd of Lewis
    Que fait-il ici, il n’a rien à faire ici, il est sur l’Île de Skye, il est dans les Highlands à chanter en gaélique au dessus des falaises avec un autre que lui. Il n’est pas ici, il l’a oublié, il ne peut pas être ici. Aodhan, jusque là loque passive prête à se faire battre sans un mot, sent la panique lui étrangler les tripes. Il a envie de lui dire que c’est trop tard, que c’est bon, que c’est pas la peine, comme il a pu lui dire mille fois.
    Je peux le faire tout seul, Sóm.
    Il peut le faire tout seul, tout ça, depuis le début, jusqu’à la fin, il n’a plus à quémander son aide, à toujours être le pauvre petit imbécile qui le suit partout avec des yeux émerveillés en espérant… en espérant quoi, exactement ? Aodhan espère juste que tout soit un rêve. Il ne peut pas être là, ne doit pas être là. Pendant que l’un s’avance, l’autre s’écarte, plus effrayé de son sauveur que de ses bourreaux. Il essaye d’articuler quelques sons, rien ne sort. Il l’écoute, avec sidération. Sómhairl parle de Sineag. Pour une fois, c’est évident. L’accusation ne fait qu’empirer l’état de l’imprimeur, qui s’agite, s’écarte, regarde le sol, serre les dents, essaye de se concentrer sur l’odeur que l’autre dégage, qui lui rappelle tant la maison. Il se cache dans son ombre, reprenant ses vieilles habitudes. Sómhairl qui parle, lui qui reste derrière en silence. Normalement, cependant, il y a une deuxième ombre derrière qui se réfugier, l’ombre de Sineag, encore plus impétueuse que celle de son ami. Elle lui manque cruellement, soudain. Il entend presque sa voix, presque, dans celle de Sómhairl.
    « Et que voilà une surprise, Aodhan Leòdeach dans les ennuis. Mon vieil ami, qui as-tu donc encore trahi pour en arriver là ? »
    Il lui parle. Sa voix est dirigée vers lui. Il le regarde, même, son grand MacLeòd. Et l’homme redevenu enfant déglutit, évite son regard. « Personne, personne, j’te jure, j’te jure, » bafouille-t-il, imbécile. Et il ne voit pas l’inquiétude dans le regard qui lui est lancé, il ne remarque pas qu’on est là pour le protéger, et pas l’attaquer. Il a juste envie que les inconnus restent, il préférait quand c’était eux, plutôt que de ressentir l’abominable culpabilité d’être proche de lui. Il a la gorge sèche. Il a la tempe brûlante. Il a les mains moites. Il veut s’enfuir.

    Il préfère regarder leurs adversaires. Fixer ces inconscients qui vont devoir regretter de s’être attaqué à  Sómhairl MacLeòd of Lewis. Ils sont deux, il y en a un armé, l’autre roule juste des mécaniques pour essayer d’intimider les deux freluquets. Aodhan, lui, a tâtonné le mur, les mains fébriles, jusqu’à trouver une petite barre de fer, du genre qu’ils utilisent pour faire bien tenir les cagettes. Il la sert dans sa main, la poigne si nerveuse qu’elle lui transperce presque la peau. Il ne comprend pas trop ce qu’il se passe, il sait juste que, comme d’habitude, son ami d’enfance arrive à faire fuir ceux qui lui veulent du mal rien qu’en parlant. Aodh ne sait pas faire ça, parler n’est pas son fort, il n’a jamais rien gagné qu’en t-
    Ils reculent, un peu, ils se marmonnent des trucs à l’oreille. Et pendant que le MacLeòd semble presque se détendre, le Leòdeach lui ne fait qu’être de plus en plus nerveux. Il ne sait pas si ça va suffire à les faire fuir, il ne sait pas s’ils auront le courage de revenir auprès de celui qui les a embauché les mains vides. Il leur faut un aveu, ou la tête d’Aodhan, sûrement, très certainement, ou quelque chose de similaire. Sauf qu’entre la tête d’Aodhan et les mains des intrus, il y a celle de Sómhairl. Un sacrifice que l’imprimeur n’est pas prêt à faire.
    Ils n’ont pas l’air contents, ils sont en plein débat, à mi-voix, y en a un qui grogne, l’autre qui essaye de le raisonner. Finalement le plus gros, et malheureusement celui sans arme, lève les bras au ciel et rebrousse chemin. Il souhaite bon courage à celui qui reste, celui qui les regarde avec suffisance, un sourire mauvais aux lèvres. Il porte la main au poignard à sa taille.

    Et Aodhan bouscule Sómhairl pour se précipiter sur lui.

    C’est l’heure des dés.:

    Succès / Succès : Aodhan a l’ascendant sur l’ennemi. Sómhairl ne peut pas l’arrêter.

    Succès / Échec : Aodhan a l’ascendant sur l’ennemi, il s’arrête avant qu’il ne soit trop tard.

    Échec / Échec : L’ennemi a l’ascendant sur Aodhan.

    Il le bouscule, c’est peut-être la première fois qu’il le bouscule, le pousse de toutes ses forces loin de son chemin, pour pouvoir foncer au devant du danger. Aodhan n’est pas vraiment un exemple de courage. D’inconscience, de violence, d’impulsivité, oui. De courage, non. Ce n’est d’ailleurs par par courage qu’il s’avance, c’est par une sorte de réaction automatique d’un muscle étrange qui le lance en avant lorsque Sómhairl est en danger. La loyauté ? Le remord ? Impossible de savoir, mais toujours est-il qu’Aodhan se précipite, barre de fer en main et la balance de toutes ses forces sur l’ennemi.
    Aucune grâce. Aucune tactique. Aucune réflexion. Juste la force brute de la rage et de l’imprimeur passant sa journée à presser, presser, presser. Il frappe, même lorsqu’il sent le couteau de l’ennemi lui entailler la chair. Il frappe, même lorsqu’il entend Sómhairl lui crier d’arrêter. Il frappe, jusqu’à ce que l’adversaire ne bouge plus, ne parle plus, ne frappe plus, jusqu’à ce que le rideau rouge qui lui barre la vue se soulève enfin pour qu’il puisse voir son propre spectacle.

    Le corps est en bas, rouge, immonde, et la barre est rouge, et il peut sentir son bras gauche, douloureux, et perdant peu à peu force de l’entaille qui y a été faite.

    Il respire très fort, il n’entend rien d’autres et n’arrive à voir rien d’autre que le rouge du sang. Il déglutit, secoue la tête, la secoue frénétiquement comme pour effacer tout ce qu’il y a autour de lui. Il nie, il refuse, tout comme il nie encore sa part de responsabilité dans la mort de Sineag. Il ne s’est rien passé. La barre de fer glisse de ses doigts, tombe sur le sol, fait un bruit qui le rend encore plus sourd. Ses lèvres, à travers le choc, réussissent à s’agiter, à bredouiller, bégayer, avec frénésie :

    « Je-je-je suis désolé, je voulais pas, je suis désolé, désolé, je voulais pas, Sóm j’te jure, je voulais pas- »
    Et lorsqu’il appelle ainsi le MacLeòd, il a l’impression d’être de nouveau, un peu, à la maison.
     
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    Et voilà que, criant sa joie au vent qui passe,
    Le cheval enivré du vainqueur broie et mord
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    Re: brother, you will never know all the things I did for you many years ago (aodhan & sómhairl)

    Message par Ceann-Uidhe le Dim 23 Juil - 13:50

    Le membre 'Aodhan Leòdeach' a effectué l'action suivante : Le Destin


    #1 'Succés/Echec' :


    --------------------------------

    #2 'Succés/Echec' :
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    Re: brother, you will never know all the things I did for you many years ago (aodhan & sómhairl)

    Message par Sómhairl MacLeòd of Lewis le Lun 4 Sep - 2:48



    ► July 1761, Evening | MacCormack Printing
    Brother, you will never know
    aodhan & sómhairl
    Respiration saccadée. Esgourdes repassant en boucles le craquement des fibres osseuses. L'étouffement d'une chair qui s'enfonce, se tasse. Écrasée, en bouillie. « Je-je-je suis désolé, je voulais pas, je suis désolé, désolé, je voulais pas, Sóm j’te jure, je voulais pas- » La gueule reste ouverte, avalant les vibrations de l'air autour d'eux, temps et sons suspendus, muscles tirés par l'effroi. La gargue se tend, corps estomaqué, appuyé contre une brique humide comme corde de rappel à cette tourmente. Rien ne venait. Aucun verbe, aucune raillerie. Pas la moindre palabre moralisatrice. Il se coulait juste sous les yeux du poète la vision de deux corps aux angles improbables. Celui d'un homme, un gredin des petites rues, défait, désarticulé et brisé, les os perçant la chair, le derme enfoncé et l'hémoglobine s'insinuant dans la terre et les sillons des pavés. Et puis, cet ami. Ce si important et crétin d'ami. La mémoire des rires. Des confidences et d'une nostalgie si douce. De cette silhouette il ne perçut que le souffle et la main qui laissa sombrer cette arme rendue si puissante entre ces poings hargneux. Et ce qu'il s'est passé, Sómhairl ne le comprendra jamais complètement.
    Il tangue. Il hésite. D'abord une langue se réveillant avant de finalement tendre le bras et venir appuyer sur l'éclanche du criminel une vaine pression de présence. De soutient. De colère. D'envie de lui hurler que c'est un crétin. De lui chuchoter que tout se passera bien. De se taire et refuser de croiser son regard, comme à présent, pupilles figées sur la mort agonisant sur les pavés humides d'une rixe malheureuse.

    La furie de la violence se trouve encore quelques instants à frapper les murs de la triste impasse, et peu à peu c'est le calme de l'horreur qui la remplace, ignoble conséquence à la teinte carmin. Sómhairl ne dit rien, le corps toujours en retrait, spectateur malgré lui de ce qu'il exècre. Oh, il avait bien transpercé de quelques flamberges les panses d'ennemis ou MacKenzie au cours de son existence, et il n'irait jamais pleurer ses actes comme traumatisants, comme ignominie à blâmer. Les lois qu'il défendait ne s'appliquaient pas à sa personne, c'est une chose qui n'est pas inconnue et encore moins voilée à soi-même. Mais la violence, le glas des armes brandies pour de mauvaises raisons, sans honneur, sans éducation, la taillade des liquides ferreux et des nerfs agités, cela, ce n'était que dégoût à ses yeux. Les mots lui étaient préférés. La stratégie était d’ailleurs bien portante jusque ici. Le retrait de deux criminels était bonne chose mais il avait fallu, évidemment, qu'Aodhan Leòdeach s'en mêle. « Par simple inquiétude pour ma propre survie, est-ce que l’assassinat est enfin devenu ton quotidien ? Le meurtrier d'Edimbourg est ton nouveau prénom ? Ou bien c'est ta manière de me dire que tu es aussi heureux que moi de nos retrouvailles ? » dit-il en plantant finalement ses mirettes ébahies dans celles, paniquées, de son ami.
    L'équilibre esquinté par le spectacle, Sómhairl quitta l'égide du mur et s'approcha rapidement du corps, non sans grimacer à devoir esquiver les filets de sang qui en tâcherait ses tissus si chéris. Il songea un instant à son hésitation à se vêtir de pauvres nippes pour arpenter les bas quartiers, ou pour s'adonner pleinement aux soirs de beuverie, mais ni l'un ni l'autre n'avait été dans les plans de l'avocat, simple visite et papelards tendus pour en frapper à répétition des pages encrées de son affection malhabile. Penché par-dessus le crâne du — très assurément — défunt, le dextre se glissa pour remonter quelques mèches de cheveux déjà gorgées de la houle sombre et collante, à la recherche d'un dernier éclat du soir dans les pupilles de l’abîmé. « Hm, tu as le geste expert, ou féroce, j'ignore lequel des deux est le plus rassurant. Mais la poigne aurait pu être plus légère ; regarde sa chair, ça va être éreintant de ramasser tous les bouts. » Le souffle s'écrasa contre sa paume qui vint rejoindre son menton dans un soupir ennuyé, le grognement de son mécontentement sur la situation filant sans davantage de mots. Il se trouvait satisfait de sa décision à manger copieusement quelques minutes avant son départ pour l'imprimerie, ce tableau de chair et l'effluve du sang à son naseaux arpentant la dangereuse direction d'une appétence cannibale qui n'était pas la bienvenue en cet instant. « Je te hais. Tellement. Je crois que je t'ai toujours un peu détesté au fond, parce que je m'apprête encore une fois à faire ce que je ne devrais pas... » Il se releva et s'en alla rapidement pour passer la tête contre les briques marquant le coin du bâtiment, œillades rapides mais précises sur les alentours et autres présences humaines. Quelques passants, deux trois gamins orphelins, mais surtout un trio rouge, gardes riant, marchant nonchalamment et les pensées molasses, mais armés et légaux malgré tout. Contrairement aux deux Highlanders qui avaient désormais à leurs pieds les traces d'un assassinat qui leur vaudrait, au mieux, quelques mois de prison. « Il faut s'en débarrasser, et vite ! Aodhan ?! »

    LANCERS DE DÉS:

    3d3 + d10 + d4
    (trois gardes) + (pourcentage de discrétion) + (quatre chemins possibles)

    (preuve du tirage sur le salon du jet de dés)

    3d3:

    3, 1, 1 = 5 sur 9, réussite approximative
    (calcul détaillé : 1 malus force, 1 malus blessure/fatigue, 1 bonus stratégie, 1 bonus combat armé, 1 bonus agilité = 8/8, 7/8, 3/8)
    Résultat = 1er garde ; part dans l'autre sens, indifférence / 2ème garde ; s'avance vers le lieu du crime / 3ème garde ; s'avance vers le lieu du crime.

    d10:

    9+2 = 11 sur 10, 110% réussite totale
    (calcul détaillé : 1 bonus agilité pour Sómhairl, 1 bonus audition pour Aodhan, 1 bonus pénombre, 1 malus encombrement cadavre = +2)
    Résultat = Personne ne les as vu ou entendu, un autre passant sera suspecté.

    d4:

    4-1 = -1 sur 4, échec critique
    (calcul détaillé : 1 bonus expérience de stratégie, 2 malus de stress (Sómhairl et Aodhan) = -1)
    Résultat = Ils choisissent le lieu le moins propice et malin à leur besogne.

    Tressaut violent de ses éclanches pour les armer de courage et d'une force inexistante, Sómhairl vint se pencher pour saisir le corps encore chaud, macabre vision jetée par-dessus l'épaule avec une dernière pensée de haine pour son ami de jeunesse. Le gaillard n'avait rien de léger, et l'ont pouvait clamer que les pauvres avaient trop peu à se mettre sous la dent, celui-ci mangeait à sa faim, bien plus que des feuilles de carottes pour perdurer, il n'y avait pas de doute possible ! Court sur pattes mais robuste, la tête balayant de ses cheveux la colonne de Sómhairl, ses quelques courbes furent saisies par le résigné qui tenta d'y trouver appui pour mieux avancer. Les arpions hésitèrent, chavirant un coup puis s'écrasant maladroitement un autre, la faiblesse des jambes de l'avocat rappelant le tonus des muscles de son amant, fort. Beau. Chez lui. Dans ce salon à la chaleur infatigable ou les volutes de sa couche. Probablement à l'attendre, sans se douter de l'odieux crime commis, de ce couvert et service rendu au plus gueux des traîtres que l'on aime sur cette Terre. « Aodhan, il y a trop de monde dans la grande rue, chuchota Sómhairl en revenant sur ses pas après seulement quelques prudentes foulées, et il est bien trop lourd, trop visible sur mon pauvre squelette. Je ne connais pas assez ce quartier pour en connaitre les recoins et raccourcis secrets, le mieux serait d'aller vers le port en prenant par... » Des cliquetis caractéristiques à des estocs caressant le canon d'un fusil sur le drapé d'un uniforme retentirent au coin de leur repaire et Sómhairl poussa immédiatement Aodhan vers la porte de l'imprimerie, juste à temps pour que les deux soldats, saluant leur collègue les abandonnant, passent dans la ruelle et s'approchent dangereusement de cette peinture éclaboussant le sol de son crime à l'hémoglobine chaude. Discrets, ils ne s'étaient pas fait voir, ni entendre, et l'avocat avançait désormais avec grande prudence et son agilité naturelle pour esquiver les quelques silhouettes massives du stock d'une arrière-boutique dans laquelle il n'avait jamais arpenté les couloirs.
    Souffle court, la sentence en attente, Sómhairl ne pu qu'entendre et sentir les perles de sang glisser et s'écraser contre le sol, piste dangereuse du méfait de son ami, et de la complicité de laquelle il se parait en se revêtant du cadavre sur son dos. Il devait vraiment l'aimer, ce crétin. Ou bien était-ce parce qu'il aspirait réellement à être le seul habilité à lui faire payer la peine qu'il ressentait à sa trahison et disparition. L'exclamation ne se fit pas attendre davantage et de l'autre côté de la porte, dans la pénombre, Sómhairl entendit la garde s'époumoner. « UILLEAM ! UILLEAM ! Viens voir ça ! C'est encore frais, c'est lui, c'est ce foutu psychopathe, il a encore recommencé, il a encore tué ! »
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    "— Cha dean triirse ach truaghan,
    'S cha'n fhaigh fear an lag mhisnichidh
    bean ghhc gu la luan."




    "—Is math a dh' imreadh
    an dàn a dheanamh an toifich
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    Re: brother, you will never know all the things I did for you many years ago (aodhan & sómhairl)

    Message par Sreath-Mhurtair le Sam 9 Sep - 11:06

    do you feel my breath on your neck ?
    brother, you will never know all the things I did for you many years ago
    Il grince fort ce métal froid sur le sol. Les pavés fabriquent son danger. Je le promène juste pour toi. Je te cherche. Et je te vois.

    Tu as des ennuis ? Ne pleure pas. Je dois d'abord trancher tes veines de la vie qu'elles contienne.
    Le métal est froid, ne t'en fais pas le sang va le réchauffer. Car écoute il y un sifflement qui tranche l'air.

    Poc.

    La voila tomber la tête. Elle roule contre la porte, petit garde innocent. Sa ronde était malchanceuse. Je crois qu'il aurai pleurer ce matin si il savait.

    Les deux bras sont coupé et rejoignent la tête. Comme le christ tomber de sa croix. Quelques gouttes tracent un chemin jusque à l'autre côté de l'entrée.

    Poc.

    Je la trouve belle sa tête sur le comptoir de ton imprimerie. Tu va l'apprendre car laisse le découvrir ton coeur et le monstre le dévora. Alors que tu ne sais vraiment pas que je me suis glissé dans ta grotte.

    Le métal n'est plus froid je dois m'éclipser. J'espère que tu aimera mon cadeau.
    Je t'en apporterais d'autres. Car je ne pense qu'à toi.
    Mes crocs et ma hallebarde ne veulent que toi.
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    Re: brother, you will never know all the things I did for you many years ago (aodhan & sómhairl)

    Message par Aodhan Leòdeach le Sam 9 Sep - 13:06


     
    Sómhairl MacLeòd of Lewis
    Time may spin and years may pass, the song is still the same
    Tender man mourns a woman, Sits in silent sorrow with a bottle in his hand
    Tell me all you need to tell, Why is it you whisper when you really need to yell ?
    Ce n’est pas un assassinant, Sóm. Cela ne peut pas être un assassinat si la seule préoccupation est de se protéger, est de te protéger. Ce n’est pas le quotidien d’Aodh, sache-le. Il n’assassine personne, jamais. Il ne tue pas, il y a eu méprise. Alors non, ce n’est pas lui le tueur d’Édimbourg, même si tout le monde semble le penser, même s’il se pose la question parfois. Ce n’est pas lui. Il te le jure, Sóm, il peut te le promettre sur tout ce qui lui reste, le peu qu’il lui reste. Que lui reste-t-il ? Son métier, il lui reste ça, son lieu de travail, son boss, ses compétences d’imprimeur. Alors pour toi, pour te le prouver, il veut bien risquer cela. Il le fera sûrement.
    Car bien sûr que oui, il est aussi heureux que lui de te retrouver. S’il n’était pas si heureux, si complexement heureux, il n’aurait jamais tout risqué pour te tenir en sécurité. Il n’aurait pas eu ce viscéral besoin de te protéger une fois survenu le danger. Ce n’est ni de la férocité, ni de l’expertise, c’est de la panique. La panique, la plus vieille amie d’Aodhan, qui lui prend les tripes et qui le fait agir sans qu’il s’en rende compte à la moindre occasion. Mais ça non plus ce n’est pas rassurant, n’est-ce pas ? Il n’y a rien de rassurant chez Aodhan, surtout maintenant, alors qu’il reste amorphe et immobile et en nage devant le corps étalé. Il le regarde ce corps, tout comme toi. Il regarde tous les bouts qu’on lui pointe effectivement.
    Il se demande qui a fait ça. Il n’a aucun souvenir de ce qu’il s’est passé, il sait juste qu’il a pris la barre de fer, que l’autre a essayé de t’attaquer, Sómhairl, qu’il s’est lancé en avant et… le corps qu’il voit maintenant. Rien entre les deux. Juste ta voix, qui le torture et lui serre la gorge. Qui a raison. Oui, tu as raison de le haïr. Oui,  il faut s’en débarrasser.

    « Aodhan ?! »

    Aodhan n’arrive pas à parler. Ce n’est pas sa faute, il essaye, et ses réponses à toutes tes questions lui polluent le crâne de ne pouvoir être dévoilées. Il veut juste lui dire que ce n’est pas vrai. Ce n’est pas lui. Il ne tue pas, il ne tue personne, c’est juste pour te défendre, et se défendre. Il n’articule pas un mot, respire mal et te regarde comme s’il t’était soudainement poussé une seconde tête. Il t’écoute lui expliquer des choses sans te comprendre. Lui il pensait d’abord se rendre, ou fuir, il n’avait pas pensé que- Il aurait pensé qu’il se serait débrouillé tout seul. Tu aurais du l’abandonner, après tout ce que tu lui as dit, et après tout ce qu’il t’a fait. Il met donc un peu de temps à comprendre que toi, l’homme qu’il a trahi, puisse encore vouloir le sauver. Rien que cela devrait l’inciter à parler, rien que pour te remercier, mais les lèvres restent closes, tandis que les  yeux continuent de s’exorbiter.
    Vous allez vous faire prendre. Vous allez crever. Vous allez encore aller en prison. Aodhan ne veut pas y aller. Il ne veut pas se rendre. Alors quand il voit Sómharil se saisir du corps pour se précipiter vers la porte arrière de l’imprimerie, il bouge enfin. Il se précipite de nouveau en avant pour lui ouvrir la porte, et la fermer derrière lui. Puis il pose sa main sur son épaule, bien que le contact le brûle de souvenirs, et le guide à travers la boutique assombrie par la nuit tombant de plus en plus profondément. Il le guide, l’entraine en silence, tous sens aux aguets. Et il l’entend.

    « UILLEAM ! UILLEAM ! Viens voir ça ! C'est encore frais, c'est lui, c'est ce foutu psychopathe, il a encore recommencé, il a encore tué ! »

    Aodhan s’étrangle et accélère en entendant cela. Il faut s’éloigner. Il ne veut pas entendre ça. Ce n’est pas vrai, ce n’est pas lui, ce n’est pas vrai. Pas lui. Jamais lui. Il n’a jamais tué personne, il le jure, jamais de sa vie. Ce n’est pas sa faute. Il peut le jurer, il peut le jurer sur tout ce qui lui reste. Même à toi, il peut le jurer, même si tu l’as vu. Il ne s’en souvient plus très bien, Aodhan, de cette fois où il a tué la femme de sa vie. Il se souvient qu’elle est tombée, qu’elle l’a regardé, qu’elle l’a appelé, qu’elle l’a supplié et qu’elle est morte. C’est tout. Pas lui. Et il aimerait tellement que tu le croies, que tu comprennes, que tu lui pardonnes. Cela suffirait peut-être à lui rendre la raison qui lui échappe de plus en plus.
    Il ne voit  pas grand-chose dans l’obscurité mais alors qu’il arrivent finalement dans la boutique, il peut apercevoir à travers les dernières lumières du crépuscule qu’il y a quelque chose sur le comptoir. Quelque chose qui n’était pas là avant. Les sourcils se froncent et, la main toujours sur Sómhairl pour le guider dans la boutique il s’approche. Il n’y avait personne à part lui. Il n’y avait que lui dans la boutique. Personne d’autre que lui n’a pu entrer et laisser sur le comptoir un…
    Une…
    C’est…

    La main lâche Sómhairl alors que le corps a un convulsif mouvement en arrière. Il percute une chaise, l’a fait tomber, chute à son tour. Du bruit en résulte mais rien n’échappe de ses lèvres. Il fixe l’objet posé et tout ce qu’il a pu manger ce jour-là remonter et se bloquer à la toute limite de sa gorge.
    Il y a une tête humaine posée sur le comptoir.
    Il n’y avait que lui dans la boutique, aussi tard.
    Que faisais-t-il à l’imprimerie aussi tard ?
    Pourquoi t’as-t-il donné rendez-vous aussi tard ?
    Il ne s’en souvient plus.
    C’est peut-être lui.
    Après tout, c’est peut-être lui.
    Il a déjà tué tant de gens.
    Et n’est-ce donc pas des larmes de culpabilité qui dévalent ses joues alors qu’il se recroqueville sur lui-même sans même prononcer une parole ? 
    ⇜ code by bat'phanie ⇝

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    La Vie est triomphante et l'Idéal est mort,
    Et voilà que, criant sa joie au vent qui passe,
    Le cheval enivré du vainqueur broie et mord
    Nos frères, qui du moins tombèrent avec grâce.


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