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  • Liens de sang. | Keith

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    Liens de sang. | Keith

    Message par Falk Rabehart le Dim 2 Juil - 21:53

    Murder One ✝ "Arschloch..."

    Un autre enfoiré, un misérable qui manque de tomber face en premier sur la flaque de liquide regurgité. Bousculade, mon juron d'un foutu accent allemand, je le regarde s'étaler contre le mur briqué avec une forte envie de rendre le gin qui l'a tant saoulé. Pitoyable. Je lève les yeux vers le ciel morne et grisâtre d'Edimbourg, la pluie non loin, en soupirant sur ces mèches brunes qui gâchent mon regard blasé.
    Leith. Son quartier portuaire et la pauvreté qui y règne. Le son des mendiants peine à couvrir les métalliques hymnes des industries de la rue passante.
    Dans les ruelles noircies de suie et de mauvais éclairage, ça crève. Il suffit d’une mauvaise fièvre pour abattre une famille entière un membre après l’autre. Tristesse de l’époque, la médecine fait de son mieux, en vain. Ca ne me fait plus rien de voir la vie quitter les corps sur les pavés du quartier. C’est habituel, on s’arme de cynisme pour regarder sans émotions ces sinistres scènes de genre.
    Ce sont les croque-morts qui doivent s’en réjouir follement. Le malheur fait bien des heureux et la mort, la douce mort, est le plus lucratif de tous les business. Même la piraterie ne rapporterait pas autant sans les victimes qui coulent sur des bâtiments réputés insubmersibles. Ironique de voir comme la vie n’est qu’un éternel recommencement.

    On tourne en rond.

    Et moi je tourne après la pire des ruelles. Un semblant de lampadaires fait encore grésiller sa flamme face à l’entrée bruyante d’un pub bien connu des tréfonds de Leith. Entrouverte, je la franchis en évitant un verre qui se brise sur le mur proche. Bagarre de bar, la réputation des écossais n’est plus à faire. Je souffle la cendre d’une cigarette bien méritée en trouvant une chaise autour d’une déserte table abandonnée. Bière, cigarette, le tumulte des jurons à l’accent d’Edimbourg. Encore un de ces sombres tableaux du quotidien alentours. Il ne manquerait là qu’une vaniteuse éprise de quelques malheureux contre un paiement offert. L’Enfer ne doit pas être plus anarchique qu’ici.
    Je fixe le verre entourant ma commande d’alcool, observant un instant les reflets de l’agitation qui dansent sur la teinte ambrée. Du coin de l’oeil, j’aperçois la chute d’un scélérat qui pensait noyer travail et chagrin par quelques liquides pas franchement corrects. Mais personne ne vient ici par envie, ni même pour la carte des boissons. On y entre par dépit, on y reste pour l’ambiance chaleureuse qui nous envahit. On regarde le théâtre de la mélancolie en y trouvant un réconfort certain. Ce n’est pas le fond de rhum qui réchauffe, c’est la constatation égoïste qu’ici certains sont pires que soi. Seul, je le suis, mais quelques uns des sires ici bas se trouve sans doute moins bien loti que moi. La richesse m’a abandonnée, mais je ne suis pas celui, dans un coin, qui mendie pièces et monnaie pour un dernier verre de médecine douce. Poursuivit par la mort, ce n’est pourtant pas mon visage qui est ravagé par la vieillesse et la maladie jusqu’à me mettre un pied dans la tombe.
    Alors je reste là, m’adosse un peu plus contre le dossier boisé de la chaise qui craque sous le poids que j’y mets. On jurerait se trouver dans les boyaux infectés d’un malheureux de l’hospice, mais non. C’est bien le port d’Edimbourg et tous ses vices.

    Hölle.

    Mon verre est à moitié vide, ma cigarette bien entamée lorsque ma solitude se trouve interrompue. Je lève les yeux vers l’une de ces figures qui semble bien égarée ici, le visage creusé, rachitique mais presque par volonté. Les émotions m’ont déjà quitté et je détourne déjà le regard, fatigué de la suite que je pense déjà deviner. Je me racle un instant le fond de la gorge avant de cracher d’une voix fumeuse et germanique ma cinglante réplique.

    "Ma tête te revient pas? Je te dois une connerie ou t’as juste perdu ton chemin?"


    HJ:
    @Keith McBain , sorry j'ai un peu pris mon temps pour qu'au final ce soit pas aussi long que je l'espérais. Hésite pas à le dire si jamais ça va pas!

    _________________
    Nananananananananananana BATMAAAN!

    (Je vais la faire plus tard ma sign...)
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    Till death do us part

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    Age : 37 ans.
    Métier : Capitaine autrefois, désormais sans emploi; on le raconte pourtant président d'un club bien secret qu'on nomme la Catacombe du Vide.
    Pouvoirs : Mutilation forcée.


    Ich hab euch etwas mitgebracht
    Hab es aus meiner Brust gerissen
    Mit diesem Herz hab ich die Macht
    Die Augenlieder zu erpressen
    Ich singe bis der Tag erwacht
    Ein heller Schein am Firmament
    Mein Herz brennt



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    Re: Liens de sang. | Keith

    Message par Keith McBain le Jeu 6 Juil - 18:42

    =>Avant

    Le visage fermé de Keith n’offre à son oncle qu’une esquisse de sourire, maladroit et inhabituel, formé sur ses lèvres pour répondre à une sorte de politesse qu’il pense en l’instant tout à fait superflue. Dans son attitude distante, il y a du dégout voir du mépris, quelques assimilations semblables à du dédain, rien de bien agréable en soit, rien qui ne devrait réellement exister entre deux membres d’une même famille.
    La discussion est animée depuis quelques minutes, dans la demeure familiale, l’on perçoit la voix soufflante de Keith monter peu à peu, et l’on frémit à l’entente funeste de cette tonalité qui sort de sa gorge. Son timbre est comme un souffle mortuaire froid, rugueux, traînant, il semble incapable de hurler, la maîtrise de sa gorge est une affaire à elle seule. Il aime ce genre de timbre, il le cultive, offrant à son personnage un peu plus d’effroi pour les autres et ceux qui l’ont déjà entendu élever ses mots, savent qu’il peut à loisir, crier.

    Mais il ne le fait pas. Il observe son oncle et ses désirs de pureté, ses attentes silencieuses, son désir de voir son propre fils prendre la responsabilité de la lignée. Il sait parfaitement qu’il n’y a pas de volonté plus forte chez cet homme que de perdurer le sang. Mais Keith ne peut entièrement l’accepter. Il en a  la conscience, le devoir mais le désir n’y est pas. Il n’y est pas quand il sait que d’autres existent et ils se disputent pour cela.

    Murmures, ragots, gens endeuillés qui parlent, hasard, peu importe le terme précis du comment ou du pourquoi, mais un homme est arrivé en vile. Cet homme porte un nom, cet homme est le fils d’une des leurs, cousine perdue, éloignée, qui s’est laisser pousser des ailes dans le désir d’aimer son bel allemand. Il serait inconcevable de ne pas parler du détournement de la famille à cette époque-là. Les McBain ne sont guère amoureux de mélange, parler de racisme serait erroné, ils aiment conserver les liens ancestraux du sang.

    Mais quoi qu’ils en disent, et Keith est le premier à le penser, un jour cela sera du passé. Bien entendu que la fierté de son héritage peuple son esprit et son corps mais il n’a pas aimé une des leurs et le destin lui a pris épouse et enfant. Parfois, sa mère disait que les ancêtres avaient fait ce choix pour lui, mais Keith ne l’a jamais cru.
    Aujourd’hui, il a un cousin éloigné, issu d’un mariage entre espèce et il ne peut se résoudre à l’ignorer. Son oncle ne veut rien, il refuse, ne désire pas, cela voudrait lui donner la part de sa mère dans l’affaire, minime, mais bien là et une chaise à la demeure de la famille, peut-être même une chambre, mais personne ne loge vraiment à la demeure principale, préférant s’éloigner de Deborah…il n’y a que Keith qui reste, mais les liens du sang lui sont des choses précieuses.

    --Où vas-tu donc ? Que crois-tu faire ? Tu vas aller ainsi le trouver et l’appeler mon cousin ?

    Keith s’est déjà éloigné, ses pas résonnant dans le couloir en compagnie de sa canne, il se fiche des protestations de son oncle, laissant à son attention quelques murmures envolés aux détours du couloir.

    -Et pourquoi pas.

    ****

    Dans le suintement de l’alcool et de la sueur, le port tient entre ses cuisses l’univers des soiffards. Carcasses d’hommes alcooliques, ivrognes mendiants, joueurs névrotiques, fumée dispersées comme les doigts vaporeux de la mort, on fume, on boit, on perd. Un morceau de vie, une peau de chagrin qui se craquèle, Keith McBain s’est appareillé de ses atours les plus simples, peut-être trop neuf encore pour l’endroit, mais on ne se tient pas près de l'embaumeur, on connait son visage, on sait qu’il porte la mort, il en est le serviteur.

    Ses yeux bleus paraissent comme la glace, des éclats qu’on refuse de croire, il est une superstition à lui seul et si la peur fait faire des stupidités, elle fait aussi se tenir à carreau, les mortels insipides. Dans ce grouillot de vie, pullulent des visages qui observent, coin d’œil sans retenue ou anxieux, ils observent. Quel que sera la vision et le témoignage de ce soir, on vous dira que deux créatures distinctes se seront rencontrées.
    L’une maigre dont le nez parait premier aveux, des cheveux courts à aucune mode l’autre à la chevelure filante qui cache ses traits. Deux silhouettes porteuses d’u soupir mortuaire mais dont on ne peut vraiment déterminer la nature. Pourtant ils sont là, ils évoluent, on peut même les oublier.

    Il savait qu’il serait ici, il savait aussi qu’il viendrait là. Il a suffi de quelques pièces, de quelques sous, sans grand dérangement pour sa fortune et obtenir alors le savoir. Un allemand, avec ce nom, l’on ignore pas avec qui elle est partie, il y a longtemps, l’on ignore si elle est en vie, probablement qu’il y a eu un savoir, étouffé, Keith aujourd’hui tient à le réparer. Sans but précis, histoire de le faire, ainsi qu’il le désire, ce n’est pas juste, c’est simplement ainsi.

    Ainsi qu’il veut que cela soit.

    Le verre et la bouteille sur la table, il observe le dos droit la créature cousine, quand elle parle, l’accent claque, fend l’air, perce l’oreille, c’est à lui qu’il s’adresse. Un sourire, relevant à peine les coins de ses lèvres agitent la bouche de Keith McBain. Leurs tables sont par un hasard étrange, proche, assez pour qu’il ne s’ennuie point à élever la voix.

    Sa main sur la table, ses gants aux mains, le cuir de selkie offre, sans mauvais jeux de mot, une seconde peau appréciable. Le son crisse de la peau travaillé et du bout des doigts, il fait tourner son verre rempli, son regard fixe, son sourire malaisant tant il est complexe pour ce visage en l’instant, Keith finit par s’exprimer, faisant sortir de sa cage thoracique, des mots soufflés, articulation de syllabes souffrantes.

    -Je cherche un allemand. Et je pense l’avoir trouvé. Il s’interrompt, observant son verre. Si je vous dis un nom et qu’il vous dit quelque chose, accepteriez vous de boire en ma compagnie ?

    Extravagance sortie d’une voix morbide, si l’allemand accepte, Keith lui donnera le nom de sa mère, sa lointaine cousine et alors ils continueraient peut-être à parler, à une même place proche d’ailleurs, ce serait plus aisé.

    _________________


    "Te souviens-tu de la lune pleine, qui descendait ses rayons sur ce visage noircie par la mort, il y avait sur sa chair, les dessins de ses propres veines, comme les membranes d’une feuille, qui ramenait à ses yeux vides, un sang profondément sombre. Elle était morte. Mais jamais l’esquisse de la mort ne fut plus belle que celle-là.”
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    How terrible it is to love something that death can touch

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    Crédit : @Carmina
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    Métier : Propriétaire d'une maison funéraire et embaumeur
    Pouvoirs : Capacité de maudire (5), contact avec les morts (3)
    Inconvénients : Impossibilité de se suicider, photophobie, tendance au spleen, asthme




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