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  • A l’aube, la lune ne veille plus. [PV]

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    A l’aube, la lune ne veille plus. [PV]

    Message par Keith McBain le Sam 1 Juil - 14:35

    A l’aube, la lune ne veille plus.


    =>Premier poste.

    L’aube souffle sur Edimbourg. La lune disparait peu à peu, laissant à l’horizon les teintes orangés d’un soleil déjà fatigué de sa future journée. Il fait pour autant « beau », il ne pleut pas, le vent n’est pas présent, et la chair n’est pas brûlée par un souffle glacial. Pour autant, la fumée noire des chauffages suinte au-dessus des demeures, goûtant ses vapeurs survivantes à la nuit, le monde se lève déjà, à quoi bon dormir quand il faut aller travailler ? Et sur Grassmarket, de toutes façons, le monde ne tardera pas à s’agiter.

    Keith McBain est enveloppé dans un manteau, chapeauté, le visage caché, il préfère largement les bottes hautes que d’autres souliers. Dans sa poche, Smyth se laisse balader, sortant son museau curieux pour vérifier où ils vont et ce qu’ils font. La souffrance de Keith s’est agitée cette nuit, pas de repos, pas de sommeil, point de force pour taire ses larmes, il s’est éloigné de la demeure, à la fois terrifié par l’influence de sa sœur, que de ses propres terreurs. A la fois désireux de s’éloigner que de vivre un instant qui lui permettrait de quitter ce monde.

    Dans la demeure de la famille, alors que sa sœur l’attend, il y a des serviteurs pour s’occuper d’elle, plus personne pour s’occuper de lui. Dans une solitude étrange il est resté à boire, succédant le gin à ses lèvres jusqu’à ce qu’il en vienne à s’immobiliser et fixer un point devant lui, les épaules affaissées, à penser encore et encore au années le séparant de Lily et de leur fils. Depuis combien de temps désormais la mort les avait pris ? Terrifié à l’idée de compter, il ne le fait plus, préférant regarder l’anniversaire arriver et repartir, jusqu’au prochain, inlassablement.

    Inlassablement….

    Son visage porte l’ombrage d’une barbe et d’une nuit de beuverie. Ses yeux sont vitreux mais est-ce bien le gin qui a eu raison d’eux ? Il est peut-être plus probable que ce soit le chagrin, venu hanter sa cavalcade d’alcoolique plus que le breuvage en lui-même. La fatigue éprouve son corps, son esprit et son spleen est tel, que la mélancolie est une comparse docile, siégeant à son flanc comme une compagne. Il pourrait sentir ses courbes fades d’un simple toucher et la matérialiser dans son esprit est d’une simplicité terrifiante.

    Dans sa démarche droite, pour un homme qui a bu, il réalise qu’il ne l’a pas fait assez. Encore capable de suivre des courbes de réalités distinctes, il tourne une rue en réfléchissant, pensant, observant. Le vol d’un corbeau trop bas, le faisant stopper dans sa démarche vient à lui provoquer un sursaut et il observe par quel endroit l’animal s’en est allé. Son croassement lugubre dans le petit matin le fait faiblement sourire. Une silhouette passe par devant lui, le parfum d’une chevelure, sans s’en rendre compte, elle suit le chemin du corbeau et son cœur torturé réfléchit en quelques secondes.

    Le mouvement le pousse. Il suit. Sa canne en main, il ne va pas trop vite, une demoiselle bien vêtue, le corbeau croisse encore. Il ne devrait pas s’engager dans le chemin et suivre, ni même intervenir, mais la flamme dansante d’une mèche de cuivre attise son regard clair, bientôt, trop vite, trois hommes apparaissent. On ne le remarque pas, il se tient à l’arrière, sa tête se penche sur le côté. Brigands ou malfrats, ils n’ont qu’un charme et alors qu’on le remarque à peine, la voix de McBain vient résonner comme un glas derrière les silhouettes.

    Sa voix est rauque, présence éternelle de chagrin, lente, traînante, il ne parle jamais vite, habitude du métier qui invite à prendre son temps pour le mal des familles. « Il semblerait, Messieurs, que vous n’aurez pas de chance, ce matin. Je vous serais gré, bien vo… »Il est arrêté par les vociférations d’un d’eux, relevant la tête, qu’il avait jusque là baissé, son visage perplexe révèle ce grand nez ciselé et son air, avec ces sourcils froncés, semble intrigué. Les rumeurs le devancent, on le traite de monstre, il papillonne des yeux. « Voilà qui met de bonne humeur dès le matin. »

    L’un d’eux se jette, couteau en main, alors, sans trop de cérémonie, l’homme se pousse, flanque un coup de canne et tombe le manteau. Laissant à Smyth le temps de s’en aller pour qu’elle ne soit point blesser.

    L’héritier ne craint pas de se battre et il engage ainsi la chose, avec une certaine superbe dans l’action.


    _________________


    "Te souviens-tu de la lune pleine, qui descendait ses rayons sur ce visage noircie par la mort, il y avait sur sa chair, les dessins de ses propres veines, comme les membranes d’une feuille, qui ramenait à ses yeux vides, un sang profondément sombre. Elle était morte. Mais jamais l’esquisse de la mort ne fut plus belle que celle-là.”
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    Re: A l’aube, la lune ne veille plus. [PV]

    Message par Trhiya Olgivie le Sam 1 Juil - 20:08

    La mer lui avait manqué durant la nuit. Elle s’est tournée et retournée dans son lit, ne songeant qu’à elle, qu’à la rejoindre. Mais il lui était impossible de quitter sa chambre, expressément comme sa mère le lui avait ordonné avant que les lumières ne s’éteignent à l’étage. La marâtre détenait sa Peau, il lui était impossible d’aller à l’encontre des ordres. Elle y pensait, bien sûr, et n’oubliait pas le plan auquel elle devait se tenir pour retrouver sa liberté. Mais cela lui prendrait du temps.

    Le soleil n’était pas encore levé qu’elle était déjà affairée à son bureau. La cheminée était allumée alors qu’on criait sur les marchés que l’été était arrivé. Trhiya n’avait pas froid. Elle ne ressentait jamais les effets de la température sur sa peau, élément étrange lorsque, en plein hiver, elle se baladait vêtue d’une robe trop peu couvrante. Ses origines n’étaient un secret pour personne, contrairement à beaucoup d’éléments qui régissaient sa personne.

    Affairée, elle dessinait au fusain le paysage des côtes, les bateaux pirates s’approchant de la ville. C’était ce qu’elle aimait s’imaginer lorsqu’elle regardait par la fenêtre. La mer s’étendait devant ses yeux, encore sombre à cette heure là. Jamais elle n’avait pu apercevoir de pirates débarquer au port, malgré les nombreux récits qu’elle avait pu en faire. Il n’y avait pas que là le goût de l’aventure et du risque. Trhiya souhaitait voyager, goûter à chaque mer. Elle voulait y nager, sauver la vie qui y régnait. Mais elle était coincée dans cette ville trop incommode à son goût.

    Jamais elle n’avait pu réellement profiter de la liberté. Elle était une femme et, désormais, prisonnière des choix de sa mère. Où Diable avait-elle pu emprisonner la Peau qui contraignait sa fille à ses ordres ? Elle n’était plus aux commandes de sa propre vie, sa barque était à quai, dans l’incapacité de voguer. Rien qu’en y pensant, Trhiya sentit quelques larmes de fureur mouiller ses muqueuses et le mouvement de son poignet s’accentua. Les formes prirent vie sous ses yeux, le dessin était ancré dans le réalisme.

    Elle passa plusieurs heures à peaufiner les détails, avant de plancher sur la maquette du costume qu’elle devait terminer. Son employeur lui avait offert la possibilité de faire ses preuves, de prendre la barre et de s’élever. Elle ne pouvait laisser passer cette opportunité. L’occasion était trop belle pour se présenter de si tôt si elle venait à la manquer. Le soleil lâchait à peine ses plus maigres rayons qu’elle cousait afin de parfaire l’élégant deux-pièces. Son frère avait bien voulu se prêter au rôle du mannequin, et les dimensions étaient justes. Pas pour tout le monde, bien sûr, mais le costume ne pouvait se vendre à n’importe qui. Il fallait une certaine beauté naturelle pour le porter avec élégance. L’originalité se trouvait sur les ourlets et les revêts, qui abordaient de jolies teintes violacées. Ou peut-être mauves selon l’orientation de la lumière.

    La Selkie était fière de son travail et l’emballa avec attention. Elle le déposa au fond de sa besace, prête à rejoindre l’atelier pour présenter sa création. Il ne lui fallait pas tarder à partir. Deux minutes. Voilà le temps manquant avant que l’ordre ne s’annule. Le soleil devait poser ses rayons aux deux deuxièmes de son carreau. A peine le sort qui la liait à l’ordre se dissipa, Trhiya fonça à la salle des bains. L’eau de la baignoire était presque glacée, la salle n’était pas chauffée. Sa sœur ne se lèverait pas avant deux bonnes heures, voilà pourquoi les gouvernantes ne s’étaient pas encore occupées de préparer la pièce. Après tout, l’ainée des Olgivie était la seule dotée du pouvoir de thermorégulation. Les autres avaient hérité de la transformation une fois par mois. Etait-ce mieux ? Elle avait appris à ne pas l’envier.

    De retour dans sa chambre, elle enfila la plus belle de ses tenues, brossa ses cheveux. Son teint déjà clair fut d’avantage encore mis en valeur tandis qu’elle ajoutait quelques touches discrètes de maquillage. Elle était belle naturellement, comme toute Selkie digne de son nom. Les Olgivie n’étaient pas des monstres simplement pour qu’on les appelle ainsi. Leurs pouvoirs étaient au-delà de l’imaginaire.

    La belle danseuse prit le temps d’avaler de quoi éviter que son estomac ne se fasse remarquer, avant de prendre la route vers la ville. Elle marchait sous les rayons du soleil qui se levaient péniblement, la paresse emplissant chacun de leurs mouvements en avant. Elle venait d’arriver en ville qu’elle tourna à la première intersection. Ses pas résonnaient dans la ruelle, son regard était fixé au loin, insignifiant à ce qui se tramait aux alentours. Trhiya savait où elle devait se rendre, elle n’avait nul besoin de s’attarder.

    Trois hommes en costume surgirent pourtant sur son chemin, la coupant dans sa dynamique. Elle se stoppa dans l’élan et s’arrêta. Le dos droit et le regard méprisant, elle n’avait pas peur. Certes, il lui était impossible de faire machine arrière, ou d’attaquer sans réfléchir. Elle n’avait pas la force pour lutter, et sa seule arme restait le charisme et la parole. Deux pouvoirs dont elle avait hérité et qui lui avaient permis nombre de privilèges. Elle allait élever la voix quand elle fut coupée par un nouvel intervenant.

    Un homme, presque la quarantaine, se présentait face au trio. Trhiya mit quelques instants pour le reconnaitre. C’était l’embaumeur, celui-là même qui s’était occupé de son grand oncle. Sa voix était posée, déterminée. La jeune femme écoutait, silencieuse, cet homme qui prenait sa défense et venait à son secours. La question de savoir si elle avait besoin ne s’était pas posée. La bagarre éclata sans retenue et la Selkie regarda la scène en tachant d’éviter d’être salie par les eaux sales dans laquelle les hommes se battaient.

    Sans cérémonie, ils prirent finalement la fuite. Il avait fallu du temps, pourtant, à l’embaumeur pour les faire disparaître. Le principal, c’est qu’ils n’avaient pas volé son sac, ni le prototype de sa création. Trhiya releva sa coiffe, son chapeau à la main, et s’avança vers l’embaumeur. Ses intentions étaient bonnes, elle n’avait guère besoin de plus que son cœur pour parler.

    « Et bien. Voilà qui réveille ceux qui ne sont pas du matin » plaisanta t-elle. « Cher Monsieur, permettez-moi de vous remercier pour cet acte de bonté. Nécessaire, visiblement, si l’on doit juger les litres de rhum qui devaient couler dans les veines de ces hommes. »

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    Re: A l’aube, la lune ne veille plus. [PV]

    Message par Keith McBain le Mar 11 Juil - 11:43

    La lumière n’est point encore trop vive pour déranger le regard de Keith, ni même lui paraitre insupportable. Les vapeurs de l’alcool qui s’étaient installées en lui se sont dissipées. L’odeur montante de l’eau sale du sol devient âpre à sa gorge, qui, essoufflée, chamaille sa place à la sérénité. Il respire difficilement, mais il ne le montre pas, soulevant lentement et raisonnablement son torse, alors que d’un mouvement précipité, une petite créature blanche, quoi que de bonne envergure, revient prestement à lui et grimpe, avec l’habileté de son espèce, le long de sa jambe.

    Quelques instants suffisent, à son épaule, la présence de la petite rate blanche venant renifler sa joue et faire frémir ses moustaches, arrachant un maigre sourire à l’embaumeur, aussi fin que grand, aussi pâle que mortuaire. Sa mâchoire, légèrement amochée ne fait que le lancer, une douleur qui lui rappel sa condition de vivant et sa misérable carcasse terrestre. Il ne se sent pas enhardi d’une sensation merveilleuse, cela martèle à son esprit toute une vérité sur sa déchéance temporelle. La présence de l’animal rassure ses pensées lourdes et il parvient à maîtriser son souffle.

    Le caoineag n’a pas totalement l’esprit sauf, il se détourne sans le vouloir réellement de la chevelure rousse désormais sauve. La flamme incendiaire de cette chevelure parait un point incomparable dans l’instant, il voudrait toucher, effleurer, sentir, prendre…une méche, doucement et la faire glisser entre deux de ses doigts, mais cette manie inquiétante ne devrait pas se poser maintenant.

    Il esquisse un sourire, les coins de sa bouche légèrement dressé, s’appuyant sur sa canne, il se baisse pour ramasser son manteau et esquisser un contentement faible, seul les pans près du sol ont été un peu souillé, cela ne ferait rien de me remettre, mais il le ferait nettoyer à coup sur. « Le vol d’un corbeau précédait votre chemin, la mort… » Il se tait et observe les cieux, point de vol d’oiseau, ni de cri croassant. « Elle est partie…pour le moment. » Funestes paroles ou précieux indices sur la vie encore bien pleine de la damoiselle, il sourit cette fois plus sincèrement. « Délicate demoiselle, ne vous fiez pas à ma bonté, j’ai été simplement prévenu et je n’ai fais que ce qui devait être. Nulle bonté en vérité, simplement un devoir, une règle hors du monde… »

    Il pourrait ainsi partir dans ses délirantes pensées, mais seul, il se reprends, conscient de ses aptitudes à tergiverser et se perdre, digresser vers des abîmes de mots innombrables, parlant de ténèbres et de décès, de ces choses noircies par sa nature. Il entends pourtant le croassement du corbeau. Présage funeste ou non, il ne peut considérablement l’ignorer et ses yeux perçant le ciel gris u instant, il rabaisse ses pupilles pour la regarder. « Me serait-il permis, de vous accompagner, jusqu’au lieu de votre déplacement ? Je n’étais pas moins saoul qu’eux en vérité, mais mon humeur grivoise s’est échappée. Je voudrais veiller à votre déplacement en ce matin froid, jusqu’à l’endroit de votre sureté. Le corbeau croasse la mort et encore là. Croyez-moi, je la connais. »

    Par ces temps étranges, parler de connaître la mort aurait pu être une folie, mais la chose avait toujours été ainsi, point de changement, depuis l’enfance, c’est ainsi. Si tant est qu’elle accepte, il offrirait son bras, se faisant galant dans son attirail indélicat.

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